Une journée Nicolas Sarkozy

Puisque, même lorsque je parle Rugby, on me répond Sarkozy, parlons-en, parlons de lui, du moindre de ses faits et gestes, editos, articles, videos, tout, tout, tout, disons tout, parlons de lui. Et parlons-en spécialement le 30 novembre prochain. Voilà, je vous l’annonce : sauf impératif majeur, le 30 novembre prochain sera sur ce blog une journée Nicolas Sarkozy.

C’est, voyez-vous, qu’un de ces collectifs ampoulés, auto-proclamé Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision, sous la bannière rassembleuse d’un sociologue, semble appeler ce jour-là toutes les rédactions à occulter toute information portant sur Nicolas Sarkozy.

J’écris « semble » car, comme moi, vous ignorez tout de cette association, comme vous ignorez tout de ce sociologue tourangeau, Pierre Biloun ou Bitoun. Cela n’a pas empêché la quasi-totalité de ces medias menacés par un gouvernement autoritaire – si ce n’est totalitaire – de mentionner l’initiative, de façon assez comique au demeurant.

Jugez-en plutôt : « Selon cette association présidée par un sociologue de 52 ans, Pierre Biloun, et qui compte une centaine de membres dont 64 membres fondateurs« . Visiblement, personne ne connaît ledit Biloun sinon on évoquerait « le sociologue Pierre Biloun« . Apprenez qu’il a 52 ans, c’est important. Enfin, ça doit l’être puisque c’est mentionné. Et figurez-vous que cette association compte une centaine de membres. Bref, la révolte est engagée ! Pensez-donc : une centaine de membres…

Pas de mauvais esprit : non, ce n’est pas une association inconnue, présidée par un anonyme, rassemblant cent péquins. C’est une association nouvelle créée, présidée par un sociologue (l’initiative devrait y gagner en respectabilité), qui compte une centaine de membres dont 64 fondateurs… Avouez que, pour une association nouvellement créée, il est assez courant de compter davantage de membres fondateurs que d’autres membres. Surtout, connaissant l’activisme associatif de la gauche, les inclinations idéologiques de nos amis sociologues, et l’aide que peuvent apporter les nouvelles technologies (ne parlons même pas d’un wiki ou d’un blog, parlons juste du mail…), on est plutôt déçus.

Pas de mauvais esprit… Mais on a tous en tête un propos de nos parents, une idée, un principe, qui vous revient épisodiquement, pour vous permettre d’en apprécier le bien-fondé. A cet instant, je pense à la République Démocratique Allemande. Les interrogeant sur la RFA et la RDA, mes parents m’avaient dit que, par principe, il valait toujours mieux se méfier de ceux qui ressentaient le besoin de se revendiquer de la démocratie. Ce n’était pas faux. Le besoin de se revendiquer d’une qualité quelconque doit toujours éveiller la méfiance, spécialement lorsqu’il s’agit de se revendiquer de la démocratie. Prenez la République Démocratie du Congo, les Démocraties Populaires, ou le Kampuchea Démocratique…

N’allez pas croire que leur initiative est liée d’une quelconque manière à leurs opinions politiques ou à leur vote de mai, ce serait, là aussi, je pense, du mauvais esprit. Non, c’est au nom de la dé-mo-cra-tie. Quoi de plus louable.

Toutefois, il paraitrait qu’il y a une coquille dans le nom du sociologue, signe de l’autorité dont il dispose et de l’ardeur mise à vérifier l’information par les medias qui l’ont reprise. S’ils l’avaient fait, ils auraient peut-être retrouvé un Pierre Bitoun, sociologue à l’INRA, auteur de Faux privilégiés, vrais nantis paru au Monde Diplomatique, ou de « Réformer l’OMC », paru dans L’Humanité, ou encore de « Voici pourquoi M. Raffarin, nous allons nous opposer à votre réforme« , sur la réforme des retraites, toutes publications légitimement répertoriées sur le site de l’Institut National de la Recherche Agronomique… !

« pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s’il vous plaît »

En l’occurrence, la conception de la démocratie de cette association, prestement soutenue de toutes parts, consiste à intimer aux rédactions des télévisions de taire des informations. Voilà au moins une association qui ne craint pas de manier le paradoxe.

Et peu importe que Nicolas Sarkozy soit un président nouvellement et démocratiquement élu, président depuis quatre mois dont deux d’été, et dont on attend quelques réformes, il faudrait que l’on en parle moins. Dans quelle proportion ? Eh bien, dans celle qui complaira à ces personnes évidemment issues de la gauche.

Et peu importe que ce type de comportements, cristallisant les réactions de chacun, fassent certainement adhérer davantage nombre de soutiens modérés du Président à l’action qu’il mène… Il faut bien faire contrepoids.

Alors, voilà, du temps de Chirac et Villepin, je sais que mon blog faisait partie d’une petite cellule de veille presse. Si quelqu’un me lit là-bas, le 30 novembre, je souhaiterais qu’il me fasse part des moindres faits et gestes du Président. Il mange du poulet ? Qu’on me le dise. Il change de chemise ? Aussi. Il va pisser ? Allez, au diable l’avarice !

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89 comments

  • Pas con comme stratégie, mais il faudrait industrialiser le processus. Les 17 millions du 6 mai peuvent constituer 170.000 associations nouvellement créées d’une centaine d’adhérents. Si chacune exige son jour sans Sarkozy, on peut arriver à le censurer pendant 465 ans.

    La seule question qui reste est : trouvera-t-on 170.000 sociologues à l’INRA ou dans les autres administrations publiques? Si on intègre les psychologues, les pédagogues, les politologues et autres bobologues subventionnés, on doit pouvoir y arriver.

  • @Liberal, Pour aller dans ton sens, pardonnez-moi de reposter, mais je trouve que mon ancien commentaire a toute sa place ici :

    « Si on comprend bien les charges et les attaques de la “presse libre” à l’égard des blogs, on peut les résumer ainsi en vrac :

    a. les blogs c’est pas de l’info et c’est manipulatoire b. le journaliste a un devoir d’exactitude dans l’information et d’un minimum d’objectivité même pour la presse d’opinion c. le manque de professionnalisme du bloggeur entame fortement sa crédibilité

    Par contre voilà de l’info journalistique, libre, indépendante, impartiale, objective, crédible :

    Le Monde : Gros titre :

    “Des enseignants s’indignent du coût de la lettre de Nicolas Sarkozy”

    (Information déjà intéressante avant même de lire le corps de l’article – il existe en France des enseignants qui se sont indignés de ce coût et bien sur, nous nous sentons tous concernés par ce simple fait)

    Le problème peut être, c’est que l’on apprend finalement que :

    “Il faut faire un retour à l’envoyeur”, écrit, s’adressant à ses collègues sur une liste de discussion Internet, une enseignante choquée du coût d’environ 500 000 euros annoncé par l’Elysée.”

    (Ah non, finalement, il s’agirait d’une enseignante qui a écrit quelque chose dans un forum sur Internet. Et dire, que l’on a failli manquer ça ! Heureusement que la presse libre arrive à exister ! Ce n’est pas la presse inféodée aux puissances d’argent ou du pouvoir et encore moins les blogs amateurs et arborant leurs faux nez qui nous auraient informés d’un scoop de cette importance.)

    Aux pros, moi j’aurais pu conseiller sur le titre :

    “Un mouvement de protestation naissant contre la lettre de Sarkozy aux enseignants”

    voire

    “Vers un boycott de la lettre de Sarkozy aux enseignants ?”

    Heureusement, la même presse nous annonce “la probable mort des blogs”…. nous voilà rassurés. »

    Avec une opposition en déroute, puisque la presse vit principalement de polémiques plus que d’infos, elle est maintenant obligé d’en inventer…

  • [quote post= »462″]S’ils l’avaient fait, ils auraient peut-être retrouvé le Bitoun, sociologue à l’INRA, de Faux privilégiés, vrais nantis paru au Monde Diplomatique, ou de “Réformer l’OMC”, paru dans L’Humanité, ou encore de “Voici pourquoi M. Raffarin, nous allons nous opposer à votre réforme“, sur la réforme des retraites, toutes publications légitimement répertoriées sur le site de l’Institut National de la Recherche Agronomique… ![/quote]

    J’ai du mal à déterminer ce que ce type dessert le plus : la sociologie, l’INRA ou la recherche… Je dirais quand même l’INRA.

  • l’initiative de ce sociologue me paraît bien stupide, et de toutes façons, contre-productive: elle attire les commentaires des médias, elle introduit une notion d’autocensure, elle ferait presque passer sarko pour une victime….

  • Au moins, ce genre d’informations permet de se cultiver. Non que je donne dans la dénonciation de l’hypertrophie de l’Etat mais je suis enchanté d’apprendre qu’un institut sur la recherche agronomique doit comporter des sociologues. La conception restrictive et bornée qui est la mienne de la recherche agronomique ne me le laissait pas supposer.

    On s’étonne moins que, parmi ses publications, il ait pu publier un « éloge des fonctionnaires » et estimer notamment (cf l’article du Monde Diplomatique) que, contrairement à ce que l’on dit, l’éducation manque de fonctionnaires. Lorsque l’on parvient à être sociologue, sur les thèmes qui sont les siens, dans un institut de recherche agronomique, on apprécie nécessairement les conceptions extensives des missions publiques.

    Caveat : il ne s’agit pas non plus de tomber le fonctionnaire-bashing… Ce n’est pas mon genre. Juste de relever l’ironie de la situation.

    [quote comment= »44671″]l’initiative de ce sociologue me paraît bien stupide, et de toutes façons, contre-productive: elle attire les commentaires des médias, elle introduit une notion d’autocensure, elle ferait presque passer sarko pour une victime….[/quote]

    Précisément. Si tu savais le nombre de fois où l’excès d’anti-sarkozisme m’a dissuadé de faire part de mes propres réserves sur certains points, considérant qu’elles étaient déjà bien sur-représentées…

    Et comme tu le remarques assez bien, pour revendiquer une journée sans Sarko et, surtout, se faire connaître, que font-ils ? Ben ils parlent de Sarko.

  • Un sociologue à l’INRA qui se pique de démocratie, d’apolitisme et de programme audiovisuel; ce n’est pas ce q’un ancien Premier ministre traitait de « mauvaise graisse »…animale ou végétale?

  • Bonjour,

    Sur le Grand Journal hier soir sur Canal +, François Bayrou a trouvé cette journée de repos une bonne idée.

    Sinon, mon cher Koz, le 30 Novembre, je ferais mon possible pour trouver des informations liées à notre président pour faire vivre cette journée de censure dans l’espace de commentaires.

    Luc

  • Merci Koz de nous donner des nouvelles de ce cher Nicolas. Sans vous, on oublierait presque qu’il est président, tant sa discrétion, son sens de la délégation et le boycott systématique d’une presse inféodée à la gauche le plongent dans l’oubli et le silence apparent.

    Est-il toujours en « harmonie » avec son pote François ? File-t-il toujours une lune de miel idyllique avec Angela ? Combien de points de croissance le « choc fiscal » salutaire et profitant « à tous les Français », mis en place dès son élection, nous apportera-t-il ? La qualité du dialogue social permettra-t-elle d’en finir enfin avec ces « indignes » régimes spéciaux ? La confiance établie avec les magistrats nous emmènera-t-elle vers la réforme de la justice dont la France a besoin ? Quand Cécilia ira-t-elle en Colombie libérer Ingrid Bettancourt ? Combien de salles de bain aura sa prochaine maison de vacances ?

    Autant de questions cruciales sur lesquelles vous êtes le seul à pouvoir nous éclairer, compte tenu du comportement scandaleux des médias à son égard. Vive les blogs libres, vive l’esprit de résistance, tous avec Nicolas !

  • [quote comment= »44696″]Sur le Grand Journal hier soir sur Canal , François Bayrou a trouvé cette journée de repos une bonne idée.[/quote]

    Ah ! Quand j’vous disais que c’était une idée à la c…

    [quote comment= »44693″]Un sociologue à l’INRA qui se pique de démocratie, d’apolitisme et de programme audiovisuel; ce n’est pas ce q’un ancien Premier ministre traitait de « mauvaise graisse »…animale ou végétale?[/quote]

    Enfin… Comment peux-tu ? Je suis certain que ses publications glorifiant les fonctionnaires et pilonnant les patrons sont utiles à la recherche agronomique, prise dans une acception large.

    [quote comment= »44695″]ils auraient mieux fait de prévoir cette journée le 30 février . Au moins on aurait apprécié leur sens de l’humour ![/quote]

    Ils l’ont perdu le 6 mai dernier, tu sais…

    A ce propos,

    [quote comment= »44697″]Vive les blogs libres, vive l’esprit de résistance, tous avec Nicolas ![/quote]

    Depuis que Marianne se considère comme étant la « presse libre », j’ai décidé de m’intituler « blog libre ». C’est pas plus pertinent que pour Marianne, mais puisque ce n’est pas moins faux…

    Merci de m’avoir donné l’occasion de faire cette précision.

