De l'audace ?

Le problème des couvertures marketing de ces livres « davantage faits pour être reçus que pour être lus » est bien l’effet d’annonce. Jean-François Copé, en son temps, publiait « Promis, j’arrête la langue de bois« , et l’on espérait mieux. A l’inverse, Nicolas Sarkozy publiait « La République, Les Religions, L’espérance« , « Témoignage« , et Lionel Jospin, « Le Monde tel que je le vois« . Pas folichons, mais pas déceptifs.

L’audace, on la cherche, tout au long d’un ouvrage plat, dans lequel on peine à trouver une idée novatrice, un positionnement saillant.

A dire vrai, le choix de l’interlocuteur était déjà prometteur. La quatrième de couverture annonce un « livre conflictuel ». On sourit : entre ces deux hommes, indubitablement, on anticipe la confrontation…  Car, enfin, quelle audace d’avoir choisi Laurent Joffrin pour mener cet entretien ! Allons… Je préfère quand Dati répond à Askolovitch. Ici, cela donne des échanges à la scénarisation irritante. Et lorsque, vers la fin de l’ouvrage, Delanoë lâche en substance : « n’ayez crainte. Vous pourrez poser toutes les questions désagréables que vous voudrez« , le lecteur, qui ne se souvient pas d’en avoir lu une seule en 300 pages, réprime un rire.

Balayons tout de suite le prétendu libéralisme de Bertrand Delanoë. On ne trouve guère plus dans le livre que les extraits accolés publiés dans la presse. Récusant toute confusion de sa part entre libéralisme et liberté, Bertrand Delanoë affirme : « le libéralisme est à la liberté ce que la république est à la démocratie : une forme supérieure d’évolution » (p. 46). Mais il se trompe : pour lui, le libéralisme, c’est la démocratie. Parce qu’il est démocrate, il se dit libéral. Quelques lignes plus haut, il déclame :

« le libéralisme, c’est la forme politique, c’est-à-dire collectivement utilisable, de la liberté. C’est la seule liberté qui vaille : liberté encadrée par la rigueur, liberté limitée par elle-même, par son expression, par son symbole, je veux dire, par la loi ».

Le libéralisme encadré par la rigueur, limité par la loi (« je veux dire« , par l’Etat), le recours à la loi comme symbole de la liberté, voilà bien la seule conception qui a le mérite de l’originalité dans cet ouvrage. Au vu de ce que devient alors le libéralisme, à l’exception des autocrates, nous sommes donc tous des libéraux.

Enfin, sauf la droite. « Je suis libéral. La droite d’aujourd’hui ne l’est pas« , nous dit Delanoë…

Ces développements n’ont aucun sens. On tord des concepts, on les prive de sens, pour en redonner une définition plus floue encore que l’originale, et l’on se proclame libéral.

Mais au-delà encore de l’inconsistance de ce coming-out tactique, Bertrand Delanoë esquisse une solution radicale : déclarer « la droite » illégale, inconstitutionnelle. Car, si la droite n’adhère pas à sa définition du libéralisme, c’est en fin de compte à la Déclaration des Droits de l’Homme qu’elle n’adhèrerait pas. L’audacieux Delanoë ne fait en effet qu’en paraphraser l’article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi« . Voilà ce que « la droite » ne partagerait pas. In fine, ce développement sur le libéralisme concentre deux reproches que l’on peut faire à Bertrand Delanoë à travers cet ouvrage : inconsistance et sectarisme.

*

Inconsistance… Car sur le fond, il semble qu’il faille considérer audacieux, lorsque l’on est au PS, de s’affirmer gestionnaire. Ne soyons pas injustes : il est peut-être stratégiquement nécessaire pour le PS d’ôter cette idée solidement ancrée que les socialistes ne sont pas doués pour l’économie. Alors De l’audace ! nous offre un chapitre intitulé « Manager et socialiste« . Mais admirez l’audace du chapitre : pendant trente pages, il s’agit de mettre en relation ces deux termes : manager et socialiste. Pendant trente pages, il faudrait donc s’ébahir : « oui, on peut être socialiste et manager ! » ? Et, en plus, on n’a pas peur de le dire en anglais…

On est obligé de le constater : être audacieux, pour un socialiste, c’est reconnaître que la droite avait raison.

C’est affirmer que ces positions que la droite a dû défendre ont en fin de compte toujours été celles de la gauche, qui ne ferait que les assumer enfin. On est tellement surpris de l’entendre que, lorsqu’un socialiste reconnaît une évidence, on serait à deux doigts de lui trouver « de l’audace« . Alors, attention : audace !

Économie de marché. Bertrand Delanoë nous explique qu’il a signé en leur temps des déclarations dont il ne partageait pas le fond, mais qu’il le fallait bien. En vérité, les socialistes ont toujours été favorables à l’économie de marché. C’est seulement qu’ils ne l’ont jamais dit.

Autorité. Après Julien Dray, après Ségolène Royal, après Manuel Valls, Bertrand Delanoë sort son couplet sur les aptitudes socialistes à réhabiliter l’autorité. Certes, si les socialistes n’avaient pas combattu cette notion des années durant, sa réhabilitation ne serait pas un challenge pour un manager socialiste, mais soyons beau joueur. D’autant que Bertrand Delanoë a encore un peu de chemin à faire pour abandonner l’angélisme. Si l’on a bien compris en effet qu’il fallait, pour lire Delanoë, supporter une bonne dose d’autoglorification et de réduction de tout débat à son expérience parisienne, il est un peu ridicule de le voir passer des cyclistes parisiens aux jeunes des cités comme il le fait :

« Oui, il y a un problème d’autorité en France. (…) Je le vois, à un petit niveau, quand je dis aux cyclistes de ne pas brûler les feux rouges parce que je me soucie de leur sécurité (…) Quand je dis : « j’appuie le préfet de police de Paris pour qu’il réprime ces comportements », il y a des gens de gauche pour me dénoncer.

Et dans les cités ?

Même principe. Les comportements illégaux doivent évidemment être réprimés »

Il est magnifique de constater que cette évidence mérite néanmoins d’être dite, pour Bertrand Delanoë : « les comportements illégaux doivent évidemment être réprimés« . Bah oui. Qu’il passe sans ambages du traitement paternaliste des cyclistes à la vie dans les cités est également adorable. Certes, le principe est le même, le mot est le même. Mais la différence de nature est telle que ce glissement est grotesque.

