On ne lâche rien. Et après ?

ancreOn ne lâchait rien et, déjà, certains se demandaient ce que l’on pouvait bien tenir qu’on ne voulait pas lâcher. #ONLR, mais #QQT ? Et puis, certains se sont mis à ne rien lâcher, oui, mais jamais, jamais, jamais, à l’heure où nous tenions pourtant moins que rien, puisque la loi était promulguée.

Aujourd’hui, d’autres semblent  »refaire le match », en boucle. Ainsi de la proposition d’un CUC, une proposition éventuellement recevable en septembre mais inaudible et décalée en mai, à quelques jours de legaliser le mariage et l’adoption entre personnes de même sexe. Ainsi d’un changement de Constitution, politiquement . Ainsi de cet interlocuteur, qui s’interrogeait hier : « pourquoi refusent-ils le référendum, s’ils sont si sûrs d’eux ? ». C’était un argument de septembre. La loi votée, jugée constitutionnelle et promulguée, le référendum n’est plus une option politique crédible.

Le risque a été pointé depuis déjà quelque temps. C’est celui de l’idolâtrie, qui nous éloigne du sens. Idolâtrie du but, puis des moyens pour l’atteindre puis, enfin, de soi-même (source). Le risque d’enfermement stérile est patent, alors qu’il faut regarder vers les défis à venir.

Gare aux idolâtries qui nous éloignent du sens ! On idolâtre : 1/d’abord son but, 2/puis les moyens pour l’atteindre, 3/enfin soi-même.Tugdual
Il est dans l’ordre des choses qu’une fin de mouvement – à tout le moins de son épisode fondateur – soit marquée par des désaccords sur les suites à donner. Et je ne jetterai pas la pierre à ceux qui veulent encore tenir. Ni, évidemment, à ceux qui Veillent notre société, ni même aux bien inoffensifs Hommen, avec lesquels certains jouent pourtant ridiculement à se faire peur. Leur jeunesse, leur ardeur, leur refus de la résignation a aussi rendu possible une mobilisation que leurs aînés n’imaginaient pas. Ils nous ont botté le train. Mais #ONLRJJJ doit arriver à son terme ou trouver une autre traduction, par principe de réalité. Ce que le pouvoir n’a pas lâché face à une mobilisation historique, il ne le lâchera pas parce que l’on colorera les routes du Tour de France de sweats LMPT.

Il reste que cette visibilité, même sur les routes du Tour, peut avoir un sens. Parce que ce que nous devons refuser de lâcher, c’est notre mobilisation personnelle. Ce que nous devons refuser de lâcher, c’est l’éveil à la chose publique. Ce que nous devons refuser de lâcher, ce sont évidemment nos convictions. Là, oui, certainement, pour le coup, on ne lâchera rien, jamais, jamais, jamais. Sereins, déterminés, tout simplement résolus parce que profondément ancrés.

Car ce mouvement historique n’a pas été vain. L’objectif du retrait de la loi Taubira n’a pas été atteint. Pouvait-il l’être ? Rétrospectivement, ce qu’un mouvement aussi puissant, ce que des centaines de milliers de personnes rassemblées par quatre fois – sans compter les manifestations quotidiennes et les Veillées – n’a pu obtenir, pouvait-il l’être ?

En revanche, en quelques semaines, une génération s’est levée. Merci François. Merci Christiane. Merci Manuel. Elle était prête, frémissante, consciente d’entrer en dissidence dans leur propore société : ils l’ont révélée. En quelques mois, comme l’a rappelé à maintes reprises Tugdual Derville, ils sont parvenus à coordonner contre eux des associations auparavant trop cloisonnées. Des liens se sont créées, des mains se sont tendues, les contacts sont noués. Dans chaque département, un collectif Manif Pour Tous s’est constitué. Ils ne disparaîtront pas demain. Sur Facebook, sur Twitter, une génération – et même plusieurs – se sont connectées et ne vont pas davantage s’unfollower demain.

Il reste à bien employer cette bonne volonté, car c’est bien demain qu’il faut construire avec cette grande énergie et non refaire le même débat. Le travail à mener est un travail en profondeur. Parallèlement à la mobilisation ponctuelle, il faut reconquérir les cœurs et les esprits.

Nous n’imaginons la liberté et l’égalité qu’en lien avec une conception immanente de la vérité
Nous ne sommes pas de leur monde, mais nous sommes dans le même monde. Et nous savons que les sujets requérant notre vigilance ne manqueront pas, poussés par des conceptions dévoyées de la liberté et de l’égalité. Car il est clair aujourd’hui que nous ne partageons pas la même culture. Nos références profondes sont différentes. Nous n’imaginons la liberté et l’égalité qu’en lien avec une conception immanente de la vérité. Il est même possible que nos conceptions de l’homme et de son destin divergent. Peut-être (ce n’est qu’une piste de réflexion personnelle) faut-il même considérer que notre rapport nature/culture diffère : si j’osais la paraphrase, je dirais que la culture ne vient pas abolir la nature, mais l’accomplir. Elle ne vient pas abolir la différence, mais l’accomplir.

Malgré ces enjeux, ces jours-ci, telle ou telle publication lance le débat, ou plutôt propage l’anathème. En voilà tentés par l’exclusive, et l’on pourrait s’attarder sur les mobiles de ces auteurs au profil politique marqué. Pour eux, on devine que rejoindre l’Ecologie Humaine, ce serait renier la Manif Pour Tous. Traduire la mobilisation en engagements associatifs ou politiques à l’invitation des Associations Familiales Catholiques et des Poissons Roses, ce serait « trahir », être récupéré. Traduisant plus ses espoirs secrets que son esprit d’analyse, Le Monde a d’ailleurs fait son miel de cet article aussi mensonger qu’anonyme, et croit voir une dislocation du collectif « la Manif Pour Tous » là où il y a surtout une multiplicité d’initiatives, là où il s’agit surtout de récolter et réensemencer.

Mais l’agit-prop n’a qu’un temps. Ce que la Manif Pour Tous a également démontré, c’est que l’on peut rassembler 650.000 personnes (soyons magnanimes et faisons une moyenne) par trois fois, sans empêcher la loi de passer. Qu’aurait-il donc pu être fait de plus, étant acquis que le cocktail Molotov reste d’un maniement délicat pour un chrétien ?

La suite passe aussi par l’engagement politique au sein des partis
Alors certes, la vie politique est parfois peu compatible avec le goût de l’absolu. Mais sans la présence au sein des partis, rien ne pourra se faire. Tous mes interlocuteurs pro-loi Taubira s’inquiètent d’ailleurs d’une seule chose : la traduction politique du mouvement.

A mon sens, elle doit passer par une présence renforcée au sein des partis existants. Mais elle peut être multiple et s’équilibrer autour de trois pôles :

  1. La mobilisation et l’aiguillon au sein du collectif « La Manif Pour Tous ». Ce collectif peut assurément perdurer, comme une instance de dialogue entre les associations et de mobilisation, y compris lorsque les partis se montrent timorés, ou ne partagent pas les mêmes convictions;
  2. L’investissement dans les partis, en masse tant qu’à faire : c’est le jeu démocratique. Quel que soit le parti de notre choix, tenter d’y insuffler le christianisme le plus sincère ne peut être que positif;
  3. L’inspiration profonde, à travers telle association, comme Fonder Demain, ou tel ou tel courant de pensée, comme le courant participatif Ecologie Humaine, que cette mobilisation a fait germer.

Parce qu’il faut éviter le jusqu’au-boutisme improductif, tirer les leçons de l’action, et porter son regard vers l’avant.

Photo : Steve Snodgrass

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

99 comments

  • L’entrisme de masse dans les partis est une légende urbaine dont les catholiques ont essuyé les plâtres depuis fort longtemps. La démocratie chrétienne de la IV° et de la V° République était pleine de catholiques très convaincus et fort bien formés. Ce sont pourtant ces partis qui ont fait voter la pilule, l’avortement et la réforme du divorce qui sont quand même bien plus importants que le mariage pour tous. Et je ne pense pas que leur base y était si favorable que cela…Il en est allé de même dans un pays comme l’Italie où la démocratie chrétienne a explosé par les scandales. Le combat est d’abord culturel avant d’être politique. Un exemple: qui croit encore que les programmes scolaires sont gérés par le ministre de l’éducation? Ce sont les cabinets et les comités de programme qui ont forcé la main à Chatel sur le gender. C’est là qu’il faut s’investir et permettre l’ascension des gens ayant les mêmes idées car c’est là qu’est le pouvoir de proposition et de décision. Idem pour le journalisme. Mais pour cela il faut arrêter de dire dans ce milieu que seules les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs et le barreau sont des études qui font avancer la société et les motiver à se battre sur le terrain investi par nos adversaires.

  • Superbe et nécessaire ! Une autre façon de dire ce que la CEF a déclaré en tirant le bilan de ces derniers mois. Par contre, je suis un peu plus pessimiste sur le point suivant (cher à Anne-Claude, désolé ) : « L’investissement dans les partis, en masse tant qu’à faire : c’est le jeu démocratique. Quel que soit le parti de notre choix, tenter d’y insuffler le christianisme le plus sincère ne peut être que positif ». Loin de moi l’idée de voir un parti chrétien, je ne crois pas une seule seconde en cette idée. En revanche, il me semble nécessaire de créer un nouveau souffle en politique car aucun (je suis fou oui) des partis en capacité de peser ne peut se réconcilier avec la pensée chrétienne tant la pensée libérale les anime. Bon c’est mon humble avis, il est peut-être démissionnaire mais j’y crois

  • Entièrement d’accord avec vous sur la nécessité de s’engager dès à présent sur d’autres voies. Moi-même, je m’intéresse de près au mouvement « Ecologie Humaine », qui paraît très prometteur.

    Je tiens à néanmoins à faire une remarque concernant la fameuse « agit-prop », ainsi que le #ONLRJJJ. L’utilité à mon sens de montrer qu’on existe encore médiatiquement sur la question spécifique du mariage, c’est d’interdire à nos politiques d’éviter la question dans 4 ans. Une activité sporadique nécessaire, donc, si l’on souhaite un positionnement clair de la droite à ce sujet.

    Mais mon analyse est peut-être mauvaise, et il est clair dans tous les cas que l’essentiel se jouera désormais ailleurs, que ce soit sur les questions de « gender » ou de bioéthique.

  • alors la j adhère a 100% notamment sur l investissement en politique Il faut oser y aller plus on sera nombreux plus la composante famille sera prise en compte Et puis on peut créer des think thank aussi et enfin vous n en parlez Koz les lobbies européens et nationaux c est fondamental et très professionnel Merci encore pour vos billets

  • Je rejoins votre analyse. Maintenant que le gouvernement nous a donné l’envie d’avoir envie, engageons nous dans ces différentes initiatives. Mettons notre grain de sel et donnons à notre société ce petit goût d’authentique qu’elle oublie parfois.

  • @ Chatcovert : Je ne crois pas m’opposer vraiment à cela, dans mon article. Ce que je crains, et qui a été illustré par quelques messages que j’ai reçus (sur twitter ou facebook) c’est vraiment l’enfermement que j’évoquais. Mais rester visible, porter les couleurs, je n’y vois pas de difficulté.

    @ Vincent : je suis d’accord avec vous mais on peut s’investir sans cautionner pour autant. Entrer dans un parti, ce n’est pas nécessairement en approuver toute la ligne, cela peut aussi être une façon de l’influencer. Il sera probablement difficile de l’influencer immédiatement, mais en les désertant, on se retrouve in fine avec des députés investis sur d’autres valeurs que les nôtres.

    @ venot : à vrai dire, les Think Tanks, je crois qu’ils existent déjà en grande partie (et Ecologie HUmaine vient en renfort). Nous ne manquons pas de cercles de réflexion, mais je crains que nous ne manquions davantage d’engagement. Le catho aime bien la réflexion, mais il répugne facilement à l’engagement en politique, qui nécessite des compromis et de s’asseoir à côté de gens dont on ne partage pas nécessairement les idées. Je le sais : c’est tout moi.

  • Merci pour cette analyse fine et équilibrée comme toujours. Parmi les mouvements dignes d’intérêts qui émergent je signalerais également : - Le mouvement France Citoyenne de Philippe Brillaut (Maire du Chesnay, mandataire des pétitions au CESE) http://www.francecitoyenne.fr/index.php/le-collectif/ - Le Forum Civique de l’Espérance dont le récent « Appel pour une politique au service de l’Homme » est clairement fondé sur la doctrine sociale de l’Eglise http://leforumcivique.fr/ Le mouvement d’opposition à la Loi Taubira a fait ressurgir un désir de paroles de vérité chez nos concitoyens. Gageons qu’au-delà des paroles, ce sera sur des actes vrais que seront jugés les mérites de toutes ces belles initiatives. Mais on ne peut plus attendre d’être sûr de ne pas se tromper… où que ce soit, il est temps pour chacun de s’engager !

  • @Erwann : « Entrer dans un parti, ce n’est pas nécessairement en approuver toute la ligne, cela peut aussi être une façon de l’influencer. » C’est vrai, cependant les 2 partis que nous connaissons aujourd’hui fondent leur politique sur un raisonnement libéral, ce qui me paraît rendre impossible toute volonté de vouloir influencer quoique ce soit en leur sein. Entrer dans un parti pour remettre en cause ses fondations me paraît vain et risque de gaspiller énormément d’énergie.

    « [...]en les désertant, on se retrouve in fine avec des députés investis sur d’autres valeurs que les nôtres. » Très juste… (là je suis en train de réfléchir) d’où mon intuition de dire que notre place se trouve dans un nouveau souffle politique (d’autres partis éventuellement) ou peut-être de courants naissant de l’écologie humaine. La difficulté ici sera dans l’inégalité du combat face aux machines de guerre que sont l’UMP et le PS. Cependant le paysage politique actuel manque cruellement d’une pensée cohérente que beaucoup de Français demandent (catho ou pas) donc il y a certainement de la place. Reste à être audible, réaliste et bon.

  • Tout à fait d’accord.

    J’ai été stupéfait de la violence de l’article de Nouvelles de France (http://www.ndf.fr/poing-de-vue/13-06-2013/un-traitre-cest-toujours-quelquun-qui-etait-un-ami), assez complaisamment relayé par le Salon Beige.

    J’ai du mal à comprendre que certains parlent de récupération ou de trahison lorsqu’il s’agit simplement de traduire un mouvement en action politique.

    La forme la plus simple et la plus normale d’engagement dans la cité, il me semble que cela reste l’engagement politique, même si c’est moins romantique et moins fun que les coups médiatiques.

    En France aujourd’hui, la juste voie d’opposition à Hollande et au gouvernement socialiste, c’est le combat politique, pas les appels à la Résistance et le procès en légitimité. Je détestais qd les #degauche peignaient Sarkozy en dictateur. Je comprends mal la complaisance avec laquelle certains parlent de « rafle », « enfants gazés », « presse collabo » etc. Tout ça n’est ni décent, ni efficace. Il y a tout de même d’autres moyens de frapper les esprits et d’éclairer les consciences que de singer l’agit-prop des Femen et le simplisme de la presse de gauche…

    Cela n’empêche pas de critiquer le clientélisme du pvr socialiste, l’étroitesse de son anthropologie et le passage en force de la loi Taubira. En tout cas, il est temps que chacun puisse suivre sa voie sans que les « belliqueux » jettent l’opprobre sur les « politiques ».

