Une passante islamophobe

« Une passante islamophobe » m’a rendu visite, ce soir. « Je me suis penchée sur le Coran, avec beaucoup de difficutlés je dois l’avouer, tant la lecture en est ardue, toute d’agressivités et d’injonctions à la haine de l’autre (la miséricorde est uniquement pour le croyant). Je ne vous ferais pas un cours sur ce livre, simplement je vous dirais que ce qu’il en transparait est l’obligation de prosélytisme par tous les moyens possibles. ce livre indique , en outre, qu’il est bien plus facile de combattre les chrétiens car ils sont trop gentils, mais ils sont éliminés car pervers« .

Ce propos m’en a évoqué un autre…

« Terrible, n’est-ce pas ? Je vous avais pourtant mis en garde contre cette tentaion. Les Ecritures, toutes les Ecritures, sont, je vous l’ai déjà dit, des auberges espagnoles, où l’on trouve ce qu’on cherche. Je vous ai montré alors les sourates qui prouvent que le Coran pouvait aussi être une parole de paix, de tolérance et de fraternité : « Point de violence en matière de religion. La vérité se distingue assez de l’erreur » (2:257) « Si quelque idolâtre te demande asile, accorde-le lui, afin qu’il puisse entendre la parole de Dieu... » (9:6) « Dis : la vérité vient de Dieu, que celui qui veut croire croie, et que celui qui veut être infidèle le soit » (18:28) « Ô hommes, Nous vous avons créé d’un mâle et d’une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c’est en vue de votre connaissance mutuelle » (49:13) Et aussi : « Appelle au chemin de ton Seigneur par la sagesse et l’édification belle. Discute avec les autres en leur faisant la plus belle part. Du reste, ton Seigneur est seul à savoir qui de Son chemin s’égare, et à savoir qui bien se guide » (16:127). Je pourrais continuer. Aussi la question n’est-elle pas ce que dit le Coran, mais ce qu’on choisit de lire dans le Coran. Et pourquoi on choisit si fréquemment d’y lire l’incitation à la violence plutôt que l’invitation à la tolérance. Ce n’est donc pas le Coran qu’il faut interroger, mais l’histoire »

Elie Barnavi, Les religions meurtrières, éd. Flammarion, p.83.

Je poursuis ma lecture…

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14 comments

  • Mouaif. Pris dans l’autre sens, c’est tout de même ce qui pose problème dans les religions, qu’on y trouve ce qu’on veut. Que ce soit coran ou bible, s’il n’est pas pertinent de se focaliser sur les passages appelant au prosélytisme ou à la haine, il n’est pas plus pertinent de se focaliser sur les appels à la fraternité.

    Le continu de ces ouvrage est incohérent (dans le sens logique), et en masquer une direction ou une autre est malhonnete. Je ne comprend pas comment des personnes peuvent suivre certains préceptes et pas d’autres: soit le livre est le dogme, auquel cas il faut l’accepter in extenso, soit il ne l’est pas, auquel cas il n’y a pas de raison de plus accepter certains postulats que d’autres.

    Enfin, je dis ça…

  • [quote comment= »2950″]Mouaif. Le continu de ces ouvrage est incohérent (dans le sens logique), et en masquer une direction ou une autre est malhonnete. Je ne comprend pas comment des personnes peuvent suivre certains préceptes et pas d’autres: soit le livre est le dogme, auquel cas il faut l’accepter in extenso, soit il ne l’est pas, auquel cas il n’y a pas de raison de plus accepter certains postulats que d’autres.

    [/quote]

    C’est justement tout le problème de la différence de statut entre la Bible et le Coran. L’ancien testament est à peine plus un livre d’histoires et de mythes pour les catholiques, le plus important résidant dans le nouveau testament. Et on peut difficilement affirmer que cette partie pose problème…

    Par contre, pour le Coran, ce n’est pas la même chose, ce n’est pas un récit de témoins comme les deux testaments mais bien la parole de Dieu, à prendre, plus ou moins, au pied de la lettre.

    D’où un décalage clair dans la façon dont les croyants considèrent leurs livres saints….

