Exclu : des candidats interpellés !

J’ai acheté ce matin Le Parisien/Aujourd’hui en France pour y lire un entretien entre Nicolas Sarkozy et les lecteurs du quotidien, ce que je n’ai pas pu faire pour Ségolène Royal qui a annulé l’exercice à la dernière minute, après avoir annulé son entretien avec Le Figaro, après avoir annulé son interview sur Europe 1, après avoir annulé son entretien avec les journalistes des trois agences de presse (elle n’avait « pas eu le temps de lire les questions »). Je m’égare… mais avec délectation. C’est plus fort que moi.

J’ai donc lu cet entretien, d’un intérêt très relatif – au moins Le Parisien ne coûte-t-il que 0,75 €. Et puis, arrivé en fin de journal, une pleine page, consacrée au sort des sociétés de course…

On interpelle les candidats. Ségolène Royal déclare qu’elle les soutiendra (les sociétés de course). François Bayrou, aussi. Et… pareil pour Nicolas Sarkozy. Que les éventuels salariés de sociétés de course qui me lisent, ou les passionnés de sport hippique qui passent par là, me pardonnent, mais, foutre, qu’est-ce que je m’en balance !

Ma tendre épouse, elle, me faisait part hier de ce qu’elle avait entendu hier à la radio. Une association contre le tracé futur de la Francilienne a interpellé les candidats ! Allaient-ils maintenir le tracé de la Francilienne ? Ségolène Royal le remettra en cause, Bayrou lui est « mitigé » (ça ne s’invente pas). Quant à Nicolas Sarkozy, il maintiendra le tracé fixé par le Ministre.

Le plus amusant, c’est que l’association en question annonce dignement le nombre de ses adhérents – peuchère : 3000… – et soutient qu’ils voteront en fonction de cette question.

Là également, loin de moi l’idée de minorer l’importance que ledit tracé peut avoir sur le quotidien de ces personnes et sur l’évaluation de leur patrimoine immobilier. Ceci étant dit, ne perçoivent-ils donc pas le ridicule qu’il y a d’annoncer ainsi qu’ils choisiront le Président de la République en fonction… du tracé de la Francilienne ?

Quand on pense aux sujets qui n’ont pas été traités, ou pratiquement oubliés – Simone Veil, nous dit Carolus, a tout de même tenu à évoquer la construction européenne et à rappeler les sombres années qui ont précédé son lancement, mercredi dernier – cela parait quelque peu dérisoire…

Ah, les interpellations… Certainement une figure imposée d’une campagne présidentielle. J’imagine que nous avons tous oublié les interpellations de 95 et 2002, qui furent probablement aussi nombreuses. Cette fois-ci, elles m’ont marqué. Quel doux plaisir que d’ « interpeller un candidat ».

Je n’ai pas le courage de les relever toutes, ces adjurations : Google donne 946 000 réponses à « interpellé les candidats »…

14 500, tout de même, pour « adjuré les candidats ». Comme quoi, y’a pas que moi qui me la pète.

Ca me fait penser que je n’ai interpellé personne.

Il me reste deux semaines.

Cela dit, pour la Francilienne, moi, j’suis peinard.

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20 comments

  • et Bayrou a interpellé un magazine de pompes funèbres !

    en tous cas, je suis invitée (tract dans ma boite aux lettres) lundi 23 avril à un meeting de NS à Dijon. Quel sens de l’anticipation et de l’organisation il a cet homme !

  • eh oui madame ne repecte pas plus ses rendez-vous que ses adversaires Marie SR nous dit cet homme est dangereux et plus loin je n attaque pas l homme mais le programme qu il vehicule. sic .ne nous leurrons point la brutalite qu elle denonce chez les autres est quand meme etrangement perceptible dans ses propres propos.Mais ce n est pas le propos ici. Revenons en au danger. eh oui il y a danger. elle ou son equipe l ont bien perçu. car ce qui cararcterise ce scrutin c est que l on ne reconduit peronne. tel chr. colomb nous allons vers l inconnu d ou le nombre d indecis d apresles « experts » des sondages. Nous le savons le français est un peu casanier alors cet inconnu lui fait un peu peur. Normal on sais ce que l on quitte……. . Mais justement ( a propos de justement reecoutez le spot de nihous il doit le dire 36000 fois ) justement donc pour ces indecis cette peur du lendemain n est-ce pas justement (oui bon j en abuse) ce que NS nous invite a affronter. avec courage et determination (celle la je m etais jure de la placer). d ailleur moi meme j ai tres peur

  • Je ne sais plus qui a parlé de la Michu-cratie, mais c’était bien trouvé. Avec leurs histoires de « préoccupations quotidiennes des Français », les journalistes ont tiré cette campagne vers le bas.