    Il faut craindre que le label LMPT perde un peu de sa richesse après avoir, pendant plus de 6 mois, réuni tant de sensibilités différentes. Il serait dommage que, au deuxième semestre 2013, « LMPT » finisse par signifier la même forme d’engagement que le « Printemps Français » au premier semestre 2013, au risque de laisser en chemin nombre de sympathisants moins radicaux/courageux.

    Sauf si chacun peut repartir de cette grande bataille dans un « véhicule » qui convient à sa sensibilité, et que ces « véhicules » acceptent de s’estimer, de se parler et de se coordonner lorsqu’il faudra, bientôt, retourner dans la rue en rangs serrés.

    Les « belliqueux » sont efficaces sur le court-terme : en pourrissant les déplacements des ministres et harcelant l’espace public, ils contribuent à repousser la loi sur la famille, la GPA, etc.

    Les « politiques » seront efficaces sur le long-terme en investissant les cercles de décision des partis. Plus spécialement à l’UMP, ils contribueront à dé-boutiniser les idées d’inspiration chrétienne. Aucune raison que soient marginalisées des personnalités comme Mariton, Poisson ou Breton. Aucune raison qu’un Wauquiez doive cacher ses convictions s’il veut rêver à un destin national. A mon sens, il faut moins redouter que l’UMP récupère LMPT qu’œuvrer pour que LMPT « récupère » l’UMP.

  • Mais que faire quand tous les partis nous dégoûtent ??? Je n’ai nulle envie d’aller militer avec des politacards UMP ou de me frotter aux nationalistes du FN :( un parti vraiment chrétien dans son message si ce n’est dans sa nature ( un parti inspiré de la philosophie chrétienne mais ouvert à tous) doit voir le jour pour que nous puissions tendre les bannières de la vérité !!!!

  • Je te suis bien jusqu’aux trois quart de ton billet, après j’aurais juste quelques réserves. Il y a celle de Vincent que je partage assez, mais qui n’est pas la principale. Toutefois, il est bon de noter que ce mouvement a réussi à rassembler en dehors justement au-delà des clivages politiques, et on sait que l’esprit partisan a tôt fait de manipuler les bonnes volonté : je parle au sein d’un même coeur, hein. Dans le contexte actuel de la culture partisane, n’est-il pas suicidaire de re-tenter de faire cohabiter dans une même personne le service de la vérité et l’engagement partisan. C’est sans doute ce qui fait dire à la CEF dans le communiqué d’hier que toute récupération partisane de ce mouvement est inadmissible. Je sais que ça ne veut pas tout à fait dire la même chose, mais il faut se poser la question du pourquoi c’est inadmissible : après tout un parti pourrait être, par la voix de ses dirigeants, de bonne foi en tentant de « récupérer » ce mouvement, pour vraiment en partager les objectifs. Si cela reste suspect a priori c’est qu’il faut bien désormais considérer a priori une inclination à la perversion de l’engagement intrinsèque à l’esprit de parti.

    L’autre point où je suis réservé, c’est sur le fait de faire perdurer « La manif pour tous ». Alors là ce sera sans doute très subjectif, mais d’une part je crois que les récents tumultes au sein du collectif sont moins liés à sa sortie de scène qu’au fait que, dès le départ du mouvement, il avait déjà été récupéré. Je pense en particulier à Frigide, qui avait trouvé là une excellente occasion de satisfaire son gout des projecteurs en plus de son engagement au service de la foi (oui, ce n’est ni tout blanc et tout noir, mais franchement dès le début il y a du gris, hein). D’où son amertume, et sa « revanche » quand enfin le noyau actif s’est décidé à lui tenir tête. L’autre aspect avec ce mouvement c’est que, sans nier tout ce qu’il a eu de positif, il s’enracine en partie dans des méthodes et un langage clairement emprunté à ses adversaires. Bon voilà, c’est peut-être juste épidermique, mais moi ce « pour tous » qu’on remet à toutes les sauces, me sort par les yeux. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est aussi critiquable que quand le rapporteur du projet de loi tentait de l’appliquer au concept de mariage.

    Enfin dernier point, qui ne contredit pas tout ce que tu dis, mais qui est une étape intermédiaire essentielle, sans doute en cours depuis longtemps, mais pas assez souligné ou partagé avec le public, c’est le débriefing de la mobilisation, justement. Un peu ce que tu fais là, mais plus poussé dans le détail, avant d’aller créer autre chose. Je pense notamment au courant d’écologie humaine qui se monte. Il y a des tas de choses qui posent questions, et en premier lieu le rapport à Dieu dans tout ça, la foi des uns et des autres, à l’oeuvre ou pas, tenue sous silence ou pas. Est-ce qu’on est parti dans une redite de l’Action Catholique à la sauce « enfouissement » ou est-ce qu’on réfléchit à faire autrement ? Est-ce qu’on prend son courage à deux mains en rappelant que « tout l’homme » ça inclut aussi sa dimension spirituelle (et donc on mesure les enjeux du dialogue interreligieux pour une véritable mobilisation plurielle), ou est-ce qu’on fait du lobbying faussement aconfessionnel ? Voilà, j’imagine qu’une partie des enjeux du lancement du mouvement c’est ça, mais pour l’instant je n’ai pas ressenti vraiment de volonté claire de s’asseoir et de faire notre saine autocritique de cet engagement extraordinaire des derniers mois pour voir comment pas seulement « traduire » le mouvement en autre chose, mais aussi avancer.

    Bon voilà, désolé pour la longueur. Je ne commente plus souvent, heureusement.

  • Engagement « politique », ça peut aussi vouloir dire prendre le temps de repérer l’adjoint chargé de l’éducation dans sa commune/ son arrondissement, et demander rendez-vous pour lui parler de nos craintes devant l’idéologie déployée par Peillon.

    Ca peut être adhérer au PCD pour faire poids, au sein de l’UMP.

    Ca peut être aller à une des ces réunions publiques organisées ici ou là, et oser l’ouvrir sur des sujets qui nous tiennent à cœur.

    Faute de temps et d’énergie, le manifestant type LMPT se contente du strict minimum (voter), alors que le manifestant type pro-Taubira remplit l’espace public de ses revendications et de ses souffrances. Pas étonnant que les politiques entendent davantage les seconds que les premiers et oublient qu’il existe encore des chrétiens convaincus parmi les électeurs. Cf précédent billet de Koz. Cf erreur stratégique du gvrt d’avoir pensé pvr faire passer ss dommage mariage+adoption+PMA… Cf auditions de Mgr 23 et le mépris du député l’invitant à envoyer ses ouailles dans la rue « s’il vous en reste »…

  • La question est bonne mais on a déjà un peu la reponse. En conservant l’elan d’un collectif clairement identifié, la manif pour tous a déjà obtenu des reculs notables sur la theorie du genre ou la PMA. Qu’en sera-t-il quand elle se dissoudra considerant de facon purement formelle qu’elle a une durée de vie limitée?

    En réalité la seule traduction légitime de ce mouvement c’est une traduction associative très active, car ce qui a regroupé les différentes composantes de la manif pour tous n’est pas de nature à générer un parti politique complet (quelle ligne socio economique?). On peut renommer la chose ecologie humaine, mais jeter une marque établie a la poubelle n’est pas tres efficace.

    La manif peut donc continuer sous son nom, reprendre les principes de l’ecologie humaine et passer aux autres sujets qui nous attendent. Concernant le mariage et l’adoption homo c’est plus delicat car l’agitation risque de tourner à l’exasperation des autres citoyens. Il faut donc passer a des modes d’action plus subtils sur le sujet, mais pas forcement laisser tomber.

    L’accessibilité des meres veilleuses et des veilleurs permet le dialogue sérieux donc evite la caricature et le ressenti violent par celui auquel ils s’adressent. Une campagne de fond pour un referendum sur la constitutionnalisation du mariage homme femme est un pari qu’aucune manœuvre politicienne ne pourra contourner, meme si clairement il n’est pas gagné : la majorité serait contre, mais la participation sera limitée aux plus motivés, résultat à voir.

    Le referendum d’initiative populaire serait donc la voie à attendre, et une bonne reponse au gap institutionnel majeur decouvert pendant ce debat lors du sabordage du CESE : il n’y a aucune expression coercitive du peuple entre deux élections, sur aucun sujet, quel que soit le niveau de la mobilisation ponctuelle. Que des manifs « consultatives » : pas franchement démocratique…

  • Merci Koz, encore un article brillant et inspiré. L’engagement dans les partis est certainement une option etpeut être la meilleure dans certaines circonstances. Néanmoins, et compte tenu de la deliquescence philosophique de ces partis (qu’il soient de couleur rouge, rose, bleu ou orange), déliquescence constatée dans le cadre du débat MPT, je m’interroge sur la pertinence d’un engagement local sans étiquette. A suivre donc….

  • Et si nous nous attaquions, vraiment, à la défense de TOUS les enfants maltraités ? parce que les blessures faites aux enfants n’ont pas attendus la loi T* et qu’il me semble que l’ Eglise a été bien silencieuse sur ce sujet ces derniers mois . Qu’en est il des enfants qui mendient dans nos rues sur ordre de leurs parents ? Qu’en est il de ses enfants qui se taisent pour protéger leurs parents ? Qu’en est il de tous ces enfants dont les familles sont au dessous du seuil de pauvreté et qui doivent vivre dans des logements indignes selon le vocabulaire juridique ? Savons nous voir la maltraitance à coté de nous ? elle sévit dans tous les milieux riches ou pauvres.

    Il est vrai qu’un certain archi-diocèse nous propose de mettre [notre] ISF au service de l’Eglise !

    Où se situe « mon » Eglise ? J’avoue me sentir fort mal à l’aise.

  • @ Dupré : et, à votre avis, ceux qui décident des programmes scolaires, ils n’ont pas la carte du parti ?

    Je suis d’accord avec vous pour dire qu’il y a d’autres formes d’action et d’influence, mais elles ne sont pas exclusives l’une de l’autre.

    Vincent a écrit ::

    C’est vrai, cependant les 2 partis que nous connaissons aujourd’hui fondent leur politique sur un raisonnement libéral, ce qui me paraît rendre impossible toute volonté de vouloir influencer quoique ce soit en leur sein. Entrer dans un parti pour remettre en cause ses fondations me paraît vain et risque de gaspiller énormément d’énergie.

    Pas d’accord. D’une part, parce qu’il n’est pas désespéré de changer ces fondations, si elles en constituent effectivement. D’autre part, parce que les courants libéraux/libertaires ne sont que des courants. Pour ne parler que de l’UMP, on ne peut pas dire que les fondements soient spécialement libéraux( à tout le moins au sens moral). Au demeurant, et même si la société a évolué entretemps, il suffit de remonter à quelques années pour trouver un autre fondement à une bonne partie de la droite, le gaullisme. Enfin, le libéralisme d’un Raffarin par exemple n’est visiblement pas incompatible avec nos convictions.

    Vincent a écrit ::

    Très juste… (là je suis en train de réfléchir) d’où mon intuition de dire que notre place se trouve dans un nouveau souffle politique (d’autres partis éventuellement) ou peut-être de courants naissant de l’écologie humaine. La difficulté ici sera dans l’inégalité du combat face aux machines de guerre que sont l’UMP et le PS.

    Je ne cesse de m’interroger sur la possibilité, la réalité, l’opportunité d’un parti d’essence démocrate-chrétienne. J’avoue que les évolutions actuelles me rendent de plus en plus dubitatifs. S’il s’agit d’un parti indépendant des grands partis, comme certains le réclament à cor et à cris, je crains que son influence soit extrêmement marginale. Un « parti chrétien » en France peut-il dépasser 2% ? Qu’obtient-il avec ça ?

    Je suis spécialement intéressé ces temps-ci par le courant Ecologie Humaine (je ne me suis pas beaucoup intéressé aux autres, à vrai dire). Pourquoi ne pas imaginer qu’il soit le porteur de ce corps de pensée structuré ?

    @ stanislas : je crains de devenir désagréable si je commence à développer mon sentiment sur cet article et sur ce qui peut le motiver. Je vais essayer de rester aussi productif que possible…

    Je mettrais un bémol à votre analyse sur les « belliqueux » : c’est tous ensemble que l’on a fait reculer (dans le temps) le gouvernement sur la loi Famille et la PMA.

    D’accord en revanche sur le sens de la « récupération » : c’est précisément ce que j’entends dire dans mon billet. Entrer à l’UMP ou à l’UDI ne signifie pas cautionner ceux, en leur sein, dont nous ne partageons pas les idées, mais renforcer les autres.

  • Merci pour ce super article, que je partage tout à fait ! @pneumatis : sur le fait de reprendre les codes des « adversaires », cela me semble perso une excellente idée, pour donner envie, et pour se situer clairement du coté du dynamisme, et non du coté de la réaction. Au moins, les clichés sur « la manif jupe serre-tête » sont tombés à plat. => utiliser les codes formels de la culture dominante pour la subvertir sur le fond (et pouvoir toucher ainsi ceux qui baignent dans cette (sous-)culture)

  • Koz a écrit ::

    Pas d’accord. D’une part, parce qu’il n’est pas désespéré de changer ces fondations, si elles en constituent effectivement. D’autre part, parce que les courants libéraux/libertaires ne sont que des courants. Pour ne parler que de l’UMP, on ne peut pas dire que les fondements soient spécialement libéraux( à tout le moins au sens moral). Au demeurant, et même si la société a évolué entretemps, il suffit de remonter à quelques années pour trouver un autre fondement à une bonne partie de la droite, le gaullisme. Enfin, le libéralisme d’un Raffarin par exemple n’est visiblement pas incompatible avec nos convictions. Je ne cesse de m’interroger sur la possibilité, la réalité, l’opportunité d’un parti d’essence démocrate-chrétienne. Je suis spécialement intéressé ces temps-ci par le courant Ecologie Humaine (je ne me suis pas beaucoup intéressé aux autres, à vrai dire). Pourquoi ne pas imaginer qu’il soit le porteur de ce corps de pensée structuré ?

    Sur le point n°1 : n’oublions pas que le « libéralisme », plus qu’un courant est une philosophie. C’est à dire une pensée construite sur une vision de l’Homme. Vision de l’Homme incompatible avec la vision chrétienne puisque sa finalité est l’individu. C’est pour cela qu’on ne peut séparer l’analyse économique de l’analyse morale puisqu’elles participent d’une même théorie sur l’humanité et sa finalité. C’est pourquoi, avec tout le respect que j’ai pour M. Raffarin, il est impossible de maintenir une pensée morale en accord avec la pensée chrétienne tout en prônant une pensée économique antagoniste à cette dernière. Ne nous y trompons pas, la pensée libérale (je l’entends ici au sens global, pas uniquement économique ou moral) veut l’individualisme à tous les niveaux et n’est donc pas supportable à aucun de ces derniers. L’un provoquant inévitablement l’autre.

