Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer

C’est un document que m’a confié un proche. Une chronique publiée le 28 mai 1890 dans « la dépêche de Toulouse ». Assorti d’une photo de l’auteur en noir et blanc, un texte historique en forme de clin d’oeil du XIXème au XXIème. En forme de salut à l’Histoire, à son écriture, aux amnésies, aux hémiplégies, de ceux qui s’y réfèrent.

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers. Le courage, pour l’entrepreneur, c’est l’esprit d’entreprise, et le refus de recourir à l’Etat; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison; c’est, dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.

Dans la moyenne entreprise, il y a beaucoup de patrons qui sont eux-mêmes leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître, et ils ont, avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit, que les ouvriers n’ont que par intervalles. Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue, ils ne sont pas à l’abri d’une faillite qui peut détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel. Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de revient des marchandises, ils descendent même au-dessous des prix de revient, ils sont obligés d’accorder des délais de paiement démesurés qui sont, pour leurs acheteurs, une marge ouverte à la faillite, et s’il leur survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les ving-qautre heures. Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagne beaucoup pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donneront pas une jouissance de plus : en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards, il est sorti quelque chose, et que leur puissance d’action s’est accrue. Non, en vérité, le patronat, tel que la société le fait, n’est pas une condition enviable. Et ce n’est pas avec les sentiments de colère ou de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut-être le prélude de la justice. »

Jean Jaurès (publié dans Valeurs Actuelles, 2 février 2007)

Dis, Jean, tu aurais imaginé que, un peu moins de cent ans après ta mort, la droite te redécouvrirait ? Ceux qui se réclament de toi par filiation directe et légitime accusent ceux qui te citent d’occulter une part de ton message. Imagine-tu qu’ils l’occultent tout autant ?

Jean, tu es mort à l’orée d’un siècle mouvementé, après lequel rien n’aurait dû être plus pareil. Sur le plan des idées, à te relire, n’avons pas seulement fait un long détour, pour nous approcher, lentement, de notre point de départ ?

Ah, Jean, à quoi ça sert ?

Vanité, vanité, tout n’est que vanité.

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45 comments

  • Quel beau texte. Et que de vérités dont devrais s’inspier Mme Royal au lieu de vouloir taxer les dividendes qui sont bien souvent le seul revenu de l’entrepreneur tel que défini par Jaurès. A vouloir de Laguilliser elle en oublie que le tissu industriel français est composé de TPE et de PME auxquelles elle n’apporte aucune réponse comme on l’a vu hier soir dans ses réponses lamentables aux questions des « petits patrons » présents sur le plateau. Elle ne connait de l’Entreprise que ce qu’elle a lu dans les livres et est bien incapable de cerner leurs problèmes, voire même de les comprendre quand ils sont clairement exposés comme ce fût le cas hier par la dirigeante d’une ébesnisterie de 4 personnes ou le restaurateur. A leur demande concernant la baisse des charges elle répond investissements R&D, emplois-tremplins et marchés publics (ça leur fait une belle jambe à l’ébeniste et au restaurateur les Marchés Publics….).

    Elle est ses correliginnaires (Buffet, Laguiller, Besancenot) devraient plutôt relire celui dont ils trahissent l’esprit et respecter ceux qui font avancer le pays.

  • nsi arrêtez un peu avec vos complaintes sans cesse renouvelées.

    Les baisses de charges ne sont tout simplement plus possibles, il ne reste presque rien à baisser. Un SMIC coûte à l’entreprise de moins de 20 salariés bénéficiant de la mesure fillon un peu moins de 200€ de plus que le salaire de base.

    Je veux bien aider toutes les entreprises mais un moment il faut aussi regarder les choses en face:

    1) Les entreprises françaises sont trop petites , 93% sont des ents de moins de 10 salariés !!!

    2) La R&D c’est aussi dans les process, dans les techniques de management etc…toute entreprise devrait pouvoir en bénéficier au travers d’organisme de formation au métier d’entrepreneur. Il en est de l’entrepreunariat comme du salariat, c’est pas inné et pourtant certains le croit. On ne nait pas gestionnaire ou en tout cas pas naturellement.

    3) Koz est plutôt sympa en vrai : )

  • Ce texte circule en effet sur la Toile depuis un moment.

    Non seulement il pourrait faire réfléchir un certain nombre de responsables socialistes, mais aussi, dans une optique plus grande, la totalité de ceux qui prétendent à une fonction de dirigeant. La notion de prise de risque me parait tout à fait fondamentale dans ce texte, ce qui a une saveur toute particulière si on y met en face cette notion ô combien contemporaine de « principe de précaution »… que nos élites promeuvent sans cesse… et qui est pour moi l’absolue antithèse de la prise de risque.

    De même, être un dirigeant de nos jours, parfois, c’est surtout ne pas prendre de risque. Ceci est valable pour certains dirigeants politiques (il ne faudrait pas faire peur au bon peuple), mais aussi pour certaines grandes multinationales. L’immobilisme peut devenir une véritable politique, car la prise de risque est mauvaise dans le 1er cas pour celui qui doit se faire élire, et est mauvaise dans le 2nd cas pour les actionnaires (par le manque de visibilité à court terme qu’elle occasionne).

