Mon Dieu, sauvez les Belges !

euthanasie Petit à petit, j’ai commencé à regarder vers le Nord avec tendresse. Vers le Nord, vers les Belges et plus particulièrement certains d’entre eux. Ils sont jeunes, catholiques, je les croise sur les réseaux. Ils illustrent admirablement l’exergue de mon blog : « l’important est d’avoir été là ». Car, dans une société à côté de laquelle la nôtre fait figure de théocratie, ils ne peuvent guère espérer davantage qu’être là, témoigner, veiller. Ils sont à leur façon des lanceurs d’alerte.

Et nous devrions leur témoigner plus de reconnaissance car ils sont aux avant-postes. Les logiques à l’oeuvre chez eux se diffusent ensuite chez nous. La « parade » que le Professeur Jean-Louis Vincent pense avoir trouvée à l’invocation de la mission de soin des médecins arrivera chez nous : « le premier but de la médecine est de restaurer ou maintenir la santé, c’est-à-dire le bien-être de l’individu, pas la vie à tout prix ».

Cette phrase a toutefois trois mots de trop, dans le seul but de rendre acceptable le fond de sa pensée. Car personne ne veut maintenir la vie à tout prix. La loi française interdit l' »obstination déraisonnable ». L’Eglise dénonce l' »acharnement thérapeutique ». Sa pensée doit se lire ainsi : « le premier but de la médecine est de restaurer ou maintenir la santé, pas la vie » (vous m’excuserez d’avoir supprimé une incise). Et, de fait, plus clairement encore, lorsque le médecin ne peut restaurer ou maintenir la santé, alors il donne la mort. Il doit donner la mort.

C’est un article d’Aleteia qui m’a alerté. Suspicieux malgré tout, j’ai recherché le texte dont cet article parlait, l’ai lu.

Il est ici, et il s’agit d’une publication scientifique. C’est une prise de position de la Société belge de soins intensifs, dont le Pr Vincent est l’ancien président. Leur demande ? L’euthanasie non sollicitée. Pouvoir décider de la mort d’une personne.

Ironiquement, les partisans de l’euthanasie vendent ici leur camelote en invoquant le pouvoir qu’on laisse aujourd’hui aux médecins. En vérité, ils donneraient aux médecins le droit de vie et de mort sur vous et moi.

Ainsi ces médecins écrivent-ils :

we explain our belief in the concept that shortening the dying process by administering sedatives beyond what is needed for patient comfort can be not only acceptable but in many cases desirable.1

Et cette accélération du processus de fin de vie – une précipitation de la mort – doit être décidée par les médecins eux-mêmes, qui informent la famille.

Ils l’informent, seulement, ils ne lui demandent pas son avis. D’ailleurs, les patients et leurs familles leur sauront gré de cette affirmation de principe : « les familles doivent être informées des pronostics et décisions en/de fin de vie à tout moment ». Vous êtes bien bons.

Les proches seront donc informés de la décision des médecins de mettre un terme à la vie du patient. Le tuer.

Shortening the dying process with use of medication, such as analgesics/sedatives, may sometimes be appropriate, even in the absence of discomfort, and can actually improve the quality of dying; this approach can also help relatives accompany their loved one through the dying process—such a decision should be made with due consideration for the wishes of family members.2

Dans une tribune, le Pr Jean-Louis Vincent se fait encore plus clair, sans les éventuelles ambiguïtés d’une traduction en français. Il dresse au demeurant un tableau effarant de la situation actuelle en Belgique.

Il s’y déclare partisan d’une « fin de vie non demandée » (bref, vous achever sans votre avis), lorsque le patient souffre d’une fin de vie douloureuse et sans espoir de récupération. Notons que persiste le type d’ambiguïté qui ne devrait pas exister lorsque l’on parle de vie et de mort : s’il parle de fin de vie douloureuse, la Société belge de soins intensifs s’est en revanche prononcée pour un « raccourcissement du processus de fin de vie » – une précipitation de la mort – même en l’absence d’inconfort.

Il écrit encore, littéralement, qu’il s’agit bien de « précipiter la mort lorsque la qualité de vie est devenue insuffisante ». Notez, toujours, le même flou, puisque l’on parle un coup d’application même en l’absence d’inconfort et une autre fois de qualité de vie insuffisante. Ne laissez pas non plus passer cette référence à la « qualité de vie », concept que nous voyons donc passer des annonces immobilières au critère de jugement en vue de la mort. Et ne vous laissez pas endormir avant d’avoir compris que, puisque nous sommes dans l’hypothèse où le patient ne s’exprime plus, les médecins se mettront eux-mêmes en situation de juger de la qualité de vie d’une personne. Des hommes apprécieront ainsi la qualité de vie d’un autre, et jugeront si elle justifie qu’il continue à vivre ou non.

Mais si cela constitue une inquiétude pour l’avenir, le tableau qui est fait du présent n’en est pas moins sidérant, y compris dans l’apparente facilité avec laquelle le Pr Vincent évoque des situations incroyables : il dit expressément que les cas « d’euthanasie non demandée » dépassent « très largement les quelques mille cas d’euthanasie demandée qui sont enregistrés par an en Belgique ». Et même, explique-t-il, ces cas d’euthanasie demandée, alors que le malade n’est pas dans une situation de souffrance incontrôlable, ne sont jamais déclarés !

Lorsque, dans un billet ou un autre, j’alertais sur le risque inhérent à la légalisation de l’euthanasie (voire à sa banalisation sans même légalisation) que l’on en vienne à vous euthanasier sans votre avis, on m’opposait que ce ne serait que théorie de la « pente glissante », ni rigoureuse ni crédible.

Or, non seulement des médecins précipitent effectivement la mort de patients sans leur accord ni celui de leurs proches, quand bien même leur souffrance peut encore être contrôlée, mais il faudrait donner une reconnaissance légale à ces pratiques.

Soyez certains qu’au lieu d’assurer la condamnation effective de ces pratiques illégales, l’argument habituel sera ressorti : « ces pratiques existent, il faut les encadrer [comprenez : les légaliser] ».

Dernière chose. Pour la bonne bouche, le document de la Société belge de soins intensifs porte un ultime et dixième commandement :

The present document applies to children as well as to adults.

De vous à moi, même à ceux que cela défrise, je regarde vers le Nord, avec tendresse, et je me dis que la folie des Hommes suit l’effacement de Dieu.


  1. Nous exprimons notre conviction dans le fait que raccourcir le processus de fin de vie par l’administration de sédatifs au-delà de ce qui est nécessaire pour le confort du patient peut non seulement être acceptable mais dans bien des cas souhaitable []
  2. Raccourcir le processus de fin de vie par l’utilisation de médicaments, tels que des analgésiques ou des sédatifs, peut parfois être approprié, même en l’absence d’inconfort, et peut réellement améliorer la qualité de la fin de vie; cette approche peut aussi aider les proches à accompagner ceux qu’ils aiment à travers le processus de fin de vie – cette décision devrait être prise en considération des souhaits des membres de la famille []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

53 comments

  • Ciel! Comment peut-il défendre ses idées de sang froid…

    J’ai lu il y a quelques temps un mini-traité sur la blessure de vie, où l’auteur (j’ai malheureusement oublié qui il était) introduisait en parlant d’un dangereux glissement sémantique (le livre doit bien avoir dix ans) : l’effacement du mot Vie au profit du mot Santé. Ou le glissement du sens du mot « vie » au sens du mot « santé » Dans le concept, j’étais d’accord, mais alors même que j’étudie et travaille à l’hôpital, je n’en voyais pas trop l’application. Avec le Dr Vincent, nul doute que l’on a atteint le pire.