  • A propos de « sociologue à l’INRA » : justement, quand on regarde sa liste de publis, on s’aperçoit qu’il a travaillé sur la sociologie du monde rural et de l’agriculture. D’où le rapport avec l’INRA. Donc je ne vois pas où est le problème ou l’incohérence ; inutile de mettre sa qualité en gras et en italique comme si elle était incongrue.

  • [quote comment= »44697″] Sans vous, on oublierait presque qu’il est président, tant sa discrétion, son sens de la délégation et le boycott systématique d’une presse inféodée à la gauche le plongent dans l’oubli et le silence apparent.

    [/quote]

    Oui je comprends votre ironie et par certains côtés vous avez raison mais lui au moins il essaye d’agir. Personnellement, je suis plus portée à écouter et à regarder les personnes qui font et agissent plutôt que celles qui se montrent partout dans les médias en se faisant passer pour une pauvre victime et en ne proposant que des cacahouètes sucrées.

  • Merci de nous avoir rappelé la date du 30 novembre…je ferai mon possible pour ne pas oublier de parler de notre président.

    La gauche est décidément mal en point. Elle semble oublier que si l’on parle tant de N.Sarkozy, c’est que depuis 20 ans, il ne se passait plus rien. A Bruxelles l’on a accueilli notre nouveau président en disant « La France ne sera plus jamais le pays de l’immobilisme » Plus « jamais », ce n’est pas fait ! Comme disait DSK « A force de vivre dans un bocal de cornichons l’on devient cornichon soi-même » ! Comme par hazard, toutes les personnalités valables de la gauche se sont fait ce raisonnement . Il ne reste plus comme gros de la troupe que ce genre de sociologues pastèques verts…et … ,pour continuer dans l’agriculture , INRA oblige !

  • salut, très bon billet, et très bonne initiative. Qui permet de mettre l’accent sur le ridicule absolu de cette « journée sans sarkozy »…Bientôt on va nous demander de ne plus penser à lui…! Plus sérieusement, le ridicule est à son comble : en quoi ne pas parler de quelqu’un change la donne médiatique ? le buzz crée autour de cette « journée des anti-sarko primaires » fait autant parler de Sarkozy que le reste. Le fait est là, dans toute l’évidence de sa lumière : les anti-sarko sont fascinés par le personnage, parce qu’ils fonctionnent sur un mode pro/anti (proche de la religion). Le jour où ils se serviront de leur cerveau plus que de leur tripes pour penser, ils arrêteront peut-être de lancer des conneries pareilles… merci à toi pour l’humour de ton billet !

  • Je comprends votre étonnement. Je suis même d’accord avec vous sur l’idiotie de la démarche. Ceci dit, je suis pareillement surpris que vous ne saisissiez pas l’agacement que peuvent ressentir certains en voyant matin midi et soir leur président bien-aimé, partout, s’exprimant sur tout à la fois. Omniprésence, omnipotence. Je sais que vous aimez M. Sarkozy, et c’est votre droit. Mais ne sentez-vous pas qu’il y a un problème quand, pour faire passer ses idées, es réformes, on passe sans cesse d’une idée à un autre, d’un endroit à un autre, créant sans cesse l’actualité et imposant même aux médias l’agenda politique? Je n’ose croire que vous n’y ayiez pas pensé. Et si c’était le cas, pourriez-vous nous expliquer pourquoi cela ne vous pose pas question?

  • [quote comment= »44703″]les personnes […] qui se montrent partout dans les médias en se faisant passer pour une pauvre victime et en ne proposant que des cacahouètes sucrées.[/quote]

    Du genre de celles qui sont filmées 24h/24, dénoncent la méchante « pensée unique » et créent des comités théodule en-veux-tu-en-voilà ?

  • salut Le Chafouin, pour te répondre en quelques mots : l’omniprésence de Sarkozy sur tous les fronts n’est pas un problème, c’est son job ! Maintenant, que les médias soient suffisamment médiocre pour ne parler que de lui, et lui servir la soupe c’est autre chose : c’est un problème des médias, pas de Sarkozy. Par ailleurs, je ne l’ « aime » pas, je lui ai donné ma confiance par le vote, ce qui est différent. J’attend de voir au fur à mesure ce qu’il met en place. Je ne suis pas croyant, je suis citoyen ! 😉 à bientôt !

  • Pour faire le lien avec votre billet « un peu d’couille »… et la journée sans Sarko.. Sans doute avez-vous remarqué comme les médias ont été discrets sur la visite de notre président dans les vestiaires, aux joueurs défaits. Il les a encouragé, a rappelé que lui aussi avait connu des défaites etc… Mais là, il était un peu trop sympa, cela ne plaisait pas à nos médias à 80 % de gauche comme le rappelait « Marianne » dans un sondage du printemps ! Alors « ils » ont oublié d’en parler ou presque !

  • [quote comment= »44724″]Ceci dit, je suis pareillement surpris que vous ne saisissiez pas l’agacement que peuvent ressentir certains en voyant matin midi et soir leur président bien-aimé, partout, s’exprimant sur tout à la fois. Omniprésence, omnipotence. Je sais que vous aimez M. Sarkozy, et c’est votre droit. Mais ne sentez-vous pas qu’il y a un problème quand, pour faire passer ses idées, es réformes, on passe sans cesse d’une idée à un autre, d’un endroit à un autre, créant sans cesse l’actualité et imposant même aux médias l’agenda politique? [/quote]

    Il n’y a pas de quoi être surpris, vraiment. On a un président actif, qui se déplace, qui aborde toutes les réformes en même temps, qui veut donner un dynamisme à celles-ci, et qui communique sur le sujet. Le seul agacement sur ce point pour ses adversaires c’est que ça pourrait très bien se révéler efficace – autrement dit, que les réformes soient bel et bien votées, que des points qui n’ont jamais été abordés auparavant, le soient – en gros que les promesses électorales soient effectivement tenues. Pour ou contre, un politicien qui tient ses engagements est à saluer et ne peut agacer que les partisans d’un statu quo ou ceux qui n’arrivent pas à suivre.

    L’actualité politique est dictée par… l’actualité politique. Le PS a créé à l’Assemblé Nationale un cabinet fantôme… ma foi, il porte bien son nom. Je cherche encore les réformes et contre propositions proposées par cette élite de la pensée socialiste.

    Enfin, que dire de Sarko qui impose aux médias un agenda politique…. ça laisse rêveur… Cela devrait être le contraire ? Les médias imposant leur rythme au président ou à la majorité ? Je dois rêver… Qu’est ce que les médias ont à voir avec l’agenda politique ? Ils sont là pour informer, rapporter, commenter ce qui se passe et se taisent lorsqu’il ne se passe rien, c’est en gros leur fonction non ?

  • @eponymus Sarkozy joue avec les média car il connaît très bien leur fonctionnement. Croyez vous que faire une conférence de presse, ce soit agir pour les Français? On a eu très vite, par exemple,des annonces au sujet de la lutte contre les pédophiles. Hop, c’est annoncé, on passe à autre chose. Idem pour les foires, les chiens dangereux… Pour moi, tout ceci ressemble à de la propagande, à du message subliminal, et dieu sait que je ne suis pas gauchiste. Le cabinet fantôme du PS, j’en pense la même chose que vous. @lomig Ok sur les insuffisances des médias. ceci dit, ils ont la tête qui tournent avec sarkozy. Et ils ne peuvent faire l’impasse sur ses déplacements, quand même!

  • au dela de ce deni de démocratie ,nous vivons depuis l’election de Sarkosy des moments intenses de comportements anti-republicains venant de cette gauche qui aime à la folie le peuple pourvu qu’il ait ses opinions . Ségolène ,Hollande et les autres dévoilent un sectarisme impressionnant Qu’avons nous aujourd’hui de ce coté?, des critiques plutot au dessous de la paquerette , des propositions ,des contre -propositions que nenni

  • Qu’un groupuscule inconnu et lassé de l’omniprésence médiatique de notre présipaute lance un mot d’ordre appelant à ne pas parler de lui pendant une journée, quel scandale ! Quel déni de démocratie ! Alors même que la cote de popularité de notre présipaute se raidit, c’est une traîtrise caractérisée !

    Si encore, ils avaient menacé d’une action violente les contrevenants à ce mot d’ordre,cela aurait pu être l’occasion pour la Présipauté, menacée, de lancer le parquet anti-terroriste à leurs trousses et de réunir un cour d’assises spéciale ! Au moins auraient-ils pu être pu être punis à la mesure de leur crime.

    Hélas, rien de tel ici, juste un paisible et agraire sociologue qui aime faire parler de lui.

    Bon, Koz, tu surréagirais pas un chouïa ?

  • Cette information aura au moins eu le mérite de montrer qu’un certain nombre de blogueurs, s’ils ne disposent des moyens d’investigation de la presse, savent au moins utiliser Google pour vérifier leurs informations.

    Il faudrait offrir un Google à toutes les rédactions françaises. Ah zut, j’oublais, c’est gratuit… 😉

  • Ca me donne une autre idée ce truc. Si on parvenait à trouver un sociologue subventionné de droite, on pourrait inventer la journée sans anti-sarkozysme primaire.

    On pourrait organiser ça le 31 novembre pour faire plaisir à thais.

  • [quote comment= »44770″]Si on parvenait à trouver un sociologue subventionné de droite[/quote]

    Oui mais ça n’existe pas…

  • Parceque j’ai 10 ans de plus que le sociologue en question, et donc plus d’expérience, je vais profiter de l’audience du blog de Koz pour permetre à tous de virer Sarkozy de l’actualité, 365 jours par an (et un de plus l’an prochain !)

    Faites vous aider par Google ! Aprés avoir ouvert la page du moteur, écrivez :

    -sarkozy

    dans le champs de recherche ; puis cliquez sur le bouton « Actualités ».

    Et vous voilà tranquille ; enfin presque … http://aixtal.blogspot.com/2007/09/lexique-sarkosyl-et-autre-sarkotrucs.html

    @Koz : rien que pour vous ; vous pouvez aussi omettre le – (marque d’une honteuse peur de la censure !)

  • Quand on voit qu’il y a 500 journalistes pour couvrir un conseil des ministres délocalisés à Strasbourg …. oui, il y a de quoi trouver bizarre ce ramdam autour des agitations stériles de notre président.

    Qu’un dirigeant fasse sa réunion avec son équipe de collaborateurs à Strasbourg, Paris, Tambouctou …. perso, je ne vois pas où elle l’information et l’intérêt de couvrir ce type de non évenement.

  • Bien d’accord avec vous Buzzcocks, mais ce sont les 500 journaleux qui sont trop cons.

    Et quand on voit les mêmes canards envoyer une équipe à Strasbourg et blâmer la surmédiatisation de Sarkozy, ça me fait doucement rigoler.

  • ce sont les journalistes les cons !!! Possible mais on sait aussi très bien que si sarko organise sa réunion d’équipe (ce n’est que ça un conseil des ministres) à Strasbourg (et bientôt Angers, Nancy, caen, papeete), c’est bien dans le soucis de faire parler de lui en procédant autrement. Il veut communiquer sur la rupture donc sarko, c’est le gars qui fait un conseil des ministres à la salle des fêtes de Pont à Mousson ! Tu parles d’une rupture !!!!

  • Bon, je vais passer outre les considérations d’appréciation personnelles, façon Buzzcocks, selon lesquelles le premier conseil des ministres délocalisé d’un nouveau Président de la République serait sans intérêt (je passe aussi sur le chiffre de « 500 », qui doit être synonyme de « trop à mon goût »).

    [quote comment= »44700″]A propos de « sociologue à l’INRA » : justement, quand on regarde sa liste de publis, on s’aperçoit qu’il a travaillé sur la sociologie du monde rural et de l’agriculture. D’où le rapport avec l’INRA. Donc je ne vois pas où est le problème ou l’incohérence ; inutile de mettre sa qualité en gras et en italique comme si elle était incongrue.[/quote]

    Je donne « un point » à Tom Roud, il semble, après vérification, que l’agronomie soit une science bien plus large que je ne le pensais. D’après Wikipedia (oui, moi aussi, j’en ai marre de citer wikipedia, mais c’est pratique), « L’agronomie (du grec agronomos) est l’ensemble des sciences exactes, naturelles, économiques et sociales auxquelles il est fait appel dans la pratique et la compréhension de l’agriculture. Les sciences vétérinaires sont parfois exclues de cette définition. » Les cinq branches de l’agronomie, en revanche, ne reprennent pas la sociologie.

    Et je reste assez surpris par un certain nombre de publications, dont l’intérêt pour la compréhension de l’agriculture ne me paraît pas évident.

