Condamnation ferme et unanime

Est-il temps d’imaginer, à l’instar de ce qui a été fait avec le pipotron, un réactotron ou un condamnotron, à l’usage des « responsables » ? Un colis piégé explose, et tombe le cortège des réactions standardisées… Hier soir, sur France2, c’était l’oeuvre de Michèle Alliot-Marie, de Bertrand Delanoë, et du bâtonnier Repiquet.

La première écourte une visite à Bruxelles pour venir, sur place, servir le discours convenu : condamnation ferme… acte lâche et odieux… etc. Le second s’en vient répétant : « c’est grave, c’est grave »1 avant de poursuivre sur le fait qu’il faille « absolument qu’on soit très fermes, très déterminés dans notre condamnation de ce crime« . Certains auraient donc été tentés d’approuver ?

Toutes ces condamnations, cent fois entendues. Tant entendues qu’en fin de compte, elles en deviennent insignifiantes, ne sont plus que le bruit médiatique habituel. Ils parlent, on ne les entend plus.

Que cent personnes soient tuées dans un attentat à la voiture piégée, qu’une seule personne le soit et c’est la « condamnation ferme« , « l’acte lâche et odieux« … Un stagiaire pourrait se charger de la réaction !

Je sais : comptabilité macabre. Pas bien. Une personne ou cent, mais euh, de toutes façons, qu’une personne soit tuée, c’est déjà trop. Discours convenu, ça aussi. Les réactions sont tellement parties dans l’hyperbole, la surenchère qu’il n’y a plus de condamnation proportionnée. Qu’un génocide se reproduise et nous serons pris au dépourvu : « condamnation ferme » ? « acte lâche et odieux » ?

Et chaque personne interrogée de gagner un degré, pour montrer sa particulière sensibilité, pour ne pas risquer de paraître moins choqué que le précédent ou le suivant.

C’est le bâtonnier qui a remporté la palme hier. Avait-il peur d’être en reste ? Voilà qu’il nous explique que : « avoir une bombe qui explose dans un cabinet d’avocat, qui tue une secrétaire, et qui blesse un avocat, c’est l’horreur absolue« . On se sent coupable de considérer que non, bien que nous soyons sensibles au sort des cabinets d’avocat, ce n’est pas « l’horreur absolue ». C’est tragique, c’est révoltant, mais ce n’est pas l’horreur absolue. Pour cela, je repense à un meurtre récent. Ou au Rwanda.

*

Un autre point me gêne peut-être davantage dans les réactions : la personne tuée était davantage que « l’assistante de Maître Olivier Brane« . Je n’ignore pas les explications pratiques à l’anonymat dans lequel on l’a laissée, mais je trouve déplacé de ne la désigner qu’ainsi, comme un simple dommage collatéral.

Non qu’il soit particulièrement nécessaire et urgent de connaître son nom2, mais cette bombe n’a pas tué « l’assistante de Maître Olivier Brane » mais Jacqueline Belbouai, l’assistante de Maître Olivier Brane.

Cette dépêche de Reuters est à cet égard caricaturale, qui conclut ainsi : « Le colis, en bois, contenait deux engins explosifs. Il aurait explosé au moment même où une secrétaire tentait de l’ouvrir. Présent dans le cabinet au moment des faits, l’avocat Olivier Brane, blessé à l’oeil et aux mains, a été transporté à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière« .

Ce n’est même plus la secrétaire mais une secrétaire. Et alors que l’on n’omet pas de préciser les blessures de Maître Olivier Brane, on oublie tout simplement de préciser que, accessoirement, en explosant, le colis a tué Jacqueline Belbouai.

Toute la presse n’est pas à la même enseigne et, après quelque temps, si Libération3 ignore toujours le nom de « la secrétaire tuée« , Le Monde mentionne son prénom et l’initiale de son nom, et Le Figaro son nom complet.

Si l’on veut faire preuve d’humanité, c’est un détail qui me paraît plus signifiant.


  1. à répéter deux fois au cas où la gravité de l’explosion d’une bombe qui tue une personne, en blesse grièvement une autre, ait pu nous échapper []
  2. on a bien, en revanche, communiqué celui des avocats []
  3. ou ses agences de presse []

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24 commentaires

  • En tout cas ce tragique fait divers aura permis au minsitre de l’intérieur, au maire de Paris, à madame de Panafieu maire du 17e et candidate à la mairie de Paris, d’apparaître à la télé. Au prix des 30 secondes de pub et en pré-campagne électorale c’était une aubaine à ne pas manquer.

  • tout à fait d’accord avec cet article et ses commentaires…
    cette exhibition médiatiuque est bien inutile,
    mais nous y sommes habitués et si un politique ne s’y prêtait pas ne serait-il pas sanctionné par l’opinion publique, comme, en son temps, dominique voynet qui n’était pas rentrée de vacances pour la catastrophe de l’erika?