    Et à nouveau, il n’y aura aucune défense possible, puisque nous ne parlerons pas de la même chose…

  • Oui, et sachant que le concept de « qualité de vie » est hautement subjectif, en faire le critère de la vie ou de la mort en dit long sur le pouvoir absolu que cela suppose.

  • La folie des Hommes suit l’effacement de Dieu

    Oui. C’est ma conviction, en tout cas.

    Mais je crois aussi que cette folie des hommes est un prélude à la mystérieuse réapparition de Dieu :)

  • Mais voter pour la poursuite du processus européen et l’uniformisation des lois, des us et coutumes… n’est-ce pas diffuser ce genre de pratiques? Après le mariage homo chez les belges puis adopté en France et diffusé à une majorité de pays européens, nous allons les imiter avec l’euthanasie demandée en fin de vie, puis l’euthanasie aux enfants et pour finir par l’euthanasie pour tous… Il suffit qu’un pays adopte des lois farfelues pour que toute l’Europe suive… Peut-être que l’Europe est un mal nécessaire d’un point de vue économique, juridique… mais voter Europe dimanche me fait craindre la généralisation de ce genre de dérives contre la dignité humaine, la famille…

  • Effrayant. Et encore, vous ne soulignez pas tous les éléments par lesquels la décision souveraine du dieu médecin se manifeste ; par exemple vous citez la tribune de JL Vincent de façon tronquée sur un point : il ne dit pas « sans espoir de récupération » mais « sans espoir d’une récupération qui ait un sens ». Mais qui va décider du sens de la vie sinon le médecin seul, le patient ayant été écarté d’emblée comme incapable de donner son avis ?

    C’est chaque phrase, chaque mot qui est tout entier imprégné de cette philosophie qui me glace le sang à un point difficile à imaginer. Quant à la pente glissante, elle est ici évidente ; la déclaration classique « la pente glissante ? Sophisme ! » est elle-même un sophisme. Cet argument n’est un sophisme que lorsqu’on le justifie par la seule existence d’une possibilité de glissement. Ici ce n’est pas une simple possibilité mais un fait avéré et vérifié partout où on ouvre la porte et où l’on écoute ces revendications de fait fort cohérentes avec un agenda même pas dissimulé.

    Je souscris donc pleinement à la prière exprimée par le titre (en me tenant prêt à y adjoindre les Français et tant d’autres, trop d’autres.)

  • Votre commentaire, @ Alex, comporte sa réfutation en lui-même : nous n’avons pas eu besoin d’Europe pour voter la loi Taubira. Ne lui imputez donc pas ce qui ne relève pas d’elle. De surcroît, elle n’a aucune compétence en la matière, pas plus que dans les matières que vous citez. Il suffit de ne pas cesser de le rappeler.

    @ Vieil imbécile : et dans le même temps, on me passe un article qui souligne que 75% des Belges étaient favorables à l’euthanasie des mineurs… même sans leur consentement. On finit pas ne plus savoir quoi dire.

  • Humpty-Dumpty a écrit :

    par exemple vous citez la tribune de JL Vincent de façon tronquée sur un point : il ne dit pas « sans espoir de récupération » mais « sans espoir d’une récupération qui ait un sens »

    Je suis sous codéine depuis ce midi.

    Mais vous avez parfaitement raison. Cette précision est glaçante.

  • Oui. La Belgique a au moins eu le mérite de me vacciner contre la facile analyse qui source en la Révolution française tous nos maux. Les Belges ne l’ont pas connue, et sont bien plus bas dans l’échelle de la conscience de l’homme.

    Il n’y a pas eu en Belgique un « noyau dur » qui refuse de faire la feuille morte. Or je crois que c’est ce noyau dur (avec toutes ses imperfections et ses rigidités, il ne s’agit pas de le sanctifier) qui a permis à notre conscience de continuer à prééminer. Il a « été là » pour reprendre ta citation de Maritain, que j’aime décidément. Pourquoi cette absence de noyau dur ? il y a de nombreuses hypothèses possibles, aucune vraiment satisfaisante, à mon sens.

    En tout cas c’est cette analyse qui me donne une certaine tendresse (vieille rengaine :) ) pour les extrêmes. Non pas pour leurs solutions, mais pour leurs diagnostics anti-assoupissement…

  • -il y a un deuxième glissement inquiétant: l’identification de la santé, mission du médecin, au bien-être. Un aliéné ne va pas bien (par définition) – il ne reconnaît pas sa meladie, donc son état de mal-être, encore par définition – il ne peut consentir aux mesures de soins, toujours par définition – il y a des maladies psychiques qui sont sans espoir de récupération – tuera-t-on les fous, cette fois non sous la préoccupation de l’ordre public mais d’une compassion doucereuse – contre le gré du malade?

  • @ sans : en effet. Cette position et la tribune qui l’accompagnent mériteraient encore plus de décodage et de débusquage. L’idéologie se loge jusque dans les mots employés.

    @ David : non. Qui donc a bien pu vous prétendre le contraire ?

  • J’avais toujours eu la chance d’être accompagnée, lors des interventions chirurgicales, (famille ou amis proches). En 2009, ce n’était plus le cas(dans un premier temps)… J’ai expérimenté le « traitement » (!) des isolés. Jusqu’à ce que une cousine proche me récupère. Je n’avais pas eu le temps de l’avertir. Elle habitait dans une autre commune et mon portable m’avait été confisqué(!) par un aide-soignant. Je suis âgée, donc débile (!). Ma cousine est morte d’un cancer, l’an dernier… Alors, oui, j’ai peur (!) de l’hôpital et de son organisation qui vous expédie sans explications d’un service à l’autre, quand ce n’est pas d’un hôpital à l’autre, si personne n’intervient énergiquement. Ce qui se passe dans le Nord, en Belgique notamment, arrivera en France, à moins d’un changement de mentalité… Croyons aux miracles !

  • « …La folie des Hommes suit l’effacement de Dieu

    Oui. C’est ma conviction, en tout cas.

    Mais je crois aussi que cette folie des hommes est un prélude à la mystérieuse réapparition de Dieu :) « 

    MERCI « Vieil imbécile » … Puissiez-vous avoir raison !

  • La Belgique est un pays bizarre. La loi sur l’euthanasie des mineurs ne figurait sur le programme d’aucun parti lors des dernières élections. Poussée par les socialistes, elle a été adoptée du fait de la conjonction des socialistes (100 % ont voté pour) et des libéraux (quelques rebelles) !

    J’ai participé sous la pluie à Bruxelles à une manifestation contre la loi, peu avant son vote. Nous étions 200 ou 300 à tout casser. C’était considéré comme une manifestation importante, tellement les Belges n’ont pas la culture de la manifestation !

