C'est pas le moment de te les couper

Sébastien Chabal en a marre de son image de colosse des cavernes. Il veut briser l’image. Et passer chez le coiffeur et le barbier. Et ça, en début de Coupe du Monde. Alors même que l’équipe de France affronte ce soir une équipe, certes quelque peu en difficulté, mais qui devrait se montrer autrement plus résistante que l’équipe de Namibie. Alors, Sébastien, vraiment, la question se pose, est-ce bien le moment de te les couper ? Et vous, auriez-vous peur de Chabal, sans barbe, et cheveux courts ? Hum ?

Que ceux qui ont répondu non apprécient tout de même l’homme dans son entier. Il reste possible de reconsidérer sa réponse.

En tout cas, voilà, Sébastien Chabal entend faire la surprise d’un nouveau look ce soir.

Les spectateurs dotés de perruques et de fausses barbes ?

« Je ne les vois pas et j’aimerais qu’on ne parle pas de ça », coupe d’entrée le joueur de Sale (1,92, 112 kg, 33 sélections) de sa voix de basse. « Ca ne me dérange pas, mais ce n’est pas ma priorité. Aujourd’hui, je prépare un match important contre l’Irlande et je ne veux parler que de ça. »

Alors… La tonsure, même va-t-elle faire retomber la Chabalmania et ses sympathiques excès ? Pas si sûr.

Au contraire, peut-être.

Car tout cela fleure tout de même assez bon un esprit rugby appréciable. Déjà, l’homme casserait l’image marketing quand d’autres en jouent à plein. Et., l’homme n’est pas commode. Barbu ou pas, il resterait bourru. Cette interview dans Sports.fr commence fort :

Sébastien, on vous présente comme la nouvelle star du rugby français et surtout celui capable de sauver la patrie en danger. Qu’est-ce que cela vous inspire? (d’un ton ferme) Je ne répondrai pas à cette question.

On apprend aussi qu’il a répondu, à un journaliste britannique qui lui demandait de répondre en anglais à sa question :

« No. We are in France, we speak French »

Parce qu’il est bonhomme, tout de même, il s’en est excusé. C’est sympathique de sa part. Rappelons que le journaliste était britannique

En joue-t-il ? Peut-être. Après tout, il a aussi le droit de s’en amuser.

Mais quoi qu’il en soit, on apprécie lorsqu’il rappelle : « Je suis juste un joueur de rugby« .

Et puis l’on soulignera aussi que les joueurs irlandais ont reçu la consigne de « « lui faire « une première impression qui marque », « pour empêcher le public de se mettre derrière lui », selon l’entraîneur-adjoint Niall O’Donovan« . Alors, s’il est important pour l’adversaire d’éviter que le public ne fasse masse derrière Chabal – et les autres, d’ailleurs, enfin… – j’espère que le public sait ce qu’il lui reste à faire, ce soir !

Pour ma part, c’est avec regret que je vais manquer ce match. Je vous souhaite de voir une action de ce type ce soir (certes probablement moins facile à dérouler face à des irlandais).

Et puis, en prime, parce que l’on peut aussi se motiver, nous aussi :

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19 comments

  • Chabal et la chabalmania ? Et si tout n’était qu’histoire de physique. Samson perdant sa force en même temps que ses cheveux. Chabal tout à son honneur en refusant ce rôle d’image de l’équipe Mais… Oui mais, car il faut un meneur ou tout du moins une icône derrrière laquelle se ranger. Et pas seulement en sport… Dans tous les combats il nous faut du charisme, l’élément fort qui charge, qui pousse et qui nous fait rêver. Oui Sébastien je comprends et admire ton soucis de l’effacement au profit de l’équipe mais permets moi de regretter tout ce que, malgré toi, tu portais sur tes épaules et dans ta barbe comme symbole et délire irrationnel.

  • C’est fatigant ce besoin de stariser un élément d’équipe ! c’est fatigant et surtout incompréhensible.

    Ce fut Platini en foot, puis Papin, puis Zidane, qui chacun seul n’aurait rien fait.

    Ils sont bons ? ok ! ça tombe bien, ils ont été sélectionnés pour cette raison.

    N’abimons pas le rugby.

    Chabal est bon ? parfait ! et si ce n’était pas le cas, il ne serait pas là. Et, « accessoirement », il y en a 14 autres qui ont été sélectionnés et qui sont très bons, ce qui nous fait une belle équipe.

    E.Q.U.I.P.E !!

