Une certaine idée de la France

L’initiative est simple. Elle est, a priori, « légère ». Certainement pas sur le fond, mais sur la forme. Il ne s’agit pas d’engager une grande réforme structurelle. Nul projet de loi à voter. Tout au plus une circulaire ministérielle à adopter. Et pourtant, cette première initiative, lire une lettre, d’un français de leur âge, aux lycéens de France, peut être le prémice d’une réforme d’ampleur bien supérieure, non quantifiable et pourtant plus profonde, une « réforme » des mentalités.

Car il y a un sens profond à cette proposition, sens que j’avais effleuré, en commentaires, et que Jean-Pascal Picy m’a fait toucher du doigt. Il y a une vision de la France, une vision de l’Histoire, une rupture avec un relativisme ambiant véritablement dés-espérant. Nous ne sommes qu’à la toute jeune aube d’un quinquennat dont on ignore tout. Dans cette proposition, il y a peut-être le germe de grands changements.

C’est Jean-Pascal qui le souligne : François Mitterrand avait, au tout début de son mandat, choisi de s’incliner sur la tombe de Jean Moulin, choisi de s’incliner sur la tombe du résistant, de célébrer cette France, cette France résistante. Son successeur se montra plus discret, peut-être sensible lui-même à un certain relativisme, soucieux de réaliser l’union de la France, des français, mais peut-être par le bas…

J’ai eu l’occasion d’interroger le Général de Boissieu, gendre du Général De Gaulle, sur le choix de Jacques Chirac de reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs. Lui qui venait de dire qu’il ne pouvait voter que pour quelqu’un qui assurait l’héritage du gaullisme admettait, avec peine, que cette démarche était bien peu gaulliste, en opposition même avec la vision du Général De Gaulle.

Plus que le fait d’avoir reconnu officiellement cette responsabilité indéniable, on peut s’étonner du peu d’empressement mis par Jacques Chirac à saluer la mémoire des résistants. Non qu’il l’ignore, mais ils eurent droit au minimum nécessaire. Lui qui, pourtant, est censé avoir représenté le gaullisme en France ces dernières années.

Guy Môquet est mort en criant “Vive la France”. Puisque certains insistent, oui, citons aussi la lettre de Guido Brancadoro (mentionnée par Laurent) :

Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie “Vive la France”, les Allemands qui m’exécutent, et je crie “Vive le peuple allemand et l’Allemagne de demain”

Il ne s’agit pas de transformer Guy Môquet en chantre du patriotisme, ou pire, d’un quelconque nationalisme. Ni lui, ni Guido Brancadoro, ni les vingt-six autres fusillés avec Guy Môquet, dont une majorité de communistes.

Mais notez-le : Guy Môquet a été arrêté par des policiers français, il a été passé à tabac par des policiers français, il a été livré par des français aux nazis. Il est face au peloton d’exécution. Qui, plus que lui, pouvait avoir toutes les raisons de refuser de la célébrer, cette France ?

Assez Gaullienne, comme vision, même intuitive, « instinctive« . Signe aussi que l’on ne résume pas des hommes à un unique pan de leurs convictions. Car il ne s’agit évidemment pas de prétendre que Guy Môquet était gaulliste (outre le fait que le gaullisme, si tant est qu’il ait existé un jour, n’existait nécessairement pas à l’époque). Il était communiste. Mais, en 40, en 41, c’est probablement ainsi que l’on raisonnait. On ne confondait pas La France avec les collaborationnistes. On ne confondait pas La France avec les policiers français qui participaient aux rafles.

Guy Môquet, et tant d’autres, sont morts aussi pour que La France, ce ne soit pas ça. Pour que La France conserve son honneur. Pour montrer que, si des français étaient capables de rafler des enfants juifs, La France produisait aussi des jeunes (et moins jeunes) comme lui. Face au peloton d’exécution, Guy Môquet, 17 ans, meurt en choisissant, malgré tout, de crier : « Vive la France« 

Et, aujourd’hui, comme dans un hier proche, on se refuse à penser – ne serait-ce que penser – « Vive la France », parce qu’il y a eu des collabos, des miliciens, des Bousquet, des Laval ? Dîtes, c’est pour cela qu’il est mort, Guy, avec toute la gravité dont sa lettre témoigne ? C’est pour cela que Charles De Gaulle et tant d’autres se sont battus, avec, au fond du coeur, la volonté de ne pas laisser la France s’abîmer dans la collaboration avec l’étranger et l’ignoble ? N’avez-vous pas le sentiment de trahir leur héritage ?

Aujourd’hui, comme dans un hier proche, on tend à se prévaloir d’une vision prétendument lucide de l’Histoire, une vision d’une rigueur – d’une froideur – scientifique qui, parce qu’il y eut des faces sombres, dénie le droit à toute fierté. Qui effacerait tous les « Vive la France« . Etonnante disposition d’esprit. Ce relativisme, cette propension à interdire de célébrer les faces lumineuses au nom des faces sombres, qui seraient politiquement de même « valeur » n’est-il pas profondément privateur d’espoir et stérilisant ? Qu’est-ce qui vous fait avancer, si l’on vous dénie le droit à la fierté ?

Car il y a l’Histoire et il y a la Politique, les historiens, les politiques. Que les historiens enseignent l’Histoire de France, toute l’Histoire de France, bien sûr. J’ai même des idées en réserve. Mais est-ce du rôle du politique de « célébrer » les faces sombres ? Les connaître, les enseigner, certes. Si, fidèle au dernier message de notre président Chirac, il faut, avant tout, préserver l’unité, est-ce dans la commémoration des erreurs tragiques du pays que l’homme politique y parviendra ? Je pense à mes enfants. N’y voyez pas de paternalisme mais, lorsque l’on éduque un enfant, on lui fournit des modèles, on cherche à exalter le meilleur en lui. C’est un choix que l’on fait, et que l’on fait en sachant pertinemment qu’il n’y a pas, en l’homme – en tout homme et donc en notre enfant aussi – que le beau et l’admirable. C’est pourtant ce choix que l’on fait, pour qu’il avance.

C’est peut-être aussi, avec Nicolas Sarkozy, le retour du choix, le retour du politique ?

Et à ceux qui s’étonnent et trouvent contradictoire que Nicolas Sarkozy ait ainsi mis en avant les des épisodes de nos guerres contre l’Allemagne, avant de s’envoler pour Berlin déclarer que « l’amitié franco-allemande » est sacrée, et tenter de relancer la construction européenne, je demande : n’est-ce pas aussi une façon de montrer d’où nous venons et pourquoi, précisément, aujourd’hui, cette amitié franco-allemande est exceptionnelle et notable, et la construction européenne, un chemin nécessaire ?

Initiative « simple« , indolore pour les finances de l’Etat, mais dont on mesurera peut-être bientôt les profondes conséquences. Oui, vraiment, voilà peut-être enfin le retour du politique.

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59 comments

  • Qu’ils avaient une certaine idée de la France, c’est clair et net, et cela mérite d’être enseigné, quoique pour certains résistants on se demande si ils se sont battus pour la France ou pour l’internationale prolétarienne.

    Mais dire, comme tu l’as fait chez Jean-Pascal, que la France, c’est la Résistance, c’est aller très vite en besogne…

  • Le politique a certainement un rôle d’entraînement. Mais je ne pense pas que cela interdise le quart d’heure de « repentance » (je préfère le mot de mémoire) si celui-ci permet à l’identité du pays de regarder son livre d’histoire, toute son histoire. C’est aussi cela le rôle d’un politique : désigner ce qui ne l’était pas. Pour éclairer ses compatriotes.

  • Quel excellent billet, qui inspire beaucoup de reflexions possibles!

    Parmi tous les aspects qu’il souligne, il m’a immediatement fait penser a la reaction instinctive que j’ai eu lorsque au lendemain du premier tout a la derniere election, j’entendais des amis ceder a la mode du jour et me dire, « ohlala, j’ai honte d’etre francais/francaise ». Sans que cela soit vraiment argumente ou raisonne, j’ai vigoureusement reagi a chaque fois. Non que je ne me sois pas desolee, moi aussi, de voir Le Pen au deuxieme tour, mais que cela m’aparaissait un peu comme une certaine lachete, une maniere de se dedouaner a bon compte. Comme si la France se resumait a ca, comme s’il etait tellement facile de declarer « ca ce n’est plus moi, desole, salut! ». Ca me rappelle aussi une phrase du discours de sarkozy hier qui disais, « jeunes, aimez la France car c’est le seul pays que vous ayez. » Une vision moins exaltee que d’autres, presque un argument negatif (pas le choix!) mais que j’ai interprete comme un signe d’humilite et de tolerance: on est dans le meme bateau, tout n’est pas parfait, mais c’est notre pays. Un peu comme une famille. Donc la seule solution c’est d’y mettre du sien et de tout faire pour que ca marche. Plutot que de se refugier sur son piedestale et de distribuer les bons et mauvais points.

  • Je n’ai pas l’impression de vivre dans le même pays que toi, Koz. Par exemple, tu sais qu’on apprend à nos enfants qu’on a gagné la guerre non, et que d’ailleurs c’est pour ça qu’on est au conseil de sécurité de l’ONU et qu’on a le droit d’avoir l’arme nucléaire alors que la Belgique par exemple non? Je te le rappelle parce que des fois on dirait que tu l’oublies.

    Et d’où tu sors que Chirac il était pas fier de notre pays et qu’il criait pas « Vive la France »? S’il te plaît? J’ai pas été fan de Chirac… he ben j’ai été fière de son action internationale depuis 95, y compris les essais de Mururoa, et de ce qu’il disait de la France à l’intérieur comme à l’extérieur.

    Bon et si un président de la république s’avise de réformer ma mentalité, je te le dis tout de suite : je vais hurler. Si jamais quelqu’un d’autre que moi me traite de mauvaise française, je hurle encore plus fort, et je me fais allemande.

    On dirait vraiment que vous pensez que c’est ce qu’il a de mieux à faire Nicolas Sarkozy, travailler sur notre fierté nationale. Moi qui commençais à me dire qu’il ferait peut-être du bon boulot…

  • Lisette, là ça devient un peu trop fouilli pour moi… Chirac, Mururoa, la mentalité de Lisette qui hurle qu’elle devient allemande, le tout saupoudré de la fierté nationale de Sarkozy qui n’est pas du bon boulot… pfiouuuuuu ! Peace and love, Lisette !

