Deux points sur l'système

Je ne comprends pas que cette campagne législative n'intéresse pas davantage les français. Ce n'est pourtant pas faute que les questions institutionnelles soient, et aient toujours été, terriblement sexys. Deux points me sont venus à l'esprit, dans ce concert de lamentations sur l'injustice du système (dont, je le répète encore, je concède volontiers qu'il s'accommoderait bien d'un peu de proportionnelle) que je soumets à votre critique.

  • Les députés qui formeront la prochaine Assemblée Nationale seront élus. Pas nommés. Notamment pas sur une liste. Mais élus. Bref, ce sont les français qui, dans chaque circonscription, leur accorderont, ou non, leurs suffrages. Peut-on penser que, de la sorte, ils ne volent pas leur siège mais qu'ils le doivent à la volonté exprimée des électeurs ? Ces députés, à l'ancrage local, ne sont-ils pas représentatifs de la somme des majorités exprimées ? Ne s'agit-il pas, en fin de compte, de deux conceptions différentes de la représentativité ?
  • On dit traditionnellement que ce mode de scrutin a pour effet de donner "une prime à la majorité". Y pensant, je me disais que, la majorité étant majoritaire, il n'était pas forcément nécessaire de lui offrir une prime. Mais, basculant le raisonnement et songeant au système proportionnel, qui a souvent pour effet de fournir aux partis minoritaire l'occasion de faire les majorités, n'en vient-il pas à fournir "une prime à la minorité" ? Prime pour prime, faut-il vraiment en accorder une du fait qu'un parti soit minoritaire ?

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34 comments

  • Mm

    L’ancrage local, n’est-ce pas ?

    Le rôle d’une ancre est de d’accrocher.

    Le rôle de député de la Nation consiste précisément à s’abstraire de ses ancrages locaux, professionnels, ethniques et que sais-je encore pour faire valoir l’intérêt général.

    Du moins à ce que raconte la théorie.

  • Oui. Et non.

    Si tel est le mode de scrutin, ce n’est pas un effet du hasard, ou une conséquence mal pesée. Si les députés sont élus sur une circonscription, c’est en sachant qu’ils auront aussi cet ancrage local. A charge pour eux, effectivement, de s’en abstraire au moment du vote.

    Mais rassembler des élus issus de circonscriptions, c’est aussi une façon de tendre vers une représentation de la nation dans sa diversité locale.

    Il ne me semble pas que le fait d’avoir une assise locale soit contradictoire avec le fait d’être un député de la Nation.

    Ou alors, effectivement, allons jusqu’au bout de la logique : une circonscription de dimension nationale, et un scrutin nécessairement proportionnel. Seulement là, en coupant le lien avec le territoire, je ne suis pas certain de la représentativité que l’on obtiendrait.

  • [quote post="356"]Le rôle de député de la Nation consiste précisément à s’abstraire de ses ancrages locaux, professionnels, ethniques et que sais-je encore pour faire valoir l’intérêt général.[/quote] Certes, mais il est intéressant, lors de débat, d’avoir des opinions venant d’horizons divers, régionaux ou professionnels, voir « ethniques » (j’aime pas ce mot !). Cela permet à tous les participants, ici les députés, d’appréhender le point de vue d’un autre et après, de voter pour l’intérêt général, cet intérêt général fut-il contre le leur particulier. Il faut beaucoup d’honnêteté intellectuelle pour être capable de le faire. Le problème aujourd’hui, c’est, qu’à de très rares exceptions près, les députés votent suivant les consignes venues des partis, tant à droite qu’à gauche. Ils ne sont plus nombreux ceux qui votent contre la consigne du leur parti quand ils pensent que l’intérêt général nécessite de la faire. Au mieux, s’abstiennent-ils….

  • « Mouarf ». Accoyer, après l’interview de Sarko dans Le Figaro, publie un rectificatif rue89, prônant un ‘large débat’. Ses propos n’en restent pas moins intéressants à lire, ne serait-ce que dans le cadre dudit ‘large débat’.