  • Merci Koz pour ce billet Seigneur nous te prions avec le Roi Baudouin pour la Belgique. spécialement pour les élections et nous prions aussi avec Marie car elle nous apprend que Rien n’est impossible à Dieu. Seigneur accorde nous un miracle et un réveil de conscience en face du défaitisme et du je men foutisme généralisé..

  • Merci pour cet article (et surtout pour le titre).

    Me permettrez-vous cependant d’y apporter, ainsi qu’à l’un ou l’autre commentaire, quelques compléments d’informations ou nuances ?

    Je ne pense pas que telle soit votre intention (mais votre tweet le présente ainsi) mais il importe de préciser que c’est la position d’une association de médecins, non l’état actuel de la législation belge. Ce qui n’enlève rien à la justesse de votre dénonciation.

    Ensuite, quelques précisions utiles sur la sociologie politique belge.

    J’ai le sentiment de lire une caricature, qui reviendrait à dire que le monde politique belge dans son ensemble approuve sans souci ces « avancées », et que quelques catholiques (ce qui serait une espèce rare) osent crier dans le désert.

    En vérité, nous sommes dans un système proportionnel, avec globalement trois ou quatre familles politiques en présence : libéraux (MR), centristes (CDH, ex-sociaux-chrétiens), socialistes, et écologistes. Les deux derniers ne posent pas de souci : leur position en la matière est claire et assumée, en interne comme vis-à-vis de leur électorat.

    L’électorat catholique, lui, depuis 40 ans, est partagé entre libéraux et centristes : leur parti historique, social-chrétien, a opéré une mue vers la gauche (sur le plan économique), qui a fait fuir certains vers le parti libéral (anciennement anticlérical, mais s’étant « ouvert » dans les années 60 aux chrétiens).

    Les lois dites « éthiques » (ou sociétales, comme on dit en France) sont toujours l’objet d’une alliance sacrée entre libéraux, socialistes et écologistes, avec ceci de particulier qu’il s’agit très souvent d’une initiative purement parlementaire, et non d’un projet du gouvernement.

    Dans le cas de l’extension de l’euthanasie aux mineurs, comme le souligne Aristote, quelques libéraux ont servi d’alibi à l’égard de leur électorat catholique en votant contre (mais ils sont très minoritaires).

    En résumé, il y a toujours des politiciens démocrates opposés à l’euthanasie en Belgique, mais, sans être des parias, ils sont politiquement minoritaires. Le principal souci est qu’une part de l’électorat catholique, au moment de voter, choisit davantage son intérêt financier (libéraux, moins d’impôt) que ses convictions (centristes, qui restent les plus opposés au dérives éthiques).

    Mea culpa, je suis le premier à balancer entre les deux à chaque élection. Mais cette fois-ci (on vote aussi pour nos législatives fédérales et régionales), mon choix est fait. S’ils vont plus loin la prochaine fois, ce sera sans ma voix.

  • De la théorie de la pente glissante.

    Où il apparait que ce n’est pas du tout la légalisation, la reconnaissance officielle, d’une situation A, qui pourrait ensuite aboutir, par effet d’entraînement, à une situation B plus grave, plus dangereuse.

    C’est parce que la situation B existe déjà dans les faits, qu’on cherche à tout prix à institutionnaliser la situation A. Histoire de se dédouaner et d’avancer vers un réajustement parfait du droit au fait…

  • Les réanimateurs ne sont pas des médecins commes les autres : ils ont à leur disposition des techniques incoryablement sophistiquées capables de palier aux défaillances d’organces vitaux : dialyse, ventilation artificielle, circulation extra-corporelle et j’en passe. Ils ont la possibilité de maintenir de façon très prolongée un très grand nombre de leurs patients. Ils sont également confrontés à la pénurie de lits, aux choix douloureux d’admetre ou pas en réanimation des gens de plus en plus âgés, de plus en plus fragiles qui ont bénéficié des extraordinaires progrès de la médecine. Ce quotidien du réanimateur, confrontés à des familles qui voient survivre ceux auxquels elles sont plus que tout attachées, parfois sans espoir de vie déliée de la technique, je le vis des deux côtés, en tant que médecin amenée à prendre en charge de dynamiques centenaires et en tant que Maman d’un petit garçon qui entame sa cinquième semaine de réanimation et qui ne parvient pas à respirer sans machine. Et crois moi quand je le vois rose et tranquille sous son respirateur je ne voudrais pour rien au monde que ça s’arrête. Mais il y a des gens, pas forcément méchants, qui rappellent doucement que ce n’est pas une vie et que ce petit loup tout cassé mérite une seule dernière chance. Et si il ne parvient pas à sauter le pas, si il suffoque encore, je ne suis pas sûre que moi, chrétienne, j’aurai le courage de le voir agoniser sans douleur pendant plusieurs jours. Prie pour lui et pour nous Koz. Prie aussi pour ces médecins car ils font un métier très difficile et qu »ils ont fort heureusement plus souvent droit de vie que de mort sur leurs patients.

  • J’ai lu le doc du Pr Vincent en entier et il en ressort une impression (un peu) moins délirante que ne pourrait le faire croire la seule lecture du billet. Clairement, il s’agit ici de patients un peu plus qu’en « fin de vie » : ce sont des mourants. Il y a lieu, donc, de considérer les remarques du Dr Housse ci-dessus.

    Cela dit, pour un texte qui traite d’éthique, je trouve qu’il passe drôlement vite sur le raisonnement. Sont énoncées comme des évidences certaines notions qui méritent plus de réflexion et de nuance: notamment l’idée suivant laquelle achever activement le patient pourrait être désirable, et le refus clair et net de considérer l’opinion de la famille. Il serait exagéré, je crois, de dire que les médecins s’arrogent un droit de vie et de mort (parce que l’issue est, ici, acquise). Mais il s’arrogent un droit absolu de décision sur la manière de la mort. C’est un pouvoir excessif qu’ils réclament là, et de plus, ils souhaitement explicitement écarter tout contre-pouvoir ou simple droit de regard sur leurs actions. Leur rôle est important et difficile, mais il ne justifie pas de leur accorder une telle toute-puissance.

    Dr Housse a écrit :

    si il ne parvient pas à sauter le pas, si il suffoque encore, je ne suis pas sûre que moi, chrétienne, j’aurai le courage de le voir agoniser sans douleur pendant plusieurs jours.

    J’ai beaucoup apprécié votre commentaire, et je vous fais part de toute ma sympathie. Je me permets toutefois, avec toute l’humilité indispensable à celui qui n’a jamais connu la situation que vous décrivez, de vous faire remarquer un point: vous illustrez ici la façon dont les sentiments de l’entourage (médecins, famille, et société dans son ensemble) prennent le pas sur les sentiments et les intérêts des patients. Cela est sans doute légitime jusqu’à un certain point: on ne saurait prétendre que le patient est seul à souffrir de la situation. Mais cela mérite, je crois, d’être souligné: le patient restera-t-il premier dans notre réflexion?

    Que ma prière vous accompagne.

  • Gwynfrid a écrit :

    Il serait exagéré, je crois, de dire que les médecins s’arrogent un droit de vie et de mort (parce que l’issue est, ici, acquise).

    J’ai lu comme vous le document officiel, ainsi que la « Carte Blanche » publiée dans le quotidien belge.

