Un mauvais geste pour Haïti

Coupez le son, vous apprécierez d’autant mieux le jeu d’acteurs. Anthony Kavanagh donne le ton, dès les premières secondes : le regard sera lourd, insistant. Dedans, ils auront mis leur plus belle souffrance. La tête se redresse, lentement. Avec un léger retard – ce décalage dû à la douleur qui vous étreint – les yeux suivent. Dedans, autant que possible, un peu d’humidité : c’est à cause de l’émotion. Après Kavanagh, Aznavour le fait pas mal. Noémie Lenoir aussi s’est bien appliquée pour interpréter la fille que la tristesse étreint. Si bien qu’elle le refait un coup : faut pas se priver des bonnes choses.

C’est l’occasion de découvrir de nouveaux visages. Au cas où on ne les reconnaitrait pas, on a mis leur carte de visite (à tout le moins leur nom, quant à leur « actualité », on la mettra dans dix ans). C’est l’occasion de vérifier que le gendre idéal est encore gentil. On prend des nouvelles d’Ophélie Winter, aussi. Elle chante encore. Et puis elle ondule son corps aussi. Ça, c’est cool. C’est pas parce qu’on chante pour Haïti qu’il faut pas le faire un peu sexy.

Lors d’une soirée-débat sur le Don, la gratuité, Emmanuel Faber écartait la gratuité comme critère d’appréciation. « J’ai résolu de mener le chemin d’imperfection qui est de considérer que le don est un échange » disait-il. Reste à savoir si aide contre notoriété sont les termes d’un échange éthiquement acceptable. On abordait ensuite les grands Charity Events. Ceux où se presse le gratin des people gentils. Élie Wiesel disait qu’il se moquait de ce défilé. Qu’il était lucide, évidemment (c’est Elie Wiesel), mais que l’important n’était pas l’intention véritable de la star qui s’affiche que l’argent qu’elle lui permettait de récolter, et ce qu’il en ferait. Mais l’instrumentalisation de la charité est-elle si indifférente à long terme ? L’hypocrisie de la dame patronnesse, à longue, ça use les meilleures volontés. Et puis, allez, le charity, on peut au moins le faire avec un peu de nuance. Bien sûr le goût (le bon) se gâte, alors on appuie lourdement sur le sentiment. Mais tout de même. Si Bono pleurait à chaque fois, ce serait vite lassant.

Ce n’est pas mon seul souci avec cette vidéo. Natalia a très bien relevé, avec les précautions nécessaires1 l’instrumentalisation de Dieu dans cette affaire. Dieu, dont on peine à croire – mais ce doit être un présupposé coupable – que c’est leur préoccupation de chaque instant, eh bien Dieu se retrouve au cœur de ce clip, dans les mots d’Aznavour. Dans les mots d’Ophélie Winter,  aussi, qui philosophe : « Qu’il est dur de croire que Dieu a le pouvoir sur autant de vies« . Eh bien, justement, crois ma fille, tu n’y croiras plus. Et si nos aimables people de pays riche ont dans l’idée de rejeter sur Dieu la faute, comme au temps de la plus grande superstition, les premiers concernés, eux, l’ont prié, Dieu. Mais peut-être les haïtiens ne sont-ils pas assez éduqués ? Peut-être devraient-ils s’en remettre, pour un peu de sagesse, à notre star système ? Chacun son étoile.

J’ai un autre souci, majeur, avec cette vidéo. Elle est, sinon raciste, racialiste. 90% des interprètes sont Noirs. Les visages noirs se succèdent. Pourquoi ? Quel est le message sous-tendu, volontairement ou non ? Pourquoi introduire la race dans ce débat ? S’agit-il de dire que la solidarité personnelle, l’objet de ce clip, serait raciale avant tout ? Que les célébrités françaises concernées sont avant tout noires ? Que l’on se sent d’autant plus proche que l’on est de la même couleur de peau ? L’idée ainsi colportée est odieuse.

Le message était implicite, c’est Jacky qui l’explicite, pour les autres : « faut-il être d’un même pays pour se mobiliser ? Faut-il être d’une même couleur de peau pour se sentir con-cerné ? »2. Le clip fait mine de dénoncer un état de fait, c’est pourtant lui qui l’illustre. Longuement, pesamment, péniblement. Haïti, ce serait une affaire de Noirs, une affaire de frères, mais de frères de race.

Jacky, mon lapin, ta question, tu la prends et tu te la mets derrière l’oreille.

Parce qu’elle est insultante pour les français, parce elle n’a pas lieu d’être, parce que les faits te donnent tort.

Non, les 40 millions d’euros collectés depuis quinze jours n’ont pas tous été donnés par des Noirs. Tiens, j’en connais un, parmi tant d’autres, qui a donné, le 13 janvier. Sans attendre les célébrités. Sans imaginer que la race des victimes soit une donnée du problème. Et des millions de français ne se sont pas demandés s’il fallait « être d’une même couleur de peau pour se sentir con-cerné« .  Les seuls qui introduisent cette question de race, ce sont les interprètes de ce clip.

Dans les tous premiers jours, Jacky, Passi, Anthony, mon Google Actu me parlait de cette antenne locale du Secours Catholique de La-Roche-Sur-Yon, en Vendée. Des antennes comme celle-là, il y en a des centaines en France, au Secours Catholique et dans d’autres associations caritatives, qui menaient des actions dès avant le séisme. Ouest-France nous disait : « en 2009, la section yonnaise a organisé une chanterie et un marché aux puces pour sensibiliser sur la situation à Haïti. 4 920 euros avaient été ainsi récoltés pour ce pays connu pour sa très grande pauvreté« . Quatre hommes et une femme. Des gens ordinaires, pas des célébrités. Ils organisent « une chanterie et un marché aux puces« . C’est moins strass, moins hype, c’est discret mais c’est là, fidèlement.

Et ce sont des gens blancs, tout blancs, qui ne se posent pas la question de la couleur de peau des personnes aidées.

Non, cette question ne se pose pas. Et il est coupable de le faire.

Comme ces cinq bénévoles, des centaines, des milliers de français peut-être agissent, plus sûrement, plus durablement, que quelques rappeurs paillette au regard lourd, mobilisés le temps d’un clip. Ca mérite un peu de considération.

Au mieux, ce clip est une niaiserie bouclée dans la précipitation.

* * *

Mise à jour : Niamreg souligne que la chanson a été initiée par une radio de R’N’B et de rap, ce qui peut effectivement expliquer la présence très majoritaire de chanteurs noirs. Il aurait été préférable que cet élément de contexte soit donné. Élément rassurant, même s’il ne change rien à la phrase prononcée par Jacky, qui vient appuyer le sentiment que la couleur de peau entre en ligne de compte.


  1. je vous renvoie d’ailleurs à son billet pour les précautions []
  2. 1’30 []

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101 commentaires

  • Ouais. J’ai pensé à tout cela. Très fort. Et puis je me suis dit que ce n’était peut-être pas le moment… Mais t’as raison, toutes ces questions méritent quelques réponses. J’aimerais connaître le making off du clip, comment ils ont décidé des artistes, etc…

  • Le problème est que le star system est une manière d’institution et par là, toute institution peut être suspecte d’avoir un intérêt dans cette affaire, comme dans toute affaire inondée de douleur.

    C’est bien aussi pourquoi toute « institution » peut-être suspectée, y compris les églises, les ong, et les Etats bien sûr…

    Mais alors, doit-on rêver, idéaliser, comme dans l’exemple donné, un don d’humain à humain, en-deçà de toute institution, (considérant que les gens de La-Roche-sur-Yon agissent par eux-mêmes et non, réellement, au nom du Secours Catholique) ?

    Moi aussi, je préférerais cela ; la spontanéité, l’absence d’une quelconque « politique » dans le don…

    Mais le fait est qu’il n’est pas si facile de trier l’acceptable du vulgaire, en l’occurrence d’un côté des institutions disons, « sans trop d’intérêt » (en tout cas un intérêt lui-même institutionnalisé, tel que celui d’une ong, qui plus est, faisant partie du paysage culturel – je pense au Secours Catholique) et l’institution médiatique qu’est le star system, effectivement vulgaire, dévoyé, insupportable…

    En d’autres termes, à partir de quel critère doit-on considérer comme acceptable le don d’un Secours Catholique et inacceptable (ou tout au moins mal à propos) celui d’une starlette ? Où se situe la frontière ?

    Quand bien même la starlette serait en mal de notoriété ; ne perdons pas de vue qu’un Secours Catholique, ou autre (je reprends juste l’exemple cité dans le billet) possède aussi un intérêt dans le fait même qu’il doit être actif pour justifier son existence !

    Certes, c’est moins vulgaire et « intéressé », au premier abord, que la starlette précitée, mais il n’en demeure pas moins qu’une institution, si noble soit-elle, doit faire prospérer sa cause pour justifier sa place… faire tourner la boutique. On n’en sort pas me semble-t-il.

    On pourra certes toujours gloser sur la justesse d’une cause, mais là non plus, il n’est pas simple de considérer – une fois que l’on s’extrait du paysage culturel qui donne plus ou moins d’assise (sans jeu de mot) à telle ou telle organisation – que telle cause vaut mieux que telle autre… Et je gage que personne ne sera d’accord ! Tout est, en soi, discutable, nonobstant les bénéfices apportés aux personnes en souffrance.

