Alain Duhamel a raison

Il a raison de donner dans ce combat d’arrière-garde, assumé. Les combats d’arrière-garde, magnifiquement romantiques, ont parfois l’écho délicieux de la fessée appliquée à la modernité revendiquée. Oui, Duhamel sait qu’il ne terrassera pas le dragon, qu’il disparaîtra sans victoire. Et pourtant, il y va. Jusqu’au bout. Du bout.

Mais non. Je plaisante évidemment. Les combats d’arrière-garde ne sont pas fondés de par cette seule qualité. Et Duhamel a tort, pleinement tort. Quant à moi, j’aurais au moins fait des clics sur un billet lâché un dimanche soir, ce qui n’est pas malin. Et puis, je me demandais ce qui pourrait être pire : soutenir la Fondation Lejeune, ou Alain Duhamel.

Mais Duhamel s’égare.

Dans son edito du 17 septembre dernier, il fait fausse route, de l’introduction à la conclusion, du prétexte au principe. Il se montre d’ailleurs incapable de justifier son propos dans cet entretien sur France Inter. Alain Duhamel est, donc, de ceux qui dénoncent un internet totalitaire, un épanchement d’informations sans recul, une transparence viciée, imposée. Je ne suis pas un ravi du web, et ses prophètes me lassent souvent : mais si le web est une affaire humaine et, par là-même, porteur de menaces comme de potentialités, je crois que ces dernières supplantent largement les premières.

Internet agit comme un révélateur.

Le web, un marqueur ? On pourrait s’étonner que les français soient si sensibles à la vidéosurveillance mais indifférents à la multiplication des moyens dont chacun dispose de filmer son voisin de table, en oubliant que l’anonyme s’inquiète évidemment moins de ce dernier risque. Mais surtout, et Pascal Riché pose cette question à Alain Duhamel sans obtenir de réponse : depuis que les portables permettent de filmer facilement les personnages publics, combien de ces videos ont eu des conséquences ?

On se souvient pourtant, en début de campagne présidentielle, de ces avertissements : après Allen et son « macaca »1, internet et le portable allaient changer la politique, figer son expression… Et puis, globalement, rien. Et il faut bien confronter l’inquiétude de principe à la réalité factuelle : la quasi-totalité des videos qui ont marqué la politique ont été tournées non par des citoyens sur leur portable, mais par des professionnels. Pourtant, l’excuse est systématique : ce sont des « images volées » ! Prises sur un portable !

Et tenez, sur le deux fois pathétique coup d’Hortefeux2, il a fallu que Jean-François Copé incrimine Internet, le qualifiant ni plus ni moins de « danger pour la démocratie« , plus ou moins rejoint en cela par Henri Guaino qui invoque une « transparence totalitaire« . Et pourtant, pourtant : la vidéo a bel et bien été prise par des caméras de Public Sénat. Et je doute qu’Hortefeux ait pu ignorer la présence, plus ou moins proche, de journalistes. Pour Le Monde, donc, cette affaire « illustre la méfiance de l’UMP à l’égard d’Internet« . Pour Libération, Internet serait l' »objet des fantasme de l’UMP« . Internet serait-il un marqueur politique ?

Jeté en vrac, on peut souligner les points suivants : le web est un contre-pouvoir et, pour le moment, la droite est au pouvoir; le web est un espace spontané, et la droite traditionnelle apprécie un certain ordre; et puis, de fait, le web est majoritairement à gauche, à tout le moins dans sa dimension militante.Voilà des facteurs en partie structurels, en partie conjoncturels.

Mais, si l’on sait que le libéralisme est un trompe-l’œil du sarkozysme, on pourrait s’étonner que la droite ne voit pas davantage en internet la marque de l’initiative individuelle, de la responsabilité personnelle. Il y aurait, pourtant, matière à s’approprier « idéologiquement » internet. Et puis, faire d’internet un bouc-émissaire est franchement de mauvaise politique. Ce n’est pas un bon bouc-émissaire, comme la Commission Européenne, car le web, c’est nous, ce sont vos électeurs, Jean-François. @nk_m, de grâce, secouez-les !

Le web, mise en lumière ? La semaine a été incroyablement riche en actualité internet. Et, depuis mardi, c’est Ségolène Royal qui assure le spectacle. Annonçant pompeusement une « déclaration solennelle » – ce que c’est, tout de même, d’avoir raté l’Elysée – sur son site, Ségolène Royal en a profité pour lancer un site burlesque, suscitant une unanime hilarité.

ddaLes ratés en sont innombrables, et injustifiables. Pourtant, sur l’un de ses nouveaux sites, au nom évocateur, Rétablir la vérité, Ségolène Royal lance une pique aux internautes. Elle aurait voulu faire « une nouvelle maquette accessible à tous (et pas seulement aux internautes confirmés)« . En somme, les critiques reçues seraient le fait d’internautes snobinards. La réflexion est à vrai dire aussi dénigrante à l’égard de ses visiteurs habituels : faut-il vraiment descendre aussi bas pour qu’ils parviennent à se saisir du site ?