L’inconsistance, c’est encore cet étonnant constat : sur les 300 pages que constitue ce vaste tour d’horizon qui va de l’enfance tunisienne de Monsieur le Maire à Jaurès, aux PV qu’il ne fait pas sauter pour en venir à l’Irak et au réchauffement climatique, pas une seule ligne n’est consacrée à l’Europe. Pas le moindre développement. Pas la moindre idée. Lorsque Laurent Joffrin l’aborde enfin, pour envisager son rôle éventuel en Irak, Bertrand Delanoë ne la mentionne même pas dans sa réponse. Ainsi l’Europe n’est-elle pas un sujet, pour Bertrand Delanoë ? Un sujet en lui-même, mais un sujet pour le parti socialiste en particulier ? Où donc est passé celui qui affirmait, bravache :

« Il faut choisir : la synthèse est morte. Voici venu le temps des différences assumées » ?

*

et sectarisme. Ce sectarisme est peut-être dû à la nécessité tactique dans laquelle Bertrand Delanoë se trouve de donner des gages à sa gauche. Mais le fait est que, dans un ouvrage qui devrait faire preuve d’un peu de hauteur de vue, l’usage trop fréquent de l’épouvantail est regrettable. Cela donne le développement précité sur « la droite » qui ne serait pas libérale, de ce libéralisme qui se résume à l’amour de la liberté. Mais ce n’est pas tout. Car on apprend aussi que « la droite » est, par essence, renégate.

« Nous sommes la gauche. La droite peut gommer son histoire. Sarkozy peut être un enfant de Chirac qui renie Chirac, qui proclame la rupture sans la faire. A gauche, quelle que soit notre stratégie de pouvoir, il faut qu’elle s’imprègne des leçons du temps. »

On pourrait rappeler à celui qui dédie notamment son livre « à Lionel » un certain « droit d’inventaire« , mais il n’est pas même nécessaire de rentrer dans ce débat. Cette réduction sommaire à une gauche et une droite, la seconde ayant cette particularité que je découvre de pouvoir renier son Histoire est suffisamment affligeante pour se passer de commentaires superflus. A moins d’entrer dans des développements tout aussi péremptoires sur cette gauche qui entend « du passé [faire] table rase« .

Enfin, pour quitter l’affrontement droite/gauche, venons-en à la laïcité, autre concept-clé que l’on se doit de brandir pour prouver que l’on est « de gauche« . Bertrand Delanoë donne des gages à tout le monde, catholiques et franc-maçons : il a tout fait, mais il ne pratique plus. Mais il a aussi ce développement tortueux, qu’il n’est pas même nécessaire de prendre au sérieux. Évoquant la vie privée des politiques, voici ce que dit Delanoë :

« Il faudrait alors tout savoir ? C’est ridicule. Ce sont certaines sociétés religieuses qui ont la curiosité malsaine. Il y a un puritanisme américain qui conduit à des dérives médiatiques graves. Ne les imitons pas ! Dans cette dérive, je vois la trace de l’une des nombreuses menaces qui s’accumulent contre notre laïcité. »

Allons bon. Closer, Voici et Choc seraient les symptômes d’une société menacée par un retour du religieux ? L’affirmation est grotesque en elle-même. Elle l’est davantage encore si l’on songe un seul instant que la France « d’avant« , si discrète quant à la vie privée des politiques, était manifestement plus religieuse, plus catholique qu’aujourd’hui… Mais en quelques lignes, Bertrand Delanoë aura envoyé à ses lecteurs de gauche deux signaux dont la modernité ne m’éblouit pas : haro sur les Etats-Unis, haro sur le religieux.
*
C’est donc un ouvrage que l’on ne peut pas dire inintéressant, mais dont vous vous épargnerez avec raison la lecture, car on n’y apprend rien. A tout le moins, rien sur le monde.
On en apprend davantage sur Bertrand Delanoë qui s’avère assurément un dialecticien, capable de1 faire prendre le respect de la liberté pour du libéralisme et Closer pour une édition locale de l’Osservatore Romano. Dialecticien et dogmatique, profondément satisfait de lui-même, et sûr d’être visionnaire : citoyens, adversaires, conseillers, avec lui – selon lui – le nombre de ceux qui après avoir voulu l’empêcher d’agir sont venus à résipiscence impressionne.
Benoît Hamon a tort. Contrairement à ce qu’il dit, et sans vouloir paraphraser personne, entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, il y a une différence et elle est visible. Mais c’est peut-être la seule. Sur le libéralisme, on a saisi le pas-de-deux tactique de ces faux jumeaux. Sur l’autorité, Delanoë emboîte le pas sur la première. Et, pour parfaire la ressemblance, ils adoptent tous deux le même prisme qui voudrait que toutes les solutions globales puissent être puisées dans leur expérience locale : quand Royal parle de ses chèvres au Qatar, Delanoë ramène le monde à Paris.
Quant à l’audace, chez l’un comme chez l’autre, elle est toute sémantique.

  1. tenter de []

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54 commentaires

  • Je te trouve dur. Je l’ai feuilleté ce bouquin, et je n’en ai pas tiré la même impression que toi. D’abord, ce genre de livre, c’est quand même rarement des chefs d’oeuvres de pensée, et le baratin médiatique autour en dit plus que le contenu même des pages. Tout est dans la couverture, en somme.
    Je trouve qu’il faut se réjouir de ce que des présidentiables du PS disent des choses comme « le libéralisme, ce n’est pas le mal », ou « l’autorité, on en a besoin », ou « le management, ce n’est pas l’ennemi de l’ouvrier ». Ségolène l’a dit dans sa campagne, et même si ce n’est pas mon amie, je lui suis reconnaissante. Ce qu’on a qualifié de bourdes etc, dans le fond, ça correspondait souvent à des idées neuves pour le socialisme.

    Alors il faut voir ce que ça va donner, etc… Mais le fait est que les deux principaux candidats à la tête du parti, les deux présidentiables les plus crédibles à ce jour, ne ressemblent pas à la caricature socialiste.

    Ils ont d’autres défauts, etc, etc. Mais je pense quand même que tout le monde doit se réjouir de ce genre d’évolution, non? Je veux dire, pour la vitalité du débat démocratique?

  • c’est la critique la plus drôle et la plus consistante que j’ai eu l’occasion de lire à propos de l’ouvrage de Delanoé!!

    est ce la prudence ou le manque de vision qui ont dicté ses lignes ? allez savoir …
    le plus audacieux finalement aura été le choix de la couverture: ce geste engageant, ce regard pénétrant, (presque inquiétant) et ce bronzage incroyable, alors qu’il pleut continuellement sur la capitale depuis le 6 mai 2007…

    de quoi le Delanoisme est-il le nom? la réponse peut être au prochain congres

    On est obligé de le constater : être audacieux, pour un socialiste, c’est reconnaître que la droite avait raison.

    je rappelle à toutes fins utiles que cet ouvrage n’engage que B. Delanoé et L. Jospin (et M. Aubry dans qq semaines), toute conclusion hâtive concernant « les socialistes » (forme générique) serait nulle et non avenue 😉

    Quant à l’audace, chez l’un comme chez l’autre, elle est toute sémantique.

