Vertitude

Les Verts sont décidément le parti le plus drôle du paysage politique français. Et encore, à leur égard, le terme de « parti » apparaît-il foncièrement décalé. Les voilà confrontés à l’hypothèse de la candidature Hulot, une candidature qui n’est pas pour me déplaire si elle peut débarrasser l’écologie de ses oripeaux gauchisants qui n’ont rien à f… là, notamment si l’on veut en faire un sujet concensuel. Bref, Hulot lui-même serait, à en ouïr certains, un peu embarrassé par sa stratégie : peu chaud à l’idée de se présenter, mais dépourvu de tout moyen de pression s’il se retire, peut-il en outre renoncer alors que l’on peut se demander si l’on n’a pas signé son pacte – comme d’autres chartes – que pour mieux passer à un autre sujet ? Le moment serait le bienvenu pour, avec des mines avenantes, l’inviter encore et encore à venir rejoindre les Verts. Eh bien non, les Verts nous refont une campagne présidentielle comme ils en ont le secret : rappelez-vous le retrait de Lipietz en pleine course… Et voilà que trois députés européens Verts appellent à soutenir Nicolas Hulot ! Consternation, enfer et damnation. Mais Dieu ce qu’ils sont rigolos !

Billets à peu près similaires

Aucun billet similaire (même à peu près).

17 comments

  • allez, ça peut arriver aux meilleurs … pensez à la campagne Chaban de 1974, à la campagne Rocard aux européennes de 94, à la campagne Bayrou de 2001-2002 …

    remarquez, je ne sais pas si ça va consoler D. Voynet …

    et puis, ce qui est encore plus idiobête cette fois-ci, c’est de trahir / d’être trahie au profit d’une personne dont tout le monde pense qu’elle ne sera pas candidate …

  • Malgré toute la sympathie que j’ai pour Hulot et que je ne souhaite absolument pas pour lui qu’il sorte trop de son rôle pour prendre des coups politiques, je rêve parfois qu’il créé un parti, une force politique qui mettrait les verts KO.

    Un parti avec uniquement une lignée écologique forte et puissante, le reste des positions étant à la discrétions de ses élus potentiels pourvu qu’elles naviguent entre ps, centre et ump.

  • Je ne comprends pas comment un parti pourrait n’avoir qu’une « ligne écologique », un parti politique sérieux doit avoir vocation à gouverner (tout au moins à participer aux affaires), et cela implique nécessairement des opinions sur tout le champ d’action politique. Vous vous voyez élire un maire qui n’a des idées que sur l’écologie? Ce n’est pas de la politique, c’est du lobbying (je ne suis pas, au contraire d’une majorité de français ostile au lobbying… mais je préfère qu’il ne s’exprime pas dans des élections politique). Les verts sont écolo et de gauche, Cap21 sont écolo et pas de gauche (il parait que ça les froisse d’être dit de droite), Hulot est écolo, mais… on ne sait pas le reste, je trouve ça inquiétant d’imaginer voter pour une personne ou un parti sans avoir la moindre idée des personnes avec qui il prévoirait de gouverner.

    Je n’oserai pas affirmer que l’écologie est une valeur ‘de gauche’, mais il n’empêche, en France, comme ailleurs, les forces politique à forte implication écologiste n’ont réussi à émerger que parmi les forces de gauche (peut être que la droite sait mieux que la gauche empêcher l’émergence de partis ‘concurrents’).

  • L’écologie c’est pas les crottes de chiens et les sacs plastiques, et éteindre la lumière. C’est quand même un peu plus compliqué.

    C’est agir sur les grands sujets structurants des transports, de l’agriculture, de la consommation, des équilibres Nord-Sud, de l’Union Européenne… De là qu’il est nécessaire de prendre position dans le clivage droite gauche. De là aussi que ce courant politique a sa place dans l’échiquier, mais il est vrai que l’on peut débattre des alliances que nouerait un tel parti plus puissant. Il arrive qu’il y ait des réelles convergences entre les Verts et de vrais libéraux, après, il y a un problème de culture initiale.