Il paraît qu' »à les regarder, [nous nous] habituerons« . Ce n’est pas dit. Parce qu’après, cette page d’accueil incroyable, Désirs d’Avenir nous en a infligé une nouvelle, dont j’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait d’une des innombrables parodies qui ont circulé sur le Net. dda2Ségolène Royal a ainsi réussi à torpiller son précédent site, presqu’exemplaire, pour un Désirs-d’Avenirs-des-temps-anciens.

Je ne referai pas la liste des incroyables erreurs de ce site – dont la moindre n’était pas d’annoncer une « déclaration solennelle » sur un site non finalisé hébergé sur une offre manifestement sous-dimensionnée. La longue liste de ces erreurs est abondamment diffusée sur internet. Il y a, aussi, le résultat lourd de sens d’un clic sur « Jeunes d’avenir » : « Unable to connect to the database« .

L’essentiel tient dans ce que la sortie de ce site tend à démontrer, sur Ségolène Royal :

  • Son absence totale de culture web. Ségolène Royal peut invoquer toutes les conspirations organisées, un tel site n’aurait jamais du voir le jour si elle avait la moindre connaissance personnelle du web. C’est banal, c’est générationnel, mais c’est ainsi : le web, c’était son entourage. Et le web est généralement spontané, notamment dans l’hilarité.
  • Sa totale perméabilité à une mauvaise influence. De nombreux twitterers l’ont rappelé malicieusement, même exagérément optimiste, l’adage montebourgeois est intemporal, « Ségolène Royal a un seul défaut, c’est son compagnon« . Voilà qui est éclairant pour une candidate à la présidence.
  • La vacuité de la participativité royaliste, pour ceux qui y avaient cru. La vidéo n’est pas exportable. Et, pour les sites accessibles ((c’est-à-dire ni « Ségolène Royal » qui ne se connecte pas plus à sa database que Jeunes d’avenir, ni Les vidéos)), ils ne sont pas ouverts aux commentaires.
  • l’exercice solitaire du pouvoir : la championne de la participativité n’a manifestement pas associé les « personnes ressources » de son entourage.

Et puis, l’isolement. Elle s’en défend. Mais à part l’inquiétante Bouchet-Petersen et le durable Bianco, on n’a guère entendu de soutiens.

C’est que le web commande la transparence. Alain Duhamel a raison. Sans le savoir.


Bonus track record du 20.09 : Ségolène Royal ne veut pas « un site avec des traits » et s’en prend au « puissant lobby d’interner« 


  1. Allen avait appelé un homme à la peau sombre « macaca« . Il trouvera ensuite une excuse originale en affirmant qu’il ignorait qu’il y avait une race de singe qui s’appelait comme ça. Là-dessus, internet aurait pu l’aider []
  2. deux fois parce que son cabinet est vraiment à la masse dans ses explications, alors qu’il aurait pu invoquer une remarque acide à l’intention de la madame au « notre petit arabe«  []

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35 comments

  • C’est aussi un peu le juste retour de bâton: ils ont tous voulu se servir des médias pour faire de la com, ils nous ont donné d’eux des images préfabriquées complètement fausses, ils nous ont maintenu dans un climat de critique les uns des autres, et maintenant que ça leur échappe, forcément, ça ne leur va plus! …mais c’est ça la définition du totalitarisme, de ne pas vouloir que ça leur échappe!

    Ils sont comme des gamins: la même chose, la même technique, le même principe, si ça les arrange, c’est très bien, si ça les dessert, c’est très mal: drôlement objectif!

    Et puis près avoir déclaré « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé. » on dirait vraiment trop que ce qui arrive à B. Hortefeux a été fait sur mesure. Il ne vont quand même pas faire une loi pour interdire d’en rire!

    ça me fait penser à la crise financière: on établit des systèmes malsains au départ, et après on s’étonne que ça pose des problèmes: les médias se repaissent de ragots qu’une commère aurait honte de colporter, ils font de l’argent avec ça et avec rien d’autre, et on s’étonne que des gens soient salis: mais ça fait longtemps, qu’ils salissent des gens, c’est bien que des gens intouchables soient un peu touchés!

    Est-ce qu’avec le net, les enfants cachés de Mitterrand seraient restés aussi longtemps inconnus du grand public? ok, c’est sa vie privée, mais quand on cache des faits aussi important avec autant d’efficacité, ça en dit long sur la liberté de la presse…

  • A lire Duhamel, on a l’impression que c’est la rédaction qui a inséré au dernier moment la phrase « En l’occurrence, il ne s’agissait ni d’une équipe d’amateurs, ni d’images volées », dont il n’est tenu aucun compte dans le reste de l’article.

  • Koz, je crois que j’ai trouvé le pire en ce moment : soutenir Ségo. Et tu peux pas me contredire. Un bref tour sur son « nouveau » site suffit à démontrer l’ampleur de la difficulté. Personnellement, je croyais au début à un site parodie. Non non, promis, c’est le vrai. Vrai de vrai ? Même si quand je clique sur « Ségolène Royal » on m’affiche aussi « Database Error: Unable to connect to the database » ? L’adresse est pourtant formelle, il n’y a pas d’erreur.

