« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée »

Ce n’est certes pas l’objet premier de ce blog, mais il tomberait en déshérence si je n’abordais pas ici ce qui m’occupe quelque peu ces derniers temps depuis la sortie de mon livre. Ce billet tranche donc avec la tonalité de ce blog, et je compte sur votre mansuétude légendaire pour ne pas m’en tenir rigueur.

Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée » (He 12, 1-4). Si je ne craignais de récupérer indûment la lecture de ce jour à mon profit, je pourrais voir dans celle-ci l’un de ces clins-Dieu que l’on croise en chemin. Las, ce serait succomber encore à mon plus noir défaut : comme catholique, chercher l’inspiration dans les Écritures. Au lieu de laisser parler le politique d’abord.

Je n’ai pas souhaité ennuyer les lecteurs avec des réponses aux critiques ou attaques venant de-ci de-là1. Parmi ceux-ci, je connais l’aversion de bien des catholiques pour la controverse entre chrétiens. Je la connais si bien que j’en ai évoqué les travers dans mon livre et notamment cette tendance naturelle qu’a l’unité à virer à l’étouffoir – que ce soit à dessein ou involontairement. Pourtant, lorsqu’un auteur me qualifie d’hérétique, qu’un autre me traite de dévot, concluant par la citation de rigueur de Péguy, et que leurs propos (pour ne pas les qualifier autrement) sont publiés dans des maisons catholiques, il ne me semble pas aberrant d’y venir.

Dans un billet dont l’acuité se mesure à l’aune de l’accusation baroque portée contre nos évêques d’abandonner les chrétiens, « trop populistes à leur goût délicat », au profit des musulmans, le journaliste de Valeurs Actuelles Laurent Dandrieu me qualifie en effet de « forme extrême » de la tentation cathare. En somme, d’hérétique. Dans le sien, co-hébergé par l’Homme Nouveau et par La Croix, Thibaud Collin me débusque une autre tare : me voilà dévot.

Bon.

« Passons sur les erreurs factuelles (…) et les approximations et les contre-sens, malheureusement habituels dans ce genre littéraire », nous dit-il en hors d’œuvre. Navré, je vais m’y arrêter un peu. Car le propos n’est pas neutre. Erreurs + approximations + contre-sens, le tout dans un « genre littéraire » que l’on devine méprisable puisqu’il en est coutumier, voilà une équation dont on ne devrait pas se relever. Ce propos introductif n’ayant donc guère d’autre intérêt que de tenter de discréditer ou rabaisser le mien, apportons-lui une réponse.

Thibaud Collin me fait grief de rebaptiser le Général Cambronne en Camerone. Ce n’est pourtant pas le Général Cambronne qui commandait les légionnaires retranchés dans le fortin de Camerone, mais le glorieux Capitaine Danjou. Et celui-ci n’a pas lancé le mot de Cambronne en voyant arriver les Mexicains – ce que l’Histoire n’aurait vraisemblablement pas retenu, l’homme étant capitaine et non général – mais leur aurait répondu en somme : « la Légion meurt mais ne se rend pas ! ». C’est bien d’un syndrome de Camerone qu’il est question.

Thibaud Collin m’impute encore un contre-sens sur « le paganisme de Maurras« . A aucun moment dans le livre, je ne fais le reproche à Maurras d’un quelconque paganisme (au contraire de l’extrême-droite, seule visée). Seulement de son antichristianisme. Pourtant, lorsque Maurras écrit : « je ne connais d’autres Jésus que celui de notre tradition catholique, « le souverain Jupiter qui fut pour nous crucifié«  » avant d’enchaîner sur la dénonciation des « évangiles de quatre juifs obscurs« , il n’aurait pas été inconcevable de s’interroger sur l’inspiration réelle de son hommage à Jupiter, quand bien même le texte date de ses premières périodes2. Soit dit en passant, j’ai peut-être moins de familiarité avec Maurras que Thibaud Collin mais, de mon relecteur ou de mon éditeur, il n’aurait pas manqué de connaisseurs pour m’éviter une telle erreur. Donc, non, nulle part je ne fais mention d’un paganisme de Maurras.