    En tout état de cause, un survol de ces publications permet de constater que, à supposer que l’association soit effectivement indépendante de tout organisme politique, il n’y a guère de doutes sur sa coloration politique.

    [quote comment= »44724″]Je comprends votre étonnement. Je suis même d’accord avec vous sur l’idiotie de la démarche. Ceci dit, je suis pareillement surpris que vous ne saisissiez pas l’agacement que peuvent ressentir certains en voyant matin midi et soir leur président bien-aimé, partout, s’exprimant sur tout à la fois. Omniprésence, omnipotence. Je sais que vous aimez M. Sarkozy, et c’est votre droit. Mais ne sentez-vous pas qu’il y a un problème quand, pour faire passer ses idées, es réformes, on passe sans cesse d’une idée à un autre, d’un endroit à un autre, créant sans cesse l’actualité et imposant même aux médias l’agenda politique? Je n’ose croire que vous n’y ayiez pas pensé. Et si c’était le cas, pourriez-vous nous expliquer pourquoi cela ne vous pose pas question?[/quote]

    Je « n’aime » pas Monsieur Sarkozy, j’ai voté pour lui en tant que meilleur candidat qu’il m’était présenté.

    Je saisis parfaitement l’agacement de certains. Je le saisis d’autant plus dans la mesure où ils n’ont pas voté pour lui.

    Et vous avez raison de ne pas croire que je n’ai pas pensé au fait que la relation de Sarkozy aux medias, sa communication, puisse poser problème, voire même question. Un blâme pour vous, en revanche : vous ne vous souvenez pas du billet dans lequel j’ai quelque peu abordé la question, le mois de tous les dangers.

    Le sujet serait bien long. Je vois davantage comme problème le fait qu’il reçoive un peu facilement certains à l’Elysée, ce qui ne me semble pas toujours se justifier. Pour le reste (i) lorsqu’il expliquait, en 2006, que « si l’on pouvait, auparavant agir puis expliquer, désormais la communication doit précéder l’action« , je pense qu’il a raison. On peut le regretter mais le boulot d’un politique, ce n’est pas d’agir dans le monde tel qu’il souhaiterait qu’il soit mais dans le monde tel qu’il est (ii) cela tranche certes avec l’effacement précautionneux des précédents présidents qui prenaient soin de ne pas trop apparaître pour s’assurer de durer. Ce n’est pas une justification en soi, mais je lui fais au moins le crédit de ce changement.

    Pour le reste, n’oubliez pas que nous ne sommes que le 12 septembre, même si la frénésie d’annonces, d’actions peut laisser penser qu’il est président depuis plus longtemps.

    Quant aux medias, ce sont de grands garçons. S’ils veulent estimer que telle actualité n’a pas d’intérêt, c’est leur job.

    Enfin, je pense que cette polémique a un fond de vrai : Nicolas Sarkozy en rajoute pour s’assurer qu’il ne lui soit pas reproché , par l’opinion (hein, pas par Libé), une indifférence ou autre. Mais je pense aussi qu’elle est largement surexploité par l’opposition – qui, faute de pouvoir faire des contre-propositions, n’a plus comme option que de dire que tout cela n’est qu’agitation – et une partie des medias.

    En ce qui me concerne, il ne me semble pas absurde, en début de mandat, de lancer de nombreux sujets, et axes de réforme.

    [quote comment= »44757″]Qu’un groupuscule inconnu et lassé de l’omniprésence médiatique de notre présipaute lance un mot d’ordre appelant à ne pas parler de lui pendant une journée, quel scandale ! Quel déni de démocratie ! Alors même que la cote de popularité de notre présipaute se raidit, c’est une traîtrise caractérisée !

    (…)

    Bon, Koz, tu surréagirais pas un chouïa ?[/quote]

    Bien, d’une part, je n’ai pas dénoncé de « déni de démocratie », j’ai plutôt souligné la comique contradiction entre le fait de se revendiquer de la démocratie et d’appeler les medias à l’auto-censure.

    D’autre part, si ceci avait été présenté comme tu le fais, à la rigueur, cela m’irait. Maintenant, il faudrait que tu communiques ta réaction aux rédactions de Marianne (qui a même fait un entretien avec ledit Bitou), du Monde (chronique de Robert Solé), de Libération, du Nouvel Observateur, de 20 Minutes – j’en passe, et un paquet … qui ont estimé important d’ouvrir leurs colonnes à l’action d’un « groupuscule inconnu », d’un « un paisible et agraire sociologue qui aime faire parler de lui »…

    Où est la sur-réaction ? ?

  • [quote comment= »44809″]

    Je le saisis d’autant plus dans la mesure où ils n’ont pas voté pour lui.[/quote]

    J’ai voté blanc. ça ne m’interdit pas d’avoir des idées! Ne pas avoir voté Sarkozy ne disqualifie pas celui qui parle. Accordez-moi la grâce de présumer de ma bonne foi! 😉

    [quote comment= »44809″]

    Un blâme pour vous, en revanche : vous ne vous souvenez pas du billet dans lequel j’ai quelque peu abordé la question, « le mois de tous les dangers ».[/quote]

    Dont acte.

    [quote comment= »44809″]

    Le sujet serait bien long. Je vois davantage comme problème le fait qu’il reçoive un peu facilement certains à l’Elysée, ce qui ne me semble pas toujours se justifier. Pour le reste (i) lorsqu’il expliquait, en 2006, que « si l’on pouvait, auparavant agir puis expliquer, désormais la communication doit précéder l’action« , je pense qu’il a raison. [/quote]

    Ok, Sarkozy a raison de communiquer, mais je trouve qu’il tombe dans l’excès inverse par rapport à Chirac, par exemple. Et il communique surtout quand ça l’arrange. Dès que ça dérange, pliez boutique, plus personne. Je le sais : je suis journaliste. Et lorsqu’il communique, il gesticule beaucoup, je trouve. En revanche, je suis d’accord avec vous sur l’exploitation qui en est faite par l’opposition : c’est ridicule, ils feraient mieux d’aborder le fond, sur lequel ils n’ont généralement rien à dire. [quote comment= »44795″]Bien d’accord avec vous Buzzcocks, mais ce sont les 500 journaleux qui sont trop cons.

    Et quand on voit les mêmes canards envoyer une équipe à Strasbourg et blâmer la surmédiatisation de Sarkozy, ça me fait doucement rigoler.[/quote]

    Un peu facile de toujours montrer du doigt les journalistes. Je ne dis pas ça par corporatisme mais franchement, c’est d’une banalité… J’aimerais vous y voir, vraiment. D’autant que comme c’est dit plus haut, Sarkozy va à Strasbourg justement pour que les journalistes le suivent. 500, vous plaisantez.

  • Finalement cette journée du 30 novembre est une bonne idée : cela confirmera ou infirmera la tendance politique de tous les gazettiers français suivant qu’ils auront ou non suivi la consigne.

    Ensuite, à chacun de nous de faire une journée – ou un mois ou plus -sans acheter les journaux en question, au titre de non information ( donc de non intérêt ) et de non professionnalisme.

  • J’aurais presque envie que les médias suivent cette consigne ! Ca montrerait que si on lui interdit les critiques sur Sarkozy, la gauche n’a plus rien à dire. Si c’est le prix à payer pour que la gauche se réveille, redevienne une force de proposition et cesse de jouer à l’éléphant de mer échoué, et bien… soit !

  • Effectivement, préciser « sociologue », ça crédibilise. Moi, du coup, je suis historien philosophe. Ca en jette davantage ?

    A mon avis, il est inutile de s’offusquer de ce genre d’initiative… je suis même pour le prendre avec le sourire : mieux vaut une journée sans Sarko qu’une journée avec Ségo !!!

    😉

  • Hahaha! Sociologue à l’INRA! Déjà, là, on sent l’erreur.

    Personnellement, comme un brave con, je pensais qu’à l’Institut national de la recherche agronomique, il y avait essentiellement des agronomes. Des ingénieurs. Des spécialistes des plantes et des animaux. Des types chargés de faire pousser le blé sans pesticides, de faire grossir les veaux plus rapidement, d’inventer des tomates qui ont du goût. Des vrais scientifiques, quoi. Quelle erreur!

    Un Institut national de quoi que ce soit sans une tripotée de sociologues, en France, c’est comme un repas sans fromage, une SNCF sans grèves, une journée sans Sarkozy.

    Dans la sous-planque où marne le camarade Bitoun, on trouve des économistes, des ethnologues, des historiens, des politologues (pour expliquer aux paysans comment attirer les subventions?), et bien entendu les indispensables sociologues produits à jet continu par notre merveilleux système universitaire, sans lesquels un pays moderne comme la France ne saurait se maintenir aux premiers rangs de l’économie, de la science et de la culture mondiales.

    On y trouve aussi des types qui ont un DESS en jeux de mots, notamment au sein de l’équipe PAMPA (paysanneries, marchés, politiques alimentaires).

    Bien noter le s à paysanneries: quand il y en a plusieurs, ça veut dire qu’on est de gauche.

    Les mêmes semblent avoir sévi à l’équipe ITEM (identités, territoires, environnement, multifonctionnalité).

    Multifonctionnalité.

    Heureusement que la France a des chercheurs en multifonctionnalité.

    Je viens d’avoir au téléphone le ministre chinois de la recherche et le secrétaire d’Etat indien au développement industriel: je peux vous dire qu’ils chient dans leur froc. Ils sont sérieusement préoccupés.

    Dans cette fine équipe, il y a un chercheur en identité des urbains « agriculteurs ou jardiniers ». C’est pas moi qui ai mis les guillemets. C’est eux, au cas où vous auriez pas remarqué qu’ils se foutent de votre gueule avec votre pognon.

    Il y en a un autre qui se spécialise dans les rhétoriques de l’animalité et la gestion du sauvage intrus.

    Un chercheur en réthorique. En liberté. A l’Institut national de la recherche agronomique. Et qui peut vous parler toute la soirée de la gestion du sauvage intrus, si ça amuse les dames.

    Quant au monsieur qui trouve qu’on parle trop de Sarkozy (et pas assez de lui, je suppose — mais il risque de le regretter), il est chargé de l’histoire et de l’analyse de la littérature rurale française du XX° siècle. En tant que sociologue. A l’Institut national de la recherche agronomique.

    Ah! Il a aussi profité de vos impôts pour écrire quelques savants traités d’agronomie intitulés « Enquête sur le train de vie de l’Etat et des élus », « Voyage au pays de la démocratie moribonde », « Les cumulards » et « La confiscation de l’argent, du pouvoir et de la parole ».

    C’est vrai qu’il est aux premières loges pour analyser les mécanismes suivant lesquels la caste des fonctionnaires détourne la démocratie, gaspille les fonds publics et monopolise le discours dans ce pays.

    Ah! mais pardon, boulette, boulette!…

    Son best-seller absolu s’appelle « Eloge des fonctionnaires ».

    Je me disais aussi.

    Et pendant que l’Institut national de la recherche agronomique s’occupe de littérature, de réthorique, de l’identité des agriculteurs qui n’en sont pas et de la gestion du sauvage intrus, José Bové et ses potes font des pieds et des mains pour saboter la recherche sur les OGM en France. Avec quelque succès.

    Y’a vraiment pas besoin de débaucher la moitié du parti socialiste et de constituer douze commissions afin de savoir pourquoi ce pays s’enfonce dans la merde.

    http://www.ivry.inra.fr/mona/index.html

    http://www.ivry.inra.fr/mona/cv-chercheurs/CV-bitoun.html

  • Koz, vous allez donc m’expliquer l’intérêt d’aller à Strasbourg faire une réunion d’équipe ???? Moi, l’intérêt m’échappe … mais vous avez des fulgurances que je n’ai pas.

  • @Bob

    [quote comment= »44854″] On y trouve aussi des types qui ont un DESS en jeux de mots, notamment au sein de l’équipe PAMPA (paysanneries, marchés, politiques alimentaires). Les mêmes semblent avoir sévi à l’équipe ITEM (identités, territoires, environnement, multifonctionnalité). Dans cette fine équipe, il y a un chercheur en identité des urbains « agriculteurs ou jardiniers ». Il y en a un autre qui se spécialise dans les rhétoriques de l’animalité et la gestion du sauvage intrus Je viens d’avoir au téléphone le ministre chinois de la recherche et le secrétaire d’Etat indien au développement industriel: je peux vous dire qu’ils chient dans leur froc. Ils sont sérieusement préoccupés.[/quote]

    Eh ben ma vache, comme dirait Koz, fallait pas énerver Bob !

    On vote quand la création d’une enquête parlementaire sur ce merdier ? Là, on peut pas dire qu’on ne savait pas, hein !

    La gestion du sauvage intrus ! Mais yen a qui ont été condamnés pour moins que ça pour emplois fictifs !

    Et on nous parle de déficits publics ! Mais qui exactement les creuse ?