    « Demain : l’hérault ! » Et après-demain ? Bah on enlève le haut… Riez riez. Je vous entends donc de loin, les amis. Vous en allez pas trop vite crier haro sur Ségo, ni même sur le benet qui a fait ce site, c’est pas loin d’être un héros. Il a rendu un beau service au PS : Dame Ségo quittera plus vite que prévu la scène politique (pour reprendre peut-être celle humoristique, qui sait ?). Mais là s’arrête mon cynisme, ça se transforme en méchanceté, et c’est pas bien. Pas digne de la Fraternité. Parce qu’en vrai, Ségolène Royal touche le fond, et ça doit pas être facile. J’aurai presque envie de l’admirer.

    Elle nous offre même un brin de poésie avec la célèbre citation de René Char : « Impose ta chance / Serre ton bonheur et va vers ton risque / À te regarder ils s’habitueront ». Bah là Ségo, tu cours beaucoup trop vite au risque pour nous ! Et moi, je sais pas si on s’y fera un jour à tout ça.

    En fait je crois tout ça devient grotesque. Bon j’ai dit que j’arrêtai.

  • Pardon, je me suis égaré du sujet principal, M. Duhamel.

    C’est étrange qu’on n’entende pas une seule fois l’expression du « droit à l’image ». C’est pourtant simple comme principe : on a le droit de filmer à peu près ce que l’on veut. Mais pas de diffuser. Il faut l’accord de la personne filmée. Tout le monde le sait, c’est bête comme chou. Si demain matin je passe sur Dailymotion avec Karine sous le bras alors que j’avais dit à Jenny que j’avais un boulot qui finirait tard ce soir, j’attaque celui qui a foutu ça.

    Exception faite : les personnalités publics dans l’exercice de leur fonction. Sarko ne signe pas un papier autorisant la diffusion de ses discours à chaque fois qu’il en fait un. Et à ce que je sache, que ce soit l’excès d’arabes, le « casse-toi pôv con » ou les feignasses de profs, tous les gens qui ont dit ça (ou presque ça) étaient dans l’exercice de leur fonction. Bah zavés qu’à faire gaffe à ce qu’ils disent ! Maintenant ils vont vouloir réguler, parce qu’ils ont les pétoches.

    Le journaliste diffuse une information, journaliste pro ou en herbe, ça intéresse tout le monde de savoir ce que dit tel ou tel homme politique en public. Plus encore : on a le droit de savoir !

    Il n’empêche que la régulation du net, notamment sur la violence, racisme, pornographie etc. etc. n’est pas un débat à exclure. Mais c’est un sujet épineux sur le net, Koz ne serait peut-être pas content qu’il se lance dans ses commentaires. Restons-en aux propos d’Alain.

    Surtout quand il nous parle des infos « sans réflexions, sans recul et sans freins » de l’Internet. C’est bien d’en parler, mais tout de même, ça fait doucement rire. Vous avez oublié de regarder la télé à 20h ou bien M. Duhamel ? Pardon pour ce parallèle peut-être un peu rapide, mais je suis sur que je ne suis pas le seul à y avoir pensé !

  • Petite info sans rapport avec le sujet, veuillez m’en excuser :

    Une émission sur France Culture que l’on peut podcaster : « Concordance des temps » de samedi dernier. Il y est question de la place des femmes dans l’Eglise au cours de son histoire. Ce thème est abordé de manière « savante », sans parti pris.

  • Oui. Cette idée d’un « bad buzz » volontaire a circulé dès mardi dernier, mais je ne la trouve pas crédible. SR avait annoncé – attention, roulement de tambours – une « annonce solennelle », sur un sujet grave. Au lieu de cela, elle a déclenché l’hilarité générale et son annonce a été parasité par le temps passé à se payer sa fiole. Il y a des limites au buzz, et tu ne flingues pas une occasion annoncée comme solennelle pour un bad buzz. Et, de toutes façons, elle n’avait pas besoin de ça : tout le petit monde politique attendait sa déclaration.

    [Je reviens sur les autres coms après]

  • Je suis en train de lire la vidéo, je m’amuse car il incrimine ceux qui diffusent des vidéos en précisant bien qu’il ne parle pas des journalistes professionnels : c’est drôle, parce que pour hortefeux, je crois que ce sont des journalistes qui le filment…

    Alors selon lui, cette « volupté de la transgression », liée à l' »émotion » de la vidéo, ne s’applique qu’aux diffusions de vidéos amateurs… C’est pas du corporatisme, ça?

  • l’Ours a écrit:

    c’est un combat perdu d’avance, ils arriveront à museler (filtrer) Internet avant que les gens se soient rendus compte de ce qu’ils ont perdu.

    Pas d’accord: il y aura toujours des informaticiens amateurs pour contester et je pense que dans un duel gouvernement/internautes pour le controle du net, le gouvernement part perdant (voir le merdier politique d’hadopi). Je les crois tout simplement incapable de concevoir un filtre assez efficace pour arréter ce type de phénomène, et ce type de vidéo peut etre retiré de Youtube ou daylimotion mais pas avant d’avoir fait le buzz vu que les internautes sont au courant avant le gouvernement.

    Sans compter que l’on peut se connecter sur des sites étrangers, et que le gouvernement ne peut qd meme pas couper internet…

  • Dove a écrit:

    « Demain : l’hérault ! » Et après-demain ?

    Oui, et ça fait plusieurs jours que c’est « demain, l’hérault ».