    Certes, l’issue est acquise, mais ne l’est-elle pas déjà, pour moi comme pour vous ? Qui décide quand elle est « suffisamment » acquise pour justifier, et selon quels critère, une euthanasie ? Pour Vincent, les médecins, sans contrôle. Du temps de la peine de mort, il y avait quand même des tribunaux…

  • Gwynfrid a écrit :

    Il serait exagéré, je crois, de dire que les médecins s’arrogent un droit de vie et de mort (parce que l’issue est, ici, acquise).

    Elle est toujours acquise, pas seulement ici. Simplement, « nous ne connaissons ni le jour ni l’heure ». Même si je suis d’accord, dire « ils s’arrogent droit de vie et de mort » est excessif. Mais la frontière est sans cesse repoussée. Et surtout elle est repoussée sans qu’aucun critère objectif soit posé sur la limite au-delà de laquelle elle ne pourrait plus être repoussée (le sentiment du médecin n’ayant rien d’objectif).

    Gwynfrid a écrit :

    Leur rôle est important et difficile, mais il ne justifie pas de leur accorder une telle toute-puissance.

    C’est justement parce qu’il est important et difficile qu’il est d’autant plus essentiel qu’ils n’aient pas toute-puissance mais un cadre précis (et non mouvant selon leur sensibilité personnelle) et qu’il y ait prise en compte d’éléments divers – patient, entourage, et collégialité des médecins). La loi Leonetti a un équilibre qui me paraît juste alors qu’il n’a rien d’évident à trouver ; je dis donc bravo et appliquons-le au lieu de faire évoluer le droit pour en faire un outil de constatation des pratiques ! Et si nos amis belges s’en inspiraient au lieu d’aller « toujours plus loin » il y aurait de quoi se réjouir.

    Gwynfrid a écrit :

    Cela dit, pour un texte qui traite d’éthique, je trouve qu’il passe drôlement vite sur le raisonnement.

    La question éthique mérite en effet d’être précisée bien sûr. Difficile en un seul petit billet. Ce qui me frappe dans ces glissements successifs de certains médecins c’est justement une assise éthique fort instable : la vie humaine n’est plus, à aucun moment, considérée comme valable, bonne, digne, par elle-même ; mais uniquement en tant qu’elle peut « servir à quelque chose », avec une « qualité suffisante »…

    Moi, des médecins qui in fine on faculté de décider seuls, sans rendre compte à personne, ou tout au plus en « informant » (ils sont bien bons), si ma vie a de la valeur ou pas, et me soigneront ou me tueront selon leur évaluation, eh bien, je n’ai vraiment pas envie de leur confier ma vie (ni celle de mes proches). Ce qui à l’évidence pose problème.

  • Je suis jeune, catholique, vis en Belgique et … Suis médecin généraliste! Merci pour votre article qui dépeint bien la situation. Effectivement les notions sont très floues dans la tête de mes concitoyens ce qui arrange pas mal de monde. Je fais pour ma part un gros travail de formation auprès de mes patients quand l’occasion se présente…. Il y a du pain sur la planche et tout ce que vous pouvez faire pour éveiller ( réveiller?secouer? ) les consciences sera bienvenu.

  • @ Dr Housse: Ce que vous vivez est au delà des mots. Sachez au moins que la ou les décisions que vous prendrez ne peuvent être que les bonnes… comme maman, qui êtes celle qui aimez le plus au monde cet enfant, et comme médecin éclairé et attentif, entièrement dévoué à la vie de ses patients, comme l’écrasante majorité des soignants (je leur dois tant, moi même…). Surtout, ne laissez aucun propos contraire aller jusqu’à votre coeur. Je vous souhaite de tenir bon, dans le calvaire qui est le vôtre. Vous êtes dans mes pensées.

  • @ Dr Housse: Merci pour votre témoignage qui nous permet de comprendre aussi l’autre côté du ‘décor’. Merci encore pour votre sincérité sur votre situation personnelle. Vous êtes dans ma prière.

  • Vlad a écrit :

    Je ne pense pas que telle soit votre intention (mais votre tweet le présente ainsi) mais il importe de préciser que c’est la position d’une association de médecins, non l’état actuel de la législation belge. Ce qui n’enlève rien à la justesse de votre dénonciation.

    C’est assez explicite dans le billet. Un tweet ne peut qu’être bref.

    @ Dr Housse : j’ai tout à fait conscience du fait que les médecins sauvent plus de vies qu’ils n’en décident d’en ôter, et j’ai une sympathie particulière pour les soignants.

    En ce qui concerne ton bonhomme, je suis navré d’apprendre que son état est si grave. Et je comprends très bien ton questionnement. Le fait d’être chrétien ne l’évite pas, et c’est juste ainsi. Je ne peux pas répondre à ta place et ce serait de toutes façons inconvenant. Mais, dans ton cas, que tu souhaites que ton enfant cesse de souffrir me semble une évidence. N’y a-t-il pas toutefois moyen, si jamais cette extrémité devait se présenter, de ne pas le maintenir en vie sans pour autant « précipiter [sa] mort » ? Et peux-tu seulement imaginer et accepter que des soignants décident d’eux-mêmes, juste en t’en informant, qu’ils vont le faire parce qu’ils estiment que sa qualité de vie insuffisante justifie de « précipiter sa mort » ?

    @ Gwynfrid : c’est vrai qu’il s’agit de cas très avancés, et tu as raison de dire que, dans ces cas, l’issue est connue à brève échéance. Toutefois, deux observations : (i) sa proposition se place « même en l’absence d’inconfort ». Pourquoi hâter les choses si le patient ne ressent pas d’inconfort ? et (ii) il veut aller plus loin que la loi Leonnetti. Celle-ci autorise à arrêter les traitements et à passer à des soins palliatifs, c’est-à-dire visant à accompagner une mort inéluctable. Lui considère qu’à ce stade il faut « précipiter la mort ».

  • @ Dr Housse : merci pour ce témoignage si fort, si juste, si plein d’amour et de sagesse, qui dit si bien que rien n’est simple. Dans le moment que vous vivez, on va prier à vos côtés pour vous et pour toute votre famille, et pour votre petit garçon que je confie aussi à la prière des enfants, de Marie et des saints. Que tout l’Esprit de force lui vienne et vous vienne par la communion et l’amitié des saints.

  • La réfutation de ce que vous dites est dans vos preuves : l’article auquel vous renvoyez . Qu’est-il dit en effet dans cet article – paru dans une revue scientifique, pas dans une gazette paroissiale ? Que le médecin a probablement l’obligation morale d’abréger l’agonie . L’agonie pas la vie . Abréger son existence est du ressort exclusif des malades . Au stade du respirateur, de la perte de lucidité due à la morphine, le devoir du médecin est de débrancher et de sédater autant qu’il le faut pour en finir . Ce que l’on fait certainement autant en France qu’en Belgique Où est le problème ? La vie, ou plutôt l’existence se résument-elles aux derniers jours ? A la ficelle du saucisson, ou même rien qu’au petit bout de bois ?