Du sombre cortège des erreurs, contre-sens et approximations « habituels » que Thibaud Collin me reproche, il ne reste donc que Michel Rouche, que j’ai en effet rebaptisé Henri3. Mazette. Sur tout un livre. Que Michel Rouche, s’il nous faisait la grâce de nous lire, veuille bien accepter l’expression de ma plus profonde confusion. Ceci étant dit, sur les trois erreurs pointées, deux le sont… par erreur. Faire preuve de moins de précipitation dans la lecture n’aurait pas été impropre, surtout lorsque l’on veut ensuite fustiger le texte en philosophe.

Mais au final, les attaques plus ou moins assumées de l’un et de l’autre en viennent au même propos : j’en ferais trop avec le spirituel. Mea maxima culpa : aux chrétiens et à moi-même, je propose de puiser à notre foi commune.

Eh bien oui. Je retiens l’accusation, je la relève et la garde volontiers avec moi, précieusement. Ça fera marrer mon curé. Mais je ne crois pas coupable de dire aux chrétiens, angoissés par la disparition qu’ils appréhendent, que nous pouvons prendre les textes au sérieux, que la Bible comme leur Histoire ont quelque chose à nous enseigner. Que ni Dieu ni le Christ n’y montrent un attrait spontané pour les pierres ou pour le temple, ce qui n’est pas négligeable. Que lorsque le peuple voulut un roi, Dieu ne l’accorda qu’à regret : « c’est moi qu’ils rejettent : ils ne veulent pas que je règne sur eux ». Que lorsque David voulut bâtir un temple, Dieu commença par le refuser. Que Jésus ne marqua pas de considération particulière pour les pierreries de ce temple (Luc 21,6; Matthieu 24, 1), qu’il relèverait en trois jours (Jean 2, 19). Que lorsqu’il expira, le rideau du Temple se déchira et le sacré vint se mêler pleinement au monde. Que Dieu renouvelle dans la Bible des promesses d’être « avec nous » quoi qu’il puisse arriver au temple ou à Jérusalem, ce qui n’est pas indifférent. Serait-ce donc manquer à l’incarnation que de chercher en la Bible une inspiration et même, soyons fous, une espérance ? Serait-ce, pour un catholique, manquer à l’incarnation que de chercher moins une identité nationale ou religieuse, que de le chercher Lui, qui « est plus intime à moi-même que moi-même » (Saint Augustin), « Lui, qui est infiniment au-dessus de moi, est toutefois tellement en moi-même jusqu’à être ma véritable intériorité » (Benoît XVI, qui citait Augustin). Devrais-je rougir, à défaut de l’avoir trouvé, de le chercher ainsi ? Et de penser qu’à mes frères angoissés, comme je peux l’être moi-même, il peut apporter une espérance et une réponse – y compris temporelle ? Non, je ne néglige pas « la nature », je ne méprise pas la glaise. Mes camarades, mes coreligionnaires, et moi-même, notre condition naturelle, notre état présent, c’est bien d’y être. Il ne peut nous être reproché d’oublier le patrimoine, l’histoire et les pierres. Plutôt de ne voir qu’elles. Alors, de nos deux pieds dans la boue, et peut-être même jusqu’au cou, je me suis permis de proposer qu’on lève les yeux au Ciel.

Et je recommencerai(s).


  1. Vous trouverez aussi d’autres nouvelles au-delà des critiques, en parcourant cette page, que j’actualise régulièrement – je vous renvoie entre autres recensions, à celles de Patrice de Plunkett, d’Antoine Pasquier, de Nicolas Mathey ou d’Edouard de Mareschal []
  2. la citation exacte est la suivante : « et voici qu’on invoque au secours du désordre le bizarre Jésus romantique et saint-simonien de mil huit cent quarante. Je connais peu ce personnage et je ne l’aime pas. Je ne connais d’autre Jésus que celui de notre tradition catholique, « le souverain Jupiter qui fut sur terre pour nous crucifié ». Je ne quitterai pas ce cortège savant des Pères, des Conciles, des Papes et de tous les grands hommes de l’élite moderne pour me fier aux évangiles de quatre juifs obscurs.  » – Charles Maurras, préface du Chemin de Paradis) []
  3. ce que j’avais bien volontiers signalé de moi-même sur Facebook début janvier – Thibaud Collin évoque aussi l’expression « spécialiste de Clovis », qu’il m’attribue apparemment et qui ne figure pourtant nulle part dans mon livre, quand bien même on peut lui reconnaître une certaine spécialité à cet égard []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d'un titre. Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire - Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

17 comments

  • Cela ne m’étonne en rien venant de Thibaud Collin, étant donné sa vive critique du Pape François à propos de Amoris Laetitia., et son soutien aux « dubia ». C’est dans la continuité de sa pensée.

