C'est la grâce internationale !

Après Bruxelles, Nicolas Sarkozy est ce soir en Algérie. Auparavant, il a accordé un entretien aux quotidiens El Watan et El Khabar, dont je goûte les changements de ton, en espérant que les algériens la goûteront tout autant. Non seulement je ne suis pas loin de penser que la fermeté est largement plus appréciée de cette opinion publique que la contrition et la corde au cou éternelles, mais je suis convaincu que l’expression claire de ses positions, même difficiles à entendre, est la meilleure preuve de respect.

A plusieurs reprises dans cette interview, au milieu de perspectives d’avenir et de développement des relations franco-algériennes, on sent passer, avec une certaine diplomatie, des messages de fermeté.

Ainsi, sur l’exigence d’une contrition préalable au bénéfice de l’amitié algérienne, lorsqu’il affirme que « ce cheminement doit aussi se faire des deux côtés, car il ne s’agit pas d’avoir une partie qui doit accepter sans discuter la vérité de l’autre », il n’est pas interdit de penser que « l’autre » s’adresse à chacun. Clairement. De même, on sourit à la lecture de cette formule : « mais je crois tout autant qu’il ne faut pas faire des questions de mémoire un préalable, car dans ce cas nous pénaliserions tous les Algériens et les Français qui attendent de nous des avancées rapides dans nos relations ». Une façon fort aimable de rappeler que français comme algériens ont un intérêt aux bonnes relations communes et que, si la partie algérienne persiste à réclamer la repentance, elle attendra longtemps…

Il semble d’ailleurs que l’affaire soit entendue, et que l’on regarde enfin l’avenir.

Plus délicatement encore, sur l’« immigration choisie », Nicolas Sarkozy précise que : « il ne s’agit pas pour nous d’alimenter la « fuite des cerveaux », bien au contraire, tout en sachant qu’il appartient au pays d’origine de créer l’environnement professionnel et social qui amènera les cadres ainsi formés à avoir envie d’y retourner ». Bref : nous avons notre part de notre responsabilité, mais les pays d’origine ne doivent pas non plus s’exonérer de la leur. A bon entendeur…

* * *

Hier, Nicolas Sarkozy était donc à Bruxelles où je lis, sous la plume d’un journaliste apparemment peu suscpect de sarkozysme, qu’il aurait remporté un Grand Chelem. Sommet Européen, Eurogroupe, DSK, et un, et deux, et trois, zéro ?

Après en avoir vu hier soir un rapide compte-rendu à la tonalité plutôt négative sur LCI, pourtant, j’ai attendu toute la journée avant de juger, au vu des réactions, si cette rencontre était un succès pour Nicolas Sarkozy ou à tout le moins, faute de succès, un point positif. J’ai donc lu la fierté de Christine Lagarde, peut-être un peu « statutaire », comme la dépêche du même peu suspect de sarkozysme journaliste de Reuters, qui titrait sur la « bénédiction de l’Eurogroupe ».

Cette dernière dépêche lève mes dernières réticences. On y lit que Jean-Claude Juncker a tressé des lauriers à Nicolas Sarkozy et, notamment, cette phrase, assez stupéfiante :

« Nous sommes contents de voir la France s’engager dans une phase de réformes profondes et de substance. C’est une bonne nouvelle pour l’Europe, la France ne sera plus jamais le pays de l’immobilisme »

Une telle phrase en dit long sur la façon dont la France est encore perçue à l’étranger ! Au demeurant, elle paraît sortie du fond du cœur de Jean-Claude Juncker qui, une fois prononcée, a semblé vouloir en atténuer diplomatiquement la portée, ce que ne rapportent pas les dépêches, puisqu’il a enchaîné ainsi : « je ne dis pas qu’elle l’a jamais été »… Je ne bouderai pas ma satisfaction de voir que l’appréciation de certains dirigeants européens, et pas des moins respectés, confirme mon sentiment que, sur ce point, Nicolas Sarkozy respecte le contrat que j’ai signé les 22 avril et 6 mai derniers.

Le propos du ministre allemand des finances, selon lequel « la visite de Sarkozy a contribué à clarifier la situation et je m’en félicite extraordinairement » alors qu’il avait pris soin de préparer la venue de Nicolas Sarkozy par quelques déclarations fermes, laisse également penser qu’effectivement, comme l’a dit Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy a été « extraordinairement convaincant ».