    L’époque où la prise de risque était valorisée par les élites et justifiait le pouvoir des classes dirigeantes me parait donc bien loin de nous…

  • [quote comment= »5124″]Ce texte circule en effet sur la Toile depuis un moment.[/quote]

    Ah oui. Effectivement, ce n’est pas une découverte pour la Toile. Pour moi, si, alors…

    [quote comment= »5124″]Non seulement il pourrait faire réfléchir un certain nombre de responsables socialistes, mais aussi, dans une optique plus grande, la totalité de ceux qui prétendent à une fonction de dirigeant.[/quote]

    Oui, en effet, les dirigeants aussi sont susceptibles d’y trouver quelques enseignements. Notamment sur le fait que ce qui justifie leur position, c’est bien le risque. Il me semble en avoir entendu un tenir ce type de discours…

    Bien d’accord avec toi aussi sur le fait que notre société se blinde contre le risque, avec sa judiciarisation, consacrée avec le « principe de précaution ».

  • Encore une fois, Finkielkraut avait raison lorsqu’il disait dernierement que la gauche devrait lire Jaures au lieu de se l’approprier …

    Mais savent-ils lire a gauche? max

    ps: si la gauche se mettait a lire les ecrit des francais qui vottaient ou siegaient a gauche, elle pourrait avoir des surprises! avec Bastiat par exemple!

  • C’est amusant, Laurence Parisot a cité ce même texte lors de la dernière assemblée du MEDEF à BERCY. Elle trouvait d’ailleurs assez drôle de citer Jaurès après Nicolas Sarkozy… Comme quoi, les grands esprits se rencontrent…

  • [quote comment= »5123″]nsi arrêtez un peu avec vos complaintes sans cesse renouvelées.[/quote] Où avez-vous vu une complainte dans mes propos ? Si mes écrits ne vous plaisent pas, rien ne vous oblige à les lire…surtout si c’est pour faire comme votre candidate : répondre à côté.

    [quote comment= »5123″] Les baisses de charges ne sont tout simplement plus possibles, il ne reste presque rien à baisser. Un SMIC coûte à l’entreprise de moins de 20 salariés bénéficiant de la mesure fillon un peu moins de 200€ de plus que le salaire de base.[/quote] Tout le monde sait que tous les salariés sont au SMIC… Une belle démonstration de nivellement par le bas. un peu comme si l’on niait les problèmes d’accessin au logement en prenant un studio à Aurillac en base de discussion. Les charges écrasent les entreprises c’est incontestable (sauf pour vous…)

    [quote comment= »5123″] Je veux bien aider toutes les entreprises mais un moment il faut aussi regarder les choses en face:[/quote] C’est sûr qu’il vaut mieux donner 90 % du dernier salaire à un chômeur sans contrepartie..

    [quote comment= »5123″] 1) Les entreprises françaises sont trop petites , 93% sont des ents de moins de 10 salariés !!![/quote] Et ?….. On nationalise tout le monde dans de grands kolkozes ?

    [quote comment= »5123″] 2) La R&D c’est aussi dans les process, dans les techniques de management etc…toute entreprise devrait pouvoir en bénéficier au travers d’organisme de formation au métier d’entrepreneur.[/quote] je ne vois pas le rapport entre la R&D et le reste de la phrase.

    [quote comment= »5123″]Il en est de l’entrepreunariat comme du salariat, c’est pas inné et pourtant certains le croit. On ne nait pas gestionnaire ou en tout cas pas naturellement.[/quote] Vous ne savez manifestement pas de quoi vous parlez. on est entrepreneur ou on ne l’est pas. Ce qui s’apprend c’est la gestion ce qui est totu à fait différent.

    [quote comment= »5123″]3) Koz est plutôt sympa en vrai : )[/quote] Pour le connaitre depuis plusieurs années je confirme. Nous avons au moins un point d’accord rien n’est perdu 🙂

  • Salut Koz,

    C’est quoi ton secret ? Comment arrives-tu à compléter tes commentaires d’hier à 9 h 47, à publier un nouveau billet à 11 h 28 et à faire le boulot qui te permet comme à moi d’être payé à la fin du mois et de nourrir tes enfants ?

    PS : merci pour la blogroll

  • [quote comment= »5132″]C’est amusant, Laurence Parisot a cité ce même texte lors de la dernière assemblée du MEDEF à BERCY. Elle trouvait d’ailleurs assez drôle de citer Jaurès après Nicolas Sarkozy… Comme quoi, les grands esprits se rencontrent…[/quote]

    Le texte, dans Valerus Actuelles (qui n’est l’hebdo le plus à gauche), jouxtait un article sur la réunion du Medef…

  • [quote] nsi :

    Tout le monde sait que tous les salariés sont au SMIC… Une belle démonstration de nivellement par le bas. un peu comme si l’on niait les problèmes d’accessin au logement en prenant un studio à Aurillac en base de discussion. Les charges écrasent les entreprises c’est incontestable (sauf pour vous…) [/quote]

    Mais justement, l’écrasement des salaires vers le bas est du en grande partie à cette religion des baisses de charges sans discernement dont vous vous réclamez.

    En effet, les baisses des charges absoument massives décidées ces dernières années (pour des résultats éminemment contestables) ont été concentrées autour des bas salaires. Cela crée un « atracteur » de rénumération autour du SMIC, car lorsqu’un patron veut augmenter un salarié bénéficiant de ses baisses de charges, il paye deux fois : l’augmentation et la perte des baisses de charge dont il bénéficie.

