5 ans au royaume des morts

Vendredi, des preuves de vie d’Ingrid Betancourt sous la forme d’une vidéo et d’une lettre manuscrite, fournies par les FARC et probablement initialement destinées à Hugo Chavez, étaient diffusées par les autorités colombiennes. Sur cette vidéo, à la différence de celle filmée en 2003 par les rebelles marxistes, l’otage apparaît très amaigrie, les cheveux très longs et le regard baissé – un mélange de résignation et de dignité, dans un silence qui hurle un appel au secours désespéré. Inévitablement cette attitude nous évoque d’autres otages, d’autres prisonniers de l’absurde, d’autres époques.

Samedi des extraits de sa lettre ont été publiés dans différents journaux. Parce que les FARC ne lui ont probablement donné l’occasion d’en écrire qu’une, elle s’adresse à sa famille mais aussi à toutes personnes qui peuvent lui venir en aide.

Il est presque impossible de la lire sans sentir les larmes vous monter aux yeux.

5 ans ! Il y a des chiffres qui portent un sens terrible.

Il suffit que l’on se retourne sur ce qui s’est passé dans les cinq dernières années de nos vies pour en mesurer le poids. On a eu le temps de changer de boulot. De rencontrer quelqu’un que l’on aime, de fonder une famille et de voir naître son premier enfant. On a pu connaître des événements importants comme on a pu vivre des choses aussi simples qu’une sortie entre amis ou la lecture d’un bon bouquin. On a pu subir aussi des douleurs et des peines, mais ces 5 ans, nous les avons vécus.

Pour elle, ce fut 5 ans d’isolement, de silence, de conditions de vie et d’hygiène effroyables dans une jungle que l’on ne peut qu’imaginer moite, lourde et hostile. 5 ans de stress, d’espoirs déçus, de peur, d’angoisse, de douleur dans un dénuement de plus en plus cru. 5 ans de silence et de tourments. 5 ans à ne rien faire. 5 ans de presque non-existencee. Comme elle le dit elle-même : « Ici, nous vivons comme des morts ».

Ces quelques mots sont tellement évocateurs. Nous avons tous imaginé un jour ce que pouvait être l’enfer. Un être qui erre sans but dans un univers sans plus aucune signification. Un être qui perçoit mais qui n’existe que pour souffrir et dont le cri reste muet.

Lisez cette lettre si vous en avez le courage parce que c’est un peu ce qu’elle nous décrit. Ingrid Betancourt et les 45 otages des FARC vivent au royaume des morts.

Elle y survit pourtant. Elle ne possède qu’une Bible pour toute lecture, qu’un sac et quelques vêtements qui ne lui ont pas été pris, qu’une radio sur laquelle elle peut écouter les messages des siens. Alors, enfin, pour la seule fois depuis de très longues années, elle peut enfin y répondre :

« A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (…). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette. »

Mais cet extrait choisi parmi les plus bouleversants – qu’il est gênant de lire tant nous sommes les témoins d’une intimité qui ne nous appartient pas- fait peur parce qu’il résonne en nous comme un testament, comme les dernières recommandations d’une mère qui sent la vie lui échapper. Il nous montre qu’il s’agit plus d’un sauvetage que d’une libération.

Bien sur, il existe d’autres prisonniers innocents dans le monde, d’autres qui souffrent et qui meurent chaque jour. Une vie n’est pas plus importante qu’une autre. Mais il se fait qu’Ingrid Betancourt envoie aussi un message particulier à la France :

« Mon coeur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenus et consolés. Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon coeur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts. (…) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle. Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont fait pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (…). »

J’ai habité dans beaucoup de pays différents que j’ai appris à aimer. Et il m’est difficile de me sentir animé par un quelconque sentiment nationaliste. Pourtant, je ne peux m’empêcher de ressentir comme une responsabilité collective face à cet appel qui nous est directement adressé. De fait, dans de nombreux commentaires de lecteurs de Libération, du Monde ou du Figaro, toute considération, toute réserve, toute réticence, quelles que soient les opinions politiques, semblent disparaître pour s’accorder sur un point : nous sommes en capacité de faire un « miracle » ; il faut le faire vite et maintenant. On fera les comptes plus tard.

