Faut-il lâcher ce pape que les progros adorent ?

photoJ’ai vérifié dans la glace, je n’étais plus très sûr. Dans le mouvement, l’étiquette avait perdu de son encre. Catho oui, mais de gauche ou de droite ? C’est qu’on aime bien se faire bousculer, oui, mais il faut tout de même des repères, des trucs fixes. Comme le Seigneur est bon, Il ne laisse pas l’un de Ses petits dans l’angoisse : Il a envoyé Christine Pedotti. Elle me les a rappelés, mes repères.

En particulier, si « catho de gauche », c’est elle, Maman, reprend ta respiration, j’en suis pas.

Selon l’expression consacrée, elle livre un vibrant plaidoyer en faveur de notre pape – et un plaidoyer de Christine Pedotti en faveur d’un pape, c’est pas si courant alors ça se lit.

Elle y appelle à souquer avec François, parce qu’il pourra pas diriger tout seul la barque. Et donc pour bien souquer, il va falloir se battre, contre ceux qui « aiguisent les couteaux » (pas encore longs, les couteaux, mais ça ne saurait tarder). Parce qu’ils font la gueule, les Légionnaires, l’Opus et « les nouvelles communautés » (?). Alors, dans un esprit de revanche tout évangélique, y’a un coup pour eux,  et puis y’a un coup pour la Curie. C’est sans nuance, un tir nourri sur les cibles faciles. Et puisqu’il serait dommage de refermer la boîte à claques à peine ouverte, les évêques, ils vont manger :

« du côté des évêques, pour l’instant, le silence est de règle. Habitués à un régime de soupçon et de délation, ils n’ont pas l’habitude d’un pape qui ne leur dicte pas leurs discours ».

Passons sur la répétition, ce n’est pas une critique littéraire, et passons aussi sur le fond halluciné : je n’ai pas le temps non plus de reprendre les propos de tous les évêques, y’ en a une tripotée. Mais je m’y collerai, si vous me payez, pour démontrer que le silence n’est pas de mise (entre autres).

Réjouissons-nous au moins qu’après avoir distribué les baffes, Christine Pedotti en appelle à « une dynamique créative » chez les catholiques. C’est vrai, ça : il faut savoir être constructif.

Bref, François, t’as lu ? Avec des amis comme ça…

Et c’est une part du problème. Parce que, dans ce petit monde, de l’autre côté des progros, il y a les tradoches (avec tout un nuancier aussi mais passons). Et là, y en a des, ils font rien qu’à pointer les progros et ils disent : voyez comme il jubilent. Et s’ils jubilent, c’est pas pour rien. Réforme de la Curie mais à leur goût, ordination des femmes, mariage des prêtres, communion des divorcés-remariés fissa, ils vont obtenir tout l’agenda médiatique. D’ailleurs s’ils souquent dans la même barque que le pape, ils sont fichus de lui imprimer leur propre cap.

Depuis quelques jours, j’entends ainsi avec plus d’insistance une petite musique réticente. Les motivations sont variées, les critiques d’intensité variable. On lit qu’il ne maîtriserait pas sa parole, on ne saurait pas où il veut en venir, ses interventions laisseraient la place à l’interprétation. A titre d’exemple, jeudi dernier, dans une enceinte catho, un participant s’est levé et s’est inquiété, citant cette Une espiègle de La Vie : il serait même « anti-clérical« .

Mais allons, allons… Il y a erreur dans le raisonnement et l’appréciation des autres devrait peu leur chaloir1. Gabriel Privat a fort bien dénoncé cette logique pendulaire qui fait réagir les uns non aux propos du pape, mais à la réaction des autres à ce qu’ils ont cru comprendre des propos du pape.

Or, ce n’est pas à un vieux jèse qu’on apprend à faire la grimace et je doute que ce soit à François qu’on dicte son agenda. L’homme a de la bouteille, il s’est forgé dans des circonstances troublées et ce que l’on sait de lui dans ses occupations passées tend aussi à prouver à qui pourrait en douter qu’il n’a pas besoin de tuteur pour tenir ferme. Sur les questions éthiques, morales, il n’a jamais transigé par le passé.

LeSaint Père d’avant, mais pas en tant que pape, avait écrit cette phrase que je retiens comme un mantra :

« Je [vous prie] de me faire le crédit de la bienveillance sans lequel il n’est pas de compréhension possible »

Il mérite cette bienveillance, François, et pas seulement parce qu’il est jovial.

Oui, bien sûr, son propos à Scalfari sur la conscience du Bien et du Mal peut interpeller. Mais restons sérieux : imagine-t-on un instant que le Pape se soit rangé au « chacun fait ce qui lui plaît » ? Plutôt que de saisir de la moindre déclaration pour tenter de corroborer ses angoisses premières, il serait bon que chacun ait à cœur de rechercher la cohérence du propos. Quant à l’anti cléricalisme, ce n’est pas un anticléricalisme (observez donc la couv’) : c’est bien le cléricalisme, sa flatterie et sa courtisanerie qu’il dénonce, pas le clergé. Et si ses coups seraient parfois un peu durs pour nos évêques français, pas franchement marqués par l’opulence, l’actualité laisse penser qu’ils ne sont pas toujours mal ajustés.

Ses propos laissent la place à l’interprétation ? C’est arrivé à d’autres, dont on interprète les paroles depuis plus de 2.000 ans maintenant. Plus sérieusement, le pape nous introduit avec charité dans la vérité, c’est-à-dire avec nuances, parce que l’objet de notre intérêt n’est pas une doctrine mais l’Homme et que l’Homme est nuancé. Cette nuance même est gage de vérité.

Ses homélies manqueraient de la « hauteur spirituelle » de celles de Benoît XVI ? Comme le souligne Patrice de Plunkett, tout le monde peut les comprendre. C’est tout bénéfice puisque l’Evangile n’est pas censé être réservé à une coterie d’érudits, faisant assaut de concepts théologiques. Et, de vous à moi, il faut de la hauteur spirituelle pour faire simple.

François bouscule ? Parfait. Surtout les catholiques ? Tant mieux. Ca n’est pas réservé ad extra et l’Evangile n’est pas là pour nous laisser tranquilles. Aimons être bousculés plutôt que confortés.

De grâce, n’abimons pas par esprit de cour ou de clan la pépite qui nous est confiée. Un peu de trouble par temps de changement est dans l’ordre des choses. Et il est également troublant de nous trouver dotés d’un pape apprécié – par les medias et Barack Obama. Certains se préfèrent en martyrs. Mais attention à la logique de l’affaire : le martyre n’est pas un gage de vérité. Si le Christ a été crucifié, si bien des saints et des prophètes ont été martyrisés, on a aussi brûlé des quiches.

Être aimé n’est pas sale.