  • Je reprends tout ça tout doucement pour toi Damoclès:

    1. on a gagné la guerre, c’est ce qu’on apprend à nos enfants dans les livres d’histoire, et c’est ce que dit toute la communauté internationale en nous accordant un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Donc personne ne prétend que la France c’est que Doriot. Tout le monde dit que la France, la nation française, l’esprit, le coeur de notre pays, c’était la Résistance. D’où mon impression de pas vivre dans le même pays que vous, qui vivez manifestement entourés de gens perclus de culpabilité et désireux qu’on reconnaisse leurs hauts faits passés.

    2. Je suis fière de ce qu’a fait Chirac en diplomatie et à l’international, y compris les choses les plus contestées comme les essais de Mururoa. Il ne me semble pas que ce président-là ait cherché à nous humilier. J’ajoute que je suis super contente qu’on ait pas envoyé les hommes de ma famille se faire tuer en Irak au nom de la place que la France doit tenir dans le monde, voyez-vous. Je suis contente que Kouchner ait pas été au Quai d’Orsay à ce moment-là, ni sarko président. Ouh la la que je suis contente.

    3. Si quelqu’un veut « réformer ma mentalité » (premier paragraphe de Koz), je hurle. (et si qqn veut réformer la mentalité de mes enfants en leur serinant une lettre comme celle de Guy Môquet qui empêche tout raisonnement rationnel, parce que c’est une lettre qui prend aux tripes, je hurle aussi). Je sens qu’on va me traiter de mauvaise française, c’est qqch qui point régulièrement dans les commentaires ici : soit on aime Sarko, soit on est un mauvais français. Alors je préviens lol

    4. Les valeurs de Nicolas Sarkozy ne sont pas toujours les miennes. Alors j’ai du mal à trouver bien qu’il considère comme prioritaire de les rétablir, s’pas.

  • D’accord, je comprends mieux. Merci. Il ne me viendrait pas à l’idée de te traiter de « mauvaise française » juste parce que l’on n’a pas la même interprétation des actes ou propos des uns et des autres.

    Quant à la réforme des mentalités, il s’agit de changer certaines mentalités, en convainquant par la preuve, et non par un endoctrinement maoïste.

    Par exemple, le TSS est un endoctrinement… et la réduction de 50% des morts sur les routes était une réforme des mentalités par la preuve. 😉

  • Non Lisette, mais à vrai dire je ne vois aucun rapport à la culpabilité dans ce qu’a fait ou dit Sarkozy… Il s’agit d’affirmer des valeurs, tout simplement. C’est un peu comme redire à la France pourquoi il l’aime. Si j’osais l’impudeur d’une analogie amoureuse, je dirais qu’il a reformulé ses voeux de mariage avec la France. Pour ma part c’est comme ça que je l’entends.

  • LOL, suis pas mariée avec Sarko moi. Sa famille est déjà assez recomposée comme ça, j’ai pas les mêmes valeurs que lui… 🙂

    Si je parle de culpabilité, c’est parce que c’est comme ça que Koz, dans son billet, explique l’importance donnée à la lettre de Guy Môquet, et le souhait qu’elle soit lue à chaque rentrée dans les lycées. Guy Môquet pour expliquer que l’Etat français a porté une responsabilité dans la déportation des juifs mais pas la France. Heureusement que Sarko et Koz sont là, sinon j’aurais peut-être fini par croire que je suis dans un pays raciste, antisémite et criminel à tous points de vue. 😉

    Je ne vois pas où ceci est une priorité absolue de l’action présidentielle.

  • [quote comment= »22738″]Quant à la réforme des mentalités, il s’agit de changer certaines mentalités, en convainquant par la preuve, et non par un endoctrinement maoïste.[/quote] Oui, moi non plus je ne souhaite pas un endoctrinement des mentalités… et donc pas qu’on utilise comme moyen d’enseignement le bourrage de crâne avec UN SEUL texte à forte valeur émotionnelle… qui plus est en le déconnectant de toute réalité historique! (personne n’a pensé que la seconde guerre mondiale n’est pas forcément l’objet du premier cours de l’année de TOUTES les classes?) Cette lettre a évidemment toute sa place dans les manuels d’histoire au chapitre de la seconde guerre mondiale et parmi d’autres témoignages de cette époque, mais ce n’est pas ce qu’a annoncé le Président, il a bien dit qu’il voulait que cette lettre soit lue à chaque rentrée scolaire! J’espère simplement que cette proposition va considérablement évoluer avant mise en application.

  • Ce n’est pas pour me Môquet, mais « prémices » est féminin et s’utilise toujours au pluriel…

  • Tout à l’heure à la radio, les auditeurs parlent. Une vieille dame communiste mais pas assez âgée pour avoir vécu ces événements en citoyenne (67 ans… 4 ans en 44), s’insurge contre ce qu’elle considère comme une captation d’héritage. Oui, oui, Guy est à nous et d’ailleurs s’il vivait aujourd’hui, il serait contre Sarkozy. Il serait en « résistance » contre ce nouveau président. Amalgame superbe, bouillie intellectuelle qui pousse à mettre un président élu démocratiquement dans le même sac qu’un pouvoir raciste dictatorial qui s’est choisi tout seul… No comment. Peu après, sur un autre canal, je n’échappe pas à ce concept d’ouverture du micro à qui le désire. Cette fois, une institutrice intervient. Discours acide sur « l’habileté » de ce président qui se saisit de ce symbole. Un peu coincée sur les bords, la dame, mais son discours est sublime, absolument emblématique des postures des fonctionnaires qui choisissent, dans la loi, les bouts qui les arrangent et rejettent ceux qui leur déplaisent. Lire la lettre de Guy Môquet ? Ah ben non alors ! On nous oblige et nous on ne veut pas. Nous sommes libres de notre pédagogie. Ce n’est pas au Président de lui donner des injonctions, comment dire ? Idiotes. Je pense alors à l’habileté extrême de ce Nicolas qui casse les cadres, brouille les positions de tous ses opposants et qui avance résolument, réalisant ce que tous les autres nous ont promis de faire et n’ont jamais fait : ouverture aux autres partis, modération citoyenne, simplicité, clarté du discours. Il n’est à personne, peut être même pas à son géniteur, Guy Môquet. Il est à la France, à la belle France qui meurt pour la liberté. Le changement de ton est là. Loin de la repentance, loin de cette maladie mortelle qu’on nous distille depuis 20 ans. Celle qui veut qu’on haïsse notre Histoire, insistant lourdement sur le laid, l’inacceptable, l’odieux tout en s’étonnant que la jeunesse, notamment celle des cités, puisse rejeter ce pays qui les accueille et qu’ils n’arrivent pas à aimer. De ce point de vue, Guy Môquet est la face courageuse, positive de notre passé. L’exemple édifiant qu’il présente aux élèves de lycée, c’est celui de l’engagement, tout simplement ce truc bizarre mais pas mal efficace pour bouger les foules et unir les citoyens : l’honneur.

  • Mais Thierry tu les vois où la « maladie mortelle » et les ennemis de l’intérieur? l’ancien président? la vieille dame?

    Vous finissez par m’inquiéter les jeunes. Si les ennemis de l’intérieur c’est les vieilles dames communistes qui appellent à la radio pour dire qu’elles aiment pas Sarko, on va pas s’en sortir hein, c’est pas eux qui font la politique depuis 20 ans. Y’a 47% de gens qu’on pas voulu voter pour lui au second tour, et presque 70% au premier, alors s’il est le seul à défendre l’honneur et la fierté… on va pas s’en sortir.

    Ca m’étonnerait que Sarko soit d’accord avec vous, vous devriez arrêter de le soutenir.

    On ne vit pas dans le même pays. Moi on m’a toujours appris l’honneur. Et mon épicier né à Tunis il apprend à ses filles un excellent français, et elles me donnent des leçons d’éducation civique.

  • [quote comment= »22770″]non… rien.[/quote]

    🙂 Moi de même Sinon je me ferais gronder par Koz … donc je tourne 7 x mon texte tout prêt et reste les bras ballants sans l’envoyer 😉

  • « Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie “Vive la France.” C’est peut-être aussi ce que pense N.Sarkozy de la part des dirigeants socialistes qui avant, pendant et après la campagne n’ont eu, n’ont et n’auront de cesse de le diaboliser …

    De quel côté est la résistance aujourd’hui ? Peut-être justement du côté de ceux qui veulent transcender cette France dont la puissance, l’influence et l’autorité n’ont cessé de s’affaiblir en interne comme vis à vis du monde depuis De-Gaulle. Si belle et émouvante qu’était l’intervension de M.Villepin à l’ONU quelle résultat contre la guerre en Iraq ? Si nobles et si valeureuses sont les intentions affichées par les socialistes envers les « quartiers » et « jeunes issus de l’immigration » (entre guillemets car je n’aime ni l’une ni l’autre de ces expressions) qu’ont ils apporté comme amélioration pour eux en 15 ans de pouvoir depuis 1981 ?