    Sur le 2ème point, je suis entièrement d’accord. Je ne crois pas une seule seconde en la possibilité d’un parti chrétien. Impossible à maintenir, inaudible et complètement à côté de la plaque quant à la réalité dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

    Sur le 3ème point : je crois que nous fondons le même espoir. Il y aura de nombreux écueils à éviter mais cela me paraît effectivement une piste très intéressante.

  • @ Koz:

    Parce qu’en arrivant en terrain hostile avec des gros sabots de militants encartés ça fera évoluer les choses et ça permettra d’intégrer ces comités? Nul besoin d’être encarté, il suffit d’être sympathisant (je parle d’expérience car j’ai un proche qui a gravi les échelons comme cela, sinon ça aurait été très compliqué pour lui de demeurer en place avec ce gouvernement: mais maintenant il peut agir).

    De plus les nominations sont faites sur proposition, mais quand il y a peu de monde de bien à proposer parce que nous avons déserté ce secteur c’est problématique…

    Mais surtout ces gens sont issus principalement des fonctionnaires qui travaillent dans l’éducation ! Et si des gens bien formés grimpent les échelons et font ensuite remonter des gens bien formés (comme on fait pendant 20 ans les tenants actuels de l’éducation obéissant en cela aux principes posés par Gramsci) alors on fait bouger les choses. Quelques membres des comités en question, les fonctions qui leur ont permis d’y parvenir sont édifiantes à tout point de vue pour la grande majorité. http://www.hce.education.fr/index.php?p=5&art_id http://www.education.gouv.fr/cid57627/les-comites-techniques.html#La_composition%20des%20comit%C3%A9s%20techniques

  • @ oim : comme j’essayais de le dire, je ne vois pas d’exclusive. Ce n’est pas la Manif Pour Tous ou Ecologie Humaine. Cela peut tout à fait être les deux. En revanche, il ne faut pas se leurrer : l’unité qui peut se faire dans l’action se fera plus difficilement dans l’engagement politique. Quand j’hésite entre l’UDI et l’UMP, d’autres hésitent entre le Rassemblement Bleu Marine et le FN, et je doute que nous puissions bâtir un corpus d’idées commun.

    @ Cube : au contraire, la déliquescence philosophique des partis est peut-être une chance pour ceux qui sont structurés. Il ne s’agit pas, en nous engageant, d’attendre que les partis nous disent quoi penser, mais de leur dire ce que nous pensons. L’engagement local est bien, c’est certain. Mais il faut aussi des députés, puisque ce sont eux qui votent les lois. Et les conditions du jeu politique laissent peu d’espoir aux candidats hors partis.

    @ Philippine: Péguy le disait de Kant, mais cela peut s’appliquer à d’autre ssituations :

    Ils ont les mains pures, mais ils n’ont pas de mains

    Devons-nous attendre qu’un parti nous soit intégralement fidèle pour militer en son sein ? Il n’y en a aucun. J’ai regardé un temps le PCD mais, franchement, les dernières évolutions de Christine Boutin, et le caractère fluctuant de sa ligne ne me convainquent pas.

    Adhérer à un parti, cela ne signifie pas nécessairement approuver ses responsables, ou s’obliger à voter pour eux.

    @ gaetane : mais Gateane, qu’est-ce qui empêche de se préoccuper de toutes les maltraitances ?

    Il y avait par exemple à l’UMP il y a peu encore un député du nom d’Etienne Pinte, qui n’a jamais renié ses convictions un peu décalées par rapport au reste de l’UMP. Il peut y en avoir d’autres.

    Pneumatis a écrit ::

    Bon voilà, désolé pour la longueur. Je ne commente plus souvent, heureusement.

    Je crois que nous sommes deux à ne pas savoir faire court. Mais bon, je vais essayer de répondre un peu tout de même.

    Pneumatis a écrit ::

    Dans le contexte actuel de la culture partisane, n’est-il pas suicidaire de re-tenter de faire cohabiter dans une même personne le service de la vérité et l’engagement partisan.

    Je ne le pense pas. C’est un peu ce que j’évoque avec le goût de labsolu vs la culture du compromis. L’absolu, tu ne le trouveras pas dans un parti, c’est évident. Pas plus que la pureté. Ni la satisfaction spirituelle. Il faut être au clair avec ce que l’on y cherche, et ce que l’on en peut pas y trouver.

    En ce qui me concerne, je ne cherche absolument pas à trouver dans un parti une dimension spirituelle. Cela n’interdit pas aux membres d’un parti de se retrouver à quelques-uns pour faire vivre cette dimension mais, de la même manière que sur ce blog, j’intègre la dimension laïque de notre démocratie, outre la nécessaire efficacité. Enfin, l’exemple récent de Christine Boutin ne fait qu’illustrer la crainte que j’ai de trop m’afficher comme catholique : les errements – dont personne n’est à l’abri – sont susceptibles de rejaillir sur tous les catholiques, quand bien même ils ne sont pas membres du parti concerné.

    Bref, pour moi, il faut ce que l’on cherche et où le chercher. Ma vie spirituelle ne se trouvera jamais dans un parti. En revanche, j’ose espérer qu’elle irriguerait mon engagement politique.

  • @Aimé : je ne sais pas toi, mais « reprendre de l’existant » n’est pas synonyme de « dynamisme » et « inventer du neuf » n’est pas synonyme de « réactionnaire ou conservateur » chez moi. En fait, c’est un peu tout le contraire. Je crois que quand on reprend les méthodes de l’adversaire, outre le fait qu’on s’identifie à lui, on renonce surtout à la formidable créativité qu’est censée nous inspirer l’Esprit. C’est d’autant plus grave quand les codes qu’on récupère sont ceux qu’on a critiqué juste avant. Dans un autre registre, j’en est autant à l’égard de ces catholiques tradi qui crient alarme contre l’Islam radical mais cachent difficilement leur fascination pour leur pratique religieuse. C’est ce que j’appelle s’identifier à l’adversaire. Bon après, je ne voudrais pas non plus me cantonner à la critique hein, dans la balance ça reste assez peu de choses, mais je crois qu’on ne construit bien du nouveau qu’en assainissant bien les détails aussi, qui parfois ont pu se justifier dans la précipitation de la mise en place, mais qui doivent ensuite passer à l’épreuve du discernement.

  • @Koz : on est d’accord, je n’attends pas d’un parti politique qu’il donne dans le spirituel… d’ailleurs je n’attends plus grand chose d’un parti politique, pour être sincère. Je rejoins assez l’idée exprimée plus haut que la traduction devrait plutôt se reporter sur le modèle associatif. Mais je crois aussi à la mise en oeuvre des conditions d’un développement dans la collégialité, donc de la pluralité de mouvements qui dialoguent et collaborent.

    Sinon, pour rester sur la question du spirituel, d’un mouvement qui réfléchit à ce qui fait « tout homme et tout l’homme » j’attends qu’il s’interroge sur l’environnement et les relations sociales (l’écologie, quoi) dans lesquels peut se développer cette dimension spirituelle de l’homme : des religiosités diverses, des rites variés, des doctrines contradictoires les unes avec les autres, mais aussi des volontés de dialogue et de se rencontrer. Même la question de savoir si un état peut vraiment être areligieux doit être posée en écologie humaine. Et si la réponse est non, mais qu’il faut bien faire avec, il faut alors poser la question de l’avenir des cultes, et de la foi personnelle et vécue de chacun dans un état qui est en réalité plus athée qu’il n’est areligieux. Ce n’est qu’un exemple, mais c’est à proprement parlé de l’écologie humaine, je crois.

  • Merci pour vos réflexions, Me Koz : vous êtes avec Tugdual Derville les 2 voix « principales » que je retiens de cette mobilisation. Il y en a plein d’autres dans la twittosphère, aux veilleurs, etc … Mais … Je ne suis pas d’accord sur tout ce que vous écrivez ! 1) continuer la manif pour tous au tour de France un peu par défaut : oui, ce n’est pas génial comme idée, mais le code du monde d’aujourd’hui c’est de faire dans l’apparence, pas dans la substance. Alors astreignons nous à ne pas négliger l’apparence une fois que la substance sera solide ! 2) aller en politique dans les partis : j’ai fini par écrire ma profession de non-foi au frontispice de mon temple tweeter « militant isolé @ non-parti ds agnostiques politiques » … Vous avez raison sur le fonds, mais Aron surtout a raison qui indique que le choix d’un coté, puis implicitement d’une logique bipolaire de partis, c’est l’hémiplégie. Même si je sais que les choses ne changent que de l’intérieur, l’offre politique des partis établis, de tous, ne me satisfait pas, et les barrières à l’entrée sont trop fortes. Je ne suis pas comme vous un tennisman, mais je crie balle neuves !

  • @ Koz: Certes, le parlement fait plus de lois qu’un conseil municipal et sa portée n’est pas la même. Néanmoins, ne deviens pas député qui peut et qui plus est, de nombreuses personnes en désir d’engagement sont novices en politique (y compris moi-même;-). Une condition pour se lancer et pour dure peut donc être la proximité de territoire et de faisabilité (2014 vs. 2017). Mais mon point de vue n’exclut bien sûr pas que certains puissent se sentir appeler à s’engager dans des partis pour faire progresser leurs idées/champions aux prochaines législtatives…

  • @pneumatis : pour qu’il n’y ait pas de malentendu, quand je parle de dynamisme et de reprise de code culturel, je veux juste dire que les sweat-shirt roses, les drapeaux LMPT et la pop music me semblent beaucoup plus pertinents que par exemple de réciter le chapelet dans la rue, tu vois. C’est pour ça que je parlais de codes, pas de méthode. J’ai un peu honte, mais perso j’ai largement plus envie d’aller à une manif où ça bouge plutôt qu’à une manif ‘chapelet’ :) (ou même qu’à une manif syndicale à l’ancienne, d’ailleurs…)

    sur le fond, je ne crois pas qu’on puisse faire du politique sans faire de la politique , si tu me pardonnes ce jeu de mot douteux. Si on veut faire passer une autre vision de l’homme et du « vivre-ensemble », on ne peut pas rester juste dans la réflexion, il faut à mon avis accepter de descendre dans l’arène, parce que personne ne va y descendre à notre place… Et donc entrer dans le rapport de force, se salir (un peu) les mains, etc., etc. C’est pour cela qu’on ne peut pas à mon avis faire de la politique en tant que chrétien , car quand on est chez César, on ne peut pas rester les mains pures comme un kantien sans main (cf Koz). Par contre, on peut être chrétien et faire de la politique , et défendre des valeurs issues de la DSE, qui ne sont pas spécifiquement catholiques, mais conformes pour moi à une certaine idée du bien commun.

  • @ Koz: et voilà et donc Ecologie Humaine va se rajouter comme think thank et formation je maintiens qu on manque de lobbies non pro vie a Bruxelles ce sont en gros les seuls qui défendent le famille

  • @ Vincent: @ Vincent: @Vincent nous avons tous lâché nos politiques nous votons contre et pas pour ça peut changer non ? En revanche nous avons besoin d unité pour progresser de gens qui savent garder un cap était ce notre rôle de trouver une porte de sortie alors m^me qu aucune négociation était en vue ..doit on afficher ouvertement notre ligne pour 2017 au risque de la voir contrecarrer par l’adversaire il ne me semble pas. Il y le off et le on pas évident pour les femmes :-)

  • A mon sens, plusieurs niveaux d’engagements sont possibles:

    *ne pas négliger le niveau européen : ce n’est pas à un avocat que j’apprendrai le pourcentage de textes votés par le parlement qui est issu de nos chères directives…. Dans ce cadre, au sein des syndicats professionnels, il y a des places à prendre. Et croyez moi, négocier le bout de gras avec les ministères sur la traduction de la DCSMM ou de la directive déchets , ça n’a rien d’une partie de plaisir, mais l’écologie humaine y a toute sa place. :)

    *de nombreuses structures cherchent désespérément des participants qui prennent le temps de s’y investir : caisses d’allocations familiales, conseil d’administration des hôpitaux par exemple. Et c’est urgent, avec ce qu’on nous prépare sur la fin de vie. savez vous que pour les hôpitaux, les associations d’usagers disposent là d’une tribune? et que cette tribune , faute de candidats, est parfois occupée par des actifs partisans de l’euthanasie? Ceux qui veulent passer la main ne trouvent souvent que peu d’écho dans leur paroisse….

    *Dans les communes de taille réduite, un bon engagement associatif peut vite amener à des responsabilités au sein d’une équipe municipale…. Dans les plus grosse communes, investir les conseils de quartiers…

    *Coté parlement, par contre, le système me parait très verrouillé. En bonne provinciale, je pense qu’il faut viser les conseils Régionaux, les conseils généraux où le travail de terrain via le milieu associatif, par exemple, peut vous apporter une vraie visibilité. Et le conseil général, c’est souvent la marche vers le sénat.

    Voilà un travail pour les étudiants qui ont joyeusement animé nos manifs : recenser les lieux de décision, la composition de tous les comités, conseils , commissions etc…sur les sujets qui nous tiennent à cœur (éducation, santé, travail, environnement, urbanisme…) et voir comment on peut y faire de l’entrisme pour y défendre notre conception de l’écologie humaine.

    Sans oublier de se former. Le mouvement des veilleurs peut trouver là une formidable opportunité pour continuer: structurer la lecture des textes autour d’un programme de formation . ,

  • Voilà de profondes et passionnantes questions posées. Cela dit, je me sens assez en phase avec Vincent et Pneumatis. Et sincèrement je ne crois pas qu’il soit encore possible d’aller bien loin en utilisant le jeu de partis en place – ce système digèrera et réduira à rien la mieux intentionnée et la plus massive des tentatives d’injection « d’humanisme chrétien », si j’ose dire. D’autant plus que si un parti chrétien ne peut réunir plus de 2% des Français, alors, quelle serait donc la masse maximale que nous pourrions injecter dans les partis en place ? Sûrement bien inférieure à la masse critique… Si oui, cent fois oui, il est nécessaire de réinvestir le politique, le souci de la cité qui n’aurait jamais dû quitter le citoyen, n’est-il pas temps aussi de réinventer la politique, cad les moyens de traduire en actes ce souci de la cité ? Comment ? Je ne sais pas, mais pourquoi pas y réfléchir ? Des groupes qui dialoguent, des associations enracinées dans le local et non seulement gouvernées de loin, une vraie démocratie de proximité (cela peut, il est vrai, passer par les partis traditionnels, mais au niveau le plus local)… que sais-je. S’il faut être le sel de la terre, et que nous ne sommes pas nombreux, commençons par ne pas nous jeter dans des bassins d’eau douce si vastes que nous ne ferions que nous y dissoudre sans aucun résultat sensible… Simple idée en l’air et bien difficile à concrétiser, j’en conviens.