  • « Par contre, pour le Coran, ce n’est pas la même chose, ce n’est pas un récit de témoins comme les deux testaments [bibliques] mais bien la parole de Dieu »

    Fais passer le message au Vatican …

    Il y a bien sûr une différence de statut entre les deux textes (notion de Coran « incréé »), mais bien plus légère, me semble-t-il, que vous ne l’écrivez là. Et il y a bel et bien des gens aujourd’hui qui continuent à prendre la Bible au pied de la lettre et à y lire le droit de faire la guerre, par exemple pour la Terre promise …

    Je crois donc le lecteur aussi indispensable à un livre saint, que l’écoute à la parole, qu’être deux à une relation.

  • [quote comment= »3025″]

    Fais passer le message au Vatican …[/quote]

    Je crois qu’ils sont au courant…. 😉

    [quote comment= »3025″] Il y a bien sûr une différence de statut entre les deux textes (notion de Coran « incréé »), mais bien plus légère, me semble-t-il, que vous ne l’écrivez là. Et il y a bel et bien des gens aujourd’hui qui continuent à prendre la Bible au pied de la lettre et à y lire le droit de faire la guerre, par exemple pour la Terre promise …

    [/quote]

    Peut-être, mais ce ne sont pas des catholiques, je parle pour ma chapelle, celle que je connais le mieux. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a autant de divisions avec les protestants, les catholiques ne prennent pas la Bible au pied de la lettre.

  • Autheuil, on t’appelle.

    L’un des propos d’Elie Barnavi est de s’attacher à tous les fondamentalismes. Et il me semble exact qu’il y a des fondamentalistes dans toutes les religions. Pour autant, je dois avouer que, à la lecture de son ouvrage (pas encore achevé), je trouve que les cathos – et les chrétiens – s’en tirent plutôt pas trop mal, leur fondamentalisme étant certes malvenu mais d’une dangerosité assez relative.

  • j’avais vu Barnavi dans une émission et j’ai trouvé que ses propos étaient clairs et tranchés (c’est rare), j’ai lu son livre et je ne suis pas déçu

  • Le déjeuner que l’on a eu avec lui, Albert Mallet, Fitoussi, a été, je pense, la meilleure expérience de blogueur que j’ai eue. Pour une fois, si l’on espérait de nous du retour en terme de « com' » – et je trouve cela normal, that’s life – c’était fait avec une certaine considération. Surtout, ces trois personnes, qui m’intimidaient pas mal au début, sont ouvertes à la discussion avec l’humble blogueur et, notamment, Elie Barnavi. Alors, si je ne suis pas totalement d’accord sur tout ce que je lis dans son bouquin, j’ai un préjugé très favorable à son égard. Je trouve d’ailleurs que ce que j’ai pu percevoir de lui lors de ce déjeuner fait assez bien écho à son écriture.

  • >> le plus important résidant dans le nouveau testament. Et on peut difficilement affirmer que cette partie pose problème…

    « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » (Luc 14:26)

    « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. » (Première Epître aux Corinthiens 11: 3)

  • « Celui qui vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14:26) La phrase est violente. Le verbe « haïr » est une façon hébraïque de parler, utilisée pour faire sursauter. Il faut comprendre: celui qui vient à moi, et qui ne me fait pas passer avant ce qu’il a de plus cher au monde, ne peut pas être mon disciple. C’est ce que Dieu avait déjà demandé à Abraham: « Prends ton fils, ton unique, celui que tu chéris, Isaac, offre-le moi en sacrifice. » (Gen. 22). C’est le renoncement le plus dur. »

    C’est marrant, certains « opposants » se comporteraient comme de vrais fondamentalistes, à prendre la Bible au pied de la lettre, sans aucun usage de la raison…

    Quant au reproche de machisme pour Saint Paul, il est vieux comme Hérode (ah ben non, en fait, un peu moins). Il ne faut pas non plus oublier que Paul écrit dans la société dans laquelle il vit, et pour laquelle le christianisme représente un grand progrès pour la cause des femmes.

    On cite la fameuse phrase selon laquelle la femme doit obéissance à son mari, mais on oublie d’autres passages, comme celui-ci :

    « Ephésiens 5 :25-33 « Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette église glorieuse, sans tache ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. C’est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’église, parce que nous sommes membres de son corps. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que sa femme respecte son mari. »

    Que celui qui pense aimer sa femme comme le Christ aime l’église lève le doigt !