 


  1. c’est aussi ça, la liberté du blogueur : caser « chaloir » []

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

54 comments

  • Nous passons d’un extrême à l’autre et nous en oublions que la réalité est nuance parce que l’humanité est variée. Nous classons les idées dans des cases afin de leur faire une réputation d’incompatibilité. Nous simplifions de façon lapidaire un monde bien plus complexe. Nous tronquons la réalité pour la mettre au niveau que nous acceptons de comprendre. Quand j’entends des paroissiens, à la sortie des messes dominicales qui nous disent que les non pratiquants devraient venir écouter les homélies, ils sont presque choqués que je leur rappelle que ces homélies nous sont adressées à nous en premier, nous qui sommes dans l’église au moment où elles sont prononcées, et que c’est parce que nous mettrons nous-même la Parole de Dieu en pratique qu’alors seulement nous aurons une légitimité pour évangéliser ceux qui n’entrent pas dans les églises, de façon non lapidaire, avec miséricorde (qui n’est ni exigence rude, ni tolérance laxiste, comme l’a rappelé le Pape dans l’interview donnée aux jésuites). On oublie trop souvent que dénoncer le péché, ce n’est pas médire du pécheur. Le pécheur croit que lui montrer sa faute, c’est manquer d’amour. Mais s’il ne la voit pas, c’est un service charitable que de l’aider à la voir pour qu’il puisse s’améliorer sur le chemin de la sainteté. Moi la première, je voudrais que les autres me rendent ce service de me signaler que je suis dans l’erreur quand je ne le vois pas moi-même, pour avoir une chance de m’améliorer et de devenir sainte avec eux, grâce à eux. Il me semble que chaque chrétien devrait avoir en tête qu’aimer, c’est s’aider mutuellement à avancer vers Dieu. Dieu est miséricordieux parce qu’il connait les nuances qui font de la vie ce qu’elle est. Il nous pardonne parce qu’il nous comprend dans toute notre complexité humaine. La nuance, c’est la force de notre pape, à l’image de Dieu.

  • Je suis bien d’accord avec toi. 1) Faisons confiance à notre Papa François 2) Lisons ses écrits plutôt que les commentaires partiels et les tentatives de récupération ou de dénigrement.

    Il y aura toujours dans l’église du bleu et du rouge, du chaud et du froid, et parmi cette diversité qui est une richesse, certains qui se penseront supérieurs et usent de toute tactique (dénigrement, récupération,…) pour mener leur conquête de clocher.

    Cela fait parti de l’humanité de l’Église que d’être composée d’individualités. Regarde l’arrestation de Jésus au Mont des Oliviers: l’un est prêt à en découdre et tire l’épée, d’autres se sauvent, seul le Christ tient le cape.

  • Juste comme ça, en passant. St Josemaria, fondateur de l’Opus Dei aimait dire qu’il était « anti-clérical » ;-) Le Pape François, quand il était à Buenos Aires distribuait des images de St Josemaria à ceux qui venaient le voir. Autant dire que l’Opus Dei aime le Pape (et aime tous les papes quels qu’ils soient…) Allez Christine, on vous aime !

  • @ Skeepy: Et comme le faisait remarquer JBdC sur Twitter, les Légionnaires du Christ seraient les premiers surpris d’apprendre qu’ils étaient bien en Cour du temps de Benoît XVI, qui les a passablement secoués.

  • Comme disait chépuki, j’ai plus confiance dans le Pape que dans les gauchistes. S’ils l’apprécient, c’est sans doute eux qui se trompent :)

  • En effet, cher Koz, en matière de foi comme en art et comme dans les relations humaines, « il faut de la hauteur pour faire simple »…Ce qui est simple à dire et à comprendre est très compliqué à mettre en oeuvre d’ailleurs, je le constate pour moi comme pour la marche du monde… Les cris d’orfraie que l’on peut entendre d’un côté ou de l’autre chaque fois que le Pape parle ( cris qui dépendent de ce que les commentateurs divers feront de ce que le Pape dira, chacun récupérant à son profit comme depuis toujours, relire, dans Marc, les paroles des apôtres pour voir qu’ ils ne comprennent jamais rien ), ne doivent pas nous empêcher bien sûr de penser par nous-même. Les paroles du Pape sont là, elles, pour nous inciter à essayer de suivre, tout simplement, la Parole de celui qui nous répète l’importance de l’option pour les pauvres. Ce qui semble tout de même être une des sources de certains agacements…Parce qu’en effet, c’est très dur…Nous passons notre vie soit à tirer le diable par la queue, soit à essayer de nous enrichir et vlà t-y pas que le Pape nous dit, entre autres, que nous devons modifier, encore et toujours, ce penchant… Pour ma part, je ne joue pas Benoît contre François. Nos deux papes nous ont rappelé l’exigence de l’intériorité et celle de la démarche de charité, l’exigence de la formation et celle de la simplicité. Je ne vois pas en quoi ils seraient à blâmer. Ils nous rappellent simplement l’Evangile. Laissons-nous modeler.

  • Comme toi, j’ai voulu me détendre dimanche soir. Mais plutôt que de lire du Pedotti, j’ai regardé Expendable 2 : ça flingue tout autant, mais c’est plus drôle.

  • Hélas, les propos de Christine Pedotti sont très utiles à ceux qui tiennent absolument à considérer que tout ce qui n’est pas tradi est progressiste et a un programme comportant forcément le mariage des prêtres et le soutien du Vatican aux unions homosexuelles. En gros, tout ce qui est à gauche de la mouvance tradie appartient selon eux aux « progros » (en mélangeant allègrement le spirituel et le temporel), sans s’embarrasser de nuances. La réalité est que tous les « progressistes » ne sont pas sur la même longueur d’onde, mais ce sont des détails dont on ne s’embarrasse guère quand la mentalité d’assiégé devient une raison d’exister. Certainement, la vieille frange progressiste des cathos de gauche tendance années 80 aime le pape François parce qu’il leur paraît plus à même que son prédécesseur de combler leurs espoirs, mais c’est plus révélateur de l’état d’esprit de la vieille frange en question que du pape.

    En ce qui concerne la simplicité des propos du pape, il n’y a qu’un retour à la tradition de l’Église primitive. En effet, quand on compare les traités et autres correspondances des pères de l’Église et apologètes chrétiens des débuts du christianisme à leurs sermons , on s’aperçoit que les derniers se caractérisent par un langage beaucoup plus familier, sans les termes techniques de leurs débats et arguments théologiques, afin de s’adapter à leur public et d’annoncer la bonne nouvelle à tous les hommes, sans que leur niveau culturel soit un obstacle à la compréhension de la Parole. Bien entendu, cette simplicité ne sacrifiait en rien les dogmes de la foi, surtout en des temps où les hérésies poussaient comme des champignons.