    Dove a écrit:

    Surtout quand il nous parle des infos « sans réflexions, sans recul et sans freins » de l’Internet. C’est bien d’en parler, mais tout de même, ça fait doucement rire. Vous avez oublié de regarder la télé à 20h ou bien M. Duhamel ? Pardon pour ce parallèle peut-être un peu rapide, mais je suis sur que je ne suis pas le seul à y avoir pensé !

    Je ne retirerais pas à tous les journalistes la capacité de recul, de réflexion, et c’est vrai qu’il faut se méfier, sur le web, de la facilité avec laquelle on peut être manipulé, en tant que simple internaute mais aussi éventuellement en tant que blogueur (plus facile de refiler une info bidonnée à un simple blogueur qu’à un journaliste chevronné). Mais tu as bien raison, avant de s’en prendre au web, faudrait faire le ménage au JT.

    Et, en bonus track, Ségo qui « ne veut pas d’un site avec des traits » et qui met en garde contre « le puissant lobby d’Internet« .

    « Creuse d’Avenir« … Un si joli nom.

    Après suppression, on la retrouvera ici :

  • Koz a écrit:

    Son absence totale de culture web. Ségolène Royal peut invoquer toutes les conspirations organisées, un tel site n’aurait jamais du voir le jour si elle avait la moindre connaissance personnelle du web. C’est banal, c’est générationnel, mais c’est ainsi : le web, c’était son entourage. Et le web est généralement spontané, notamment dans l’hilarité.

    J’apprécie de tu parles de « Culture Web » plutôt que de compréhension du phénomène internet, il est important de ne pas confondre ces deux éléments. Ce serait confondre dans un projet complexe la maîtrise d’œuvre (les aspect techniques d’un projet) et la maîtrise d’ouvrage (ses aspects fonctionnels). Les internautes, même snobinards, sont des gens suffisamment avertis pour ne se laisser aller à ce type de confusion.

    Royal et son entourage actuel sont de pathétiques concepteurs de site. Je crois qu’il n’y a pas débat. Et quand à l’incompétence vient s’ajouter d’absence de moyens et le manque de temps, on arrive au résultat catastrophique que l’on connait. Elle faisait bien de déléguer la réalisation de ces outils de communication Web a des professionnels dans le passé, elle serait bien avisée de faire de même a l’avenir, quel qu’en soit le coût financier.

    Mais en ce qui concerne sa compréhension du phénomène internet, attention aux conclusions hâtives. Royal a depuis très longtemps parfaitement intégré le poids du Net et des nouvelles technologies sur l’évolution du débat politique – auquel le citoyen allait pouvoir prendre une plus large part) (cf feu desirsdavenir) et les modèles économiques qu’ils allaient inspirer (voir ici http://bit.ly/AdIcD). C’est d’ailleurs assez cocasse d’entendre certains détracteurs vanter la valeur de référence de l’ancien site en comparaison du truc qui l’a remplacé, alors que DDA réalisé par la Netsquad était présenté, dans le meilleur des cas, comme un pathétique repère de Segolâtres, dans le pire, comme une escroquerie intellectuelle.

    Koz a écrit:

    Sa totale perméabilité à une mauvaise influence. De nombreux twitterers l’ont rappelé malicieusement, même exagérément optimiste, l’adage montebourgeois est intemporal, « Ségolène Royal a un seul défaut, c’est son compagnon ». Voilà qui est éclairant pour une candidate à la présidence.

    En effet, c’est un des enseignements que l’on peut tirer de cet épisode. De toutes évidences mal entourée et affichant un penchant de plus en plus marqué pour la paranoïa (qui semble de moins en moins feinte), j’avoue que c’est ici que prennent les véritables sources d’inquiétude me concernant.

    Pour le reste, et le débat autour du totalitarisme sous-jacent à Internet, voici un documentaire extrêmement bien fait sur cette question que l’on a de cesse d’esquiver http://bit.ly/info/if59P

  • Pingback: Un mauvais procès sur un vrai sujet « La Plume d’Aliocha

  • C’est bien Duhamel qui s’est fait éjecter de toute intervention pendant la campagne de 2007 à cause d’une vidéo où il confessait sa préférence pour Bayrou, non ? Il est compréhensible qu’il ait envie de régler ses comptes, mais le faire de façon aussi bête… Prendre pour cible « la toile », désignée comme une espèce d’entité pensante maléfique, c’est parfaitement ridicule.

  • zeyesnidzeno a écrit:

    Mais en ce qui concerne sa compréhension du phénomène internet, attention aux conclusions hâtives. Royal a depuis très longtemps parfaitement intégré le poids du Net et des nouvelles technologies sur l’évolution du débat politique – auquel le citoyen allait pouvoir prendre une plus large part) (cf feu desirsdavenir) et les modèles économiques qu’ils allaient inspirer (voir ici http://bit.ly/AdIcD).