    Ce qu’il faudrait faire, c’est concentrer à montant constant les baisses de charge un peu plus haut dans la grille des salaires, à un salaire qui permet de vivre dignement. On aurait l’effet inverse d’une aspiration vers le haut : un patron qui désirerait augmenter son salarié payerait l’augmentation moins la baisse des charges.

    Qu’en pensez-vous ?

  • Frednetick, assez d’accord avec vous sur le fond, avec les caveats suivants :

    [quote comment= »5123″]Un SMIC coûte à l’entreprise de moins de 20 salariés bénéficiant de la mesure fillon un peu moins de 200€ de plus que le salaire de base. [/quote] Oui, mais ce n’est pas parce que l’entreprise est petite que ses salariés sont payés au SMIC. Les réductions de charges Fillon s’arrêtent à 1,6 fois le SMIC. Au-delà de ce niveau, l’entreprise doit payer 2 pour que le salarié touche 1 (avant impôt)

    [quote comment= »5123″]1) Les entreprises françaises sont trop petites , 93% sont des ents de moins de 10 salariés !!! [/quote] On est bien d’accord. Au regard de notre réglementation, une entreprise de 51 salariés a 95% des contraintes d’une multinationale. Ceci explique peut être cela.

    [quote comment= »5123″]2) La R&D c’est aussi dans les process, dans les techniques de management etc…toute entreprise devrait pouvoir en bénéficier au travers d’organisme de formation au métier d’entrepreneur. [/quote] Absolument. Elle est aussi dans le marketing, la distribution, la logistique etc… Malheureusement, pour l’administration la R&D c’est des chercheurs en blouse blanche avec des diplômes reconnus par l’Etat. D’autre part, je n’ai pas une grande confiance dans la capacité d’organismes para-publics à dispenser des formations au métier d’entrepreneur. Pour finir, il faut savoir que les organisations patronales, à commencer par le MEDEF, organisent localement ce type de formations et diffusent les « best practices » sans que cela ne coûte un euro de fonds publics. Le jour où les politiques de gauche comme de droite admettront qu’ils sont généralement moins bien placés que les agents économiques pour dépenser leur argent dans leur meilleur intérêt, on aura franchi un grand pas. Taxer pour financer la redistribution et la solidarité. Oui, 100 fois oui. Mais prendre de l’argent aux entreprises et leur en rendre une fraction pour les inciter à faire des investissements, de la formation, de la R&D ou toute autre lubie du ministre en poste, c’est d’une connerie à se taper la tête contre les murs.

    [quote comment= »5123″]Il en est de l’entreprenariat comme du salariat, c’est pas inné et pourtant certains le croit. On ne nait pas gestionnaire ou en tout cas pas naturellement. [/quote] Oui et non. On peut avoir plus ou moins la fibre, mais ce qui est sur c’est qu’il faut beaucoup travailler. Et il ne faut jamais s’arrêter d’apprendre, sinon on perd tout.

    [quote comment= »5123″]3) Koz est plutôt sympa en vrai : )[/quote] Même à jeun ? 🙂

  • Supprimé : mon blog n’est pas un panneau d’affichage. Vous n’êtes pas sous le bon billet, et copier-coller son propre billet sous celui des autres n’est pas des plus corrects. Je sens que je suis chaud, aujourd’hui.

  • @jmfayard

    Je commence par le pas très gentil pour finir par le plus gentil ?

    La plupart des gens considèrent que l’écrasement du bas de l’échelle des salaires est dû aux hausses du SMIC qui croît à peu près deux fois plus vite que la moyenne des salaires. D’autre part, les baisses de charges coûtent cher mais leurs résultats sont relativement peu contestés ; il faut dire qu’elles ont été proposées par Fillon ET par Aubry ?

    En revanche, vous avez tout à fait raison de mentionner l’effet pervers qui désincite fortement les patrons à augmenter leurs salariés à bas revenus. J’irais même plus loin que vous : le patron qui augmente un de ses salariés smicards paie 3 fois : une fois le salaire, une fois les charges sur le salaire, une fois l’augmentation du taux de charge. Ca fait beaucoup. Maintenant, les charges sociales sont tellement élevées en France que si on veut étendre la réduction vers le haut de l’échelle des salaires, ça va très vite représenter des sommes colossales. On a donc le choix entre une baisse importante focalisée sur les bas salaires et une baisse plus faible étalée plus largement.

  • Un dernier truc et après il faut que j’y aille car je fais partie de la « France qui se lève tôt » dont parle Sarkozy.

    Les amalgames historiques entre la droite (vous êtes de droite donc de la famille de Barrès et Mauras) et la gauche (vous êtes de gauche donc marxistes et staliniens) n’ont aucun sens.

    Pourquoi ?

    Parce que le clivage droite-gauche est une constante de l’histoire mais c’est un équilibre dynamique dont le contenu évolue en permanence.

    Pour être plus précis, le clivage droite-gauche se rapporte à la question dominante d’une époque donnée, celle qui la bouleverse le plus, qui présente des dangers en même temps que des nouvelles perspectives.

    En 1789, la question dominante était celle de la démocratie. Vous êtes démocrates ? A gauche. Confier le pouvoir à la plèbe ignorante et vile vous fait peur ? A droite !