    Nulle institution – entendu au sens le plus large – n’accèdera jamais au miracle du don entre deux humains, dans le bruissement de feuillage des âmes…

  • La « people-charity-business » pose également une autre problématique: celle de la « charity-cocooning-business ». Aider Haïti en regardant confortablement dans son canapé, bière à la main [charity-cocooning-guiness], un concert à la télé !. Acheter un CD à 16€ en faveur des victimes du séisme: « comme çà on aide et on se fait plaisir ! » (euh, pourquoi pas donner les 16€ directement à une associations ?). Et on pourrait multiplier les exemples. Cette problématique rejoins celle de l’échange (solidarité/plaisirs) et de la gratuité, et sans doute celle plus vicieuse de la dictature de l’émotion sur la raison. Mais c’est sans doute, un autre débat.

  • Le côté « bouclé dans la précipitation » m’incite en effet à l’indulgence.

    Dans les mots d’Ophélie Winter, aussi, qui philosophe : « Qu’il est dur de croire que Dieu a le pouvoir sur autant de vies ». Eh bien, justement, crois ma fille, tu n’y croiras plus.

    Elle va finir comme l’une des chanteuses qui aura le plus parlé de Dieu ! Elle avait connu son plus grand succès en chantant

    « J’étais assise sur une pierre, les larmes coulaient sur mon visage / Je ne savais plus comment faire pour trouver en moi le courage, / J’ai levé les yeux au ciel et là, / J’ai vu la lumière, j’y ai baigné mon âme.[…] / Je ne veux plus jamais me laisser faire / J’en ai assez, je n’en peux plus, j’ai trop souffert / Dieu a exaucé mes prières, / Je vais rester, je vais me battre et j’en suis fière. / Dieu m’a donné la foi qui brûle au fond de moi / J’ai dans le cœur cette force qui guide mes pas / Dieu m’a donné la foi, un p’tit je ne sais quoi / J’ai dans le cœur cette force qui guide mes pas »

  • Totalement d’accord avec toi.
    Depuis le début je n’en peux plus de ces appels au don, je n’ai rien donné pour Haïti, je n’ai pas beaucoup d’argent mais chaque année je fais don d’environ 100€ à une association suisse pour bâtir des écoles, hopitaux, et aider les populations.

    Car dans quelque mois, plus personne penser à Haïti, il n’y aura plus de dons non plus. S’il faut donner, je préfère sur du long terme et régulièrement. Les dons actuels c’est juste pour se donner bonne conscience qu’on aura perdu 2 heures après l’envoie d’un sms

  • @Guillaume

    Bonjour Guillaume.
    Tu dis « Les dons actuels c’est juste pour se donner bonne conscience qu’on aura perdu 2 heures après l’envoie d’un sms ». Pas seulement. Si ces dons peuvent aider ceux qui en ont besoin, alors ils sont une très bonne chose. Qu’importe, à la limite, que celui qui donne suite à une catastrophe puisse avoir le sentiment vain de s’acheter une conscience : ceux qui en bénéficient, derrière, ont actuellement des préoccupations bien plus terre à terre, il en va de leur survie. Je crois que c’est la seule chose qui importe vraiment.

    @Koz

    Ce clip a effectivement quelque chose de dérangeant, et que tu expliques très bien. Ce qui me dérange, comme à chaque fois, c’est que l’on utilise un drame comme moyen de promotion. Mais aussi que la couleur de peau, utilisée comme un cliché certes insultant pour tous, est n’est certainement pas reçue comme telle par le plus vaste public, mais comme une touchante initiative. Le public marche au cliché. Un cliché, c’est une garantie d’efficacité. C’est laid, mais ça peut expliquer bien des choses quant à cette production.

    Du coup, si ce clip m’afflige comme le show business m’afflige, j’espère tout de même qu’il va fonctionner et rapporter des dons. Parce que ces considérations n’ont pas trop d’importance à Haïti, comme j’en faisais part à Guillaume.

  • Je trouve que la question d’Ophélie est une vraie question et que nous aurions tort de nous en moquer.

    Dieu a tout créé, le ciel , la terre… il est bon, il nous aime et pourtant des catastrophes naturelles accablent ses créatures, des enfants meurent.

    Que faut-il comprendre ?

  • Oui, il faut mettre l’accent sur ceux qui donnent dans la durée, et sans en faire de la pub, car ce sont eux qui donnaient avant, qui donneront après, et qui ont probablement même permis de sauver des vies en amont:
    telle cette association « Action contre l’enfance maltraitée » dont un membre, basé à Jacmel, avait, avec le soutien financier de familles ordinaires de la campagne française, entrepris de construire une école selon des normes convenables: http://acemhaiti87.canalblog.com/archives/2010/01/13/16506031.html#comments
    « Si l’école a été épargnée, c’est sans doute par chance mais aussi en raison du type de construction (plein pied) et des efforts considérables au niveau des fondations. Rappelez-vous, à l’origine, il était question de faire une construction avec deux niveaux à l’endroit où se trouvait l’ancienne école (elle est complètement détruite). Pour des raisons de sécurité, on avait abandonné cette idée avec le risque de perdre à l’époque le soutien de nos membres. »; Maintenant, ils peuvent même mettre les bâtiments au service des sinistrés : « Nous avons décidé d’accueillir dans le bâtiment administratif de l’école (4 salles) les femmes enceintes, les nourrissons, les enfants et les personnes âgées. Dans le bâtiment devant accueillir les salles de classe, certaines salles seront réservées aux blessés.

    Et sur le fond, c’est vrai que d’entretenir l’idée que blancs et noirs ne sont pas égaux devant le malheur ni devant le partage, même si on peut en trouver ici ou là des exemples, ce n’est pas ça qui va aider les haïtiens à se sentir un peuple égal aux autres. Qu’ils fassent appel à leur diaspora, ça se comprend, car des haïtiens éloignés de leur pays peuvent être plus particulièrement touchés par ce désastre, comme c’est le cas de Wyclef, qui est venu à Haïti pour aider et qui a fait des appels aux dons en se servant de sa renommée: c’est différent, parce que le lien Haïtien/Haïti est tout de même naturel. Mais pas se dire « plus » solidaires juste à cause de la couleur de peau. c’est vrai que c’est malsain. Mais c’est très courant en France, ces raccourcis, ces dernières décennies, je trouve.

  • @ Vinvin : très concrètement, je me sens presque personnellement heurté par cette vidéo. La seule chose qui m’empêche de me dire choqué ou blessé, c’est que je ne vais pas laisser atteindre par ce genre de choses. Mais je trouve inacceptable d’introduire des considérations de race alors que, précisément, on peut voir que les français sans distinction de race se sont sentis concernés.

    @ L’orangie: c’est évidemment extrêmement subjectif. Pourquoi je réagis plus fort à ce clip plutôt qu’aux soirées des Enfoirés ? Pourquoi, dans un cas, je ressens plus une solidarité mise en scène ? Précisément, probablement, par la mise en scène un peu grossière (outre le caractère répétitif et le côté passage obligé de la chanson de soutien, originale il y a trente ans, rebattue aujourd’hui), ces regards pesants du mec qu’est vraiment bien bien concerné dans son œil.

    Et puis, une fois encore, je suis preneur de la position d’Emmanuel Faber : « J’ai résolu de mener le chemin d’imperfection qui est de considérer que le don est un échange ». Même le don, oui, serait un échange. Il faudrait être des saints pour exclure de notre don ne serait-ce que « le plaisir d’offrir ».

    Mais un certain bon sens nous amène tout de même à ressentir lorsque le don, l’implication, sont un peu trop publics. Et la décence ordinaire nous dit d’ailleurs que « le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien« . On a peut-être changé d’époque, et il est probablement nécessaire de faire un peu savoir que l’on agit, mais lorsqu’au-delà du bruit, on organise un tintamarre, ça suscite un peu de perplexité.

    Le Secours Catholique, comme les autres institutions ? Je crois que cette action est dans les gènes du (vrai) catholique. S’agit-il simplement de faire savoir pour justifier l’existence ? Je pense que le problème se pose davantage pour des organisations caritatives nouvelles.

    fbessonnet a écrit:

    La « people-charity-business » pose également une autre problématique: celle de la « charity-cocooning-business ».

    Je n’ai jamais pensé au charity-cocooning-business, mais je suis bien d’accord. Egalement sur la vente des CD (ou des mp3) : faut-il vraiment avoir quelque chose en échange ?

    xerbias a écrit:

    Le côté « bouclé dans la précipitation » m’incite en effet à l’indulgence.

    Tout comme cela peut refléter les convictions premières et « instinctives ».

    @ Guillaume: c’est moins mon cas. Je ne suis pas blindé aux as, mais pas à plaindre, alors, même si j’essaie d’être régulier, je ne rechigne pas aux opérations spécifiques.

  • @ Sofienne: oui, évidemment, qu’il fonctionne, tant mieux. Mais il reste que je n’aime pas le message en filigrane (très apparent comme filigrane, au demeurant).

    do a écrit:

    Mais pas se dire « plus » solidaires juste à cause de la couleur de peau. c’est vrai que c’est malsain. Mais c’est très courant en France, ces raccourcis, ces dernières décennies, je trouve.