    Difficile de ne pas reconnaitre de l’audace à Royal

  • Ce mec est l’incarnation de Raël sur la scène politique française et rien de plus. Lui et le leader de la secte sont dotés d’un sens de la communication légèrement supérieur à la moyenne et l’utilise à bon escient pour cultiver un vague besoin d’être aimé et dans le but inavoué de ne pas mourir abandonné.

  • ha ha MT. S’agissant de Delanoë, c’est assez vrai. En même temps, ceci :

    cultiver un vague besoin d’être aimé et dans le but inavoué de ne pas mourir abandonné.

    … est une description de tous les politiques, non?(d’où le drame des Hauts de Seine)

  • les deux présidentiables les plus crédibles à ce jour, ne ressemblent pas à la caricature socialiste.

    C’est sûr : Royal est une caricature à elle toute seule…

    Sinon, un grand Merci à Koz pour nous épargner la lecture de ce livre 😉

    En fait, in fine, là où la droite n’est pas libérale pour Delanoë, c’est qu’elle ne laisse aucune liberté au PS de gagner les élections nationales…
    Bouhh les méchants antilibéraux !
    Faudra juste rappeler au sieur Delanoë que les électeurs sont libres, eux, quand ils votent.

  • Merci pour cet excellent billet Koz,

    « Je trouve qu’il faut se réjouir de ce que des présidentiables du PS disent des choses comme “le libéralisme, ce n’est pas le mal”

    @ Lisette : là, moi, je vous trouve bien indulgente. Au fond Delanoë se contente de récupérer sémantiquement et politiquement le mot « libéralisme »… avec les réserves que Koz souligne et le peu de profondeur de son propos.
    La manoeuvre en devient même grossière, avec la pseudo démonstration anti-droite qui suit juste derrière.

    Voyons :
    Avant Delanoë : la gauche c’est le bien. la droite se dit libérale. Les deux sont le mal.

    Après Delanoë : la gauche est libérale, mais pas la droite. La Gauche est le bien. La droite est toujours le mal (et même encore pire : elle n’est pas libérale, interdisons là !).

    Sauf que rien de changé sur le fond.

    Je ne suis pas sur d’y voir une grande évolution de la pensée (ou je suis particulièrement mauvais, allez savoir..), mais de la pure réthorique, alors ça oui fallait oser.

    Ukail

  • Il voulait, dans les frénésies
    De ses vastes ambitions,
    Faire devant ses fantaisies
    Agenouiller les nations,

    Ainsi qu’en une urne profonde,
    Mêler races, langues, esprits,
    Répandre Paris sur le monde,
    Enfermer le monde en Paris !

  • Après Delanoë : la gauche est libérale, mais pas la droite. La Gauche est le bien. La droite est toujours le mal (et même encore pire : elle n’est pas libérale, interdisons là !).

    Je fais une brève réponse, juste pour souligner (vous l’avez peut-être bien saisi, Ukail, si oui, alors, ça servria pour d’autres) que c’est une extrapolation de ma part : sa définition du libéralisme étant ni plus ni moins que l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui fait partie de notre Constitution, alors si la droite n’est pas libérale, elle est contre notre Constitution (et à vrai dire contre un principe fondateur).

    Je caricature sciemment son propos.

  • On est pas obligés d’être d’accord pour apprécier l’évolution. On est pas obligé de voter pour eux sous prétexte qu’on apprécie l’évolution. Et sinon, pour la Gauche, la droite c’est le mal, et pour la Droite, la gauche c’est le mal. Evidemment.
    Si j’ai bien compris c’est ça la politique non? les autres sont bêtes et méchants? tous? Et quand ils râlent c’est qu’ils ont rien compris?

    Bon, donc, tant qu’à avoir des dialogues de sourds, j’aimerais autant qu’on s’épargne un maximum d’âneries voyez. Par exemple, des débats sur le libéralisme ou l’autorité. Vous vous rendez pas compte de ce que ça peut faire sur les syndicats qu’un peut-être futur patron du PS se pose en « manager » ? (se pose, parce que les vélib c’est pas cool pour tout le monde)
    Quand je faisais mes études dans une école de la FP, les modules de management, c’était limite des gros mots, pour certains vieux de la vieilles issus de la promotion interne.

  • @ Lisette

    « …tout est dans la couverture en somme… »

    Ce n’est peut-être pas délibéré, mais cette phrase est bien plus assassine que le commentaire de Koz car je ne sais pas pour le contenu ( je fais confiance à Koz ) mais l’emballage, c’est à dire la couverture est totalement de mauvais goût !
    Pour ce qui est d’un article vraiment méchant voir
    http://www.bakchich.infoarticle3861.htlm

    Quant à Ségolène Royal qui constate que les Irlandais ont dit non à l’Europe de Sarkozy,et qui n’a pas l’intelligence de se taire sur les sujets qu’elle ne maîtrise pas, moi c’est plutôt non merci.

  • Je suis admiratif devant le courage voire l’abnégation dont a fait preuve Koz en s’infligeant la lecture de ce bouquin.

    Les socialistes français sont en train de se rendre compte que le discours antilibéral démago qu’ils tiennent depuis des décennies n’a servi qu’à crédibiliser Besancenot. La réaction tactique de Delanoë est un peu courte : un jeu de mots sur libéralisme et du TSS.

    Bof.

  • @carredas
    merci pour le lien. Je me permets de livrer un extrait de l’article que tu pointes:

    ATTENTION JOURNALISTE MECHANT:

    « Mais revenons à De l’audace !, et prenons le livre par le petit bout de sa lorgnette, le seul que les éditeurs ont bien voulu nous dévoiler : sa couverture. Accordons à Bertrand et son exégète le bénéfice du doute – après tout De L’audace ! sera peut-être un immense livre politique, le Discours de la méthode à l’usage des naufragés du PS – et concentrons nous sur le « visuel » de l’ouvrage. Le titre déjà : « De l’audace ! » avec un point d’exclamation qui se voudrait entraînant, dynamique, une sorte d’invite relayée par la main tendue de Bertrand, comme au bon vieux temps des 45 Tours et de ces chansonniers ringards tentant de motiver des troupes de grabataires dans des bals du terroir. Avec son plissement d’yeux façon Hervé Vilard, son teint de homard trop bronzé et sa chemise bleu ciel dévoilant le haut d’un torse que l’on imagine encore bien conservé, l’homme qui nous regarde droit dans les yeux apparaît comme la version photoshopée de lui-même, un crooner décati mais ultra lifté qui ferait passer les clichés de Catherine Photoshop Deneuve pour du Raymond Depardon et la tronche recousue de Jack Lang pour du pur vintage. »

  • La réaction tactique de Delanoë est un peu courte : un jeu de mots sur libéralisme et du TSS.

    c’est vrai que c’est court, mais il y a de grandes chances que ce soit suffisant pour le faire élire premier secrétaire en Novembre… a moins que Royal réussisse a rassembler + 50% des militants (possible mais peu probable) ou que Hollande accepte une alliance avec Royal en septembre (peu probable toujours)…
    Aubry, de son coté, voudra se »compter », une fois qu’elle aura conscience de son « poids », elle ira rejoindre la motion Delanoé.

    bref… il me semble que Delanoé, à moins d’un gros accident, sera le prochain premier secrétaire au PS.