  • [quote comment= »64919″]tout à fait d’accord avec cet article et ses commentaires…
    cette exhibition médiatique est bien inutile,
    mais nous y sommes habitués et si un politique ne s’y prêtait pas ne serait-il pas sanctionné par l’opinion publique, comme, en son temps, dominique voynet qui n’était pas rentrée de vacances pour la catastrophe de l’erika?[/quote]

    Un bon point Francis, sauf sur un détail et ce détail c’est « opinion publique ».

    Si la définition littérale de cette expression est ce qu’elle semble être, il ne s’agit en aucun cas de l’opinion du public… C’est peut être pour prévenir des reproches exprimés dans la presse par les éditorialistes, c’est peut être pour parer à la pique de l’opposition qui ne manquera jamais de venir, c’est peut être pour éviter les accusations de celui qui décerne « ce qui est bien » et « ce qui est mal », c’est peut être pour éviter le cliché journalistique à la mode du « silence assourdissant »… mais en aucun cas, de l’opinion du public.

    La presse se targue souvent de la représenter mais rien n’est plus faux ne serait-ce que parce que sa diversité même fait qu’il n’existera jamais assez d’organes de presse pour en faire part. Influenceur de l’opinion publique serait éventuellement plus approprié pour peu que le public en question soit réellement influencé par la presse.

  • [quote comment= »64919″]mais nous y sommes habitués et si un politique ne s’y prêtait pas ne serait-il pas sanctionné par l’opinion publique, comme, en son temps, dominique voynet qui n’était pas rentrée de vacances pour la catastrophe de l’erika?[/quote]

    J’imagine que cela guide nombre de réactions en temps normal. En période pré-électorale, comme le souligne Dang, c’est un peu autre chose.

    A la rigueur, plus encore que le fait de réagir, c’est la façon de le faire qui est agaçante : tellement de formules toutes faites. On finit par comprendre clairement que le seul intérêt de la réaction n’est pas le propos, mais le fait d’avoir montré qu’on réagissait. Mais, entre réagir de cette manière et ne pas réagir, au final, cela se vaudra, tant ces réactions sont désincarnées, standardisées, dépourvues de sens. Ce sont des formules de style. Comme la formule de politesse qu’on ne lit plus.

  • Tout à fait exact Koz.
    Mais pire encore, c’est un très mauvais calcul politique.
    L’électeur est sensible à la personnalité réelle du politique. L’électeur fait la différence, plus ou moins consciemment entre le bla-bla de rigueur et les vraies émotions, les vraies pensées retranscrites par les vrais mots d’une vraie personne.

  • Je donnerais deux explications en ce qui concerne le fait de donner ou non les noms des victimes :
    – on ne les a pas toujours, les secours, en particulier le Samu, les pompiers ou les policiers, refusent la plupart du temps de les donner. Bon. Il ne semble pas qu’ici ce soit le cas. A Paris tout est différent.
    – Cela pose toujours question de donner un prénom. Un nom. Imagine que la famille apprenne la mort d’un proche par la presse? En général, les secours préviennent, mais ce n’est pas toujours possible. Voilà pourquoi il me semble difficile de donner le nom de cette secrétaire dans un temps aussi rapproché de l’explosion.
    Sru le reste, bien sûr, je suis d’accord. ça en devient tellement risible qu’on ne lit même plus les réactions. Franchement, qu’est-ce qu’on en a à faire d’avoir l’opinion du grand rabbin de france, de ségolène royal ou de François Bayrou? On s’en fout complètement!
    ça me fait penser aux réqctions suite à des décès de personnes « illustres ». Dès qu’il y en a un qui décède, c’est l’avalanche. Chacun veut donner son avis! Qu’ils se le disent : on s’en moque.

  • Je peux comprendre la deuxième raison (pour la première, dans la mesure où l’on avait le nom du blessé, je pense que l’on pouvait avoir celui de la secrétaire). Pour autant, même si c’est moins grave, il est également gênant d’apprendre par la presse qu’un proche est grièvement blessé. Pourtant ce nom-là, on l’a vite eu.

    Je comprendrai aussi une autre raison : a priori, on s’intéresse davantage aux motifs éventuels de l’attentat. Et l’on présume que ce sont davantage les activités de l’avocat que celle de son assistante qui ont pu le motiver. Mais cela fait un peu « donnée négligeable ».

    C’est surtout la différence de traitement qui fait réagir. Et, dans la mesure où les journalistes sont des professionnels, c’est quelque chose qu’ils pourraient mettre dans un coin de leur tête : ne pas parler d’une personne décédée comme « l’assistante de », le « collaborateur de »…

    [quote comment= »64933 »]Tout à fait exact Koz.
    Mais pire encore, c’est un très mauvais calcul politique.
    L’électeur est sensible à la personnalité réelle du politique. L’électeur fait la différence, plus ou moins consciemment entre le bla-bla de rigueur et les vraies émotions, les vraies pensées retranscrites par les vrais mots d’une vraie personne.[/quote]

    C’est bien possible, effectivement !