  • @ Koz: Vous vous trompez Koz, c’est bien l’Union européenne qui est à l’origine de la loi Taubira. En 1994, le Parlement vote une résolution qui affirme que les États membres de l’Union ne doivent pas empêcher l’officialisation d’une union entre personne de même sexe soit par le mariage, soit par l’union civile. Mais le droit européen rajoute qu’à partir du moment où l’union entre deux personnes de même sexe est reconnue, il faut automatiquement la PMA et la GPA. Elle est même à l’origine de la diffusion de l’idéologie du genre: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=MOTION&reference=B7-2012-0243&format=XML&language=FR

  • @ Patrice : heureusement que vous êtes là, je n’avais pas compris ce que j’écrivais. Quel imbécile, je peux donc faire. Heureusement que vous êtes venu m’éclairer, avec une belle humilité.

    Bon, je vous donne un indice : y’a des trucs en gras dans mon billet.

  • Aristote a écrit :

    Certes, l’issue est acquise, mais ne l’est-elle pas déjà, pour moi comme pour vous ?

    On ne parle pas tout à fait de la même chose. Par « issue acquise », ici, il faut entendre que le patient va mourir très prochainement; que son état ne s’améliorera pas; et qu’il ne se réveillera pas. Bien sûr, on peut dire que la vie est sacrée et qu’il ne nous revient pas de décider; c’est là ma conviction, dans le principe. Dans la pratique, il y a une zone grise, là où la mort « naturelle » ne l’est plus tant que ça. Voyez les remarques du Dr Housse à propos des techniques sophistiquées, conçues pour soigner, mais qui à partir d’un certain point – difficile à déterminer exactement – ne font que prolonger artificiellement la vie.

    Aristote a écrit :

    Qui décide quand elle est « suffisamment » acquise pour justifier, et selon quels critère, une euthanasie ?

    Je suis radicalement opposé à ce que la décision soit prise par le médecin seul, comme le recommande le Pr Vincent. Je ne pense pas, cependant, qu’il soit possible d’écrire a priori une liste de critères objectifs qui permettraient de prendre une décision purement rationnelle.

    Koz a écrit :

    Toutefois, deux observations : (i) sa proposition se place « même en l’absence d’inconfort ». Pourquoi hâter les choses si le patient ne ressent pas d’inconfort ? et (ii) il veut aller plus loin que la loi Leonnetti. Celle-ci autorise à arrêter les traitements et à passer à des soins palliatifs, c’est-à-dire visant à accompagner une mort inéluctable.

    Je crois que la loi Léonetti représente un bon équilibre, mais du point de vue belge, elle n’est pertinente qu’à titre indicatif.

    Pourquoi hâter les choses, si le patient ne souffre pas? C’est la question à laquelle le Pr Vincent omet de répondre; on ne peut que spéculer. On parle d’éthique, donc j’écarte a priori une motivation économique (en appliquant « le crédit de la bienveillance sans lequel il n’y a pas de compréhension possible »). Il ne me reste qu’une explication plausible: hâter les choses permet d’abréger la souffrance de la famille, et des soignants. Ce que je reproche au Pr Vincent, c’est de ne pas l’admettre explicitement. Il se contente de dire que pour le patient, cela ne change plus rien (ce qui est déjà hautement discutable). Comme je le faisais remarquer au Dr Housse plus haut: c’est l’entourage qui devient le sujet de la décision, alors que le patient en devient l’objet.

  • @ Koz: Vioyons donc les gras . Je trouve :  » shortening the dying process  » The dying process = l’agonie  » même en l’absence d’inconfort  » . L’inconfort serait-il, a contrario, une bonne raison d’abréger l’agonie ? Sans doute, mais est-ce bien votre opinion ? Je trouve aussi : improve the quality of dying; this approach can also help relatives accompany their loved one through the dying process—such a decision should be made with due consideration for the wishes of family members. Vous voyez donc que le médecin n’est pas seul à décider et que les proches du mourant sont interrogés

  • Gwynfrid a écrit :

    Par « issue acquise », ici, il faut entendre que le patient va mourir très prochainement; que son état ne s’améliorera pas; et qu’il ne se réveillera pas.

    La question fondamentale est bien sûr de définir cet état et surtout qui décide que le patient l’a atteint. La médecine n’est pas une science exacte, il y a des miraculés qui reviennent de loin, des gens qui succombent à une peccadille. Et les médecins sont humains, se trompent, oublient, sont distraits, perturbés, tristes, fatigués… parfois même incompétents ou malhonnêtes. Comme nous.

    Supposer, même implicitement, que la certitude est possible en ce domaine est dangereux. Tu le dis bien dans ton comm suivant.

    Je pense que c’est en grande partie cette fausse certitude qui a entraîné la dégradation incroyablement rapide de la situation. En seulement quelques années, on est passé de « uniquement en cas de souffrances intolérables, sur demande expresse et répétée du patient » à « même sans inconfort, sans demande du patient, ni de sa famille ». C’est très inquiétant.

  • Lib a écrit :

    En seulement quelques années, on est passé de « uniquement en cas de souffrances intolérables, sur demande expresse et répétée du patient » à « même sans inconfort, sans demande du patient, ni de sa famille ». C’est très inquiétant.

    Voilà. Et l’évolution a été extrêmement rapide.

  • Les Belges portent effectivement un faible intérêt aux questions qui ne les affectent pas sur le plan matériel.

    Par exemple, le grand sujet du moment à Bruxelles est le nouveau plan de survol de la ville par les avions (le fameux « plan Wathelet »). Ce plan conduit au survol régulier de très nombreux quartiers densément peuplés, qui étaient auparavant épargnés par les nuisances sonores. Résultat: depuis un mois, des panneaux de protestation fleurissent sur les voitures, les maisons et même les T-Shirts.

    En revanche, aucun problème pour accepter une loi autorisant l’euthanasie des mineurs. La seule voix véritablement discordante et posant des questions éthiques a été celle de l’Eglise, qui ne bénéficie pas franchement d’une forte cote d’amour en ce plat pays. Dans le cadre politique consensuel décrit par un autre commentateur, le débat cllivé est rare, et les risques politiques sont importants pour le parti qui s’opposerait à ces « progrès de société ».

    A noter que, côté francophone, l’ancien parti chrétien a justement retiré le terme « chrétien » de son nom, devenant simplement « humaniste ». Le parti chrétien flamand assume encore son identitié (pour combien de temps encore?).

  • Jeune catholique belge, je me suis récemment désespéré devant le manque de profondeur des différents débats relatifs à ces élections. Mais c’est un fait, les partis n’ont plus de vision, plus de philosophie, ils se contentent d’acheter leur électorat en lui graissant généreusement la patte (voir quelques tracs du PS où le slogan récapitulatif était du genre : « votez pour nous, vous aurez € 120 de plus par mois en allocations familiales »). Pas de doute, on a touché le fonds. Mais on peut toujours creuser… Le souci est qu’au sud du pays (chez les francophones), le socialisme règne sans partage depuis plus de 30 ans, sans aucune alternance politique (comme vous pouvez l’avoir en France). Et que depuis la même période les Wallons sont déresponsabilisés, infantilisés, nourris par la Mamelle Providentielle qui, lorsqu’ils veulent prendre un peu de distance, leur murmure : « mes enfants, vous êtes bien trop faibles et trop irresponsables pour gérer vos propres vies. Le monde est dangereux, avec la criminalité exponentielle, le néo-libéralisme destructeur, la NVA séparatiste,… Donnez-nous donc le pouvoir et nous vous nourriront, nous éduquerons vos enfants, nous nous occuperons de votre séjour ici-bas, de la vie à la mort ». La peur, la peur, la peur… Et un positionnement de chevalier blanc. Par ailleurs, l’alternative politique manque d’intelligence : – le MR (les libéraux) se positionnent comme les « méchants » des socialistes, donnant ainsi du crédit à leur idéologie « lutte des classes ». – le PSC (parti social chrétien) avait un projet de société chrétien (voir doctrine sociale de l’Eglise), mais comme l’a souligné un commentaire plus haut, a perdu son âme en reniant ses racines et en virant à gauche depuis quelques années. Le constat est difficile, reste l’espérance. Sainte Marie, priez pour nous.