  • @ Gasper, tiré du même article de Bakchich, je préfère cette description de Delanoë :

    un petit soldat flanqué du charisme d’une nouille, mais à qui on a monté le bourrichon et avec succès (depuis les sondages, l’homme se prend réellement au sérieux)

    *

    Les militants PS peuvent-ils réitérer l’erreur de l’investiture de Royal et prendre des sondages (4 ans avant l’échéance, cette fois) pour une élection ?

    Delanoë est un élu strictement parisien (au moins Chirac avait-il un mandat en Corrèze, en plus de son château), manifestement incapable de sortir de son discours formaté pour les bo-bo. C’est quand même un lourd handicap pour une élection nationale. Il peut, certes, faire mieux que Royal en mordant sur l’électorat de Bayrou, mais ça ne sera pas nécessairement suffisant.

  • @ Lisette : Soyons clairs : quelle est la progression réelle de la pensée socialiste avec l’apport de Delanoë ?

    Les mots ne suffisent pas ; et Koz le montre : Manager à gauche, oui c’est possible, je suis d’accord. 30 pages, selon Koz (et on peut lui faire confiance) pour maintenir cette affirmation. soit. Et après ?
    Pensez-vous que ce terme « manager » ne puisse pas s’appliquer à Ségolène quand elle dirigeait sa campagne présidentielle, ou en tant que présidente de la région Poitou-Charente ?

    Alors, oui, je suis d’accord, ce terme est nouveau dans le vocabulaire socialiste tout du moins de Bertrand Delanoë. Ce n’est pas de ça dont je discute.
    En fait la gauche manage déjà (j’ai un patron de gauche, imaginez la folie (humour)).
    Je discute sur ça : les mots employés par Delanoë avec l’absence de fond réel, avec les multiples précautions d’usage, finalement, ça ne signifie pas grand chose.

    L’évolution « franche » (là je rajoute pour être clair) dont vous parlez, qui est particulièrement souhaitable, je suis clair là-dessus, Delanoë, donc, avec ce livre ne semble pas en apporter la preuve.

    @ Koz > J’avais bien saisi pas de soucis, ;-), caricaturant moi même une certaine forme de pensée trop systématique.

    Ukail

  • Ukail : je ne parle que des mots, justement! Et dans certains secteurs politiques, ça représente l’alpha et l’omega de l’action. En particulier quand on est en campagne. S’agissant de management, oui, c’est un pas de le voir simplement employé.

    De toute façon, j’ai un peu de mal avec le concept d' »évolution de la pensée socialiste ». Comme j’ai un peu de mal avec le concept « évolution de la pensée libérale ».
    Si on pense un peu ces courants de pensée, justement, je trouve qu’on en arrive vite à des choses qui n’ont plus rien à voir avec ce qu’ils signifient à l’origine. Dans l’histoire de la pensée, les discours se répondent les uns aux autres, se synthétisent et intègrent des éléments extérieurs… la réalisation d’une pensée, c’est sa transformation en une autre.

  • Lisette, je me refuse à donner quitus aux politiques de ce que, lorsqu’ils publient un bouquin, ce n’est que pour la galerie. Ils publient, ils assument.

    Le seul crédit que l’on peut faire à Delanoë, c’est d’avoir un peu détabouïser le mot « libéral » et permis de souligner qu’il y a, aussi, un libéralisme politique. Mais c’est sous la réserve de l’absence de fond qu’il donne à cette notion.

    Ensuite, c’est bien précisément parce que l’habitude du « la gauche/la droite, c’est le mal », selon que l’on est d’un côté ou de l’autre m’irrite que je considère que c’est assez indigne de quelqu’un qui souhaite occuper des fonctions nationales. J’ai bien noté que le poste qu’il brigue dans l’immédiat est particulièrement partisan, mais j’ai le sentiment que le PS a surtout besoin de se construire sur le fond. Et Delanoë aurait pu s’épargner ces piques (dont je n’ai cité que quelques exemples) qui ne sont pas aui niveau.

    Quant au fait que le terme « manager » fasse encore bondir dans la vieille garde de la fonction publique, cela ne me fait pas passer pour autant le fait de ne pas être rétrograde pour audacieux.C’est comme pour les Projets d’Espoir, moi, faut pas trop me promettre en titre…

    Sr, assez d’accord : cette popularité est à confirmer. Cela dit, à en lire Delanoë, il est pas du tout bobo et, quand il va dans la campagne, tout le monde adore Bertrand.

    (Bon, la, j’arrête de répondre, mon RER arrive en gare)

  • Les militants PS peuvent-ils réitérer l’erreur de l’investiture de Royal et prendre des sondages (4 ans avant l’échéance, cette fois) pour une élection ?

    on pourrait débattre autour de « l’erreur de l’investiture Royal » mais c’est pas le sujet… la question de novembre 2008, c’est la désignation du premier secrétaire… qui ne garantie absolument pas l’investiture présidentielle.
    En imaginant que Delanoé l’emporte, Royal et d’autres étofferont leur courant au sein du PS et tenteront d’être majoritaire pour 2011, date de la désignation du candidat.
    Si les sondages influent sur le choix des militants, ce seront ceux de 2011 qui feront pencher la balance dans un sens ou dans un autre.

  • salut Koz,
    merci beaucoup pour ce compte-rendu de lecture complet, honnête et sans concession. Il confirme l’a priori que j’avais (d’après les extraits qui avaient filtré avant la sortie), à propos le la personne.

    Je note d’ailleurs que ce livre, à part déformer des concepts, parle surtout des personnes…

    @ Liberal : d’accord avec toi, bof bof. Mais ça fait tomber quelques tabous de langage qui à terme me font espérer un changement. Une graine, même plantée pour des raisons très intéressées, peut donner de belles fleurs (je ne parle pas d’arbre, faut pas exagérer…)

    à bientôt, je continue en toute tranquilité la lecture de « La vérité sur la monnaie », de Pascal Salin, un régal de précision conceptuelle pour le coup, et très instructif…je vous en ferais un compte-rendu aussi, le temps venu…(c’est un peu plus dense que Delanoë, en terme de contenu… 😉 )

  • C’est pas bien Koz, de se moquer de l’inconsistance de la pensée PS.
    On ne frappe pas un handicapé à terre.