    A la fin du XIXe siècle, tout le monde est démocrate et la question centrale était celle de la république. Vous êtes républicain ? Vous êtes de gauche. Monarchiste ? Vous êtes de droite.

    Après la guère, tout le monde est démocrate et républicain et la question principale est celle du social. Un peu plus, un peu moins ? Voilà qui redéfinit à nouveau le clivage droite-gauche.

    Dans la décennie qui vient et celle d’après, on peut imaginer que d’autres questions deviendront dominantes.

    Ce sera peut-être l’Europe la question dominante : vous êtes plutôt fédéraliste ou souverainiste, un peu plus, un peu moins ? Si tel devient le cas, on aura une configuration où les Verts et l’UDF seront les partis « de gauche », le PS de centre-gauche, l’UMP centre-droit, le PCF, le MRC, le MPF seront les partis de droite, le FN l’extrême-droite.

    Ou la question dominante sera peut-être face à la raréfaction des énergies fossiles couplées au réchauffement climatique celle de l’écologie politique. Comment fait-on face à cette mutation écologique du capitalisme. Un peu plus, un peu moins d’écologie politique ? Là encore, ce n’est pas tant la question de savoir si l’écologie politique est de droite ou de gauche, c’est surtout qu’elle fait bouger les lignes et fait pivoter le clivage droite-gauche sur son axe. Ainsi une partie de la gauche traditionelle (PCF, sociaux-démocrates productivistes) actuelle seraient des partis « de droite »

    Mais il y aura toujours un clivage droite-gauche, tant que l’on aura pas atteint cette « fin de l’Histoire » avancée par Fukuyama.

  • @jmfayard : liberal a assez bien résumé ce que j’aurais répondu si je ne m’étais pas interrompu pour savourer un déjeuner en famille.

    Cela dit, je rajouterai qu’au lieu de toujours envisager la hausse du SMIC comme la solution au problème de pouvoir d’achat on pourrait aussi se demander comment produire plus de richesses dans l’entreprise et donc comment mieux faire profiter les salariés de ces richesses. La réponse tient en un mot : TRAVAIL.

    Plus qu’une simple baisse mécanique des charges ou la revalorisation du SMIC je suis partisan de la baisse de la fiscalité pesant sur le travail. Ainsi vous ne serez pas surpris que je partage la proposition de Nicolas Sarkozy de défiscaliser des deux côtés les heures supplémentaires. Ce travail supplémentaire profitera ainsi :

    1 – au salarié qui verra s’accroitre immédiatement son pouvoir d’achat de manière très substantielle (pas comme une hausse du SMIC de 21 € en 5 ans (j’y reviendrais plus bas) 2 – à l’entreprise qui peut ainsi répondre à plus de demande (comme évoqué hier par l’ébeniste forcée de refuser uen commande par semaine) 3 – au marché du travail car une entreprise qui gagne est une entreprise qui recrute.

    Concernant cette proposition de Ségolène Royal de monter le SMIC à 1500 € :

    Tout d’abord dans son pacte présidentiel est inscrit « le plus tôt possible dans la législature ». Hier nous avons appris que ce « plus tôt » c’était en 2012 soit à la fin de la législature. Premier « mensonge ». Ensuite cette hausse correspond à peu de chose près au montant qu’atteindra le SMIC de façon naturelle en 2012. Je l’avais entendu mais je viens d’en avoir la démonstration :

    « En effet, la loi qui fixe les modalités de revalorisation du Smic tient compte de 2 paramètres : – L’inflation – La moitié du gain de pouvoir d’achat annuel du salaire ouvrier L’addition de ces deux paramètres signifie une augmentation automatique du Smic de 2,6 % à 3 % du Smic chaque année, soit, en moyenne 2,8 % comme cette année. Avec le très léger « coup de pouce » (+ 0,25 %) donné par le gouvernement de Droite, le Smic brut s’élèvera à 1 254 € au 1er juillet 2006. Avec une augmentation automatique moyenne de 2,8 %, l’application stricte de la loi aboutirait à un Smic brut de 1 479 € en 2012. La revalorisation du Smic brut (hors revalorisation automatique) proposée par le projet socialiste correspond donc à une augmentation totale de 21 € (1500 – 1479) entre 2006 et 2012. Soit une augmentation annuelle de 3,5 € du Smic mensuel brut et de 2,75 € du Smic mensuel net ».

    Qui sont les auteurs de cette brillante démonstration de l’escroquerie que représente cette proposition ? Des spécialistes de la Finance dûment mandatés par l’UMP ? Un esprit aigri souhaitant dénigrer à tout prix le programme de Mme Royal ? Et bien non. Cette analyse a été rédigée par Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, membres du Conseil National du PS…..

  • Nous sommes bien d’accord à cet égard, jmfayard : les marqueurs de la gauche et de la droite ont considérablement évolué. A l’exception des extrèmes, se référer à la droite et à la gauche de la fin du XIXème, début du XXème n’a pas grand sens.

  • [quote comment= »5151″] En 1789, la question dominante était celle de la démocratie. Vous êtes démocrates ? A gauche. Confier le pouvoir à la plèbe ignorante et vile vous fait peur ? A droite ! [/quote]

    Loin de là…

    Personne n’a jamais songé un seul instant à renverser le roi, à ce moment. La question de la démocratie n’est venu qu’au XIXeme.