    Oui je pense que le redressement de ce pays commence par changer l’estime et le don de soit que nous pouvons porter envers la France. Si la lecture du texte de Guy Môquet aux étudiants peut amorcer cela je suis pour. @Lisette et aux autres qui veulent réduire les intentions de N.Sarkozy à la simple lecture répétée de ce texte comme une doctrine dont on bourrerait le crâne de nos enfants : bien sûr que la lecture de ce texte doit ouvrir à lecture d’autres oeuvres et à des discussions entre élèves et enseignants … Il faudrait aussi que les enseignants arrêtent de prolonger ce hold-up fait par les communistes sur la Résistance. Ils en étaient mais n’étaient pas seuls. Voici ce qu’en dit Eric Brunet auteur du livre « Etre de droite, un tabou français » dans un chat sur le site de « l’internaute »: « J’ai toujours voté à droite mais franchement, le pétainisme, l’antisémitisme, le racisme lepéniste… je ne m’y reconnais pas du tout. Il n’y a pas que du bon à prendre à droite. Une petite autocritique n’est-elle pas nécessaire ? Hitler, Mussolini, Doriot, Déat, l’Anglais Mosley, tous ces fascistes viennent des rangs de la gauche, y compris Pétain qui était le seul maréchal de France républicain et estimé par la gauche. Je l’explique dans mon livre : près de 60 % des collabos français venaient des rangs de la gauche. Il y eut aussi, bien sûr, des collabos de droite. Mais les communistes qui ont rédigé les manuels d’histoire après 1945 ont singulièrement manqué de discernement. Malheureusement aujourd’hui, c’est toujours la bonne vieille absurdité qui prévaut pour les jeunes générations : résistant = homme de gauche/collabo = homme de droite. C’était il y a longtemps et pourtant je pense qu’il faut insister sur le fait que cette équation est une contre-vérité. »

  • Lisette [quote comment= »22737″] si qqn veut réformer la mentalité de mes enfants en leur serinant une lettre comme celle de Guy Môquet qui empêche tout raisonnement rationnel, parce que c’est une lettre qui prend aux tripes, je hurle aussi[/quote]

    Pour quelqu’un qui débat depuis deux jours avec forces arguments sur cette lettre, et ce avec pas mal de monde, je trouve que balayer ce texte sous prétexte qu’il empêche la réflexion, c’est fort de café 🙂 C’est même insultant pour lesdits lycéens, qui en passant ont, ça a été dit, le même âge que Guy Môquet. Laissez leur au moins la même rationalité et le même recule que celui dont notre cher Guy témoigne dans sa lettre.

    Comme dit Eolas chez embruns, c’est qu’une lettre de 300 mots, 3 minutes pour être lue dans les livres d’histoire, et potentiellement une réflexion rationnelle (ça prend pas plus au tripes qu’un autre document de guerre, qu’un journal de poilu où une photo d’Auschwitz). C’est juste un élément certainement pertinent, qui vaut peut-être le coup de faire partie des figures imposée de l’étude de la période au lycée.

    Le débat devient caricatural, on perd pied !

  • [quote comment= »22781″]La phrase de Guy Môquet « Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie ‘Vive la France’. »[/quote] Cette phrase n’est justement pas de Guy Môquet, et c’est bien ce qui provoque la moitié du débat ci-dessus.

  • Affirmer que les lycéens, qui ont, comme l’a rappelé Frigobus, l’âge de Guy Môquet – ce qui n’est certainement pas pour rien dans le choix de cette lettre – ne seraient pas capables d’en comprendre le sens, ou d’en raisonner l’émotion, ça me parait inexact et un peu orienté, comme critique.

    Affirmer que cette lettre serait dépourvue de contextualisation, c’est manquer de confiance dans les professeurs, et croire que des lycéens – qui ont étudié la Seconde Guerre Mondiale en classe de troisième et peuvent difficilement, entre 16 et 18 ans, en ignorer l’existence – sont bien ignorants.

    Affirmer que la seconde guerre mondiale n’est au programme que d’une année au lycée, c’est aussi oublier les « cours » d’Education Civique Juridique et Sociale – généralement animés de surcroît par les professeurs d’Histoire – qui me semblent particulièrement indiqués pour une telle lecture.

    Je crois que, malheureusement, la campagne n’est pas assez loin, et la campagne législative est encore en cours. L’aigreur contre Nicolas Sarkozy est encore bien présente et certains, moins à l’aise dans la présentation d’un projet, et soumis aux débuts fracassants de Nicolas Sarkozy, sont dans une critique pied à pied un peu vaine et qui, au demeurant, risque fort de leur être nuisible. Pendant que lui, affichage ou volonté avérée, ouvre son gouvernement, honore la mémoire d’un militant communiste, on lit des critiques dont l’amertume le dispute parfois au dérisoire.

    Je garde en tête la réaction de Marie-Georges Buffet, une fine politique, qui a approuvé la décision de Nicolas Sarkozy.

    En outre, bien sûr, la décision de Nicolas Sarkozy est pesée dans toutes ses composantes : ancrage dans l’Histoire, démonstration de ce qu’a pu être un passé si récent, de ce à quoi nous sommes arrivés en 60 ans, volonté de commémorer les pages lumineuses de notre Histoire… et dimension politicienne.

    Mais ne voir que la dimension politicienne expose à passer à côté du sens des gestes et, in fine, si l’on adopte cette attitude de façon générale, à côté du sens de l’Histoire.

    N’oubliez pas que Nicolas Sarkozy est Président de la République. Quelle que soit l’ambition, la volonté personnelle, qui l’y a mené, lorsqu’il a été investi, il a nécessairement ressenti le poids de la responsabilité, l’insertion dans l’Histoire. A charge pour lui d’être à la hauteur.

    Alors, je pense assez stérile de se braquer sur une réaction politicienne. Dans quelques années, cette campagne atone des législatives, personne ne s’en souviendra plus. Dans trois semaines, on votera déjà pour le premier tour… En revanche, les actes qu’il pose peuvent avoir du sens sur le long terme, voire même, dans le meilleur des cas, pour l’Histoire. Alors, je peux comprendre que le fracas de la campagne passée et le ronflement de la campagne présente empêchent d’entendre cela, mais c’est bien dommage.

  • Quel bon billet, Koz, intéressant et profond; je te rejoins assez sur l’amour de la France. Tout en reconnaissant la nécessité de regretter les erreurs de la France, j’éprouvais un certain malaise à entendre ceux qui clamaient leur honte d’appartenir à cette nation. Pourtant, cette honte je la retrouve aussi chez ceux qui ne veulent pas acepter la diversité des convictions et qui préfèrent prendre la poudre d’escampette sous prétexte qu’ailleurs c’est mieux. Mon pays c’est la France, et je l’aime tout entier, pour ses heures de gloire, comme pour ses erreurs que je regrette malgré tout, mais qui sont indissociablement liées à ses hauts faits; car après tout, quel pays peut se targuer d’un parcours sans faute: les Etats-Unis ( cf les indiens ou la discrimination raciale, la guerre d’Irak ), l’Europe, ou même ceux qui exigent de nous aujourd’hui une humilité qui confine à l’humiliation ( Afrique du Nord ) ?

    De nos succès soyons fiers car ils ont construits une communauté nationale forte et riche, de nos heures noires sachons tirer la leçon que cette communauté a besoin de notre vigilance, de notre esprit critique, et de notre courage. Oui nous avons mal fait, oui nous ne voulons plus permettre que cela recommence car « ensemble….  » nous pouvons et devons faire mieux, plus juste et plus grand, sans forfanterie, mais parce qu’il faut croire en l’homme.

    C’est la volonté de vivre ensemble qui nous manque, c’est comme cela que Renan définissait la nation.

  • [quote comment= »22731″]Je n’ai pas l’impression de vivre dans le même pays que toi, Koz. Par exemple, tu sais qu’on apprend à nos enfants qu’on a gagné la guerre non, et que d’ailleurs c’est pour ça qu’on est au conseil de sécurité de l’ONU et qu’on a le droit d’avoir l’arme nucléaire alors que la Belgique par exemple non? Je te le rappelle parce que des fois on dirait que tu l’oublies.[/quote]

    Euh, nous n’avons pas du avoir le même livre d’histoire en cours, Lisette !

    Pour ma part, j’ai AUSSI – et peut-être même SURTOUT – appris que la France (votre « on ») n’a pas gagné cette guerre TOUTE SEULE. Pire, j’ai appris que sans les autres pays, dont certains n’étaient pas en guerre, la France n’aurait gagné qu’une magistrale défaite dans l’humiliation la plus totale. Pendant que je vous tiens Lisette, j’ai aussi appris que la France était en marche pour la défaite avant même de combattre en 39-40. Et je ne vous ferais pas l’affront de préciser dans quelles conditions… Ah oui, j’ai aussi appris qu’avant la guerre, la dirigeance politique de l’époque n’avait pas vraiment senti l’ampleur du risque pourtant partout annoncé.

    Je crois, Lisette, que vous devriez réviser vos cours d’histoire avec minutie.

    Enfin, moi je verrai bien la lettre de Guy Môquet comme sujet du Bac. Comme épreuve de Français ? … Non; Comme épreuve d’Histoire ? … Non; Mais comme épreuve de Philosophie ! Oui;

    Mais pas avant deux ans, car il faudrait que cette épreuve soit d’abord proposée aux professeurs eux-mêmes, qu’ils aient le temps de l’assimiler …

  • [quote comment= »22792″]Mon pays c’est la France, et je l’aime tout entier, pour ses heures de gloire, comme pour ses erreurs que je regrette malgré tout, mais qui sont indissociablement liées à ses hauts faits.[/quote]

    Tout à fait d’accord… Mais pour cela, il faut accepter de les regarder en face, ces « erreurs » (« horreurs » parfois…), au lieu de les nier en sous-entendant que la France n’avait rien à se reprocher dans les horreurs du nazisme – comme s’il n’y avait pas eu d’État fasciste en France… comme si la Collaboration n’avait pas existé…

    (« Vichy est nul et non avenu », aurait dit De Gaulle à la Libération… Mais à l’époque, il y avait urgence à réconcilier la Nation avec elle-même, et à ranger la France dans le camp des vainqueurs… 60 ans plus tard, il semble malheureusement qu’on n’ait pas encore assez de recul pour regarder notre Histoire en face… Ne formerions-nous pas une Nation adulte et « décomplexée » ?…)

    Pour le reste… Que M. le Président de la République choisisse la lettre d’un jeune résistant lambda fusillé pour ses idées, pour illustrer son discours d’investiture, c’est une très bonne chose. Qu’il érige ce discours en modèle de vertu à imposer aux lycéens chaque année, c’est du pur gadget médiatique… Les enseignants n’ont pas attendu les injonctions présidentielles pour illustrer leurs cours avec des documents « poignants », dans le but de donner chair à ce qu’ils enseignent, et de contribuer à leur mission humaniste…

    Mais je ne me fais pas trop de soucis sur ce point : il ne s’agit ni plus ni moins que d’une nouvelle saillie médiatique dont N. Sarkozy a l’habitude (je pense qu’il en a beaucoup d’autres dans son sac…), qui n’aura aucun effet concret dans nos écoles…

  • [quote comment= »22795″] Mais je ne me fais pas trop de soucis sur ce point : il ne s’agit ni plus ni moins que d’une nouvelle saillie médiatique dont N. Sarkozy a l’habitude (je pense qu’il en a beaucoup d’autres dans son sac…), qui n’aura aucun effet concret dans nos écoles…[/quote]

    Et comment il devrait s’exprimer…???