Vient enfin le cas DSK, dont la nomination probable ne semble pas vraiment pouvoir être mis au seul crédit des autres dirigeants européens, comme l’aimerait le Parti Socialiste. Si, comme le souligne en effet Pierre-Luc Séguillon, l’idée originale vient de Jean-Claude Juncker, Dominique Strauss-Kahn lui-même ne manque pas de saluer comme « décisifs » « les paroles et l’action très positives du Président de la République Française, Nicolas Sarkozy ». Certains s’autorisent aussi à penser que, sans le soutien de Nicolas Sarkozy, l’idée originale de Juncker aurait fait long feu.

Alors, comme l’aurait relevé un diplomate, Nicolas Sarkozy obtiendrait ainsi « le beurre, l’argent du beurre et, en prime, la crémière ». On se contente généralement du sourire de ladite crémière, mais bon, on ne prête qu’aux riches.

***

Si le jugement est si positif, je m’autorise deux réserves.

La première porte sur la dette. Malheureusement assez friable en matière économique, j’ai bien voulu accepter l’argumentation développée par le candidat Sarkozy, selon lequel la réduction de la dette ne pouvait être l’horizon absolu de toute politique, que le fait de se limiter à un tel objectif ne pouvait que paralyser l’action politique, les dépenses d’investissement devant être encouragées, « le classement en investissement [devant procéder] d’une analyse économique et non d’une nomenclature administrative et comptable » (Ensemble, page 126)…

Je note, certes, que l’objectif de réduction des déficits reste clairement à l’ordre du jour, via notamment une ambitieuse révision des politiques publiques, mais je n’oublie pas le montant de notre dette. Je n’oublie pas mes enfants, auxquels je ne souhaite pas « léguer » une situation pire encore que celle que nous connaissons. Bref, Nicolas Sarkozy, par sa politique, prend un risque. C’est peut-être le meilleur gage de ce que « la France ne sera plus jamais le pays de l’immobilisme » mais cela n’empêche pas d’identifier le risque, et d’espérer qu’il ne se réalise pas. La bienveillance n’exclut donc pas la vigilance.

La seconde porte sur la nomination de DSK. Celui-ci a donc officialisé sa candidature, à laquelle il devait songer depuis quelque temps. On repensera alors à sa phrase sur le bocal de cornichons et l’on imaginera qu’il en a soupé, des cornichons, s’estimant quelque peu au-dessus de ces affrontements de cucurbitacées nains.

Alors quoi, n’y aura-t-il donc bientôt plus personne pour rénover le Parti Socialiste, comme s’en inquiète Jean Quatremer, seuls restant en lice dans cette entreprise difficile, Fabius, Mélenchon ou Henri Emmanuelli ? Pis que ça, Jean, il reste… Ségolène Royal.

J’aurais plutôt tendance à penser, avec Pierre-Luc Séguillon, que Dominique Strauss-Kahn envisage surtout de gagner une autre dimension, de bénéficier d’une stature internationale, de quitter un peu ces cornichons qui menacent de le transformer en cornichon lui-même aux yeux des français, avant de démissionner de façon anticipée fin 2011- début 2012, pour se présenter aux présidentielles.

Aurait-il, à son âge, tiré un trait sur toute ambition de ce côté-là ? J’en doute, notamment au vu des efforts qu’il a engagés pour la refondation de la gauche (et non du PS). J’imagine plutôt qu’il aura intégré les leçons de la candidature Royal, et notamment la possibilité d’émerger subitement du néant pour s’imposer face aux besogneux éléphants du Parti. Il prend un risque, en confiant la tâche à ses lieutenants mais, à supposer que Ségolène Royal parvienne à prendre le parti, qu’elle s’y épuise, il lui sera toujours possible de s’imposer par le haut.

Et si jamais il ne devait pas, fin 2011, « être en situation », il aurait toujours… une bonne situation.

26 comments

  • Très intéressante synthèse. Les choses avaient l’air horriblement compliquées hier, elles semblent devenir plus simples soudain.

    « Ne divisons pas l’avenir en faisant renaître le passé »: une évidence. Mais elle est dite par le président de la République à Alger.