    On doit se lamenter que n’émerge pas une telle force. On peut aussi, à court terme tirer des enseignements sur la structure du Parti des Verts. Dans le fond l’article de Koz me paraît pointer les difficultés de gérer une structure politique trop démocratique. Des enseignements pour l’UMP, le PS, l’UDF ?

  • [quote comment= »548″]On peut aussi, à court terme tirer des enseignements sur la structure du Parti des Verts. Dans le fond l’article de Koz me paraît pointer les difficultés de gérer une structure politique trop démocratique. Des enseignements pour l’UMP, le PS, l’UDF ?[/quote]

    Là, je crains que tu ne confondes démocratie et bordel. La démocratie a besoin d’un peu d’organisation pour être efficace.

  • [quote comment= »550″] Là, je crains que tu ne confondes démocratie et bordel. La démocratie a besoin d’un peu d’organisation pour être efficace.[/quote]

    Vu de l’extérieur, je suis complètement d’accord. Mais de l’intérieur, leur organisation est compliquée, difficile à changer pour des histoires de statuts. Si une telle structure, peut-être repensée, parvenait à fonctionner ça pourrait être un modèle de parti. Par exemple c’est gratifiant pour les militants : ils débattent réellement. Voilà, pour le moment, en effet comme tu dis, c’est pas très opérationnel. (Tu peux quand même pas dire « bordel », le jour où la Croix te distingue).

    Mais en Suisse par exemple, ils ont un modèle de démocratie participative intéressante. Pourquoi ça ne marcherait pas à l’échelle d’un parti ?

  • Koz,

    Les Verts ont bien proposé à NH de les rejoindre mais il a écarté l’invitation, arguant que son positionnement n’était pas politique. Soit, mais il déclare par ailleurs :

    « Bien évidemment, il me semble que les exigences écologiques sont plus naturelles à gauche qu’à droite.

    Dixit Nicolas Hulot.

    On comprend sa logique de vouloir imposer l’écologie dans le débat politique « de l’extérieur ». Mieux que ne le feraient les Verts de l’intérieur (et donc de la gauche) selon lui. Comment comprendre sinon pourquoi il n’appelle pas à voter pour le/la candidat(e) dont le programme est le plus compatible avec l’ensemble de ses propositions (au delà même du Pacte).

    Mais on peut vraiment s’interroger sur la réelle efficacité de ce mode d’action : la Charte de l’environnement promeut déjà deux des cinq objectifs de débat sur le développement durable (Art. 6 et 7) et d’éducation à l’écologie (Art. 8). Engager les candidats à respecter un texte à valeur une loi constitutionnelle, c’est bien le moins qu’on puisse faire… Alors certes l’action au niveau national des Verts reste marginale (ce qui n’est pas sans rapport avec le scrutin majoritaire) mais au niveau local leurs élus jouen un rôle loin d’être aussi négligeable que ne le laisserait penser le silences des grands media à ce sujet (indécrottable parisianisme)…

    L’avenir jugera. Espérons qu’il ne soit pas trop sévère…

  • Quels cons ces verts, ça ne fait jamais que 30 ans qu’ils défendent des idées qui apparaissent aujourd’hui totalement pertinentes et modernes. Ce que fait Hulot aujourd’hui est formidable, mais l’aurait-il pu si les Verts n’avaient pas été là pour les défendre à l’époque où ces idées paraissaient ridicules ou génantes aux yeux de l’intelligentsia ?

    Et sur qui compter à part sur un groupe politique Verts à l’assemblée pour que les belles intentions de campagne électorale soit suivies d’effets ?

    Rappelez-moi : combien Nicolas Sarkozy a t’il consacré de lignes à l’écologie dans son livre « Témoignages » qui n’est pas si vieux que ça ?

    Enfin dire que les « habits gauchisants n’ont rien à faire avec l’écologie » est un contre-sens de débutant du niveau école primaire. La question environnementale et la question sociale sont étroitement liées, totalement indissociables, et donc l’écologie pour être efficace doit pencher à gauche. Sinon on aboutit à une écologie « privilège des pays riches et des riches à l’intérieur de ces pays riches » qui passe à côté des vrais problèmes.