  • Je dois être affreusement pessimiste mais je ne crois plus à un engagement chrétien dans les partis dominants actuels (PS, Front de gauche, Modem, UDI, UMP, FN). Ils ont tous prouvé le mépris qu’ils ressentent vis-à-vis des chrétiens en général et des idées défendues par la Manif pour Tous. La gauche (PS, Front de gauche, Ecolos, je les avais oublié ceux-là!) l’a fait de façon plus nette avec l’audition de Mgr 23, les propos de Mme Duflot sur les biens immobiliers de l’Eglise, et j’en passe, il y en a tellement…

    La droite et l’extrême-droite l’a fait aussi mais de façon plus insidieuse. Tout le monde a bien vu que l’UMP (et encore pas tous) a rejoint la MPT très tardivement lorsqu’elle s’est rendue compte qu’elle pouvait en tirer un bénéfice politique face au gouvernement. Quant au FN, le moins qu’on puisse dire, c’est que Marine Le Pen a été très discrète sur le sujet!

    Rappelez-vous aussi comment Mme Boutin a été virée comme une malpropre du gouvernement quant elle n’a plus été utile pour rallier le vote catho.

    Et puis, la multiplication des « affaires » touchant tous les partis me dégoûte des politiques actuels (oui, oui, je sais : je suis un affreux populiste!!!).

    Je crois toujours en revanche à la création d’un mouvement politique d’inspiration chrétienne qui s’inspirerait notamment de la doctrine sociale de l’Eglise. Si les chrétiens s’engagent dans les partis existants, je crains qu’ils ne servent que d’idiots utiles.

  • Bel article, au fond je rajouterai une quatrième porte de sortie dans la direction de @ Dupré : aller vers la recherche universitaire, le journalisme, en particulier par les voies de la sociologie / philosophie, celle de l’université, qui tient les réseau de pensées dominants. Tout en gardant ses racines. Le hic, c’est la très grande difficulté de « tenir », de rester solide sur ses fondations. Et il m’apparait nécessaire que des intellectuels catholiques soient capables d’accompagner ceux qui se lanceront (je n’ai plus l’âge) car il est difficile de résister à la puissance de frappe de l’analyse marxiste mêlée à l’individualisme. Je soutiens Pneumatis sur le fait qu’il faut savoir ne pas prendre les armes de l’ennemi, mais que c’est dur ! Pour les réseaux de pensées du moment, écouter l’Esprit Public (France Culture) de dimanche dernier sur la politique familiale du gouvernement, 5 interlocuteurs. Entre Thierry Pech (alternatives économiques) vers 47′ disant que la famille n’a plus de sens, seul l’individu en a, Sylvie Kaufman en parfaite bobo les familles sont les familles recomposées, seul Jean-Louis Bourlanges est capable d’énoncer clairement une pensée à ce sujet, renvoyant les autres à leur vision de l’enfant, « entre un écran plat et un adulte »… 1/5, c’est peu, trop peu en temps de parole.

  • Je pense comme vous que cet épisode aura des suites encore imprévues pour la plupart (j’ai du mal à appeler « débat » un truc qui s’est beaucoup déroulé par slogans, insultes et invectives avec quelques propos intelligents lancés comme des bouteilles à la mer : un débat sans cadre, c’est une infâme cacophonie). D’un point de vue politique, il a montré le fossé immense entre l’électorat de droite et le grand parti de droite : il y avait une nette surreprésentation des électeurs de droite dans la manif (il n’y avait pas qu’eux, bien sûr) et on a vu au contraire que les cadres de l’UMP étaient très peu concernés par le sujet, la plupart essayant de suivre le sens du vent. L’UMP est apparue plus que jamais comme un parti d’ambitieux sans convictions, à quelques exceptions près. En face, à gauche, des mots creux ont été braillés (progrès, égalité) mais sans que grand-monde fournisse de réflexion de fond sur l’institution ainsi réformée. Je continue à m’étonner que des dizaines de millions de gens trouvent normal d’inscrire leur sexualité à l’état-civil alors qu’ils hurleraient si on leur proposait d’y mettre leur religion (comme dans les pays musulmans) ou leur patrimoine (comme dans les régimes censitaires).

    Ce qui est frappant, c’est que les pro-mariage ont la victoire bien amère. Beaucoup ont mal compris le mouvement d’opposition et l’ont perçu comme une attaque violente contre les homosexuels. Au lieu de se réjouir d’avoir gagné, ils en restent blessés, pleins de ressentiment et d’incompréhension. Je m’inquiète de savoir comment va se passer la Gay Pride. Jusqu’ici, c’était un gros machin festif vaguement revendicatif mais je pense que le climat va changer et pas en mieux. L’échec du concert de la Bastille semble indiquer que le mouvement LGBT a perdu une part de son image positive. Ça risque de le rendre encore plus aigri (ce qui n’est pas une bonne chose pour la grande majorité des homosexuels).

    Dans l’autre camp, des milliers de gens ont appris à s’organiser, à communiquer, à aller chercher des infos, à analyser les programmes et les discours. Ils ont aussi appris que la police fait parfois un sale boulot et que les journalistes ne sont pas tous honnêtes. Dans l’ensemble, on a l’impression qu’ils sont sortis de cette période renforcés dans leurs convictions, motivés pour la suite, mieux armés pour comprendre le monde et bien plus soudés entre eux qu’ils ne l’étaient avant.

    La meilleure stratégie est-elle d’investir les partis ? Le premier problème, c’est qu’on ne réussit en politique qu’en tuant ses adversaires (c’est-à-dire ses rivaux au sein du parti) et que les ambitieux prêts à tout ne manquent pas, à droite comme à gauche. L’autre problème, c’est que ni l’UMP ni le PS ne sont en mesure de proposer quoi que ce soit d’efficace pour relancer l’économie du pays et que la défense de la famille, si elle n’envisage pas les moyens de nourrir cette famille, ce n’est pas un programme. « Occupe-toi du chômage », disait l’un des slogans. Ce devrait être aussi une des préoccupations principales du manifestant LMPT cherchant à s’engager en politique. À mon avis, le choix d’entrer dans un parti existant, de créer un nouveau parti ou de préférer l’engagement associatif doit aussi se faire sur ce critère et les manifestants LMPT n’auront pas tous la même analyse. C’est pour cela que je ne pense pas qu’il y ait une seule bonne solution. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il faut investir le champ politique, les écoles de journalisme et l’administration mais pas forcément tous ensemble de la même façon.

    Pour garder le lien et la solidarité, la Manif pourrait donc créer une poignée de main secrète et des cérémonies d’intronisation discrètes (et le Nouvel Obs pourrait continuer ses enquêtes sur la Manif, son réseau, son vrai pouvoir…). Non ?

  • Bravo Koz, comme toujours vous mettez dans le mille. Et votre intro est juste parfaite. Ça commence a me saouler moi les ONLRJJJJ…

  • Koz, en toute sincérité, votre billet est remarquable, et je ne suis guère suspecte de complaisance à votre endroit. Ce texte témoigne de bout en bout d’une qualité rare : la lucidité. Une lucidité bluffante et qui m’inspire une pointe de jalousie ; vous n’êtes pas Napoléon, bien sûr, mais vous êtes ce qu’on aurait appelé au XIXème siècle « un homme de grands moyens ». La période actuelle, de dégrisement accéléré, permet peut-être aussi de produire et de faire entendre une telle parole. J’ai beau relire votre texte, je ne parviens pas à trouver un élément auquel je ne souscrirais pas. Mais comme je suis de gauche et favorable à la loi Taubira, je tire , naturellement des conclusions toutes différentes des vôtres.

    Un merci d’abord pour un chiffre. 650 000…enfin ! Chacun sait bien que la vérité est là. Pourquoi le nombre des manifestants aurait-il été si différent du nombre des signataires de pétition ? Et c’est beaucoup…mais ce n’était pas assez.Vous avez tout à fait raison : il n’y a rien à lâcher, parce que vous n’avez jamais rien tenu. Tout s’est joué en fait le 13 janvier, et c’est Marisol Touraine qui avait raison. On l’a moquée, mais elle avait raison : il y avait du monde, mais moins que vous ne le désiriez. Et que désiriez vous ? 1984 (la manif, pas Orwell). Au moins un million et demi de personnes dans la rue, l’opinion favorable… Un coup de semonce tel que le gouvernement, alors, recule et retire la loi. C’était manqué, et pas rattrapable. Pourquoi Miterrand a t-il reculé alors ? Parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. Pourquoi Hollande a t-il tenu bon ? Parce qu’il le pouvait. C’est bien, 650 000, mais l’opinion ne suit pas, et ce n’est pas suffisant ; cela ne le sera plus jamais. Les trente ans qui viennent de s’écouler ont détruit la force de frappe de la droite catholique de la moitié, voire des deux tiers. C’est sans retour.

    Pour les racines de l’affrontement…là encore, vous touchez juste. « Peut-être (ce n’est qu’une piste de réflexion personnelle) faut-il même considérer que notre rapport nature/culture diffère »…Soyez plus hardi : tout vient de là, vous avez raison ; le vieux combat qui secoue et irrigue notre pays depuis la Révolution française. Et c’est ce combat qui vient une nouvelle fois d’être perdu. Vous ne vous racontez pas d’histoires, sauf sur un point, peut-être : la jeunesse. Certes, il y avait, il y a toujours assez de jeunes pour animer les soirées des Veilleurs. Mais ce n’est pas la jeunesse qui emmenait votre mouvement, vous le savez. Les photos des manifs anti et pro étaient cruelles, de ce point de vue. Et la jeunesse de France est favorable à la loi Taubira à 75%. Reste à «  reconquérir les cœurs et les esprits » pour inverser la tendance. Permettez moi de vous dire (ce sera ma seule remarque désagréable) qu’après les 10 mois qu’on vient de s’appuyer, y a du boulot !

    Lucidité parfaite aussi dans l’inventaire des possibilités d’investissement du politique que vous envisagez. Mais je vais faire plus court, et plus dur : à la question « que nous est il permis d’espérer à court, moyen ou long terme ? » une seule réponse : « Rien ». Aucun leader sérieux n’irait se risquer dans cette galère, les Français ne suivent pas et ça ne risque pas de s’arranger…ou si , peut-être : comme le Tea Party a fait réélire Obama, le « populisme chrétien », que Patrick Buisson a l’honnêteté d’appeler par son nom, peut donner le coup de grâce à l’UMP, et faire réélire un Hollande pourtant mal en point.

    Que vous reste t-il donc ? Rien — c’est à dire tout ! Vous êtes chrétien, rien ne me permet d’en douter. Je me rappelle le beau mot de Xavier Beauvois (agnostique) disant que les moines de Tiberihine représentaient pour lui la plus belle incarnation du troisième terme de la devise républicaine : fraternité. Donnez l’assaut à l’injustice, à la souffrance sociale, à la pauvreté, à l’égoïsme, à l’entre-soi ! J’entrevois les combats qui auraient votre préférence. Avec entêtement (j’en parle partout) je vous en propose un autre : mettre toute votre influence (qui devient grande), votre éloquence, les réseaux qui viennent de se créer, les capacités d’organisation, la soif d’action publique au service de la loi SRU. 25% de HLM partout : cela signifierait qu’en banlieue, la proportion dégonflerait (Evry : 43% ;Grigny : 70%…) et avec elle, tant de problèmes… Et les bienfaits ne seraient pas que pour les villes pauvres. Je fais un rêve : les enfants confrontés à l’Autre social dès le plus jeune âge, les familles pouvant effectuer un parcours urbain valorisant, la fin du plafond de verre pour les jeunes immigrés, le recul partout de la xénophobie, la fin des communautarismes, les églises se remplissant enfin (les pauvres n’ayant pas seulement faim de pain), l’espoir sourdant de partout dans une France régénérée, et qui devrait cette résurrection aux catholiques… Vous vous rappelez la phrase de Raoul Glaber sur notre pays se vêtant d’un blanc manteau d’églises ; vous pouvez le vêtir d’un blanc manteau de fraternité.

    La loi SRU, Koz … si vous osez ce combat, la comparaison avec Napoléon ne me fera plus sourire.

  • Dupré a écrit ::

    qui croit encore que les programmes scolaires sont gérés par le ministre de l’éducation? Ce sont les cabinets et les comités de programme qui ont forcé la main à Chatel sur le gender.

    assurément… comme disaient mes parents: les ministres passent, les fonctionnaires restent!!! j’ai eu l’occasion pendant quelques mois de travailler dans un Rectorat, j’imagine que le ministère,c’est la même chose en grand… Les profs sont des pions, les élèves, des cobayes, le recteur… durera ce que durera le gouvernement (oui, à ce niveau, on ne reste pas longtemps, si on ne tourne pas sa veste avec le changement de majorité). Le ministre? aucun pouvoir, en fait. S’il a des désirs de réformes, elles ont vidées de leurs contenus si elles passent quand même. Et s’il y en a qui lui déplaisent, elles finiront bien par passer. Je ne veux pas défendre Chatel à tout prix, mais j’ai tendance à penser (par charité!) qu’il était, en fait, plutôt opposé au « genre ». Une suite de circonstances m’y pousse: je me souviens d’avoir signé une pétition contre un film d’animation faisant la promotion de l’homosexualité, destiné à être projeté à de jeunes enfants. un rectorat d’académie avait déjà donné son soutien. Intervention de Chatel, le film est retiré. Quelques temps plus tard (un an ou deux…), les partisans de ce film (le Baiser de la lune, ça s’appelait…) reviennent à la charge. Le film passe. Et aussi, l’enseignement du genre en cours de SVT en classe de 1re S . Chatel a-t-il changé d’avis? ou simplement cédé? Il est certain qu’entre-temps, il a vécu un événement douloureux, qui a pu l’affecter, et qui n’a pas été relayé pr les médias parce qu’il s’y était opposé ( la dépêche AFP a été retirée à sa demande, peu nombreux sont ceux qui, comme moi l’avait lue): Mme Chatel s’est pendue, laissant le ministre seul avec 4 enfants… il y a de quoi se sentir moins combattif pour lutter contre les LGBT et consorts : j’ai tendance à penser qu’ils en ont profité! Néanmoins, je crois qu’il faut s’engager en politique, ne serait-ce que parce que le Pape le demande. Il faut s’attendre, certes,à y essuyer de rudes combats… mais si on y est non par arrivisme, mais pour faire avancer les choses, peut-être craint-on moins de dénoncer ces groupes de pression et syndicats (on s’en fiche, de tomber, l’essentiel, c’est de pouvoir parler!) Et puis, il faut bien agir, nous aussi, sur ce monde, dans lequel nous sommes…

  • au fait, Koz, j’ai été choquée aussi par cet article, par sa violence et par… enfin, j’ai eu du mal à comprendre quelle pouvait être la logique et l’intelligence du raisonnement. (en plus, , on a l’impression qu’ils en veulent personnellement à Pierre-Yves Gomez, qu’et-ce qu’il leur a fait?)Bien contente de lire votre avis là-dessus,c’est exactement ce que je pensais, mais développé intelligemment!

  • @ Amélie: Très juste pour empiéter le journalisme. On a vu l’influence qu’il avait sur l’opinion publique. C’est simple, plus personne n’a d’esprit critique et tout le monde gobe ce que raconte les médias. Je suis d’accord sur le fait de dire que le mariage pour tous est la jonction entre le transformisme social (gauche) et le libéralisme économique (droite). Aucun des deux partis ne nous sauvera.