    Pour revenir sur le texte que vous proposez plus haut, on relève de trés belles perles:

    [quote]Dans le passage consacré à l’anti-repentance, on constate aussi que le candidat UMP a forgé un nouveau « concept », inconnu jusqu’ici des historiens, celui de « communautarisme historique » Je doute qu’il laisse sa marque dans l’histoire de la pensée, mais ce n’était pas le but visé par son auteur. Il s’agissait de marquer l’opinion, en utilisant des formules choc. [/quote]

    Non, c’est juste qu’il est bizarre de voir à quel point une certaine partie de la gauche est schyzophrène dans ses choix de défendre tel ou tel moment historique, en oubliant parfois qu’ils en ont été la cause. Par exemple, la colonisation, idée née à gauche, qui n’a jamais été une idée initiée à droite, mais qui a été développée sur le terrain par celle-ci. La droite a été le pigeon de la gauche sur cette histoire…

    [quote]Une autre lacune montre clairement où mène le discours anti-repentance. C’est l’absence totale des figures féminines dans la galerie des héros dont se réclame le candidat de l’UMP. Nous avons ici une illustration limpide des analyses de Michèle Riot-Sarcey sur l’absence des femmes dans la mémoire des hommes politiques de ce pays.[/quote]

    N’a-t-il pas évoqué la pucelle d’Orléans? Et sur Sarcey, on pourrait parler de Blanche de Castille, de Catherine de Medicis, et bien d’autres…

    [quote]Par exemple, dans le passage où sont évoquées les persécutions dont ont été victimes Léon Blum et Georges Mandel, il n’y a pas un seul mot pour souligner les responsabilités du régime de Vichy et de la milice. Les seuls coupables explicitement désignés, ce sont les agents de la Gestapo ! Finis les discours sur les mauvais Français et sur la responsabilité de l’Etat français.[/quote]

    Moi qui pensait, que selon la gauche, il ne peut y avoir de bons ou mauvais Français, je déchante…

    Et si il faut parler de la collaboration, parlons-en! Mais évoquons également les responsables de la défaite, ça sera plus juste…

    Au fait, tant qu’à faire de culpabiliser, évoquons également les communistes, la Commune, etc. Si on veut diviser la nation, ce ne sont pas les sujets qui manquent, chose dans laquelle la gauche s’est spécialisée, depuis deux siècles, au minimum…

    [quote] Dans le discours de Poitiers, on voit parfaitement le lien entre la dénonciation de la repentance et la stigmatisation de l’immigration.[/quote]

    Moi qui assimilait cela à un des meilleurs moyens d’intégration….

    [quote]C’est la raison pour laquelle, il fallait procéder à une sorte de provocation mémorielle, en se référant à Jaurès et à Blum, pour alimenter la chronique politique sur le thème du « changement ».[/quote]

    Peut-être aussi que Jaurès était moins à gauche qu’ils ne souhaiteraient nous faire croire…

  • [quote comment= »5139″]Puisqu’il y a apparemment ici des amateurs de beaux textes, je conseille celui-ci :

    Les usages de l’histoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy

    C’est signé par le comité de vigilance face aux usages publics de l’Histoire. Engagé et pertinent ![/quote]

    Ce texte est assez amusant dans le sens où il est une tentative de dénier à Sarkozy le droit d’utiliser les grands hommes de gauche, où des idées de gauche, indéniablement rentrées, de nos jours, dans un historique collectif.

    Il cherche à démontrer, de façon ouvertement partisane, « l’ignoble tripatouillage de l’histoire » auquel se livrerait NS dans le seul but d’un ratissage politique plus large.

    Il dresse un tableau pathétique d’un NS ne sachant plus où il se trouve, tellement à cours d’idées qu’il viendrait « piquer » les hommes et les idées de gauche… L’auteur oublie juste de dire que ceux-ci ont été quelque peu délaissés par les dirigeants socialistes (mis à part quelques invocations au front populaire), comme le prouve le texte de Jaurès, publié par notre hôte, et que en tout état de cause l’histoire appartient à tous et n’est pas réservée à une élite bien pensante socialiste. Je suis d’accord sur le fait que cela pose le problème de l’utilisation politique de l’histoire. Mais des questions se posent : pourquoi la gauche serait-elle plus qualifiée que la droite pour se l’approprier ? Et pourquoi serait-elle propriétaire des grands noms, des grandes plumes, de gauche qui ont marqué notre histoire collective ? pourquoi serait-elle la seule à pouvoir en interpréter correctement les idées ? Pourquoi enfin, dénier le droit à NS d’en parler (et ce sans les justifier de l’explication facile de tripatouillage politique)?

    Quant au reste de cette diatribe, (dont la théorie de lanti-repentance), il est pour moi à classer dans l’habituel terrorisme intellectuel de gauche, qui dénie aux autres le droit de penser différemment et qui utilise, certes avec brio, la technique du procès d’intention. Pour résumer, ce texte est trop caricatural pour être vraiment pertinent. C’est dommage, l’idée de départ, l’appropriation politique, me semblait intéressante.

  • Le PS a la solution : le déficit commercial de 30millard € représentent 1 millions d’emplois, et le progrès technique détruit l’emploi. Comment relancer l’économie? En innovant, c’est à dire en ayant un progrès technique, c’est à dire en détruisant les emplois (dixit la candidate). Donc la candidate prône la destruction des emplois, c’est cool je trouve.