  • Mon Dieu, que ce billet est médiocre. Au final, il n’y a qu’une attaque de forme sur Pedotti mais pas sur le fond. Les propos avancés par le pape dans l’interview donnée aux jésuites et sans son entretien à Scalfari sont vrais. Ses attaques contre le système curial et les excès de certains membres du clergés qui sont féroces sont vraies. Que des gens s’enthousiasment pour ses propos est une bonne chose. A la fin de l’article, on ne sait même pas où l’auteur veut en venir.

    On retiendra: le pape François parle, c’est bien mais que des progressistes soient contents des propos du Pape François, c’est pas bien :D . C’est drôle aussi cette tendance à coller un agenda caché aux cathos d’ouverture.

  • Encore un « billet » à classer soigneusement pour le relire souvent. Le respect que j’ai pour le Pape François est le même que celui que j’ai pour Benoît XVI. Ils sont différents dans leurs modes de communication, mais Vatican II continue, plus visiblement. Ce qui gêne peut-être nos « puristes », c’est que justement tout le monde comprend François. Nul besoin (enfin, moins) de commentateurs . Christ est venu pour la multitude, pas seulement pour ses disciples. Il y a fort longtemps que je ne me suis sentie aussi proche de l’Evêque de Rome et aussi attentive (sans migraine!) à ce qu’il nous dit. Merci Erwan.

  • @ ataraxia: @ ataraxia: Puis-je vous suggérer de relire le billet de Koz ? Il est très clair, il me semble. François a été élu Pape pour tous et non pour une coterie, droite ou gauche. Ecouter attentivement ce que dit le Pape François et relire les Evangiles. Koz ne dit rien d’autre.

  • Je lisais récemment son discours aux catéchistes du monde entier venu pour les journées mondiales des catéchistes auxquelles mon épouse participait, et je notais plusieurs choses : – quel ton direct dans l’adresse, presque un tutoiement de l’auditoire/du lecteur : cela me touche – son plan est annoncé à l’avance, il déroule ce qu’il a annoncé : on retient mieux son discours – Il y a peu de concepts théologiques compliqués dans ses discours : il parle au coeur, il parle de nos vies, mais sans simplification outrancière. C’est vrai qu’il faut de la hauteur spirituelle, de l’expérience, et vivre ce qu’on veut enseigner, pour parler avec simplicité tout en ayant un propos dense. J’en redemande.

  • Bonsoir Koz,

    certes, on peut toujours critiquer tel ou tel article.

    Il reste, dans mon cas en tout cas, une énorme différence dans les affinités que je trouve avec différents catholiques, suivant leur « tendance ». Je me sens très proche d’un certain « progressisme intelligent », incarné principalement par les jésuites.

    Par contre, je pense me sentir plus proche d’un communiste athée que de la plupart des traditionalistes avec qui je ne me trouve en commun que d’apprécier l’esthétique de certains chants religieux.

    Je ne nie pas qu’il y ait des raisons de mon côté aussi, et je ne veux pas faire de généralités abusives. Cependant, la plupart des gens avec qui j’ai parlé m’ont dit ressentir cette aversion assez profonde, que ce soit dans un sens ou dans l’autre.

    Peut-être tout simplement parce que nous mélangeons tous dans notre rapport à la religion des choses qui n’ont rien à y faire…

  • Je n’ai pas bien compris le sens du titre : l’anti – clérical et en dessous François et la réforme de l’Église. A qui s’adresse ce mot ?

  • Le Pape parle un langage plus direct, plus facilement accessible. Et plusieurs commentateurs ont noté que du fait des moyens de communication modernes, le Pape était pour beaucoup plus « proche » que le curé de leur paroisse, sauf peut-être pour la petite minorité de catholiques pratiquants.

    Mais la rapidité des moyens de communication moderne n’est pas qu’un avantage. Au Moyen-Âge, quand un prêtre ou un évêque commençait à énoncer des propositions douteuses, il touchait peu de gens, au bout d’un certain temps Rome ou la Sainte inquisition étaient averties, on opinait gravement, et on finissait par condamner si nécessaire. La rapidité n’était pas essentielle, on pouvait temporiser et tolérer des discussions limitées à un cercle étroit de clercs. Quand partisans de Jansénius et partisans des jésuites ont commencé à se déchirer sur la grâce, Rome a d’abord essayé de s’arranger pour ne pas avoir à trancher.

    Aujourd’hui, si un prêtre ou un évêque émet une proposition douteuse ou simplement susceptible d’être mal interprétée, le retentissement médiatique immédiat est tel que Rome est le plus souvent obligée de réagir rapidement. Rome apparaît alors comme le flic de service.

    François fait un pari risqué, mais qui vaut sans doute la peine d’être tenté. Il est certainement conscient que son style de parole, sa volonté de ne pas se limiter à des textes peaufinés à l’avance, conduiront à des interprétations non contrôlées, orientées de ses propos. Mais il espère que sur la durée, ses auditeurs de bonne foi apprendront à faire la différence entre les textes qui fixent la doctrine, et ils sont les nécessaires, et les propos, même émanant du Pape et a fortiori des évêques et des prêtres, qui ne peuvent s’entendre que dans le contexte de la « conversation » dont ils font partie. Ce serait ouvrir un vrai espace de discussion à tous les fidèles. Quant aux interprètes de mauvaise foi, ils trouveront toujours un prétexte, quel que soit le style de la conversation !

    Le grand admirateur de B16 que je suis souhaite vivement que François réussisse son pari.

  • @ Antoine: C’est une allusion à ce qu’a dit François dans l’interview cité par Koz.

    ataraxia a écrit ::

    On retiendra: le pape François parle, c’est bien mais que des progressistes soient contents des propos du Pape François, c’est pas bien :D .

    Ce billet n’est certainement pas le plus profond jamais écrit sur ce blog, mais vous poussez le bouchon un peu loin avec une lecture aussi caricaturale.

    Les progressistes ont le droit de se réjouir de la nouveauté du ton adopté par François, ainsi que des changements dans l’organisation de l’Église qu’il annonce; encore qu’ils feraient mieux d’attendre de connaître la nature exacte de ces changements, à mon humble avis, avant de déboucher le champagne.

    Le droit de se réjouir, donc, oui. Mais Mme Pedotti exagère vraiment dans cet article. Elle fait le rêve puéril de voir punis tous les groupes qui ne lui plaisent pas (de l’Opus Dei aux « nouvelles communautés », on se demande ce que tous ces gens lui ont fait pour mériter tant de vindicte). Ce faisant, elle adopte une posture caractéristque des jeux de cour, dans lesquels on spécule sur qui est « in », qui est « out », qui « monte » et qui « descend ». Ce sont justement ces comportements de type courtisan que le pape a condamnés en des termes très durs.

  • +1 avec Gwynfrid.