    Le type qui gère les sauvages intrus, ou les urbains jardinniers (j’en ai déduit, la racaille qui fait pousser du canabis en lieu et place de la pelouse de sa cité), il aurait même droit au régimes spéciaux du fait de la prise de risque tout au long de sa vie professionnelle, si je m’appelais Thibaut !

    En attendant, si les ministres chinois et indiens chient dans leur froc, moi j’ai failli me pisser dessus en lisant ton commentaire.

  • @Robert,

    Ce qui est particulièrement attristant dans cette histoire, c’est que quand on parle d’augmenter les budgets de la recherche et de l’innovation, les bons cons que nous sommes applaudissons des deux mains ces investissements dans l’avenir de nos enfants.

    On n’imagine pas un instant qu’il s’agit de payer quelques milliers de Pierre Bitoun de plus à publier leur littérature politique aux frais de la collectivité.

  • C’est sûr, il est tout à fait normal de voir Notre Président plusieurs fois, tous les jours sans exception, dans les journaux télévisés. Tout est normal. C’est juste parce que lui, au moins, agit. Mais bien sûr. Vive Notre Président.

  • @ Marchenoir et Libéral : Le principe même de la recherche scientifique, c’est que cela ne sert à rien tant qu’on n’a pas trouvé d’applications. Dans le cas de ce brave monsieur Bitoun dont vous critiquez la « mauvaise graisse » sans même avoir ouvert un de ses bouquins universitaire (je vous accorde que moi non plus), il me semble qu’il y a quelques tensions dans les campagnes et dans le monde paysan, peut-être que comprendre sa sociologie permettrait d’analyser et de prévenir certains événements malheureux. Accordons-lui le bénéfice du doute avant de crier haro sur le baudet. De même, ce monsieur semble étudier l’histoire des campagnes française, du roman traitant du monde rural, de l’exode rural, que des choses sans doute totalement inintéressantes.

    Quelques remarques pour finir : – La recherche est un monde très particulier. Tant que Bitoun fait son boulot correctement – ce qui me semble vrai au vu de ses publications sur le monde rural – qu’il fasse ce qu’il veut de son temps. Je connais des chercheurs en Maths qui travaillent 2 h par jour et font de la guitare le reste de la journée; cela ne les empêche pas de produire de la recherche de qualité et d’être reconnus internationalement. On ne produit pas des connaissances comme on produit des chaises – des scientifiques engagés politiquement, il y en a partout et c’est très bien. En France, on a des gens comme Jacques Testart (encore un incompétent probablement vu qu’il a soutenu Bové aux présidentielles). Aux US, il y a des gens comme Chomsky, preuve que cela n’a rien à voir avec le pays et le statut professionnel. Au demeurant, quel que soit le pays, quand on est titularisé, on fait ce qu’on veut car tout le monde (sauf certains en France apparemment) a compris l’intérêt et l’efficacité d’une recherche libre. – l’un des gros problèmes en France, c’est qu’on croit qu’un type qui fait des études approfondies en sociologie est incapable d’apprendre quoi que ce soit d’autre. Du coup, les thèses sont très peu reconnues, il est très difficile de réussir avec un parcours universitaire atypique, etc, etc… Vos commentaires respectifs me confirment qu’on n’est pas sorti de l’auberge

    Mais rassurons-nous : la réforme de la recherche va sûrement résoudre tous nos problèmes.

  • Sans être sociologue, juste en habitant la campagne, je peux dire que le malaise des agriculteurs est plus dû au fait qu’on leur demande d’être des ingénieurs, des gestionnaires et des laborantins alors qu’ils voudraient faire pousser du blé et élever un troupeau. Et qu’il leur reste de l’argent en fin de mois. Au moins de quoi vivre.

    Des gens comme Bitoun, on en voit passer de temps en temps, ça fait marrer tout le monde, il découvre qu’à la campagne, il y a de la boue et ils y perdent souvent leurs petites chaussures de ville.

  • @ Delphine : vous me rassurez, étudier des statistiques, faire des corrélations, cela ne sert à rien, ce ne sont que des distractions de crânes d’oeuf gauchistes financées par le contribuable. Le bon sens, en sociologie comme en économie, y a que ça de vrai. Pour finir, personnellement je trouve bien plus effarant ce mépris et cette méconnaissance de la recherche qui suinte dans certains commentaires que cette histoire de Bitoun (et de son initiative somme toute discutable).

  • [quote comment= »44941″]@ Marchenoir et Libéral : Le principe même de la recherche scientifique, c’est que cela ne sert à rien tant qu’on n’a pas trouvé d’applications.[/quote]

    En dehors du fait que cette remarque est fausse parce qu’elle ne s’applique qu’à la recherche scientifique fondamentale, dans le domaine du sauvage intrus et la rhétorique de l’animalité, il faudrait vite constituer une équipe de chercheurs pour nous trouver une application pratique, parce que je sens qu’il nous faudra quelques années avant d’en discerner l’utilité urgente.

    Le problème c’est que face à toute remarque emprunte de simple bon sens – contre toute saine objection lorsque l’on est confronté à l’absurde – contre toute observation d’une évidence, il y a toujours quelqu’un de très docte qui vous sort un raisonnement alambiqué le plus souvent sur la base de particularités d’exception pour vous démontrer qu’il ne faut surtout rien changer, ne pas voir, ne pas mettre son nez dans les petites affaires des autres.

    Je connais des chercheurs en recherche fondamentale en maths qui bosse comme des malades, presque 16 H par jour. J’en connais aussi qui ont passé 7 ans d’étude sur une protéine qui n’existait que dans leur imagination, et ce non pas à cause d’une erreur de manipulation, mais bel et bien grâce à des rapports informatiques sciemment falsifiés. Et j’en connais qui ont travaillé des années sur des cas similaires en s’asseyant sur leur doute et en travaillant consciencieusement sur des résultats qu’ils savaient faux de peur de se faire saquer. Et j’en connais enfin, reconnus internationalement, qui une fois mis à jour, sont tout bonnement passés à autre chose en évitant toute forme de sanction.

    Cela n’a rien à voir avec la recherche libre (outre le fait que je ne m’extasie pas devant Chomsky et certaines de ses positions sont d’une bétise crasse), mais d’un problème de gestion des fonds publics. Il doit bien y avoir quand même une ligne à tracer quelque part entre les tomates et la rhétorique de l’animalité à l’INRA, non ? Vive la recherche libre, folle, créatrice, fondamentale parce que c’est de cette recherche que les applications sont issues faut-il le rappeler. Mais tout est question de quota, d’équilibre, de bon sens. L’industrie a besoin d’applications. L’environnement et entre autre le monde de l’agriculture a diablement besoin d’applications, ici et maintenant.

    N’oublions pas que c’est au nom de la liberté que certaines « recherches » sont effectuées par des historiens dont je tairai les noms pour ne pas atteindre le fameux point critique. Suivez mon regard en direction de Chomsky.

    Il y a quelques millénaires, des prêtres qui détenaient certaines connaissances astronomiques, se faisaient payer par la population ignorante du phénomène pour faire réapparaître le soleil pendant une éclipse.

    Je crains que le monde de la science, par son hyper spécialisation (en identité des urbains “agriculteurs ou jardiniers”, par exemple), par le mystère qu’elle entretient sur ses activités, par l’autorité auto-attribuée qu’elle impose aux profanes, par la revendication de faire absolument « ce qu’elle veut une fois titularisée » ne se comporte parfois (je soulligne parfois) comme ces prêtres des obscures religions des temps farouches.

    Et puis, pour en revenir à ce M. Bitoun, son initiative même, accueillit comme il se doit par les gens de tous bords ici, montre qu’il doit certainement avoir quelques lacunes dans son cursus visant à analyser et mieux comprendre les interactions humaines… sauf que si j’ai bien compris, il n’agit ici qu’en simple citoyen, pas en sociologue et ça ramène l’initiative à 100 types perdus au fin fond de la France dont tout le monde devrait se contrefoutre…

    A priori, ce M. Bitoun n’a pas plus de compétences politiques que nimporte qui intervenant sur ce blog, et probablement moins, puisqu’il fait l’unanimité sur le fait qu’il s’agit d’une grosse connerie… mais j’dis ça, j’dis rien.

  • @ eponymus : mon problème à moi, c’est qu’à chaque fois qu’un chercheur prend une initiative en tant que citoyen, il y a toujours des gens totalement incompétents dans son domaine pour juger de sa qualité de scientifique, dire qu’ il ne fait que des choses inutiles. Je trouve cela malhonnête : on a le droit de ne pas être d’accord avec les opinions de quelqu’un, mais je ne touve pas cela normal de l’attaquer sur son travail. S’ensuivent ensuite des arguments comme quoi on n’a pas le droit de donner son avis quand on travaille dans le public et est payé par le contribuable. On peut parler par exemple de Piketty qui s’était violemment fait souffler dans les bronches sur certains blogs plutôt à droite. Je trouve cela absurde : au nom de quoi, quand on est scientifique, n’aurait-on pas le droit de donner son analyse, surtout si elle est basée sur ses connaissances scientifiques (pour Piketty particulièrement) ? Si je comprends bien, on accuse Bitoun de faire en fait de la politique en prétendant faire de la sociologie : étant donné que personne ici n’a lu ses livres, étant donné que sur sa liste de publis, un pamphlet politique compte autant qu’un livre de véritable sociologie, étant donné qu’il a quand même écrit de gros pavés sur la ruralité, je trouve les reproches qu’on lui fait un peu de mauvaise foi.

    Par rapport au fait qu’il soit à l’INRA, d’abord, comme le disait Koz plus haut, l’agronomie englobe les sciences sociales. Donc a priori, pas de problèmes si on juge cela intéressant. Et de toutes façons cela n’a aucune importance : il serait au CNRS, il ferait la même choses; Bitoun n’est pas responsable des doublons du système . On a aussi le droit de juger que la sociologie est inutile. Je ne suis pas d’accord; je trouve très bien qu’il y ait des gens comme M. Bitoun pour écrire des livres sur l’histoire des campagnes en particulier. Je trouve étonnant que sur le blog de Koz’ illustré d’une splendide vache et si attaché aux valeurs que je qualifierais de « traditionnelles », on ne se réjouisse pas de l’existence de scientifiques se penchant sur la ruralité en tant que phénomène social.

    Maintenant au delà des attaques contre Bitoun, si on veut parler plus sérieusement de l’organisation de la recherche, il faut être un peu honnête et identifier les vrais problèmes. Si c’est un problème d’argent, les salaires des quelques chercheurs sociologues ne coûtent quasiment rien en comparaison des investissements en infrastructure. On peut par exemple parler d’ITER, pompe à fric monstrueuse et critiquée par de très grands physiciens français (http://www.lps.ens.fr/~balibar/ITER.pdf). Pour l’aspect humain, on peut parler aussi des gros problèmes de débouchés et de recrutements pour les scientifiques, qui s’expatrient massivement (comme moi) parce qu’on est incapable d’avoir une politique de prospective et de recrutement sérieuse. Bitoun n’est pas responsable de cette situation, les responsables sont les politiques.Si vous voulez attaquer quelqu’un, attaquez notamment les gouvernements qui ont coupé les fonds et les postes sans évaluer sérieusement ni réorganiser (voir par exemple la courbe édifiante pour les gouvernements de droite en bas du billet ici publiée dans Nature, cet infâme journal trotskiste). Attaquez notamment la réforme de la recherche actuelle qui ne va probablement pas améliorer les choses, bien au contraire : réforme de « cuards » comme disait Olivier Postel-Vinay qu’on ne peut soupçonner de sympathie socialiste…

    Enfin, moi je suis totalement partisan du rapprochement entre la science et les citoyens, et je trouve qu’on manque cruellement de ponts entre les deux. Mais si les scientifiques sont un peu dans leur tour d’ivoire, ils ne risquent pas d’en sortir si, par défaut, ils sont considérés comme de la « mauvaise graisse » entretenue par l’argent des contribuables. D’où mon petit énervement.

  • [quote comment= »44951″]@ Delphine : vous me rassurez, étudier des statistiques, faire des corrélations, cela ne sert à rien, ce ne sont que des distractions de crânes d’oeuf gauchistes financées par le contribuable. Le bon sens, en sociologie comme en économie, y a que ça de vrai.[/quote]

    Oui, comme la demie-mesure, l’absence de toute exagération…

    Pourquoi dire que je rejette la sociologie sous prétexte que je témoigne de l’incompétence de quelques uns ? C’est tout l’un ou tout l’autre ?

    Au fait, pourriez-vous me dire quelle est la valeur d’études qui ne prennent pas en compte les intempéries dans le métier d’un agriculteur ? Ou celles qui aboutissent à voter des lois pour donner des clapiers aux poules, sous prétexte d’humanité et qui aboutissent à ce que les volatiles s’entretuent ?