    PS : topkoz comme antispam, y a pas de mal à se faire du bien :p

  • [quote comment= »5123″] Tout le monde sait que tous les salariés sont au SMIC… Une belle démonstration de nivellement par le bas. un peu comme si l’on niait les problèmes d’accessin au logement en prenant un studio à Aurillac en base de discussion. Les charges écrasent les entreprises c’est incontestable (sauf pour vous…)[/quote]

    Tous les salariés ne sont pas au SMIC, ils sont 17% à l’être si ma mémoire est bonne, ce qui n’enlève rien au fait que je vois mal comment réduire encore les charges sur les entreprises. Du moins les charges sociales. Depuis juillet les TPE bénéficient d’une exonération totale des charges de SS et d’une réduction dans le cadre de la loi fillon. Vous voulez faire quoi de plus sur la baisse des charges?

    [quote comment= »5123″] C’est sûr qu’il vaut mieux donner 90 % du dernier salaire à un chômeur sans contrepartie..[/quote]

    Vous me faites dire ce que je n’ai pas dit, c’est assez pratique.

    [quote comment= »5123″] Et ?….. On nationalise tout le monde dans de grands kolkozes ?[/quote] La france compte deux fois moins d’entreprises de 20 à 50 salariés que l’allemagne, c’est problématique. Très bon article d’Alternatives économiques sur ce sujet dernièrement. Nationalisation? Mais bien sûr et la marmotte…elle met le chocolat dans le papier d’alu! Où avaez vous lu, vu ou crut voire ça? C’est un vieux fantasme, rien de plus.

    [quote comment= »5123″] je ne vois pas le rapport entre la R&D et le reste de la phrase.[/quote] Ah bon? Parceque la R&D c’est quoi selon vous? Optimiser des fonctionnalités, réorganiser un processus de production ça ne rentre pas dans la R&D? ben je suis sur le cul..

    [quote comment= »5123″] Vous ne savez manifestement pas de quoi vous parlez. on est entrepreneur ou on ne l’est pas. Ce qui s’apprend c’est la gestion ce qui est totu à fait différent.[/quote] Allez en parler aux entrepreneurs nés qui mettent la clé sous la porte à la fin de la première année..

  • frednetick a écrit plus haut :

    [quote][quote] Vous ne savez manifestement pas de quoi vous parlez. on est entrepreneur ou on ne l’est pas. Ce qui s’apprend c’est la gestion ce qui est totu à fait différent.[/quote]

    Allez en parler aux entrepreneurs nés qui mettent la clé sous la porte à la fin de la première année.. [/quote]

    Il faut une fibre particulière, faite de charisme et de leadership pour entreprendre avec succès, et tenir sur la durée. Et le problème principal est que, souvent, ces entrepreneurs n’ont pas la formation nécessaire pour être capable de gérer toutes les difficultés qui viennent. Ils ont l’envie mais pas forcèment la formation.

    Vous avez raison mais nsi n’a pas tort… 😉

  • Nous tournons en rond sans nous lire comprendre Fred. Liberal a apporté les réponses à vos nouvelles questions et j’ai pris la liberté de m’associer à sa réponse. Laissons tomber cette discussion dont la stérilité le dispute à la mauvaise foi. Je vous fait dire ce que vous n’avez pas dit et vous répondez à côté de mes interrogations…..Gardons ce beau consensus sur l’amabilité de Koz pour lequel nous avons trop d’estime pour transformer son blog en corral 😉

    NB : pour illustrer la mauvaise foi dont je fais état j’ai bien écrit que la gestion s’apprenait, pas mais que l’on nait entrepreneur. Ceux qui mettent la clé sous la porte n’ont pas bien suivi les cours de gestion.

  • Merci Polydamas de conforter mon point de vue qui n’est en effet pas antinomique avec celui de Fred comme il le fait ressortir.

  • oops je m’a auto-cité…

    Je suis d’accord avec libéral (c’est la deuxieme fois ici je commence à me poser des questions). Pas sur que l’Etat soit capable d’assumer les missions de répendre le savoir entrepreunarial, les CCI sont à mon sens bien meiux placées.

    Pour le 1.6 SMIC, je suis aussi OK ça devient lourd. Etes vous certain du rapport 1 à 2? Je suis payé environ à ce taux là et mon employeur ne paye pas une fois mon salaire en charges.

    Vérification faite c’est environ 50% de charges supplémentaires. Non que ce soit négligeable mais on est loin des 100% quand même.

  • mais si je vais transformer ce blog en OK corral ce s***** a descendu tout le chinon !!!

    Remarquez on avait qu’a pas laisser la bouteille à côté de lui aussi, et il nous avait prévenu.

  • Vous êtes d’accord avec liberal, je suis d’accord avec liberal. Nous sommes donc d’accord Fred 🙂 Sérieusement je pense en effet que l’Etat n’est pas le mieux placé pour apprendre l’entrepreneuriat et les CCI le font déjà dans de nombreuses régions. Il existe d’ailleurs des stages organisés par les CI (exemple : CCI de l’Eure). La R&D évoquée par Mme Royal n’a rien à voir avec cela et c’est la raison de notre incompréhension. il faut évidemment investir dans la formation des gestionnaires.