    Je ne résiste pas au plaisir de citer Madeleine Delbrel, que j’admire tant « Quand on parle de l’obéissance des saints, on réalise mal, je crois, combien elle s’apparente dans le corps de l’Église, à cette lutte interne des organismes vivants, où l’unité se fait dans des activités, des oppositions. »

    Nous avons tous tendance à vouloir un pape « qui nous donne raison », à notre image…En oubliant qu’il est l’image du Christ, et que ce qui compte, finalement, c’est de conformer notre vie au Christ.

    J’aime savoir que nos papes ont conforté tour à tour telle ou telle « catégorie » de fidèles (je n’aime pas trop le mot) afin que chacun se sente aimé, compris et veuille continuer à progresser sur la route du ciel.

    C’est comme les ordres religieux, les paroisses de différentes sensibilités: il y a plusieurs demeures dans la maison du Père, du moment qu’elles ne sont pas des forteresses closes, mais des foyers accueillants, quelle importance?

    L’unité n’est pas l’uniformisation :)

  • Qu’est-ce que j’en ai marre de tout ce foin pour nourrir des ânes , je vais faire une allergie avant le printemps! Je retourne la question : le pape est-il scotché à cette presse et à ces progros qui l’adorent??? Allez hop, terminer mon bouquin sur l’enfance de Jésus, pour nourrir les âmes..

  • Coulon a écrit ::

    Pour ma part, je ne joue pas Benoît contre François. Nos deux papes nous ont rappelé l’exigence de l’intériorité et celle de la démarche de charité, l’exigence de la formation et celle de la simplicité. Je ne vois pas en quoi ils seraient à blâmer. Ils nous rappellent simplement l’Evangile. Laissons-nous modeler.

    Certainement, et s’il y a bien des différences de style, des points d’attention plus ou moins marqués, je ne vois pas de rupture entre l’un et l’autre, comme je l’ai déjà exprimé dans un précédent billet.

    @ Mahaut : je n’avais pas soupçonné l’effet produit par l’emploi des termes « progressistes » ou « progros ». Dans ce billet, je me place surtout du côté de celui qui observe les réactions à sa « droite » et à sa « gauche », et qui voient les premiers s’inquiéter de plus en plus de l’enthousiasme des seconds, pour des raisons très fortement exagérées.

    Après, il est vrai que j’ai une certaine réticence sur la façon dont certains camps s’arrogent le « progrès » voire, je découvre, l' »ouverture ». Pour ma part, je suis catholique, sans autre qualificatif.

    PIC a écrit ::

    C’est vrai qu’il faut de la hauteur spirituelle, de l’expérience, et vivre ce qu’on veut enseigner, pour parler avec simplicité tout en ayant un propos dense.

    h oui, de la même manière – ou presque – que j’expérimente à chaque billet qu’il est plus difficile de faire court (synthétique) que long. ;)

    @ Antoine: il faudrait lire l’article. Mais La Vie fait référence à ce propos du pape :

    Les dirigeants de l’Église ont souvent été des narcisses, flattés et excités de manière négative par leurs courtisans. La Cour est la lèpre de la papauté.

    Le pape s’oppose là à un cléricalisme vu comme la courtisanerie, ou une insistance trop poussée sur les clercs plutôt que sur l’ensemble du « peuple de Dieu », autre notion qui lui est chère.

    Il y a malheureusement pas mal de préjugés sur La Vie, que je n’ai plus depuis que je la lis et que je connais plusieurs de ses journalistes. Certains sont des têtes de mules, certains sont très fins. Et sur une couv » comme celle-là, il s’agit essentiellement d’un clin d’oeil qui m’amuse. Après tout – et parce que le sens a changé – pourquoi devrions-nous nous formaliser d’une opposition au cléricalisme ?

    Aristote a écrit ::

    François fait un pari risqué, mais qui vaut sans doute la peine d’être tenté. Il est certainement conscient que son style de parole, sa volonté de ne pas se limiter à des textes peaufinés à l’avance, conduiront à des interprétations non contrôlées, orientées de ses propos. Mais il espère que sur la durée, ses auditeurs de bonne foi apprendront à faire la différence entre les textes qui fixent la doctrine, et ils sont les nécessaires, et les propos, même émanant du Pape et a fortiori des évêques et des prêtres, qui ne peuvent s’entendre que dans le contexte de la « conversation » dont ils font partie. Ce serait ouvrir un vrai espace de discussion à tous les fidèles. Quant aux interprètes de mauvaise foi, ils trouveront toujours un prétexte, quel que soit le style de la conversation !

    Oui, je suis assez d’accord avec toi. Le pari est risqué mais il l’est moins quand on est cohérent, en accord avec soi-même et que l’on ne recherche pas le clivage permanent, comme d’autres. Au demeurant, sous Benoît XVI, alors que la parole était censée être plus contrôlée, on a vu que cela n’évitait pas franchement les malentendus et les polémiques. Prendre le pari d’une parole plus libre ne me paraît pas inconvenant.

    Exilé a écrit ::

    J’aime savoir que nos papes ont conforté tour à tour telle ou telle « catégorie » de fidèles (je n’aime pas trop le mot) afin que chacun se sente aimé, compris et veuille continuer à progresser sur la route du ciel.

    Moui. L’idéal serait que chaque « catégorie » accepte de vivre pleinement la vie de l’Eglise, avec confiance et humilité. J’étais hier un fidèle de notre Eglise, heureux d’avoir Benoît XVI. Je suis aujourd’hui le même fidèle, heureux d’avoir François, aussi différents soient l’un et l’autre dans leurs styles (qui sont aussi des questions de fond parfois).

    @ ataraxia : vous avez dénoncé ailleurs (sur Facebook) le fait que ce billet soit confus. Je ne sais pas si la confusion est dans mon billet ou dans votre esprit. Relisez donc ce billet, en essayant d’oublier vos a priori et trouvez-moi donc les critiques que je formulerais à l’encontre des propos du pape. Il est vrai qu’il est plus confortable de pouvoir classer quelqu’un chez les progressistes ou chez les tradis, mais essayez donc la nuance, vous verrez, ça fait un bien fou. D’autres sont apparemment parvenus à comprendre où je voulais en venir, ça ne doit pas vous être impossible.

    Par ailleurs, si vous ne voyez dans mon propos introductif qu’une critique de forme des propos de Christine Pedotti, libre à vous, je crois au contraire qu’il y a un vrai problème de fond.

    Enfin, le qualificatif de « catholique d’ouverture » m’interpelle. A lire Christine Pedotti, je crois comprendre que c’est l’ouverture mais pas à l’Opus Dei, mais pas aux Légionnaires du Christ, mais pas aux « nouvelles communautés », mais pas aux évêques, ces veules dignitaires qui attendent qu’on leur dicte ce qu’ils doivent penser. Quand on sait qu’il faut évidemment ajouter pas à la Fraternité Saint Pierre, pas à la Communauté Saint Martin, pas…, ce qualificatif surprend pour le moins.