    Mais pour vous visiblement, critiquer une institution telle que l’Inra ressemble à du fascisme primaire. Dans deux minutes, vous me direz que j’exige un autodafé de toutes leurs publications…

    On se demande de quel coté est le mépris et la méconnaissance…

  • [quote comment= »44809″] Pour le reste (i) lorsqu’il expliquait, en 2006, que « si l’on pouvait, auparavant agir puis expliquer, désormais la communication doit précéder l’action« , je pense qu’il a raison. On peut le regretter mais le boulot d’un politique, ce n’est pas d’agir dans le monde tel qu’il souhaiterait qu’il soit mais dans le monde tel qu’il est (ii) cela tranche certes avec l’effacement précautionneux des précédents présidents qui prenaient soin de ne pas trop apparaître pour s’assurer de durer. Ce n’est pas une justification en soi, mais je lui fais au moins le crédit de ce changement. [/quote]

    Une nouvelle déclinaison du fameux « There Is No Alternative » cher aux libéraux ? On peut trouver ça bien ou le regretter mais TINA : désormais le monde est comme ça et pas autrement donc adaptez-vous bandes d’archaïques.

    Je dois avoir des hallucinations alors parce qu’ayant vécu il y a peu dans un grand pays européen de l’autre côté du Rhin, j’ai assisté de très près à la campagne électorale et aux premiers mois de gouvernement d’une fille de l’est. Vraiment il m’avait semblé que son style différait radicalement de ce que produise actuellement au Vénézuéla ou en France les logiques convergentes du régime présidentiel, de la société du spectacle, de la personnalité preopre du Chef et de sa stratégie d’occupation de l’agenda médiatique.

    Et étrangement la cheffe de gouvernement du pays en question ne paye pas le lourd tribut que l’on aurait pu attendre pour sa non-observation du TINA le plus élémentaire. Au contraire : la société n’est pas ultrapolarisée comme sous Sarkozy ou Chavez, sa côte de popularité est assez incroyable après près de 2 ans au pouvoir, des performances économiques à faire bien des jaloux, …

  • Merci, Luc. Je reproduis le passage (courte citation, hein, c’est pas le billet entier), parce qu’effectivemment, nous voilà sur la même longueur d’ondes, et que cela répond aussi à quelques questions posées plus haut.

    « Boycott. J’avais lu d’un œil distrait cet appel d’une association inconnue ou méconnue pour un boycott de Nicolas Sarkozy par les médias, un jour donné, je crois le 30 novembre. Je n’y avais accordé aucune attention jusqu’au coup de fil de hier après-midi. Un journaliste d’un service média d’un important organe de presse préparant un article sur le sujet m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai répondu ceci, que je restitue ici peut-être plus complètement que ce ne sera le cas dans un éventuel article. Le côté potache de la proposition peut amuser, et après tout que l’esprit public conserve un côté canaille n’est pas inutile dans le débat public. Pour autant, la proposition est grotesque. Un boycott de l’actualité est une idée saugrenue, anti professionnelle. Je n’imaginais pas qu’un tel appel puisse être pris au sérieux. Mais visiblement, la décision de faire une enquête sur le sujet dément ce sentiment. Par ailleurs, cette proposition est malsaine. Elle présuppose que Nicolas Sarkozy s’impose aux médias, qu’il impose son rythme et sa manière de voir, de faire, de décider, de communiquer. Rien n’est plus faux. Les journaux et les journalistes sont libres du contenu de leur média. Si Nicolas Sarkozy se démultiplie artificiellement, il lassera. S’il intéresse aujourd’hui, c’est parce que ses initiatives ont une certaine force et une certaine pertinence dans l’animation du débat. Par ailleurs, j’ai passé personnellement, et je l’ai dit au journaliste enquêteur, une campagne électorale d’une très grande sérénité. Personne, dans aucun camp, ne m’a demandé, suggéré ou imposé quoique ce soit. Et depuis le début du quinquennat, je n’ai pas l’impression que la démocratie chiraquienne, qui succédait au nirvana mitterrandien, se soit effacée derrière la dictature sournoise du sarkozysme dominant. C’est une des facettes du mal français. Nous faire peur avec des ombres chinoises et nous raconter un monde peuplé de grands méchants loups. Pour le 30 novembre, j’ai pris une décision: je parlerai de Nicolas Sarkozy. Même s’il ne fait rien, ne dit rien, ne pense rien. Dit comme ça, c’est vrai, je ne risque pas grand chose. « 
  • Ah ce cher Aphatie, son côté « derniers des mohicans » ne manque jamais de m’émouvoir : s’il n’en restera qu’un à croire dur comme fer que tout va bien dans le système médiatique, ce sera lui !

    « Les journalistes sont libres d’écrire ce qu’ils veulent », et donc « rien n’est plus faux » que « le présupposé [selon lequel Sarkozy] impose [aux médias] son rythme et sa manière de voir, de faire, de décider, de communiquer ». Formidable ! Imparable ! Gramscy et Noam Chomsky peuvent aller se rhabiller.

    Et ce n’est pas tout dans le domaine des évidences édifiantes que nous assène avec subtilité mon homonyme. « Si Sarkozy est trop présent, il lassera ». Formidable ! Imparable ! Circulez y’a rien à voir. Si éventuellement il y a un déséquilibre aujourd’hui, la main invislbe réparera cela dans l’avenir. Ne vous avisez pas à vous rappeler que ça fait 5 ans que ça dure, qu’entre 2002 et 2006 Sarkozy a fait près de 1500 apparitions télévisuelles tout compris (interviews, JT, magazines, débats… toutes chaines confondues). Ne vous avisez pas d’évoquer le cas Paris Hilton, créature médiatique hors sol qui est célèbre et passe tout le temps dans les médias parce qu’elle est célèbre parce qu’elle passe tout le temps dans les médias. Non non, ce serait suggérer que la machine médiatique est tout à fait capable de tourner à vide. Et Jean-Michel Aphatie le prendrait comme une attaque en règle de l’honnêteté des journalistes, or lui est honnête ergo il n’y a pas de problème.

  • [quote comment= »45087″] Et étrangement la cheffe de gouvernement du pays en question ne paye pas le lourd tribut que l’on aurait pu attendre pour sa non-observation du TINA le plus élémentaire.[/quote] Vous parlez du pays où il y a eu un large consensus droite-gauche pour passer l’âge de la retraite à 65 ans? J’ignore pourquoi vous choisissez de parler du syndrome TINA, mais quand on voit le PS se déchirer sur une question aussi évidente que l’alignement des régimes spéciaux de retraite, on se dit que si la France est plus fortement polarisée que l’Allemagne, c’est peut être plus à cause de la gauche que de la droite.

  • [quote comment= »44876″] J’ai failli me pisser dessus en lisant ton commentaire.[/quote] Merci Eponymus. C’était fait pour. Cela dit, je suis très énervé. Grrr…

    Dire qu’on a juste découvert ça par hasard grâce à Koz. En soulevant une frite. Que ce n’est, évidemment, que la partie émergée de l’iceberg. Qu’il y a, très certainement, plein de postes totalement inutiles du même genre cachés un peu partout. Et que pendant ce temps, comme dit Libéral, on pleure sur le budget insuffisant de la recherche… C’est véritablement insupportable!

    Mais ce qui est encore plus insupportable, c’est la prétention de ces gens-là à nous faire la leçon. Encore, ils resteraient dans leur coin à sucer nos impôts inutilement, mais en faisant profil bas, en la bouclant, en prenant bien garde de se faire remarquer: on pourrait se dire, ce sont des escrocs, ils profitent scandaleusement du fruit du travail de leurs concitoyens, mais ils ont conservé un semblant de honte, de décence.

    Pas du tout!

    Il faut qu’ils se vantent! Qu’ils revendiquent leur supériorité morale! Qu’ils fassent leur propre « éloge » à nos frais, par voie d’édition! Qu’ils fustigent, du haut de leur chaire de gaspilleurs émérites, le gaspillage présumé des autres!

    Et ce qui me navre encore plus, ce sont les réactions automatiques en pareil cas, ici comme ailleurs, de gens en apparence cultivés, probablement fonctionnaires eux aussi, qui nous serinent l’éternelle chanson du chercheur qui doit chercher sans contrainte (variante: l’artiste qui doit pouvoir mener ses recherches — tout en étant subventionné par l’assurance-chômage, évidemment), de la discipline à laquelle nous autres béotiens ne comprenons rien, de ce que fait ce monsieur Bitru qui est quand même « intéressant », la preuve: il a publié des livres, etc.

    Ben voyons.

    Bref: vous n’y connaissez rien, bouclez-la, et payez-nous à faire ce que nous jugeons bon (ou à ne rien faire), sans que nous ayons le moindre compte à rendre à qui que ce soit.

    On a fait une révolution en 1789 pour moins que ça.

    C’est à ces gens-là de faire la preuve de leur utilité pour la société, pas aux citoyens qui les payent.

    Quant à ceux qui pensent qu’il est normal de trouver un sociologue à l’INRA, parce que l’agronomie comprendrait les sciences sociales, je dis: non. Ce n’est pas parce que c’est marqué dans Wikipédia que c’est vrai. Ce n’est pas parce que, peut-être, sans doute, les institutions officielles de l’agronomie, l’enseignement de l’agronomie aurait dérivé aujourd’hui vers ce n’importe quoi absolu, qu’il faudrait l’accepter.

    S’il est justifié que l’Etat finance la recherche agronomique, c’est dans l’unique mesure où celle-ci permettrait d’améliorer l’alimentation et la santé des populations.

    Ceux qui pensent avoir des choses passionnantes, nouvelles et fondamentales à écrire sur la réthorique de l’animalité doivent le faire à leurs frais, en soumettant leurs travaux à l’appréciation des populations qui achèteront, ou non, leurs livres.

    Ou, à l’extrême rigueur, pour un petit nombre d’entre eux, réellement savants, réellement esprits supérieurs, payés par l’Etat, dans une faculté de littérature ou de philosophie, où la pertinence de leurs travaux pourra être contrôlée par leurs pairs — et où ils pourront être mis à la porte s’ils se foutent un peu trop du monde, comme le titre de certaines de leurs recherches semble l’indiquer –, et non dans un institut d’ingénieurs et de scientifiques « durs » voué à l’amélioration de l’alimentation des populations.

    Et je vais vous dire: le plus inquiétant, c’est qu’il soit nécessaire de discuter une seule seconde sur ce genre d’évidences.

  • [quote comment= »45002″]Si vous voulez attaquer quelqu’un, attaquez notamment les gouvernements qui ont coupé les fonds et les postes sans évaluer sérieusement ni réorganiser (voir par exemple la courbe édifiante pour les gouvernements de droite en bas du billet ici publiée dans Nature, cet infâme journal trotskiste). Attaquez notamment la réforme de la recherche actuelle qui ne va probablement pas améliorer les choses, bien au contraire : réforme de « cuards » comme disait Olivier Postel-Vinay qu’on ne peut soupçonner de sympathie socialiste…

    Enfin, moi je suis totalement partisan du rapprochement entre la science et les citoyens, et je trouve qu’on manque cruellement de ponts entre les deux. Mais si les scientifiques sont un peu dans leur tour d’ivoire, ils ne risquent pas d’en sortir si, par défaut, ils sont considérés comme de la « mauvaise graisse » entretenue par l’argent des contribuables. D’où mon petit énervement.[/quote]

    Que sous Chirac, le financement de la recherche publique ait diminué, je suis bien d’accord pour qualifier cela de honteux. Je suis aussi bien d’accord avec Olivier Postel-Vinay pour dire que la réforme des universités aurait pu aller plus loin, j’espère d’ailleurs que le gouvernement reviendra dessus, il reste quatre bonnes années pour cela. Mais en disant cela, j’ai l’impression de dévier du thème du billet, et je ne suis pas sûr que cela soit sage.

    Mais pendant que j’y suis, je réponds à la dernière remarque : les scientifiques ne sont pas considérés par défaut comme de la mauvaise graisse. Après, tout notre débat porte sur un sociologue, et on aura bien du mal à me convaincre que la sociologie soit une science. C’est un domaine d’études intéressant, mais le propre des sciences sociales c’est justement qu’elles ne sont scientifiques. Et je ne crois pas que cela soit attaquer les sociologues que de dire cela. Surtout, le vrai problème ici, c’est que M. Bitoun recense ses publications militantes sur sa page de chercheur en sociologie. C’est, je trouve, plutôt gênant.

    [quote comment= »45104″]Ah ce cher Aphatie, son côté « derniers des mohicans » ne manque jamais de m’émouvoir : s’il n’en restera qu’un à croire dur comme fer que tout va bien dans le système médiatique, ce sera lui ! [/quote]

    C’est toujours la même chose avec les reproches faits au système médiatique comme quoi ils seraient orientés ou manipulés : on trouve beaucoup de gens pour faire ces reproches, or, visiblement, l’espèce de propagande qu’ils dénoncent ne marche pas sur eux. Ce qui montre alors – soit que la propagande ne fonctionne pas, et dans ce cas je trouve qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. – soit qu’elle fonctionne, mais que sur les autres, et que ceux qui la dénonce leurs sont supérieurs. J’aimerais bien savoir laquelle de ces deux possibilités est la bonne, dans l’esprit des dénonciateurs.