    Vive le sport, et allez la France !

    ps : La chabalmania, ce n’est pas du rugby, c’est de la folie médiatique dégradante avec tout ce que ça comporte de malsain qui risque d’abimer le rugby et l’esprit qui va avec.

  • [quote comment= »48242″]Attention, si on me sort du Chabal, je réponds avec du Brian O’Driscoll… 😉

    Traître. 😉

    [quote comment= »48234″]C’est fatigant ce besoin de stariser un élément d’équipe ! c’est fatigant et surtout incompréhensible.

    (…)

    ps : La chabalmania, ce n’est pas du rugby, c’est de la folie médiatique dégradante avec tout ce que ça comporte de malsain qui risque d’abimer le rugby et l’esprit qui va avec.[/quote]

    Ce n’est pas incompréhensible, c’est très naturel, très humain.

    Pour le reste, prenez-le donc avec le sourire, et positivement : précisément, Chabal semble ne pas vouloir en jouer, alors qu’il le pourrait.

  • [quote comment= »48246″][quote comment= »48242″]Attention, si on me sort du Chabal, je réponds avec du Brian O’Driscoll… 😉

    Traître. ;-)[/quote] J’assume… Tiens, j’en rajoute même une couche, pour ceux selon lesquels l’équipe d’Irlande serait désavantagée par la présence de Reddan à la place de Stringer… Un bel essai (sur une passe d’Ibanez) : http://www.youtube.com/watch?v=TncucKT33Qo

  • @Isabelle [quote comment= »48234″] La chabalmania, ce n’est pas du rugby, c’est de la folie médiatique dégradante avec tout ce que ça comporte de malsain qui risque d’abimer le rugby et l’esprit qui va avec.[/quote]

    Je ne dis pas que vous avez tort, mais je pense pouvoir tempérer un peu ce que vous déclarez.

    Nous sommes confrontés aujourd’hui avec le sport à ce que les journalistes ont appelé « le sport spectacle ». Le concept est vaste et regroupe bien des choses allant de la place du sport dans la société jusqu’aux sommes considérables impliquées dans certaines disciplines.

    Mais, le sport, à partir du moment ou il attire quelques spectateurs, est-il autre chose que du spectacle si on ne participe pas à l’action sur le terrain ?

    Je me souviens que mon père aimait aller voir sur les hauteurs du Mont Valérien les joueurs de pétanques le dimanche après midi. C’était un sport et c’était indubitablement aussi un spectacle. Il y avait l’accent, il y avait les réflexions, il y avait les jolis coups, il y avait les renversements de situation, le stress, la peur de perdre ou de gagner, les vedettes – même si elles s’appelaient « le gros Dédé » ou « chauffe Marcel ».

    Lorsqu’un sportif arrive à porter la maîtrise de sa technique au plus haut, il acquiert une dimension particulière qui le fait toucher au domaine de l’art. C’était le cas de Platini, de Pelé, de Zidane, de Maradona par exemple. Quand ces individualités s’expriment au milieu d’autres individualités magnifiques cela devient quelque chose de très particulier que même l’art n’offre pas vraiment (sauf pour le théâtre ou le cinéma) parce que cela devient une œuvre collective. Le théâtre d’un Pipo Inzaghi qui montre un visage ravagé parce que l’arbitre ne lui accorde pas le corner ou d’un Ronhaldino qui sourit lorsqu’il reçoit un coup de pied c’est aussi de l’art.

    Oui, les individualités existent. Une équipe n’est-elle pas une somme d’individualités. Et parfois ces individualités ont un impact extraordinaire. Naples, équipe presque reléguée en deuxième division, puise dans ses réserves et ses fonds de tiroirs pour « s’acheter » Maradona. Comme il approchait sa fin de carrière, il accepta. C’était tout ce que Naples avait pu s’offrir. L’année suivante, l’équipe gagna le Championnat d’Italie sans avoir bouleversé sa composition qui naguère perdait presque tout.

    Dans ce cas, comme les artistes peuvent être admirés, il est normal que des sportifs puissent l’être. De toute façon, normal ou pas, ils le sont. Bien sur, ils le sont aussi par des boeufs embiérrés dans leur salon ou sur les gradins. Ou par les bobos aimant se faire admirer sur les gradins du central de Rolland Garros. Mais il n’empêche qu’ils sont ce qu’ils sont. Et le sport dans certains est cas est une forme d’art populaire, avec le peuple tout simple ou les bourgeois blasés pour aficionados. Tout le monde ne peut s’offrir le luxe d’avoir du recul.