    Les gauchos et les droits-de-l’hommistes vont être de moins en moins audibles, eux qui tournent en rond avec leur mantra de « repentance ».

    Comme quoi, il suffisait de le dire une bonne fois pour toutes.

    Ca suffit pour commencer à fermer le robinet du ressentiment et du ressassement. Et passer aux choses sérieuses.

  • « du passé faisons table rase » , c’est sur ce genre de stupidités que les nouveaux pouvoirs croient s’affranchir de l’histoire….en général elle les rattrape

    même si je pense, comme cela a été maintenant démontré que le bilan économique et social de la colonisation est contrasté: investissement, services publics, formation des élites contre appropriation des terres et des matières premières, voire des hommes eu début de la période coloniale, il me semble que la colonisation reste entachée de la violence du colonisateur vers le colonisé qui caractérise toute conquête, et le fait qu’elle était idéologiquement basée sur le postulat transformé en constat de l’inégalité des peuples… il me semble que ceci aurait pu être dit, comme une erreur historique, et que rien n’interdisait que la France s’excuse auprès des descendants, familles des victimes des violences coloniales, la guerre d’algérie n’étant que la fin de ce processus….

  • effectivement tu as raison te t’interroger sur la dette. Surtout que quand on lit « une ambitieuse révision des politiques publiques » et notamment le discours de F. Fillon, j’ai quand même l’impression que cette ambitieuse réforme (perso je n’en n’avais pas saisie l’importance, ni lu quelque chose là-dessus je l’avoue) vise surtout à maitriser les coûts (je ne parle pas de l’aspect changement de mentalité). Et que la réforme a l’air tellement ambitieuse (le Président lui-même va s’impliquer), que du coup l’effet économique de la réforme n’est pas mesurable ! Enfin c’est l’impression que cela donne.

  • J’ail l’impression que Nicolas se fiche de moi quand il dit que la dette n’est pas importante et ne doit pas etre une finalite. Vivement un compte rendu de la reunion des ministre a ce sujet.

    Parce que ca sent tres tres fort la tendance depensiere ces declarations.

    Aurra-t-il le courrage de tenir le coups face au dechainement de fureur populaire quand il faudra a un moment fermer le robinet ?

  • « mais je n’oublie pas le montant de notre dette. Je n’oublie pas mes enfants, auxquels je ne souhaite pas « léguer » une situation pire encore que celle que nous connaissons » (by Koz)

    Le plus grave n’est pas forcément le niveau de la dette (aux alentours de 65% du PIB), le plus grave est que depuis 25 ans, le niveau de la dette augmente mais s’accompagne d’un taux de chomage (+ rmiste + chomeurs de catégories 2 à 9) massif ! Et cela sans aucune remise en question. On a donc cumulé chomage + augmentation de la dette. Sarkozy veut donc faire des réformes Structurelles pour faire sauter les verrous de la croissance. Cela passe par la réforme du contrat de travail trop rigide, par la pression fiscale trop élevé par rapport à nos voisins européens que Sarkozy veut baisser de 4 points de PIB en 2 mandats (eh oui, faudra encore voter pour lui dans 5 ans), la réforme de l’université liée aux efforts de recherche et développement, la coupe du robinet si le chomeur refuse le 3e poste qu’on lui propose qui correspond à ses capacités et son ancien travail.

    « J’ai l’impression que Nicolas se fiche de moi quand il dit que la dette n’est pas importante et ne doit pas etre une finalite » (by Esurnir)

    Moi pas, je suis d’accord avec lui quand il dit que la dette ne doit pas être une finalité, la priorité des priorité est le plein emploi qui permettra de réduire la dette (moins d’allocations chomage à distribuer, + de recette d’impots, de tva, de cotisations en tout genre). On rejoint donc ce que je disais, pour arriver au plein emploi, il faut faire des réformes structurelles (qui ont bien marchés dans plusieurs pays européens mais qu’on n’a jamais eu le courrage d’appliquer en France). Le Japon a un niveau d’endettement de 175% du PIB mais le niveau de chomage est très bas (entre 2 et 4% depuis 2 décennies je crois) et cela lui a permis d’investir dans la recherche.