    Mais (i) dans la mesure où ce sont, en France, d’abord les noirs et les personnes d’origine maghrébines qui en souffrent, ce ne serait pas idiot qu’elles y soient sensibles, (ii) c’est d’autant plus rageant que la question est totalement hors de propos, et que les faits (rien que les faits) leur donnent tort. Bien au contraire, la mobilisation et les dons qui ont afflué sont une autre occasion de montrer que l’on se fout de la couleur de peau. Merde, n’est-ce pas une bonne nouvelle pour eux ?

  • Sur la 1ere partie de l’article d’accord sur le business-charity.

    Sinon pour etre plus précis on a plutot 70% de Noirs. J’ai fait le calcul pour vous, avec une petite marge d’erreur, parce que je vais pas me taper 20fois la video mais en gros dans les interprètes on a 23 Noirs(en comptant les 3 chœurs visibles), 6 Blancs et 4 d’origine Arabe.
    Vous vous indignez pour pas grand chose. Si il y a autant de noirs c’est peut être effectivement car ils ont de la famille, sinon des amis la bas pour certains? Je ne veux pas dire que parce qu’ils sont noirs il y ait de plus grandes chances qu’ils aient des liens la bas. Mais la population d’Haïti elle l’est majoritairement donc si certains Haitiens ont des liens familiaux/amicaux avec des artistes, statistiquement y’a des chances qu’ils soient noirs. Et lorsque une vidéo va être faite pour lever des dons vous pensez pas que c’est naturellement ces artistes la qui vont proposer leur participation?
    Faut pas voir le racisme partout.
    Par contre je vous l’accorde cette vidéo renforce certains clichés raciaux: Les blancs chantent bien plus mal (quand ils chantent!) que les autres :p

  • Stephane_C a écrit:

    Si il y a autant de noirs c’est peut être effectivement car ils ont de la famille, sinon des amis la bas pour certains?

    Et donc, quand il est dit « faut-il être d’une même couleur de peau pour se sentir con-cerné ?« , il ne s’agit pas de couleur de peau ?

    @ Hervé: il faudrait seulement être certain qu’il s’agit d’une question authentiquement, sincèrement, posée et non d’une question rhétorique versant simplement dans l’accusation. Puisqu’il est vraiment bon, je ne rechignerai pas à renvoyer une troisième fois vers l’article de Natalia Trouiller qui répond précisément à cette question (raison pour laquelle je n’ai pas développé). Voire au billet que j’avais rédigé, Il était où, Dieu ?.

  • Hum je préfère préciser mon point de vue, les dons actuels d’urgence sont une nécessité et je les approuve. Mais je pense qu’il faut en profiter pur réfléchir et donner mieux. Si il n’y avait pas d’envois de SMS actuellement c’est sur que la situation ne serait pas prête de s’améliorer.

    Je ne suis pas plein aux as, mais 100€ par an c’est très vite économisable par de tous petits efforts chaque jour.

  • Vous assimilez le clip a une phrase. Vous êtes passé a coté du message principal je crois. C’est une chanson pas une tribune.
    Et franchement votre citation… la c’est moi qui me sent insulté, vous me prenez pour un neuneu quand vous me demandez si quand il parle de couleur de peau il parle de couleur de peau ? Je vois pas vraiment le lien avec mes remarques, mais c’est sans doute une réponse a message implicite dont vous semblez être friand…
    Maintenant mettez vous a la place de l’auteur de ces 2 malheureuses phrases, quelle est son intention? La dénonciation? Vraiment dans un clip pour la charité ? Ou bien une tentative maladroite pour tenter de concerner une partie des gens qui n’aurait pas encore donné. Oui parce qu’on sait qu’une bonne partie de la france a été solidaire et indistinctement selon les ethnies mais c’est pas un clip de remerciement il me semble

  • @ Hervé

    Dieu a tout créé, le ciel , la terre… il est bon, il nous aime et pourtant des catastrophes naturelles accablent ses créatures, des enfants meurent.

    Que faut-il comprendre ?

    Je vous explique en deux mots la tectonique des plaques… les plaques continentales reposent sur un magma mouvant. Donc, du fait de facteurs aussi divers que la rotation de la terre et du magma, ces plaques ont tendences à légèrement bouger. Fatalement à un moment elles se croisent et créent des failles ou des frottements. Le fait que ce magma soit chaud, tourne au centre de la terre entraîne l’existence d’un magnétisme terrestre. Ce magnétisme fait que l’atmosphère tient. Si nous avons une atmosphère et de la vie dans toute sa complexité ici bas, c’est en très grande partie à cause de ce phénomène à contrario de Mars par exemple. Conclusion, Dieu conseille de ne pas contruire en dur sur des failles ou alors de le faire en posant des fondations adaptées. Et c’est rare, mais il se trouve que beaucoup de scientifiques sont d’accords avec lui. La vraie question à se poser c’est pourquoi les haïtiens ont construit en dur sur des failles, y compris un luxueux palais présidentiel.

  • @Eponymus
    Le fait que ce magma soit chaud, tourne au centre de la terre entraîne l’existence d’un magnétisme terrestre. Ce magnétisme fait que l’atmosphère tient.

    C’est dommage d’écrire une ânerie pareille dans un commentaire par ailleurs aussi condescendant…

  • Pingback: Haiti : Fausse solidarite | Guillaume Cause

  • @Stephane C.
    Je ne pense pas que quiconque vous prenne pour un neuneu, bien au contraire. Vous nous présentez une explication un peu compliquée mais malheureusement un peu fumeuse parce que la réponse toute simple de Koz vous pose problème. Alors il vous met le nez dedans, et plus trop moyen d’y échapper.

    Pour l’assimilation du clip à cette phrase,je veux bien. Mais ce ne serait pas vous qui assimilez le billet de Koz à cette réflexion sur la culpabilisation des blancs, et qui assimilez sa critique de la culpabilisation des blancs à cette seule phrase ?

  • @ Eponymus

    Il me semble difficile de contester l’existence de catastrophes naturelles au sens strict du terme, dont les dégâts ne peuvent s’expliquer par le seul jeu de l’impéritie humaine : les tsunamis, Alzheimer, certains cancers, etc…

    Et en son temps, qui pouvait imputer faute aux Lusitaniens d’avoir construit les églises qui se sont effondrées lors du tremblement de terre de Lisbonne ?

    Il me semble plus juste de tenir que le péché de l’homme a atteint la totalité de la création et que la « nature » dont, en tant que pécheurs, nous avons l’expérience, n’est pas la « nature édénique » du plan divin. Et nous ne pouvons atteindre cette nature édénique en « remontant dans le temps » par le biais de l’enquête scientifique. Ceux qui mènent cette enquête travaillent à partir d’un « état des lieux » déjà marqué par le péché.

    Et la création toute entière gémit dans les douleurs de l’accouchement…

  • @ Axle

    Je résume sans rentrer dans les détails et du role de la magnétosphère. Néanmoins, mon propos, qui ne se veut pas condescendant – par contre le votre je m’interroge, est qu’il reste vrai que nombre des catastrophes dites naturelles sont liées à la présence de la vie sur terre, les tempête, la pluie, le vent comme le reste. C’est tout aussi curieux à mon sens, de ce fait, de demander des comptes à Dieu qu’il le serait de s’étonner d’être là.

  • @koz, nous sommes d’accord sur le côté outrancier de la démarche ; et de fait, elle n’a même pas le talent d’être étonnante, nouvelle, mais n’offre à voir qu’un concentré de clichés.
    Concernant le Secours Catholique, organisme parfaitement respectable, je pense que sa légitimité repose en partie sur le fait que c’est effectivement un « ancien » sur ce terrain, mais j’aurais dû, pour être encore plus clair, parler de « naturalisation » (voir du côté de Bourdieu en l’occurrence) ; le fait qu’une action (ici l’action caritative du Secours) nous paraît naturelle chez cet acteur, et moins chez des acteurs (certaines ong) plus récents. Cela ne change pas le fond de mon propos, mais l’affine : ce type de don repose sur des « institutions » (vieille association, ong ou star system) qui, justement, malmènent – plus ou moins je le concède – l’énergie originelle du don, celui de la rencontre entre humains, et du partage

  • @Eponymus,
    « Demander des comptes à Dieu » je suis d’accord, cela n’a pas de sens.

    Par contre s’interroger sur son dessein en a un.

    Selon la foi chrétienne, Dieu est un père pour tous les hommes et Dieu sait tout.
    Et moi, comme tous les pères, si j’avais connaissance d’un grand danger que courraient mes enfants, je les préviendrais.

    Donc Dieu est un père différent, plus difficile à saisir, je vais lire le texte indiqué par Koz.

  • @Axle : « Ce magnétisme fait que l’atmosphère tient » : peut-être en effet ce raccourci peut choquer. Pourquoi pas plutôt « ce magnétisme crée un bouclier qui empêche le vent solaire d’arracher l’atmosphère » ? Mais nous sommes largement hors sujet.