  • Lib a écrit :

    En seulement quelques années, on est passé de « uniquement en cas de souffrances intolérables, sur demande expresse et répétée du patient » à « même sans inconfort, sans demande du patient, ni de sa famille ». C’est très inquiétant.

    Ce n’est pas tant une évolution, qu’un changement de perspective; parce qu’on parle de deux choses différentes. En France le débat s’est polarisé sur une situation rare, popularisée par une poignée de cas très médiatiques: une personne qui est consciente, souffre atrocement et souhaite en finir. Je ne sais pas comment le débat s’est déroulé en Belgique (à ce que je comprends des commentateurs belges sous ce fil, on dirait qu’il n’a pas vraiment eu lieu), mais on parle ici de tout autre chose, qui n’a rien d’exceptionnel: une personne arrive à la fin de ce que la médecine peut faire, et agonise à l’hôpital. Je ne sais pas expliquer pourquoi la focalisation est si différente.

  • Stephanos a écrit :

    côté francophone, l’ancien parti chrétien a justement retiré le terme « chrétien » de son nom, devenant simplement « humaniste ».

    Quand on sait ce qu’ « humaniste » veut dire en belge….

  • A la lecture de cet article, et deux jours avant les élections européennes, une question me vient tout à coup comme une évidence: n’y a-t-il pas matière à attaquer la Belgique devant une juridiction internationale? Pardonnez-moi si je ne prends pas le temps d’aller me rafraichir la mémoire sur les prérogatives de la Cour de Justice Européenne, du CEDH, du TPI etc., mais j’ai l’impression que : – « l’euthanasie » pratiquée en Belgique est incompatible avec l’article 2 « droit à la vie » de la convention européenne des droits de l’homme – à plus forte raison, les débordements nombreux et revendiqués (non déclaration, non respect des conditions légales etc.) qui ne donnent lieu à aucune poursuite montrent que l’état belge ne défend pas le droit à la vie de ses citoyens.

    Enfin, ma réflexion est sans doute bien naïve et se heurte sans doute à un paquet d’obstacles juridiques, mais je ne peux m’empêcher de rêver que les peuples européens (je ne parle pas de leurs gouvernements) se rassemblent pour dire d’une voix forte à la Belgique: « l’Europe ne tue pas ses enfants »! A minima, une initiative comme « un de nous » pourrait peut-être éveiller quelques consciences chez nos chers voisins?

  • « Et l’évolution a été extrêmement rapide » Je reviens encore sur les incroyables progrès de la médecine ces 10-20 dernières années. Encore une fois ce texte émane d’un réanimateur et cela change beaucoup les choses. Ce n’est pas une perspective de généraliste ou même de médecin hospitalier. Je ne suis pas sûre que ces « recommandations » soient applicables en dehors du champ de la réanimation. De plus en plus les réanimations acceuillent des patients qui ont déjà survécu à plusieurs cancers ou dont la survie a été permise grâce à des progrès technologiques récents : patients greffés, en rémission de N cancers, handicapés nourris artificiellement par gastrostomie, survivants d’infarctus avec un coeur à genou…. Le travail du réanimateurs est d’engager tout ce qu’il peut pour réverser une situation dans laquelle il y a une défaillance d’organe. L’admission d’un patient en réanimation repose donc sur l’évaluation de la reversibilté de l’atteinte, et les conséquences si elle ne l’est pas. C’est une énorme responsabilité -quand les lits sont comptés- et ces gens là font des miracles quotidiens. Quelques patients restent cependant dans cette zone grise ou la réversibilité devient improbable, voire impossible. Et la question se pose alors forcément un jour : arrêter la survie artificielle. Et comme il serait cruel, inhumain de couper un respirateur, d’arrêter une dialyse ou une circulation extra-corporelle et de regarder le patient dans les yeux le temps de son agonie, il faut bien chercher des solutions. Oui la vie est sacrée, oui le patient et la famille doivent être tenus au courant. Mais savez vous combien de familles sont prêtes à accepter la mort plutôt que la survie ? Vous suivez les procès d’actualité sur ces patients végétatifs sont les familles se déchirent. Que faut il faire quand leur survie est de plus liée à une machine ? Je pense que la rapidité de cette évolution est liée à l’évolution de nos capacités de faire survivre à peu près n’importe qui, et à la plus grande implication des familles dans les prises en charge qui s’éloigne du mandarinat d’il y a 20 ans. Il n’y a pas de réponse facile. Il n’y a que des situations de détresse parfois insoutenable dans lesquelles il ne me semble pas toujours raisonnable que ce soit la famille qui soit décisionnaire -pour tout un tas de raison dont la culpabilité- même si elle devrait toujours être impliquée dans la discussion. J’ai personnellement été choquée par l’attitude de l’église catholique italienne qui refusait d’arrêter l’alimentation artificielle d’une jeune femme en état végétatif depuis des années. « Donne moi la vie selon ton amour  » (Antienne du Psaume 118 des Laudes du jour). Je pense que les catholiques sont très loin d’avoir la seule bonne façon d’aimer, et la seule bonne définition de la vie. Quant à mon petit garçon, j’attends que l’église me guide si il ne parvient pas à respirer tout seul, mais qu’elle le fasse avec beaucoup d’humilité et d’amour

  • @ Dr Housse: Merci encore pour toute la remise en perspective que vous venez d’effectuer. Je crois comme vous qu’il n’est pas évident que n’importe quelle vie soit maintenue à n’importe quel prix. Sans compter les contraintes financières, qui impliquent qu’il y a des choix à faire. Pour votre petit amour, en tant qu’un des membres de cette église à laquelle vous demandez de vous guider, je vous dirai comme l’avait fait une autre intervenante : choisissez au bout du compte seule, selon votre cœur. Quel que soit votre choix, ce sera le bon. Vous et votre garçon restez dans mes prières.

  • Anon a écrit :

    il n’est pas évident que n’importe quelle vie soit maintenue à n’importe quel prix.

    Certes, et ce n’est la position de personne, même pas de l’Église catholique. Mais ce que réclame le docteur Vincent, c’est la toute puissance. Et rien dans son argumentaire ne limite cette revendication aux situations très particulières qui sont celles d’un service de réanimation.