  • Dernière chose pour Koz, ce qui est plus dommagable pour la jeunesse est de mon point de vue de leur leguer un taux de chomage des jeunes si élevés (~25%), ce qui les pousse d’ailleurs à s’expatrier en Angleterre, E-U, Irlande etc pour trouver du travail bien rémunéré et avoir une carrière professionnelle dynamique (certains se retrouvent parfois avec de sacrés responsabilité qu’ils ne s’imaginaient pas avoir si tot en France). Mais comme on cumule les 2 depuis 25 ans, c’est pas la joie ! L’ambition du GVT est donc de commencer par résoudre le problème du chomage qui facilitera grandement le problème de la dette.

  • Chapeau l’artiste. Le plus fort, c’est qu’il n’a pas eu tant d’efforts que ça à faire.

    « Certains s’autorisent aussi à penser que, sans le soutien de Nicolas Sarkozy, l’idée originale de Juncker aurait fait long feu. »

    Evidemment. On imagine mal un candidat aller bien loin si même le gouvernement de son pays n’en veut pas…

    « Dominique Strauss-Kahn lui-même ne manque pas de saluer comme « décisifs » « les paroles et l’action très positives du Président de la République Française, Nicolas Sarkozy ». »

    Allons, il ne manquerait plus qu’il ne dise pas merci…

    En réalité, DSK avait discrètement fait acte de candidature, était non seulement proposé par Juncker mais aussi apprécié en Europe, et il n’avait pas de concurrent costaud (l’Italien pressenti pour le poste, par exemple, n’en voulait pas). Il suffisait d’aller dans le sens du vent. Et hop, tout le monde est convaincu que c’est la magie sarkozyienne qui a tout fait ! Ce n’est pas seulement de la chance: il y a un vrai talent là-dedans.

    A propos de la dette et de la réunion de Bruxelles: la fascination semble partagée par toute la presse française gauche comprise, mais ailleurs en Europe c’est un peu moins évident. Il semble bien que Sarkozy ait donné des gages de sérieux budgétaire, sans trop se faire prier d’ailleurs.

    Je parierais sur la solution classique: les annonces coûteuses, mais qui font plaisir à l’électorat du nouveau gouvernement, viennent en premier… et ensuite, tour de vis sur les dépenses. Il faudra serrer dur, vu l’ampleur des cadeaux fiscaux consentis.

  •  » il faudra serrer dur, vu l’ampleur des cadeaux fiscaux consentis » Je le pense aussi, et là les réformes tant repoussées apparaîtront comme incontournables et gageons que N. Sarkosy aura le même aplomb chanceux pour les imposer. La réduction du nombre des fonctionnaires improductifs et la modernisation de la bureaucratie, la restriction des aides aux particuliers et aux entreprises, le système social trop généreux et trop peu regardant sur les bénéficiaires… La liste est longue, et beaucoup d’énergie et de pédagogie seront nécessaire.

  • Un blogueur ségoléniste assez influent se demande pourquoi vous restez silencieux sur l' »affaire » Strauss-Kahn alors que vous auriez, dit-il, réagi très vite si Ségolène Royal avait été mise en cause. Qu’en est-il?

    (DSK « chaud lapin » ? la blogosphère silencieuse… Par Dagrouik, mercredi 11 juillet 2007 Citation: Le silence de la blogosphère sur cette affaire, 24 heures après la publication du billet de Jean Quatremer sur son blog est assez assourdissant..)

  • Je trouve fascinant cet exercice d’auto-persuasion des blogueurs. Je goûte avec plaisir cette satisfaction inébranlable à propos du moindre geste, mot, soupir que votre président vous offre de commenter. Je comprends désormais de quelle belle manière les peuples s’ennivrent, quelle mécanisme peut produire une figure de chef, c’est assez troublant et explique combien les Allemands des années 30 étaient bel et bien des citoyens communs qui voulaient croirent en quelque chose tout simplement. Je ne fais là aucunement le parrallèle entre n. sarkozy et le fuhrer d’un quelconque Reich de sinistre mémoire mais bel et bien au processus qui amène des peuples à se chercher des icônes. Pour ma part je préfèrerais que les peuples trouvent leur vérité dans la Morale Chrétienne ça éviterait des dérivatifs pour le moins pathétiques et assurerait à nos sociètés une prospérité immortelle.

  • [quote comment= »36461″]Pour ma part je préfèrerais que les peuples trouvent leur vérité dans la Morale Chrétienne ça éviterait des dérivatifs pour le moins pathétiques et assurerait à nos sociètés une prospérité immortelle.[/quote]

    Hahaha. Très bon.