    Moi, mes préoccupations personnelles, c’est que j’ai un sale torticolis depuis 2 jours et que j’arrive pas à joindre l’avocat qui travaille pour moi sur un dossier urgent.

    Alors je voterai pour le candidat qui fournira des masseuses dans tous les bureaux et imposera aux avocats qu’on leur greffe un mobile dans l’oreille interne.

    Ah, j’allais oublier. J’aime pas les courgettes et ma femme les adore. Quel candidat proposera de subventionner l’AECIRC, l’Association pour l’Etude des Courgettes et de leur Influence dans les Relations Conjugales?

  • [quote comment= »14238″]Alors je voterai pour le candidat qui fournira des masseuses dans tous les bureaux et imposera aux avocats qu’on leur greffe un mobile dans l’oreille interne.[/quote]

    Dans ce cas, je ne voterai pas pour le même candidat que toi. Avec le blackberry qu’on veut aussi nous greffer dans la main, ça risque de produire un Larsen des plus incommodants.

  • Ma foi, se taire est le plus sûr moyen de ne pas gaffer

    Peut-être une nouvelle méthode pour son éventuel exercice du pouvoir ?

  • Pour être honnête il faut dire qu’il y a une sorte de dérive (inévitable ?) où il est exigé de chaque candidat de répondre ‘concret’ et ‘précis’ sur n’importe quel sujet.

    A défaut de savoir regler les grands problèmes de la France, on se penche avec ardeur sur le détail du vécu des vrais gens.

    Partant de là , la stupidité de ces interpellations de candidats et de ces ‘sujets qui s’invitent dans le débat électoral’

    Koz aurait ou souligner également la démagogie des réponses des candidats. Dialectique de la bêtise.

  • A propos des annulations d’entretiens avec la presse, Ségolène Royal a rappelé qu’elle ne répondait pas aux « injonctions comminatoires de tel ou tel organe de presse. Je suis une femme libre, ce qui est une garantie pour les Français puisque je ne dépends d’aucun groupe de pression, d’aucun groupe financier.

    « Ce qui m’importe, c’est de savoir où je suis le plus utile. Et au lieu de donner ces interviews, je suis allée voir les caissières d’une grande marque de distribution »

    Cela est important, c’est la démocratie participative, on s’occupe, en tant que Présidente de la France, de régler en allant sur place, tous les problèmes des Français.

    Enfin, c’est « paroles de candidate, » on verra après ce qu’il en sera de son désir d’avenir, aller à la pêche des informations dans les régions.

    Pour le moment, elle sont toutes à gauche, sauf deux, donc ce sera plutôt des voyages d’agrément, entre amis, plus facile que les affaires étrangères, par exemple…

  • Parler d' »injonctions comminatoires », c’est se victimiser à bon compte. Elle est libre de refuser les entretiens et, quand elle confirme sa présence, ce n’est pas, a priori, le revolver sur la tempe. C’est un grande fille, non ?

    Parce qu’on peut aussi rajouter le désormais célèbre Philosophie Magazine », dans lequel elle n’a pas voulu risquer de mettre les pieds. On peut aussi évoquer France Inter, où elle a procédé de même.

    Le sentiment qu’elle préfère éviter les questions (c’est tout de même plus facile avec la caissière) commence à s’imposer… A moins qu’elle ne fasse que se confirmer, compte tenu de son début de campagne fait, également, d’esquives.

  • Le quotidien Les Echos, révèle aujourd’hui que les discours comminatoires de Royal contre la lingerie Aubade, à Saint-Savin de la Vienne, ont finalement laissé les salariés… en petite culotte. « Seules quelques mesurettes ont été validées », estime la CGT, qui dénonce par ailleurs un « marché de dupes ». Les 180 salariés ont été tous licenciés le 15 février, avec une indemnité de départ de 12 000 euros.

    Même chose dans le conflit à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois. La Matamore en jupons socialistes avait adressé une « demande solennelle » à la direction, pour demander que les revendications des 400 grévistes (sur 4500 employés) soient entendues. « Eux qui revendiquaient 300 euros de hausse mensuelle et un salaire minimum d’embauche de 1525 euros net », écrit Lucie Roquebain, « on dû se contenter d’une baisse de moitié du coût des transports et d’une réduction du prix de la cantine. »

    Les rodomontades de Royal n’auront donc rien changé, ce qui augure mal de sa capacité à « sauver des emplois » en « changeant de méthode », même si elle a promis une plus grande sévérité à l’égard des « entreprises qui font des profits » (sic).