  • Tiens j’avais jamais pensé à ce que dit Accoyer : à la scission entre les deux types de députés si on instaure de la proportionnelle. Est-ce que c’est vraiment un problème? Il faut que j’y réfléchisse.

    Je suis plutôt d’accord avec tes remarques, Koz, mais moins affirmative sur l’interprétation du vote des électeurs. Le problème c’est que 40% de la population va effectivement voter pour les députés UMP. Mais qu’au final on prévoit 80% de députés UMP à l’Assemblée. On retrouve la logique présidentielle, qui veut qu’on nomme un homme ou une femme à la tête de l’Etat, celui qui rassemble le plus grand nombre de français, pour qu’il puisse s’extraire de l’appareil partisan et conduire l’exécutif. La logique des législatives est un peu différentes je crois. Lorsque les députés débattent, ils sont censés débattre au nom de leurs électeurs et d’un territoire. Un député, c’est quelqu’un qu’on envoie, à qui on confie une mission (deputare). Ils représentent un territoire, des gens unis par un destin commun, mais pas seulement. Ils doivent représenter le peuple tout entier. La majorité présidentielle ne rassemble pas 80% de la population sur son programme et ses idées, ni 80% du territoire.

    Il y a un problème. Il n’est pas nouveau. Il va juste s’accentuer. Et j’aimerais bien être représentée à l’Assemblée.

  • Une fois de plus : avec la force des arguments de koz, je m’étonne encore que tous les pays d’Europe continentale sauf la France osent trouver démocratique le scrutin proportionnel. Ah, que d’affreux irresponsables, que de régimes instables, que d’économies en crise, que de sociétés fracturées. Alors que nous ! grâce à la belle majorité absolue de l’UMP 2002-2007, nous sommes le phare de l’Europe. Reconduisons-la vite !

  • En réponse au billet, la campagne des législatives ne passionne pas, d’une part parce qu’elle n’est que le prolongement d’une campagne présiedentielle qui a débuté… depuis presque 18 mois. Long, très long. Qu’une fois le Président élu, et la majorité absolue annoncée n’apparait aux yeux de l’ensemble des citoyens comme un dernier réglage, une péripétie de plus. On peut le déplorer. Quand à la prime aux minoritaires… j’apprécie la démarche rhétorique, on sent le juriste roué! Il s’agit toutefois de la question de la représentation nationale.

  • [quote comment="27930"]Quand à la prime aux minoritaires… j’apprécie la démarche rhétorique, on sent le juriste roué! Il s’agit toutefois de la question de la représentation nationale.[/quote]

    Pas plus rhétorique que cela. Avec la proportionnelle, on se retrouvera plus facilement avec des partis minoritaires qui, de fait, feront et déferont les majorités. C’est bien une sort de « prime à la minorité » même si elle n’est pas de même nature que la « prime à la majorité ».

    Quant à la représentation, c’est le premier point. C’est une conception différente de la représentation. L’actuelle est apparemment moins représentative, mais n’est-elle pas représentative de 577 réalités locales ainsi que du « terrain » ?

  • pour apporter uen mini-pierre au débat sur l’assemblée et son mode d’élection, j’aurais tendance à faire la proposition suivante, que j’ai déjà, peu ou prou, transmise dans le grand malestrom Désirs d’Avenir il y a 3 mois mais qui semble n’y avoir suscité aucun désir ni trouvé un avenir….