    Mais ce que révèle précisément ce site, c’est que feu desirsdavenir ne répondait pas à une conviction profonde, à quelque chose d’assimilé. Je ne crois pas que l’on puisse faire la distinction que tu établis entre « culture web » et « _compréhension du phénomène internet« , même si le fait que tu loues mon esprit de nuance me soit allé droit au coeur. Comment peut-on avoir une bonne compréhension du phénomène internet et éditer un site qui est aux antipodes de toutes les pratiques ? Il n’y a pas le design, déjà terrible, il y a surtout le fait qu’un site comme « Rétablir la vérité » ne soit pas ouvert aux commentaires, ou encore le fait que la vidéo ne soit pas exportable. Ce dernier point procède de la logique dépassée qui veut que l’on se ménage son petit trafic dans son petit coin. Lorsque l’on est un personnage public, le seul objectif qui vaille, c’est que votre message soit diffusé le plus largement possible. Tiens, si elle l’avait mis sur dailymotion, je l’aurais peut-être mis sur mon blog. Peut-être pour me gausser, mais cela aurait fait des visites de plus.

    Et puis, sincèrement, lorsque tu disposes de la version en .org, et que tu vois déboucher celle-ci, si tu as un minimum le web dans les tripes, tu dis stop.

    @ Gwynfrid: c’est effectivement compréhensible, mais idiot. Mais c’est vrai qu’à la rigueur, Duhamel est le seul qui se soit fait avoir par une vidéo volée.

  • Je ne condamnerais pas Duhamel aussi fermement. OK, son analyse est hative, incomplète, schématisante. De plus, et c’est effectivement frappant, il s’en prend à la mauvaise cible dans les exemples qu’il donne. Il y a des procès à faire – le problème c’est que les accusés ne sont pas toujours ceux qui apparaissent comme le plus bêtement évident. Mais je dis bien « pas toujours ».

    C’est la constation d’une dérive de la presse. Cette dérive ne repose pas seulement sur l’utilisation du off. En fait, cette dérive tourne autour de la notion d’auto-censure. Le recul, l’esprit d’analyse fait que parfois des journalistes s’auto-censurent, non pas pour plaire au pouvoir ou aux divers pouvoirs pour être plus précis, mais parce qu’ils respectent des règles éthiques propres à leur métier qui leur dictent de ne pas diffuser tels ou tels doc ou tels ou tels propos. Un exemple concensuel d’auto-censure, c’est la photo en couleur et sanglante d’un cadavre d’un accidenté.

    Sauf que, il n’y a plus de règles en la matière et que beaucoup n’hésite plus à photographier et à publier le cadavre en question. Sauf que la fameuse notion de recul journalistique qui fait penser au professionnel de l’info que a. l’info a pu être bidonnée b. même non bidonnée, l’info n’est pas telle qu’elle semble être et donc ne mérite pas d’être publiée est de moins en moins respectée. En fait, du fait même du phénomène des buzz, ces infos sont espérées, dénichées, souhaitées par la presse. un exemple type c’est la fameuse séquence de Sarko au G8.

    Je me souviens d’avoir vu un montage sur lequel on voyait des ouvriers russes repaver une rue. La première séquence est accompagnée d’une musique guillerette et d’un commentaire vantant l’ardeur, la joie de vivre des ouvriers et prolétaire russes qui contribuent à la reconstruction du pays. Ensuite, mêmes images, mais musique lourde et commentaires décrivant l’extrême pauvreté, la misère sociale, de prolétaires soviétiques, affamés et sous payés. On peut faire ça avec presque n’importe quoi.

    Le net dans tout ça en l’occurence ? C’est l’effet d’amplification. C’est l’effet voyeuriste. C’est l’effet viral. C’est l’effet limité du traitement de l’info. C’est l’effet intemporel et permanant de cette info. A la différence de l’info de presse qui est éphémère le web est permanant. Un journal sort une connerie. Un démenti rétablit les faits. Le démenti est admis par le journal. On passe à autre chose. Le brut de youtube, c’est que la vidéo du G8 peut être encore consultée aujourd’hui, sans les démentis, sans la mise en perspective, sans les excuse du présentateur belge, de la mise au point des journalistes d’opposition comme ceux de Libé attestant que Sarko n’avait pas bu mais était essouflé, avec au contraire, certains bloggueurs qui en rajoutent, etc.

    Et là, le Web en tant que phénomène, a une part de responsabilité. Les bloggueurs qui exploitent (en sachant très bien que c’est faux), le soit disant faux pas jusqu’à plus soif par simples convictions politiques trop zélées ont une part de responsabilité. Et oui, un ministère de la propagande d’un régime facho utiliserait ce genre de méthodes pour descendre quelqu’un. Le pouvoir iranien n’a pas hésité a créer un contre buzz affirmant que Neda, la manifestante tuée par balle lors d’une manifestation, était en fait une personne utilisée par la BBC.

    Certes, donc, ces buzz sont créés par les médias main stream. Mais ils utilisent aussi ensuite internet comme caution et l’un et l’autre se renforcent. L’exemple de Duhamel est significatif à ce sujet. La vidéo est communiqué à Birembaum. Il la publie. Elle buzz et se fait interdire d’antenne. Sauf que ce sont précisemment des journalistes de RTL qui lui ont communiqué la vidéo et que ce sont ces mêmes journalistes qui l’ont fait buzzée pour avoir la peau du collègue. Sans les journalistes Birembaum n’aurait pas publié. Sans Birembaum, le buzz n’aurait pas existé. Et pour rappel, Duhamel ne savait pas qu’il était filmé.