  • Jean-Michel,

    je me permets de te rappeler que j’ai signalé un billet du blogue de Jean-Michel Aphatie, ton commentaire serait peut-être plus judicieux là bas qu’ici, et, si je ne m’abuse, je ne l’y ai point vu. Il serait peut-être une bonne idée que de l’y copier ?

    Sinon, je me permets de penser qu’il est plus au fait du métier de journaliste politique que nous, et tends donc à lui faire confiance.

    Enfin, il en dit pas que Nicolas Sarkozy n’est jamais dans les medias, il dit que ce n’est jamais uniquement justifié par un diktat du pouvoir. Quand à savoir si cela a un réel intérêt à tes yeux, c’est une autre question. Les journalistes sont libres de faire tourner la machine à vide pour Paris Hilton, ils sont libres. C’est là le propos de Jean-Michel (Aphatie) par rapport au tien, si je comprends bien les différents propos.

    Luc

  • @ Tom

    « c’est qu’à chaque fois qu’un chercheur prend une initiative en tant que citoyen (…) »

    C’est bien là le problème. Il serait peut être temps d’appeler les choses par leur nom.

    En l’occurrence nous avons à faire à un hype. Les anglo-saxons dans le domaine du marketing et des relations publiques ont des mots pour décrire ces méthodes :

    « Hype » en est un. Ca consiste à faire mousser quelque chose artificiellement. Et dans le « faire mousser » ça peut consister pour une société à acheter en douce ses propres produits pour montrer à quel point sa production bénéficie d’un immense attrait populaire.

    « PR gimmick » en est un autre. Il s’agit de concocter un « truc », un système pour attirer l’attention dans le domaine des relations publiques, autrement dit de la presse. S’attacher aux grilles du Congrès, ou envoyer un zodiac contre un tanker sont de bons exemples. Le Pen qui se promène sans trop de gardes du corps sur la dalle d’Argenteuil, un autre. C’est toujours du vent et ça ne va pas bouleverser l’équilibre du monde, mais ça peut réveiller un journaliste de sa sieste.

    « Caper » enfin, dans ce domaine, est la même chose mais est un peu plus péjoratif parce que cela implique une propagande plus subtile dont l’intention évidente est camouflée. La façon d’utiliser la « démocratie participative » par Royal comme il lui fut conseillé par des spécialistes des relations publiques à l’américaine, est un très bon exemple.

    L’opération de M. Bitoun tient à un peu des trois. Mais pour qu’une opération comme celle-ci ait une chance de passer il faut des pros de la communication, des attachés de presse, des contacts, un carnet d’adresses bien remplis, des relations, des caisses de résonance, une organisation, beaucoup de travail. Sinon, dans notre monde surinformé aujourd’hui, il n’y a aucune chance que l’initiative citoyenne franchisse la barre de l’édito des « Dernières Nouvelles du Canton d’Aubusson ».

    Exit, monsieur Bitoun, le scientifique qui a une opinion politique. Bonjour l’organisation qui est derrière. Adieu la naïveté. Bonjour la dure réalité de la propagande politique. Au revoir l’initiative citoyenne. Bonjour la manipulation.

    Ce pauvre monsieur est un simple militant dont l’utilité se résume à pouvoir afficher un statut de scientifique (compétant ou pas) afin de crédibiliser cette opération. Juste ce simple fait indique que l’initiative n’est pas citoyenne, supposément spontanée et individuelle. La deuxième est le nombre de « membres fondateurs ».

    Le gros avantage de ce type d’intervention, c’est l’occultation du débat. Un débat c’est une idée soumise à des détracteurs ou à des gens qui peuvent la nourrir, l’amplifier, la valider ou l’invalider en partie. C’est de poser la question : est-ce que Sarko a raison de communiquer comme il le fait ?

    Mais là, pas de débat. Le package est fini, bien délimité par ses bords. Il repose sur le concept que « si un tel mouvement populaire s’est créé, mené par un scientifique, et qui va jusqu’à proposer une telle initiative, c’est forcément que Sarko a tort ». Ensuite on se contente de suivre qui obéira au mot d’ordre ou pas. Plus de débat, plus d’interrogations sur le fond. Aucune chance de voir son idée invalidée. C’est la magie du marketing moderne en action. Ca inscrit une idée quelque part, sans passer par la raison.

    L’initiative en elle-même est stupide, va à l’encontre des buts annoncés, mais c’est pas grave. On en parle, elle est publiée, relayée. Et l’idée que l’on voit « Sarko partout » est amplifiée, répétée presque à l’infini.

    L’autre avantage, c’est que les organisations politiques ne peuvent pas officiellement être à l’origine de telles opérations car elles seraient immédiatement dénoncées comme étant malhonnêtes, manipulatoires et anti-démocratiques. C’est pourquoi les « initiatives populaires animées par un scientifique » sont donc très pratiques.

    Je ne crache même pas sur ces techniques mais il faut savoir qu’elles existent et être capable de les reconnaître pour ce qu’elles sont lorsqu’elles sont utilisées. Elles peuvent même être mises en oeuvre à bon escient – je pense à Hulot par exemple, soutenu par une communauté organisée de vrais scientifiques qui a fait plus pour l’environnement en quelques semaines que l’agitation d’un Mamère dans les 15 dernières années.

    Par contre certains « capers » reposent sur des mensonges, sur une pensée étroite et amnésique, sur la privation du débat. Et là, il est encore plus important de les identifier.

    Ce que Bob a trouvé sous une frite est une parenthèse (oh combien importante, mais une parenthèse) dans cette histoire. Le « scientifique libre » n’est là que pour la galerie.

  • à Xerbias

    [quote comment= »45125″]C’est toujours la même chose avec les reproches faits au système médiatique comme quoi ils seraient orientés ou manipulés : on trouve beaucoup de gens pour faire ces reproches, or, visiblement, l’espèce de propagande qu’ils dénoncent ne marche pas sur eux. Ce qui montre alors – soit que la propagande ne fonctionne pas, et dans ce cas je trouve qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. – soit qu’elle fonctionne, mais que sur les autres, et que ceux qui la dénonce leurs sont supérieurs. J’aimerais bien savoir laquelle de ces deux possibilités est la bonne, dans l’esprit des dénonciateurs.[/quote]

    Ce n’est pas de la propagande, c’est bien plus subtil que cela, c’est de la fabrique du consentement. Et pourquoi diable voulez-vous que celle-ci ne puisse fonctionner qu’à 100.00% ou pas du tout, ne laissant d’alternative aux analystes critiques de ce phénomène que l’alternative de se situer pompeusement hors de l’humanité qu’ils étudient ou d’être des « thérociens du complot » ?

    En démocratie, 50% des voix + une suffisent.

  • @ Robert Marchenoir : – si je suis scientifique, je ne suis pas fonctionnaire, je ne travaille même pas en France, mais dans un labo américain où l’on estime que les gens « inutiles » tels que moi ont malgré tout un intérêt . La « rupture », ce serait bien de la faire aussi sur ce plan-là, en particulier pour faire confiance aux jeunes chercheurs et pour ne pas avoir peur d’investir un peu dans des directions « inutiles »- au début en tous cas. – les livres de Bitoun, avant de les juger inintéressants, lisons-les au moins. Jugeons ses travaux sur pièces,ne les disqualifions pas d’emblée sur un titre ou au nom de gesticulations médiatiques. Certes ce n’est pas très malin d’aligner sur son site ses pamphlets et ses publications scientifiques, mais en attendant, ces dernières existent. – sinon je note qu’il n’y a pas consensus sur l’intérêt de financer la sociologie dans ce fil. Heureusement pour lui que Bitoun écrit quelques pamphlets qui doivent bien se vendre auprès des « gauchistes » ! Plus généralement, vous souhaitez financer uniquement sur les deniers publics ce qui est « utile », mais l’art et la science ne sont-ils intéressants que lorsqu’ils sont utiles et rentables pour la société ? De toutes façons, rassurez-vous : compte-tenu de l’état des sciences humaines en France, elles vont bientôt mourir de leur belle mort, faute de combattants. Au fait, un des domaines où le leadership des universités étrangères est les plus fort comparé à la France, c’est justement dans celles-ci; en sciences dures, on ne s’en sort pas si mal. Dommage pour nous que les classements internationaux ne se contentent pas de prendre en compte la belle et vraie science dure et appliquée. – sinon, la recherche, quel que soit le domaine, ce n’est pas quelques esprits supérieurs réfléchissant pour les autres. La recherche, c’est un système massif, dynamique, avec beaucoup d’interactions et aussi beaucoup de petites mains. Que ce soit en sociologie, en philosophie ou en sciences dures.

    @ eponymus : encore une fois, je n’en ai rien à faire de la nature de l’initiative même, que je trouve naze (mais comme dirait un commentateur dans ce blog, je trouve les gens bien chatouilleux). Je suis peut-être parano ou chatouilleux dans l’autre sens, mais ce qui ne me plaît pas, c’est que j’estime que dans le billet comme dans les commentaires, on s’en sert pour mettre dans le même sac les opinions de Bitoun, ses travaux, l’INRA, la sociologie, les chercheurs et la fonction publique. Après, vous estimez qu’il « utilise » à mauvais escient sa qualité de scientifique pour faire du bruit; c’est possible, mais qu’on lui reproche alors cette utilisation, pas sa qualité.

  • [quote comment= »45173″]@ Robert Marchenoir : Si je suis scientifique, je ne suis pas fonctionnaire, je ne travaille même pas en France, mais dans un labo américain où l’on estime que les gens « inutiles » tels que moi ont malgré tout un intérêt . [/quote] 1) Par qui votre labo est-il financé? Par le contribuable américain? 2) Je ne suis naturellement pas pour tirer un trait sur tous les chercheurs « inutiles ». Je dis simplement que le degré d’utilité, de pertinence, de compétence des chercheurs « inutiles » peut et doit être évalué, et qu’on ne peut se contenter de les faire financer à l’aveugle par le contribuable. 3) Je ne suis pas contre la sociologie. Je suis contre les pseudo-sociologues financés en masse par l’Etat. 4) Qui est l’équivalent d’un Raymond Aron aujourd’hui, en France?

  • Je ne suis pas arrivée à suivre le déroulement des commentaires. Je ne vois pas le rapport entre la bipolarisation de la France ( genre Chavez ! ) et la non bipolarisation de l’Allemagne avec le mot d’ordre de M. Bitoun.

    C’est bien dur pour moi de constater combien je vieillis…

    Je pense ( néanmoins ) que le statut de sociologue a été choisi pour marquer les esprits. Un sociologue ça étudie la société. Donc si un sociologue dit que Sarkosy passe trop dans les médias et en fait trop, par extension, la société – qu’il sait étudier car c’est son métier – pense que Sarkosy en fait trop et qu’il faut arrêter cela. Donc, se dit le peuple de base, si je ne pense pas cela, c’est que je ne pense pas comme la société, dont pourtant je fais partie. Suis je minoritaire, ou plutôt suis je idiot puisque le sociologue a dit que ?…

    Voilà où se trouve la manipulation des esprits.

    Que l’on retrouve d’ailleurs de plus en plus avec de plus en plus d’articles dénonçant les actions du gouvernement : vent, frénésie, saupoudrage de réformettes ( ou au contraire :  » réformes trop rigides appliquées de façon dictatoriale ). Un peu comme si il était recherché un moyen d’en finir avec un « état de grâce » qui aurait du s’écrouler au bout de 90 jours – selon une étude statistique surement étudiée par un sociologue chevronné 😉

    Comme le rapporte Delphine Dumont,  » J’aurais presque envie que les médias suivent cette consigne ! Ca montrerait que si on lui interdit les critiques sur Sarkozy, la gauche n’a plus rien à dire. » Encore que certains députés ont indiqué aujourd’hui dans « opinions et débats » du figaro ce qu’eux auraient fait en 100 jours ( sans chiffrer cela va de soi )

    Enfin, en ce qui concerne les sociologues l’INRA, et leurs rapports sur la ruralité, je me demande s’ils ont étudié le traumatisme d’un producteur de lait qui a été obligé de jeter dans le fossé l’excédent de sa production -qu’il donnait à une colonie de vacances du secours populaire ou autre assoc de ce genre, je ne me souviens plus -à côté de la dite colonie qui n’avait pas de moyens ( les quotas laitiers ont changé depuis ) …Le mal au coeur des producteurs de pommes qui doivent détruire leurs excédents au lieu de le donner aux maisons de retraite du coin ( ça c’est moins vieux ) …S’ils ont étudié l’impact de l’obligation de carreler jusqu’au plafond les lieux où ils fabriquent leur fromage, en normalisant les qualités du lait … ( ça ne me gêne pas, je n’aime pas ça, mais il semblerait que la qualité gustative – qui est aussi peu scientifique que la sociologie – soit inversement proportionnelle à la qualité bactériologique ) …S’ils ont étudié l’impact de la destruction de troupeaux au prétexte de fièvre aphteuse et l’interdiction de vacciner ( parce qu’on ne peut plus savoir si la bestiole a été immunisée normalement ou par le vaccin, ce qui est amusant puisqu’elle est immunisée en bout de course ).