    d’abord ramener de 577 à 500 le nombre de députés, il se trouve que nous avons, je crois, 77 parlementaires européens: il me semble que le symbole serait double…d’abord les députés donnent l’exemple en matière de « diminution des dépenses » , deuxiémement ils montrent que le pouvoir législatif est partagé entre l’AN et l’assemblée européenne… secundo, sur ces 500 sièges en garder 300 élus sur des circonscriptions ( à peu prés un sur deux des circonscriptions actuelles…certains députés deviendraient des suppléants, ou iraient faire autre chose: maire à temps plein par exemple) et appliquer aux 200 restants la proportionelle avec un seuil (5% soit 10 élus) en ne permettant aux partis de prendre les députés pour la proportionnelle que dans les 500 qui se sont présentés dans les cirsconscriptions, pour éviter des élus qui n’ont jamais vu un électeur, ni fait une campagne, et « récompenser » ainsi, par exemple, des jeunes partis sur un combat périlleux et leur mettre le « pied à l’étrier » pour la suite….ou un battu de peu… il me semble que cela répond à peu près au « cahier des charges » de ce scrutin….

  • Ouh la la Francis, c’est compliqué cette histoire là. Et pas juste : si on fait élire des députés, il faut qu’ils siègent, pas qu’on les envoie « faire autre chose »!

    [quote post="356"]Quant à la représentation, c’est le premier point. C’est une conception différente de la représentation. L’actuelle est apparemment moins représentative, mais n’est-elle pas représentative de 577 réalités locales ainsi que du “terrain” ?[/quote] Ce qui est représentatif, c’est que Nicolas Sarkozy ait une majorité. Et même c’est représentatif et normal qu’il ait une majorité absolue. Mais qu’il ait 80% des députés, comme l’annoncent les sondages, et que seul le PS représente l’opposition…. là il y a un problème. Là ce n’est plus représentatif de rien. Même pas des territoires.

    L’Assemblée doit être le lieu du débat national. Dans le débat national, il n’y a pas 80% de sarkozystes.

  • [quote comment="27942"]Mais qu’il ait 80% des députés, comme l’annoncent les sondages, et que seul le PS représente l’opposition…. là il y a un problème. Là ce n’est plus représentatif de rien. Même pas des territoires.

    L’Assemblée doit être le lieu du débat national. Dans le débat national, il n’y a pas 80% de sarkozystes.[/quote]

    Si, c’est représentatif, et représentatif des territoires. C’est représentatif de 80% de circonscriptions dans lesquelles le candidat UMP est arrivé en tête.

    En revanche, que ce ne soit pas représentatif de l’état de l’opinion au niveau national, et qu’il n’y ait effectivement pas 80% de sarkozystes, on est d’accord. Raison pour laquelle une dose de proportionnelle peut être bienvenue, avec toutefois les réserves émises par Accoyer.

    Ce que propose francis a un avantage : éviter que les députés élus à la proportionnelle ne soient que des apartchiks, les bons copains de l’état-major. Ca a un inconvénient : il peut paraître incongru dans le cas où un candidat est lourdement battu, de le « repêcher ».

  • 80% des circonscriptions. Quand je vais sur le site du Monde et que je regarde la carte du premier tour, que vois-je ? je vois deux tiers des départements sarkozystes. C’est à dire 60%.

    La notion de territoire est extrêmement floue, surtout dans notre pays où les échelons s’accumulent. A Paris, 20 arrondissements, et … 21 circonscriptions. Territoire? C’est comme frontière. Ce mot est très flou pour moi.

    D’autre part, Hugues soulignait tout à l’heure que si le mode de scrutin était différent, certaines personnes feraient peut-être d’autre choix. il est possible que le réflexe « vote utile » joue à nouveau en faveur d’un PS brinquebalant.

    Mais au fond nous sommes d’accord. 80% ce serait trop.

  • lisette a écrit: j’aimerai etre représentée.

    La majorité élective sortie des urnes doit s’augmenter des abstentionnistes de tout poil. Qui ne dit mot consent. Du coup, les 40% de Lisette deviennent portion congrue; Rhétorique ou réalité de la démocratie,le débat est ouvert.

  • Vous allez peut être me trouver un peu chien dans ce jeux de quilles, mais il n’existe pas de solution idéale en termes de pourcentages de représentativité. On se mord la queue entre donner effectivement les moyens au President ou au Gouvernement en place de mener sa politique et du besoin de débats avec une opposition forte. A la limite peut importe que Bayrou ait 2 ou 20 députés – il représente une force politique incontournable.