    Concernant les baisses de charge sur les bas salaires (jusqu’à 1.7 SMIC et non 1.6), elles sont particulièrement nécessaires pour les TPE qui représentent un bassin d’emploi très important. Mais il faut également que ces baisses soient mieux encadrées je le reconnais car elles peuvent devenir très dangereuse pour les salariés qui verraient leurs salaires stagner. Elles doivent être accordées en contrepartie d’embauche effectives et c’est ce que demandent les entrepreneurs.

  • @Frednetick

    Ravi qu’on soit si souvent d’accord 🙂 Ravi aussi que nsi se soit associé à ma réponse 🙂

    Le rapport de 1 à 2 est entre ce que paie, charges comprises, l’entreprise et ce que reçoit, charges déduites, l’employé.

    Exemple, salaire brut 2000€ (juste au-dessus de Fillon). L’entreprise paie 45% de charges soit 900€. Le salarié paie 25% soit 500€. Au total, l’entreprise a payé 2900€ pour que le salarié reçoive 1500€. L’entreprise doit donc bien débourser 2 euros pour que le salarié en perçoive 1.

    C’est la distinction charges salariales – charges patronales qui perturbe le raisonnement. Du coup, on a tendance à ne retenir que la part patronale. Mais la réalité est bien que si l’entreprise veut augmenter son salarié de 100€ nets et le passer de 1500 à 1600, ça va lui coûter 200€ charges comprises, avec un coût chargé qui passera de 2900 à 3100 (aux arrondis près).

    Jetez un oeil à votre bulletin de salaire (je sais, c’est généralement illisible). Normalement vous devriez pouvoir reconstituer ce que vous coûtez charges comprises à votre employeur, ça devrait être assez proche du double de ce que vous touchez en net.

    [quote post= »142″]Depuis juillet les TPE bénéficient d’une exonération totale des charges de SS et d’une réduction dans le cadre de la loi fillon. [/quote] Vous êtes sur de ça? Je sors là de la discussion politique mais si vous pouvez me retrouver la source précise, ça m’intéresse beaucoup pour quelques TPE qui me sont proches.

  • çela ne concerne que les TPE semble t-il et pour les salaires égaux au SMIC.

    article sur le sujet

    Bien particulier mais réel. Il semblerait que les réactions soient mitigées.

    Effectivement je n’avais capté que les charges patronales, merci de me rappeler de regarder dans la colonne de droite. 😉

  • @nsi : sans vouloir réouvrir la polémique, comment savez vous que la R&D dont parle SR n’est pas ce sur quoi nous sommes d’accord? Sans précision supplémentaire chaque camp y ira de son interprétation. Oui pour les uns , non pour les autres.

    Je note quant à moi que les thèmes qui me sont chers de formation et de R&D sont abordés comme un moyen (sinon LE moyen) de permettre une augmentation des salaires.

    Il faut effectivement créer avant de redistribuer je suis entièrement d’accord mais penser la hausse corrélative des salaires avec les efforts fait en matière d’aide à la formation et a la R&D me parait sinon optimal au moins cohérent.

    Il faut bien reconnaitre que SR et NS partagent une idee en commun, nous ne nous en sortirons qu’en faisant progresser les salariés français.

    Je suis en train de lire le livre d’O. Bouda-Olga, « nouvelles géographies du capitalisme » (je vous le conseille vivement), et effectivement l’enchevêtrement des facteurs de compétititivité, ou plutôt d’attractivité, est tellement dense qu’en fait ni SR ni NS ni FB n’abordent le problème globalement. Chacun choisit un point d’entrée proche de sa vision politique en ignorant plus ou moins la complexité de l’ensemble.

    C’est effectivement très difficile de communiquer sur un ensemble complexe, d’où, je pense, la simplification et la mésentente.

    Sans vouloir a tout prix être d’accord avec vous, il semble que la synthèse aurait plus de pertinence que les choix opérés par chaque camp. Ce n’est qu’un avis d’un citoyen parmi d’autre qui lit pour se cultiver et essayer de comprendre le monde particulièrement complexe qui s’offre à lui..comme chacun ici me semble t-il.

    • Concernant l’effort sur la recherche je cite la première proposition du pacte présidentiel de SR :
    Investir massivement dans l’innovation et la recherche : augmentation pendant le quinquennat du budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 10 % par an (le budget public de recherche-développement a diminué de 1 à 0,8% du PIB entre 2002 et 2005). Sur les 65 milliards d’aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : je propose de porter cette part à 15%.

    Elle parle bien de « budget public de recherche-développement ».

    Sur le reste en effet il convient de faire la synthèse et loin de moi l’idée que la vérité est uniquement d’un côté. Mais je reste convaincu que nous n’avancerons pas tant que nous ne recommencerons pas à créer de la richesse. On voit bien dans le discours de SR l’imprégnation keynesienne mais le keynesianisme a échoué partout et il est largement démontré qu’en dehors des dictatures communistes ou dans l’Allemagne d’Hitler la puissance publique n’a jamais relancé la croissance.

    Le but d’un espace comme celui qui nous offre Koz est d’échanger de manière constructive sans s’enfermer dans un dogmatisme quelconque. Je suis personnellement très pragmatique et mon parcours personnel et professionnel me porte à faire plus confiance à Nicolas Sarkozy qu’à Ségolène Royal pour apporter des solutions aux besoins (je ne parle pas de problèmes) de la France.