    Un artiste fait rêver. Un sportif aussi. Un bon acteur vous donne envie de vous identifier au personnage et participer à l’action. Un sportif aussi. On a tous joué au foot, quelques fois au rugby ou toucher à d’autres sports. Lorsque Zidane envoie la balle dans la lucarne dans une position impossible après un dribble improbable, on ne peut s’empêcher, ne serait-ce qu’une seconde, de se voir avec un numéro 10 dans le dos et réussir le même exploit.

    Vous dites « Vive la France », mais au fond, qu’est ce qu’il y a de plus ridicule à dire que ces mots là en regardant un match de Rugby ? Pourtant on partage l’émotion d’un joueur, on partage l’émotion des spectateurs, on partage inévitablement l’émotion d’un pays quand l’équipe nationale gagne. Vous parlez d’équipes, mais c’est aussi des expériences collectives, sur la base du jeu, qui mobilise bien au-delà – depuis les centres de formations pour jeunes, jusqu’au staff et aux joueurs d’une équipe. Alors pourquoi pas : Vive la France ou Vive l’Ogre Chabal.

    Encore une fois, c’est le rêve, c’est le jeu dans le sens plein du terme. La vie d’un homme ne se subdivise pas en deux catégories ascètes : le développement pratique de son individualité à travers le travail, la famille, sa religion d’une part et sa culture avec tout ce que cela suppose de « loisirs sérieux et éducatifs » d’autre part. C’est peut être ce que voudraient nous laisser croire certains idéologues mais je pense qu’ils se trompent sur la nature humaine toute simple. Non, je crois qu’il y a la place pour le rêve, l’irrationnel complet, le plaisir de se bourrer la gueule avec des copains ou copines à la Pixturi, le fait de supporter « son » équipe, le fait de se voir joueur, entraîneur ou sélectionneur.

    Il s’agit juste d’un jeu. Pour jouer on doit prendre partie. Pour participer au jeu on accepte le risque de pouvoir perdre, et d’être triste quand ça arrive mais « on donne tout » depuis les gradins ou son canapé » pour que « son » équipe gagne. Et c’est complètement futile, et c’est complètement nul, et c’est complètement idiot… mais franchement amusant et souvent exaltant ! Partager une émotion, s’enflammer pour quelques chose qui n’a pas grande importance au fond, cela s’appelle jouer.

    Je me demande même parfois, si on ne joue pas à faire de la politique. A faire du business. A aimer. L’amour, la passion est aussi à mon sens, une forme de « jeu » si on pouvait donner de la noblesse à ce terme.

    Jean Pierre Rives (ancien joueur de rugby, un artiste sculpteur qui est aussi tout sauf un con) aimait appeler, le fameux commentateur de rugby à la télé Roger Couderc, le 16eme joueur de l’équipe de France. C’est dire comment, lui, voyait les supporters et la part de spectacle et de communication que ce type de sport implique. Et Rives existait avant même que ce sport ne se professionnalise.

    Bien sur, on pourrait imaginer le sport comme un exercice personnel qui acquerrait une sorte de dignité dès lors qu’il serait pratiqué en dehors de toute considération de spectacle et d’argent. Mais franchement, ça serait aussi enlever un verre de bon vin à l’amateur de fromages. Ca serait aussi offrir des boules de pétanque à mon père à la place de sa promenade du dimanche après midi sur les hauteurs du Mont Valérien. Il n’aimait pas jouer à la pétanque, mais alors pas du tout. Il préférait le billard.

    Si les artistes faisaient pareil, s’ils se satisfaisaient de leurs oeuvres dans leur coin sans les exposer ou les faire écouter, si l’art n’était plus spectacle mais uniquement expériences individuelles, le monde deviendrait beaucoup mais beaucoup plus triste. En fait, si l’on renverse le concept, s’il y a spectacle, s’il y a « show », c’est certainement qu’il doit y avoir aussi de l’art.

    Jean Pierre Rives qui est un authentique amoureux du Rugby et de son esprit, était surnommé « casque d’or », du fait de ces cheveux blonds qu’il portait longs. Il était reconnaissable immédiatement sur le terrain – à cause de ses cheveux ou parce que son maillot était souvent couvert de sang et de boue. Il était la star tranquille du rugby français, personnifiant le courage et l’abnégation – le héros humble qui revient blessé du combat. Tout cela, ces icônes, ces cheveux et ce maillot font partie du jeu. Comme les pitreries d’un Dali ou les extravagances de dandy d’un David Bowie.