    Il faut s’engager dans les secteurs clés qui font bouger la société. En revanche, je suis pour le jusqu’au-boutisme car ce travail se fera de conscience à conscience. C’est un réveil des consciences de longue haleine. Plus on en parle, plus des personnes veulent confronter leurs opinions (dans l’espoir de nous décrédibiliser)… pour ma part, je les convertis assez facilement. Je ne crois pas du tout à l’efficacité de l’information sur des sujets aussi complexes, mais des rapports et dialogues de personne à personne

    « Pour garder le lien et la solidarité, la Manif pourrait donc créer une poignée de main secrète et des cérémonies d’intronisation discrètes (et le Nouvel Obs pourrait continuer ses enquêtes sur la Manif, son réseau, son vrai pouvoir…). Non ? » => OUI ! Un lobby quoi ! lol

  • « Rétrospectivement, ce qu’un mouvement aussi puissant, ce que des centaines de milliers de personnes rassemblées par quatre fois – sans compter les manifestations quotidiennes et les Veillées – n’a pu obtenir, pouvait-il l’être ? »

    Oui, les conditions politiques étaient trop favorables au gouvernement pour que F. Hollande et JM Ayrault renoncent.

    « Tous mes interlocuteurs pro-loi Taubira s’inquiètent d’ailleurs d’une seule chose : la traduction politique du mouvement. »

    Vraiment ? Cela me surprend un peu car le risque me semble vraiment minime et je ne crois pas, par exemple, en la pérennité du mouvement Avenir pour tous (dont vous ne parlez pas d’ailleurs) comme force politique.

    Quant à l’engagement dans un des partis capables de peser (c’est-à-dire d’envoyer des députés et des sénateurs en masse), c’est un travail de (très) longue haleine. Et aujourd’hui, je penche plutôt du même côté que Samuel…

  • @ pneumatis

    rien ne nous empêche de nous occuper de toutes les maltraitances, simplement je n’ai pas entendu la MPT rapeller le nombre non négligeable des enfants maltraités par des familles « normales » . Il me semble qu’ils ont été les grands oubliés dans ce modèle proposé comme étant le garant du bonheur des enfants.

  • je copie-colle le commentaire que je faisais sur un billet du Cercle – Les Echos le 27 Mai (http://lecercle.lesechos.fr/politique/vie-politique/221172971/mariage-valerie-pecresse-a-nkm-opposition-pragmatique) :

    « Constats simples : L’UMP a vu son OPA sur la Manif Pour Tous rejetée, massivement et de façon non équivoque et cinglante. La Manif Pour Tous a réussi à mettre dehors énormément de monde, bien plus que tous les syndicats et les partis politiques réunis depuis ces dernières années. La Manif pour Tous n’est pas propriétaire des votes des personnes qu’elle a fédéré dans cette lutte. Les personnes qui ont suivi la Manif pour Tous sont, pour bons nombre d’entre eux, exaspérés par 1) cette loi 2) les nombreux dénis de démocratie qui ont entaché le vote de cette loi (voir quelques uns de mes billets précédents) 3) la complicité des médias traditionnels 4) une pratique de la politique qui nie la conscience 5) et qui bafoue le bien commun MAIS : Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir : 1) si la Manif Pour Tous donnera ou non son blanc-seing à certaines personnes ou listes, et à quoi elle subordonnera son support ; 2) dans quelle mesure l’estampille la Manif pour Tous sera efficace. Ceci n’est bien sûr que mon opinion : je ne suis qu’un manifestant parmi tant et tant et tant d’autres »

    Il y a certes l’injonction de François aux chrétiens d’entre en politique. Mais je souhaiterais que ce soit dans un nouveau parti tout neuf, sans passé, sans compromissions, sans que les pouvoirs y soient détenus par des oligarques soucieux de leur seules prérogatives … You may think I am a dreamer …

  • je rajouterais bien l’adhésion massive à la CFTC, seul syndicat qui ne nous a pas considérés comme des pestiférés, mais surtout pour qu’on ait un syndicat pour faire entendre notre voix dans les différentes instances professionnelles, presque uniquement représentées par des syndicats d’extrême gauche.

  • En lisant un commentaire je suis allé sur le site du Forum Civique de l’Espérance dont le récent « Appel pour une politique au service de l’Homme » est clairement fondé sur la doctrine sociale de l’Eglise. Cela me semble vraiment intéressant car nous pouvons participer à travers des cahiers de doléances à des états généraux prévus les 13 et 14 Juillet prochains. Il me semble que c’est la seule proposition concrète pour ceux qui ne veulent pas être récupérés. Vous avez tous les détails sur leur site: http://leforumcivique.fr/

  • Comme d’hab, merci à Koz pour ce billet ; depuis que le mouvement a commencé, nous nous sommes inscrits en couple aux AFC et au PCD. On ne peut s’inscrire dans l’action politique que si l’on accepte l’idée qu’il s’agit la plupart du temps de la recherche du moindre mal, finalement moins dangereux que l’utopie qui a abondamment marqué le XXe siècle..; Par ailleurs, des visites régulières sur le site du PCD me confortent dans l’idée que c’est le plus proche – ou le moins loin ! – des valeurs partagées par un bon nombre des intervenants sur ce blog. Ceci étant, quel poids réel il peut avoir sur l’UMP tant qu’il ne pèse pas plus lourd ? Pas grand chose mais c’est justement une raison de plus pour y adhérer.

  • Le jour où entrer au service des partis qui construisent la culture de mort permettra de penser autre chose qu’une culture de mort à visage humain, on envisagera ces appels à rejoindre -pour ne pas le citer- l’UMP. Au contraire, en bâtissant une force politique citoyenne, un forum civique et un Solidarnosc français (ce que devient la Manif pour Tous) on peut espérer faire tomber la culture de mort. Jean-Paul II n’a jamais appelé à rejoindre le PC pour faire tomber le communisme mais à investir le terrain de la vérité. Appeler à rejoindre les responsables de nos échecs pour les changer de l’intérieur est une absurdité historique et spirituelle, qui servira à légitimer ces forces que nous voulons, en vérité, détruire et remplacer par une civilisation de l’Amour.

  • Je partage à 100% l’analyse de Dupre sur l’aspect culturel du problème. De ce point de vue, le terme de recuperation me parait inapproprié, la politique suit la culture. Je serai tenté de dire que l’economie aussi. Les politiques sont tout a fait capables de changer de discours pour coller a leur majorité, quand elle se fait connaitre.

    Probleme, la lutte culturelle passe en bonne partie par les medias, gentiment en train de crever de decredibilisation partisane. Dans ce domaine les conservateurs ont des années et des kilometres de retard. La liberation mediatique par internet, permettant d’echapper au filtre des journalistes professionnels, est un debut, mais il en manque encore beaucoup.

    Or les conservateurs ou catholiques ne sont pas partis en mission dans les medias car comme disait Koz, ils pouvaient toujours retirer l’echelle, profitant seuls du confort que leur conferent leurs valeurs morales. A l’inverse la souffrance, reelle mais dont l’origine prete a discussion, des homosexuels a renforcé leur motivation donc leur lobbyisme.

    Ce n’est qu’a present qu’on leur demande de dire bravo aux couples homo partant faire des PMA et GPA à l’etranger, ou qu’on veut expliquer a leurs filles qu’elles sont peut etre des petits garçons en fait qu’ils se reveilent.

  • S’engager aujourd’hui dans le mouvement La Manif Pour Tous , c’est comme être « antifaf », c’est se situer dans le combat de rues, faute d’une pensée structurée et rassemblée. c’est admettre avoir perdu la bataille des idées et refaire l’histoire.

    le droit de l’enfant parait bien lointain quand on va sur le site de la Manif pour tous. dommage. je pense que le slogan « demain comme hier, j’ai droit à un père et une mère » aurait fédéré autrement les opposants.

    la loi est passée, je ne suis pas certain que c es manifs resteront dans l’histoire …

  • Toutes ces initiatives arrivent plus rapidement que je ne l’espérais personnellement. Le courant Ecologie humaine me semble en particulier très prometteur. Pour une fois, tu noteras que je ne fais pas mon rabat-joie. L’alliance de l’action partisane et de l’action sociale était nécessaire et manquait surement à toutes les réflexions sur l’engagement des chrétiens en politique (au sens le plus large). Nous avons là une occasion d’éviter l’exil intérieur auquel semblait nous promettre le gouvernement actuel…

  • Mai 1968, j’avais quinze ans. J’ai participé à beaucoup de manifs. J’aimais ça. Je n’avais pas d’expérience politique. Je sentais que la droite pétainiste ne nous aimait pas. La droite gaulliste nous prenait de haut et se moquait de nous. Nous avions les cheveux longs et les idées courtes. Nous leur rappelions les zazous d’avant guerre. Ah! La guerre… La résistance c’était autre chose!.. Nous, nous n’étions que des gamins gâtés un peu hystériques. Je n’ai pas eu l’impression que le PC ou le PS nous aimaient d’avantage même s’ils s’intéressaient un peu à nous. Ils n’étaient pas les initiateurs de ce mouvement qui leur échappait. Le PC n’avait pas envie de voir arriver le PS au pouvoir. Le PS n’avait pas envie de voir arriver le PC au pouvoir. Ils n’étaient pas prêts à gouverner ensemble. Les semaines ont passé. Les manifs se sont faites plus rares. Les usines, les entreprises ont repris le travail. Le génèral De Gaulle a tiré sa révérence. Il ne nous avait pas fait tirer dessus. Il n’y a pas eu de morts. Et nous avons eu à nouveau des gouvernements de droite. Mai 68 a été un révolution râtée. Consolation: elle n’a pas accouché d’un Napoléon, Staline, Mao, Pol Pôt. Nous voulions changer le monde. Nous avons changé de monde. Et ce nouveau monde nous a changé. Certains d’entre nous sont restés tels qu’ils étaient alors au fond d’eux mêmes et « fidèles » à l’esprit Mai 68. Dautres sont devenus des notables à leur tour.

    Mai 2013, je suis grand-père. J’ai participé à tant de manifs que je sais reconnaître sans les chiffres de la préfecture ou des organisateurs qu’il y a beaucoup beaucoup beaucoup de monde dans la rue. J’ai l’impression que le Front national reste à l’écart du mouvement qu’il n’a pas initié. L’UMP aimerait sans doute que tous ces jeunes s’investissent dans leur parti. Mais ils sont tellement occupés à savoir qui sera calife à la place du calife qu’ils restent tout de même un peu à l’écart du mouvement. Le Modem et l’UDI ne se font guère entendre. Je suis incapable de savoir de quoi demain sera fait. Je n’ai pas su voir dans notre pays de personnalité à la Jean Paul II, à la Lech Walesa. Il n’y a pas de structure de type Solidarnosc. Il n’y a pas non plus semble-t-il en Europe de personnalités du type de Gorbatchev, Boris Elstine. Je ne suis pas certains qu’il y ait une volonté des peuples à voir disparaître le socialisme comme a disparu le communisme. Mais la situation est nouvelle. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas les jeunes que nous étions. Le contexte économique, social, historique est différent. J’ai repéré tout de même un homme « nouveau » que je vais désormais lire et écouter un peu plus que les autres: Tugdual Derville. Puissent nos enfants et petits enfants faire mieux que nous. http://www.ecologiehumaine.eu/

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  • do a écrit ::

    je rajouterais bien l’adhésion massive à la CFTC, seul syndicat qui ne nous a pas considérés comme des pestiférés, mais surtout pour qu’on ait un syndicat pour faire entendre notre voix dans les différentes instances professionnelles, presque uniquement représentées par des syndicats d’extrême gauche.

    Je travaille dans un domaine certes où les syndicats ne sont pas très virulents, mais là où je travaille, les syndicats ne sont pas infiltrés par l’extrême gauche. FO est un syndicat défendant clairement les privilèges de ses membres de classe moyenne, la CFDT est socialiste, la CGC est plutôt de droite, ainsi que la CFTC.

    Par contre, l’objet principal d’un syndicat se situe dans les enjeux sociaux, et je pense que les histoires de moeurs y sont principalement hors sujet, et pourraient faire fuire.

  • Un point de vue extérieur :

    Je ne crois pas que le courant « chrétien » puisse peser lourd au sein des principaux partis politiques français (disons, pour simplifier, à l’UMP, puisque la question de l’adhésion au PS ne se pose pas, j’imagine, pour l’immense majorité). L’exemple de Christine Boutin se suffit à lui-même (no comment).

    Il me semble que l’expression des chrétiens doit être « propre », « unique », et donc hors des partis politiques. Je pense également qu’elle ne doit pas être « unidimensionnelle ». Prendre position sur les sujets de société, sur la famille, sur le mariage, sur la filiation, sur la fin de vie, sur la sexualité, OK. Mais pas seulement. Sinon, c’est trop réducteur et cela prête inévitablement le flanc à la caricature. L’expression des chrétiens se réduit alors, politiquement et dans l’opinion publique, à celle d’un courant minoritaire de la droite (et pas forcément le plus « moderne » ni le plus « modéré »).

    Il me semble que les chrétiens doivent aussi s’exprimer sur les valeurs, sur le vivre-ensemble, sur l’amour (au sens le plus large du terme, celui de son prochain), sur la fraternité, sur la solidarité. Il me semble que cela fait partie de l’ADN du christianisme (comme disent les publicitaires).

    Ils doivent donc en particulier parler haut et fort face à tous ceux qui attisent les haines (au prétexte de l’origine, de la couleur de peau, de la culture, de la religion, de l’âge, du sexe, de la sexualité, du statut socioprofessionnel, etc.). Ils doivent également rebondir sur la doctrine sociale de l’église et donc quelque part « s’engager à gauche » sur certains sujets liés à la solidarité.

    Le concept d’« écologie humaine » semble a priori intéressant à creuser, à condition qu’il soit global et adapté à la réalité de notre temps (reste aussi à voir ce que l’on y met dedans, concrètement).

    Mais si l’expression chrétienne devait se résumer à être très conservatrice sur les questions sociétales et très libérale sur les questions socio-économiques, je ne vois pas trop ce qu’elle pourrait apporter de spécifique. Elle resterait alors condamnée (comme aujourd’hui) à ne représenter qu’une partie minoritaire de la droite.

    J’irai même plus loin (et sans doute à contre-courant de certaines traditions familiales et sociales bien ancrées) : le jour (s’il arrive) où les chrétiens ne pourront plus être identifiés très majoritairement à un camp politique et donc considérés comme « acquis » pour les uns et « perdus d’avance » pour les autres, ils pèseront mécaniquement plus à la fois sur la droite et sur la gauche.

  • La LMPT doit garder un rôle de coordination des grandes actions (PMA -GPA, mobilsation pour la liberté de conscience des maires) et de quelques évènements médiatiques mais elle doit aujourd’hui servir aussi de caisse de raisonnance à tout ce qui se passe à l’échelle locale. C’est sur le terrain qu’il faut s’investir et ce, à tous les niveaux, notamment par la création de collectifs locaux, à l’échelle d’une grosse commune ou d’une communauté d’agglomération, qui feront du lobbying sur les élus et les responsables associatifs. La lutte contre le gender, par exemple, est un gros enjeu local car cela concerne directement nos enfants à travers les crèches, les écoles et les les centre de loisirs. Les membres du collectif pourraient ainsi exercer une veille collective sur ce qui se passe dans les écoles, investir les conseils d’école, se mettre sur les listes municipales. Le terrain local est également propice au travail en profondeur sur les mentalités : organisation de conférences, de débats, distribution de brochures à la sortie des écoles, des cultes, etc. Le mouvement Ecologie Humaine notamment pourra jouer un rôle important comme source d’inspiration à ce travail. C’est un véritable chantier mais oh combien passionnant !