    Evidemment, il aurait été plus clair pour chacun, plutôt que de dénoncer la « perte de [mon] talent littéraire » et la « confusion » de mon propos sur Facebook, la « perte de saveur » de ma plume sur Twitter – ce qui, en passant, se pose là, de la part de quelqu’un qui me reproche de critiquer Pedotti sur la forme et non sur le fond – de préciser que vous êtes le Community Manager de la prétendue Conférence des Baptisés de France, la créature de Christine Pedotti. Cela aurait aussi été plus franc du collier plutôt que d’aligner les tacles pernicieux sur le style du billet.

  • Koz a dit « J’étais hier un fidèle de notre Eglise, heureux d’avoir Benoît XVI. Je suis aujourd’hui le même fidèle, heureux d’avoir François, aussi différents soient l’un et l’autre dans leurs styles (qui sont aussi des questions de fond parfois). »

    Et bien moi aussi :)

    (Et pourtant, si vous vous arrêtiez au rite que je préfère, à coup sur, vous pourriez me ranger dans la catégorie « tradi » tant ces étiquettes collent)

    @Marc : les tradis, les progros, les chachas…et même les « tradismatiques »! Plusieurs demeures, vous dis-je. l’inquiétant, c’est quand certains ont la conviction d’être les seuls à aller au paradis… :)

  • Cher @koz tu écris : « Elle [Christinne] y appelle à souquer avec François » je me demande si tu ne voulais pas écrire : « Elle y appelle à zouker avec François ».

    … ok je sors…

  • Ce qui me frappe chez ce nouveau pape, en tant qu’observateur extérieur, c’est d’abord sa détermination affichée à vouloir recentrer sa mission sur le message essentiel et premier de Jésus – l’amour – avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les prises de position de l’Eglise. Les dogmes, la « morale », les règles, viennent après, et ne peuvent entrer en contradiction frontale avec le message fondamental. Ensuite, c’est sa volonté de s’adresser au plus grand nombre, de s’ouvrir à la société, de se situer dans le monde tel qu’il est et tel qu’il va, dans la ligne de Vatican II, etc.

    En ce sens, il me semble, si cela se confirme sur la durée, dans les faits et dans les actes, que l’on est en train d’assister à une vraie rupture, qui risque de bouleverser en profondeur – à mon avis pour le meilleur – le visage et l’image de l’Eglise.

  • Salut Koz …

    le plus étonnant pour quelqu’un qui est au dehors, c’est de voir l’importance que le positionnement du pape peut avoir pour à peu près tout le monde. Est-il progressiste, traditionnel, de gauche, de droite, anti-curie, pro-pauvres ?

    Ca grince du coté d’Ecônes, les chrétiens version FSSPX sont partagés entre l’intransigeance jetée au visage de Benoit XVI et l’angoisse sourde de voir François se désintéresser de leur cas.

    Ca grince aussi du coté des progressistes qui se demandent si ce pape, en poste sous la dictature argentine, est vraiment fréquentable.

    Ca grince … bref, tu sais tout cela mieux que moi.

    Ce qui me frappe, c’est de voir comment tous ces agacements sont en fait le signe d’un éclatement des catholiques. Je peux me tromper mais chaque groupe aimerait que le pape soit à lui, tout à lui, rien qu’à lui, histoire d’avoir cet atout précieux dans la guerre (pas si) intestine qui l’oppose aux autres.

    Je vais poser une question un peu franche, mais les catholiques sont-ils devenus comme les belges, des gens qui n’ont plus grande envie de cheminer ensemble et plus grand chose en commun à part le pape, qui remplacerait le roi de belges ?

    Je pose cette question car en définitive, ce que je retiens de ton papier, c’est ce détail que tu te sens obligé de préciser en circonvolution en début de billet : tu es un catho de droite (au grand soulagement de maman). Est-ce si essentiel, ce qualificatif de droite, et le qualificatif de gauche est-il si infamant ? L’important, dans un cas comme dans l’autre, c’est « catho », non ?

    Allez, je ne t’agace pas plus. Je m’en retourne surveiller François, des fois qu’il soit, en fin de compte, dans mon camp ! ;-)

    Manuel

  • Non, ces étiquettes « cathos de droite » ou « de gauche » ne sont pas importantes. En ce qui me concerne personnellement, je m’en amuse – étant concomitamment considéré comme un catho intégriste ou comme un catho mou par les uns ou les autres. Je vise évidemment à être pleinement catholique, et non à être le catholique d’un bord. Mais je ne suis pas toujours sûr que ce soit le cas de tout le monde, à droite comme à gauche.

    Par ailleurs, même si l’on peut y avoir une opposition de principe, l’étiquette droite/gauche traduit tout de même encore quelque chose. Les premiers mettent souvent spécialement l’accent sur l’aspect éthique ou morale de l’enseignement de l’Eglise et les seconds davantage sur l’aspect solidarité, sans que cela signifie que ce soit totalement exclusif, bien sûr.

    Ensuite, je ne pense pas qu’il y ait éclatement. Il y a diversité, c’est certain, et c’est humain. Il y a des spiritualités différentes. Et dans une certaine mesure, c’est assez sain : voudrait-on des cathos uniformes ? Tous le petit doigt sur la couture du pantalon en attendant la parole du pape ? Il y a du débat parce qu’il y a de la réflexion. Et puis il y a aussi des militants, qui ont tendance à vouloir pousser du col leur façon à eux d’être catholique.

    [Dernière précision : Ecône, on s'en tampône, ils sont pas dans l'Eglise ;-) ]

  • En ce qui concerne les différentes façons d’être catholique… Un bouquin très intéressant qui m’a assez bien dépassionné en ce qui concerne cela, c’est « la vérité est symphonique » de Hans-Urs von Balthasar. Il traite de la nécessité des sensibilités.

  • Je reviens pour la dernière phrase :  » ils ont brûlé des quiches aussi  » ça change quoi à l’horreur de cette mise à mort le fait qu’ils n’étaient pas en odeur de sainteté? Le bon larron non plus que je sache et même si c’était le mauvais, ça ne change rien à l’inadmissible, au meurtre.

  • @ Jeff : la limite de cette approche, c’est que l’on confond facilement l’amour et la gentillesse. Aussi, si l’idée est que les dogmes comme toute espèce de position morale devrait disparaître au nom de l’amour, ce serait une erreur. L’amour, pour être véritablement de l’amour, est exigeant.

    françoise a écrit ::

    Je reviens pour la dernière phrase : » ils ont brûlé des quiches aussi » ça change quoi à l’horreur de cette mise à mort le fait qu’ils n’étaient pas en odeur de sainteté? Le bon larron non plus que je sache et même si c’était le mauvais, ça ne change rien à l’inadmissible, au meurtre.

    Sans parler du bon lardon, n’est-ce pas ?!