    Une illustration de cela est le développement des « alicaments », ces aliments hauts de gamme censés être des médicaments tellements ils sont sains. Mais qui achète des alicaments ? Ceux qui avaient déjà un pouvoir d’achat suffisant pour avoir une nourriture saine. Or la malbouffe s’attaque principalement à ce qui doivent faire leurs courses chez ED et Aldi. Donc cette mode des alicaments est parfaitement absurde. Si tu veux réaliser la santé par l’alimentation, fais en sorte au contraire de baisser le prix des produits sains normaux.

    En même temps, l’écologie politique est avant tout pragmatique. Elle n’a rien à faire avec Besancenot, Laguiller ou Mélenchon, qui ont défendu des régimes (U.R.S.S.) encore plus productivistes et encore plus désastreux écologiquements que les notres.

    Cette tendance du mouvement écologiste à se scindre en deux en une tendance ultra-gauchiste (Bové) et une tendance ultra-apolitique (que serait une candidature Hulot – je précise, ce que fait Hulot jusqu’ici est génial) n’est donc pas un progrès mais une terrible régression par rapport au positionnement défini par Voynet il y a 15 ans. La place de l’écologie politique est dans la collaboration avec la sociale-démocratie. Et pas seulement en France mais partout (Joschka Fischer en Allemagne par exemple).

  • Juste un mot sur la démocratie interne chez les verts : oui il y a des problèmes. Il y a eu une alliance historique autour de Voynet entre les réalos et la gauche du parti. Ils sont en train de régler ça.

  • [quote comment= »579″]Enfin dire que les « habits gauchisants n’ont rien à faire avec l’écologie » est un contre-sens de débutant du niveau école primaire. La question environnementale et la question sociale sont étroitement liées, totalement indissociables, et donc l’écologie pour être efficace doit pencher à gauche. [/quote]

    Tout à fait, et je dirai : La question de l’écologie et la question économique sont étroitement liées et donc l’écologique pour être efficace doit pencher à droite.

    Donc on peut dire ce qu’on veut avec l’écologie avec un peu de sophisme.

    L’écologie n’est ni de droite, ni de gauche. Elle doit venir de tous les partis. Tant que vous n’aurez pas compris cela, on n’avancera pas.

  • Ankou: Si l’on s’entend que la différence gauche/droite se joue sur l’axe solidarité/liberté alors on peut effectivement dire que l’écologisme est une attitude plus naturelle pour la gauche puisqu’il s’agit de privilégier des l’intérêt général sur les libertés individuelles.

  • Pour poursuivre sur le commentaire de knd: Le pacte de Nicolas Hulot implique un fort interventionnisme de l’Etat, ce qui fait pencher les écolos plutôt à gauche

  • [quote comment= »591″]Ankou: Si l’on s’entend que la différence gauche/droite se joue sur l’axe solidarité/liberté alors on peut effectivement dire que l’écologisme est une attitude plus naturelle pour la gauche puisqu’il s’agit de privilégier des l’intérêt général sur les libertés individuelles.[/quote] W Bush a privilégié l’intérêt général sur les libertés individuelles à travers ses lois liberticides. Serais-tu bushiste? ^^ Bon, je suis vache et un peu de mauvaise foi, j’aurai pu prendre Castro & Cuba. C’est pour cela que j’ai du mal dès qu’on me parle de restreindre ma liberté pour l’intérêt général. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

    [quote comment= »590″]à Ankou :

    Pour la relation entre l’économie et l’écologie, vous pouvez trouver pour pas cher (14 euros) cet excellent ouvrage :

    http://www.amazon.fr/Léconomie-verte-expliquée-ceux-croient/dp/2915879273%5B/quote%5D Merci, je suis allé sur le site de Cosmopolitiques, le groupe de réflexion dont fait parti cet auteur. Et j’ai vu cet article : La gauche après mai 1968 et l’aspiration à la Révolution totale Par Luc Boltanski . Vous comprendrez que j’ai un peu de mal, la révolution est en général sanglante en France. Mais j’irai peut être acheter ce bouquin, si j’ai le temps de le lire, ce qui sera ardu ces temps ci

  • Pingback: » Sanity Check

Les commentaires sont fermés