  • @Vivien Me voila donc pris au piège. C’est vrai suis je bête le clip qui prône des valeurs raciales et qui cherche a culpabiliser l’homme blanc, ca n’est pas fumeux comme explication c’est une réponse simple!
    Et pour votre question, bien que sa forme laisse a penser que vous avez déjà votre opinion, la réponse est doublement non mais vous le sauriez si vous m’aviez lu car je dit que je suis d’accord avec la 1ere partie du billet sur le charity-business. Désolé j’allais pas m’étendre la dessus et faire des louanges comme j’en vois beaucoup sur ce thread. Et concernant cette phrase il l’oppose a mon premier post alors je lui répond. Je n’en parlais même pas dans mon premier post d’ailleurs.
    Bon allez je file.

  • @Eponymus Le fait que ce magma soit chaud, tourne au centre de la terre entraîne l’existence d’un magnétisme terrestre. Ce magnétisme fait que l’atmosphère tient.

    @Axle C’est dommage d’écrire une ânerie pareille dans un commentaire par ailleurs aussi condescendant…

    Bonsoir,

    Axle, c’est peut-être faux dans le détail (je crois que le champ magnétique permet surtout de protéger la terre des rayons cosmiques, pas de retenir l’atmosphère), mais il me semble qu’à grande échelle, activité tectonique et vie sur terre sont assez liés. Pour ne prendre qu’un exemple simple, les régions volcaniques sont les plus fertiles. Et il y a de bonnes raisons de penser que la vie est née dans des volcans sous-marins. Donc effectivement.

    De plus, si les catastrophes des tremblements de terre sont impressionnantes, c’est je crois en moyenne entre 10.000 et 30.000 morts par an dans le monde, donc très peu (sur 100 millions d’humains mourant par an). Ca doit faire en moyenne beaucoup moins que les noyades dans les baignoires, les intoxications alimentaires, ou les gens qui s’étouffent en mangeant du caramel.

    Mais quand-même, il me semble que devant toutes les catastrophes, la question « Et Dieu dans tout cela ? » est quand même assez naturelle.

    Pour revenir à ce disque, je trouve plutôt normal que les gens proposent ce qu’ils savent faire pour aider: on a des artistes français qui savent faire de la mauvaise pop, ils vendent un CD de mauvaise pop pour aider Haïti. Tu ne peux pas leur demander de faire dans le bon goût et la discrétion, alors que leur métier, c’est de s’imposer dans les medias, et de se faire connaître. Bref, je ne suis pas trop choqué par cette affaire.

    Pas plus en tout cas que les entreprises qui prêtent, louent ou donnent certains de leurs produits pour aider Haïti.

  • J’ai peut-être loupé quelque chose, mais je crois qu’il faut plutôt regarder ce genre de chose avec pragmatisme : comment amener les gens à donner du blé pour faire des trucs concrets après un tremblement de terre. On sait que deux stratégies marchent bien : les images dures à la télé, les chansons de variétés mièvres.

    Au boulot, nous avons fait une collecte qui a d’ailleurs très bien fonctionné et je ne suis pas persuadé que sans tout ce barouf médiatique, je veux dire sans tout ce qui n’est pas seulement de « l’information », on aurait pu avoir autant. Et je me compte dans ces tas des gens qui ont parfois besoin qu’on les pousse à la roue.

    Enfin, sur le texte de la chanson, je dis comme Stéphane C. plus haut : il ne veut pas dire grand chose au-delà de « donnez donc du fric pour ces malheureux ». Et même si les chanteurs se font un peu de pub à bon compte, ils donnent effectivement de leur temps et de leur aura pour la cause. C’est ce qui compte, non ?

  • J’applaudis des deux paumes.
    A chaque catastrophe, et depuis « we are the world » on a le droit à la chantoune catastrophée.
    Et catastrophique pour nos oreilles.
    Je reste toujours très dubitative envers le Charity Business chantant.
    S’il y a vraiment des gens de bonne volonté, pour beaucoup d’artistes c’est un peu la « ferme célébrités » de la chanson.
    Une façon de se remettre en selle à peu de frais. Et en se ridiculisant au passage.
    Bien sur les gens donnent leur temps. Mais bon chantouiller faux devant un micro pendant une heure, ça ne leur coûte somme toute pas grand chose.
    Le summum de l’exercice étant les Enfoirés. Un joli et exaspérant rassemblement de baltringues si on veut mon avis.
    Mais comme personne ne me le demande.
    Je remballe.

  • L’objection que vous soulevez, @ Stephane_C, pourrait tenir si la phrase en question ne coïncidait pas très précisément avec le message visuel évident du clip. Il faut y mettre de la bonne volonté pour ne pas constater que, manifestement,il faudrait être Noir pour ressentir de la solidarité. De la dénonciation dans un clip de charité ? Franchement, Stephane_C, je ne crois pas que cela gênerait beaucoup nos artistes philosophes. La culpabilisation, ça marche à donf.

    Hugues a écrit:

    Enfin, sur le texte de la chanson, je dis comme Stéphane C. plus haut : il ne veut pas dire grand chose au-delà de « donnez donc du fric pour ces malheureux ». Et même si les chanteurs se font un peu de pub à bon compte, ils donnent effectivement de leur temps et de leur aura pour la cause. C’est ce qui compte, non ?

    Que le texte soit d’une pauvreté certaine, c’est évident. C’est de la philosophie à mettre dans tous les bacs. On peut se contenter de la mépriser ou penser que, même pauvrement, ils ont voulu exprimer quelque chose. Mais il n’est en tout cas pas possible de ne pas être frappé par l’introduction visuelle et textuelle de la race dans un sujet qui ne l’appelle pas. Dans un sujet, même, qui devrait plus que d’autres encore, la rejeter.

    Au passage, Hugues, ta collecte, dans ta boîte, elle a attendu le clip de ce week-end pour marcher ?

    L\’orangie a écrit:

    nous sommes d’accord sur le côté outrancier de la démarche ; et de fait, elle n’a même pas le talent d’être étonnante, nouvelle, mais n’offre à voir qu’un concentré de clichés.

    C’est clair que ce serait pas mal d’étonner, maintenant. We are the world était une chose mais on a comme le sentiment que depuis un quart de siècle, la chansonnette devient le summum de l’engagement artistique.

    emanu124 a écrit:

    Mais bon chantouiller faux devant un micro pendant une heure, ça ne leur coûte somme toute pas grand chose.

    En effet. Et j’aime beaucoup les images de making off qui accompagnent la chanson. Il faut dire qu’on l’a fait tous ensemble, il faut dire que l’ambiance était chaleureuse, qu’on a ri aussi, que Smaïn il claque la pogne, que Michel Drucker s’est assis à la table de mixage parce que Michel Drucker il y connaît un rayon en mixage. D’ailleurs, s’il avait pas fait animateur, il aurait fait ingénieur du son, Michel. Mais, qu’est-ce qu’on s’en balance ?!

    Il fut un temps où l’on appréciait la discrétion, dans la générosité. On peut changer, mais de là à passer à cette ostentation…

  • La collecte dans la boîte n’a pas attendu le clip pour marcher, mais elle a manifestement été stimulée par le renforcement de la mobilisation à la télé. Et des gens qui m’avaient d’abord envoyé promener sont venus donner.

    Mais dans le prolongement de l’histoire de la participation des chanteurs au clip, je dirai encore une chose : chez nous, l’idée de la collecte est venue de deux personnes (moi et un autre type). Nous sommes allés voir la big boss pour lui demander si elle était d’accord pour doubler la somme que nous pourrions réunir et, lorsqu’elle a accepté, on a commencé à passer dans les services pour faire la manche.

    Je sais (parce qu’on me l’a dit et que je l’ai senti plusieurs fois) que pour certaines personnes, prendre cette initiative était presque une faute de goût, au sens où il s’agissait de se mettre en avant comme « brave type » officiel et d’en retirer une sorte de prestige personnel. Je ne l’ai pas fait dans cet esprit et ça m’a un peu gêné mais, au final, nous avons récupéré 4000 euros et le reste, on s’en fout un peu. C’est peut-être la même chose pour Ophélie Winter et sa bande…

    Ah et petit détail annexe : l’autre gars avec lequel j’ai organisé le truc est noir. Je peux t’assurer que ce n’est absolument en cette « qualité » qu’il a voulu s’occuper de la collecte, mais qu’il a plusieurs fois entendu dire que c’était la source de sa motivation.

  • @koz,
    « Mais il n’est en tout cas pas possible de ne pas être frappé par l’introduction visuelle et textuelle de la race dans un sujet qui ne l’appelle pas. Dans un sujet, même, qui devrait plus que d’autres encore, la rejeter. »

    Je ne comprends pas du tout votre critique. Il s’agit de sensibiliser des donneurs par rapport à une catastrophe naturelle qui a frappé une population essentiellement noire ou métis.

    Celui qui regarde le clip a vu les images à la télé des dégâts et des populations désemparées. Quand il regarde le clip, il peut faire le lien et imaginer que ce sont les victimes elles-mêmes qui appellent au don.

    C’est un truc de communication que je trouve assez bien pensé.

  • D’où me vient l’idée que tu te sens personnellement concerné par la critique de ce clip auquel tu n’as pas participé ? Tout est évidemment une question de mesure et de façon de faire, et je n’assimile pas les deux démarches.