    Il est vrai que pour compenser le vide sidéral des idées, toutes les contorsions intellectuelles sont les bienvenues.
    N’ayant que le verbe à mettre en avant, pour se constituer un électorat, ils sont forcés de le presser comme un citron pour en extraire jusqu’à la dernière goutte.
    Le/la(?) Maire de Paris (je ne sais pas très bien comment il faut dire), comme ses camarades, n’est pas à une contradiction près : Il se dit libéral, et c’est parce qu’il est libéral qu’il s’associe avec les Khmers-Verts pour gérer Paris.
    Mais après tout, il ne fait rien de plus que ses chers camarades socialos, qui ces derniers temps sont très prolifiques en matière de bouquins.
    Les verbeux s’en donnent à cœur joie.

    Je ne sais pas si ça produit le même effet à tout le monde, mais ce qui me sidère là dedans, c’est qu’ils soient si nombreux à être à ce point nombrilistes et imbus de leur petite personne, au point de penser que ce qu’ils ont à dire est tellement important, qu’ils se sentent obligés d’en faire autant de bouquins.
    Là, je dois avouer que ça me scie les pattes.

  • @ Gasper,

    Je ne dis pas que Delanoë sera effectivement investi en 2012 s’il est sacré premier secrétaire à Reims. En revanche, il est clair que telle aura été l’intention des militants qui l’auront désigné, au moins au moment où ils l’auront désigné. Et cela parce qu’ils l’auront considéré comme le mieux placé pour l’emporter dans 4 ans.

    @ Koz,

    Si Delanoë le dit, alors je suis rassuré.

  • etre à droite ne veut pas dire grand chose si ce n’est le respect de l’etre humain
    etre à gauche est une religion ,qui détient la vérité révélée,donc je ferai ton bonheur éventuellement contre toi
    je sais ce qui est bon pour toi et tu vas le bouffer que cela te plaise ou pas

  • @ Fog

    Je suis surprise qu’aujourd’hui encore vous soyez amené à souligner l’homosexualité de Bertrand Delanoë par l’expression  » le/la maire de Paris, je ne sais pas trés bien comment il faut dire  »
    Si vous ne savez pas trés bien comment il faut dire, c’est plus signifiant sur vous et votre difficulté à accepter l’homosexualité que sur Bertrand Delanoë qui n’a pas caché cette part de lui-même.
    Il y a beaucoup de choses à dire sur lui, mais son orientation sexuelle franchement, je ne vois pas…
    Dans un genre tout à fait différent, je suis tout aussi surprise devant une forme de soutien à priori de certains médiatico-intellectuello-bienpensants à Barak Obama parce qu’il est noir !
     » Barak Obama, la divine surprise  »
    J’ai même entendu une journaliste dire qu’aujourd’hui, c’était cool de ne pas être totalement blanc…
    Il me semble que l’orientation sexuelle et la couleur de peau ne sont pas les critères essentiels dans ce qui caractérise un homme ou une femme politique, d’autant qu’en général il ne s’agit pas d’un choix de leur part…
    C’est juste un indicateur sur l’évolution de nos sociétés.

  • Oui, c’est un peu déplacé, Fog. Je sais qu’on lui reproche des subventions un peu trop développées aux associations homosexuelles mais, personnellement, il n’étale pas trop son orientation sexuelle en place publique.

    SR, n’en doutez pas, vous ne pouvez pas savoir combien de fois Delanoë a eu raison contre les autres.

    Sur la parité à la Ville de Paris,

    « Quand je réunis les directeurs, je leur dis : « Vous n’avez pas l’impression que ça a changé notre manière de ressentir cette ville, de la manager ? » Ils sourient tous car c’est une évidence. »

    Sur la circulation,

    « Alors beaucoup de Parisiens m’ont dit : « On vous a détesté à ce moment-là. Mais heureusement que vous ne nous avez pas écouté » (p 159)

    Encore sur la circulation,

    « Aujourd’hui, au hasard des rencontres que j’ai avec les citoyens, il n’est pas rare que tel ou tel me dise : « J’ai vraiment râlé à l’époque, mais c’est vrai, cette direction est la bonne » »

    Sur Velib’,

    « C’est une idée que Jean-Claude Decaux m’a présentée et que j’ai trouvée intéressante. Mais quand je me suis tourné vers un certain nombre d’adjoints et de collaborateurs, ils m’ont tous dit : « ça ne marchera pas » »

    Alors, s’il vous dit qu’à la campagne, on l’adore…

    N’empêche, cela doit être difficile de rester modeste quand on a si souvent raison contre tout le monde.

  • Dans un genre tout à fait différent, je suis tout aussi surprise devant une forme de soutien à priori de certains médiatico-intellectuello-bienpensants à Barak Obama parce qu’il est noir !
    ” Barak Obama, la divine surprise ”

    Ben oui voyez-vous, voir partir un gros connard qui nous a déclenché une guerre plus ruineuse que la première guerre mondiale pour un type qui ne lui ressemble en rien y compris physiquement et qui a dénoncé dès le départ la stupidité de cette guerre est une vraie joie !

    Pour rappel, dès 2002 : I don’t oppose all wars. (…) What I am opposed to is a dumb war. What I am opposed to is a rash war. What I am opposed to is the cynical attempt (..)

    Vous pouvez appeler ça de la bien-pensance si ça vous chante… à vrai dire, je n’ai pas grand chose à foutre.

  • Ce qui est incroyable, c’est de penser ne serait-ce qu’une seconde que ce genre de livre, écrit à la va-vite par un nègre sous-payé ou par un journaliste mondain, puisse recéler ne serait-ce qu’un peu d’intérêt.
    Ce ne sont plus des livres manifestes, ni des livres programmes, mais des livres pub, sortant opportunément pour justifier un passage TV chez Drucker ou Ruquier.
    Cela dit, il existe des exceptions. Comme tu l’a justement souligné, les ouvrages de Jospin sont d’une autre nature et tenue (je ne dirais pas la même chose des bouquins de Sarkozy…), mais on a affaire à un politique absolument au-dessus de la moyenne (en tout cas pour ça), et qui, heureux hasard, REFUSAIT lui d’aller chez Drucker. Le fond et la forme.

  • N’empêche, cela doit être difficile de rester modeste quand on a si souvent raison contre tout le monde.

    Bon alors ? Il aurait du faire un référendoume pour tout ça hein !

