Un agenda pour François

François Bayrou, c’est l’Europe. C’est dans les gènes, les tripes, tous les pores de sa peau.

François Bayrou, c’est le Parlement. C’est dans les gènes, les tripes, tous les pores de sa peau.

Pour ceux qui douteraient de ce qui suit, François Bayrou avait déclaré, le 21 octobre dernier : « je voterai ce traité », précisant certes qu’il le ferait sans enthousiasme, ce que personne ne lui demandait au demeurant.

Le 16 janvier dernier, l’Assemblée Nationale a voté le projet de loi constitutionnelle permettant la ratification du Traité européen1. Sur son blog, Dominique Reynié publie le résultat du scrutin. En commentaire, Valéry, du taurillon, s’interroge : « J’imagine que François Bayrou était en campagne municipale ? »

Le fait est que François Bayrou n’a pas jugé utile d’être présent ce jour-là. D’autres ont fait préciser qu’il s’agissait d’une « abstention volontaire ». Pas lui. Il n’est pas non plus intervenu lors des précédentes séances publiques. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il ait été absent, mais cela le laisse fortement supposer.

Laissons à Dominique Reynié le soin de conclure :

Oui, j’ai également trouvé cela très étonnant. Je me souviens d’une formule lancée par Raymond Barre qui en son temps avait été aimablement moquée : « je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire ! » [authentique]. Ce que l’on prenait pour un lapsus, était en fait l’amorce d’une doctrine…
Remerciements à Jmfayard…

  1. pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, non, je ne confonds pas avec la ratification du traité en elle-même []

21 comments

  • Bonjour,

    Je trouve aussi délectable la lecture des résultats du groupe socialiste, pour, contre et abstentions en regards des discours officiels tant sur l’Europe que sa relance nécessaire via ce nouveau traité obligatoire.

    La lecture attentive des noms est un régal.

    Luc

  • Luc,

    à partir du moment où il y a un désaccord (c’est clairement le cas là : il y a une petite minorité contre le traité, une minorité pour qui le désagrément de l’absence de référendum l’emporte sur les avantages qu’ils voient aux traités, une majorité pour dire que les avantages qu’ils voient à ratifier le traité l’emporte sur le désagrément de l’absence de référendum, une minorité qui approuve tout), il n’y a pas 36 solutions, il n’y en a que deux :

    1) soit on opte pour l’unanimité pour préserver l’unité. Dans ce cas quelle peut être la règle ? Il n’y en a qu’une possible : tout le monde s’abstient tant sur la ratification constitutionelle que sur le traité lui-même. Mais alors il faut l’assumer, y compris en disant qu’on est bien conscient e ça ne fera pas obstacle à la ratification, et il faut que vraiment tout le monde le fasse, si Mélenchon d’un côté ou Jack Lang de l’autre font cavalier seul, pourquoi pas les autres ? 2) soit l’option de la clarté et de la règle de la majorité : chacun vote en son âme et conscience et assume son vote, que la majorité l’emporte et basta.

    Toute autre position est absolument ridicule. Celle de dire qu’on va forcer les gens à voter contre leur conscience est ridicule. Celle de Bayrou « pour vivre heureux, vivons cachés » est ridicule. Moi je propose aux électeurs de Pau pro-Bayrou de dire qu’ils sont pour Bayrou et d’aller s’abstenir de voter en mars ! Celle de Mélenchon comme quoi la minorité devrait imposer sa règle à la majorité et tout le monde devrait voter en bloc pour « faire échec à Sarkozy » (sic) est ridicule. Qu’il aille se faire foutre. Celle d’Ayrault qui annonce l’option 1) mais ne l’assume qu’à moitié et n’a pas l’autorité nécessaire pour imposer à tout le monde d’obéir à la règle est ridicule.

    Donc pas d’accord avec vous, moi je suis pour l’option 2)

  • Bonjour Jean-Michel,

    (ouf, j’ai le bon prénom, là, 😉 )

    j’ai du mal à comprendre ton propos. Je m’explique. Au soir du second tour des législatives, j’ai vu Jean-Luc Mélenchon très heureux dire que la droite n’avait pas la majorité qualifiée au congrès, et donc qu’elle devrait passer sous les fourches caudines du PS pour les modifications de la constitution.

    Je suis d’accord avec toi que le PS semble être (et est, je pense) très majoritairement comme toi et moi pour la ratification du traité, ce qui ne doit d’ailleurs en aucun cas signifier pour eux un satisfecit donné à Nicolas Sarkozy.

    Là où je ne comprends pas ton propos, c’est quand tu dis que l’abstention ne bloquera pas la ratification. Il me semble (mais je peux me tromper) que l’abstention est comptée avec les refus, et qu’il faut donc un vote volontaire oui pour conclure.

    Donc, là où un Fabius vote non, conforme à son image, j’aurais voulu qu’un Hollande ne s’abstienne pas mais vote pour, pour mettre en conformité ses actes et son propos.

    Comme toi, j’aurais aimé l’option 2), chacun fait ce qu’il veut et assume. Ma remarque est liée à la différence entre le vote abstention et le propos résolument pro-européen. Mais s’il s’avère que l’abstention laissera le projet se faire, dans ce cas mon propos est nul et non avenu, et donc dans ce cas nous sommes bien en complet accord.