    Mais ce n’est pas le problème. La question est de ne pas inverser la logique des choses : des saints et des prophètes ont été martyrisés mais le seul fait de l’être ne fait de vous un saint ni un prophète. Bref, le fait que le monde ne nous aime pas ne signifie pas nécessairement que l’on ait raison.

  • Si cela peut vous rassurer, le Pape François est critiqué par certains « Progros » comme vous les appelez.

    On peut lire ceci sur le site Golias : « il vient d’excommunier un prêtre estimé pour son dévouement1. Coupable de divergences de vue, non sur la foi mais sur le mariage homosexuel et l’ordination de femmes. Le pape François ne pouvait ignorer une telle mesure prise en son nom… »

    Je ne sais absolument pas si cette info est vraie. Ce qui est certain c’est que ce Pape doit faire face à des tendances diverses et opposées au sein de l’Eglise catholique, il se retrouve à la barre d’un navire doté une très grande inertie. Je lui souhaite de réussir.

  • Cette dame est étrange… Elle nous refait le coup du concile. Tous ceux qu’elle n’aime pas étaient accusés d’être des « anti-conciliaires » – y compris JP II et B16, le comble ! – et maintenant, tous les gens qu’elle n’aime pas sont censés être des personnes qui n’aiment pas le pape François. N’aurait-elle -t-elle pas une légère tendance à projeter ses propres tares sur les autres ? J’ai un peu de mal à comprendre. Est-elle toc toc ? Ou complètement stupide ? Ou carrément perverse ? Quel est son objectif exactement ? Chaque fois que je la lis ou l’entends, je me pose cette question. Je vais d’ailleurs arrêter de la lire ou de l’entendre, parce que, vraiment, elle m’inspire des sentiments peu charitables.

  • Koz a écrit ::

    Aussi, si l’idée est que les dogmes comme toute espèce de position morale devrait disparaître au nom de l’amour, ce serait une erreur.

    Bonsoir Koz,

    j’ai parfois peine à voir de l’amour dans l’application bureaucratique et parfois perverse de certains dogmes. Je ressens aussi assez souvent un état d’esprit malsain où l’on se « fait un film » en s’imaginant juste en croisade au milieu des monstres.

    Il me semble que l’équilibre entre indulgence (la bonté) et sévérité (le respect des règles) dépend énormément des circonstances, et demande toujours du discernement et de l’intelligence. Il y a évidemment l’incroyable éventail des circonstances individuelles, mais aussi la valeur et la profondeur relative des différents dogmes qui composent notre morale judéo-chrétienne, et qui ne méritent pas tous le même respect.

  • Koz a écrit ::

    Aussi, si l’idée est que les dogmes comme toute espèce de position morale devrait disparaître au nom de l’amour, ce serait une erreur.

    Sans doute… Comme serait aussi une erreur, si je comprends bien le pape, que l’amour, fut-il exigeant (et non confondu avec la gentillesse), disparaisse complètement derrière les dogmes. C’est plutôt ce message-là qui me semble porteur d’un vrai changement.

  • Bonjour, et merci. Si je peux juste me permettre une – toute – petite remarque sur la forme, si « L’Opus » comme vous le citez n’était pas « Dei », il ne serait pas très intéressant, c’est pourquoi je suis toujours sensible à ce qu’on l’appelle par son nom en entier : Opus Dei.

    Ce qui n’est pas le fond de votre article, j’en conviens. J’avoue que je suis de plus en plus distant vis à vis de ces considérations de « droite », de « gauche », de « pour le pape », de « contre le pape ». Dans ce domaine, comme dans d’autres, quoi que l’on dise, chacun restera sur ses positions. C’est pourquoi j’ai plutôt tendance à penser que ces discussions n’apportent pas grand chose. Je connais votre point de vue « l’important est d’être là » et je le respecte. Pour ma part, je continue à travailler et à essayer de bien faire les choses que j’ai à faire, persuadé que « la barque de Pierre ne sombre pas », et cela me suffit.

  • je comprends ce que vous voulez dire mais c’est non quand même! et puis le pape n’est pas apprécié des médias il est utilisé, instrumentalisé par ces mêmes personnes, ces professionnels de la profession qui ont diffusé sur leur site la vidéo des récents bûchers de Madagascar ..c’est un autre débat mais je l’ai encore en travers de la gorge.

  • Koz a écrit ::

    les Légionnaires du Christ seraient les premiers surpris d’apprendre qu’ils étaient bien en Cour du temps de Benoît XVI, qui les a passablement secoués.

    c’est le moins qu’on puisse dire!!!

  • @ Henri Mondion : oui, bien sûr « Dei », de même que les Légionnaires sont « du Christ ». Ce n’est qu’une fantaisie stylistique. Pour le reste, mon propos est surtout d’inciter un certain bord (les « de droite ») à ne pas se laisser déterminer dans leur appréciation du pape simplement parce que ceux d’en face l’apprécient. Cela ne signifie pas fondamentalement que je reprends tout cela à mon compte.

    @ Jeff : c’est toute la question du rapport entre charité (ou amour) et vérité. L’attachement à la vérité, s’il n’est pas mêlé d’amour, n’est pas véritablement chrétien. Il devient austère, cassant voire mortifère. De même de l’amour sans la vérité, qui n’est d’ailleurs plus véritablement de l’amour. Bref, la question est toujours de savoir comment trouver l’équilibre entre l’un et l’autre dans nos réactions. Comme je l’ai écrit dans un précédent billet, que l’on mette davantage l’accent sur l’amour, la charité, la sollicitude (même si cela ne change pas l’Eglise et si ces éléments étaient présents de la même manière) n’est pas pour me déplaire. Il y a là, je pense, une forme de rééquilibrage utile.

    @ Hervé : les « progros », tels que je les ai dénommés dans le cadre de ce jeu de rôle, sont catholiques. J’ai entendu plus d’un prêtre, pourtant assez progressistes eux-mêmes, s’interroger véritablement sur le catholicisme de Golias. Et je les rejoins dans cette perplexité.

    Haglund a écrit ::

    Et ça, qu’en pensez vous ? Olivier Bobineau. http://www.newsring.fr/monde/4431-le-pape-francois-en-fait-il-trop/70687-pape-francois-attention-a-la-poussee-darchimede-catholique

    Je vais m’efforcer de dépasser mon agacement devant cette personne qui ne recule pas devant le mélange des genres, le « scientifique » en lui s’effaçant souvent derrière le « militant ». Je me rappelle spécialement de son interview de l’an dernier, expliquant que « l’Eglise est à l’agonie ». Ce qu’il dit aujourd’hui suffit à souligner l’erreur de diagnostic et la méconnaissance de l’Eglise dont cela témoignait. Ceci étant dit, cette analyse-là n’est pas inintéressante sur le constat des rapports de « forces » mais à côté de la plaque sur d’autres plans : proclamer que le pape serait relativiste (et qu’il devrait être soutenu pour cela) est non seulement une ânerie sur le fond mais dangereux s’il prétend vraiment le voir réussir dans sa mission, son appréciation sur la médiocrité intellectuelle des prêtres et des évêques est prétentieuse, orgueilleuse, insultante et fausse. Bref, voilà quelqu’un qui soutient le pape comme la corde soutient le pendu.