  • Régulièrement je vais lire Thibaud Collin sur son Blog du journal La Croix. Souvent je ne le comprends pas mais ce n’est pas de sa faute, c’est moi qui bloque avec la philo et parfois avec la religion catholique de certains. Dans le blogon où il mentionne votre livre j’ai eu l’impression qu’il faisait du « In cauda venenum ».

  • Colibri a écrit :

    Dans le blogon où il mentionne votre livre j’ai eu l’impression qu’il faisait du « In cauda venenum »

    In capita aussi. Soyez rassuré, vous avez bien compris. Et la cauda n’est pas très assumée, au demeurant, qui renvoie à Péguy le soin de conclure.

    @ Cardabelle : je n’ai certes pas eu besoin d’ouvrir le lien pour connaître la tonalité.

    @ Sébastien : merci 😉

  • je n’ai pas toujours été d’accord avec le ton un peu méprisant que tu as parfois employé ni avec ta position très centriste et anti FN, non parce que le FN serait bien, mais parce que les personnes qui sont abusées par ses dirigeants cherchent « un certain bien », et que ton ton a pu parfois les blesser et les replier sur eux mêmes inutilement.

    pour autant, je t’approuve, t’admire et te remercie pour l’ensemble de ce que je n’ai pas peur d’appeler « ton oeuvre », et je souhaite par ce commentaire t’encourager. Car tu as toujours [eu] à coeur de revenir à la vérité par une argumentation extrêmement soignée, et pour le coup jamais méprisante, car elle suppose toujours à ton lecteur la même capacité à réfléchir que toi.

    c’est le centre de ton blog, de ton charisme, et je suppose de tes livres, que je te remercie aussi d’avoir écrits pour toucher un public plus large.

    tu constitues pour moi le coeur de ma blogosphère, celui qui ramène à la raison et créé un terrain de jeu de l’intelligence sur lequel les matchs qui se jouent peuvent désamorcer toutes les guerres, car les guerres proviennent toujours d’affrontement qui auraient pu être traités sans violence, si du moins tous les adversaires étaient  » de bonne foi » et « de bonne volonté ».

    pour moi, et, je le redis, bien que ma vision du monde diffère de la tienne pour des raisons d’origine sociale et d’expérience personnelle, tu crées les conditions de l’unité qui permettent des aventures comme sens commun -pour ne citer que celle qui porte sur la politique- et qui permettront un jour peut-être de relever le niveau du débat politique de ce pays, qui allait plutôt vers le caniveau que vers les hauteurs.

    tu n’es pas le seul, mais il me semble que tu es le principal, dans ta situation : accessible à tous, incarné jusque dans l’actualité, sans céder à la tentation de l’immédiat. il me semble que tu es celui qui réalise le plus grand pont entre des personnes les plus différentes, ce qui t’apporte aussi plus de controverses, mais c’est ta grâce.

    tu as changé la façon dont je pensais la politique, je crois que c’est ainsi pour beaucoup, ton travail a une fécondité dont je pense qu’on se réjouira durant l’éternité.

    je ne suis pas sous prozac, ni coutumière des compliments, je suis souvent negative, mais te lire est toujours une joie pour moi, et je crois que tu as l’influence la plus positive de tous les blogs que je peux lire sur le net. (j’en aime beaucoup d’autres aussi, hein. particulierement la revue limite et les enseignements du père Molinié, mais le tien apporte cette raison commune dans la controverse, et c’est vraiment un socle pour de grandes choses essentielles à notre vie en France, je crois.)

  • Je n’ai suivi la querelle que d’assez loin, n’ayant pas encore mis la main sur ton livre. Mais tes contradicteurs, Koz, me semblent plutôt légers dans leur réflexion. Thibaut Collin, après avoir ouvert le feu de façon bien négligente en inventant des « erreurs factuelles », conclut en t’accusant, Péguy à l’appui, de ne pas « être du monde », ce qui indique qu’il n’a pas trop pris la peine de s’informer sur celui qu’il critique ainsi. Quant à M.Dandrieu, la simple expression de « nouveaux cathares » (!) suffit à illustrer le manque de sérieux de sa diatribe.

    Cela dit, les deux cherchent à te renvoyer, sous un angle ou sous un autre, dans la niche réservée aux élites déconnectées du peuple. On sait, malheureusement, ce que ce type de discours a de succès par les temps qui courent. S’y opposer demande un certain courage, que je te souhaite vigoureux et durable!