    Le pire dans l’affaire Duhamel, c’est qu’il n’a strictement rien a se reprocher sur le coup. Ce qui aggrave l’affaire. Parce que bon, il donne à un moment T son intention de vote dans un cercle restreaint et non pas au cours d’une déclaration publique. Tous les journalistes votent. Si, tous les journalistes qui confient en privé leurs tendences politiques sont interdits – il n’y aurait plus guère de monde pendant les campagnes. Dans sa position, j’aurais fait une déclaration publique comme quoi, oui, à l’époque j’aurais voté Bayrou, mais qu’aujourd’hui, je ne savais plus très bien.

    Maintenant sommes nous si surs que seuls les médias fautent ? L’affaire Manaudou est un exemple contraire. Photos et films privés balancés sur le Web. Aucun mainstream ou magazine People derrière l’affaire. Même eux avaient appliqués une auto-censure sur le coup. Il y en a d’autres de ce type sur des personnalités du show bizz ou du sport.

    Franchement, je plains les hommes politiques qui dans une quinzaine d’années feront des buzz parce qu’aujourd’hui, à 15 ans, ils ont publié des photos d’eux-mêmes bourrés sur Facebook ou sur leur Skyblog.

  • Koz a écrit:

    l n’y a pas le design, déjà terrible, il y a surtout le fait qu’un site comme « Rétablir la vérité » ne soit pas ouvert aux commentaires, ou encore le fait que la vidéo ne soit pas exportable. Ce dernier point http://www.koztoujours.fr/?p=5672#commentprocède de la logique dépassée qui veut que l’on se ménage son petit trafic dans son petit coin. Lorsque l’on est un personnage public, le seul objectif qui vaille, c’est que votre message soit diffusé le plus largement possible. Tiens, si elle l’avait mis sur dailymotion, je l’aurais peut-être mis sur mon blog. Peut-être pour me gausser, mais cela aurait fait des visites de plus.

    ouais, donc tout ce que tu décris, ce sont des fonctionnalités non intégrées du faits des immenses limites techniques des concepteurs du site. Enfin, Koz, c’est pas a toi que je vais apprendre que le niveau de Royal c’est a peu pres de dire (en 2007) « il me faudrait un truc qui permette d’organiser des débats sur le net sur des thèmes précis, qui permette de recueillir les contributions et d’en faire la synthèse ». L’intendance n’avait qu’a suivre.Il se trouve qu’a l’époque, l’intendance c’était Thieulin. Et qu’aujourd’hui c’est « urgence PC » et plus un rond pour financer les « personnes ressources » pour animer les forums. Pour la « fameuse vidéo », elle était bien entendu disponible sur Dailymotion dès le lendemain. Impatient va!

  • zeyesnidzeno a écrit:

    « il me faudrait un truc qui permette d’organiser des débats sur le net sur des thèmes précis, qui permette de recueillir les contributions et d’en faire la synthèse »

    Plus exactement, je crois savoir qu’elle aurait dit, mais je peux me tromper : « il me faudrait un truc qui permette d’organiser des débats sur le net sur des thèmes précis, qui permette de recueillir les contributions et que je puisse prétendre ensuite en avoir fait la synthèse ».

  • Eponymus a écrit:

    Plus exactement, je crois savoir qu’elle aurait dit, mais je peux me tromper : « il me faudrait un truc qui permette d’organiser des débats sur le net sur des thèmes précis, qui permette de recueillir les contributions et que je puisse prétendre ensuite en avoir fait la synthèse ».

    Je me lancerais bien dans une réponse argumentée, mais comme en témoignent mes commentaires précédents, je suis a deux doigts de l’épuisement, littéralement de l’assèchement, à propos des initiatives de Royal… mais tu ne perds rien pour attendre 😉

  • Faut avouer que c’est de plus en plus dur de la défendre ou de lui garder ne serait-ce que le crédit d’une certaine cohérence. Franchement, Zeyes, je compatis. Je vais pas pleurer non plus, note bien… mais je compatis.

  • « Désirs d’avenir » n’est-ce pas l’aveu de la quête d’un avenir qui toujours s’échappe ?

    Quand à Internet, c’est la version moderne du Canard Enchainé, drôle, humain, partial, idéaliste, ….. et « gratuit ». C’est la « Bocca di Leone » de Venise dégorgeant les dénonciations à tous vents.

    Rien d’étonnant à ce que cela gêne des journalistes et des politiques. C’est aux antipodes de l’égocentrisme et de l’intellectualisme suffisant qui caractérise nombre de ces individus qui savent pour nous.

    L’histoire nous montre que la parole donnée au peuple ne se reprend guère. Nos apprentis sorciers si prompts à porter aux nues l’infinie intelligence de l’homme de la rue, n’ont pas fini de s’en mordre les doigts.

  • zeyesnidzeno a écrit:

    Enfin, Koz, c’est pas a toi que je vais apprendre que le niveau de Royal c’est a peu pres de dire (en 2007) « il me faudrait un truc qui permette d’organiser des débats sur le net sur des thèmes précis, qui permette de recueillir les contributions et d’en faire la synthèse ». L’intendance n’avait qu’a suivre.