Hier dans la soirée, nous apprenions par l’AFP que : « Le gouvernement colombien et les guérilleros des FARC (guérilla marxiste) ont clairement indiqué samedi qu’ils souhaitaient voir le président français Nicolas Sarkozy jouer un rôle plus important dans le cadre d’un échange d’otages contre des guérilleros. » Il y a donc de l’espoir que dans les prochaines semaines il se passe quelque chose. La discrétion qu’impose ce genre d’affaires fait qu’il ne filtrera que peu d’informations. Par expérience, on sait que le caractère des interlocuteurs en présence impose à la fois prudence et patience. Mais encore une fois, il existe un espoir.

Si vous souhaitez aider son comité de soutien, visitez le site qui indique comment vous pouvez contribuer d’une manière ou d’une autre.

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26 comments

  • D’accord avec toi, Eponymus. Aujourd’hui, Ingrid Betancourt peut authentiquement se demander si elle en sortira jamais, si elle en sortira vivante. Et, à vrai dire, son appel à la France me touche aussi spécialement.

    Certains diront certainement que la description qu’elle fait de la France est un peu romantique, un peu exagérée. Mais il se trouve qu’il y a une personne, dans la jungle colombienne, qui espère que la France soit à la hauteur de l’image qu’elle véhicule, et qu’elle revendique souvent.

    Des reproches sont adressés à Ingrid Betancourt. Il semble, à la lecture de la lettre, qu’elle les connaissent. Elle sait que rien ne viendra de la Colombie, où son cas ne susicte pas un intérêt spécifique, où certains estiment manifestement qu’elle a ce qu’elle mérite. Lorsque je le pense, je me demande aussi quelle est la part en moi qui, d’une certaine manière, trouverait ça plus facile.

    Il convient peut-être d’oublier les doutes et les griefs et de considérer seulement qu’il y a effectivement une personne qui compte sur la France, qui risque de mourir, qui est privée de toute vie depuis cinq ans, privée de ses enfants et de tout ce qui fait la vie.

    Certes, elle n’est pas la seule. Certains répondent qu’il y a de nombreux autres otages, dont on ne se soucie pas, auxquels on ne prête pas attention. C’est, plus ou moins, vrai. Mais soyons franc : sans Ingrid Betancourt, saurions-nous seulement qu’il existe des otages dans la forêt colombienne ? Le savait-on il y a 5 ans ? Nous préoccuperions-nous davantage de leur sort s’il n’y avait Ingrid Betancourt ? J’imagine que nous ignorions tout simplement leur existence, comme nous ignorons celle d’autres otages sur d’autres points de la planète.

  • Cet appel à la france me fait penser à énormément de choses.

    D’une part, aux harkis. La france a montré ce qu’elle était capable de faire à qui faisait appel à elle – j’espère simplement qu’on aura pas un nouvel exemple d’infidélité.

    D’autre part, aux conditions de vie que ça sous-entend, à la trace qu’il en restera, si jamais elle en sort.

    A ses chances d’en sortir, justement.

    A ce que nous, nous pourrions faire. Nous, nous savons, ou croyons savoir, les données suffisantes pour agir : qui la retient, dans quelle zone ça se passe, depuis quand, qui contacter, quels fils remonter – tout ça, en s’organisant, en étant intelligent, j’ai l’impression qu’on pourrait faire quelque chose, et qu’on se repose un peu sur l’idée de « la nation sert à ça, à organiser ça avec des gens mieux renseignés que nous, formés à ces situations, qui ne risquent pas de transformer ça en boucherie ». Oui. Mais la passivité m’est insupportable.