  • Je doute qu’une loi soit bien-venue, tant les situations sont différentes. La réanimation des accidentés en est une, les personnes vieillissantes en est une autre, celle des malades incurables mais pas agonisants en est une autre, celle des très malades, très souffrants mais peut-être remissable pour quelques années ou décennies encore une autre et je ne suis pas certaine de les avoir mentionnées toutes. Et à l’intérieur de ces catégories les situations se distinguent encore. Donc des réflexions, des pondérations sont inévitables, pour le médecin, pour le personnel soignant, pour l’entourage et également pour la personne concernée. Distinctions, réflexion, incertitude et peine. Il me paraît essentiel de l’accepter tout comme il est nécessaire d’accepter que le temps de se séparer puisse être venue, et de prendre le temps. Et à partir de là, agir en conscience après examen du même. Et si un réanimateur à sa position de conscience générale, ce n’est pas choquant à priori, il ne peut pas faire une retraite pour chaque patient et doit garder une certaine distance, matériellement et humainement. En revanche, les proches le peuvent. Pour l’illustration: mon grand-père qui se savait en fin de vie, a chassé violemment les samus venus le chercher pour prendre une surdose de médicaments la nuit-même.

  • Anon a écrit :

    choisissez au bout du compte seule, selon votre cœur. Quel que soit votre choix, ce sera le bon.

    Quel genre de conseil est-ce là ? C’est justement dans les situations les plus difficiles qu’il faut s’ouvrir et recueillir le conseil de personnes dignes de confiance et au jugement sûr, afin d’éclairer au mieux sa décision. Evidemment que tous les choix ne se valent pas.

  • Bonjour,

    Cela n’engage que moi… Mais j’ai crû remarquer que les pays où l’on était favorables à l’euthanasie sont aussi généralement favorables à une prostitution légale, voire au développement de la « profession » d’assistan(e) sexuel(le) pour personne handicapée (une sorte de prostitution en blouse blanche, puisqu’il s’agit toujours de vendre un service sexuel, même si les « professionnel(le)s concernés revendiquent avoir reçu une formation pour ça…).

    Cela vient bien souligner que là où l’on est favorable à la mise à mort d’une personne lorsqu’elle coûte plus cher qu’elle ne rapporte (ben oui… pourquoi proposer l’euthanasie et non de développer les soins paliatifs si ce n’est pas qune question économique qu’on ne se méprenne pas sur le côté pseudo humanitaire de la chose), c’est en général dans les mêmes lieux que l’on est favorable à l’instrumentalisation du coprs de la personne humaine et où l’on tend à réduire la création d’un humain à un jeu d’éprouvettes.

    Il est évident que nous avons beaucoup de leçon « d’humanité » à recevoir de pays où l’on trouve normal de vendre des femmes en vitrine comme de la viande de boucherie… Et où l’on commence à banaliser le fait de supprimer les dépressifs chroniques qui en feraient la demande (ce qui n’est pas sans rappeler l’extermination massive des malades mentaux par les nazis).

    L’humanité… Justement… Moi je croyais que l’humanité c’était de traiter l’homme comme … Un homme. Et donc autrement que comme un animal que l’on exploite, dont on réduit la sexualité à un prétendu « besoin » biologique, ou que l’on achève quand on trouve que ça ne sert plus à rien de prendre soin de lui.

    Qui défend encore aujourd’hui l’humanité de l’homme face à la dévalorisation de sa nature humaine selon les termes d’un discours capitaliste que les partis dits de gauches ou écolos se sont appropriés sans s’en rendre compte? ben c’est simple… Il n’y a plus que l’Eglise.

  • Dr Housse a écrit :

    Mais savez vous combien de familles sont prêtes à accepter la mort plutôt que la survie ?

    Je ne saisis pas le sens de la question, ni pourquoi ce que la famille est prête à accepter doit influencer sur la vie (la fin de vie) de la personne concernée. Ou disons plutôt que je peux le comprendre dans certains cas, avec certaines familles, mais que je trouve particulièrement dangereux et malvenu de l’accepter de façon générale.

    Dr Housse a écrit :

    Que faut il faire quand leur survie est de plus liée à une machine ?

    Il me semble que certains soins palliatifs permettent de s’acheminer vers la mort, sans en passer par une injection brutale.

    Dr Housse a écrit :

    J’ai personnellement été choquée par l’attitude de l’église catholique italienne qui refusait d’arrêter l’alimentation artificielle d’une jeune femme en état végétatif depuis des années.

    J’ai été bousculé, mais pas choqué. L’Eglise prend en compte la logique d’un acte et ce vers quoi elle ouvre. Dans le domaine bioéthique, les sujets sont nombreux pour lesquels l’intention de départ semble acceptable mais débouche sur une logique qui ne l’est plus. Dans un cas où l’intention de départ paraît d’ailleurs plus acceptable qu’ici, les FIV, mon curé me dit souvent qu’il est – ou était – mal à l’aise avec la position de l’Eglise, mais qu’il constate (i) que cela débouche à tout le moins en France sur la conservation d’embryons surnuméraires, puis sur leur instrumentalisation et (ii) que cela débouche sur des comportements eugénistes.

    Dans le cas que tu cites, je peux comprendre la difficulté. Mais, même si je sais l’on ne peut pas assimiler tous les cas, je note que quelqu’un comme Ariel Sharon a fini par partir. Et la survie de cette jeune italienne, à qui était-elle préjudiciable ? A elle, ou à nous ? C’est elle – inconsciente – qui ne supportait plus son état, ou est-ce nous qui jugeons qu’on ne peut plus supporter son état ?

    Et, à la rigueur, n’est-ce pas aussi à envisager globalement dans le débat portant sur l’acharnement thérapeutique : n’est-il pas préférable de limiter celui-ci plutôt que de recourir à des débranchements ultérieurs ? Et va-t-on vraiment dans le sens d’une telle limitation si, de toutes façons, le médecin qu’en cas de ratage, il pourra toujours piquer, derrière ?

    sans a écrit :

    Je doute qu’une loi soit bien-venue, tant les situations sont différentes.

    J’en doute également. Il y a un aveuglement sur le rôle et les conséquences de la loi. Censée tranquilliser certains, elle en décomplexera d’autres. Je me souviens que c’était déjà la position de Bernard Debré, dans un livre que j’avais lu à sa sortie, il y a 10 ans : « Euthanasie, l’impossible loi ». On peut critiquer Debré par ailleurs, mais je pense qu’en tant que médecin et député, il a une vue transversale sur la question de la fin de vie et de la loi.

  • @ Courtlaïus: je n’ai pas dit que tous les choix se valent. La situation du Dr Housse est suffisamment complexe, elle me semble aussi avoir une très bonne compréhension des tenants et aboutissants, personnellement je ne vois pas ce que j’aurais à lui dire dans un sens ou un autre qu’elle ne sache déjà. Tous les choix ne se valent pas, mais celui qu’elle fera sera le bon, parce que ce sera elle qui l’aura fait, dans son cœur. Voulez-vous prier avec nous, pour elle et son petit garçon, Courtlaïus ?

  • @ Le Pécheur: Connaissant un peu les deux sortes de pays (se pourrait-il qu’en faisant allusion aux femmes en vitrine que vous ayez déjà partagé la Belgique, et la vitrine c’est au moins sec et chauffé contrairement à la nationale en face de la caserne), la différence se situe moins au fond qu’à la reticence ou la disponibilité pour admettre l’existence de certains problèmes.