    <

    p>[bon, finalement, le lire m'a ramené fissa à mon agacement]

  • @ Koz:

    Mélange des genres…goût de la provocation, je dirais plutôt. Parce que l’homme (enfin, je vois ces choses de loin) me semble assez capé. Voyons aussi ce qu’il entend par « relativiste » : n’est ce pas l’acceptation enfin par les catholiques que d’autres religions ou chemins que le leur peuvent être voie de salut ou d’accomplissement humain ? 50 ans après le Concile, le pape François a raison d’y venir, je pense.

    Pour la médiocrité supposée, j’aurais tendance à penser comme vous que c’est injuste, ne serait ce, bêtement, que du fait de la longueur des études. Mais c’est vrai que Bobineau met toujours la barre très haut. EHESS ?

    Enfin : C.C. a écrit ::

    Je me rappelle spécialement de son interview de l’an dernier, expliquant que « l’Eglise est à l’agonie ». Ce qu’il dit aujourd’hui suffit à souligner l’erreur de diagnostic et la méconnaissance de l’Eglise dont cela témoignait.

    là, attention…le « moment François » (je parle du pape, naturellement) est passionnant, mais pour le moment, les églises sont toujours vides, baptêmes, mariages et vocations en chute libre. Une hirondelle ne fait pas le printemps (celle là, il fallait la trouver !).

  • Koz a écrit ::

    J’ai entendu plus d’un prêtre, pourtant assez progressistes eux-mêmes, s’interroger véritablement sur le catholicisme de Golias

    Je veux bien suivre l’avis de ce prêtre mais cela ne me dit rien sur la véracité ou non de l’information diffusée par Golias. Cherchons juste à comprendre qui est ce Pape en lisant ce que raconte de lui les uns et les autres, ses nombreux partisans et ses quelques opposants ou sceptiques. Sa tache est difficile, tous en conviennent, et quoiqu’il fasse il se trouvera des gens pour le critiquer, les uns le trouvant pas assez dogmatique et les autres trop.

  • Notre pape parle beaucoup et simplement et ses propos sont mieux relayés et moins réduits/déformés par les médias que ceux de ses prédécesseurs : du coup il semblerait qu’un certain nombre de personnes, habituellement indifférentes à la religion, voire hostiles à l’Eglise, (ce ramassis de catholiques aigris et de prêtres conservateurs, arc-boutés sur des dogmes poussiéreux et des principes moraux dépassés ), « entendent » pour la première fois de leur vie un certain nombre des messages de l’Eglise catholique sur la la charité et l’amour : pour elles, c’est une découverte, elles croient donc que ce pape dit « toutes choses nouvelles », en déduisent qu’il veut tout changer et que cela se fera forcément « contre » l’Eglise… « ce Pape me plait, il va déménager, et vous-autres les cathos, vous allez morfler…! »

    Alors, forcément, c’est un peu agaçant, quand on sait que, si l’éclairage est différent, la vision est toujours la même… mais bon, tant pis, la bonne nouvelle c’est que le message ait été audible, et « reçu »

  • Je n’ai pas compris que le Pape ait jamais dit que toutes les morales se vaudraient ! Il a dit que si tout le monde suivait sa conscience, se serait déjà un grand progrès, même si les consciences n’étaient pas toutes pleinement éclairées.

    Où est le « relativisme » ?

  • Aristote a écrit ::

    Il a dit que si tout le monde suivait sa conscience, se serait déjà un grand progrès, même si les consciences n’étaient pas toutes pleinement éclairées.

    J’aime bien cette idée et cela rejoint celle développée par Matthieu Ricard dans son dernier livre sur l’altruisme. L’homme serait naturellement altruiste et donc en général si chacun écoutait et suivait sa conscience le monde irait mieux.

  • @ Hervé: C’est le prêtre qui donnait la communion aux chiens. Ils aiment bien l’ultra réchauffé chez Golias. Mais effectivement, ça va dans le sens de Koz. Les progressiste n’entendent de François que ce qu’il veulent bien entendre.

  • Franchement, je me contrefous de la couverture médiatique du Pape François. Cette personne ou quelque chose d’autre qui l’assiste me touche, comme lorsque j’écoute mon curé aussi.

    Voir par la lorgnette des médias c’est obligatoirement écraser les valeurs, car rien n’insupporte plus les médias actuels que les obligations, les devoirs et toute forme de discipline personelle (nous sommes là pour profiter et consommer non ?). Le monde « parce qu’il serait complexe » est donc a examiner avec le relativisme le plus extrême, et autre faisanderies que l’on nous sert quotidiennement si on se laisse prendre par ce creux discours qui laisse l’être vide et allumé/offusqué pour rien ou des broutilles (la fameuse indignation inopérante de Hessel).

    Deuxième élément, on s’en moque de l’image du Pape François parce que nous ne sommes pas les maîtres des autres dans la société humaine, ce sera à eux de faire leur conversion, leur chemin et notre chemin n’est pas forcément le bon exemple et la bonne trajectoire pour eux. Qu’ils aient une bonne ou mauvaise image du Pape les regarde radicalement. Ce n’est pas à moi ou quiconque à leur imposer un regard personnel.

    Parfois on ferait mieux de continuer à construire sa vie plutôt que de s’inquiéter en commentaires ou en posts sur l’état du monde et qui c’est qui est au sommet des sondages people. Les people ne sont d’ailleurs pas univoque, chaque catégorie sociale ou d’âge a sa tranche de people, son lot de fausses idoles pour s’occuper.

  • Quand des païens qui n’ont pas la Loi pratiquent spontanément ce que prescrit la Loi, ils sont à eux-mêmes leur propre loi, bien qu’ils n’aient pas la Loi.

    Le pape suit une pensée importante de saint Paul (Rm, 2, 14), ce qui n’est pas faire preuve d’une folle originalité et ne devrait susciter l’étonnement de personne…

    Les querelles entre tendances différentes dans l’Église, ce n’est pas nouveau :

    Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « J’appartiens à Apollos », ou bien : « J’appartiens à Pierre », ou bien : « J’appartiens au Christ. » Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce donc Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (Cor, 1, 12-13)

    Cela ne s’arrange pas ensuite. Faut-il conserver les rites juifs comme la circoncision et la nourriture casher ? A-t-on le droit de manger la viandes issue des sacrifices aux dieux païens (soit la majorité de la viande vendue dans les villes antiques) ? Et ce Jésus au nom duquel on risque sa vie, qui est-il vraiment : un homme, un dieu, un demi-dieu ?