    Enfin, à ce qui ressemble à une iconisation, à une utilisation de cette situation à des fins un peu mercantiles, ou je ne sais quel mot – j’ai l’impression qu’on est en train de nous concocter un nouveau guy môquet. J’ai l’impression qu’on use de son image, de sa situation, de son histoire, pour justifier quelque chose. Surtout quand je lis dans la presse que « les farc disent que Sarkozy pourrait trouver une porte de sortie ». Pourquoi Sarkozy ? Je ne comprends pas, je sais certainement peu. J’ai juste un peu peur qu’on mette tout ça en scène, on parle de vies humaines.

  • Aux harkis, oui. Aux Hmongs, aussi, auxquels je m’étais intéressé, au tout début de ce blog, et pour lesquels on n’a toujours rien fait.

    En ce qui concerne la mise en scène, oui certes, c’est un risque, qu’il faudrait éviter. Et il est bien probable que Nicolas Sarkozy en attende, aussi, un bénéfice politique. Ce serait mieux si tel n’était pas le cas. Mais on ne peut pas en faire grief à Ingrid Betancourt. Si peoplisation il y a, si icônisation il y a, elle en paie un prix disproportionné.

    A propos, précisément de l’icônisation, j’ai trouvé intéressant ce billet de Bruno Frappat.

  • [quote comment= »63736″]Des reproches sont adressés à Ingrid Betancourt. Il semble, à la lecture de la lettre, qu’elle les connaissent. Elle sait que rien ne viendra de la Colombie, où son cas ne susicte pas un intérêt spécifique, où certains estiment manifestement qu’elle a ce qu’elle mérite. Lorsque je le pense, je me demande aussi quelle est la part en moi qui, d’une certaine manière, trouverait ça plus facile.[/quote]

    Oui c’est vrai et elle a du largement méditer cet aspect des choses. Maintenant au delà de toutes les erreurs et les postures politiques (qu’il m’est arrivé aussi de soupeser en moi-même, notamment après avoir vu la reconstitution très précise de cet enlèvement par France 2 il y a quelques temps), 5 ans dans ces conditions c’est payer très cher une erreur éventuelle.

  • Les Hmongs ? Je n’en ai jamais entendu parler – zou, je cherche.

    Non, clairement je n’allais pas responsabiliser Ingrid Betancourt pour cela. Plus qu’une « pipolisation » ce que je crains, c’est que pour une cause arbitrairement choisie, et quand le salut est impossible, un martyr ferait bien l’affaire pour qui n’a pas de scrupule. C’est ça, qui me file un frisson dans le dos.

    Non que X ou Y s’affiche avec « Ingrid » à côté de lui. Chaque fois que je vois une personne qui se met en scène, médiatiquement, en héros capable de débloquer une situation, soit ça foire et on sait pourquoi, soit, parfois, ça passe (je pense à ce révérend américain qui était aller négocier la libération de soldats prisonniers « au nom de dieu ») et je me demande quels sont les dessous, qui a aidé, qui a fait pression, et surtout qu’est ce qui a servi à négocier. Je pense aussi à l’épisode des infirmières bulgares. Cette instrumentalisation-là me fait moins peur que ce dont je crois capable certains hommes politiques pour alimenter leurs projets. Je n’irai pas jusqu’à m’avancer sur ce que j’ai cru être des sacrifices, cette vision ne tient qu’à des doutes (énormes certes) et des impressions, mais je n’ai, comme tout le monde, que trop peu d’infos pour conclure. J’espère juste qu’Ingrid Betancourt ne sera pas un martyr d’une fumisterie humaine.

    [quote comment= »63746″]A propos, précisément de l’icônisation, j’ai trouvé intéressant ce billet de Bruno Frappat.[/quote] Est-il normal que je n’arrive pas à cliquer sur ce lien (sous FF et IE) ?

  • Bonjour,

    Le cas d’Ingrid Betancourt me semble d’autant plus douloureux qu’on a du mal à percevoir les moyens qui pourraient permettre sa libération : notre pays n’a après tout ni de relation privilégiée, ni de moyen de pression évident sur les autorités colombiennes.