    De la même manière qu’il n’existe pas les salauds de patrons dans un camp et les bons ouvriers de l’autre et que la différence tient au comportement moral ou éthique (dans le sens noble du terme) de l’employeur et des employés, on pourrait dire qu’en termes de gouvernance la différence tient plus à la façon de gouverner et à la façon de « s’opposer ».

    Pour exemple, Kouchner est favorable à l’entrée de la Turquie et NS non – ça ne les empêche visiblement pas de bosser sur d’autres dossiers et que peut être l’un fera fléchir l’autre sur ce dernier. Ou qu’une troisième ou quatrième voie pourrait être trouvée.

    Je crois à la solution en termes politiques comme je crois aux solutions en termes de problèmes managériaux. Je crois que si une campagne marketing pour lancer un produit ne marche pas, c’est qu’il y a une raison et qu’elle n’est pas de gauche ou de droite. Je pense qu’une mesure gouvernementale peut être pas terrible mais avec le mérite d’exister, que dans la pratique elle peut être testée, puis améliorée y compris par les proposition de l’opposition, ou même retirée en se disant qu’elle ne fonctionne pas, sans pour autant annoncer la mort politique de celui qui l’a initiée et qu’il doit ensuite revenir avec une nouvelle idée, y compris inspirée par celle de l’opposition si elle se révèle meilleure in fine.

    Pourtant je ne pense pas qu’une majorité à la Prodi puisse fonctionner pour autant, à moins d’avoir un décideur en dernier ressort qui tranche et que tout le monde admette sa décision une fois certains ajustements apportés. Il existe des positions définitivement irréconciliables ou génératrices d’immobilisme.

    Bref, une fois cette majorité établie afin d’éviter l’immobilisme, je pense qu’un Président ou un Chef de Gouvernement, devrait consulter sans arrêt les différentes composantes de l’opposition. S’en nourrir si besoin. Que les leaders de l’opposition aillent d’eux même consulter sur certains points. Apporter leur pierre.

    Vous allez dire que je suis simpliste, mais bon, je pense que les éccarts vis à vis de ce principe créent les situations que l’on constate aujourd’hui.

  • Merci Eponymus… c’est une façon bien plus riche d’exprimer cette histoire de « bons et mauvais points » : les autres ont aussi leur avis à donner, leur vote à faire valoir, et ce publiquement, pour nourrir le débat national.

    [quote post="356"]Pourtant je ne pense pas qu’une majorité à la Prodi puisse fonctionner pour autant, à moins d’avoir un décideur en dernier ressort qui tranche et que tout le monde admette sa décision une fois certains ajustements apportés. Il existe des positions définitivement irréconciliables ou génératrices d’immobilisme.[/quote] Au cas où quelqu’un en douterait, je signale que personne n’a jamais dit le contraire. Bayrou a pris l’exemple de Merkel et Prodi pour montrer qu’il était possible de faire travailler des gens ensemble, et que ça permettait des réformes, mais à chaque fois il a indiqué que les choses ne pouvaient pas être semblables en France : le président de la République est élu au suffrage universel, il en tire une très grande légitimité, c’est lui qui décide, et il doit pouvoir s’appuyer sur une majorité.

  • A Lisette:Philosophiquement, les abstentions s’en remettent au résultat des urnes. C’est primaire, mais c’est comme ça. Ce sont des citoyens à part entière et leur silence doit être comptabilisé du côté des gagnants. Les votes blancs vont par nature aux perdants. Complètez votre laborieux discours. Words, words, words. Que lisez-vous,seigneur? Des mots, des mots, des mots.

  • Bozarts : c’est ce qui se passe objectivement. Personne ne sait ce qu’il en est d’un point de vue subjectif. Et d’un point de vue métaphysique, j’ajouterais que Dieu seul sait ce qui se passe dans le coeur de chaque homme… (« philosophiquement », non mais!)