  • [quote comment= »36461″] Je ne fais là aucunement le parrallèle entre n. sarkozy et le fuhrer d’un quelconque Reich de sinistre mémoire mais bel et bien au processus qui amène des peuples à se chercher des icônes. Pour ma part je préfèrerais que les peuples trouvent leur vérité dans la Morale Chrétienne ça éviterait des dérivatifs pour le moins pathétiques et assurerait à nos sociètés une prospérité immortelle.[/quote]

    Ah. Vous faites partie de ceux qui sont incapables d’imaginer que l’on soit majoritairement satisfait de ce que fait Nicolas Sarkozy. Cela relève nécessairement d’un phénomène psychologique étrange, irrationnel ? Vous n’avez pas le sentiment de vous montrer un peu sectaire ? « Ceux qui ne pensent pas comme moi sont des gens faibles ou troublés » ?

  • C’est vrai qu’il cause aux algériens comme il cause au français…

    Du bon gros bon sens, de la question réthorique, et de la promesse de mesures concrètes au kilomètre.

    Notons au passage qu’il s’assoit, j’ai l’impression définitivement, sur le regroupement familial mais c’était bien le moins qu’on puisse attendre de lui.

    Et puis, une des énormités dont il a les secret : « il serait bien aventureux pour nous de considérer le Maghreb comme un « terrain conquis ». Notre histoire avec cette région nous enseigne une certaine prudence. »

    Hihihi, il est marrant notre président.

    C’est quand même dommage que notre chargée des droits de l’homme ne profite pas de l’occasion pour s’entretenir avec le Ministre algérien de la justice. Faute de temps, sans doute…

  • je partage completement ton point de vu Koz hormis deux details : 1-La dette : je suis un peu plus confiant . 2-la probable demission prematurée de Strauss Khan , dans 5 ans il aura 67 ans je ne le vois pas se presenter à la presidentielle dans ces conditions.

  • Rebonjour, Par rapport au commentaire de fw.isildur, je pense que sur la dette, il faut une attention de tous les instants, c’est un problème majeur de la France et Sarkozy sera jugé sur son bilan à cette aune là. Par contre, indépendamment de son âge, ce qui rendra délicat un retour de DSK dans 5 ans, c’est le fait que son rôle de président du FMI l’empêchera de donner un avis régulier sur ce qui se passe en France et ainsi de participer à une bataille pour la rénovation de la gauche qui devrait déjà avoir commencé (et qu’il avait été un des seuls à entamer un peu en reconnaissant la défaite et en commençant une auto-critique et des propositions dans le Nouvel Obs). Les autres restent tellement persuadés qu’ils ont raison contre le peuple, qu’il ne faut surtout rien changer, que le PS risque d’éclater sous peu. Bayrou est en embuscade, considérablement affaibli après les législatives et Ségolène prépare son retour pour la rentrée et conclure l’OPA qu’elle a lancé sur le parti au soir de sa défaite. Les mois qui viennent s’annoncent passionants pour les commentateurs que nous sommes! Cordialement,

    http://mitterrand.2007.over-blog.com

  • [quote comment= »36579″]que le PS risque d’éclater sous peu. [/quote]

    A voir. Le PS peut aussi tirer son épingle du jeu en ayant l’occasion rêvée de se séparer de ses éléphants et d’offrir 5 ans aux plus jeunes pour émerger.

  • Ce n’est pas le chemin emprunté à l’heure actuelle, cf. la note de Jacques Attali et le désespoir de Lang sur Rtl ce matin. L’idée de la démission collective est bonne, cela donnerait un signal extrèmement fort du fait que le parti a compris sa défaite et veut repartir sur de nouvelles bases. Mais les jeunes qui ont été élevés dans ce parti ont adopté pour beaucoup l’esprit clanique et sectaire qui y regne et c’est donc à attirer de nouveau talent qu’il faudrait travailler ensuite. On en est loin, et ce n’est pas une reprise en main par un Hamon par exemple (lui s’y croit déjà) qui serait de nature à améliorer les choses.