  • Ce qui est incroyable, c’est de penser ne serait-ce qu’une seconde que ce genre de livre, écrit à la va-vite par un nègre sous-payé ou par un journaliste mondain, puisse recéler ne serait-ce qu’un peu d’intérêt.

    Vous avez raison. On devrait simplement tous les ignorer. Ne pas les lire. Et se contenter des quelques feuilles parues dans la presse, et de se foutre de la couverture, comme chez Bakchich.

  • Bon désolé pour le HS sur Obama, mais le commentaire de carredas m’avait fait bondir.

    Autrement, beaucoup de points intéressants dans cette critique du livre de BD (ça fait bizarre d’écrire ça comme ça :).
    Sauf sur la polémique sur le libéralisme, lui prêter la volonté de « rendre la droite anticonstitutionnelle » me paraît un brin paranoïaque. A mon avis, c’est tout simplement une polémique purement sémantique, inutile et presque surréaliste. Oui évidemment, il y a 200 ans, quand régnait la monarchie absolue, les socialistes de l’époque étaient des libéraux. Dans le même état d’esprit tautologique, on peut dire que l’homo sapiens sapiens est issu de l’homo sapiens. De là à croire que c’est d’une quelconque utilité au 21° siècle dans un contexte qui n’a à peu près rien à voir, il y a un pas de géant qu’un homme raisonnable se gardera de franchir. J’ose espérer que la suite du débat se situera sur un plan beaucoup moins général.

  • Sauf sur la polémique sur le libéralisme, lui prêter la volonté de « rendre la droite anticonstitutionnelle » me paraît un brin paranoïaque.

    Comme je l’ai écrit plus haut, il s’agissait surtout de pousser la logique du raisonnement et d’en souligner l’absurdité, la définition du libéralisme donnée par Delanoë le réduisant à un strict minimum que tous partagent.

    (le HS était resté bloqué en file de modération)

  • Vous avez raison. On devrait simplement tous les ignorer. Ne pas les lire. Et se contenter des quelques feuilles parues dans la presse, et de se foutre de la couverture, comme chez Bakchich.

    Prenez des forces Koz, je crois que M.Aubry a annoncé son livre à elle, elle aussi…

  • Oui évidemment, il y a 200 ans, quand régnait la monarchie absolue, les socialistes de l’époque étaient des libéraux.

    200 ans : 1808 et Napoléon Premier (donc plutôt l’impérialisme) ou 1789?
    Je n’étais pas de ce monde à l’époque,et peux donc difficilement en parler autrement que par livres d’histoire interposés.
    Mais il me semble que les « libéraux » de l’époque (1789 et suivantes)ont préféré à la monarchie à l’anglaise (en référence à la monarchie à l’anglaise de notre époque) un moment proposé un (des) passage(s) par l’échafaud d’un serrurier, d’une bergère adorant la brioche, et de toute une classe de la société.
    Ah, l’échafaud, modèle suprême du libéralisme!

  • Tara : on parle de tout ce qui relève de la lutte contre la société féodale, la monarchie absolue, pour la séparation des pouvoirs, contre l’esclavage, contre la censure, pour la liberté d’avoir sa religion (ou aucune), contre les corporations, …

    Tout cela est bien joli, mais comme ça fait consensus pour au moins 95% de la population, ce n’est pas vraiment la priorité du moment, non ?

    A mon humble avis, il est très important d’éviter de répondre aux questions qui ne se posent pas.
    Ca permet de consacrer son énergie aux questions qui ont un intérêt pratique immédiat.
    Tiens au hasard, à Piketty qui dévoile les grandes lignes du programme économique de SR sur les retraites :
    http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/BozioPiketty2008.pdf

  • jmfayard,
    La proposition de Piketty comporte beaucoup d’éléments très intéressants. Remplacer notre bousin actuel illisible par un système transparent serait un mieux évident. Il est effarant que personne ne sache aujourd’hui combien représentent les droits qu’il a acquis ni combien il les a payé.
    Ceci dit, je n’ai pas tout lu mais je ne vois pas bien comment il règle le problème du déséquilibre des générations. La manne à partager augmente au rythme de la productivité (puisque la population active augmente peu) mais la population retraitée augmente au rythme de l’espérance de vie.
    Au bout du compte, rien de magique mais comme c’est plus transparent et individualisé, chacun pourra choisir individuellement s’il préfère travailler plus longtemps pour augmenter son capital (et donc sa retraite) ou s’il veut partir tôt et vivre avec une retraite plus petite.
    Enfin, je ne vois pas bien le lien avec Ségolène Royal. A part bien sur le fait que Piketty ne peut s’empêcher d’affaiblir son papier en le parsemant de piques gratuites et hors sujet contre Sarkozy. Ce garçon est manifestement brillant, vivement qu’il sorte de l’adolescence.

  • Ben il bosse avec et pour Royal tout simplement.
    Il a remplacé en quelque sorte Eric Besson qui était chargé entre 2002 et 2006 de trouver des solutions pour les socialistes sur les 35h00, les retraites, … (ma foi, finalement, ce mercato était une bonne chose pour tout le monde).
    Maintenant, le monde des idées est par nature – ou devrait être – communiste. Si quelqu’un veut reprendre l’idée, il n’y a pas de brevet ou autre enclosure capitaliste qui l’en empêche.

  • La stratégie de Delanoë est assez facile à comprendre. Il sait qu’il est populaire donc il peut se permettre de se proposer comme candidat à la candidature présidentielle. Le faire assez tôt est sans doute un avantage et cela prend un certain nombre de gens par surprise. Le faire en lançant un livre, cela paraît encore mieux et assez légitime. Ségolène s’est déclarée candidate sans même lancer un livre, ce qui est encore plus malin.

    Il réalise qu’il doit être au moins aussi bon que SR et qu’il doit attirer à lui 10 % des électeurs qui ont voté pour Sarkozy pour être élu président. Pour ce faire, il doit dire qu’il est bon gestionnaire (la ville de Paris est bien gérée ( ?), mais il faut encore prouver que c’est grâce à lui), qu’il comprend qu’il faut des entreprises pour créer de la richesse, qu’il faut des contribuables solides pour emmener des gros sous pour financer les prestations sociales (ça, je crois qu’il l’a compris), qu’il est écolo, qu’il s’occupe de la sécurité, qu’il est pour l’économie de marché, que le secteur privé peut fournir un service public de qualité et efficace (transport, gestion des déchets, énergies), etc. En un mot, qu’il est sérieux. Comme Jospin. En fait, il nous dit qu’il est Ségo avec le cerveau de Lionel. Le livre peut servir à dire tout cela. Oui, il y a de l’audace parce qu’il court le risque de ce griller prématurément. Certains slogans peuvent être à la mode maintenant, mais plus du tout dans quatre ans, ou l’inverse. Pour ne pas se planter il a eu recours à Joffrin qui est l’intello socialiste super manager du XXIè siècle, sauveur de Libé.