    Alors là, peut être que l’impact serait intéressant en agriculture. Néanmoins, je ne vois pas le rapport avec Nicolas Sarkosy.

    Pour répondre à Tom Roud : si les chercheurs scientifiques français vont aux USA, c’est qu’ils y trouvent matériel, salaires motivants et reconnaissance. Ils ne sont effectivement pas fonctionnaires. Donc aucun rapport avec M. Bitoun, à moins que vous considériez la sociologie comme une science, et l’INRA comme une boite privée ? Il existe des sociologues aux USA, mais sont ils payés par l’état américain, c’est-à-dire avec les deniers du peuple américain ? Quel est l’intérêt des boites privées qui financent ces sociologues, autres que commerciales – dérive vers du marketing – ? En cela la sociologie peut être rentable. Mais je doute que les dites boîtes privées adoreraient voir leur employé utiliser le temps de travail de leur salarié à écrire des pamphlets gauchistes… Et je ne vois pas dans le billet de Koz de remarques négatives sur les chercheurs scientifiques, simplement il remarque qu’un sociologue, écrivant des articles aux titres sans rapport particulier avec l’agriculture pour certains, s’appuie sur le fait qu’il travaille à l’INRA pour donner une dimension importante à son idée de manifestation !

  • @ Robert : 1) mon cas personnel n’est pas très intéressant. Je suis l’un de ces milliers de post-doc recrutés dans des labos, payés sur les grants NIH de leur patron de post-doc. 2) et 3) les chercheurs sont évalués par le peer-review, puis par leur nombre de publis et de citations. Ces indicateurs sont critiquables, mais ont le mérite d’exister et de permettre de faire les choses un peu rationnellement. Avant de crier au gaspi pour financer des pseudo-sociologues, regardons ces critères, c’est tout ce que je dis. 4) aucune idée. Bourdieu est mort récemment, j’imagine que le renouvellement des générations prend du temps, surtout qu’on est en train de les dégoûter des lettres.

    @ Tara : la référence aux US, c’était pour parler de moi, vu que je m’y suis expatrié. Sinon, je sais surtout qu’en plus de trouver matériels, salaires et reconnaissance, il y a d’abord et avant tout des postes dans des domaines qui montent qui n’existent pas en quantité suffisante en France. Ah sinon pour les chercheurs locaux en sciences humaines gauchistes, rassurez-vous, les universités américaines ont exactement les mêmes, qui organisent des manifs contre la guerre en Irak ou contre la politique de Bush sur les campus et sur les deniers du contribuable comme vous dites. Le truc, c’est que tant qu’ils publient assez et font leurs cours, on s’en fout de ce qu’ils pensent et font de leur journée. C’est sûrement ce qu’on appelle une société libérale. Soit dit en passant, ils détestent tout autant Bush que Sarkozy.

  • [quote comment= »45251″]@ Robert : 1) mon cas personnel n’est pas très intéressant. Je suis l’un de ces milliers de post-doc recrutés dans des labos, payés sur les grants NIH de leur patron de post-doc. [/quote] Je ne voulais pas être indiscret. Je n’épiloguerai donc pas sur ces grants NIH auxquels j’avoue n’entraver que couic. Je voulais, comme vous l’avez sûrement compris, souligner que la recherche et les universités, aux Etats-Unis, sont beaucoup plus financées par le privé qu’en France.

    A contrario, cela justifie la vigilance citoyenne en France à cet égard (rigolo, hein, d’utiliser cette expression d’un point de vue « de droite »?).

    Pour les gauchistes américains: ils existent, je sais. Parfois ils sont même plus fous furieux que les nôtres. Surtout à l’université.

  • @ Robert : NIH, comme institut privé, il y a beaucoup mieux, vu que c’est une agence de fonds fédérale – un peu comme l’Agence Nationale de la Rercherche française. Et puis, les fonds privés dans la recherche en biologie sont plutôt issus d’organisation caritatives que d’entreprises (même si bien sûr cela existe).

  • [quote comment= »45144″]Et pourquoi diable voulez-vous que celle-ci ne puisse fonctionner qu’à 100.00% ou pas du tout, ne laissant d’alternative aux analystes critiques de ce phénomène que l’alternative de se situer pompeusement hors de l’humanité qu’ils étudient ou d’être des « thérociens du complot » ?[/quote] Ce qui me gêne surtout, c’est de croire que ceux qui lisent, écoutent ou regardent les médias ne puissent pas faire leur propre analyse critique des informations qu’ils reçoivent.

  • [quote comment= »45360″]Les fonds privés dans la recherche en biologie sont plutôt issus d’organisation caritatives que d’entreprises.[/quote] Ce qui est beaucoup plus « solidaire » que la prétendue « solidarité citoyenne » que tiennent à nous imposer les gauchistes et les étatistes français.

    Ca veut dire que ceux qui financent sont généreux avec leur popre argent. Dans le modèle français, la solidarité consiste à être généreux avec l’argent des autres.

    L’énorme différence, c’est que si les chercheurs ne cherchent pas, ou se foutent de la gueule du monde avec des recherches bidons telles que celles que je citais, une organisation caritative arrêtera de donner. Ou ne donnera pas.

    Ce qui ne se produit pas avec la machine étatique française, noyautée par ceux qui s’en nourrissent. Ceux qui décident des subventions et ceux qui en bénéficient appartiennent à la même caste. Les goguenots fonctionnaristes français sont verrouillés de l’intérieur.

  • Pourquoi le 30 novembre d’ailleurs ? La veille tout le monde aura parlé de Chirac ; serait-ce pour tester la théorie de l’accumulation ?

  • @ Robert :

    Votre commentaire est assez intéressant pour plusieurs raisons : – d’abord, la situation en France a récemment changé avec justement le création de l’ANR. Maintenant, on finance beaucoup plus sur projets. Cela n’est pas sans poser des problèmes de pistons notamment; sans compter que les chercheurs cherchent beaucoup moins car ils passent beaucoup plus de temps à rédiger des propositions de projets. Comme il y a moins d’étudiants en France, automatiquement, la quantité de recherche va s’en ressentir. D’un point de vue de la pure efficacité économique, on peut se poser quelques questions; d’ailleurs les Etats-Unis eux-mêmes se rendent compte actuellement que ce système de grants a de gros défauts (il y a justement un article de Nature là-dessus cette semaine, en gros, c’est devenu tellement exigeant que les chercheurs ne font plus que ça car ils sont obligés de multiplier les demandes). Et, n’oublions pas que même aux US, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui la plupart du temps sont chargés de répartir les dons, d’où des problèmes de népotisme et mandarinat. – ensuite, ce n’est pas parce que cela vient d’organisation caritative qu’on est plus efficace et solidaire. Le financement « à l’émotion » pose problème. Aux US, tout le monde donne pour le cancer, mais du coup il n’y a pas d’argent pour le reste. Craig Mello, prix Nobel l’an dernier pour ses recherches sur les anti-ARN, s’en plaignait. Un sport national ici est de détourner l’argent du cancer pour sa propre recherche (voir par exemple ce billet). Je connais par exemple quelqu’un qui fait de la bioinformatique sur la segmentation de la drosophile financé par une bourse pour lutter contre le cancer du sein.Autre problème : la nouvelle mode est au don orienté, du genre « je donne pour la recherche, mais je ne veux pas qu’on utiliser mon argent pour la recherche sur les cellules souches ». Le Memorial Sloane Kettering à New York, institut de recherche contre le cancer, est en train de construire une deuxième tour en verre à Manhattan. Dans la première, il est interdit de faire de la recherche sur les cellules souches car elle est construite sur le terrain d’une ancienne Eglise et que les religieux lui ont interdit par contrat (voir mon billet sur le sujet). Moi, ça me pose problèmes.

  • Une petite question, les amis :

    Vous en avez pas, vous-mêmes, un tout petit peu marre de la voir partout ?

    Parce que cette initiative rigolote (d’ailleurs, c’est d’autant plus rigolo de voir à quel point certains prennent ça au sérieux) vient d’un constat sociologique assez simple… Beaucoup de français – et notamment une partie de ses électeurs – ne peuvent déja plus le voir ni en peinture, ni en photo, ni en mouvement, ni en short, ni à un enterrement… ? Déja deux fois que je rêve de sa trogne ! Vous vous rendez compte ? Faudrait que ça s’arrête, j’vous assure. Peut plus quoi, saturé…

    Ceci dit, le 30 novembre, s’il nous fait un discours où il nous dit la vérité – comme il la pense – sur la « femme de l’est », je souhaite qu’il soit retransmis en boucle ! (Vas-y Angela ! Renvoie lui à la tête sa croissance toute pourrie, ses cadeaux fiscaux et ses grands moulinets !) « L’homme africain » t’applaudira.

  • Tom Roud: il y a certainement des défauts au système américain, comme à tous les systèmes. Mais j’ai cru comprendre que vous étiez français, et que vous êtes parti faire de la recherche aux Etats-Unis. On vous a mis une mitraillette dans le dos?

    Donc il est tout à fait légitime de discuter les points positifs et les points négatifs de tous les pays du monde, mais ce qui m’agace un peu dans de fréquents raisonnements français, c’est le gna-gna-gna. Autrement dit, le coupage de cheveux en quatre et le cherchage de poux dans la tête des autres (qu’on trouve toujours, bien entendu), pour en conclure que la France est le paradis sur terre et qu’il ne faut surtout rien changer (sauf: plus de moyens, plus de socialisme, moins de libéralisme et moins de Sarkozy, comme d’hab’).

    Ce qui m’intéresse, c’est la Big picture, pour reprendre le nom d’un blog.

    Et la situation, elle est claire: de la France et des Etats-Unis, quel est le pays qui est devant l’autre en matière de recherche scientifique? d’innovation technologique? de croissance? de culture? (Oui, de culture: regardez le nombre de musées, leurs moyens, le nombre d’orchestres de musique classique, etc: vous savez, tous ces trucs « inutiles », qui ne servent pas en priorité à faire du pognon.) Dans quelles universités les étudiants et les chercheurs du monde entier rêvent-ils d’aller en priorité?

    La réponse ne fait aucun doute: ce n’est pas chez nous. Il faudrait peut-être se demander pourquoi.

  • @ Robert : merci de votre réponse. Bon, on a bien dévié du sujet; si vous voulez savoir pourquoi je suis parti et mes critiques sur le système français, je vous invite sur mon blog, tags « Recherche ». Le système US domine pour des tas de raisons : l’une d’elles est qu’ils investissent collectivement beaucoup plus que nous dans la recherche… Sinon les jeunes chercheurs se font un peu jeter dehors (pour s’aguerrir qu’ils disent), le problème, c’est qu’il est plus facile ensuite de faire sa vie sur place que de revenir repasser des concours pour rentrer au CNRS (où il faut chance et appuis politiques, en plus du seul talent scientifique).

  • Tom,

    On sait qu’il est très difficile d’évaluer la recherche. Il n’y a pas d’outil de mesure fiable et objectif. Les Anglo-Saxons ont mis en place un système composite à base de « peer review », publications et ultimement une part importante de financement privé qui place une saine pression pour des résultats exploitables.

    Fonctionnariser la recherche comme nous l’avons fait en France est une erreur car cela fait disparaître cette pression. Et le résultat est que notre recherche sombre dans le mandarinat et que le critère d’évaluation devient le nombre de connections politiques.

    Vous avez raison de souligner qu’il est possible que les recherches de Pierre Bitoun aient de la valeur, mais personne ne peut le savoir. Du coup votre raisonnement s’appliquerait de la même façon à des jediologues qui étudieraient l’influence d’une exposition répétée à la 2e trilogie Star Wars sur la vie culturelle des lapins.

    Alors oui, les demandes de subventions prennent du temps et de l’énergie, mais le bénéfice excède le coût. Je vais établir un parallèle avec l’économie de marché. On peut considérer que les dépenses de ventes et de marketing des entreprises sont un gâchis, elles n’apportent rien au produit directement et servent principalement à tirer la couverture à soi dans un jeu à somme nulle. Du coup, on pourrait préférer un modèle d’économie administrée où il n’y aurait qu’un seul producteur de chaussures, un seul producteur de vêtements etc… qui n’auraient pas besoin d’engager de telles dépenses et seraient donc plus efficaces. Mais ça ne se passe pas comme ça. Le fait est que quand on n’a pas besoin de convaincre pour vendre, on ne fait plus d’effort pour innover, améliorer la qualité, réduire les coûts… Surtout, on ne se demande pas ce qu’il serait utile de produire, ce que les clients demandent. Je pense que vous saisissez l’analogie.