    L’Église n’a pas hérité d’une doctrine et d’une morale toutes faites. Au départ, elle ne repose que sur une seule donnée : la nouvelle que Jésus est ressuscité. De ce postulat, toute la doctrine et toute la morale se déduisent et il est normal que tous ne soient pas toujours d’accord sur tout. La pratique de l’Église, héritière des philosophes et mathématiciens grecs comme des écoles rabbiniques, c’est d’organiser des discussions et de raisonner jusqu’à aboutir pour les points importants (en commençant par la liste des textes sacrés pouvant servir de référence pour le reste) à une conclusion reconnue par tous et proclamée solennellement (ça ne marche jamais parfaitement : il y a toujours des contestataires et des dissidents, surtout quand aucun bras séculier ne les fait taire). Depuis les premières prédications des Apôtres (et même avant), les disciples de Jésus sont plus ou moins en désaccord sur des tas de trucs. Remettre sans cesse au centre le Christ et l’amour entre frères est essentiel pour éviter que ces querelles dégénèrent en schismes.

    J’avoue enfin que le qualificatif « anti-clérical » appliqué au pape me réjouit, car, comme dit depuis toujours ma maman, le cléricalisme, voilà l’ennemi (je précise que ma maman est dame caté, ancienne responsable d’aumônerie, membre du conseil pastoral, chargée de formations pour adultes par son curé et n’a jamais été particulièrement de gauche). Dans le christianisme, rien n’est pire que des prélats pharisiens sûrs d’eux oubliant qu’ils ne valent pas mieux que le dernier des publicains ou la dernière des prostituées aux yeux de Dieu.

  • Cette opposition supposée ou réelle, entre cathos de « gauche » ou de « droite » n’a strictement aucun sens pour moi. Pourquoi juxtaposer un qualificatif relatif à sa foi à une orientation politique? Se dire progressiste, ça veut bien dire qu’on souhaite le progrès pour tous, non? Alors, j’espère bien que tous les catholiques sont progressistes!!! Être tradi, ça veut bien dire qu’on est attaché à la tradition de l’Eglise, non? Alors, j’espère bien que tous les catholiques sont tradis!!! Arrêtons de mettre les cathos dans des cases et surtout pas le Pape, de grâce! A mon sens, il est évident que chacun peut mettre en pratique sa foi selon sa personnalité ou sa sensibilité. En ce qui me concerne, je ne me retrouve pas trop dans les veillées de prière des groupes charismatiques. Mais, tant qu’il sont d’Eglise, j’encouragerai tout catho à y aller, s’il pense qu’il priera plus en vérité avec eux. En conclusion, je crois que la société française est de plus en plus « clivée » pour reprendre un mot à la mode. Ne plaquons pas ces divisions sur l’Eglise de France, je crois qu’elle vaut mieux que çà.

  • Le Pape est surtout un bon communiquant, et dans le monde d’aujourd’hui, on peut le regretter mais ça compte alors ma foi tant mieux. Le précédent était moins bon en com’, du coup il disait la même chose que celui-ci mais ça ne passait pas. A la Pentecôte les disciples se sont mis à parler la langue de chacun (et non chacun comprenant la langue des disciples…), en 2013 on a un Pape qui parle le « médiatiquement exploitable », si ça lui permet d’être tranquille pendant qu’il fait son boulot de fond plus discrètement, tant mieux. S’il occupe l’espace sans rien faire, c’est plus gênant, mais on n’en est pas là.

    Mais comme dit un commentateur, le Pape est surtout exploité par les médias parce qu’il est bankable, Les journaux ont pour but premier de vendre du papier, surtout en cette période où le papier se vend moins, ils ont un bon client, ils sont contents. Mais c’est vrai que parfois je me dis que les protestants doivent s’ennuyer, sans sujet papal à commenter. Et les journaux doivent « bénir » le catholicisme d’avoir maintenu une fonction aussi « people ».

    Pour ce qui est des réformes, il semble qu’il ait surtout mandat de réformer l’administration du Vatican, je ne crois pas que cela remette en cause grand chose dans la religion des tradis, des progros ou des autres, et pourtant il y en a besoin. Bref, on devrait s’en remettre.

    La « progro » que je suis attend surtout les choix et des décisions, parce que pour l’instant, Mme Pedotti elle prend ses rêves pour des réalités, et elle va être déçue. Parce que même dans l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, ce n’est pas le Pape qui fait le dogme, et heureusement. Ce Pape réussit l’exploit d’avoir les médias de son côté depuis des mois tout en parlant de Jésus et de Dieu, et déjà ça c’est fort. Parce que d’habitude, pour qu’un religieux passe bien en France, il faut qu’il parle de tout mais pas de Jésus ou de Dieu.

  • @ Koz: @ Koz : Où avez vous vu que Benoit XVI ait secoué les légionnaires? Il a secoué leur fondateur mais à ma connaissance cette secte existe toujours et leur centre de formation à Rome est toujours actif…. Je plains sincèrement les prêtres légionnaires. Comment cette secte pourra t’elle continuer avec un fondateur incestueux, polygame, violeur, voleur et héroïnomane. Qui peut croire que tout est réglé aujourd’hui. La seule issue est sa dissolution. Sur le reste, je m’amuse beaucoup de voir les catholiques troublés. Étaient ils troublés quand dans son dernier message pour la paix du 1er janvier, il condamnait avec la même vigueur le mariage homo et les politiques économiques et sociales qui mènent les européens au chômage et à la misère? Etaient ils troublés quand Jean Paul II renvoyait dos à dos communisme et capitalisme? Etaient ils troublés quand Jean Paul II a condamné la 1er guerre du golfe en 1991 (alors que nos évêques donnaient leur bénédiction)? Etaient ils troublés quand Benoit XVI condamnait l’arme nucléaire (alors que nos évêques au mieux se taisent, au pire continuent à la justifier) ? Non car les catholiques n’écoutent que ce qui les arrangent dans les discours du Pape. Simplement celui là semble insister quand on ne l’écoute pas.

  • Je ne crois pas que l’on puisse le nier de bonne foi. Pour mémoire, Benoît XVI a sanctionné le fondateur, exclu toute référence au fondateur parmi les Légionnaires du Christ (qui tentaient de distinguer le charisme et les fautes), placé un administrateur apostolique à la tête de la Congrégation, laquelle a été contrainte de rompre totalement avec l’ancienne direction et, enfin, de nouvelles constitutions sont en cours d’adoption. Mais vous pouvez prétendre que cela n’est rien.

    La suite ne me paraît pas très cohérente.

  • @ Koz: je veux simplement dire de manière plus cohérente que les catholiques français ont toujours fait un tri dans ce que le pape dit. Et toujours pour en retirer ce qui les gênait : la dénonciation radicale du capitalisme, de la guerre même « juste » (contre Sadaam Hussein), de l’arme nucléaire.

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