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  • @Jeff: je suis assez d’accord avec vous, seulement, même ceux avec qui nous sommes d’accord NE veulent pas que nous puissions nous exprimer sur autre chose! J’ai déjà essayé de proposer le concept d’écologie huamine à des écologistes, et… RIEN. ou de s’opposer à l’avortement, auprès d’un groupe non chrétien qui lutte contre certains de ses apects, et… Catho= pas question. Et je ne vois vraiment pas comment nous pourrions faire, à part en nous déclarant pour le mariage gay, l’authanasie, l’avortement, etc… pour être accepté à gauche. Alors sur l’idée je suis d’accord, mais la question serait plutot: comment pourrions nous FORCER un système politique qui NE VEUT PAS que nous ayons de l’écoute à gauche? Parce que je ne suis pas certain du tout que nous ne soyons que sur les combats de bioéthique, mais les autres que nous menons sont passés sous silence.

    Et il ne faudrait pas oublier qu’à l’origine la gauche s’est construite contre l’Eglise lors de la révolution…

  • Pour ma part, ma position a un peu évolué, un peu dans le sens du commentaire de Jeff.

    Il est tentant de répondre à Jeff que les chrétiens s’engagent déjà sur tous les sujets dont il parle, mais que le médias s’en foutent. Et c’est très juste. Mais on pourra répondre que si les chrétiens rassemblaient des centaines de milliers de manifestants pour lutter contre la pauvreté, ben les médias ils en parleraient. En même temps, ça sert pas forcément à grand chose de rassembler des manifestants contre la pauvreté, et l’action quotidienne vaut sans doute mieux.

    Mais la question n’est pas là. Plus ça va, et plus je trouve que décidément, le thème de cette impressionnante mobilisation était bien mal choisi. Je comprends les raisons qui sont exposées sur ce blog. Je connais des gens qui ont manifesté, et je sais que ceux-là au moins ne sont pas homophobes. Mais je dois dire que le chiffre, lancé ici par je ne sais plus qui, du pourcentage de Français (c’était 28%, non? je ne sais plus) qui n’aimerait pas avoir un voisin homo, allié à un certain nombre de remarques que j’ai pu glaner ça et là, ont sérieusement ébranlé mes certitudes sur ce sujet. Et je me dis que oui, sans doute, une certaine homophobie a pu servir de caisse de résonance à des revendications par ailleurs honorables, et même importantes. Dans des proportions sans doute plus élevées que ce que je voulais bien admettre. Et Dieu sait que ça m’arrache la gueule de le dire.

    Contrairement à ce qu’aimeraient sans doute certains, notamment dans les médias, ce caractère homophobe n’a pas recouvert totalement tout le reste, et une partie du message est sans doute passée. Mais combien serait-il mieux passé encore si une autre occasion avait été choisie? Si les cathos avaient peu bougé sur le mariage, pour se réveiller sur la GPA, par exemple? Ce que je veux dire, c’est que les argumentaires anti-loi développés ici et ailleurs me paraissent assez solides, plutôt davantage que ceux des pro-loi, qui eux n’avaient pas à se creuser le citron puisqu’ils étaient assurés du succès. Mais il y a quand même eu une démesure dans la réaction, qui ne peut pas ne pas laisser dubitatif quand on prend un peu de recul.

    Au total, je pense que la confrontation aura eu du bon, pour tout le monde. Les cathos se sont fait entendre, sans doute mieux qu’on ne le dit. Et l’acceptation sociale des homos, contrairement là encore à ce qu’on pourrait penser, a à mon avis progressé. La perception de l’homosexualité par les cathos s’est affinée, sans perdre ce qui fait son intérêt, mais en se reconnectant un peu au réel – notamment, le fait que oui, des homos peuvent être heureux…

    Le plus regrettable, à mon sens, c’est d’abord qu’avec cette loi, qui m’intéresse peu en elle-même, ait triomphé un mode de raisonnement illogique, ce qui est grave; et ensuite que le mouvement qui s’est levé part avec un lourd handicap, ce soupçon d’homophobie qui risque de lui coller aux basques pendant assez longtemps.

    Sur la lutte « anti gender », il me semble qu’elle gagnerait à être un peu mieux étayée intellectuellement. Il n’y a pas officiellement de « théorie du genre », mais un champ d’étude, dont il faudrait pouvoir juger de la validité de façon un peu moins dogmatique que ce qu’on peut lire. Philarète a fait des promesses à ce sujet. Je compte beaucoup sur lui pour m’épargner de longues et pénibles lectures d’une littérature que je devine assez aride.

  • Logopathe a écrit ::

    Il n’y a pas officiellement de « théorie du genre », mais un champ d’étude, dont il faudrait pouvoir juger de la validité de façon un peu moins dogmatique que ce qu’on peut lire.

    Très juste. On aimerait donc que les politiques qui déposent des amendements pour que « la théorie du genre » soit enseignée dès le CP vous entendent !

  • Logopathe a écrit :

    Sur la lutte « anti gender », il me semble qu’elle gagnerait à être un peu mieux étayée intellectuellement. Il n’y a pas officiellement de « théorie du genre », mais un champ d’étude, dont il faudrait pouvoir juger de la validité de façon un peu moins dogmatique que ce qu’on peut lire. Philarète a fait des promesses à ce sujet. Je compte beaucoup sur lui pour m’épargner de longues et pénibles lectures d’une littérature que je devine assez aride.

    Il y a depuis une dizaine d’année des articles et des livres portant des critiques des différentes théories du genre, critique portant sur la qualité du raisonnement philosophique qui sous-tend ces théories. Sylviane Agacinski ou Camille Froidevaux-Metterie sont assez accessibles. Lire en particulier l’article paru dans Le Débat n°160 (mai-août 2010), numéro anniversaire des 30 ans de la revue, « genre, magie d’un mot », de Camille Froidevaux-Metterie, retraçant l’histoire croisée de l’évolution des courants féministes et « gender ». Pour aller plus loin par exemple : « Femmes, entre sexe et genre » de Sylviane Agacinski.

    La lutte anti-gender est tout à fait solidement étayée, mais la vulgarisation n’est pas une réussite.

    Il faut noter que le courant « comité de la jupe » (cf. Témoignage Chrétien) se réclame aussi de ces théories, les fondatrices prétendant être les premières à avoir fait ressortir la liberté de la femme dans les évangiles, ce qui est assez gonflé de leur part, (gonflé parce que faux).

  • @ Logopathe:

    Je ne suis pas d’accord; je pense qu’il y a réellement une certaine démesure dans la réaction, mais qu’elle vient plus d’un réveil des catholiques, que cette loi est la loi de trop, surtout si on prend en compte le fait que la suivante aurait du être l’euthanasie… Je ne crois pas à l’homophobie, parce que personne n’a peur de son sembable. Et je ne crois pas non plus à une quelquonque haine ou rejte des homosexuels qui aurait fait résonance (pour rappel: une seule aggression, même pas en marge d’une manif, potentiellement pour un motif privé source: libération, qui a cherché désespérement des actes d’aggression envers des homosexuels pour étayer son accusation d’homophobie et qui a rien trouvé de mieux…); je crois plutot que tout le monde, et les homosexuels les premiers, a évoqué la question de la normalité de l’homosexualité, et que toute personne disant ou semblant dire que la réponse est « non ce n’est pas normal » était immédiatement homophobe.

    Et rien ne dit que d’autres campagnes ne vont pas rassembler un grand nombre de gens plus tard… A condition que nous ne démissions pas sur ce combat qui est le combat principal du moment (il y a aussi la patition one of us, et la recherche sur l’embryon)

    Et c’était justement contre cette tentation de la démission, cette idée que tout est perdu, que je mettais en garde dans mon article; j’avais l’impression que koz se disait qu’agir ne sert plus à rien… Je n’avais pas tout lu, mais je pense que c’est important de ne rien lacher, c’est-à-dire de rester mobiliser autrement, par des moyens ayant des chances d’être efficaces à terme; notre plus grand ennemi est le découragement!

  • @ Panouf: Quand je parle de l’homophobie, ce n’est pas pour brandir le spectre de la bête immonde. Et je ne crois pas une seconde aux sornettes médiévales selon lesquelles certaines idées feraient régner une atmosphère de violence symbolique qui se métamorphoserait en violence physique par invocation des esprits malins. Je ne crois pas non plus que la multiplication des violences homophobes depuis le début du débat soit un fait avéré – ni réfuté d’ailleurs. Ce n’était pas mon propos du tout.

    Je comprends bien aussi que par « pas normal », vous entendez « hors de la norme », et pas « monstrueux ».

    Mais j’ai quand même le sentiment diffus que beaucoup d’argumentaires sont effectivement des rationalisations de sentiments négatifs à l’encontre des homos. Ces sentiments sont répandus parmi les plus âgés. Cette façon de se rassurer collectivement sur sa normalité, face aux anormaux. Je me dis parfois que pendant très longtemps, la vie des homosexuels devait s’apparenter à celle des soviétiques sous Staline. Le droit de vivre si on ne s’écarte pas de la ligne, et si on ne dit surtout pas qui on est. Vivre dans le mensonge toute sa vie. Bien sûr, beaucoup de jeunes homos n’ont pas vraiment vécu ça, et se gargarisent un peu des souffrances de leurs aînés. Et c’est agaçant. Mais il y a quand même dans le passé de quoi réagir de façon un peu extrême, de quoi être un peu anxieux.

    Et que voulez-vous, je suis facilement impressionné par les chiffres. Et celui du World Values Survey, sur les voisins homos, il me tarabuste. Parce que franchement je n’aurais jamais cru. Après rien ne dit que ces 28% coïncident avec les LMPT. Mais il serait surprenant qu’on n’en retrouve aucun.

    @Raphaëlle: merci pour les références.

  • Pour maintenir le flambeau allumé, pourquoi ne pas organiser une grande manifestation annuelle de la famille ?

  • @ gaetane: Vous dites : « rien ne nous empêche de nous occuper de toutes les maltraitances, simplement je n’ai pas entendu la LMPT rappeler le nombre non négligeable des enfants maltraités par des familles « normales » . Il me semble qu’ils ont été les grands oubliés dans ce modèle proposé comme étant le garant du bonheur des enfants. »

    Je ne peux pas laisser dire une telle énormité, pardon. Le modèle papa+maman n’est en aucun cas présenté par LMPT comme le garant du bonheur des enfants. (Si le bonheur était garanti, ça se saurait). C’est l’ABSENCE de ce modèle qui crée une situation de fragilité, dès le départ et de manière délibérée – délibérée, c’est là qu’est l’os.

    Vous faites la même erreur de raisonnement que nos adversaires quand ils objectent: oui mais les hétéros divorcent alors il vaut mieux pour un enfant qu’il grandissent avec deux papas qui s’aiment qu’avec un papa et une maman qui se déchirent gnagnagna. Parce que les homos sont garantis sans divorce? Les homos ne se déchirent pas? Il est normal et logique qu’aujourd’hui, la plupart des enfants maltraités vivent dans des familles dites hétéros. Ben oui, la quasi totalité des familles étant fondées sur l’hétérosexualité, les statistiques suivent, hein, forcément. (Ce n’est pas parce qu’ils ont des parents hétéros que des enfants sont battus). Donc pour résumer, chère Gaëtane, le point de la LMPT n’est pas là. Voilà. ça empêche pas de se battre PAR AILLEURS. Vous ne demandez pas, par exemple, aux associations opposées à l’euthanasie d’aller en plus courir derrière les serial killers ? Bon, ben la LMPT, c’est pareil.

  • Logopathe a écrit ::

    Après rien ne dit que ces 28% coïncident avec les LMPT. Mais il serait surprenant qu’on n’en retrouve aucun.

    Certes, il y en a quelques uns. Mais il n’y a un problème sérieux que si le pourcentage chez les LMPT est significativement supérieur à 28 %. Voilà qui n’a vraiment rien d’évident.

  • @logopathe : très bien, votre comm’ ! « ma position a un peu évolué » : chez moi, la gène était présente au début puis s’est estompée vu le parti pris du Monde (entre autres). Mais je reste d’accord avec : »le sentiment diffus que beaucoup d’argumentaires sont effectivement des rationalisations de sentiments négatifs à l’encontre des homos. » A ca, il m’a été répondu une fois : »qu’en sais-tu ? » .. et c’est vrai (votre sondage va un peu dans mon sens, quand même). De même, me sentant géné par le côté bourgeois classique de manifestants, on m’a dit : « te sens-tu plus proche de ceux d’en face ? » (il y avait une mini-contre-manifestation). Et c’est juste aussi (si je me base sur des looks et des impressions d’un côté, je dois le faire aussi de l’autre). Enfin, je suis bien d’accord avec vous sur le poids de l’homophobie supposée : j’ai souvent lu chez des pro-loi l’argument : « et où étaient ces gens quand …. ? »

    @tous, Mon inquiétude, c’est quand même la popularité de cette loi et de ce discours (principalement médiatique) chez les jeunes : je trouve ça inquiétant : - en exagérant, j’ai peur d’y voir un « bourrage de crâne » ? (et jusqu’où pourra-t-il aller puisque cette loi a montré qu’il suffit d’un bon noyautage pour faire passer qqch) - les « vieux » ne devraient pas être considérés par défaut comme ayant tort (« conservateurs », « réacs ») sur des sujets pareils ! Je veux dire, ils ont vu des tas de choses dans leur vie : on pourrait imaginer que ça ait plus de valeur que ça n’en a dans le discours ambiant (bien empreint de jeunisme). (et, en plus, ça veut dire que je deviens vieux, ce qui n’est PAS possible !)

  • Et voilà ce qui arrive quand on se laisse distancer. Bref, je vais tenter d’apporter quelques réponses, ou de simples observations, à défaut d’être des réponses.

    Axel de Boer a écrit ::

    Le jour où entrer au service des partis qui construisent la culture de mort permettra de penser autre chose qu’une culture de mort à visage humain, on envisagera ces appels à rejoindre -pour ne pas le citer- l’UMP.

    Premier point : non, il n’y a pas que l’UMP, même si la sociologie électorale démontre que 75% des cathos votent à droite aujourd’hui. Mais il y a aussi le PS, et je ne suis pas de ceux qui jetteront l’anathème sur les cathos qui s’y reconnaissent. Nombre d’ntre eux ont un engagement concret auprès des pauvres, des immigrés etc. très respectables.

    Par ailleurs, vous avez une vision un peu figée des partis. Ce qu’ils sont aujourd’hui n’est pas ce qu’ils doivent nécessairement être. Et rester à l’extérieur ne fait qu’ôter toute composante chrétienne à ces partis. Belle réussite.

    Axel de Boer a écrit ::

    Au contraire, en bâtissant une force politique citoyenne, un forum civique et un Solidarnosc français (ce que devient la Manif pour Tous) on peut espérer faire tomber la culture de mort. Jean-Paul II n’a jamais appelé à rejoindre le PC pour faire tomber le communisme mais à investir le terrain de la vérité.