    Pas employer les médias…???

    Pas faire l’usage d’images et de personnages historiques plein de symbôles…???

    Il a peut-être jugé, même à tort pour certains, que le fait de rajouter cela dans le programme de l’EN serait un moyen de montrer que ce n’est pas passagé comme opinion mais durable pour lui et assez important pour qu’il en parle et veuille que cela reste ainsi…

  • [quote comment= »22781″] Dans le même temps il serait agréable que les enseignants arrêtent de prolonger le hold-up des communistes sur la Résistance. Ils y étaient mais n’étaient pas les seuls. Et dans d’autres domaines pareil d’ailleurs ! Voici comment Eric Brunet auteur de « Etre de droite, un tabou français » répond et résume une partie de son livre dans un chat de l’internaute : Q : J’ai toujours voté à droite mais franchement, le pétainisme, l’antisémitisme, le racisme lepéniste… je ne m’y reconnais pas du tout. Il n’y a pas que du bon à prendre à droite. Une petite autocritique n’est-elle pas nécessaire ? R : Hitler, Mussolini, Doriot, Déat, l’Anglais Mosley, tous ces fascistes viennent des rangs de la gauche, y compris Pétain qui était le seul maréchal de France républicain et estimé par la gauche. Je l’explique dans mon livre : près de 60 % des collabos français venaient des rangs de la gauche. Il y eut aussi, bien sûr, des collabos de droite. Mais les communistes qui ont rédigé les manuels d’histoire après 1945 ont singulièrement manqué de discernement. Malheureusement aujourd’hui, c’est toujours la bonne vieille absurdité qui prévaut pour les jeunes générations : résistant = homme de gauche/collabo = homme de droite. C’était il y a longtemps et pourtant je pense qu’il faut insister sur le fait que cette équation est une contre-vérité. [/quote]

    J’ai reçu une éducation « de gauche ». Mes parents étaient communistes ; mes parents ont été Résistants communistes…

    … Mes profs d’Histoire du lycée pensent très certainement à gauche, et je les soupçonne même d’avoir de fortes sympathies communistes…

    … et pourtant, aussi bien au cours de ma scolarité que de mon éducation au sens large, j’ai appris qu’Hitler et Mussolini avaient été socialistes avant d’être fascistes j’ai appris que tous les socialistes français n’avaient pas eu le courage et la force morale de Jean Moulin (et que la SFIO avait voté les pleins pouvoirs à Pétain) j’ai appris que le PCUS avait signé un Pacte de non agression avec Hitler, et que le PCF avait traîné à entrer pleinement en Résistance j’ai appris que De Gaulle n’a pas attendu 1944 pour devenir Résistant, et qu’il était tout sauf communiste ; et que dans cette période trouble, communistes et gaullistes étaient bien obligés de s’entendre, parce-qu’ils poursuivaient un but commun, et défendaient des valeurs communes j’ai appris que les gens de Droite ne sont pas tous des « fachos », et qu’ils sont aussi porteurs des valeurs de la République, même s’ils ne partagent pas les mêmes idées que moi (cf. point précédent sur De Gaulle, par exemple…) j’ai appris aussi que le communisme n’avait pas apporté le « Grand soir », mais avait engendré une dictature totalitaire complètement folle qui avait ruiné la moitié du Continent j’ai appris aussi que le PCF avait longtemps été aux ordres de Staline, et qu’ils feraient bien, eux aussi, de regarder leur histoire en face… etc…

    pas mal pour un mouton abreuvé à l’éducation crypto-communiste de ses parents et de l’Education Nationale, vous ne trouvez pas ?… Et si on arrêtait un peu les caricatures stériles, pour pouvoir discuter plus sereinement ?…

    (PS: j’ai aussi appris que, après être passé du « socialisme » au « national-socialisme », c’est en se présentant comme dernier rempart contre les forces « socialo-communistes » qu’Hitler a réussi à séduire la Droite allemande et à accéder au pouvoir… j’ai aussi appris que c’est en critiquant le « laxisme » du Front Populaire, ce qui n’était pas sans déplaire à une certaine Droite française, que Pétain a obtenu les pleins pouvoirs… … mais ça, bizarrement, Eric Brunet ne semble pas en parler dans ton extrait…)

  • Bonjour,

    [quote post= »317″]Je garde en tête la réaction de Marie-Georges Buffet, une fine politique, qui a approuvé la décision de Nicolas Sarkozy. (…) N’oubliez pas que Nicolas Sarkozy est Président de la République.[/quote]

    Koz, il me semble avoir entendu sur RTL que Marie-Georges Buffet a eu deux réactions.

    Tout d’abord un rejet du candidat Nicolas Sarkozy quand il s’est appuyé sur cette lettre durant sa campagne, refusant la mainmise sur l’héritage du communisme, puis un accord du président Nicolas Sarkozy souhaitant un hommage annuel dans les écoles.

    Cela peut expliquer certains commentaires un peu « limites » appelant à relire le journal l’humanité daté de l’époque des propos du candidat (donc d’ors et déjà plus à jour). Le contexte a changé, les réactions de Marie-Georges Buffet aussi, ce qui est tout à son honneur.

    Luc

  • [quote comment= »22796″] Et comment il devrait s’exprimer…???

    Pas employer les médias…???

    Pas faire l’usage d’images et de personnages historiques plein de symbôles…???[/quote]

    Je n’ai pas dit ça. J’ai juste dit que demander à ce que ce soit lu à chaque rentrée dans les écoles, c’est faire preuve soit d’une totale méconnaissance de l’enseignement tel qu’il est actuellement pratiqué (parce-que des textes de ce genre sont DÉJÀ utilisés tous les ans par nos profs d’Histoire) soit d’un habile calcul politicien (parce-qu’il savait que ça lancerait une polémique, et que ça ferait parler du super-Président-qui-veut-renforcer-l’Identité-de-la-magnifique-Nation-Française)

    … alors qu’il aurait tout aussi bien pu lire ce texte, en disant qu’il le touchait en tant que citoyen et en tant que Président de cette République Française tant défendue par la Résistance, en disant que Guy Môquet, comme tant d’autres de ses compagnons, était un modèle de moralité Républicaine… … et s’en tenir là. Cela aurait eu tout autant de poids symbolique, sans créer une polémique stérile et totalement hors de propos…

  • Merci Koz pour ce billet d’une grande élévation. Il va sans dire que je suis d’accord avec les symboles choisis par Sarkozy. Les martyrs de la France n’appartiennent pas un à clan mais à tous les français. Je trouve qu’il est très habile de le rappeler en ce début de quinquennat. Je constate néanmoins que si on a besoin de se replonger dans une période douloureuse de notre histoire récente pour forger l’unité des français, c’est qu’elle a été mise bien à mal.

    @Lisette : dire que la France a gagné la guerre, c’est aller un peu vite en besogne. La guerre a été plutôt gagnée par les américains, les anglais, les russes, non? Les français libres, les résistants, la 2eD.B, ont contribué d’une façon magnifique à l’effort de guerre des alliés mais on ne peut quand même pas dire que leur action a été déterminante. La guerre aurait été gagnée sans eux de toute façon. Si la France est présente à la signature de l’armistice alors qu’elle n’a pas été invitée, c’est parce que De Lattre de Tassigny l’impose et que les alliés ne veulent pas nous faire de peine même légère. La meilleure preuve en est qu’il n’y avait pas de drapeau français et on en a confectionné un à la dernière minute. Si nous sommes au conseil de sécurité c’est parce que nous nous sommes imposés à la signature del’armistice et parce que les américains voulaient bien (cela servait leurs projets européens). Dire que la communauté internationale nous reconnaissait comme vainqueurs est assez osé. Il y avait à peine une vingtaine de pays concernés. Quant à l’arme nucléaire ce n’est pas parce que nous avons été reconnus comme vainqueurs que nous l’avons, c’est parce que De Gaulle l’a voulu, contre la volonté des américains. Si nos amis belges avaient eu la capacité de produire l’arme nucléaire, je me demande bien qui s’y serait opposé.

  • Est-ce mal de relancer un débat citoyen sur l’opinion que les Français ont de la France, alors qu’avec le monde qui nous entoure tout tend à une annihilation de l’identité nationale dans l’Europe, dans la globalisation, dans le fait que partout sur la planète on commence à s’habiller de la même façon, que l’on mange la même chose 😉 parfois…

    A force de ne plus pouvoir parler de chose qui pourrait facher un tel ou un tel on finira par ne plus pouvoir parler de rien et encore je ne fais que parler alors que lui veut qu’on agisse.

  • Tiens, mon commentaire des environs de 10h n’est pas passé ?!?? J’y rejoignais un peu le commentaire de Dang. Pas de fausse manip de ma part je pense. Bon, ce n’est pas grave du tout, juste un pu vexant 😉

  • [quote comment= »22801″]Si nos amis belges avaient eu la capacité de produire l’arme nucléaire, je me demande bien qui s’y serait opposé.[/quote]

    Sur nos amis Belges, ils ont été les premiers à recevoir la technologie nucléaire civile des américains en remerciement car les bombes qui sont tombées sur le Japon ont été produites grace au plutonium (ou uranium faudrait que je vérifie) belge issu de sa colonie Congolaise.

    Et si je voulais être rabat-joie comme Dang je rajouterais que de Gaulle avait négocié avec les alliés que ce soient les troupes francaises qui aux cotés des alliés franchissent en premier les portes de Paris, alors c’est avec deux semaines de retard sur le Front réel qu’a été libéré Paris.