    En disant qu’il est libéral, ceux qui veulent entendre libéral du point de vue économique l’entendent ainsi et sont tout contents mais bien évidemment avec option de dire qu’il parle de libéral du point de vue politique uniquement. Malheureusement pour lui, on dirait qu’il s’est pris à son propre piège.

    Delanoë a un discours qui fait mouche : il se situe entre la langue de bois et le sens commun terre à terre avec un volet je-suis-Paris-qui-est-la-plus-belle-ville-du-monde-et-tout-le-monde-est-citoyen-de-Paris. Peace, maaan, be gay, maaan, cooool.

    Bien entendu, je n’ai pas lu le livre.

  • la proposition de piketty et bozzio est intéressante et mériterait d’être prise en compte par le gouvernement si celui-ci faisait preuve d’un peu de hauteur de vue…
    je crains que le fait d’être portée par des économistes classés à gauche (et non pas soutenue pas le PS!) et de ne pas assez cliver, d’être un élément de fond et non un combat politique ne la prive, pour l’instant, d’un bel avenir…
    il faut aussi dire que c’est une proposition basée sur une étage de solidarité, un étage majeur de répartition , et un étage complémentaire, non prioritaire de capitalisation, ce qui ne plaît guère aux assureurs et vendeurs d’ « ingéniérie de retraite » de tout poil
    elle a été fort bien exposée, et un peu débattue, sur votre excellent confrère, écopublix, après l’article du Monde…

    qunat à la discussion sur la droite et la gauche, j’observe que, du point de vue de la droite, la gauche ne peut exister que si elle vient, telle un bourgeois de calais, la corde au cou, adhérer à toutes les thèses de droite…
    elle montre une variante, une différence, un doute?
    elle st automatiquement ringarde, déconnectée du peuple, incapable, incompètente, etc…

    la droite aime la gauche fantôme: elle peut faire peur, mais doit rester virtuelle, transparente, au fond de son grenier, au musée…

  • « qunat à la discussion sur la droite et la gauche, j’observe que, du point de vue de la droite, la gauche ne peut exister que si elle vient, telle un bourgeois de calais, la corde au cou, adhérer à toutes les thèses de droite… »

    Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? Le fait que je trouve un peu ridicule la redécouverte de l’eau chaude par Delanoë repackagée en positionnement audacieux ?

    Il me semble que l’on pourrait même en déduire le contraire.

  • Maintenant, le monde des idées est par nature – ou devrait être – communiste. Si quelqu’un veut reprendre l’idée, il n’y a pas de brevet ou autre enclosure capitaliste qui l’en empêche.

    jmfayard nous refait le coup du système communiste qu’il est bien parce que tout appartient à tout le monde et sans brevet. Les brevets et le capitalisme, c’est le mal.

    Sauf que le système communiste, c’est d’abord le tout-Etat et la bureaucratie. C’est l’interdiction et l’assèchement des initiatives privées (d’où un marché parallèle, cf URSS ou Cuba). Et c’est l’incapacité à prendre des risques et à faire de bons choix.

    Le brevet permet de laisser entrevoir des retombées économiques à moyen-long terme, et donc de mobiliser les sommes nécessaires au financement de projets ambitieux et/ou innovants, qui ne passeraient jamais les strates des administrations, quelles qu’elles soient.

    Le système capitaliste, à partir du moment où il est un minimum régulé par une concurrence réelle, c’est-à-dire par le libéralisme réel (qui n’a rien à voir avec l’absence de régle, renseignez-vous) permet aux sociétés de progresser plus vite que si tout devait être financé sur l’épargne : plutôt que d’économiser 10 ans pour vous acheter une voiture, vous en disposez dès maintenant, quitte à la payer un peu plus cher au final, sur la base d’anticipations sur des rentrées d’argent futur. C’est ignoble, le capitalisme, n’est-ce pas ?

    Delanoé ou Royal, avec des idées pareilles, continuez, et Sarkozy a toutes ses chances en 2012. Et tant mieux.

  • mon point ne concernait pas seulement le post sur delanoe
    mais aussi les commentaires sur manuel valls, ou les propos sur michel charasse qui ne devient audible à droite que lorsqu’il quitte son parti, comme eric besson paré de toutes les vertus après avoir été critiqué par le clan sarko…
    je fais simplement observer que les socialistes ne sont apprèciés, fréquentables que lorsqu’ils donnent des gages idéologiques à la droite…
    mais pour leur timidité, leur naïveté, leur découverte de l’eau chaude comme ici…
    le fait qu’ils soient ralliés ne les empêche pas d’être raillés…

  • Delanoë est un élu strictement parisien (au moins Chirac avait-il un mandat en Corrèze, en plus de son château), manifestement incapable de sortir de son discours formaté pour les bo-bo. C’est quand même un lourd handicap pour une élection nationale.

    Je suppose que l’intervenant SR ne sait pas que le président actuel vient d’une ville de région parisienne présentant un tissu social qui n’a rigoureusement rien à voir avec le reste du pays, chef d’une petite enclave que l’on lègue de père en fils. Et ça n’a pas empêché son triomphe les doigts dans le nez.
    Et bien entendu, c’est un bobo car un socialiste est forcement bobo. Et ça consiste en quoi ??? Peut être s’afficher avec une chanteuse italienne (Dalida) et des acteurs plus ou moins connus (Torreton par exemple), là encore s’afficher avec des chanteuses italiennes bas de gamme et des acteurs minables, c’est une spécificité de la gauche caviar bobo droit de l’hommiste !!!

  • la droite aime la gauche fantôme: elle peut faire peur, mais doit rester virtuelle, transparente, au fond de son grenier, au musée…

    « Au secours, la droite revient », « Si Sarko est élu, la France deviendra un état policier » et autres Sarko-bashings, c’est la droite, tout ça ?

    Qui se réfugie derrière la diabolisation du parti d’en face pour éviter d’avoir à construire un programme ?

  • mais aussi les commentaires sur manuel valls, ou les propos sur michel charasse qui ne devient audible à droite que lorsqu’il quitte son parti, comme eric besson paré de toutes les vertus après avoir été critiqué par le clan sarko… je fais simplement observer que les socialistes ne sont apprèciés, fréquentables que lorsqu’ils donnent des gages idéologiques à la droite…

    Francis, je suis sûr que vous savez que ce n’est ni de droite ni de gauche, comme attitude. Regardez Simone Veil qui, de grand sachem est soudainement devenue vieille peau démente quand elle a soutenu Sarkozy. Et inversement, regardez Eric Besson, le top moumoute Riquet, qui ne vaut plus tripette parce qu’il est passé dans le camp d’en face.