    Oui, mais, à la réception du site, elle aurait du s’exclamer : «  par la barbe de mon chabichou, mais votre site ne permet pas d’organiser des débats ni de receuillir des contributions, ceci manque terriblement de participativité juste et durable, ce que je ne peux admettre, moi Femme Debout ®, personnellement au fait d’internet depuis avant tout le monde !« 

    Je ne lui demande évidemment pas de mettre les mains dans le cambouis. Mais il n’est pas difficile de constater qu’un site vaut 0 en participativité.

    Eponymus a écrit:

    Sauf que, il n’y a plus de règles en la matière et que beaucoup n’hésite plus à photographier et à publier le cadavre en question. (…) un exemple type c’est la fameuse séquence de Sarko au G8.

    Mais (i) en a-t-on vu tant des vidéos autocensurées passer sur le Net ? et (ii) Sarko au G8, ça vient de la RTBF, comme tu le dis. Après, il est vrai, il y a une certaine exploitation, voire une exploitation certaine de tout cela.

    Maintenant, je reproche aussi à Duhamel ou à Copé de refuser de voir la dimension positive du web, l’expression populaire qu’elle permet, la prise de parole d’un genre nouveau.

  • 2 remarques :

    • l’UMP devrait se dépêcher d’enfourcher le cheval de bataille que représente internet parce qu’avec Hadopi et ce genre de saillies-là, ils risquent de faire peur à nombre d’électeurs ;

    • je ne comprends pas pourquoi on parle de Ségo, on l’entretient dans son personnage et elle parvient, finalement, toujours à faire parler d’elle (comme Sarko à droite – Ségo c’est la Sarko de gauche en fait). Ca m’agace et m’attriste parce que je me dis que, finalement, c’est encore elle qu’on va retrouver au second tour en 2012, sans projet, sans alternative… alors que les idées, les bonnes, celles qui fonctionnent, la crise le démontre, sont à gauche et pas à droite (à tel point que, pour moi, Sarko est en train de devenir le meilleur de tous les socialistes – cf. son combat pour changer d’indicateur de développement !).

  • Koz a écrit:

    Maintenant, je reproche aussi à Duhamel ou à Copé de refuser de voir la dimension positive du web, l’expression populaire qu’elle permet, la prise de parole d’un genre nouveau.

    Tu as raison parce que c’est une constatation importante et dont la thématique est aussi vieille que celle à laquelle les gouvernants d’il y a quelques siècles ont été confrontés quand l’imprimerie a été inventée ou la presse un peu indépendante a été créée. Et bien plus tard, tu trouves « la presse caniveau » en Angleterre et « The Washington Post » qui fait tomber le bandit le plus puissant du monde aux US.

    Idem pour le sexe et l’Internet – résumer Internet aux sites de cul est stupide, mais ne pas voir que la pornographie grâce à Internet connaît dans ses business models et ses excès un essor fantastique au point de modifier considérablement les comportements des gamins et des ados voire des adultes est dangereux.

    En fait, il y a autant de potentiel « fascisant et glauque » dans l’Internet que de potentiel « créatif et de liberté » (pour schématiser) mais il est aussi utile de regarder les deux aspects des choses. Lutter pour la liberté de la presse c’est bien – mais au nom de ce principe ne pas vouloir admettre que bien souvent elle désinforme c’est être aveugle et sourd. C’est la même chose sur le Web mais considérablement amplifié dans les deux sens. Mais l’affaire se corse (chef lieu, Bastia) parce qu ‘Internet peut être aussi et justement un fantastique moyen de lutter contre la désinformation : Internet permet « les Légions du Pape » mais aussi, « Sacristain.fr » pour un exemple qui te touche de près.

    Maintenant si tu me demandes quelle est la solution au problème j’avoue que je cale. Néanmoins, en me forçant un peu à venir avec un semblant de solution, elle tient pour beaucoup à l’éducation, à la connaissance du média en question. Et donc, les règles à respecter pour un homme politique par exemple ou une célébrité sont les suivantes :

    a. Ne jamais faire d’humour ou alors préparer ses blagues à l’avance et les confronter à des experts afin d’examiner si elles pourraient être mal interprétées. b. Ne jamais, jamais, jamais faire preuve d’une quelconque spontanéité mais préparer tout intervention publique à l’avance en laissant très peu de place à l’improvisation. c. Dans ses moments privés, rester vigilants en sachant qu’à la faveur d’un divorce, d’une rupture, etc. vos moments intimes peuvent se retrouver diffuser à grande échelle. d. Etre strictement, non seulement irréprochable, mais ne faire ou dire quelques soient les circonstances que des choses qui ne laissent aucune place à une quelconque interprétation ambiguë. e. Réagir trèèèès vite et massivement en cas d’erreur. Autant dire, réserver un budget à ce genre d’opérations. f. Ne poster sur le net que des choses relativement consensuelles ou du moins qui ne risquent pas de provoquer la majorité contre vous. g. Bannir tout « off » avec un journaliste qui qu’il puisse être.

    Bon je suis pas exhaustif, mais c’est déjà une bonne base pour un cours… je ne sais pas si c’est mieux qu’avant le net. Mais en tout cas, on ne peut plus faire autrement.