    Sérieusement : on ne fait pas la distinction entre vote blanc, vote nul, et abstention. -vote blanc : sans doute une façon de laisser advenir les choses en effet. De là à les compter parmi les voix du vainqueur, il y a un pas! - vote nul : je connais qqn qui a voté « zut à Chirac » en 2002. C’est à dire qu’elle a écrit ça sur son papier… Il doit y avoir une raison de vote nul par bulletin. - abstention : ne se sentent pas concernés, ou ne voient pas pourquoi ils se déplaceraient si on ne tient pas compte de leur vote.

    40% de vote pour Sarkozy, ça fait 40% de vote pour Sarkozy. Si Bozart souhaite qu’on tienne compte de l’abstention, ça fait 40% de 70% des inscrits, c’est à dire : 28% de la population qui se déplace pour voter pour la majorité présidentielle (à peu près le score du premier tour ; c’est logique)

    Paroles paroles paroles… ;)

  • Au bout du compte, c’est Arlette Laguilier qui a raison: « l’opposition ne se fera pas dans l’hemicycle, mais dans la rue. » Maintenant, reste à savoir si Sarkozy tiendra :)

  • Bonjour,

    Koz, je me pose depuis longtemps une question à laquelle je n’ai pas de réponse. Que doit représenter un député ? Si on prend les deux cas extrêmes :

    -> Il représente un territoire, auquel cas le mode actuel de scrutin est valable, et toutes les circonscriptions devraient avoir une superficie plus ou moins équivalente. Mais dans ce cas un électeur de la Creuse est sur-représenté par rapport à un parisien. Et un parti pas vraiment petit comme le FN auparavant ou le Modem ce jour peut ne pas être représenté.

    -> Il représente une part de la population, auquel cas le scrutin doit être proportionnel. Mais là, tout le pouvoir est à Paris où se trouve la grande concentration d’électeurs, et la Creuse est abandonnée. La France se résume alors à ses villes principales.

    La spécificité démographique française avec la forte concentration humaine de la capitale explique peut-être que le France ait cette spécificité électorale par rapport aux autres pays.

    Maintenant, entre les deux, quelle est la meilleure solution ou comment trouver un équilibre entre les deux ? Je n’ai à ce jour pas encore trouvé de réponse et remercie Koz de mettre ce sujet sur le tapis.

    Luc

  • [quote comment="27955"]Ce que propose francis a un avantage : éviter que les députés élus à la proportionnelle ne soient que des apartchiks, les bons copains de l’état-major. Ca a un inconvénient : il peut paraître incongru dans le cas où un candidat est lourdement battu, de le « repêcher ».[/quote]

    Il me semblait, à moi, que mon commentaire répondait à ton billet … car si les inconvénients d’une dose significative de proportionnelle sont si grands, comment comprendre que l’Europe, qui est partout sur le continent à la proportionnelle intégrale, ne subisse pas ces effets délétères, cette horrible « prime aux minorités » (???), cette sous-représentation des réalités territoriales ?

    En quoi notre situation est-elle si spécifique par rapport aux autres Européens, que nous soyons incapables de débattre dans un Parlement sans parti majoritaire ? (car autour de nous, aucun pays, que je sache, n’a de parti majoritaire au Parlement …).

    L’épouvantail de la « IVème » n’a pas de sens – c’est une République sous laquelle la France a connu un essor remarquable, et son grand défaut, l’incapacité à gérer des guerres extérieures faute de lieu de décision central, n’est plus un risque aujourd’hui (même sous la VIème Bayrou ou Montebourg). Qui plus est, on a eu en 86-88 une Assemblée à la proportionnelle, un gouvernement en majorité relative, et qui a été, au moins quantitativement, l’un des plus productifs de la Vème.

    Bon, je me répète, c’est que le sujet me passionne – c’est celui de mon tout premier « billet » politique, en 2000, je l’avais titré « une utopie représentative » : utopie dans l’hexagone, du moins.