    Je suppose donc qu’outre les démarches que notre pays peut effectuer directement auprès de la Colombie, il y a des relais à rechercher auprès des USA ou de l’Espagne. Cela aurait peut-être été plus réaliste qu’essayer de passer par Chavez.

  • La lettre d’Ingrid Betancourt est bouleversante car désespérée.

    Au delà de ce déseqpoir largement étalé dans la presse, merci de rappeler qu’il existe un espoir de la voir prochainement libérée.

  • « ni de moyen de pression évident sur les autorités colombiennes. » pression?La colombie n’est pas une republique bananière!C’est un Etat souverain et democratique.

    On peut avoir de la sympathie pour Ingrid Betancourt mais l’attitude française qui consiste à ce focaliser sur elle en negligeant completement le contexte colombien et le fait qu’elle est loin d’être la seul otage des FARC est passablement désagreable.

    L’idée de soutenir Chavez dans sa tentative tordu de mediation est le symptome typique du mepris total de la France pour la situation politique dans la region.

  • Je devrais laisser à Eponymus le soin de vous répondre mais, comme il se trouve que nous sommes pleinement d’accord, je me le permets.

    Je ne doute pas, Antipatros, que vous soyez de ceux qui ont de bonnes raisons d’avoir été spécialement informés de la situation en Colombie dès avant 2002. Que vous soyez de ceux qui étaient fortement préoccupés par le sort des otages des FARC.

    En revanche, il me semble assez certain que l’écrasante majorité de la population française n’avait strictement aucune connaissance de cette situation. Le cas Ingrid Betancourt nuit-il aux cas des autres otages colombiens ? Dans le pire des cas, leur sort ne fait que continuer à être ignoré. Je crois au contraire qu’il contribue à faire connaître leur sort à tous, même si ce n’est qu’un effet collatéral. Mais on peut s’en réjouir.

    Quant à la pression, vous savez, on fait aussi parfois pression sur la France. Et pour ce qui est de soutenir Chavez, ce n’est évidemment pas ma tasse de thé. Il faut reconnaître toutefois que, contrairement à ce que je pensais, visiblement, des preuves de vie étaient en passe de lui être fournies. Et qu’en l’occurrence, si c’est essayer ce qui marche…

    Pour finir, comme je le disais au « fou », que savez-vous, personnellement, du cas des Hmongs ? Et que pensez-vous qu’en savent les français ? Sans se précipiter sur Google. Je suis certain que, si un Français se retrouvait (de nouveau) emprisonné dans les geôles laotiennes, on en apprendrait subitement un peu plus sur eux. Trouvera-t-on alors quelqu’un pour dire qu’on se focalise indûment sur le français ? Certainement. Mais, par contagion, on pourrait envisager de s’intéresser aux autres.

  • Merci Koz… pas mieux.

    J’ajouterais que la diplomatie est souvent défini comme l’art de la négociation entre états. Une négociation est un échange d’avantages en vue de trouver une solution satisfaisant au mieux les parties en présence. La France à eu dans son histoire des périodes ou sa force et son habileté diplomatique était reconnue comme une spécificité. La diplomatie peut éviter des guerres et sauver des vies. Le fait que la Colombie soit un état souverain n’est pas la question et il n’y a aucune condescendance ou mépris vis à vis de qui que ce soit. les approches diplomatique sont au contraire la reconnaissance implicite de l’interlocuteur avec qui on engage des pourparlers. C’est un art subtil qui ne peut pas être apprécier correctement par une analyse trop grossière.