  • Mattei serait peut être encore ministre de la santé si il n’avait pas été filmé en T Shirt lors de la canicule. Il aurait du lui aussi rentrer de vacances, passer son costard et faire la tournée des hopitaux pour déclarer sa « vive émotion ».

    L’exemple de Voynet a été donné. Et pour le Prestige, Raffarin a bien retenu la leçon, a enfilé ses bottes et a été ramassé 3-4 boules de mazout devant les caméras en déclarant être « le fils de l’Atlantique ».
    Personnellement, j’ai trouvé cet épisode un poil démago mais si il ne l’avait pas fait, on lui aurait reproché de s’en foutre et c’est pire.

    Jospin en allant voir les salariés de Seb, s’etait fait prendre en caméra à déclarer : « je ne peux rien faire ».
    Belle franchise … mais il a signé son arrêt de mort.
    Il aurait du dire qu’il allait lancer une commission sur les délocalisations ou montrer de la sympathie pour les « victimes ».

    Bref, il faut être acteur dans ce métier là. D’où notre président actuel.

  • Un autre truc rigolo, c’est que le CRIF a manifesté son indignation. Pourquoi le CRIF? Cela signifie-t-il que la secrétaire tuée, ou les avocats blessés, étaient juifs? Et s’ils ne l’étaient pas, le Conseil représentatif des institutions juives de France aurait-il été moins indigné? Grotesque.

  • Ca signifie certainement plutôt que, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah étant dans le même immeuble, on sera allé recueillir sa réaction.

  • La précipitation de nos chers politiques n’est-elle pas due à la sensibilité de l’adresse ? Après tout, avant même de savoir qu’il y avait eu un mort, on savait qui étaient les autres occupants de l’immeuble.

    Delanoë, MAM et les autres n’ont-ils pas eu peur de paraître indifférents à ce qui pouvait être un attentat antisémite ?

    Je rejoins Buzzcocks (sauf sur sa conclusion) pour dire qu’on note plus les absents que les présents lors des catastrophes, drâmes, attentats et autres événements.

  • Le problème c’est surtout que même si les déclarations des « politiques » sont sincères, elles sont dévalorisées et sujettes à caution du fait de l’appétit de médias dont ils font preuve en d’autres circonstances.

    Je pense que le mieux serait qu’ils s’abstiennent.

    Pour ce qui est du CRIF, je pense que c’est parce que dans le même immeuble se trouve un bureau d’études sur la Shoah.

  • J’avais pensé à cette éventualité, Koz. Mais les hypothèses anti-sémite et anti-sarkozyste ayant été très vite écartées par les autorités, il me semblait invraisemblable que le CRIF ait pu s’indigner d’un attentat anti-sémite avant d’avoir la moindre confirmation qu’il l’était effectivement.

    Cela dit, si le CRIF a effectivement tapé Control-S comme Shoah dès qu’il a pris connaissance d’une explosion dans l’immeuble abritant la Fondation pour la mémoire de la Shoah, afin de propulser dans le monde entier le communiqué standard en pareil cas, c’est encore plus affligeant…

    Après tout, si on va par là, c’est peut-être un coup des extrémistes anti-malesherbiens. Ou des sectataires pour l’élimination du nombre 52 du système décimal.

  • j’ai vu hier soir sur une chaîne de la TNT ( laquelle, je ne sais pas, j’ai la TNT depuis peu et ne m’y retrouve pas vraiment ) que « certains avocats » étaient outrés que Mme Daty ne se soit pas manifestée illico presto, la première,…parce que c’était un cabinet d’avocats qui avait été visé…

    Maintenant, en ce qui concerne le nom de cette pauvre secrétaire dont le corps a fait un rempart de protection pour ses collègues ( dixit le Figaro ), non écrit ou rarement, que dire du « bus incendié », dans tous les articles de presse , avec le nom de Mama Galledou relayé en dernière ligne ?
    Que dire du bazar fait sur ces deux pauvres gamins tués en mobylette , sur le nombre de voitures incendiées et du peu de cas fait du nombre anormalement élevé des officiers de police blessés.

    je crois que c’est une coutume de nos chers médias, tout simplement …
    Ou alors les valeurs suceptibles de faire vendre ne sont pas les valeurs de ce blog.

  • je suis bien d’accord avec koz et la plupart des commentaires, ceci dit des esprits chagrins vous retorqueraient qu’un tel evenement survenant aux etats unis n’aurait merité qu’un entrefilet, vu la popularité des avocats outre-atlantique, je ne peux m’empecher de me remémorer cette plaisanterie entendue dans un film quelconque : savez vous comment on sauve un avocat de la noyade ?