    Et je suis d’accord avec l’existence de deux spécificités françaises, qui peuvent nous inciter à nous différencier de la « proportionnelle intégrale » en vigueur ailleurs :

    • le parisianisme, car la France est très centralisée. C’est pourquoi il est utile de conserver une part « territoriale » dans le scrutin (et là, j’ajouterais une obligation du type « de résidence », comme pour les municipales, et qui n’existe pas actuellement pour les législatives).

    • le clanisme, car la France est très clanique (l’influence néfaste de l’Ena et des corps, mais pas seulement). Un député risque de se couper du peuple qu’il est censé représenter, si sa réélection dépend uniquement de son parti. C’est pourquoi je suis favorable à ce qu’un député élu par liste ne soit pas rééligible par liste dans la même Assemblée (s’il veut rester à l’Assemblée, qu’il se présente dans une circonscription).

  • [quote comment="27989"]Bozarts : c’est ce qui se passe objectivement. Personne ne sait ce qu’il en est d’un point de vue subjectif. Et d’un point de vue métaphysique, j’ajouterais que Dieu seul sait ce qui se passe dans le coeur de chaque homme… (« philosophiquement », non mais!)[/quote] mmhh moi je penche plutôt du côté de Bozart c’est plus concret plus réel ;-)

    [quote comment="27989"] 40% de vote pour Sarkozy, ça fait 40% de vote pour Sarkozy. Si Bozart souhaite qu’on tienne compte de l’abstention, ça fait 40% de 70% des inscrits, c’est à dire : 28% de la population qui se déplace pour voter pour la majorité présidentielle (à peu près le score du premier tour ; c’est logique)

    Paroles paroles paroles… ;)[/quote] ahahahah pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple : 53% de 85% d’inscrits ;-)

  • [quote comment="27923"]Une fois de plus : avec la force des arguments de koz, je m’étonne encore que tous les pays d’Europe continentale sauf la France osent trouver démocratique le scrutin proportionnel. Ah, que d’affreux irresponsables, que de régimes instables, que d’économies en crise, que de sociétés fracturées. Alors que nous ! grâce à la belle majorité absolue de l’UMP 2002-2007, nous sommes le phare de l’Europe. Reconduisons-la vite ![/quote]

    Ben, je dirais que tous les grands pays  »démocratiques » qui veulent avoir une place sur la scène mondiale ont un système qui est fait pour permettre d’avoir une majorité claire qui gouverne et qui est a même de prendre des décisions stratégiques. ( USA, UK, Russie, France, Inde,…)

  • [quote] * Les députés qui formeront la prochaine Assemblée Nationale seront élus. Pas nommés. Notamment pas sur une liste. Mais élus. Bref, ce sont les français qui, dans chaque circonscription, leur accorderont, ou non, leurs suffrages. [/quote]

    Tu parles Charles !

    Certes, in fine ce sont les français qui choisissent, circoncription par circonscription. Mais qui maîtrise l’offre dans laquelle les français ont à chosir, circonscription par circonscription ? Car en réalité les candidats sont bel et bien nommés : une fois qu’on a l’investiture d’un des deux partis dominants, on a une très forte probabilité d’être élu (surtout si le parti en question vient de remporter la présidentielle). Si on est au mieux avec l’état-major, on peut même avoir une bonne circonscription (l’équivalent d’une bonne place sur le scrutin de liste). Ce sont donc bel et bien les états-majors des deux partis dominants qui détiennent là une arme atomique pour briser toute volonté d’autonomnie des partis alliés ou des courants rivaux à l’intérieur des partis. L’extermination annoncée de François Bayrou en est le dernier exemple en date.

    Vu comme ça, la proportionnelle par scrutin de liste n’est finalement pas si différente, l’influence du parti est affichée plus honnêtement, voilà tout.