    Alors oui les US, et notamment leurs entreprises privées, consacrent plus de ressources à la Recherche mais à qui la faute? Les entreprises françaises sont elles pingres et myopes ou sont ce les scientifiques français qui rechignent à collaborer avec le privé? Il n’y a pas de réponse absolue à cette question, mais à la lecture de la liste de ses publications, j’ai du mal à imaginer Pierre Bitoun sollicitant un financement auprès de L’Oréal et leur vantant les bénéficies qu’ils pourraient retirer de sa recherche.

  • @ Liberal : Je m’étais promis de ne pas revenir, mais bon.. Ce que vous me dites ne me semble pas correspondre à la réalité. Cela me rappelle le débat au moment de l’autonomie des universités, où plein de blogueurs spécialistes en tout nous expliquaient benoîtement que ça allait changer car les universités pourraient désormais recruter localement. Le problème, c’est que c’était déjà le cas : tous les maîtres de conf sont auditionnés et classés par la commission de spécialistes locale.

    L’équation chercheur=fonctionnaire=pas d’évaluation est de plus fausse. Arrêtez avec cette obsession du fonctionnariat comme source de tous nos maux, cela occulte les vrais problèmes ! Tous les quatre ans, les labos sont évalués. Certains labos sont même fermés (je me souviens par exemple qu’à l’Ecole Normale Supérieure dans le département de physique, un laboratoire sur la violation de la parité – en physique, pas en politique :P- avait été dissous il y a 3-4 ans). Vous me parlez du peer-review comme si les chercheurs français n’y étaient pas soumis : c’est totalement absurde, le peer-review est cosubstantiel de la recherche organisée, et a toujours existé sous une forme ou une autre car seuls des scientifiques sont à même d’évaluer d’autres scientifiques. Sur quels critères croyez-vous que nous sommes recrutés en France ? Sur quels critères pensez-vous qu’on passe Professeur ou directeur de recherche, qu’on passe sa thèse, son habilitation à diriger les recherches ? Evidemment qu’il y a des magouilles et de la basse politique en plein d’endroits, mais le critère majeur et déterminant reste aujourd’hui la reconnaissance scientifique, à tous les niveaux. Je reconnais qu’il y a quelques personnes qui glandent un peu au CNRS – en général recrutées à l’époque où on manquait de chercheur, i.e. plus de 30 ans – : et bien tant pis, ils sont restés CR2 toute leur vie et font du travail de post-doc, pendant qu’éventuellement un petit jeune plus talentueux est monté en grade, dirige son équipe et le labo. Des cas comme ça, on en voit déjà plein aujourd’hui en France.

    Après, c’est votre droit de croire que les mécanismes du marché sont la voie royale pour trouver des remèdes contre le cancer ou pour comprendre la fusion nucléaire, mais je ne pense pas que la place de la France va miraculeusement s’améliorer simplement en finançant les gens sur projet. Pour plusieurs raisons : d’abord, on n’a pas assez de monde dans le monde de la recherche en France aujourd’hui par rapport aux Américains notamment pour se permettre de perdre du temps dans trop de paperasse. Aux US, chaque chercheur permanent a une armée d’étudiants ou de post-doc à manager, ce qui lui permet de se charger uniquement de la direction scientifique et des demandes de financement. En France, un chercheur permanent fait la recherche « lui-même ». Il y a en proportion beaucoup moins d’étudiants et de post-doc, de « petites mains » quoi. Le temps dans la paperasse, c’est du temps de recherche nette de perdu pour les gens qui font leur boulot consciencieusement (et qui font la majorité des chercheurs, on est malgré tout la 5ième puissance scientifique mondiale, il faut quand même remettrre les choses dans leur contexte). Je ne parle même pas des maître de confs qui avec leur 192h d’enseignement par an et la rédaction des demandes ANR doivent probablement maintenant faire leur recherche la nuit.

    Ensuite, puisque vous aimez l’économie, les incitations « économiques » portent uniquement sur la production de publications. Cela marche : il n’y a jamais eu autant de publications, autant de revues. Par contre, la qualité n’a jamais été aussi mauvaise : les cas de fraude se multiplient (voir ici pour les cas … de la semaine dernière ), les gens recyclent leurs « bonnes » idées pendant 20 ans, saucissonnent leurs résultats, ne prennent en définitive aucun risque car il vaut mieux continuer dans ce qu’on connaît bien plutôt que de se lancer dans des domaines nouveaux, inconnus et potentiellement casse-gueule (ce qui devrait pourtant être l’incitation majeure dans la recherche). Marchenoir demandait plus haut qui était le Raymond Aron d’aujourd’hui : peut-être que son équivalent scientifique est en train de rédiger sa nième demande de grants sur un projet pas trop ambitieux mais sûr pour faire vivre son labo, plutôt que de se consacrer l’esprit serein à sa recherche.

    Vous me direz : mais alors cher ami, puisque le système américain est si mauvais, pourquoi ont-ils autant de succès ? Pour plusieurs raisons : par exemple parce que le système américain est beaucoup plus massif et dynamique que le nôtre. Il y a énormément d’universités, de petits centres de recherche, beaucoup plus que chez nous (je trouve) en proportion. Cela permet un brassage très important, du mouvement : vous pouvez commencer dans l’université de l’Arizona et terminer à Harvard, et réciproquement. Ensuite parce que l’interaction recherche-société est bien meilleure, au niveau de l’investissement en capitaux comme de l’investissement humain. Vous avez bien tapé sur la « cohorte » de sociologues en France, disant qu’ils sont inutiles; et bien selon moi, la différence majeure entre les US et la France, c’est que les recruteurs aux Etats-Unis pensent qu’un type qui a un phD quel que soit le domaine est a priori valable, car il a fait ses preuves en menant un travail personnel sur le long terme, et qu’il est donc capable de travailler correctement et efficacement dans une boîte. Du coup, les gens sont plus incités à passer un phD quand ils sont étudiants, les centres de recherche sont pleins de jeunes qui resteront dans l’academia ou au contraire partiront bosser dans des boîtes. Il n’y a pas cette défiance récirpoque entre le monde universitaire et le monde de l’entreprise qui existe en France où chacun a été sélectionné au départ et est dans sa toute petite niche, méprisant qui les « fonctionnaires » qui les « requins du privé » . Et puis, quand on commence et qu’on est recruté aux US, on a déjà un capital confiance, les diplômes ne comptent pas tant comme formation que comme validation d’une capacité d’apprendre; c’est pas comme en France où, sauf si vous êtes X, centralien ou assimilé, on vous demande de faire vos preuves d’abord avant de vous accorder quoi que ce soit. Ce que vous ne réalisez pas, c’est que l’incitation majeure à partir et à ne pas revenir en France, c’est précisément (pour moi en tous cas) cette espèce de défiance systématique envers les autres (des deux côtés), de pessimisme larvé, de volonté de tabula rasa « parce qu’on est nuls » que vous exprimez si bien dans vos commentaires. Identifions, renforçons, améliorons nos points forts (par exemple la vraie liberté de recherche en France), plutôt que de ne voir que le mauvais côté des choses et de jeter le bébé avec l’eau du bain.

  • [quote comment= »46234″] Je m’étais promis de ne pas revenir, mais bon… [/quote]

    @Tom

    Si si, il le fallait… post très très intéressant et informatif ! Ca fait vraiment avancer le sujet, c’est sérieusement lucide et ça correspond à bien des points que j’ai pu moi-même observer.

    Avouez que ça a un peu plus de fond et de substance que « à partir du moment où il est titularisé un chercher a le droit de faire ce qu’il veut » qui dit comme ça, fleurait un peu la défense corporative systématique.

  • [quote comment= »46234″] @ Liberal : L’incitation majeure à partir et à ne pas revenir en France, c’est précisément (pour moi en tous cas) cette espèce de défiance systématique envers les autres (des deux côtés), de pessimisme larvé, de volonté de tabula rasa « parce qu’on est nuls » que vous exprimez si bien dans vos commentaires. [/quote] Très juste.

    Outre les mécanismes objectifs, économiques et institutionnels, qu’il ne faut bien sûr pas sous-estimer, l’un des atouts principaux des Américains, c’est la confiance qu’ils s’accordent réciproquement et leur optimisme.

    Autrement dit, la psychologie des peuples joue un grand rôle, en plus des lois, des règles, etc.

    En revanche, je trouve contre-productif de mettre dans le même sac le « pessimisme larvé » et le « on est tous nuls ». Cela conduit à fustiger le « déclinisme », et l’invention même de ce terme est un mensonge.

    Je comprends très bien l’agacement face aux « déclinologues ». Le problème est: a) qu’ils ont raison, b) que face au mur de silence, de censure et de mensonge qui recouvre les faits réels en France, qui cache le mécanisme réel des institutions et de l’économie, il faut bien parler fort et souvent, répéter tant et plus les mêmes vérités, qui certes ne sont pas agréables à entendre, si l’on veut que les Français consentent, de leur propre chef, à les changer.

    Alors, certes, cela contribue à renforcer la défiance et le pessimisme nationaux, qui, en effet, sont un trait fort fâcheux et désagréable de la psychologie collective locale.

    Mais l’attitude inverse, massive et peut-être majoritaire, contre laquelle nous nous battons, nous autres « déclinologues », celle des laudateurs du MSF (*) que le monde entier nous envierait et dans lequel il conviendrait juste de verser davantage d’impôts, ne nous laisse guère le choix.

    Il y a aussi le choix de l’expatriation. Il faut dire qu’il est tentant.

    (*) Modèle social français.

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  • Il paraît que les « médias » lisent ton blog… En tout les cas, à mon avis, tu as au moins un lecteur: Jean-Michel Aphatie. L’intervention qu’il vient de faire dans le Grand Journal est formidable, et reprend en gros tes arguments (y compris la conclusion).

  • Apparemment, c’est déjà ce qu’il faisait sur son blog. J’en suis flatté, contrairement à beaucoup de ceux qui s’expriment à son sujet, c’est un interviewer que j’aime bien, régulièrement accusé par chacun d’être à la solde de celui d’en face, ce qui est un compliment rare.

  • Je confirme souvent la justessse de ses questions.. Apathie President 🙂

    Je n’avais pas eu echo de tout cela… Si la blogpshere de gauche s’en empare cela pourrait faire du bruit. A tes cotes, si cela se developpe je prendrai la releve, juste pour emmerde, j’aime bien arf arf…

    http://careagit.blogspot.com

  • malgré le ridicule de cette association et de sa proposition de boycott, Il n’en reste pas moins qu’il serait franchement temps que les médias se mettent à faire vraiment leur travail et arrête d’être à la remorque des déclarations permanentes de Sarkozy et des points presses de Martinon et Wauquiez. Au lieu de ça, les médias se vautrent avec délectation dans la politique spectacle où on passe son temps « à faire la météo » comme dit Alastair Campbell (ancien spin doctor de T.Blair, dont Sarko est un très bon élève) Messieurs, mesdames les journalistes, merci de retrouver votre sens critique ou arrétez le journalisme et fondez un fan-club de Sarko, au moins les choses seront clairs!!

  • Demain soir, Nicolas Sarkozy s’exprimera sur TF1 et France 2 sur les grèves, le pouvoir d’achat, les facs, les banlieues et le reste. Après demain, c’est le 30 novembre, et la presse est invitée à ne pas parler de ce ce qu’il va annoncer la veille ? Au moins, ce sera journée spéciale Nicolas Sarkozy sur ce blog !

  • Il est même intéressant de noter qu’absolument TOUTE la presse (dans le sens large) a titré sur Sarko aujourd’hui. C’est même pas que ça n’a pas fonctionné, c’est que le 30 novembre restera une des journée pendant laquelle on a parlé le plus de Sarko depuis les dernières semaines voire depuis les derniers mois (à propos de Bettancourt, à propos de la crise de Villiers, à propos des proposition sur le pouvoir d’achat, sur la questions des loyers indexés, sur la visite future en Algérie – liste non exhaustive). C’est beaucoup pour une journée Sans Sarkozy je trouve. Par contre bizarrement, même si son nom a été cité ici et là chez Koz aujourd’hui aucun des billets en cours ne traitait du Président. Bon, il n’est que 23:05 ceci dit, tout peut encore arriver.

  • Et malgré tout, droit dans ses bottes, Le Monde titre aujourd’hui :

    La journée sans Sarkozy dans les médias a permis « d’ouvrir le débat sur un quasi-culte de la personnalité »

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