  • @ do : tu ne seras pas surprise que je ne sois pas d’accord sur la tonalité méprisante supposée de mes interventions. Je suis toujours étonné de constater comme ces gens sont bien souvent d’une agressivité permanente et crient à la maltraitance si on ne les plaint pas. Mais bon, pour tout le reste de ton propos, je te remercie sincèrement.

    @ Gwynfrid : en effet, pour considérer que je ne serais pas dans le monde, il faut tout de même se lever tôt. Ce doit être mon côté contemplatif ou mystique qui les induit en erreur. Ou l’erreur, juste.

    Et je suis bien d’accord avec toi : ces milieux jouent la même partition que les extrêmes – de droite ou de gauche. Ils seraient du côté du peuple, eux qui n’ont aucun titre pour le prétendre, et certainement pas plus que moi. Et leur positionnement est tout de même lourdement frappé d’hypocrisie. Non seulement ils démissionnent du rôle véritable d’une élite quand elle est bien compréhensive – tenter d’être un avant-poste – mais ils seraient les premiers à dénoncer le relativisme, à invoquer le devoir de chercher la Vérité. Et puis quand quelqu’un s’avise de la chercher (non je ne dis pas la trouver) là où ça ne les arrange pas, alors ils le somment de modérer ses élans spirituels, de composer un peu avec le monde, de ne pas oublier la nature etc. etc.

  • « Alors, de nos deux pieds dans la boue, et peut-être même jusqu’au cou, je me suis permis de proposer qu’on lève les yeux au Ciel. » Merci Erwan de nous aider à lever toujours les yeux vers le ciel. C’est un apostolat, c’est sûr. Et cela nous aide, c’est certain aussi.

  • quand je parle de tonalité méprisante, je précise qu’il s’agit uniquement de certains tweets, et de quelques commentaires, il y a quelques temps surtout, qui se rapprochaient un peu du ton de Maitre Eolas, ce qui est très sympa une fois ou deux au début, mais qui finit par user puis par blesser.

    … même si on peut comprendre qu’après le 200 ième commentaire ou tweet avec la même erreur (à vos yeux en tout cas, je ne statue pas pour tout), ou franchement agressif, vous finissiez par renvoyer la balle un peu plus sèchement. c’est compréhensible, voire excusable, mais il reste que ça peut vraiment blesser ceux qui n’ont pas assez d’humilité pour accepter cette « coutume » un peu inhérente à internet. je devrais trouver un autre mot pour la façon dont c’est émis, là c’est le mot qui indique comment c’est reçu.

    cela dit, je pense qu’on ne peut être blessés que dans la mesure où au fond on t’aime bien, et où, au fond, ton avis compte pour nous. j’espère que l’amour là encore arrivera à triompher. Que saint Médard use de tous ses charismes pour y parvenir ! 😉

  • Flute, pour avoir eu Thibaud Collin en professeur de philo, je ne m’attendais pas à le trouver au nombre de tes détracteur… surtout si tu cites Saint Augustin à tout va 😉

    Il faut dire que cela fait un certain temps que je ne suis plus trop l’actualité philo…

    Enfin bref, ça commence à devenir punchy tout ça, il faut vraiment que j’achète ton livre, ça va ambiancer les repas de famille je le sens! (Ça et les présidentielles, on va se régaler à table!!!)

    By the way, merci. Pour le blog et les livres. Je ne suis pas toujours d’accord avec toi en commençant à lire tes articles, mais il est rare que je n’en finisse pas la lecture convaincue, ou avec au moins quelques nouvelles pistes de réflexion à explorer!

  • Étonnant de voir l’accueil réservé à ton livre par des gens de tout bord. Surpris en bien par les réactions de certains, décontenancé par d’autres. Tu as décidément mis le doigt sur une plaie ignorée de beaucoup mais bien vive.

    Je dois avouer ne pas t’avoir reconnu dans le texte de Thibaut Collin. Difficile pour moi de réconcilier ton goût pour la confrontation au réel et à la complexité, et la description d’un homme qui en ferait trop avec le spirituel. Ni avoir reconnu le livre dont il parlait, que je ne lis pas de la même manière.