  • [quote comment= »22781″] Dans le même temps il serait agréable que les enseignants arrêtent de prolonger le hold-up des communistes sur la Résistance. Ils y étaient mais n’étaient pas les seuls. Et dans d’autres domaines pareil d’ailleurs ! Voici comment Eric Brunet auteur de « Etre de droite, un tabou français » répond et résume une partie de son livre : […] R : Hitler, Mussolini, Doriot, Déat, l’Anglais Mosley, tous ces fascistes viennent des rangs de la gauche, y compris Pétain qui était le seul maréchal de France républicain et estimé par la gauche. Je l’explique dans mon livre : près de 60 % des collabos français venaient des rangs de la gauche. Il y eut aussi, bien sûr, des collabos de droite. Mais les communistes qui ont rédigé les manuels d’histoire après 1945 ont singulièrement manqué de discernement. [/quote]

    J’ai reçu une éducation « de gauche ». Mes parents étaient communistes ; mes grand-parents ont été Résistants communistes…

    … Mes profs d’Histoire du lycée pensent très certainement à gauche, et je les soupçonne même d’avoir de fortes sympathies communistes…

    … et pourtant, aussi bien au cours de ma scolarité que de mon éducation au sens large, – j’ai appris qu’Hitler et Mussolini avaient été socialistes avant d’être fascistes – j’ai appris que tous les socialistes français n’avaient pas eu le courage et la force morale de Jean Moulin (et que la SFIO avait voté les pleins pouvoirs à Pétain) – j’ai appris que le PCUS avait signé un Pacte de non agression avec Hitler, et que le PCF avait traîné à entrer pleinement en Résistance – j’ai appris que De Gaulle n’a pas attendu 1944 pour devenir Résistant, et qu’il était tout sauf communiste ; et que dans cette période trouble, communistes et gaullistes étaient bien obligés de s’entendre, parce-qu’ils poursuivaient un but commun, et défendaient des valeurs communes – j’ai appris que les gens de Droite ne sont pas tous des « fachos », et qu’ils sont aussi porteurs des valeurs de la République, même s’ils ne partagent pas les mêmes idées que moi (cf. point précédent sur De Gaulle, par exemple…) – j’ai appris aussi que le communisme n’avait pas apporté le « Grand soir », mais avait engendré une dictature totalitaire complètement folle qui avait ruiné la moitié du Continent – j’ai appris aussi que le PCF avait longtemps été aux ordres de Staline, et qu’ils feraient bien, eux aussi, de regarder leur histoire en face… – etc…

    … pas mal pour un mouton abreuvé à l’éducation crypto-communiste de ses parents et de l’Education Nationale, vous ne trouvez pas ?… Et si on arrêtait un peu les caricatures stériles, pour pouvoir discuter plus sereinement ?…

    (PS: j’ai aussi appris que, après être passé du « socialisme » au « national-socialisme », c’est en se présentant comme dernier rempart contre les forces « socialo-communistes » qu’Hitler a réussi à séduire la Droite allemande et à accéder au pouvoir… j’ai aussi appris que c’est en critiquant le « laxisme » du Front Populaire, ce qui n’était pas sans déplaire à une certaine Droite française, que Pétain a obtenu les pleins pouvoirs… … mais ça, bizarrement, Eric Brunet ne semble pas en parler dans ton extrait…)

  • @Jack le Castor : vous avez eu la chance d’avoir de bons maîtres. Les miens ne m’ont pas donné la même ouverture historique ou philosophique. J’ai surtout le souvenir d’une propagande incessante. Sur les pleins pouvoirs à Pétain, on y trouve toutes les motivation. La revanche sur le Front Populaire en est une, de taille, mais pas la seule. Il y a surtout l’angoisse d’une France qui n’a plus la force de se battre et qui ne pense qu’à une chose: la paix à tout prix. C’est pourquoi, même si je les désapprouve, je ne voudrais pas blâmer outremesure les parlementaires de gauche qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. Ils ne faisaient que traduire le désarroi des français.

  • Pour rajouter une louche à ce débat compliqué, il ne faut pas oublier que les pleins pouvoirs à Pétain ont été donnés par la chambre de 36, celle du Front Populaire. Pas mal non ? 80 parlementaires s’y sont opposés (des héros de gauche et de droite dont on devrait rappeler les noms) tandis que les 72 communistes (de fait politiquement alliés aux Nazis depuis le pacte germano-soviétique), absents, n’ont pas pris part au vote (on devait y trouver Prosper le père de Guy, on aimerait bien connaître son parcours à celui-là, il est mort en 86, que pensait-il de tout ça ?). Ce qui me gonfle dans cette repentance, en réponse partielle aux propos de Lisette, c’est qu’on semble prendre systématiquement le côté ignoble de notre histoire dont j’affirme, moi, qu’il est largement en dessous, beaucoup moins important que les éléments positifs qui la jalonnent dès la naissance de la Nation. A la fin du XIX° et le début du XX°, combien d’immigrants sont venus en France, le pays de la « Grande Révolution », parce qu’ils avaient une idée positive de notre pays ? Souvenons nous de cette expression allemande, « heureux comme Dieu en France », rappelons nous de tous ceux qui considéraient notre pays comme celui de la liberté, de la République, du Droit. Cette autoflagellation me consterne et je n’arrive pas à la qualifier, ni la comprendre. J’ai croisé le 8 mai aux cérémonies officielles une dame qui souhaitait qu’on célèbre, au lieu de cette date, celle du 19 mars 62. Une défaite, bien sûr, tellement plus positive que la victoire sur le nazisme. Sans oublier tout du passé, ni faire des choix – l’histoire (de la Révolution) est un bloc disait Clemenceau – il serait plus efficace pour l’unité nationale, pour notre « estime de nous » de célébrer les moments positifs du passé. Vichy sans doute (encore qu’il y avait les Allemands sur notre territoire aurait dit De Gaulle, on n’a pas, je crois, demandé aux Français d’opiner sur ce point) mais d’abord la Résistance, toute la résistance, y compris passive, celle de nos citoyens qui n’ont jamais manifesté contre les bombardements alliés, même quand Vichy leur demandait de le faire. C’est, pour être tout à fait clair, c’est ainsi que je perçois cette innovation que constitue la lecture de la lettre de Guy Môquet.

  • Thiery a écrit :

    [quote post= »317″]J’ai croisé le 8 mai aux cérémonies officielles une dame qui souhaitait qu’on célèbre, au lieu de cette date, celle du 19 mars 62. Une défaite, bien sûr, tellement plus positive que la victoire sur le nazisme.[/quote]

    Tout à fait d’accord. Je ne comprends pas pourquoi tant de villes, même avec une municipalité de droite ont une rue du 19 mars 62. Que célèbre-t-on? Les accords d’Evian qui ne furent jamais respectés? Le début de la politique de la terre brûlée menée par l’OAS en Algérie, les affrontements entre pieds-noirs et armée française, le massacre des harkis, les assassinats, enlèvements d’européens, l’exil des pieds-noirs?… oui ce fut bel et bien une défaite et on se complait à donner des noms de rues à cette date-là!

  • Je n’ai pas lu toutes les réactions, je me suis attérée, lassee, aux interventions de Lisette qui a envie de devenir allemande parce que d’autres ont un avis différent du sien!! Comme quoi sa conception de l’honneur et du patriotisme se confondent avec autoritarisme.

    J’ai juste envie de demander qu’on en revienne a l’essentiel: un gamin de 17 ans qui s’est fait fusiller par amour de son pays, quelque soit ses idees politiques.

    C’est une leçon. En ferions nous autant ? Aimons nous assez notre pays pour ne serait ce qu’agir pour lui?

    Se demander si l’on aime son pays, « avoir honte d’être francais » ou vouloir émigrer parce que son parti est battu, c’est plus que desolant. C’est mon pays, il est comme il est et je l’aime tel qu’il est, avec sa culture, ses socialistes tordus ou sincères, les autres….

    Le pays parfait n’existe pas car les citoyens ne sont pas parfaits, vous l’oubliez, c’est nous qui le faisons, c’est nous qui engendrons des réactions extrêmes, nous sommes responsables de notre pays. Dire le contraire est le signe d’un certain infantilisme.

    Il ne faut pas confondre la Nation et l’Etat.

    Et il faut combattre la notion d’Etat-providence car elle est arrivee maintenant a son paroxisme , telle que l’avait predit Alexis de Tocqueville dans « De la démocratie en Amerique » qui indique également que « Le plus grand soin d un bon gouvernement devrait être d’habituer peu a peu les peuples a se passer de lui.»

    Confondre Etat et Nation amène la moitie d’un peuple a rejeter son pays, c’est très dommageable pour tous.

    La nation ce n’est pas Sarkozy ou Royal ou Mitterand ou de Gaulle, la nation c’est nous….

  • Je ne suis ni de droite ni chiraquien mais votre sarkozysme vous fait perdre parfois une certaine mesure.

    Rappelez-vous, cette année, au nom de la France, au Panthéon, J. Chirac a salué les Justes.

    Les Justes étaient également des résistants.

  • C’est exact. Même si spontanément, en pensant « résistants », je pense à un autre type de résistance, c’en était une aussi, et pas des moins risquées.

  • Comme Pas Perdus, et Lisette (qui se fait massacrer à l’unisson sur ce site, et je ne vois pas pourquoi un tel acharnement) je suis un peu ébahi par ces réactions. Dans quelle France vivez-vous ? Votre repentance, autoflagellation and co, c’est du délire, de la récitation bien apprise par coeur, mais un sentiment qui est loin d’être partagé… Qui a décrété ça ? Sarko. A partir de quoi ? du débat sur l’esclavagisme, je trouve que c’est un peu court. Enfin bon, chacun ses délires j’imagine…

  • Dieu ! Mais comme nous sommes bêtes. Sarko dit et nous, pauvres hères dépourvus de conscience, nous croyons penser par nous-mêmes. Quelle misère.

  • Et gnagnagni et gnagnagna, ça en devient pas un peu éculé comme méthode rhétorique de vous faire passer pour des idiots à chaque fois que l’on est pas d’accord avec vous ?

  • Je m’etonne un peu d’une telle ambiance dans ce post sur un sujet a priori pas vraiment polemique! On peut trouver beaucoup de choses dans cette lettre si courte. L’engagement politique, le courage, face a la mort mais egalement face a l’action. L’altruisme (penser aux autres, a ses parents, ses camarades, alors meme que l’on est condamne). Le stoicisme, la maturite touchante d’un presqu’enfant encore. Les eleves y verront sans doute toutes ces choses, ou pas. Que l’on puisse y voir un lavage de cerveau (ou volonte de) me fait un peu rire. De mes etudes je retiens des images contrastees, suivant les profs, la periode etudiee. Ni over-culpabilisation gauchiste ni exhaltation vieille france, ou en tout cas un peu des deux en alternance. Si les syndicats de profs et de parents d’elevent veulent monter une cabale ou un comite-anti-lecture-de-la-lettre-de-guy-moquet-a-chaque-rentree-scolaire, ils le feront, mais je pense qu’ils ont d’autre chats a fouetter. Qu’un president de la Republique veuille choisir un symbole et l’imposer dans les programmes, ce n’est pas vraiment une premiere. Le choix de cette lettre me parait assez rassembleur et incontestable pour lui eviter de devenir une pomme de discorde. Ce serait le comble!