    Je ne critique pas les personnes du Secours Catholique (même chose évidemment pour d’autres associations) qui agissent pour Haïti. Pourtant, on pourrait aussi penser que c’est une façon pour elles de soigner leur image auprès de leurs voisins. De la même manière, je n’ai pas de critique à faire envers ton initiative, au contraire, et je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de points communs entre elle et celle des (ou de certains) participants à ce clip.

    De la même manière, n’inversons pas les choses : que des Noirs se mobilisent, c’est très bien, mais en l’occurrence, je me fous complètement de leur race, comme je ne vais pas détailler selon que ce sont des blancs là, ou des noirs ailleurs qui réagissent. Je n’imagine pas que j’aurais fait un quelconque commentaire sur le fait que ton collègue était noir etc… En revanche, toujours dans le sens de la mesure, c’est évidemment différent lorsque les participants à ce clip sont à une écrasante majorité noirs. C’est bien le signe que la race est entrée en ligne de compte. Et non, je ne pense pas que, sur une chanson de 4 minutes, la phrase prononcée par Jacky soit indifférente et ne reflète rien de l’esprit de ce clip.

  • « l’autre gars avec lequel j’ai organisé le truc est noir. […] il a plusieurs fois entendu dire que c’était la source de sa motivation. »

    « les participants à ce clip sont à une écrasante majorité noirs. C’est bien le signe que la race est entrée en ligne de compte. »

    Hypothèse hardie : il y a beaucoup de noirs dans le clip parceque beaucoup de noirs ont souhaité y participer?

    p.s. « Couleur » serait peut-être un terme plus précis que « race », non?

  • j’ai une autre hypothèse hardie: le truc est organisé par une radio de r’n’b et de rap. Y’aurait pas plus de noirs dans ces genres-là?

    Ca ne change rien à la phrase, mais l’argument « y’a que des noirs », c’est plutôt à laisser à Frêche pour parler de l’équipe de France de foot, non?

  • Gatien a écrit:

    Hypothèse hardie : il y a beaucoup de noirs dans le clip parceque beaucoup de noirs ont souhaité y participer?

    C’est une explication qu’il faudrait avoir.

    Mais il faudrait alors envisager qu’en revanche, très peu de blancs l’ont souhaité. Ce serait sacrément préoccupant, non, que depuis We Are The World, les blancs se sentent moins concernés par les souffrances des noirs, non ? Et puis je ne veux même pas imaginer cela de notre show-business au cœur si tendre.

    @ niamreg: Ce serait effectivement la meilleur explication, mais elle aurait gagné à être mise en avant, plutôt que de présenter ce clip comme une sorte de clip officiel. Il n’y aurait pas eu d’ambiguïté s’ils avaient présenté cela comme « le monde du hip-hop se mobilise » ou un truc du genre. Je vais ajouter cette précision en fin de billet.

    Il reste que cette phrase est présente et suscite pour le moins l’ambiguïté.

    Sur l’allusion à Frêche, merci de garder ce genre de réflexion déplacée et stupide de surcroît pour toi.

  • Les Haïtiens sont noirs et beaucoup parlent français, c’est pourquoi les français sont encore plus sensibles à ce drame,
    mais si, nous le savons, les associations caritatives « Secours » de toute sorte, ordre Malte , Médecins du Monde etc…… sont beaucoup plus efficaces, l’on est tellement habitué à ces shows que certains doivent les « attendre » pour donner !
    Depuis l’arrivée d’Obama : il « faut » être noir, pour ceux qui sont d’origine haïtienne leur présence était justifiée peut-être que les organisateurs ont pensé que cela ferait plus « haïtien » d’être noir
    Heureusement les organisateurs et surtout les donateurs n’ont pas fait attention à leur propre couleur de peau , en particulier dans notre pays certes, mais aussi aux USA.
    Haïti a besoin d’argent….. l’argent n’a pas d’odeur ni, heureusement pour les Haïtiens, de couleur ! N…

  • Je vais essayer de répondre poliment, même si j’ai déjà dû me contenir en réponse à Gatien : ne cherchez pas la petite bête ou à tirer des conclusions désagréables, c’est franchement gonflant.

    Et pour soigner la sodomimucyne ambiante, la définition de « race » par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.

  • @Koz

    « Mais il faudrait alors envisager qu’en revanche, très peu de blancs l’ont souhaité. Ce serait sacrément préoccupant, non, que depuis We Are The World, les blancs se sentent moins concernés par les souffrances des noirs, non ? »

    Tout dépend de la façon de présenter les choses. Si les noirs originaires de pays pauvres sont ENCORE PLUS sensibles que les autres au sort d’autres noirs originaires d’autres pays pauvres, il n’y a rien de très « préoccupant », et n’est à vrai dire même pas étonnant.
    Après, vous pouvez effectivement formuler ça en disant que « les blancs sont moins concernés », mais j’y verrais volontiers une autoflagellation étrange et superflue.

    « la définition de « race » par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. »

    Je ne souhaite pas taper sur vos nerfs (et mon « p.s. » n’était qu’une aimable suggestion) mais puisque vous y revenez avec autant d’assurance, je suis curieux : dans votre lien, lequel des sens retenez vous? Je n’en trouve aucun qui convienne au sujet de la discussion.

    @niamreg

    « le truc est organisé par une radio de r’n’b et de rap. Y’aurait pas plus de noirs dans ces genres-là »

    Plausible aussi.

  • Koz a dit:

    « Et pour soigner la sodomimucyne ambiante, la définition de « race » par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. »

    La définition de race donnée par le CNRTL m’a paru très savante… mais ce dictionnaire ne donne aucune définition pour le terme sodomimucyne.

    … et si on le googlise, on n’est renvoyé qu’à 4 sources dont deux de koztoujours !? Est-ce que sodomymucine est un terme déposé par koz himself ? Peut-on avoir une piste sur l’étymologie de mimucyne (par ce que sodo, je vois d’où ça pourrait venir) ?

  • comme ça, et sans chercher, je vote pour une origine assez proche de la mouche. Mais je triche: le reproche m’étant adressé aussi, je me sens concerné.

  • Bonjour,

    Je vais essayer de poster un commentaire à peu près digeste, car loin de moi l’envie de rentrer dans votre débat (que je qualifierai au passage de masturbation intellectuelle déculpabilisante, et d’attrape-visiteurs uniques pour blog en mal de stats, mais sans rancoeur aucune hein, ne vous méprenez pas, je m’en veux de commencer de cette manière d’ailleurs mais bon, il faut bien retenir votre attention)
    Mais je sens que ça s’essouffle un peu là, donc je viens apporter quelques informations complémentaires (et non des explications ou arguments), histoire de relancer tout ça de plus belle et de peut être donner de nouvelles pistes à votre réflexion pas très argumentée, car très mal renseignée (pitié, n’abordons pas le thème du « Je crache ma frustration puis je fais un edit de post/comment quand je me rend compte que je passe pour un con »)

    • Le clip a été lancé à l’initiative de Trace Tv, « chaine urbaine » spécialisée pour faire simple dans le hip hop et les « musiques tropicales » (autre que Francky Vincent et Zouk Machine évidemment, je précise au cas où), et réalisé en quelques heures seulement (pour les plus mauvais en débat d’idées, insérez votre vanne sur la qualité ici, vous aurez du mal plus tard)

    • L’intégralité des bénéfices est reversée à la Croix Rouge, avec un suivi des actions menées avec l’argent collecté. Sans parler des dons personnels consentis par les intervenants sur ce projet, laissés à la discrétion de chacun bien entendu (chacun sa conscience, on va pas s’en sortir sinon)

    • Jacky et Ophélie sont surement très gentils et très généreux, mais surement pas aussi intelligents que vous l’espérez lorsque vous les attaquez sur leurs déclarations maladroites

    • Le clip est diffusé en ce moment sur TF1, avec un montage tout à fait différent. Vous remarquerez que les blancs deviennent tout de suite majoritaires, et que les nombreux noirs-pas-contents-et-racistes-et-sectaires sont vaguement mis à l’écran (Roselmack ne compte pas vu qu’il fait partie de la maison). Si ça vous dit d’embrayer ensuite sur le débat sur « Les noirs de service crédibilisent TF1 dans sa démarche de récupération à son compte d’un morceau caritatif ».

    • De nombreux artistes ont dans un premier temps refusé de participer, puis finalement fait des pieds et des mains pour figurer sur le projet moyennant un peu de promo et une esquive des potentiels boulets rouges que vous êtes surement prêts à tirer. En vain. Pour ne pas les citer, un compositeur qui fait désormais dans l’écologie avec son alter ego, une rappeuse qui porte le voile intégral, un chanteur qui imagine sa relation dans 150 ans, et une épouse de Président de la République entre autre. Mais chut hein, ça reste entre nous.

    • Nous sommes en France, pays où les gens agissent lorsque la mort leur ressemble, que leurs modèles les poussent à sortir de leur torpeur, ou que les médias les culpabilisent à coup de flash info toutes les 5 minutes

    • Et enfin, que penser du « Haiti-thon » organisé aux Etats-Unis par George Clooney, qui a levé plus de 100 millions de dollars?