  • « Je ne sais pas grand chose de cette dame. Même physiquement, elle est un mystère. Les photographies d’elle sont si contradictoires que je ne la reconnaîtrais pas dans la rue. Elle peut être radieuse, presque belle, ou avoir l’air d’être une mère énervée, voire d’une d’une employée de jardin d’enfants au bord de la crise de nerfs » Peter Sloterdijk, Philosophe allemand dans Le Point PS Elle m’a, hier soir à la TV, encore fait douter de la qualité de mon français puisqu’elle a utilisé le mot rail au féminin (ce n’était pas une raille rie)

  • Sur ce coup, tout de même, le philosophe, je ne suis pas sûr qu’il engage toute son autorité dans une telle appréciation. On dirait du Libé à propos de Sarko. En soft et républicain, bien sûr.

    Mais bon, on s’éloigne gravement du billet…

  • Ah non, Koz, l’interview de Sloterdijk est passionnante… et très juste… Il en a autant au service de Sarko, d’ailleurs. Son point de vue est historique.

    En gros: la France est dans la merde parce qu’elle s’est persuadée elle-même qu’elle a gagné la Seconde guerre mondiale. Du coup elle est obligée de se la péter sans arrêt depuis 1945.

    Ca a été tenable quelques décennies avec de Gaulle, puis avec ses successeurs. Mais comme c’est épuisant de passer sa vie à marcher sur l’eau, là on commence à couler.

    Tous les candidats donnent dans le lyrisme politique, messianique et révolutionnaire pour perpétuer le mythe. Alors qu’ils devraient accepter de se laisser couper les couilles, de jouer à la reine d’Angleterre et de nommer des premiers ministres chiants et gestionnaires qui feraient le vrai boulot.

    Il a parfaitement raison. C’est un facteur historique que je crois décisif dans les maux actuels de la France.

  • à Robert Marchenoir :

    D’accord avec vous.

    Vibrant plaidoyer de Sloterdijk contre les mensonges symétriques de l’auto-flagellation version « indigènes de la République » et des discours imbuvables de Sarkozy à la gloire de la France éternelle.

    Le diganostic Sloterdijk est claire et éclaire : vivement la 6° République de François Bastien/Arnaud Montebourg

    Peter Sloterdijk : Malgré quelques candidatures sérieuses, on a l’impression que les élections présidentielles dégénèrent de plus en plus en une sorte de freak show. D’où le risque de voir la soirée du 22 avril nous rappeler la débâcle du 21 avril 2002. Vu d’outre-Rhin, c’est choquant et fascinant. Notre voisin le plus important s’autorise à jouer un véritable carnaval sur le registre d’un napoléonisme institutionnalisé. Du napoléonisme institutionnalisé, voilà qui est oxymorique mais sans doute rassurant. Peut-être les Français préfèrent-ils jouer l’aventure que la vivre. C’est précisément pour cette raison qu’on est dans le domaine du caprice expressif, et non de la raison politique. La France souffre d’une overdose rhétorique et constitutionnelle de gaullisme. Mais ce qui convenait à de Gaulle et, à la rigueur, à ses premiers successeurs ne marche plus pour les politiciens d’aujourd’hui. La France n’a plus besoin d’un président fort – car personne ne peut plus la sauver. Il suffit de la réveiller. Il lui faut un Premier ministre efficace, et, à la tête de l’Etat, comme tous les pays civilisés, un président souriant et grave, politiquement castré. La castration de la fonction présidentielle, c’est-à-dire la réduction du pouvoir suprême à la dimension symbolique, est la condition même du retour de la démocratie française, profondément névrotique en ce moment, dans le cercle des pays européens fiables et calculables.

    Dommage – pour lui – que Sarkozy à la recherche de l’absolu pouvoir se soit érigé en ce domaine en le plus vibrant défenseur du status-quo !

    Sarkozy aurait pu, aurait du être le premier ministre de la sixième république, non pas que son programme de droite dure me plaise, mais ça aurait été dans l’ordre des choses de l’alternance démocratique. En revanche là, je suis convaincu qu’il ne sera pas le président de la Ve ; lors du second tour, il va se trouver une majorité de français pour empêcher la combinaison explosive d’une personnalité comme la sienne et du régime du coup d’état permanent.

  • [quote comment= »14214″]et Bayrou a interpellé un magazine de pompes funèbres !

    en tous cas, je suis invitée (tract dans ma boite aux lettres) lundi 23 avril à un meeting de NS à Dijon. Quel sens de l’anticipation et de l’organisation il a cet homme ![/quote] Gouverner, c’est prévoir ! Non ?