  • Tiens un symbole qui aurait été bien également, c’est la lecture du poème d’Aragon L’Affiche Rouge .

    En ces périodes troubles de sentiments mitigés envers ceux qui ne parlent pas comme nous cela aurait été un beau geste également.

    L’an prochain, peut-être.

  • Merci Koz, ça fait plaisir d’avoir des fans comme toi. Si t’es disponible je t’engage dans mon service de presse.

    Une petite remarque cependant, on peut crier « Vive la France » et en être fier, je suis d’accord avec toi. Mais commémorer c’est se souvenir, de nos victoires mais aussi de la part plus sombre de notre histoire. Ne pas oublier, pour que l’histoire ne repasse pas les plats.

    Allez, un scoop pour toi, prochainement, je vais honorer Missak Manouchian, le responsable des FTP MOI. Et l’info exclusive, c’est chez Koz !

    A bientôt

  • @Olivier (le post remonte à loin, mais je crois que c’est important)[quote post= »317″]Lisette a écrit plus haut :

    Je n’ai pas l’impression de vivre dans le même pays que toi, Koz. Par exemple, tu sais qu’on apprend à nos enfants qu’on a gagné la guerre non, et que d’ailleurs c’est pour ça qu’on est au conseil de sécurité de l’ONU et qu’on a le droit d’avoir l’arme nucléaire alors que la Belgique par exemple non?
    Je te le rappelle parce que des fois on dirait que tu l’oublies.
    

    Euh, nous n’avons pas du avoir le même livre d’histoire en cours, Lisette !

    Pour ma part, j’ai AUSSI – et peut-être même SURTOUT – appris que la France (votre “on”) n’a pas gagné cette guerre TOUTE SEULE. Pire, j’ai appris que sans les autres pays, dont certains n’étaient pas en guerre, la France n’aurait gagné qu’une magistrale défaite dans l’humiliation la plus totale. Pendant que je vous tiens Lisette, j’ai aussi appris que la France était en marche pour la défaite avant même de combattre en 39-40. Et je ne vous ferais pas l’affront de préciser dans quelles conditions… Ah oui, j’ai aussi appris qu’avant la guerre, la dirigeance politique de l’époque n’avait pas vraiment senti l’ampleur du risque pourtant partout annoncé.

    Je crois, Lisette, que vous devriez réviser vos cours d’histoire avec minutie.

    [/quote]

    Dans les cours d’histoire, on apprend que la France a d’abord perdu, mais qu’en fait elle a gagné, grâce à De Gaulle et à la Résistance. Que donc la « vraie France » était du côté de ceux-là. Comme le montrent notre siège au conseil de Sécurité de l’ONU, et le fait que nous ayons l’arme nucléaire. (j’écris cela en souriant, parce qu’il a fait très fort, le Général : mais les faits sont là). La Belgique n’a pas les honneurs que nous avons eu. Nous avons été traités en vainqueurs par l’histoire. Pour le monde entier, nous faisons partie du clan des bons de cette histoire. C’est pour moi, très souvent, un profond étonnement que d’entendre des gens parler de la perte de la fierté nationale. Et c’est très précisément ce que faisait Koz dans ce post. A aucune moment, de toute ma vie, je n’ai eu l’impression de vivre dans un pays convaincu d’avoir été fasciste, ni de devoir avoir honte d’être française. D’où parfois mon impression de ne pas vivre dans le même pays que vous 😉

    A propos de la lecture de cette lettre : cette lettre doit déjà figurer dans tous les manuels d’histoire. Point 1. Point 2, la résistance, l’héroïsme, etc… font partie des figures imposées du programme. Il faut varier les exemples, pourquoi donner une telle importance à cette lettre? Et je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il serait bon d’incarner un peu plus l’histoire qu’on apprend aux enfants, de leur parler des gens qui l’ont faite.

    Je rappelle que j’ai trouvée très belle la cérémonie du Bois de Boulogne, et c’était très bien à Nicolas Sarkozy de renouveler ainsi le genre des journées d’investiture. C’était parfait, sur le fond comme sur la forme. L’hommage à la résistance était bienvenu, et la lecture de cette lettre très émouvante.

    Mon problème, c’est de la lire à chaque rentrée. Je vois pas le rapport… Et quand Koz se met à parler de « réformer les mentalités », ça me fait tout drôle. Heureusement que le Président, lui, n’a jamais dit ça (et au final, je pense que les choses, ne seront pas si terribles que ça, qu’on va pas avoir une mini cérémonie du bois de boulogne dans chaque lycée, c’est juste une des provocations « habituelles » de Sarkozy. Ce faisant, en plus de travailler sur les valeurs, ce qu’il a dit qu’il ferait, il montre bien à tout le monde qu’il n’est pas un facho, et je trouve que c’est bien vu de sa part).

  • Lisette : Vous voyez que le dialogue a du bon. Car j’adhère à quasi tout votre dernier post où vous me faites réponse. Sur les phases de la guerre, résumons nos deux propos, si vous le voulez bien, en cela : Oui la France a gagné, était dans le clan des vainqueurs etc… et c’est tant mieux ! Mais n’oublions jamais que, seule, il en aurait été différemment.

    D’autres commentaires à ce billet de Koz parlent de « repentance » au sujet de la cérémonie du bois de Boulogne et donc aussi implicitement de la lecture de cette lettre dans nos classes. Ceux-ci n’ont rien compris car il s’agit justement de l’inverse ! Il s’agit d’instiller un changement d’ « état d’esprit »; Passer du pessimisme à l’optimisme, du négativisme au positivisme, du tirage vers le bas au tirage vers le haut, du subi au voulu, du passif à l’actif, de l’immobilisme à l’initiative, du statut-quo au dynamisme, etc… C’est tout cela qui est le contenu de cette lettre de Guy Môquet. C’est tout cela qui peut être mis en avant dans nos classes.

    Cela reflète à n’en pas douter la volonté imprimée dans l’ensemble du projet porté par Sarkozy : faire bouger les choses et aller de l’avant. Et ça commence par vouloir réveiller cette volonté qui est nécessaire à tout être humain pour son propre développement; C’est également la somme de toutes ces volontés personnelles qui contribuent à façonner la volonté commune et collective de notre société.

    On trouve merveilleusement tous ces aspects là dans cette courte lettre. Ce qui en fait sa force. On est alors très loin de quelque souvenir guerrier ou passéiste…

    Cette lettre est éminemment moderne et porteuse de valeurs. C’est aussi une lettre stimulant la liberté de réfléchir, de penser et d’écrire. C’est un vrai support philosophique, bien plus qu’historique.

    La rappeler chaque année me parait important pour la faire sortir de la masse. Si un élève ne tilte pas sur ces aspects divers de la lettre une année, il le percevra l’année suivante ou ensuite… Charge aux professeurs d’avoir l’intelligence de savoir en tirer la pulpe et de générer la réflexion…

    Je crois rejoindre Koz dans cet aspect « réformer les mentalités ». Je crois qu’il veut bien dire « ouvrir les esprits » … Il me contredira s’il le souhaite.

    J’avoue humblement par ailleurs que je n’ai personnellement connu cette lettre qu’en écoutant Sarkozy en janvier. J’aurais aimé qu’on me la fasse connaitre lors de mon adolescence; Celle-ci (pour moi) remontant aux années 70, on était peut-être encore trop proche de 45 pour saisir la forme moderne de cette lettre et de sa compréhension intime. Ah oui, dans les années 70 on était plutôt dans le « interdit d’interdire » qui est vite devenu « interdit de penser autrement »…

  • il est tres révélateur ce comportement des « gens de gauche ».Actuellement ,par dépit de la défaite ils ne se contiennent plus.Comment ,nous qui savons,comment rendre l’homme heureux ( n’est ce pas puisque la démonstration a été faite partout dans le monde! )peut on prétendre nous apprendre les valeurs humaines. Comment un homme de droite, donc pour faire clair un facho et même sûrement un nazi peut il se permettre de démasquer nos impostures historiques. Quand on est en religion « gauche » on détient la vérité J’ai été élevé au son des vendeurs de l’Humanité Dimanche sur le trottoir devant chez moi « Demandez ,lisez l’Humanité le journal qui vous informe en vérité de la vérité » ça ne s’invente pas ! Aurais je l’impudence de rappeler que le nazisne est la contraction de National-socialisme, que le communisme a engendré qqes millions de morts que l’on a cherché longtemps a nier, alors svp , sachez gardez un peu de pudeur quand on parle nation ,devoir ,patriotisme Un slogan pour me soulager, « vos gueules les muettes »

  • [quote comment= »22961″]il est tres révélateur ce comportement des « gens de gauche ».Actuellement ,par dépit de la défaite ils ne se contiennent plus.Comment ,nous qui savons,comment rendre l’homme heureux ( n’est ce pas puisque la démonstration a été faite partout dans le monde! )peut on prétendre nous apprendre les valeurs humaines. Comment un homme de droite, donc pour faire clair un facho et même sûrement un nazi peut il se permettre de démasquer nos impostures historiques. [/quote]

    Tu peux me citer, parmi les commentaires à ce billet, UN exemple qui illustre ce que tu sous-entends ?…

    Parce-que là, franchement, je ne vois pas ce que tu veux dire…

  • [quote comment= »22914″]Lisette : Vous voyez que le dialogue a du bon. Car j’adhère à quasi tout votre dernier post où vous me faites réponse. [/quote]

    … sauf que tout ce que tu dis ensuite oublie la phrase essentielle de ce post : « Mon problème, c’est de la lire à chaque rentrée. JE VOIS PAS LE RAPPORT… »

    En gros, tous ceux qui exaltent la commémoration de l’honneur, de la fierté de notre Nation (sur un point, cette lettre, qui ne peut que faire consensus, et que personne ne renie), répondent à côté de la critique émise par les « sceptiques » : la juste célébration de cet honneur a été détournée de son rôle par le Président lorsqu’il l’a transformée en injonction aux enseignants (sous-entendant qu’ils ne transmettraient pas déjà ces valeurs dans leur enseignement…)

    Pour le reste, tu reconnais toi-même que la France n’a pas gagné la guerre à elle seule, et que nous ne devons notre place du côté des « vainqueurs » qu’à l’habile stratégie diplomatique du Général De Gaulle… L’Histoire telle qu’enseignée au lycée n’apprend rien d’autre que cela à nos adolescents… De quel droit, alors, assimiler l’enseignement de ces vérités à de la « repentance » ???