    Mais il y a mieux : on peut tout à fait avoir le beurre ET l’argent du beurre, à savoir à la fois : * Chaque électeur doit pouvoir choisir son ou ses candidats, sans s’en remettre au choix d’un parti sur lequel il n’a aucun moyen d’action direct en tant que simple citoyen. * Le nombre d’élus doit correspondre à une répartition proportionnelle.

    Ca s’appele le Scrutin à vote unique transférable

  • Eh oui, Lisette a tout faux dans ses calculs, alors, imaginez dans ses raisonnements. La proportionnelle n’a d’intérêt que pour identifier au mieux les abtentionnistes ou les votes blancs ou nuls. Techniquement, c’est du marketing (étude de marché), mais la proportionnelle ne donne aucune capacité, sauf par le jeu d’alliances circonstancielles (retour à la 4eme république). Chienlit disait De Gaulle! Paroles, paroles?

  • [quote comment="28108"]tous les grands pays  »démocratiques » qui veulent avoir une place sur la scène mondiale ont un système qui est fait pour permettre d’avoir une majorité claire qui gouverne et qui est a même de prendre des décisions stratégiques. ( USA, UK, Russie, France, Inde,…)[/quote]

    Hum !!! La Russie a un scrutin proportionnel.

    Le Royaume-Uni et les pays qui suivent sa tradition (Canada, Inde, USA, et plusieurs îles des Caraïbes) ont effectivement le scrutin uninominal à un tour dans leur « Chambre basse » (et l’Australie a un uninominal à deux tours, à peu près le seul cas au monde avec la France). Vous noterez qu’il est très régulièrement contesté : * sous l’angle du charcutage des circonscriptions, qui rend le Parlement moins représentatif (contestation fréquente au Royaume-Uni et aux USA, comme en France), * sous l’angle de la représentation parlementaire de la volonté populaire, au Canada (et en France).

    D’autres anciens dominions ou colonies britanniques ont abandonné tôt ou tard son mode de scrutin : la Nouvelle-Zélande a un scrutin mixte, l’Irlande a un mode de scrutin original (qui donne une Assemblée proche de la proportionnelle, après un vote uninominal).

    En fait, les seuls pays dans le monde à avoir un scrutin uninominal par circonscription sont : 1) La France 2) Le Royaume-Uni et certaines de ses anciennes colonies ou Dominions.

  • dièse : en fait, les deux cas « pires que le français » ont été améliorés depuis : au Sénégal, les 3/4 des sièges sont à la proportionnelle nationale ; en Tunisie, une « dose » de sièges est accordée d’office aux partis minoritaires …

  • do ré mi fa sol la si do!!

    Je maintiens : les sondages annoncent 30% d’abstention. Parmi ceux qui restent, 40% d’intention de vote pour la majorité présidentielle. Ce qui fait 28% des inscrits prêts à se déplacer pour avoir des députés UMP.

    Les mêmes sondages indiquent que cet état de l’opinion française donne 80% des sièges à l’UMP. C’est énorme. Disproportionné. Et ringard, comme le souligne FrédéricLN.

    Je rappelle à nos amis militants que personne ici n’a demandé une proportionnelle intégrale, et qu’il a toujours été question d’assurer des majorités claires pour le gouvernement en place, tout en assurant une représentation des sensibilités politiques françaises.

  • [quote comment="28325"]

    Hum !!! La Russie a un scrutin proportionnel.

    [/quote]

    Devant travailler un peu je n’ai pas eu le plaisir de vous répondre.

    alors nous pouvons y aller :

    Quand monsieur aura lu

    http://www.duma.gov.ru/

    on pourra discuter du systeme électoral russe.

    Et quand monsieur aura compris que c’est un système mixte, je crois qu’en digne défenseur du parti du parler juste et vrai, Monsieur saura ce qu’il lui reste à faire.

  • [quote comment="28328"]dièse : …[/quote]

    .ut…: c’est pour quand les violons pour faire passer tes propos diffamatoires sur mes connaissances du système législatif russe.

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