  • @Frednetick et les autres

    Si vous lisez l’anglais et si vous avez le courage, j’ai retrouvé pour vous cet article sur les délocalisations d’un économiste ancier conseiller de Clinton.

    http://www.foreignaffairs.org/20060301faessay85209/alan-s-blinder/offshoring-the-next-industrial-revolution.html

    Il en ressort (de mémoire, je l’ai lu il y a longtemps) que les métiers les plus exposés à délocalisation ne sont pas nécessairement les moins qualifiés. Un job très qualifié mais reposant sur des informations transmissibles par Internet est donc facilement délocalisable. Par exemple, un informaticien peut perdre son job au profit d’un Indien ou d’un Ukrainien, mais un livreur de pizza ne risque rien.

    Tout ça pour dire qu’on a tort de croire que l’éducation et la R&D sont la solution au problème du chômage. Comme le démontre le plan social chez Alcatel-Lucent, un bon plombier est plus à l’abri qu’un ingénieur en télécom.

  • En effet les délocalisations (ou offshoring quand il s’agit des NTIC) touchent de plus en plus de métiers intellectuels. Il n’est qu’à voir l’essor de l’Inde dans la production de logiciels ou les ateliers de saisie en Asie. La province du Karnataka est la Silicon Valley indienne et Bangalore en est la capitale. Le groupe pour lequel je travaille fait saisir des manuels d’utilisation à Madagascar.

    Les infos transitent par le Net et le tour est joué. Il en va de même pour les savoirs-faire très particuliers (souffleurs de Baccarat par exemple).

  • JMFayard, je note que « la France qui se lève tôt » se lève à 13h36, c’est pas mal. C’est la France ‘de gauche’ qui se lève tôt ?

    @koz : « Et ce n’est pas avec les sentiments de colère ou de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut-être le prélude de la justice »

    tout est dans le « réciproque ». quand la droite appelle à en finir avec les « privilèges » et qu’il s’agit de salariés pas fortunés, on ne voit pas bien la réciprocité…

  • Edgar, nous sommes d’accord. Il n’y a de légitimité que dans la réciprocité. Le défaut commun d’un certain discours de droite et d’un certain discours de gauche est de s’appuyer sur des exemples non représentatifs pour légitimer leurs thèses : la gauche sur les salauds de patrons, la droite, sur ces feignants de fonctionnaires.

    Il y a du vrai dans les deux cas : il y a des salauds de patrons, il y a des feignants de fonctionnaires. Mais la vérité n’est pas dans ces extrèmes.

    Au demeurant, sur les patrons, Ségolène Royal a opportunément envisagé de favoriser (on peut discuter des moyens, en revanche) la création des PME, et Nicolas Sarkozy a opportunément répété son opposition aux « golden parachutes », précisément au nom de l’idée que le patron gagne sa légitimité dans le risque qu’il accepte de prendre.

    Sur les fonctionnaires, si Nicolas Sarkozy souhaite en réduire le nombre et améliorer le fonctionnement général de l’Etat, il ne manque pas non plus une occasion de répéter son respect pour leur travail.

  • [quote comment= »5333″]Sur les fonctionnaires, si Nicolas Sarkozy souhaite en réduire le nombre et améliorer le fonctionnement général de l’Etat, il ne manque pas non plus une occasion de répéter son respect pour leur travail.[/quote] Et concernant cette diminution, Jean-François Coppé, invité hier soir d’Olivier Mazerolle sur BFM TV (journaliste d’ailleurs très partial et particulièrement agressif envers le Ministre), a bien expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une part de ne pas remplacer uniformément 1 fonctionnaire sur 2 mais de réajuster les effectifs en fonction des niveaux (primaire/secondaire) et d’autre part que l’enseignement n’était pas la seule « cible » de ces mesures.

  • @Nicolas M : vous êtes totalement hors sujet et notre hôte a indiqué ICI que son blog n’est pas un panneau d’affichage. Le billet de Koz au sujet d' »un prof« est ICI.

  • Ayéééé Mme Royal a compris le message de Jaurès et nous a gratifié hier à Monville d’une résolution qui va faire date :

    Il faut réconcilier la France avec les entreprises qui entreprennent

    Ah ça fait du bien d’entendre enfin des propos sensés. C’est vrai quoi y’en a marre de ces entreprises qui ne font rien et qui attendent que les sousous rentrent tout seuls.

    Alors je demande aux supporters de Mme Royal de bien vouloir nous expliquer ce qu’est une entreprise qui n’entreprend pas….

    Et demain le programme c’est quoi ? La lutte contre la pluie, contre les marées ?

  • Le texte de Jaurès est un faux grossier. il suffit de consulter le site de M. Fillon pour avoir le vrai article de Jaurès paru dans La Dépêche. Manque de sérieux d’internet, de Valeurs actuelles et des bavasseurs de la toile… ou mensonge délibéré ? Gilles Candar, président dela Société d’études jaurésiennes

  • N’hésitez pas à donner un lien, fournir une source, pour aider les bavasseurs de la Toile à saisir en quoi ce texte – scandaleux, il est vrai, ouh la la – serait un faux grossier. Enfin, si François Fillon fournit le bon…

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