    Pour être vraiment fier de son pays, de sa Nation, de son Histoire, il ne faut pas refuser de regarder en face, aussi, ses erreurs…

    [quote comment= »22914″] J’avoue humblement par ailleurs que je n’ai personnellement connu cette lettre qu’en écoutant Sarkozy en janvier. J’aurais aimé qu’on me la fasse connaitre lors de mon adolescence.[/quote]

    Ceci est une erreur de raisonnement. Plutôt que de parler du « principe » à enseigner, on se focalise sur une simple expression anecdotique de celui-ci… (parce-que des Guy Môquet, on en a eu des tonnes, en France… des documents de ce genre, on peut en trouver des tonnes… alors pourquoi ne pas laisser la liberté aux enseignants de choisir eux-mêmes les documents utiles pour illustrer leur enseignement, dans le respect des programmes nationaux ?…)

    Enfin, tu parles de tes vieux souvenirs de lycée… Je n’ai pas connu le lycée dans les années 70, alors je me garderais bien de porter un jugement… … mais tu ne t’es pas dit que les choses avaient pu évoluer depuis ?…

    Moi, j’ai connu le lycée dans les années 90. Je n’y ai pas non plus connu Guy Môquet, mais j’y ai découvert d’autres oeuvres, d’autres documents forts, qui m’ont appris à être fier de mon pays, à être fier de son Histoire malgré ses erreurs, à être redevable de mes grands-parents et des « Justes » de leur génération qui ont su défendre l’honneur de notre Nation…

    Sous-entendre que les enseignants ne sont pas capables de construire cet humanisme sans gadget de rentrée, c’est une insulte à leur travail…

  • C’est amusant, comme on tente désespérément, parce que l’on a déjà tenu le même débat plusieurs fois d’y répondre par avance, sans succès, sans succès, sans succès…

    [quote comment= »22969″]L’Histoire telle qu’enseignée au lycée n’apprend rien d’autre que cela à nos adolescents… De quel droit, alors, assimiler l’enseignement de ces vérités à de la « repentance » ???

    Pour être vraiment fier de son pays, de sa Nation, de son Histoire, il ne faut pas refuser de regarder en face, aussi, ses erreurs…[/quote]

    Peut-être n’était-ce pas assez clair mais …

    [quote post= »317″]Car il y a l’Histoire et il y a la Politique, les historiens, les politiques. Que les historiens enseignent l’Histoire de France, toute l’Histoire de France, bien sûr. J’ai même des idées en réserve. Mais est-ce du rôle du politique de “célébrer” les faces sombres ? Les connaître, les enseigner, certes. Si, fidèle au dernier message de notre président Chirac, il faut, avant tout, préserver l’unité, est-ce dans la commémoration des erreurs tragiques du pays que l’homme politique y parviendra ?[/quote]

  • [quote comment= »22970″]Mais est-ce du rôle du politique de “célébrer” les faces sombres ? Les connaître, les enseigner, certes. Si, fidèle au dernier message de notre président Chirac, il faut, avant tout, préserver l’unité, est-ce dans la commémoration des erreurs tragiques du pays que l’homme politique y parviendra ?[/quote]

    Quel rapport avec la lecture imposée d’une lettre dans les lycées (qui sont un lieu « d’enseignement », et non de « commémoration ») ?…

    Parce-que c’est bien sur ce point qu’il y a une « polémique »… Pour le reste………

  • Vétéran, le 20.05.07 à 18:55, a écrit :

    Praxis… Hélas, la xénophobie existe à l’état latent chez tout le monde, à gauche comme à droite, et dans des proportions différentes par rapport à chaque individu (c’est pas dans les gènes! mais dans l’éducation, le vécu, la vie quoi…). Et dans ce domaine comme dans pas mal d’autres, les socialistes “bien pensants” imaginent trop vite que l’homme est bon par nature -tout le monde il est beau- ou plus sérieusement, le mythe du bon sauvage… On ne peut pas rendre les hommes bons par décrets, cela procède d’une lente évolution des moeurs de l’espèce. Aujourd’hui la mondialisation, l’interpénétration (oh!) des économies, l’Europe (internet aussi!) tendent à mixer les populations et à faire que les gens se connaissent davantage et apprennent à vivre ensembles (tiens du Sarko dans le texte!), au-delà des préjugés et des cultures de chacun. Et en quelques sorte agit en rempart de la civilisation. Sans être à l’abri d’un petit génocide de temps en temps (arméniens, juifs, kurdes, houtou ou tootsies, etc). Les allemands du temps d’Adolf n’étaient pas foncièrement plus mauvais que les petits français ou les british… les circonstances et la nature humaine ont faits que… De même, les délocalisations n’est-ce pas le phénomène des vases communicants qui va permettre un équilibrage des niveaux de vie dans le monde (y’a du boulot je sais) ? Mais c’est quand même au capitalisme ouvert qu’on doit celà (une justice capitaliste immanente!). Non aux trotskistes et autres collectivistes (les “partageux”) qui veulent se recroqueviller frileusement sur les frontières (et çà chante l’internationale!). Le petit plombier polonais et l’ouvrière chinoise ne comprennent pas ces “braillards” qui veulent leur bien en chantant l’internationale, mais seulement une internationale franco-française! Mais bon Dieu abandonnez ces chimères d’un autre temps et laissez les LCR, LO et autre PC mourir de leur belle mort! Redevenez crédibles et surtout redevenez intellectuellement honêtes! Y’a de la place en France pour une Gauche riche de valeurs humanistes et sociales! Et l’alternance se fera d’elle-même, par l’usure normale des gens en place… e Citer le commentaire de Vétéran

    margit, le 20.05.07 à 19:10, a écrit :

    Praxis a écrit plus haut :

    Ici, sur ce weblog partisan de droite (ce n’est pas une insulte), la vision privilégiée est celle de Nicolas Sarkozy : repentance = mauvaise conscience – -> difficulté à réussir l’intégration de populations immigrées et anciennement colonisées. En réaffirmant nos valeurs humanistes, notre histoire glorieuse, on se donne peut-être les armes d’une meilleure intégration en éliminant un sentiment négatif (la mauvaise conscience donnée par l’histoire) pour le remplacer par un sentiment positif de force, de grandeur.

    D’abord, c’est vrai que je ne suis pas d’accord avec cette thèse de la repentance, mais je peux me tromper. Ensuite, je pense qu’il ne faut pas perdre de vue que les deux questions, identité nationale et immigration, sont liées (ont été liées) et que le vrai débat est là. Il faut noter cette ambiguité, ne pas perdre de vue qu’elle constitue le projet, ou l’intuition, originelle.

    Soyez heureux pendant que nous resterons vigilants (je n’ai pas dit bornés, je donne toutes ses chances à NS qui m’a plutôt bien surpris dans la formation de son gouvernement) : il existe dans la société française un projet qui ressemble de plus en plus à une droite décomplexée. Nous verrons s’il produit els résultats escomptés…”

    Hmmm, mon cher praxis, commenceriez-vous à vous apercevoir que l’on puisse être de droite « décomplexée » sans pour autant être fasciste et xénophobe ?

    Soyez vous aussi heureux, nous les sarkosystes, nous aussi nous serons vigilants mais contrairement à vous nous sommes aussi confiants et résolus à un soutien énergique à toute initiative pragmatique qui ira dans le sens de la réalisation du programme intermédiaire proposé par NS de l’adaptation de notre pays à la mondialisation sans perdre notre âme au passage.

    Superbe article qui résume parfaitement l’évolution en cours chez les jeunes (mais aussi chez les électeurs un peu moins jeunes comme moi) grâce au travail de NS :

    http://www.lefigaro.fr/debats/… e Citer le commentaire de margit

    # #

    Praxis, le 20.05.07 à 19:18, a écrit :

    Vétéran : nous ne sommes pas sur le bon sujet, ma note n’a pu être publiée sur “Une idée de la France”. Du coup, je vous réponds rapidement :

    Les petits allemands, c’est un pouvoir politique qui les a rendus féroces, en période de crise identitaire (le traité de Versailles, la guerre de 14-18 perdue). Il est donc normal de discuter de ces sujets-là avec prudence, et de les remettre un peu en perspective. Je crois que j’ai compris la mentalité sous-tendue par ce débat d’idées, et je n’ai pas d’avis trop tranché : il me semble simplement que c’est un sujet sensible à manipuler, qu’il va falloir le gérer sereinement (pas comme le thème de l’insécurité, par exemple).

    Je ne compare pas la France à l’Allemagne des années 30, ni NS avec Hitler. J’expose ce qui me semble être “the point” : le lien entre l’identité nationale, l’immigration, l’intégration… Et j’observe avec prudence. Je n’ai pas envie de foncer vers une glorification tous azimuts de la France, pays que j’aime plus que tout autre bien sûr, c’est le mien et j’en suis fier. Fier de ma région, des côtes du rhône, des océans de vigne. De la culture de la France, de son histoire politique… Je l’ai dit : je ne crois pas à la thèse de la repentance, donc je ne peux adhérer à cette réédition de l’Histoire. Après, en politique, et je suis entièrement d’accord avec NS, on doit être jugé sur les résultats d’une politique. Nous verrons bien quels seront ces résultats.

    Et je suis d’accord avec votre vision du progrès matériel. Je suis sûr que l’on peut encadrer cette évolution, la rendre la moins violente possible, la plus juste aussi, par le partage des richesses. Et cela prend du temps, on est d’accord.