    Et voila, je me suis encore fait avoir, mon comment est affreusement long. Mais surement moins que vos futures réponses, qui ne manqueront pas de démontrer la force avec laquelle quoique l’on fasse en France, que l’on se mobilise ou pas, les critiques pleuvent et il y aura toujours quelqu’un pour te reprocher de ne pas avoir fait le contraire de ce que tu accomplis.

    Sur ce messieurs, je vous salue. Parce que ça au moins, ça ne coûte rien et on ne pourra pas me le reprocher.

  • Gatien a écrit:

    Je n’en trouve aucun qui convienne au sujet de la discussion.

    Il faut lire plus attentivement.

    A. ? ANTHROPOLOGIE
    1. Groupement naturel d’êtres humains, actuels ou fossiles, qui présentent un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités. Race blanche, jaune, noire; race pure, métissée; races primitives, vivantes; croisement entre races; caractères, classification, concept, définition, différenciation, histoire, mélange, notion de(s) race(s).

  • Je pense que Koz a un problème pour qu’une remarque aussi maladroite entraîne une telle réaction.

    Oui les Français sont généreux, oui ils n’ont pas attendu le séisme pour aider et adopter des « petits noirs ». Tout le monde le sait. Il n’y a que Koz pour croire que personne ne le sait.

    Et au fond, la remarque de Jacky n’est pas culpabilisante, c’est une évidence…! Et on ne doit pas, surtout en ce moment, reprocher au gens de rappeler des évidences. Je la fait mienne cette phrase, tiens.

    Que 10, 100 ou 1000 « blacks » s’organisent pour aider Haïti, tant mieux! Pas de discrimination positive ou de quotas dans la générosité!

    Passons enfin sur le sempiternel débat sur l’opposition entre « vraie » et « fausse » charité (peup’ contre bling-bling…pfff). Avec les éternels idiots aigris qui se permettent de mépriser les gens qui ont oser donner après avoir été sincèrement émus par des procédés pareils, qu’ils fussent douteux ou non. Les procès d’intention, les pinaillements moraux et autres cris de vierges effarouchées n’ont pas lieu d’être face à de telles catastrophes. L’important est, pour l’instant, que l’argent arrive à Haïti, point.

  • @Koz

    « un ensemble de caractères physiques communs héréditaires, indépendamment de leurs langues et nationalités »

    En effet, mais en dehors du fait que vous aurez du mal à trouver des anthropologues en vie utilisant encore ce sens, celà nous ramène à ma petite remarque initiale (mais rien de grave, hein): Dans la mesure ou l' »ensemble de caractères physiques » se limite ici à la couleur de peau, parler directement de couleur serait plus précis et plus univoque.

    Pour ma part, je n’ai aucun doute sur le fond de votre propos. Il n’y pas de reproche voilé dans cette parenthèse sémantique.

  • Pour le mot race, c’est le fonctionnement habituel du politiquement correct. Un mot décent pour désigner « cet état », ne dure jamais que le temps que les racistes s’en emparent pour lisser leur propos. « Couleur » subira le même sort et l’a déjà subi dans d’autres langues…

    Pour parler du coeur du sujet, sodomimucyne me parait impropre, il me semble plus précis de parler de dipterosodomie.

  • Pour ma part, je n’ai aucun doute sur le fond de votre propos. Il n’y pas de reproche voilé dans cette parenthèse sémantique.

    Ben tiens !

    Moi j’y voyais comme une tentative d’utiliser un bas argument pinailleur essayant de renvoyer une balle qui n’existe pas juste histoire de faire chier votre interlocuteur avec lequel vous n’êtes pas d’accord… mais je reconnais mon erreur… comme quoi on peut se tromper parfois, bêtement aveuglé par les apparences.

  • @ Gatien

    L’argument scientifique contre l’utilisation du terme race, c’est l’argument du Sorite. Un homme avec zéro cheveu, c’est un chauve, un homme avec un cheveu, c’est encore un chauve, avec deux, avec trois… Personne ne peut définir avec précision le nombre de cheveux qui fait de vous un « chevelu ». Pourtant, est-il insensé de parler de chauves et de chevelus ?

    De la même façon, dans la population humaine, le passage de « noir » à « blanc » se fait insensiblement, il n’y a pas de critère qui permette une définition sans ambigüité. Est-il pour autant insensé de parler de blancs et de noirs ?

    La distinction entre chauves et chevelus n’entraîne pas, je pense, de conséquences qui vaillent la peine de s’y attarder et elle n’entraîne en tant que telle aucune raison de penser que les chauves sont supérieurs ou inférieurs aux chevelus. Je ne pense pas un instant que les noirs soient « supérieurs » aux blancs ou vice-versa, si tant est que « supérieur » ait un sens. Mais parler de blancs et de noirs est-il insensé ?

  • A propos du débat en cours mais sur un plan légèrement différent, disons dans la tendance Ophélienne de la discussion:

    Titre du Journal du Dimanche du 17 janvier: « Haïti: la colère gronde » (en une, sur toute la largeur de la page).

    Je ne prétends pas ici me placer du point de vue des Haïtiens victimes, mais uniquement due celui du lecteur du JDD.

    Pourquoi Colère, et contre qui ou quoi ? Malheur, douleur, compassion, solidarité, envie d’agir et de pleurer, urgence: tous ces termes me viennent plus naturellement à l’esprit que celui de colère. D’où peut venir cette colère, et contre qui la dirige-t-on ?

    Comme il paraît quand même douteux que les victimes se mettent en colère contre leurs sauveteurs, d’où qu’ils viennent et quelles que soient les lenteurs et frustrations de ces premiers jours après le séisme,

    Comme un séisme lui-même n’est en rien dû à l’activité humaine, et que se mettre en colère contre un gouvernement, une nation adverse, les forces de l’argent, l’ONU ou quelque autre puissance humaine ne serait qu’un éxutoire,

    Comme il serait non seulement vain mais aussi quelque peu sacrilège, en nos temps et en nos lieux, de se mettre en colère contre la nature, qui est la seule coupable avérée de ce tremblement de terre, mais que nous sacralisons dans sa biodiversité, ses climats et pourquoi pas ses mouvements telluriques,

    Il reste l’hypothèse que le JDD exprime un point de vue proche de celui d’Ophélie Winter dans le clip: « Qu’il est dur de croire que Dieu a le pouvoir sur autant de vies ». La colère serait dirigée contre le responsable présumé, ce Dieu qui se prétend bon mais ne sait pas nous protéger.

    Je laisse aux religieux auprès desquels Ophélie est affiliée faire son procès. Est-elle seulement atteinte par un doute passager, ou carrément relapse ? N’avait-elle pas dit (in Dieu m’a donné la foi, 1995, déjà si loin !): « Dieu a exaucé mes prières – Je veux rester, je vais me battre et j’en suis fière ». Reniement, simple faiblesse ou passage à un fatalisme piétiste ?

    J’en reviens au JDD. Je ne peux pas davantage leur prêter des intentions. Mais j’aimerais vraiment savoir ce qu’ils ont entendu nous signifier avec cette insistance à colériser ce drame affreux, et ce qui selon eux est à la source de cette colère.

    Si l’on revient à notre principal suspect, Dieu lui-même, je relève le relativisme du point de vue.

    Comme dit Koz: « Et si nos aimables people de pays riche ont dans l’idée de rejeter sur Dieu la faute, comme au temps de la plus grande superstition, les premiers concernés, eux, l’ont prié, Dieu. »

    Et un article de Slate du 27.01 nous apprend qu’ « Après le séisme, Haïti devient une terre d’évangélisation », avec un déferlement de scientologues et d’évangélistes.

    Si Dieu est en cause, c’est celui que l’on prie d’ici. A cet égard, je trouve plutôt sympathique que le seul symbole religieux que j’ai vu apparaître dans le clip soit une petite croix. Elle me semble clairement présente pour susciter notre charité, et c’est très bien comme ça.

    Il y a une autre piste. Pas de mouvement sociaux sans colère, quiconque écoute France Info le sait bien. On nous y parle à chaque instant de la colère des employés de Molex, des fonctionnaires dans la rue, des producteurs de lait, de la colère en somme de tous ceux qui ont à réclamer ou à protéger quelque chose. Cette colère -me semble-t-il- est une posture de réclamation, de négociation, dirigée contre la société et ses organes dispensateurs de consolations pécuniaires. Elle est colorée d’un substrat marxiste illustré en France par notre extrême gauche trotskyste – la popularité du mot doit sans doute beaucoup à Arlette Laguillier. La colère, en somme, postule l’iniquité du système mais vise à lui soutirer encore quelques avantages particuliers. Peut être aussi une résurgence anarcho syndicaliste soft ?

    Alors, le JDD se place-t-il dans une nuance colérique anti-religieuse ou plutôt socialement revendicatrice ? L’une n’excluant pas l’autre, mais aucune n’ayant ma sympathie, j’aurais préféré une référence plus compassionnelle et plus positive. Car si la colère se définit comme une « Vive émotion de l’âme se traduisant par une violente réaction physique et psychique », certainement compréhensible, il ne me paraît pas que l’on puisse en tirer grand-chose de positif dans nos sociétés ou nos vies humaines.