    Et l’absence totale de Bayrou, sujet du billet et de ton amusement est encore plus incompréhensible au vu de l’image sur l’Europe qu’il veut avoir.

    Luc

  • Là où je ne comprends pas ton propos, c’est quand tu dis que l’abstention ne bloquera pas la ratification. Il me semble (mais je peux me tromper) que l’abstention est comptée avec les refus, et qu’il faut donc un vote volontaire oui pour conclure.

    Non c’est l’inverse, une abstention ou une non-participation au vote, c’est quasiment un OUI. En effet, la seule chose qui compte, c’est d’obtenir 3/5 de suffrages exprimés.

    Comme il ne fait pas de doute qu’il y aura un gros bloc UMP, en-dessous mais pas loin des 3/5 du parlement, qui votera massivement OUI, chaque fois qu’un député ou sénateur non-UMP s’abstient de voter ou vote nul, il contribue à faire échouer la manoeuvre de Méluche.

  • « pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, non, je ne confonds pas avec la ratification du traité en elle-même [?] » Ah bon? Il a dit qu’il voterait le traité – Ce vote n’a pas encore eu lieu – Par définition il n’a donc pas voté pour (ni contre d’ailleurs) comme l’ensemble des parlementaires => donc il a menti! parce que bon, son engagement de voter le traité constitutionnel était évidemment un engagement à voter d’autres trucs (oui, il ne l’a jamais dit, mais bon, c’est pas grave on fait comme si) C’est pas un peu capillotracté comme raisonnement?

    La note de bas de page est sympathique, pour repousser les tentations des commentateurs, mais elle me semble tout à fait incompréhensible en l’état.

  • Bayrou l’Européen, c’est aussi risible que Mamère l’Ecologiste…

    PS: la citation « Je ne suis ni pour ni contre… » n’est elle pas attribuée à Coluche ?

  • Jak > je ne prétends pas qu’il ait menti, je trouve seulement ses choix incohérents et plutôt couards. Comme l’indique effectivement la note de bas de page, son absence cette fois-ci ne signifie pas qu’il ne votera pas la ratification du traité. Mais pour quelqu’un qui affirme sans cesse mettre l’Europe et le Parlement au sommet de ses préoccupations, être absent ce jour-là n’est pas de la plus grande cohérence politique.

    Je trouve que ça manque également fortement de courage politique (tout comme la position qui consiste à dire qu’il aurait préféré un référendum : ça ne mange pas de pain quand on est dans l’opposition). Il n’est même pas présent pour assumer une abstention. Il n’a pas cherché à intervenir. On sent le type qui ne veut pas qu’on puisse lui reprocher son vote dans 5 ans. Sur un tel sujet, c’est pour le moins dommage.

  • « ni pour ni contre »… Hé bien ça colle exactement au « ni droite ni gauche » … Ou l’absolue certitude du doute . 😉

  • @amike

    Coluche disait: » je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire… » au temps- autant- Ô temps -otan- qu’il m’en souvienne.

  • Je préfère un socialiste pro-européen qui s’abstient pour ne pas ajouter au bordel dans son parti, à partir du moment où cela ne nuit pas à la ratification, qu’un chef de parti qui s’absente on ne sait pourquoi…

    Pour le reste je suis plutôt d’accord avec jmfayard au sujet de la position du PS, extrêmement bancale, héritage de la culture de synthèse de l’ère Hollande, victilme du laxisme envers les francs-tireurs de 2005.

  • Koz, je suis déçu…

    Oui déçu, car tu n’as pas vu le VRAI sujet derrière Bayrou :

    Faut-il instaurer un service minimum à l’Assemblée ? Ca, c’est la rupture !

    Alàlàlà si j’étais pas là, hein, que ferait-on mon brave monsieur

    Toréador, qui est fatigué…

  • @jmf c’est quoi le laxisme envers les francs-tireurs de 2005? l’excusion de fabius du bureau national du PS?

    malheureusement le clivage au sein du PS est plus profond, que cette histoire de référendum…

  • Francis,

    Exclusion du bureau national… super. Vachement proportionné aux dégats que ça a contribué à entraîné (blocage de l’Europe avec in fine un traité moins bien – sauf s’il ne passe pas et là c’est encore pire ; ratage de sa stratégie visant à se propulser comme candidat aux présidentielles ; victoire de Sarkozy aux présidentielles)

    On ne peut pas à la fois demander un référendum interne pour savoir quelle position son organisation défendra ; et ensuite faire campagne en tirant à boulets rouges sur la position démocratiquement préférée. Le premier et pas le second comme Montebourg ou Peillon : OK. Le second mais pas le premier comme Chevènement : OK. Mais l’un puis l’autre, NON, à quoi sert de s’unir si en retour on n’est pas plus fort ? Fabius aurait dû être viré du PS, tout simplement. Il aurait adhéré au modem ou ce qu’il veut, c’est son problème. Hollande a été trop gentil.

  • @jm

    Très logique jm, Hollande en se gardant bien d’ouvrir une faille bien nette a malgré tout élargi le fossé.

    Mais sa remarque sur la profondeur du clivage qui va bien au delà de la question européenne n’est pas fausse non plus.

  • Je ne vois pas pourquoi Bayrou ferait du zèle alors qu’initialement, il était favorable à une ratification par référendum.

    De plus, comme vous le soulignez, il s’agit de la révision constitutionnelle et non du traité lui-même.

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