  • Dans la chambre qui est en face de mon petit garçon, il y a un enfant gravement malade qui est là depuis deux mois et qui vient d’être trachéotomisé. Et qui pleure beaucoup. Et sa famille me confie son soulagement de le savoir là, entre ces murs ultra-médicalisés, de savoir qu’ll ne peut pas lui arriver grand chose avec toutes les alarmes auxquelles il est branché. Dans mon service, je reçois chaque semaine des personnes très âgées, très démentes avec une détresse vitale sévère, qui ne seront pas admis en réanimation car leur qualité de vie est jugée « insuffisante » et qui viennent mourir, ou parfois survivre, dans mes lits. La famille est rarement sollicitée pour prendre ces décisions. Et même les réanimateurs sont parfois d’avis différents. Pour ne pas perdre un parent ou un enfant on serait parfois près à accepter pour lui une survie médicalisée, accrochée à une machine. C’est ce que je vis aujourd’hui et même si mon petit loup n’est pas en mesure de s’exprimer il faut parfois accepter une mort naturelle même quand une vie « artificielle » serait possible. Encore une fois j’ai une assez grande confiance dans la capacité de jugement des réanimateurs d’admettre ou pas, d’aller encore plus loin ou pas, et quand c’est difficile il y a toujours d’autres référents pour aider à la prise de décision. Du moins en France. Et si il me semble nécessaire que les familles et les patients soient informés à chaque étape, accompagnés pour chaque décision, je ne pense pas sain qu’ils soient décisionnaires. De même que je ne suis pas sûre qu’un oncologue doive proposer une N+1ème cure de chimiothérapie à un patient dont le cancer est en stade terminal « pour le moral » ou alors qu’à grands frais cela va augmenter leur espérance de vie de quelques semaines. Quand on s’est lancé dans une réanimation lourde c’est très difficile de s’arrêter ou de revenir en arrière. C’est là toute la problématiques des réanimateurs. Un patient qui est exclu de la réanimation va avoir une prise en charge palliative assez balisée. Pour un patient qui a bénéficié de la technique maximale et dont la vie est suspendue à une machine sans espoir de sevrage, comment procéder ? Je comprends que des personnes puissent penser qu’il y a plus de compassion -et moins de brutalité pour employer ton terme- à endormir quelqu’un et à le débrancher (de son respirateur ou de son alimentation artificielle) que de le voir gasper pendant quelques jours ou mourir de faim pendant quelques semaines. Je ne pense pas non plus qu’un médecin irait débrancher un patient ayant toute sa conscience. Le problème se pose essentiellement pour les personnes en état végétatif ou avec une conscience gravement altérée, par une démence évoluée par exemple. Ce qui nous éloigne de Vincent Humbert et de tous les demandeurs d’euthanasie. @ Koz:

  • Dr Housse a écrit :

    Je comprends que des personnes puissent penser qu’il y a plus de compassion -et moins de brutalité pour employer ton terme- à endormir quelqu’un et à le débrancher (de son respirateur ou de son alimentation artificielle) que de le voir gasper pendant quelques jours ou mourir de faim pendant quelques semaines.

    Tu sais, je lis ce que tu écris, et je me demande où serait mon désaccord. J’ai, globalement, confiance. Mais globalement seulement. Je pense qu’il existe malgré tout une part de médecins dont l’appréciation risque fort d’être expéditive, et que l’on conforte dans cette voie. Je pense aussi que cette part de médecins est faible, et je pense également qu’il y a plus de risque dans l’acharnement thérapeutique parce que celui-ci reste dans le prolongement de la mission du médecin, dans sa vocation même et qu’il est donc plus compliqué d’arrêter d’essayer de sauver quelqu’un. Cependant, je regarde l’évolution, je regarde les cas comme celui du médecin bayonnais – soutenu de façon quasi-unanime alors pourtant qu’il a délibérément liquidé des personnes qui n’étaient pas en « fin de vie » – je regarde aussi ce qui se passe en Belgique et la progression de l’acceptation de l’euthanasie.

    Et, pour répondre plus directement à ton propos ci-dessus, je ne suis effectivement pas vraiment choqué que l’on débranche une personne, en considérant que le maintenir dans cette situation relèverait de l’obstination déraisonnable, en lui administrant les soins nécessaires pour que sa fin soit paisible. En revanche, je ne perçois pas la nécessité de procéder à une injection létale, dans le seul but de gagner quelques jours. La seule explication serait économique et donc irrecevable.

  • Je souscris entièrement à l’article et ne peux que souhaiter ardemment que la législation belge en matière d’euthanasie ne soit pas introduite en France.

    Ceci étant dit, je ne peux m’empêcher de penser qu’il ne faudrait pas pour autant accuser la Belgique de tous les maux, et en faire un bouc émissaire commode. Je crois en effet savoir, par exemple, que la pratique belge en matière de traitement de l’autisme est bien supérieure à ce que nous avons en France, nous devrions donc rester humbles et nous dire que le souci du plus faible, du malade, du handicapé, doit être toujours davantage porté par nous, là où nous sommes, et en fonction des réalités bien présentes, et que les chantiers sont immenses. Ceci n’autorisant pas pour autant à excuser ou approuver une dérive législative en matière d’euthanasie. Il faut à mon avis tenir tous les bouts. N’est ce pas ce que certains appellent joliment l’écologie humaine?

  • @Koz. Mon Dieu, sauvez les Belges effectivement! Que pourrait-on dire d’autre, si ce n’est élever cette prière à Celui qui seul peut changer les cœurs? Je me suis retrouvée à lire ce billet, après avoir parcouru avec beaucoup d’intérêt celui sur le Docteur Bonnemaison. Et que m’inspire -t-il? Désarroi et dédain, voire crainte… de voir ces hommes-dieux avoir si peu de considération pour l’être humain, au point de s’arroger le pouvoir de décider de son sort, sur la base d’un jugement forcément subjectif. Où va notre monde? Peut-on, dans de telles conditions, estimer que la pensée du 21ème connaît une évolution, alors même qu’elle s’accommode de « non-valeurs » qui n’ont de dessein autre que de détruire la Vie? Mais cela n’était-il pas prévisible? Lorsque, dans un pays, l’on en vient à agréer la simple idée qu’on puisse euthanasier des enfants (et donc des êtres vulnérables que la société a le devoir de protéger), avec ou sans leur consentement (soi-disant!!!), alors que peut-on espérer, si ce n’est de voir de telles idées prospérer dans les consciences? Le pape François avait bien raison de voir dans le relativisme qui a cours dans notre temps, un danger. J’ai repris ses propos sur un site d’informations catholique: « Le relativisme, prenant prétexte du respect des différences, homogénéise tout par la transgression et la démagogie ; il permet tout pour ne pas assumer la contrariété qu’exige le courage réfléchi de défendre valeurs et principes. Curieusement, le relativisme est absolutiste et totalitaire. Il n’autorise aucun discours différent de lui-même. Il ne diffère en rien de paroles comme : “Fermez-la !” ou : “Ce ne sont pas vos affaires !” Le pouvoir comme unique idéologie est un mensonge de plus. »

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