    C’est le monde du spectacle avec ses folies, ses cheveux démesurément longs ou bizarres, ses filles qui s’évanouissent en voyant le déhanchement de Preslay, c’est le cabaret, l’arène, le plaisir de jouer. C’est aussi la vie.

    Alors moi, les cheveux de Chabal, je les aime. Sa gueule de féroce qu’il s’est composé, je l’aime. Cet homme des cavernes, gentil dans le civil et tendre avec ses gosses, je l’aime. Et s’il coupe tout pour prendre le personnage à contre pied, s’il nous fait à nous, public, ce cadrage débordement en arrivant chauve ou avec une tête de premier de la classe sur le terrain ce soir, et bien je l’aimerais encore plus ! Je l’aimerais pour jouer, futilement, inutilement et pour la part de rêve.

  • tiens ça me rappelle l’histoire du mec qui avait lancé sa marque avec le logo « coup de boule de zidane » en ombres chinoises, et vlan ! au tapis les projets basés sur le look « viking » du bonhomme et autres marchands de barbes-à-chabal 🙂

  • @ Isabelle:

    Vous oubliez que le fait d’impressionner, d’en inposer avant meme que le match ait commence sont des éléments qui comptent sur un terrain de rugby. C’est le role que jouait en son temps un Jonah Lomuh dont la presence suffisait à impressionner les joueurs d’en face. Ça ne fait pas gagner le match, mais ça aide à prendre l’ascendant.

    @ Dimitri:

    D’après ce que j’ai compris, il n’est pas en forme en ce moment, O’Driscoll.

    @ Koz: Meme en vacances, je me tiens au courant des blogs, je suis vraiment à soigner.

  • [quote comment= »48275″]@ Dimitri: D’après ce que j’ai compris, il n’est pas en forme en ce moment, O’Driscoll.[/quote] Au contraire, sur les deux premiers matchs, c’était le seul qui tenait vraiment la route… Si les 14 autres pouvaient faire pareil ce soir, ce serait bien ! 🙂

  • Je ne pensais pas que mes propos pouvaient susciter l’idée de les tempérer.

    Je persiste : stariser UN élément d’une équipe, ça me dépasse.

    Au tennis, ok, parce que le mec se bat seul ! en escrime, aussi, au judo également ! mais au rugby… ils sont 15 à en avoir 14 avec eux !!

    Les cheveux de Chabal, sont des histoires de midinettes qui ont besoin de hurler devant une idole.

    Allez, c’est pas grave, je ne vous en veux pas… On sait bien que les garçons qui parlent de sport perdent facilement leur bon sens 😉

  • @Isabelle « les garçons qui parlent de sport perdent facilement leur bon sens »

    Bien sûr, ils redeviennent des mômes même ! Pour un peu, ils collectionneraient les images Panini et les colleraient dans des albums. Ils sont comme ça les garçons ! 😉

  • @ isabelle et eponymus

    Chabal est le « phénomène » qui permet aux néophytes de s’intéresser à la Coupe du monde de rugby en France, même si cette individualisation est contraire à l’esprit de ce jeu, comme l’intéressé le dit lui-même. C’est un élément « fédérateur » comme on dit à TF1, c’est-à-dire susceptible de capter le cerveau disponible du plus grand nombre, y compris de certaines ménagères de moins de 50 ans qui n’ont jamais jusqu’ici regardé un match de rugby. Même si j’aime bien ce joueur, j’avoue que cela m’agace un peu aussi, mais cela va sans doute dans le sens d’une plus grande médiatisation de ce sport, ce qui, au final, est plutôt positif.

    Sinon, pour ce soir, belle victoire, sérieuse et appliquée, de l’équipe de France. Dommage pour toutes ces petites fautes et le point de bonus offensif laissé en route, qui impose désormais que l’Argentine perde sans bonus défensif contre l’Irlande, pour que nous évitions les All Blacks en quarts…

  • On parle des cheveux de Chabal pour ne pas parler d’autre chose… Il n’est ici pas question de midinettes ni de leurs hurlements. Il est question de superstition. Cette satanée superstition sportive… Ou plutôt, ce jeu parallèle que nous nous amusons à abandonner à une part de superstition. Personne n’est dupe. Mais on le fait tous. La compétition sportive, c’est la liberté fabuleuse de jouer sa vie pour de faux…et bon sang que c’est bon !

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