  • Il y a bien longtemps que je n’écoute ni ne lis les commentaires ,je crois ,depuis Carpentras ,cette hystérie collective mémorable .

    Une chose aussi m’agace profondément :le chiffrage immédiat des victimes .Plus il y en a ,plus c’est odieux .Pour un accident d’avion qui fait plus de 100 victimes ,il faut déplacer ministres ,psychologues ,tout le tralala ….
    Moi ,une seule victime peut m’interpeller et elle est aussi irremplaçable que 100 .

  • Les évènements médiatisés se jouent à trois :
    le journaliste
    le  » politique  » au sens large
    le lecteur-auditeur-spectateur
    sans compter les protagonistes de l’évènement lui-même, victimes, témoins etc…
    Je trouve que vous ne parlez pas assez du 3e acteur, c’est-à-dire nous…
    C’est nous qui sommes courtisés par les journalistes et par les politiques.
    A notre époque d’internet, de blogs, de questions posées à qui veut bien répondre même s’il n’y connait rien, chacun a un avis sur tout et est à même de le donner ( comme je le fais en ce moment ). Il y a donc comme un principe de précaution de la part des journalistes et des politiques à anticiper les reproches qui ne manqueront pas de se faire jour.
    Le lecteur-auditeur-spectateur d’aujourd’hui me fait penser au romain qui appréciait les jeux du cirque, au bon peuple qui assistait aux exécutions en place de Grève, aux tricoteuses pendant la Révolution Française.
    Les spectacles sont devenus moins sanglants mais il reste en nous la tentation du pouce baissé, le frisson devant la mise à mort, quelque chose de sombre que nous cachons mais qui trouve à se nourrir dans les drames et dans les règlements de compte politico-médiatiques.
    Nous ( au sens large ) avons notre part de responsabilité dans cette frénésie d’informations volatiles que d’autres remplaceront demain, la raison recule devant la déferlante émotionnelle qui suscite toutes les indignations…
    Face à des lecteurs-auditeurs-spectateurs en demande d’analyse objective et moins avides de photos-choc et de phrases assassines, les médias et les politiques adapteraient sans doute leurs discours.

  • Tout à fait d’accord avec ton billet koz : désigner cette femme par les termes « l’assistante de » ou pire « une assistante de », c’est un peu comme la déshumaniser.

    Cependant et bien que je ne pense pas que cela soit le cas en l’occurrence, parfois la famille de la victime demande elle-même expressément un anonymat au moins temporaire. Une connaissance m’avait ainsi fait part du décès d’un de ses amis qui s’était bien malheureusement écrasé avec son petit avion privé. Sa famille avait immédiatement demandé qu’on ne mentionne pas son nom : la presse a obtempéré tant bien que mal et n’a parlé que « du pilote ».

  • Yeap. Je ne nie pas que, dans certains cas, il y ait des raisons de ne pas mentionner le nom. Je ne conteste pas non plus qu’en l’occurrence, comme je l’ai écrit plus haut, il y ait aussi une explication dans la mesure où le mobile est certainement plus à rechercher dans l’activité de l’avocat que dans celle de son assistante. Mais, dans la mesure où ils ont été en mesure de recueuillir le nom de l’avocat, ce serait une bonne disposition que de chercher à trouver aussi le nom de son assistante.

    @ Carredas, oui, effectivement, il ne faut pas nier cette responsabilité des lecteurs-auditeurs-telespectateurs. Je remarquais, à l’occasion de mon billet sur Veosearch, que, si tout le monde s’accordera à dire qu’il faut davantage proposer des solutions, des infos positives, etc… ben, finalement, il ne recueuille que peu de commentaires, par rapport à d’autres billets. Parce que l’on n’aime rien tant que gueuler. Et que l’on est davantage porté à réagir sur un sentiment de colère, de critique, que d’enthousiasme.

    Le résultat est aussi que, transposé à la presse, qui a un impératif de rentabilité, il est plus sûr d’être critique, de mettre en lumière ce qui ne va pas, que ce qui va. En notant toutefois une exception (un peu singulière) : La Croix, qui a le plus souvent possible une approche positive.

  • C’est la secrétaire, celle qui fait tout le travail en amont, sans qui l’avocat ne pourrait pas travailler, qui est morte. Elle est morte, elle ne poussera plus jamais la porte de l’immeuble qui mène à son travail, elle ne prendra plus jamais le métro, elle ne courra plus si elle est en retard , elle n’ira plus jamais faire ses courses au supermarché d’à côté, ses parents ne lui parleront plus, sa famille ne la verra plus, elle est morte. Mais les journalistes parlent de l’avocat qui est à l’hôpital. C’est lamentable.

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