  • P.S. Si mes propositions peuvent sembler excessives, j’ai eu l’occasion de rencontrer un jour un ancien journaliste de NBC qui s’était converti dans le Média Training et le conseil en relations publiques. En matière de presse c’etait l’essentiel de son cours et c’était au tout, tout début du net. Il ajoutait aussi en matière de presse audivisuelle : Ne jamais répondre aux questions. Toujours, quelque soit la question, utiliser une transition en quelques mots pour l’éviter et placer votre message préparé à l’avance qui tiendra en quelques lignes seulement.

  • Mais, précisément, Eponymus, on en revient à mon observation de départ. Ce que tu dis, c’est ce que l’on disait déjà avant le début de la campagne présidentielle. Or, j’insiste, combien de vidéos amateurs ont marqué les esprits ? Cite-les moi.

    Là-dessus, Duhamel se plante, encore. Parce que, si l’on peut dire que le web suscite un relatif relâchement dans les infos publiables – en raison d’un effet zapping – ce sont encore une fois des journalistes qui ont publié ces infos, alors qu’il fait tout son possible pour ne surtout pas incriminer les journalistes qui, eux, ont une déontologie etc. etc…

  • Koz a écrit:

    Or, j’insiste, combien de vidéos amateurs ont marqué les esprits ? Cite-les moi.

    A part « Manoudou nue » et celle sur Duhamel, aucune (et comme on l’a vu pour Duhamel, Birembaum n’a été qu’un dupe véhicule) ! On est bien d’accord, il s’agit des journalistes de bout en bout mais qui ont utilisé le net sciemment comme caisse de raisonnance. Et on est, oh combien d’accord, sur la prétendue déontologie dans la presse. Et come je le disais dans mon commentaire pls haut, Duhamel se plante dans son analyse sur ce point.

    Mes conseils n’en restent pas moins valables. D’ailleurs, aux USA, dans ce pays où le politiquement correct a encore plus d’impact qu’ici, ces conseils étaient donnés au tout début du net… autrement dit, avant même la possibilité d’un vrai buzz tel qu’on le connait aujourd’hui. Et ces conseils constataient et visaient une certaine évolution dans la presse et en particulier, la presse audiovisuelle.

  • vercaud a écrit:

    Couve de Murville aurait été un as du Web !

    Que dis-tu ? Un as ? Non, un un précuseur, un visionnaire, un « fin communiquant »… En fait, un homme politique, qui aurait pu être aujourd’hui une machine à gagner et donc un homme tout à fait estimable, puisque l’important aujourd’hui n’est pas le force des propositions mais cette fameuse capacité à s’organiser et agir pour GAGNER une élection…

  • Le seul problème avec les excellents conseils d’Eponymus, c’est que ça supprime tout ce qui n’est pas langue de bois. Avec une com aussi contrôlée, on risque fort de ne plus avoir envie d’écouter quoi que ce soit venant des politiques. On peut argumenter que c’est déjà pas mal le cas aujourd’hui. Mais ce n’est pas une raison pour faire encore pire !

    Et, pour avoir moi-même fait un peu de media training, je confirme la règle numéro un: ne jamais répondre à la question, quelle qu’elle soit, et toujours revenir au message prévu, au moyen d’une transition habile si possible. Si pas possible, alors tant pis, va pour une transition lourdingue, voire pas de transition du tout, genre « ce que je voudrais vous dire, avant de revenir à votre question, c’est blablabla, blablabla » (et bien sûr on ne revient jamais à la question, c’est pas grave). À noter que les consultants qui nous apprennent ça sont, pour certains, d’anciens journalistes…

  • Praxis a écrit:

    pour moi, Sarko est en train de devenir le meilleur de tous les socialistes

    C’est bien pour cela que je ne voterai pas pour l’UMP et N Sarkosy aux prochaines élections (2010 et 2012)! Les idées à la Rocard me sont indigestes. Manquerait plus qu’Aubry rejoigne Sarkosy! Taxe Rocard style CSG (multipliée par 7 en 10 ans)+ 35h (allant vers les 30h?…), vous voyez le truc?

    Eponymus a écrit:

    a. Ne jamais faire d’humour ou alors préparer ses blagues à l’avance et les confronter à des experts afin d’examiner si elles pourraient être mal interprétées. b. Ne jamais, jamais, jamais faire preuve d’une quelconque spontanéité mais préparer tout intervention publique à l’avance en laissant très peu de place à l’improvisation. c. Dans ses moments privés, rester vigilants en sachant qu’à la faveur d’un divorce, d’une rupture, etc. vos moments intimes peuvent se retrouver diffuser à grande échelle. d. Etre strictement, non seulement irréprochable, mais ne faire ou dire quelques soient les circonstances que des choses qui ne laissent aucune place à une quelconque interprétation ambiguë. e. Réagir trèèèès vite et massivement en cas d’erreur. Autant dire, réserver un budget à ce genre d’opérations. f. Ne poster sur le net que des choses relativement consensuelles ou du moins qui ne risquent pas de provoquer la majorité contre vous. g. Bannir tout « off » avec un journaliste qui qu’il puisse être.

    Oui, bons conseils, mais qui ne doivent pas être réservés au web! les journalistes officiels sont je crois « aussi pires », comme on dit « cheux nous » que les bloggers! Je ne sais pas si la presse a un code de déontologie, mais il doit être très fantaisiste!

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