    « Comparaison n’est pas raison« . Ce n’est pas de moi. Les débats parlementaires ont montré que, même si c’était en vain, de nombreux députés de droite se battaient pour nos idées. Ceux-là ont besoin de soutien. Je n’ai pas souvenir que le parti communiste polonais ait compté beaucoup de catholiques. Quoi que vous en pensiez, nous ne sommes pas dans une logique de blocs. Si blocs il y a, ils traversent les partis.

    Et les initiatives de partis chrétiens ne brillent pas par leur succès, qu’il s’agisse du PCD et de Christine Boutin, ou des listes Solidarité que vous avez créées.

    Uchimizu a écrit ::

    Par contre, l’objet principal d’un syndicat se situe dans les enjeux sociaux, et je pense que les histoires de moeurs y sont principalement hors sujet, et pourraient faire fuire.

    Vous illsutrez assez bien votre méconnaissance de l’Eglise et des catholiques (après toutes ces années… c’est vexant). Les cathos n’ont pas que les moeurs à la bouche. Ils parlent aussi Responsabilité Sociale des Entreprises, développement durable, commerce équitable, accueil des personnes handicapées etc.

    @ Jeff : nous sommes majoritairement d’accord, pour une fois. Mais vous ignorez manifestement – ce qui est compréhensible, puisque votre point de vue est extérieur – les thèmes qui intéressent les cathos. La doctrine sociale de l’Eglise prend de fait de plus en plus de place.

    Il est certain que notrez système bipartiste et bipolaire est nécessairement insatisfaisant pour les chrétiens. Mais il devrait être possible pour un chrétien de se situer dans une position originale par rapport à son parti, comme l’a montré notamment l’exemple d’Etienne Pinte, ou comme l’ont montré quelques rares députés PS sur la discussion de la loi Taubira.

    Après, la question n’est pas celle d’une influence numérique. Mais quand je vois le niveau, je constate que les chrétiens, et les cathos en particulier, ont un avantage : celui de disposer d’un vrai socle de convictions, d’une colonne vertébrale et d’une cohérence. La plupart des militants sont purement suivistes, et changent en fonction du leader local. J’ai un peu espoir que cet effet soit plus modéré chez les cathos.

    Je suis également d’accord sur le fait qu’il serait bon que le vote catho paraisse moins acquis à la droite, ne serait-ce que pour pouvoir peser aussi à droite. Mais là, à vous de voir aussi : il faut que le PS balaie un peu devant sa porte, et fasse le ménage de son anticatholicisme. J’ai eu trop de témoignage sur le mauvais accueil réservé aux cathos pour accepter que l’on fasse peser la responsabilité sur eux. Et il faudrait en prime que le PS infléchisse sa ligne politique : à bien des égards, on finirait par penser que les positions de l’Eglise sont un repoussoir pavlovien pour le PS, qui s’empressent d’adopter des positions contraires, sans que l’on soit capable de bien comprendre en quoi elles seraient de gauche (ainsi sur la recherche sur l’embryon, qui est une façon de céder aux labos pharmaceutiques, ainsi sur l’euthanasie, qui est une façon d’abandonner une société solidaire). On ne peut pas adopter un corpus d’idées contraire et s’étonner que les catholiques ne se sentent pas mieux au PS, alors que pourtant certaines sensibilités de catholicisme s’y trouveraient bien représentées.

    Logopathe a écrit ::

    Mais on pourra répondre que si les chrétiens rassemblaient des centaines de milliers de manifestants pour lutter contre la pauvreté, ben les médias ils en parleraient. En même temps, ça sert pas forcément à grand chose de rassembler des manifestants contre la pauvreté, et l’action quotidienne vaut sans doute mieux.

    Oui, et l’on ne se laissera pas aller à une comparaison entre un combat de longue haleine, sans fin prévisible, et une mobilisaiton ponctuelle contre un projet de loi. Pas plus que l’on n’oubliera en effet l’action quotidienne des catholiques contre la pauvreté, plus efficace que les mobilisations médiatiques et autres rassemblements de stars de la variété.

    Logopathe a écrit ::

    Le plus regrettable, à mon sens, c’est d’abord qu’avec cette loi, qui m’intéresse peu en elle-même, ait triomphé un mode de raisonnement illogique, ce qui est grave; et ensuite que le mouvement qui s’est levé part avec un lourd handicap, ce soupçon d’homophobie qui risque de lui coller aux basques pendant assez longtemps.

    Il faut malheureusement endurer ce soupçon si l’on croit à la justesse de sa position par ailleurs, plutôt que d’abdiquer sous l’anathème (même s’il est justifié pour certains).

    Mahoudeaux a écrit ::

    Il y a certes l’injonction de François aux chrétiens d’entre en politique. Mais je souhaiterais que ce soit dans un nouveau parti tout neuf, sans passé, sans compromissions, sans que les pouvoirs y soient détenus par des oligarques soucieux de leur seules prérogatives … You may think I am a dreamer …

    Vous savez, je ne suis évidemment pas parfait, et on pourrait me dire que ma réponse est présomptueuse mais quand je me suis décidé à évoquer davantage mes convictions, alors qu’il est délicat de s’affirmer catholique alors que sa foi n’est pas d’airain, alors que l’on est imparfait, que l’on ne suit pas nécessairement toujours l’Eglise en tout, c’est aussi parce que je me suis dit que si seuls les saints se décidaient à intervenir, nous n’aurions véritablement personne.

    C’est un peu la même chose ici. Vous attendez quelque chose qui ne se produira pas. Même l’Eglise est faite de pêcheurs : que croyez-vous pouvoir attendre d’un parti ?

    Au bout du compte, êtes-vous certain que cette attente ne soit pas une bonne raison que vous vous donnez pour rester à l’écart, indéfiniment (et faites gaffe : la vie est courte) ?

    @ Dupré : votre focalisatio sur la question des programmes scolaires me laisse perplexe. J’ai du mal à saisir pourquoi, d’un billet général sur l’engagement à la suite de ce mouvement, vous tirez un enseignement aussi spécifique, sur un point non abordé, et nullement exclusif de ce que j’évoque dans ce billet. Oui, très bien, il faudrait aussi être présent dans cette instance. Qui le conteste ? Mais donc, votre enseignement de LMPT et le conseil que vous donneriez aux personnes qui se sont engagées, c’est d’intégrer les commissions de définition des programmes scolaires ? Faute d’être enseignant, je ne crois pas que votre proposition puisse d’appliquer à tous.

    Alors oui, bien évidemment, il faut aussi être présent dans les administrations mais cela ne peut pas concerner tout le monde.

    Par ailleurs, pour répondre à d’autres, oui, certainement, l’enjeu est également culturel. J’ai rencontré dernièrement un producteur catho de films, et il me semble évidemment important que la « culture » ne soit pas univoque.

  • Koz a écrit ::

    Les cathos n’ont pas que les moeurs à la bouche. Ils parlent aussi Responsabilité Sociale des Entreprises, développement durable, commerce équitable, accueil des personnes handicapées etc.

    Oui, mais ces sujets ne mobilisent pas, et sur beaucoup d’eux, l’église n’a pas forcément à mon avis de message clair, se contentant souvent de bonnes intentions. Par exemple, parler du développement durable est bien beau, mais d’ici à transformer cela en un message concret sur lequel on peut mobiliser et débattre, il y a à mon avis un immense fossé, soit parce que l’église est vague, soit aussi parce que les problèmes sont infiniment plus compliqués.

    Au moins, les moeurs, c’est un sujet clivant sur lequel la société a une position claire.

  • Les chrétiens doivent s’engager dans la politique s’il s’y sentent appelés en choisissant le parti qui selon leur réflexion s’accordent le mieux avec leurs convictions spirituelles. Mais de grâce, pas de parti chrétien et pas de mélanges entre politique et religieux, cela a fait trop de dégâts et ce n’est pas fini. Pour ceux qui en doutent, voyez de l’autre côté de la Méditerranée. Jésus était apolitique ne perdons pas cela de vue.

  • Koz a écrit ::

    @ Dupré : votre focalisatio sur la question des programmes scolaires me laisse perplexe. J’ai du mal à saisir pourquoi, d’un billet général sur l’engagement à la suite de ce mouvement, vous tirez un enseignement aussi spécifique, sur un point non abordé, et nullement exclusif de ce que j’évoque dans ce billet. Oui, très bien, il faudrait aussi être présent dans cette instance. Qui le conteste ? Mais donc, votre enseignement de LMPT et le conseil que vous donneriez aux personnes qui se sont engagées, c’est d’intégrer les commissions de définition des programmes scolaires ? Faute d’être enseignant, je ne crois pas que votre proposition puisse d’appliquer à tous. Alors oui, bien évidemment, il faut aussi être présent dans les administrations mais cela ne peut pas concerner tout le monde. Par ailleurs, pour répondre à d’autres, oui, certainement, l’enjeu est également culturel. J’ai rencontré dernièrement un producteur catho de films, et il me semble évidemment important que la « culture » ne soit pas univoque.

    Ce n’était qu’une illustration. J’aurais pu parler du journalisme, de l’art ou du cinéma que vous citez d’ailleurs.

    L’engagement politique est important, mais il est bien secondaire par rapport au culturel. Pour faire analogie, le roi très Chrétien ne l’était pas toujours, mais l’Eglise possédait la communication de la culture de l’époque par derrière. Idem pour Sarkozy où l’on a vu la différence entre les discours sur la culture et la possibilité de les mettre en oeuvre dans les médias, l’éducation, etc. La droite a été au pouvoir entre 2002 et 2012, et je n’ai pas observé un recul de la culture de mort, simplement du colmatage et du statu quo en attendant. Il a suffi que la gauche par un jeu normal d’alternance reprenne le pouvoir et les petites digues ont sauté en un an parce que le combat culturel était perdu pour la droite qui ne pouvait pas revenir sur cette culture faute de combattants dans les instances.

    Nous sommes d’une génération de catholiques à qui on a dit de faire des études nobles et légitimes mais qui n’étaient pas des vecteurs de diffusion la culture. C’est là qu’est le combat futur, dans la mise en avant à nos enfants de ces études tout à fait légitimes et non pas dans leur dénigrement comme on entend encore trop souvent (c’est un milieu spécial, c’est plein de socialos, ca rapporte rien, c’est pas stable pour une vie de famille…).C’est culturellement que le combat a été perdu et qu’il faudra gagner demain.

  • Bonjour, Je vous ai unfollowé sur Twitter car je n’aimais pas du tout la tournure très militante de vos tweets. Je continue à surveiller votre blog pour l’intelligence des réflexions qui y sont développées, même si je ne me retrouve pas du tout dans votre combat actuel. Je suis très satisfait du vote de la loi, qui a suivi son parcours démocratique. Et je suis entièrement d’accord avec votre billet. Les catholiques, ce n’est pas à l’Église ou dans la rue que je veux les entendre. C’est dans le débat public de notre démocratie représentative, quels que soient ses défauts. Je serais ravi de continuer à ne pas être d’accord avec vous dans ce cadre.

  • Bonjour Koz,

    J’ai lu attentivement votre billet, qui me laisse sur un malaise (et même deux) :

    1) « qu’est-ce qu’on tient ? », vous demandez-vous ; à mon avis, tous les éléments que vous énumérez dans votre billet, et c’est considérable ; je pense en particulier à une prise de conscience, celle de la « dictature du relativisme » sous sa forme non pas seulement culturelle (ça, on connaissait), mais aussi politique (ça c’est plus neuf) ; mais il y a aussi ce « non » collectif (envers d’un « oui » plus profond) dont nous avons tous découvert la profondeur et l’ampleur ;

    2) « qu’est-ce qu’il faut ne pas lâcher » ? Eh bien, l’objectif qui consiste à faire abroger cette loi ; ça va sans dire ? Soit, mais ça va encore mieux en le disant. Et si, en plus de le dire, on le manifeste sur tous les tons et sur tous les modes – chacun le sien – on évitera à cette loi de passer pour dé-fi-ni-ti-ve-ment a-dop-tée (comme certaines autres), dans l’imaginaire collectif comme dans le nôtre propre. En ce sens, les Veilleurs, les Hommen et les autres font plus que de la figuration ; ils signalent à tous que cette loi, nous ne l’acceptons pas, et nous ne l’accepterons jamais, c’est-à-dire que nous travaillons clairement à l’abroger (tôt ou tard, qu’importe).

  • Merci d’abord pour ce billet. Ensuite, merci à Haglund, dont je partage intégralement le commentaire, ce qui évitera de le répéter… Enfin j’aurais choisi autre chose que la loi SRU comme cause, mais bon.

    Je reviens sur ce point :

    Koz a écrit ::

    Logopathe a écrit :: Mais on pourra répondre que si les chrétiens rassemblaient des centaines de milliers de manifestants pour lutter contre la pauvreté, ben les médias ils en parleraient. En même temps, ça sert pas forcément à grand chose de rassembler des manifestants contre la pauvreté, et l’action quotidienne vaut sans doute mieux. Oui, et l’on ne se laissera pas aller à une comparaison entre un combat de longue haleine, sans fin prévisible, et une mobilisation ponctuelle contre un projet de loi. Pas plus que l’on n’oubliera en effet l’action quotidienne des catholiques contre la pauvreté, plus efficace que les mobilisations médiatiques et autres rassemblements de stars de la variété.

    On est en 2013. La parole pèse plus que l’action en termes d’image et en termes de mobilisation, c’est regrettable mais c’est ainsi. On me dit « mais l’Eglise fait des tas de choses pour lutter contre la pauvreté » !! Je dis, oui bien sûr. Mais j’attends que les Evêques appellent à participer à une manif (tiens le 28 juin Marche pour la dignité organisée par le Secours Catholique…) et que 650 000 chrétiens descendent dans la rue. Non, ça n’aidera pas un pauvre à être moins pauvre. Mais oui, enfin, notre pays saura que l’Eglise agit, et qu’au delà, elle dénonce. Parce que sinon, on nous dira que les asso cathos nous servent de bonne conscience pendant qu’on manifeste dans la rue contre les homos avec nos têtes de bourgeois n’ayant pas connu directement la pauvreté (et tant mieux). Et c’est vrai.

    L’Eglise ne fait rien contre les homos, mais elle a parlé, des cathos sont descendus en nombre dans la rue, et elle passe pour homophobe. L’Eglise agit contre la pauvreté, mais elle ne parle pas très fort et aucun catho ne descend dans la rue, alors ce qu’elle fait passe à la trappe, c’est « normal », c’est « son boulot ».

    C’est le monde d’aujourd’hui, et puisqu’en effet votre article est d’une lucidité rare, il faut aussi avoir cette lucidité-là : agir en silence est aujourd’hui inutile en termes d’image, de changement des mentalités, de crédibilité. Alors oui j’attends de mes évêques, de la MPT et autres mouvements qu’ils appellent à se joindre à la prochaine manif de chômeurs, journée mondiale contre la pauvreté, ou autre, pour montrer aussi leur détermination sur ce point-là.