    Et les chièmeres, ça fait longtemps que je les ai abandonées (je ne peux parler qu’en mon nom, je ne représente rien). e Citer le commentaire de Praxis

    # #

    Praxis, le 20.05.07 à 19:24, a écrit :

    Margit : commenceriez-vous à mieux me lire ? Je n’ai jamais fait un amalgame aussi brutal sur la droite facho et xéno (même si vous en avez avec vous, comme à gauche j’imagine – enfin, peut-être un peu plus). A tout prendre, comme stéréotype, je pencherais plutôt vers : la droite décomplexée n’a pas peur d’une société inégalitaire pourvu qu’elle soit dynamique et qu’il y ait une vraie mobilité entre les insiders et les outsiders… Un point de vue qui se défend, si on l’assume, et avec lequel je ne suis pas d’accord.

    Et vous avez raison, je ne suis pas sur-confiant (car j’ai confiance) dans le projet et le programme, je suis en mode observatoire et réflexif… e Citer le commentaire de Praxis

    Vétéran, le 20.05.07 à 18:55, a écrit :

    Praxis… Hélas, la xénophobie existe à l’état latent chez tout le monde, à gauche comme à droite, et dans des proportions différentes par rapport à chaque individu (c’est pas dans les gènes! mais dans l’éducation, le vécu, la vie quoi…). Et dans ce domaine comme dans pas mal d’autres, les socialistes “bien pensants” imaginent trop vite que l’homme est bon par nature -tout le monde il est beau- ou plus sérieusement, le mythe du bon sauvage… On ne peut pas rendre les hommes bons par décrets, cela procède d’une lente évolution des moeurs de l’espèce. Aujourd’hui la mondialisation, l’interpénétration (oh!) des économies, l’Europe (internet aussi!) tendent à mixer les populations et à faire que les gens se connaissent davantage et apprennent à vivre ensembles (tiens du Sarko dans le texte!), au-delà des préjugés et des cultures de chacun. Et en quelques sorte agit en rempart de la civilisation. Sans être à l’abri d’un petit génocide de temps en temps (arméniens, juifs, kurdes, houtou ou tootsies, etc). Les allemands du temps d’Adolf n’étaient pas foncièrement plus mauvais que les petits français ou les british… les circonstances et la nature humaine ont faits que… De même, les délocalisations n’est-ce pas le phénomène des vases communicants qui va permettre un équilibrage des niveaux de vie dans le monde (y’a du boulot je sais) ? Mais c’est quand même au capitalisme ouvert qu’on doit celà (une justice capitaliste immanente!). Non aux trotskistes et autres collectivistes (les “partageux”) qui veulent se recroqueviller frileusement sur les frontières (et çà chante l’internationale!). Le petit plombier polonais et l’ouvrière chinoise ne comprennent pas ces “braillards” qui veulent leur bien en chantant l’internationale, mais seulement une internationale franco-française! Mais bon Dieu abandonnez ces chimères d’un autre temps et laissez les LCR, LO et autre PC mourir de leur belle mort! Redevenez crédibles et surtout redevenez intellectuellement honêtes! Y’a de la place en France pour une Gauche riche de valeurs humanistes et sociales! Et l’alternance se fera d’elle-même, par l’usure normale des gens en place… e Citer le commentaire de Vétéran

    Vétéran, le 20.05.07 à 19:51, a écrit :

    Bien sûr qu’il faut être prudent sur ces périodes sombres et de folie humaine (inhumaine). Rien n’est comparable et en 100 ans l’humanité a fait un bond dans le bon sens! Et certaines choses pour peu qu’on reste vigilant (et observateur, casque bleu quoi!) ne pourront plus se reproduire avec les mêmes schémas. Je prend acte de votre abandon des chimères… et j’espère que lorsque FH dit qu’il voterait extrême gauche, il ne s’agit là que d’un écart de langage de campagne. Qui n’en n’a pas eu ? Même NS notre guide ! (auto-dérision de rigueur). Je souhaite que la nouvelle Gauche, indispensable au débat démocratique, se constitue rapidement (elle a au moins 5 ans) et qu’elle soit constituée de personnes de bonne foi et de bonne volonté, comme vous! Cà existe, et sûrement en plus grand nombre qu’on le pense! Amitiés citoyennes!

    Ci-dessus les échanges entre Praxis, Veteran, Margit. Je ne peux pas transférer des commentaires d’un billet sous un autre. En cas de problème, merci de ne pas poster un commentaire qui ne passe pas sous un autre billet, pour éviter ce genre de problèmes.

  • Eh bien je le saurais pour la prochaine fois !

    Merci, mais tu as zappé mon texte au passage, tout en recopiant deux fois celui de Vétéran, au début et à la fin…

  • Je recopie le texte à l’origine de l’échange :

    J’ai repensé à ce débat aujourd’hui, quelque chose me turlupinait depuis le début sans que je parvienne à savoir précisément quoi. Et là, juste avant de me coucher, je me rappelle du débat sur l’identité nationale, la fierté de la Nation, et son lien avec la question de l’immigration.

    Peu de temps après la question du colonialisme et de son rôle positif dans l’histoire, NS s’est emparé de la question de l’identité nationale, il a proposé d’en faire une grande question, qu’il a aussi liée à la question de l’immigration. Ce qui répondait, notamment, à une stratégie pour affaiblir le Front National (éventuellement tendre à le faire disparaitre en récupérant ses électeurs sur des thèmatiques à leurs yeux essentielles).

    D’où aussi l’ambiguité relevée par Simone Veil (et d’autres). Lier les deux thèmes, l’identité nationale et l’immigration n’est pas anodin : « c’est plus qu’une imprudence. C’est plus grave. »

    Ici, sur ce weblog partisan de droite (ce n’est pas une insulte), la vision privilégiée est celle de Nicolas Sarkozy : repentance = mauvaise conscience -> difficulté à réussir l’intégration de populations immigrées et anciennement colonisées. En réaffirmant nos valeurs humanistes, notre histoire glorieuse, on se donne peut-être les armes d’une meilleure intégration en éliminant un sentiment négatif (la mauvaise conscience donnée par l’histoire) pour le remplacer par un sentiment positif de force, de grandeur.

    D’un autre côté, il faut être franc, cette idée évoque, plus à gauche, une crainte : qu’elle ne réveille un sentiment de xénophobie (et de l’autre côté de la méditerranée aussi, chez les journalistes). Et je pense que le changement de dénomination du ministère, pour ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, n’est pas anodin.

    D’abord, c’est vrai que je ne suis pas d’accord avec cette thèse de la repentance, mais je peux me tromper. Ensuite, je pense qu’il ne faut pas perdre de vue que les deux questions, identité nationale et immigration, sont liées (ont été liées) et que le vrai débat est là. Il faut noter cette ambiguité, ne pas perdre de vue qu’elle constitue le projet, ou l’intuition, originelle.

    Alors un retour du politique, oui, sans doute. Mais nous jugerons des résultats à l’aune d’une meilleure intégration des immigrés dans la société française, dans quelques années, quand le sentiment de la fierté de l’identité nationale sera enfin régénéré…

    On nous dit, à droite, depuis un moment maintenant, que nous nous sommes trompés, qu’une pensée unique de gauche est à l’origine des maux de la société française (« il faut liquider l’héritage de mai 68 »). Et de son incapacité chronique à intégrer, se développer, vaincre ses difficultés économiques et sociales, ses archaïsmes…

    Soyez heureux pendant que nous resterons vigilants (je n’ai pas dit bornés, je donne toutes ses chances à NS qui m’a plutôt bien surpris dans la formation de son gouvernement) : il existe dans la société française un projet qui ressemble de plus en plus à une droite décomplexée. Nous verrons s’il produit les résultats escomptés…

  • Koz, vous allez donc laisser cette horrible faute d’orthographe sur « prémice », sous prétexte que c’est un méchant troll de gauche qui vous l’a signalée ?? Alors même qu’un « lycéen de France » pourrait tomber dessus et voir son vocabulaire durablement affecté ??

  • Comme je l’ai dit à un autre intervenant, à propos de sa réponse à un commentaire, j’ai une patience très limitée vis-à-vis des correcteurs orthographiques. Et je trouve tellement dérisoire, sur un tel sujet, de n’avoir que cela à dire. Alors, la faute, elle est là, le lycéen lira les commentaires, se dira : « mais quel blair’, ce koz » et, comment vous dire …

  • J’ai lu cette tribune mais, si le constat qu’il dresse est inéressant, je ne suis pas très convaincu par la position de son auteur, qui conclut ainsi :

    « Non, Monsieur le Président, je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet tant que n’auront pas été engagées les réformes structurelles du ministère de l’Éducation nationale qui mettront fin à la démence toute puissante des instances coupables des mesures les plus destructrices de tout espoir de justice sociale, tant que n’auront pas été engagées les réformes pour que l’école cesse de conforter les enfants dans leur nature d’enfants, pour que l’école accepte enfin de remplir sa seule mission : instruire. »

    En somme, l’auteur ne critique pas la mesure. Il fait une sorte de grève : je ne ferai rien tant que l’Education Nationale n’aura pas été entièrement réformée. Ok. Mais on n’avance pas beaucoup de cette manière. Par ailleurs, refuser la première mesure de quelqu’un qui me semble vouloir aller dans le sens que lui-même signale, je trouve ça un peu excessif, voire buté.

  • [quote comment= »23236″]Un éclairage intéressant sur cette question de la lettre de Guy Môquet : http://www.lefigaro.fr/debats/20070519.FIG000001202_pourquoi_je_ne_lirai_pas_la_lettre_de_guy_moquet.html%5B/quote%5D

    C’est surtout là un éclairage intéressant sur l’immobilisme ! Si je peux tout à fait comprendre l’amertume de cet enseignant confronté à des difficultés réelles, j’en comprends d’autant moins son défaitisme annoncé. Si cet enseignant a bien compris les sens profonds de cette lettre, ce que je crois vraiment et volontiers, il n’a manifestement rien compris par contre de l’initiative du Président qui incite justement à ce que revendique implicitement ce monsieur : que les choses bougent enfin et que chacun, à son niveau et avec ses moyens et sa fonction, contribue à cette dynamique.

    Merdum à la fin ! C’est à chacun de nous, aussi, de faire en sorte que les états d’esprits se libèrent de ce carcan éternel de l’immobilisme latent qui pourrit toute modernité et toute évolution, que dis-je… toute émancipation.

    Résistance que certains disent ! Oui, ben faut pas confondre les résistances hein …

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