    J’ai le sentiment que ton bouquin me pose en fait une seule question, fondamentale et dérangeante : Qui est-Il vraiment, pour moi tout d’abord, et pour le monde ensuite ? Ceci déplace le problème de l’identité, et nous confronte au manque de clarté de notre réponse et à nos contradictions. Est alors questionnée la place que nous accordons réellement au Christ dans notre vie, notre prière et notre action. Et donc la qualité de notre présence au monde.

    Ta pugnacité et ton endurance ont pour moi un immense mérite, au-delà de possibles désaccords : nous obliger à reconsidérer régulièrement la cohérence de cette dernière, nous pousser à garder les pieds dans la glaise (que j’aime ce mot) sans perdre de vue le sommet, et donc de discerner la ligne de crête à tenir, aussi difficile soit-elle, pour y parvenir.

    En un mot, continue !

  • Encore merci et bon courage – dans la durée. La vivacité de certaines réactions montre en effet qu’au minimum, il y a bien « un sujet » !

    Toutefois, je ne l’avais pas signalé sur le billet précédent ; pas une critique, non, mais une petite déception : j’espérais trouver au moins une allusion minimaliste à François-René à qui le sous-titre a tout de même été emprunté… (Mon côté khâgneux qui s’agite, je suppose.)

  • @ Anne, @ Alberto merci à tous les deux. Comme je me le dis par moments : quand on file un coup de pied dans un nid de frelons, on ne s’étonne pas d’être piqué. Même si cela n’enlève rien au désagrément de la piqûre.

    @ PVimic : je crois qu’en effet, la question du politique d’abord n’est jamais loin. C’est peut-être d’ailleurs le noeud du problème : soumet-on la religion au politique ? Quand on me reproche de vouloir faire une église des purs, etc. n’est-ce pas un peu aussi parce qu’il s’agirait d’arrêter d’emmerder le monde avec l’Evangile et de le laisser développer ses options politiques sans venir trop interférer ? Bref, en distinguant nettement le spirituel et le politique, et en donnant la primauté à ce dernier ? Dès lors comme tu le dis, c’est là la question : qui est-Il pour nous, croyants ? Croyons-nous intégralement ou nous gardons-nous quelque assurance par-devers nous parce que la Bible, c’est bien, mais c’est une jolie histoire inapplicable ?

    @ humpty-dumpty : cela aurait pu, en effet, mais je connais trop mal le livre, qui me semble toutefois être assez précisément dans la contemplation romantique du passé et de ses ruines qui ne me semble pas nous réserver d’issue. J’aurais pu, aussi, faire une allusion à Patrick Buisson, dit « le mauvais génie », ce qui n’est pas complètement fortuit de ma part…

  • Koz a écrit :

    quand on file un coup de pied dans un nid de frelons, on ne s’étonne pas d’être piqué

    Les chinois ont une phrase qui m’a toujours amusé: « Ne pense pas, si tu penses, ne parle pas, si tu parles, n’écris pas, si tu écris ne t’étonne pas de ce qui peut t’arriver. »

  • Où l’on en apprend un peu plus sur les conceptions de l’un de mes contradicteurs, de sorte qu’il apparait finalement que l’un comme l’autre me jugeaient depuis les rives du Front National. Que cela ait été hébergé par La Croix me surprend davantage, mais j’imagine qu’elle n’a pas suivi toute l’évolution idéologique du personnage.

    Un autre soutien de poids pourrait être annoncé prochainement, celui du philosophe Thibaud Collin. Cet intellectuel catholique, qui s’était fait remarquer en 2004 en participant à un livre d’entretiens avec Nicolas Sarkozy, est une belle prise de guerre. Il a rendu le 9 janvier sur le site de Causeur un hommage édifiant à Marine Le Pen : « Conseillons aux chrétiens qui continuent à croire et à faire croire à l’exceptionnalité politique de Marine Le Pen en raison de sa prétendue xénophobie de relire Notre jeunesse, de Charles Péguy […]. Bref, qu’ils changent de lunettes. Ils n’ont pas perçu que Marine Le Pen n’est pas plus xénophobe que le pape François n’est libéral. » La messe est dite.

    Séduire à droite : l’autre campagne de Marine Le Pen

    Pauvre Charles Péguy, objet de toutes les récupérations post-mortem… et pauvre Thibaud Collin, qui devrait songer d’abord à porter des lunettes, avant de demander aux autres de changer les leurs. Les derniers développements sur le Front National en disent suffisamment long sur l’idéologie du FN et sur son propre aveuglement – volontaire ?

Les commentaires sont fermés