  • Une suggestion :

    Le pire mal de notre société aujourd’hui, c’est le chômage des jeunes. Il y a en France infiniment plus de jeunes sans emploi que de jeunes qui ont été élevés par deux personnes de même sexe. Et dans le premier cas, il est avéré que c’est un handicap pour démarrer dans la vie.

    Pourquoi les chrétiens n’organiseraient-ils pas une énorme mobilisation (« La manif pour tous 2 – Le retour ») pour réveiller les consciences, renverser la table et obliger les acteurs publics et privés à traiter d’urgence et au forceps ce drame humain, social et économique, qui mine littéralement notre pays (et la moitié sud de l’Europe).

    Ce serait une façon différente de décliner le concept d’ »écologie humaine ». Et une bonne occasion de créer une image plus complexe, plus originale, plus spécifique, de l’expression chrétienne, et en accord, semble-t-il, avec les préoccupations du pape actuel.

  • Je viens de regarder le Grand soir 3 de bout en bout. Pas un seul mot sur la condamnation du jeune militant en comparution immédiate avec mandat de dépôt. Mal à l’aise, les journalistes du service public ?

  • @ Jeff : je suis, je dois l’avouer, un peu lassé de ce qui constitue, quelle que soit la façon dont on le présente, un procès d’intention. Nous serions sensibles au mariage homo et insensibles à la misère.

    Vous êtes au PS, Jeff, il me semble. Je ne me souviens pas que le PS ait organisé « une énrome mobilisation » contre le chômage des jeunes (on préfèrerait d’ailleurs que le gouvernement se montre efficace). Faut-il en déduire que le PS y est indifférent ?

    Par ailleurs, manifester contre le chômage des jeunes, ça changera quoi au chômage des jeunes ? Manifester contre un projet de loi, ça peut empêcher son adoption. Alors arrêtons ces comparaisons assez malveillantes, voire hypocrites.

    En prime, notez que personne n’a besoin d’une manifestation pour « réveiller les consciences » sur le chômage des jeunes. Il suffit de regarder autour de soi.

  • Merci à Léa de ses remerciements, et qu’elle (il ?) me permette d’insister : la SRU n’est pas UNE cause, c’est LA cause, au sens que presque tout le reste dépend d’elle. Il ne s’agit de rien moins que de renoncer à une partition du territoire sans précédent dans l’histoire, qui parque les pauvres. Et entièrement d’accord pour ne pas exiger des manifs pour telle ou telle cause, et particulièrement pas pour le chômage; à mon sens, ce serait pire qu’inutile : contre productif, car fournissant un alibi parfait. Non, je pense, moi, à une activité de lobbying : encore une fois, des gens décidés, organisés, ayant l’oreille de leur député, de bons moyens de communications peuvent à mon avis faire beaucoup en la matière. Ils n’ont pas besoin d’ailleurs d’être majoritaires; une solide minorité très décidée pourrait, je pense, faire énormément. Mais cette solide minorité doit avoir une caractéristique : accepter — exiger— de vivre dans la proximité du pauvre. Pas seulement faire de bonnes oeuvres, ou avoir des préoccupations sociales : vivre dans la proximité du pauvre, au quotidien — voir le Pauvre, tous les jours, dans son quartier, dans ses magasins, dans sa rue, dans l’école de ses enfants. Cette minorité existe t-elle chez les catholiques aujourd’hui ? La vérité m’oblige à dire que rien ne me permet de croire à son existence. A vous de me prouver le contraire. Dans l’intérêt de mon pays, je ne demande qu’à être convaincue.

  • @ Koz

    Je n’ai jamais dit ni sous-entendu (relisez-moi) que les chrétiens se désintéressaient de la pauvreté ou du chômage. J’ai simplement dit qu’une mobilisation sur ce type de sujet contribuerait à changer l’image de l’expression chrétienne.

    Par ailleurs, pour votre information, je ne suis pas « au PS » comme dites (mais ça, je vous l’ai déjà dit plusieurs fois). Et si vous voulez me faire dire que la politique menée actuellement, malgré la volonté affichée, n’est pas pour l’instant à la hauteur de l’enjeu en matière de chômage des jeunes, je le dis sans hésiter.

    Pour être plus clair, le chômage des jeunes est un drame qui devrait être inacceptable, que tout le monde connaît (vous avez raison), mais tout le monde accepte finalement. Donc, oui, plus que jamais, il y a besoin de « renverser la table ».

  • Sans procès d’intention aucun, cela me fait rire jaune de voir certains hérauts du vote Sarkozy et du cortège de normes liberticides associées à ce dernier se scandaliser de l’emprisonnement du jeune Nicolas qui en est le résultat, ridicule il est vrai.

  • @ Haglund: Tant d’associations oeuvrent en ce sens – car il est difficile d’agir efficacement seul – qu’on pourrait répondre : que vous faut-il pour croire enfin qu’une minorité – une minorité !! – de catholiques combattent la pauvreté au quotidien. D’autre part, beaucoup de petits gestes de tous les jours sont considérés par ceux qui les accomplissent comme relevant de la sphère privée, ils n’iront pas s’en vanter, ni « faire sonner de la trompette devant eux, comme ceux qui se donnent en spectacle », comme disait l’évangile de ce mercredi. Et ce, d’autant plus que les catholiques sociaux ont, fort longtemps, prôné l’enfouissement, l’idée que le pauvre qui reçoit de l’aide d’un chrétien ne doit pas savoir qu’il a eu affaire à un chrétien. Cela dit, il ne faut pas se leurrer non plus, grand est le nombre de catholiques qui haussent le sourcil d’un air abasourdi lorsqu’on prononce les mots « doctrine sociale de l’Eglise » ou « option préférentielle pour les pauvres », si chères à nos trois derniers papes. Mais dire qu’il n’y en a même pas une minorité pour agir vraiment, sans se contenter de « bonnes oeuvres » plus paternes et bonne conscience qu’autre chose, non, là, l’injustice est flagrante.

  • @ houla hop: C’est vrai, mais on pourrait aussi bien dire que cela fait rire jaune de voir ceux qui avaient poussé des cris d’orfraie contre ces lois les utiliser avec aplomb et sévérité maintenant qu’ils sont passés du bon côté du bâton. Autant dire que si on en reste là, rien ne bougera pas et ces lois non plus : ne vaut-il pas mieux réaliser ensemble la dimension liberticide de cet arsenal, le dénoncer ensemble et le faire tomber ensemble ? Je précise que ma famille politique d’origine étant la gauche, j’étais de ceux qui tentaient de s’élever contre ces lois lorsqu’elles ont commencé à surgir il y a maintenant une décennie déjà, ce qui me vaut le triste privilège de rire jaune dans les deux sens.

  • « Nous serions sensibles au mariage homo et insensibles à la misère. » Non, non, mille fois non. Mais si justement j’aimerais 650 000 chrétiens dans la rue pour dire non à la misère c’est bien, parce que dans le monde d’aujourd’hui, l’image, ça compte. Et comme le font remarquer pas mal d’observateurs, se compter dans la rue, ça motive. Et dire à nos élus que les chrétiens sont là pour qu’ils n’oublient pas que l’Humain est la priorité, c’est pas inutile.

    Oui c »est une question d’image et sans doute que le Christ ne se préoccupe pas d’image. Et non il ne s’agit pas de faire n’importe quoi ou de se trahir pour des raisons d’image. C’est sans doute désolant, mais J’enfonce un gros cliché mais aujourd’hui il faut savoir faire (et l’Eglise sait faire en matière de lutte contre la misère) mais aussi faire-savoir.

  • Phylloscopus a écrit ::

    @ Haglund: Tant d’associations oeuvrent en ce sens – car il est difficile d’agir efficacement seul – qu’on pourrait répondre : que vous faut-il pour croire enfin qu’une minorité – une minorité !! – de catholiques combattent la pauvreté au quotidien

    Haglund n’a pas je crois, nié que des associations oeuvrent dans ce sens. Elle a interrogé le fait que les chrétiens exigent de vivre (d’habiter, d’être logé) à côté des pauvres, bref qu’il y ait une mixité sociale par l’habitat. Et là, effectivement, je ne crois pas que les chrétiens « aisés » soient différents des autres, et qu’ils soient plus nombreux que les autres à revendiquer pour que la mixité sociale existe. Mais je crains qu’Haglund minimise la difficulté de la chose, à réaliser mais aussi à vivre. La mixité sociale, non c’est pas facile, ni pour les riches, ni pour les pauvres (et pitié arrêtez les majuscules à Pauvre… ), et ça ne résout pas tout, loin de là…

  • Jeff a écrit ::

    Pour être plus clair, le chômage des jeunes est un drame qui devrait être inacceptable, que tout le monde connaît (vous avez raison), mais tout le monde accepte finalement.

    Il y a parmi les électeurs qui votent plus de vieux dans des emplois surprotégés que de jeunes en recherche d’emploi. À gauche comme à droite, on sait compter.

  • @ Aristote Il ne s’agit pas de virer les « vieux surprotégés » pour embaucher les jeunes au chômage, il faut évidemment faire autrement ! Martin Hirsch racontait récemment l’ »anecdote » suivante. Quand il était au gouvernement et qu’il avait bon espoir de pouvoir obtenir un budget pour lutter contre le chômage des jeunes, il a réuni une vingtaine de dirigeants de grandes entreprises, publiques et privées, et leur a demandé : « à votre avis, qu’est-ce qu’on pourrait faire ? ». Leur réponse, quasi-unanime selon Martin Hirsch, a été : « donnez-nous de l’argent pour faire partir les vieux ». Et cette réponse l’avait (à juste titre) « désespéré » !

  • Merci à Léa de bien insister sur ce point qui fait l’objet d’un évitement obstiné. Des œuvres, de bonnes œuvres, fort utiles, d’ailleurs, ça oui. La mixité sociale…si tiède et velléitaire que soit ce gouvernement, il a, lui au moins, multiplié par 5 le montant des amendes pour non respect de la SRU. « La mixité sociale, non c’est pas facile, ni pour les riches, ni pour les pauvres (et pitié arrêtez les majuscules à Pauvre… ), et ça ne résout pas tout, loin de là… » Je ne me permettrait pas de suggérer quoique ce soit de difficile ou que je ne vivrais pas moi même; j’habite Evry, j’appartiens aux classes supérieures et je vis une vie parfaitement agréable et confortable, comme je la vivrais n’importe où ailleurs. Et la ville compte 43% de logements sociaux. Il ne s’agit, pour les villes qu’y s’y refusent, que d’atteindre 25% ! C’est difficile pour les riches ? Comment le sauraient ils, faute d’avoir jamais essayé ? C’est difficile pour les pauvres ! Sans blague ! Ils me semblent fortement désireux, en particulier pour la scolarisation de leurs gosses, à qui ils cherchent à donner toutes les chances qu’ils peuvent, de mixité sociale. Ils me semblent à moi, de très bons sociologues appliqués. Et ça ne résout QUE les problèmes de délinquance, de communautarisme, le plafond de verre, et le désespoir. C’est déjà pas mal. Vous ne croyez pas que les chrétiens « aisés » (pourquoi ces guillemets ?) soient différents des autres…Terrible aveu, non ? C’est là la clé de bien des échecs— aussi celui de la Manif pour Tous. Ce qui condamnait d’avance toute extension au reste du pays, c’est que ceux que l’on voyait défiler sortaient de centre villes protégés (férocement protégés), et qu’on savait qu’ils y rentreraient pour ne pas en sortir, mais surtout pour ne laisser personne d’indésirable y pénétrer. Ils vivent l’entre soi, on les a laissé entre eux. Léa, je vous remercie de votre bonne lecture. Un point cependant : je ne pensais pas que la majuscule à Pauvre pouvait gêner sur un blog catholique…C’est encore, malheureusement, un élément de réponse que vous me donnez.

  • Je crois qu’on a saisi, Haglund : la loi SRU. Mais à un certain moment, on s’éloigne terriblement du sujet. Quant à trouver un enseignement dans le fait que même Léa vous dise qu’il n’est pas indispensable de mettre une majuscule à « pauvre », c’est un peu lassant de procès d’intention.

  • Vous trouvez ? Où voyez vous une intention là dedans ? Vous savez qui c’est, le Pauvre avec une majuscule. Et c’est bien lui qu’il s’agit de laisser s’approcher. Et non, on ne s’éloigne pas du sujet. C’est bien la clôture sociale (très différente de l’époque où il y avait une vaste paysannerie, donc des catholiques de toutes origines sociales) qui rend inaudible toute parole catholique aujourd’hui, quelle qu’elle soit.

  • Jeff a écrit ::

    Il ne s’agit pas de virer les « vieux surprotégés » pour embaucher les jeunes au chômage,

    Bien sûr que non, toujours la vision malthusienne de la tarte de taille fixe, celle qui nous a valu les 35h.

    Reste que la surprotection des emplois a un coût évident pour les jeunes : l’entreprise ne peut pas prendre de risque sur un jeune, ou sur une idée de business, parce que si cela rate, le coût de sortie est très élevé.

  • Jeff a écrit ::

    Pour être plus clair, le chômage des jeunes est un drame qui devrait être inacceptable, que tout le monde connaît (vous avez raison), mais tout le monde accepte finalement. Donc, oui, plus que jamais, il y a besoin de « renverser la table ».

    La meilleure (peut-être la seule) façon de réduire le chômage des jeunes, c’est d’en embaucher.

    Quiconque embauche un jeune (ou un moins jeune) est immédiatement gratifié de prélèvements obligatoires représentant environ 100% du salaire net. On lui offre également pour le féliciter un bouquin de 3300 pages (aka le code du travail) qu’il doit lire, comprendre, mémoriser et respecter à la lettre sous peine de poursuites pénales. Enfin, quand je dis « on lui offre », c’est une façon de parler; il doit l’acheter avec son propre argent.

    Enfin, au cas fort improbable où, « malgré » toutes ces initiatives, le jeune (ou moins jeune) ne trouverait pas d’employeur et tenterait de se mettre à son compte, il y sera encouragé par Sylvia Pinel. Cette dernière le renverra à Pôle Emploi s’il parvient à se payer plus de 1500€ pendant 2 ans.

    Vous voulez vraiment « renverser la table »?

  • les manifestants n ‘on pas su , voulu faire parler les enfants :

    « j’ai droit à une mère et un père »,

    « demain comme hier, j’ai droit à un père et une mère »

     » j’ai besoin d’une mère et d’un père »

    « je veux un père et une mère »…

    en gardant le débat sur le mariage, ils ont pris une cible erronée,

    trop vulnérable à la revendication d’égalité.

  • « Tous mes interlocuteurs pro-loi Taubira s’inquiètent d’ailleurs d’une seule chose : la traduction politique du mouvement. « 

    Bien au contraire, on ne souhaite que cela ! Si vous pouviez moraliser totalement la droite quitte à revoir un parti de droite qui soit honnête et défendent des valeurs, cela serait top! Un peu comme votre nouveau Pape il semble. Bon courage! Je suis de tout cœur avec vous, entendre de nouveau chanter cette rage au coeur qui vous habite, c’est cela, la fraternité citoyenne laïque. Et puis lire dans un futur programme d’un parti politique : « Il faut une maman et un papa », j’attends cela avec impatience !

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