  • Je ne désirais pas polémiquer à coup de sourates ou à coup de versets de la Bible. Simplement expliquer mon ressenti global à l’étude du Coran et ainsi expliquer pourquoi il me faisait peur. Il y a suffisamment de forums où anti et pros discutent à longueur de pages pour cela Et il est amusant de constater que lorsqu’on en arrive aux lancers de Sourates, il est rare qu’elles soient énoncées en entier. Ainsi le morceau de la II 257, souvent citée comme étant un modèle de tolérance : « point de violence en religion ». Si vous la lisez en entier, et que vous la complétez par les deux suivantes, cela donne : II 257 : « Point de violence en matière de religion. La vérité se distingue assez le l’erreur. Celui qui ne croira pas au Thagout ( «idoles», « Dieu des idoles » ) et croira en Dieu, aura saisi une anse solide à l’abri de toute brisure. Dieu entend et connaît tout. 258 : Dieu est le patron de ceux qui croient, il les fera passer des ténèbres à la lumière. 259. Quand aux infidèles, Thagout est leur protecteur. Il les conduira de la lumière aux ténèbres ; ils seront voués aux flammes où ils demeureront éternellement. »

    Même si ce n’est pas une partie des plus agressives, vous constaterez qu’ainsi lues dans leur ensemble, la tolérance est moins évidente.

    Il en est ainsi, à chaque fois que l’on extrait une phrase du paragraphe dans lequel elle est incluse . je voudrais ainsi démontrer qu’au lieu de lire une étude faite par quelqu’un, mieux vaut lire dans le texte ( voire dans les textes, plusieurs traductions étant à votre portée ). Et même si certains passages du dit ouvrage sont moins agressifs, l’ensemble n’en est pas moins désagréable , pour moi, en tous cas ! J’ai PEUR des agressifs et des gens brutaux, de ceux qui veulent asseoir leur pouvoir par la violence ou le prosélytisme, de ceux qui ne savent que détruire et non pas construire !

    De même, trouver dans un autre texte ( la Bible ou les évangiles dans le cas présent), des passages aussi agressifs et guerriers, n’en dédouane pas le Coran pour autant ! Je ne vois pas pourquoi, ce texte ne serait pas critiquable parce que d’autres le sont aussi !

    On retrouve ce phénomène en politique, et le discours de F.H. aujourd’hui en est un excellent exemple : critiquer NS , la politique de droite, Chirac et VGE , semblent, pour lui, porteur d’espoir, et semble être un dédouanement évident de l’incurie du PS ! Désolée, mais je ne vois pas le rapport ! Ce n’est pas parce que Chirac ( que je n’ai d’ailleurs jamais vraiment apprécié, mais c’est un détail ) a fait des bourdes, que je n’ai plus peur des bourdes de sa compagne !

    Ce phénomène de taper sur son voisin pour se défendre de ses faiblesses personnelles est véritablement curieux ! Le fait de montrer que le voisin est un triste sire, nous rendrait il meilleur ?

    Enfin, dernier point : vous proposez de « regarder l’histoire plutôt que les textes ». C’est ce que j’ai fait et exposé dans mon premier post. Hélas, l’histoire de Mohamed n’est pas franchement angélique, malgré Gabriel ( à mon sens ). Il met en pratique la ligne de conduite qu’il a reçu de Dieu ( ?°), à savoir l’extermination des juifs, des idolâtres, la mise à mort des criminels, la colonisation des pays non croyants ( non musulmans ), la mise à sac des caravanes de marchands. Il semblerait , par contre, au travers des récits de l’époque que bien que le statut de la femme me paraisse affreux dans les textes du Coran, il y eut un progrès, tant les humains de l’époque étaient des barbares. Et ce n’est pas parce que les pays européens ont eu aussi leur lot de barbarie que je n’ai pas le droit de dire qu’il y a eu des barbares au moyen orient… Hélas, l’un n’empêche pas l’autre ! Voilà, un petit commentaire, en passant… Je reprend mon bâton de pèlerin, tel le Mat du tarot qui fait poser la question : « Folie ou sagesse ? Tout est question de point de vue » Cordialement

  • Que penser d’un livre où on peut lire une chose et son contraire ? Qu’il est incohérent ! Et donc qu’on a rien à y apprendre. Peut-être faut-il en revoir la traduction avec un esprit critique.

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