  • Ingrid Betancourt ne joue pas depuis cinq ans le rôle d’icône pour les  » pipoles  » en mal de cause à défendre, si elle n’est pas oubliée c’est grâce à sa famille, ses enfants et son ex-mari qui la soutiennent, ont crée des comités et attendent beaucoup de la France. Qu’elle ne soit pas la seule otage des Farc ne change rien ni pour elle ni pour les autres otages, j’ai un peu de mal à comprendre cette sympathie du bout des lèvres qui lui est accordée parce qu’elle est médiatisée (?) qu’elle s’est mise d’une certaine manière dans la gueule du loup en allant sur le domaine des Farc en 2002 malgré les avertissements, que N. Sarkozy s’est engagé à agir en sa faveur… Oui Antipatros, on peut éprouver de la sympathie pour elle, elle ne fait de l’ombre à personne et surtout pas à ses compagnons de captivité que tout le monde ( sauf leurs proches ) avaient oubliés, le fait qu’elle soit franco-colombienne donne à la France une légitimité à intervenir en sa faveur, je n’appelle pas cela se focaliser sur elle… Quant à la mediation  » tordue  » du Président Chavez, elle lui avait été confiée par le président colombien Uribe et elle semble avoir porté ses fruits ( les documents et la vidéo retrouvés prouvant que I.Betancourt et d’autres otages sont en vie )

  • J’avoue avoir honte.

    Parce que j’ai douté un moment (et sur ce présent blog) du fait qu’Ingrid Betancourt soit encore vivante. Des preuves qui ne venaient pas, une lassitude de 5 ans…

    Si jamais la famille tombe sur ce commentaire, je veux leur demander pardon. Et merci de ne pas avoir baissé les bras comme j’ai pu le faire d’une certaine manière. C’est sans doute la plus belle leçon de cette histoire : y croire toujours demande beaucoup de courage.

  • London, on peut imaginer que ses proches aussi ont eu des moments de doutes. De si nombreuses années sans le moindre signe, c’est très humain je pense, que le doute survienne. Et je pense beaucoup à eux qui doivent à la fois être très heureux de la savoir vivante, et de l’angoisse terrible de la savoir dans cet état-là…

  • [quote comment= »63861″]Ingrid Betancourt ne joue pas depuis cinq ans le rôle d’icône pour les  » pipoles  » en mal de cause à défendre, si elle n’est pas oubliée c’est grâce à sa famille, ses enfants et son ex-mari qui la soutiennent, ont crée des comités et attendent beaucoup de la France.(…) Quant à la mediation  » tordue  » du Président Chavez, elle lui avait été confiée par le président colombien Uribe et elle semble avoir porté ses fruits ( les documents et la vidéo retrouvés prouvant que I.Betancourt et d’autres otages sont en vie )[/quote]

    Bien vu Carredas sur ces deux points. Sans comparer deux histoires qui ne sont pas comparables, il est intéressant de se souvenir que sous l’impulsion de Serge July, les amis et la famille de Florence Aubenas avaient fait le choix de l’hyper mediatisation de l’enlèvement, du soutient public et démonstratif, etc. Qui songerait aujourd’hui à leur reprocher cette focalisation ? Est-ce que la très digne Florence Aubenas est devenue une « pipole » pour autant ?

  • « Que vous soyez de ceux qui étaient fortement préoccupés par le sort des otages des FARC. »

    Je ne l’ai jamais été.Non pas que je sois un être denué de empathie mais la guerre entre les FARC et le gouvernement colombien dure depuis 40 ans(les paramilitaires ayant quittés la scène).C’est un conflit parmis d’autre.

    Mais si on doit s’interesser à un conflit alors il faut l’etudier, s’y interesser, voir tout les aspects de la question, saisir la complexité du problème, comprendre les motivations des acteurs.

    Je ne prétend pas avoir un tel savoir mais il ne me semble pas que la presse française ni même le gouvernement français(que ce soit aujourd’huis ou hier) aient fait beaucoup d’effort de compréhension et de respect vis à vis de la Colombie.Déjà il y a quelque années, Villepin montait une operation obscure d’echange avec les FARC sans informer ni le Brésil (servant de base arrière) ni la Colombie.Aujourd’huis on insiste pour avoir recours à la mediation de Chavez contre l’avis du gouvernement colombien.