    PS: la définition de colère est empruntée au Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, qui fait référence ici encore que, sur le sort réservé aux mouches, il soit bien discret.

  • @Aristote

    « Mais parler de blancs et de noirs est-il insensé ? »

    Vous m’avez lu? Aurais-je suggéré de parler de couleur de peau plutôt que de race si j’estimais que c’était insensé?!

  • @Pulp,
    « Comme il serait non seulement vain mais aussi quelque peu sacrilège, en nos temps et en nos lieux, de se mettre en colère contre la nature, qui est la seule coupable avérée de ce tremblement de terre, mais que nous sacralisons dans sa biodiversité, ses climats et pourquoi pas ses mouvements telluriques, »

    D’accord, mais sauf erreur pour la religion chrétienne, la nature a été créée par Dieu. Par ailleurs selon la Bible, l’espèce humaine est invitée à croitre et à se multiplier et donc fatalement à habiter des zones géographiquement dangereuses.

    Son destin tragique serait de subir un jour ou l’autre l’une de ces catastrophes.

    Je n’écris pas cela pour « mettre Dieu en cause », mais simplement pour faire part de la difficulté qu’il y a à croire de manière définitive, surtout si on en reste sur un plan uniquement rationnel.

    Je comprends que certains éprouvent une colère … irrationnelle

  • @ Gatien

    Poursuivons. Peut-on parler de race noire et de race blanche ? Pas évident. On peut pourtant tenter une analogie.

    Peut-on parler des Allemands et des Français ? Comment les distinguer ? Une composante « ethnique » ? Que de mélanges chez les deux, et pourtant oui, il y a une dimension de successions de générations dans les deux pays qui donne une dimension « génétique » aux deux nationalités. Des traits culturels ? Oui et non, deux familles de la « haute », une allemande et une française, n’ont-elles pas plus en commun qu’une famille aristocratique française, bien introduite dans les cercles du pouvoir économique, avec une famille française qui en est à la troisième génération d’allocations sociales ? Etc, etc.

    Le débat sur l’identité nationale le montre bien. Il est extraordinairement difficile de la définir, et pourtant, il est tout aussi difficile de prétendre que les Allemands et les Français, c’est du pareil au même. Et sans le moins du monde insinuer par la même que les teutons valent mieux que les gaulois ou l’inverse.

    Race ou couleur de peau, le point n’est pas là, mais : faut-il imputer à la charge de Koz d’avoir fait référence à une « différence » qui n’a ni plus ni moins de substance qu’une différence de nationalité ?

    Koz peut bien sûr de ne pas être d’accord avec mon interprétation.

  • @Aristote

    « Peut-on parler des Allemands et des Français? […] il y a une dimension de successions de générations dans les deux pays qui donne une dimension « génétique » aux deux nationalités. »

    Tout à fait d’accord. Or, cette dimension génétique n’existe plus à l’échelle globale des groupes « blancs » et « noirs ». Ce qui est d’ailleurs assez naturel dans la mesure où l’ensoleillement (facteur géographique et non génétique) est un élément déterminant à long terme.

    « Et sans le moins du monde insinuer par la même que les teutons valent mieux que les gaulois ou l’inverse. »

    Etrange remarque, qui surgit imanquablement dans ce type de discussion, mais dont je ne comprends jamais la nécessité.

    « une « différence » qui n’a ni plus ni moins de substance qu’une différence de nationalité ? »

    Une différence de nationalité, je sais ce que c’est. Une différence de couleur, aussi. Ou une différence d’ethnie. Mais une différence de race, je ne sais pas. Suivant le contexte et l’interlocuteur, il faut tenter de deviner le sens. Quelle nécessité d’utiliser ce mot qui ne recouvre rien de précis?

  • @ Koz: on peut vraiment poursuivre la discussion sur la race? Sinon, n’hésitez pas à supprimer ce commentaire.

    La comparaison avec la nationalité est absurde: la nationalité est une notion juridique parfaitement définie. Aucune hésitation: on est allemand, ou on ne l’est pas. La composante de droit du sang dans chaque définition juridique est variable, mais connue aussi. Il suffit de naitre aux USA pour avoir la nationalité « américaine », même si un des parents est français et l’autre allemand.

    Le problème avec la notion de race est double:

    1. le critère qui va servir à opérer le regroupement est extraordinairement flou (flou volontairement maintenu par les racistes): couleur de la peau? origine géographique? origine culturelle? Certains indiens (d’Inde) ont la peau plus noire que les noirs, et ne sont pourtant pas des noirs. Idem avec coréen et blanc. Le sous-entendu majoritaire est que la couleur de la peau sert à identifier l’origine géographique, même quand elle remonte à plusieurs générations: les noirs américains (dont certains ont la peau plus blanche que certains blancs, et pas seulement artificiellement) s’appellent maintenant afro-américains, pour faire reconnaitre cette notion.

    2. Le regroupement est abusif. La biologie a montré que les variations génétiques individuelles sont plus importantes que les variations entre groupes ethniques. Les déséquilibres de liaison (la capacité de prédire une forme particulière du génome à partir d’une autre) sont extrêmement faibles. Et surtout, le métissage fait voler en éclat les tentatives de regroupement basées sur l’aspect extérieur. Certains afro-américains sont génétiquement plus proches de certains européens-américains que d’autres afro-américains (je prends cet exemple parce qu’il a été publié dans un journal scientifique; j’imagine que c’est la même chose entre les Antillais d’origine africaine et ceux d’origine européenne). Bref, il est probable que certains noirs de ce clip sont plus proche génétiquement de moi, qui suis blanc, que d’autres noirs du clip. De la même façon, certains noirs des USA sont culturellement plus proches de certains blancs des USA que de certains noirs d’un pays africain.

    C’est pour ces raisons que je trouve que la phrase du clip est au mieux maladroite, et que l’utilisation du mot race me semble trop compliquée (et je n’ai pas parlé de son histoire, ni du fait que tout racisme se fonde d’abord et ostensiblement sur le racialisme) pour être défendue avec des arguments incomplets.

  • C’est effectivement s’éloigner fortement du débat, et j’ai du mal à en voir l’intérêt, outre le fait que j’ai vraiment l’impression que c’est pinailler et chercher à se donner bonne conscience en découvrant dans un mot des intentions qui n’y sont pas.

    On peut aussi voir ce clip et se refuser à dire ne serait-ce que les personnes sont noires, parce que « noir » serait abusivement généralisant. Donc, n’employons plus de mots, ne qualifions pas, parce que tout qualificatif serait un premier pas vers le racisme.

  • Honnêtement, n’est-ce pas accorder beaucoup trop d’importance à ce clip que de s’interroger sur ses éventuels sous-entendus, qui sont loin d’être certains vu les commentaires qui précèdent ?

    Heureusement, Haiti pourra se reconstruire avec ou sans ce clip.

    Quant à la volonté divine, nous pourrons nous interroger encore longtemps à ce sujet LOL.

  • @ Azrael: tout dépend de l’importance que tu accordes à ce blog. Mais je suis flatté de ta considération.

    @ Alec: oui, je pense que je ferai un de ces 4 un billet du genre, avec Pokemon et Pikachu à la place des mots qu’on ne veut pas voir.

  • Non…ce n’est pas nécessaire d’en arriver là.

    Dès la première lecture, votre billet m’est apparu sans ambiguïté sur ce point. Pour être clair, je ne vous fait aucun procès d’intention. Aucun.

    Je reconnais avoir « tiqué » sur le mot race (très certainement par bonne conscience: on se refait pas facilement) et sans doute ma contribution a aider à faire glisser le débat sur ce hors sujet (qui fini toujours par tourner sur lui même). La faute est mienne.

    Dans mon premier commentaire, j’ai volontairement utilisé le terme « périmètre » pour le contexte d’utilisation du terme « race » dans l’espoir d’éviter cet écueil et conserver une certaine distance. Raté.

    Vous auriez du mettre « Pokémon » à la place de « race », cela aurait été plus simple…

  • « tout dépend de l’importance que tu accordes à ce blog. »

    Je ne comprends pas bien ta réponse ci-dessus dans le contexte de ce billet et de mon post précédent mais, au global, j’y accorde de l’importance même si j’y poste peu : ton angle de vue n’est pas le mien la plupart du temps mais de la confrontation des idées nait … peut-être … un chouia plus d’intelligence ?

    « Mais je suis flatté de ta considération. »
    Elle est réelle même si, je dois le reconnaitre, ton assurance m’énerve assez souvent car je la perçois comme du dédain. Ceci étant dit avec beaucoup d’amitié et de respect ! 😀

  • Koz : « Le message était implicite, c’est Jacky qui l’explicite, pour les autres : « faut-il être d’un même pays pour se mobiliser ? Faut-il être d’une même couleur de peau pour se sentir concerné ? »
    (…)
    Parce qu’elle est insultante pour les français, parce elle n’a pas lieu d’être, parce que les faits te donnent tort.