  • [quote comment= »14283″] »Je ne sais pas grand chose de cette dame. Même physiquement, elle est un mystère. Les photographies d’elle sont si contradictoires que je ne la reconnaîtrais pas dans la rue. Elle peut être radieuse, presque belle, ou avoir l’air d’être une mère énervée, voire d’une d’une employée de jardin d’enfants au bord de la crise de nerfs » Peter Sloterdijk, Philosophe allemand dans Le Point PS Elle m’a, hier soir à la TV, encore fait douter de la qualité de mon français puisqu’elle a utilisé le mot rail au féminin (ce n’était pas une raille rie)[/quote] Enfin on rigole !

    « Raille Caille » qui peut ! n’est-ce pas mon lapin!

  • @KOZ Bien joué l’ami KOZ. Depuis le début elle refuse les questions…rappelons-nous au 20h une fois: « je n’ai pas à répondre… »; une fois chez Arlette de F2: « cette question devra être répondue par un secrétaire d’état… », bref la liste est trop longue. Eric Besson en décrivant le fonctionnement de l’intérieur a bien expliqué comment on arrive a percevoir cela comme une norme, une évidence presque. Lire son bouquin ! Rappelons-nous encore son refus de saluer Pannafieu à Jerusalem le lendemain de sa mega-bourde avec le Hezbolah à Beyrouth…je refuse de serrer la main de ceux qui me critiquent…avaient-elle justifié ! Comment fera t-elle si c’est d’une crise internationale qu’il s’agit et qu’il fait aller à l’ONU? On ne le serre pas la main aux autres nations? C’est du délire, surtout quand elle se permet de jeter à la pature que Sarkozy est le dangereux de la bande. Laurent

  • Je pense que la première interpellation qui a entraîné les autres est celle de Nicolas Hulot. Voici un homme largement médiatisé qui rassemble une équipe de personnalités reconnues dans divers domaines. Et ensemble ils préparent un véritable programme. Pour s’assurer que ce programme soit le seul qui gagne, une véritable stratégie s’élabore … 1 – L’affaire est très largement médiatisée. 2 – On augmente l’effet en propulsant la star comme candidat à la candidature. 3 – Le projet fait quasiment l’unanimité dans l’opinion publique. 4 – Les sondages créditent N.Hulot d’un score à faire pâlir un écolo. Ce score ne lui permettra évidemment pas d’être élu (en fait on ne le saura jamais). Mais ce score gêne beaucoup les principaux prétendants. Ces derniers ne s’y trompent pas et veulent se confondre avec l’image de N.Hulot et intégrer le Pacte dans leurs programmes. 6 – On verrouille en demandant aux candidats de s’engager à appliquer le Pacte. 7 – La candidature n’est plus utile.

    La cause est noble. La stratégie est habile et rondement menée bien que le phénomène se soit un peu essoufflé.

    Mais justement … le souffle s’est plus dispersé qu’il n’a diminué. L’idée a été reprise par les lobbies populaires avec plus ou moins de succès. Et les pactes, les pétitions, les contrats et autres engagements sont soumis aux candidats. Le premier à suivre la tendance est le contrat social et citoyen du collectif AC le feu. On passera par la cause des femmes, du monde de l’hôpital, …, les philosophes, les croque morts, les caissières … les associations de quartier contre le tracé de la Francilienne.

    Je sus persuadé que les journalistes ont entretenu consciemment ou non ce mouvement faute de débat programme contre programme. Une façon de donner du contenu qui permet de faire parler tous les candidats. C’est pitoyable mais mieux que rien diront certains. Je pense personnellement que c’est pire que tout et avilissant. Un candidat interpellé ne peu refuser à tout coup de répondre. Et la réponse ne peut systématiquement être contradictoire. Elle est donc le plus souvent consensuelle ou vide de sens pour éviter de heurter trop les rebelles en herbe.

    Alors en cette fin de campagne les journalistes mélangent ces interpellations et les interviews s’attachant à traiter du fond quand les candidats veulent bien s’y présenter !!!

    Ségolène Royal s’est essayé en début de campagne à traiter du fond. Elle a multiplié les bourdes comme jamais aucun personnage politique ne l’avait fait. Si on ajoute qu’elle a multiplié les déceptions avec ses promesses à l’emporte pièce comme avec les employés d’Aubade, ceux de PSA et dernièrement les caissières d’un supermarché. Alors elle préfère se taire pour éviter de décevoir.

    Mais comme cela s’est dit dans de précédents post à propos du comportement de N.Sarkozy face aux insultes et autres agressions verbales, le silence est la plus puissante expression du mépris. Alors, la question se pose à nouveau : S.Royal méprise t’elle ses électeurs ?

    Reprenons l’idée d’ici dimanche. Interpellons les électeurs sur les compétences des candidats. Le résultat risquerait d’en interpeller certains !!!

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