    Sans compter que depuis plusieurs années déjà la Colombie se plaignait du manque de coopération du Venezuela dans la lutte contre la guerilla, les relations n’ont de toute façon jamais été sans nuages(à cause de divers differents frontaliers).Vous comprenez que Bogota ne soit pas particulierement enthousiaste à l’idée d’avoir recours à Chavez et augmenter son credit international alors que les chances de succès sont maigres.

    En l’occurence, la diplomatie française n’a pas grand chose d’habile si vous voulez mon avis.

  • « Le gouvernement colombien va proposer au président français Nicolas Sarkozy de participer à une prochaine réunion avec les guérilleros des Farc (marxistes) pour négocier la libération des otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, selon Mauricio Lizcano, membre de la commission pour la paix du Congrès. »

    Source : AFP

  • C’est bien sûr une bonne chose que les Français soient au courant de ce qui se passe en Colombie et que Sarkosy ait porté un intérêt plus déterminé pour la libération d’Ingrid Betancourt que cela a été le cas de son prédécesseur. Même si la France ne peut pas faire beaucoup dans cette affaire, elle représente une pression très importante sur les différents acteurs.

    Le problème c’est qu’il est pratiquement impossible de négocier avec les guérillas colombiennes. Le gouvernement colombien essaie de négocier une paix avec les guérillas depuis de nombreuses années. D’ailleurs il le fait actuellement de manière soutenue depuis deux ans avec l’autre groupe armé, le ELN, et espère aboutir un jour à un accord, même si pendant ce temps le ELN a enlevé 107 personnes.

    Les FARC ont démontré à plusieurs reprises qu’ils ne veulent pas négocier. Cette année ils ont exécuté 11 des 12 députés d’un parlement départemental qu’ils avaient enlevé en 2002. Les FARC ont dit qu’ils étaient morts dans des tirs croisés dans un combat contre un groupe armé non identifié. Les experts qui ont examiné les corps ont conclu qu’on leur avait tiré dans le dos à bout portant.

    Ca fait longtemps que personne en Colombie ne croit à un projet politique de la part des FARC. Tant qu’ils pourront tremper dans le trafic de drogue et l’enlèvement contre rançon pour se financer, ils continueront à terroriser la population colombienne et à utiliser la violence contre l’armée et les forces de police comme seul but de leur existence.

    C’est une bonne chose que les preuves de vie de 13 otages (choisis sans doute pour des raisons stratégiques) dont certains sont détenus depuis 10 ans, ont été interceptées avant qu’ils aient pu être éditées pour occulter l’état pitoyable dans lequel sont les otages et qu’au minimum ils sont torturés psychologiquement. On peut se demander pourquoi les FARC n’ont pas récolté des preuves de vie des 32 autres otages présumés pour l’échange humanitaire. Il ne faut pas oublier non plus que les 45 otages dont il s’agit d’échanger contre 500 membres des FARC actuellement en prison, ne représentent qu’une petite fraction de l’ensemble des otages enlevés par les guérillas colombiennes. Plus y aura de gens au monde émus par l’injustice de cette situation plus il y aura de l’espoir pour qu’un nombre important d’otages soient libérés.

  • Excellente initiative de Nicolas Sarkozy. Il a oeuvré rapidement dès son retour d’Algérie. Je crois qu’il est véritablement en train de tout faire pour trouver des solutions et qu’il comprend la complexité de la situation. Je pense qu’il agira très discrètement, voire secrètement, afin d’avoir un maximum de chances de réussir.

  • J’ai été très émue par son intervention. Il y a vraiment beaucoup d’humanité dans sa déclaration (surtout pour un homme que l’on décrit si volontiers comme quelqu’un de haineux). Il ne concède rien aux Farc, ne les flatte pas, mais reconnait leur pouvoir.

    Il n’y a plus qu’à prier pour que les Farc agissent avec sagesse.

  • C’est évident. Elles sont dérisoires à côté de bien d’autres enjeux encore.

    Pour ce qui est du guerillero cité, je ne suis pas sûr qu’il soit absolument digne de foi.

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