    Bien cordialement,

    http://mitterrand.2007.over-blog.com

  • [quote comment= »36581″] Le PS peut aussi tirer son épingle du jeu en ayant l’occasion rêvée de se séparer de ses éléphants et d’offrir 5 ans aux plus jeunes pour émerger.[/quote]

    Tu crois vraiment que deux des grands éléphants se laisseront faire pour que les éléphanteaux grandissent. Je n’ai pas vraiment de sens politique mais j’ai quand même l’impression que les égos de certains, leur interdisent d’avoir une réflexion stratégique cohérente sur le PS.

  • Bon : ben manque de bol, sans trop prendre de gants, Libé affirme tout simplement que Sarkozy a menti comme un arracheur de dents :

    http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/266716.FR.php

    C’est pas grave hein : ya onze témoins, dont un ministre des finances allemand.

    Nous verrons combien de temps l’esbrouffe et la fuite en avant en guise de théorie gouvernementale tiendront. C’est quand, déjà, les prochaines élections ?

  • [quote]Bon : ben manque de bol, sans trop prendre de gants, Libé affirme tout simplement que Sarkozy a menti comme un arracheur de dents :

    Sarkozy: «Je ne vous permets pas de me parler comme ça»

    C’est pas grave hein : ya onze témoins, dont un ministre des finances allemand.[/quote]

    Bien documenté et assassin, teigneux et chirurgical, on reconnaît là la patte de Jean Quatremer !

    Autant en emporte le bon point sur l’eurogroupe. En réalité, Sarkozy n’a gagné que du temps, c’est en septembre qu’il devra rendre un programme de stabilité actualisé. Gageons que cette rencontre ne sera pas autant médiatisée !

    En ce qui concerne le sommet européen, je ne reviens pas sur mes convictions déjà affirmées ici que le plan Merkel n’est ni le « mini-traité » que défendait Sarkozy pendant la camapgne, ni un « traité simplifié » (ah! ah! ah!)comme a bien voulu le gober le presse française, mais bel et bien le TCE, habilement dissimulé pour permettre à Sarkozy de sauvegarder les apprences.

    L’essentiel est dans cette pique assénée par Valéry Giscard d’Estaing himself : [quote]Lors de la négociation du calamiteux Traité de Nice tout le monde se disait, sur le moment, satisfait. Le critère de jugement ne doit pas être : « est-on arrivé à un accord ? » mais « est-on parvenu à un bon accord ? »[/quote]

    Pas mieux !

    Reste la question de l’Algérie. Je m’attendais à tout, bluffé par sa somptueuse arnaque sémantique qu’est le concept de « repentance ». Franchement, je n’ai jamais été autant bluffé par une manipulation lexicale (comment on peut être « pour » la « repentance » ? Exemple parfait de « Loaded question ») depuis que Tarik Ramadan a foutu la merde en brouillant les repères sur les questions du racisme et de l’intégrisme avec son concept militant de « islamophobie ».

    Bon honnêtement j’ai été surpris en bien. Donc soyons beau joueur sur ce point !

  • Je ne reviens que sur la première partie de ton papier, sur celle qui traite de ce débat interminable et surréaliste entre l’Algérie et la France.

    Quand dans, quelques années ou quelques décennies, la vérité sur les données du problème algérien pour la période de 58 à 62 et sans doute pour avant 58 sera mise en lumière, nous réaliserons ce qui nous est arrivé et qui est délirant.

    Des infos mises en évidence lors des négociations (les Rousses) montrent que de Gaulle et sans doute ses prédécesseurs, s’étaient fixés comme objectif de se libérer des dépenses de l’armée classique en campagne, pour construire l’arme atomique dans le but de faire la nique aux USA.

    Quand le FLN a accepté que le site de Reggane soit occupé par la France jusqu’en 1966, pour que la France ait le temps d’installer Mururoa, la guerre d’Algérie a pris fin. Au lieu d’amuser le bon peuple de droite et de gauche avec la disputation sur « l’Algérie Française » ou « l’Algérie Indépendante », un personnel politique courageux et respectueux de la vie des gens aurait pu expliquer, beaucoup plus tôt, l’évolution indispensable des données militaires et la situation de l’Algérie et de la Méditerranée d’aujourd’hui, serait tout autre et bien.

    Quelques soient les qualités d’un homme politique, il ne devrait être jugé que sur deux critères : le courage de parler le langage de la vérité au peuple et le respect des citoyens.

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