    « Ségolène s’est déclarée candidate sans même lancer un livre, ce qui est encore plus malin. »

    Non, Pepito, Ségolène, elle, elle se contente de lancer des titres. Elle est moins con. Puisqu’en fin de compte, y’a que la couv’ et le titre qui compte, elle se fend d’un long sourire et balance un titre au pif, tablant que l’effet sera le même. Cf. la si longue gestation de son précédent bouquin (un temps prévu pour être participatif – mieux qu’un nègre rémunéré, 100 internautes gratis) que, annoncé un an avant les présidentielles, il est paru six mois après.

    « En fait, il nous dit qu’il est Ségo avec le cerveau de Lionel. »

    Probable, effectivement.

    Prenez des forces Koz, je crois que M.Aubry a annoncé son livre à elle, elle aussi…

    C’est gentil, Olivier. Mais, c’est terrible, j’ai peur de caler.

  • Hé hé Vincent, ça par contre c’est un vrai débat pour le XXI° siècle !
    On assiste dans le domaine de la « propriété » intellectuelle à un nouveau mouvement des enclosures particulièrement féroce. Il va falloir être très attentifs !

  • Tout d’abord, merci Koz d’avoir remonté sous forme de billets aléatoires, des billets anciens qui ont toute leur pertinence encore aujourd’hui.
    J’en ai apprécié la relecture.

    mon point ne concernait pas seulement le post sur Delanoe
    mais aussi les commentaires sur Manuel Valls, ou les propos sur Michel Charasse qui ne devient audible à droite que lorsqu’il quitte son parti, comme Eric Besson paré de toutes les vertus après avoir été critiqué par le clan sarko…
    je fais simplement observer que les socialistes ne sont appréciés, fréquentables que lorsqu’ils donnent des gages idéologiques à la droite…
    mais pour leur timidité, leur naïveté, leur découverte de l’eau chaude comme ici…
    le fait qu’ils soient ralliés ne les empêche pas d’être raillés…

    Décidément, je ne comprends rien à la politique.
    Mon esprit rationnel et logique succombe aux démonstrations de ce genre!
    Il me paraît effectivement normal que quelqu’un , quand bien même aurait il critiqué le « clan sarko » soit apprécié, lorsqu’il quitte son parti, par les gens qui l’accueillent! C’est d’une évidence qui n’a rien de politique.
    Et cela prouve qu’au moins, la rancune n’est pas de ce bord!
    N’a t on pas le droit de changer d’avis dans certains partis? Ou tout du moins n’a t on pas le droit de ne pas être d’accord sur tout sans être « radié »?
    C’est à dire que d’être d’accord sur certains points avec le « clan sarko » n’est pas de l’objectivité ni de la liberté de pensée, mais « donner des gages idéologiques à la droite »?
    Je trouve triste cette nécessité pour vous, d’adhérer à tous les points idéologiques sans dévier de la route d’un iota!
    C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne pourrai jamais être syndicaliste ni de gauche.
    J’ai besoin d’être libre de mes pensées, de dire « zut » à Sarko ou à Devidjan lorsque je ne suis pas d’accord avec eux, sans pour autant me dire opposante à leur programme tout entier et sans pour autant me dire déçue parce que je ne suis pas en accord sur un ou plusieurs points.
    J’ai voté pour un ensemble, pour la majorité des points du programme de Sarko.
    je suis en désaccord avec la majorité des points du programme du PS(ou plutôt ce que j’imagine dans le désert des propositions de leurs candidats à la candidature).
    Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut m’arriver d’apprécier tel ou tel point proposé par la gauche!
    Et ce qu’en dit Koz (je n’ai pas envie de lire le livre de Delanoé) me conforte dans l’idée que nous nous trouvons devant de « l’inconsistance, du sectarisme, une audace qui se dissout dans une soupe partisane »

    Sur le fait qu’ils « soient ralliés ne les empêche pas d’être raillés »:
    Par qui sont ils raillés, à votre avis?
    Par la droite ou par la gauche?
    « Besson, qui connaît Besson? »

  • Francis, je suis sûr que vous savez que ce n’est ni de droite ni de gauche, comme attitude. Regardez Simone Veil qui, de grand sachem est soudainement devenue vieille peau démente quand elle a soutenu Sarkozy. Et inversement, regardez Eric Besson, le top moumoute Riquet, qui ne vaut plus tripette parce qu’il est passé dans le camp d’en face.

    c’est très vrai, on peut aussi citer carla b., adorée par la gauche, honnie depuis l’épisode Eurodisney…

    Une seule exception, voire 2: Hirsh et Amara qui continuent de bénéficier d’une bonne cote auprès des sympathisants de gauche.

    le cas Eric Besson est un peu différent: après avoir tenu des propos extrêmement violents à l’égard de Sarko, non seulement il s’est rallié, mais surtout il a tenté de porter les coups les plus durs a l’encontre du PS. Son fameux ouvrage attaque durement Royal mais donne une description particulièrement sévère des coulisses du PS, des « petits arrangements entre amis » dont il a été pourtant longtemps bénéficiaire.
    Son revirement a été si brutal qu’il a même réussi l’exploit d’écœurer certains membres de l’UMP auxquels il se ralliait… vraiment, Besson restera un cas à part.

  • Sur le fait qu’ils “soient ralliés ne les empêche pas d’être raillés”:
    Par qui sont ils raillés, à votre avis?
    Par la droite ou par la gauche?
    “Besson, qui connaît Besson?”

    en l’espèce, par l’un des membres de son cabinet…

  • euh… je précise « Qui connait Eric Besson » est un ouvrage à paraitre, signé par l’un des membres de son cabinet, visiblement peu impressionné par l’éthique de son patron de secrétaire d’état.

  • @tara
    nous avons tous la chance d’avoir notre liberté de jugement et le fait d’être membre d’un parti ne l’empêche heureusement pas…
    je faisais remarquer que quelqu’un à qui ont faisait peu de crédit devient parole d’évangile s’il vient à abonder dans votre sens: le cas charasse, mitterandiste parmi les plus sectaires de l’époque, repris par le fig ets significatif…
    la liberté de parole, d’action d’un élu est moins forte:
    il doit souvent son mandat à son parti…
    nicolas dupont aignan peut cerifier qu’au sein de l’UMP,
    certaines opinions ne sont pas bienvenues…
    besson…il me fait penser à vlassof
    qui connaît vlassof?
    il reviendra comme lui
    auprès de celui qu’il a trahi
    lorsque la victoire changera de camp…
    je lui souhaite une fin moins sauvage…

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