    Non, les 40 millions d’euros collectés depuis quinze jours n’ont pas tous été donnés par des Noirs »

    Pour ma part la phrase exprime plutôt l’idée que celui qui ne se sentirait pas concerné pourrait être suspecté de xénophobie ou de racisme. C’est pas mieux mais ça ne viserait donc plus tous les blancs mais seulement les « non concernés ». De même que les noirs « non concernés » s’ils échappent a priori à la présomption de racisme (a priori parce que le racisme noir/noir existe) ne pourraient couper à la présomption de xénophobie.

  • Bah, tu sais, chacun est énervé par des choses différentes. Par exemple, moi, je m’interroge souvent sur la nécessité dans laquelle peut se trouver quelqu’un de prendre le temps d’écrire un commentaire pour s’interroger sur la nécessité de prendre du temps à traiter d’un sujet. C’est une étonnante disposition d’esprit. Ceci dit avec beaucoup d’amitié et de respect ! 🙂

  • @Koz : « je pense que je ferai un de ces 4 un billet du genre, avec Pokemon et Pikachu à la place des mots qu’on ne veut pas voir » : Pourquoi reschtroumpfer la schtroumpf ? Peyo a déjà tout schtroumpfé en la matière.

  • Il ne faut pas dire paint it black (titre d’un autre billet), mais paint it the dark shade of british racing green, par exemple, qui s’apparente pas mal au noir. En tout cas, vu de loin, un jour avec le ciel couvert et en hiver.

  • Je ne suis pas tout à fait d’accord. Un séisme est certes une manifestation naturelle, et on ne peut pas abandonner toutes les terres sismiques, mais les conséquences du séisme sont directement liées à la qualité du gouvernement: de mémoire, un séisme très violent dans une zone urbanisée a fait quelques centaines de mort aux US (San Francisco), 5000 morts au Japon (Kobe), 50.000 morts en Turquie, et 150.000 morts pour Haiti. La différence est dû principalement au respect de normes de constructions et d’urbanismes adaptées, à l’éducation, et à la présence de plans de secours appropriés.

    Evidemment, il est plus facile de faire tout cela quand on a de l’argent, mais cela fait partie du problème: laisser un peuple que l’on gouverne pauvre est un crime.

    Donc les haïtiens ont le droit selon moi d’être en colère contre leur gouvernement.

    Comme un séisme lui-même n’est en rien dû à l’activité humaine, et que se mettre en colère contre un gouvernement, une nation adverse, les forces de l’argent, l’ONU ou quelque autre puissance humaine ne serait qu’un éxutoire,

  • @Gatien,

    Si les noirs originaires de pays pauvres sont ENCORE PLUS sensibles que les autres au sort d’autres noirs originaires d’autres pays pauvres, il n’y a rien de très « préoccupant », et n’est à vrai dire même pas étonnant.

    Soyez prudent. Bientôt vous allez trouver naturel que des Français blancs se sentent ENCORE PLUS proches d’autres Français blancs. Vous vous rendez compte? On a vu invoquer les heures les plus colorées de notre histoire pour moins que ça.

  • @Lib

    Parallèle classique, mais qui ne tient la route que si on oublie que les blancs ont mis les noirs en esclavage, et pas l’inverse. L’oppression crée une solidarité dont je comprends bien qu’elle vous échappe, mais qui existe, néanmoins.

    Je continue à trouver que ce débat sur la race est étrange, en réaction à ce billet. Mais je constate que certains en profitent pour faire des plaisanteries douteuses sur l’utilisation des mots. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Ricoeur pour savoir que les mots ont un sens, et que dire race pour parler des noirs, dans notre société, n’est pas anodin. On peut rire de tout, mais la revendication de la négritude, ou de l’afro-américanisme, s’est faite dans le sang.

  • Quand vous aurez fini d’accuser tout le monde de tendance raciste, niamreg, on pourra peut-être envisager de reprendre la discussion.

    uchimizu a écrit:

    Un séisme est certes une manifestation naturelle, et on ne peut pas abandonner toutes les terres sismiques, mais les conséquences du séisme sont directement liées à la qualité du gouvernement:

    Dans le débat sur la responsabilité de Dieu ou celle des hommes, on peut aussi souligner la responsabilité des hommes dans le sens où c’est bien aux hommes de venir en aide aux autres hommes en permettant le développement de chacun, et notamment le développement d’Haïti. Je ne suis pas certain que la communauté internationale soit véritablement en faute en Haïti : elle agit, peut-être pas suffisamment, ni suffisamment efficacement, mais elle essaie.

    Bref, on ne devrait pas se satisfaire que le Japon puisse bénéficier de constructions anti-sismiques et pas les pays pauvres. C’est aussi un appel à prendre en compte les inégalités et notre insuffisante fraternité.

  • Merci pour ce billet. Marre que certains profitent de tout et n’importe quoi pour nous refourguer leur idéologie…Avec à chaque fois ce chantage à la charité : »ne dites rien, l’argent est reversé aux victimes »

  • @Lib

    « Soyez prudent. Bientôt vous allez trouver naturel que des Français blancs se sentent ENCORE PLUS proches d’autres Français blancs. »

    Vous pensez que c’est faux?

    Je suppose que chacun voit le politiquement correct à sa porte.
    Pour moi, dire que les différences entre races existent mais qu’il ne faut pas en déduire une hiérarchie entre les individus, c’est du politiquement correct à l’état brut, moralisateur en prime.

    Tentons un résumé :
    1- Ce clip introduit la notion de race là où elle ne devrait pas être, c’est mal.
    2- Ceux qui estiment qu’il n’est pas nécessaire de parler de race pour commenter le nombre de noirs dans le clip sont de gentils naïf, droso-philes, qui refusent d’appeler un chat « chat ».

    Cherchez l’erreur.

    Entre les rieurs qui suggèrent que la race noire est une réalité évidente qu’il est ridicule de nier, ceux qui se sentent accusés de racisme, et ceux qui pensent comme Aristote que je serais atteint de daltonisme aggravé, personne n’a apporté le moindre début de réponse en rapport avec ce que j’ai écrit initialement, c’est assez décevant…

    J’ai fini par regarder ce clip. En réalité, si l’on excepte les antillais, clairement identifiés comme tel par les paroles en créol, je ne suis pas sûr que la proportion de noir soir si déséquilibrée. Etrange que personne n’ai relevé ça avant.

  • C’est pas du racisme, bien sur, mais si il faut se mettre à faire des différences entre les noirs…….. Et puis, je veux pas vous fâcher, mais certains antillais sont d’origine africaine (si, si).

    J’ai vu une très belle interview d’Aimé Césaire, un soir au cours d’une émission sur Haïti avec Lilian Thuram (que des noirs, dis donc…). Il expliquait comment la révolution d’Haïti avait été une libération pour la Guadeloupe et la Martinique, aussi. Et que ce lien était très fort. Une interview qui confirme le caractère pertinent du commentaire de Gatien.

  • C’est amusant de voir ce type de réaction éclater en plein débat sur l’identité nationale. Voir dans la démarche qui nous intéresse une forme de racisme inversé, une démarche « racialiste » (on rêve, introduire ce terme dans le débat est déjà un acte raciste en soi et révèle l’inconscient de son auteur) est une perversion intellectuelle. S’opposer, montrer du doigt des initiatives innocentes pareilles, railler ce que vous considérez comme une solidarité déplacée est une forme de racisme. Vous êtes bien les seuls à avoir remarqué le nombre de blacks sur la vidéo.

    J’ai l’impression, à lire tous les commentaires, que ça en embête plus d’un de voir des « blacks » français aider des « blacks » d’Haïti. A vous lire, on pourrait presque croire que vous considérez cela comme une forme de revendication ou je ne sais quoi. Alors quoi, il faut des quotas de blancs quand on veut aider des noirs?

    Avant de pinailler (posture d’aigri, de frustré!) on doit se demander si oui ou non, l’argent récolté par cette campagne aidera Haïti. On doit se demander si oui ou non c’est bien que de l’argent aille à Haïti. Point.

  • @Gronk,

    +1
    Si une catastrophe frappait la Bretagne, personne ne trouverait choquant que les Bretons de Paris se mobilisent pour aider leurs « pays »!

  • Mon employeur ne me permet pas de visualiser la video. y voit on Lady Ashton, notre fameuse ministre européenne des affaires étrangères ?
    Sur un blog qui défendit les couleurs du Oui, on s’offusque sur des sujets, quand même, mineurs, mais pour faire un suivi sur les bienfaits de ce texte européen, il n’y a plus grand monde.

    En fait, koz n’aime pas trop les gens qui se mettent en avant. Ophilie Winter qui se la pète sur une vidéo, c’est choquant. Il milite pour la discrétion Ashtonienne sur un évènement pareil 🙂

    Tout se tient finalement.

  • Bon, ce qui réjouit, c’est que l’on évite tout de même le point Godwin, bien que ce billet soit en haut de page depuis trois jours. C’est un gage de qualité, Dieu en soit loué. Il reste que fatalement, le troll s’insinue, et que l’on parvient à raccrocher le sujet au référendum sur le TCE. C’est tout de même une perf.

    Alors, juste pour ajouter encore deux mots.

    Il ne suffit pas de dire qu’on ne voie pas que les gens sont noirs pour être un champion de l’antiracisme. C’est juste une manifestation désespérée et désespérante de bonne-consciencitude. Je vois que les gens sont noirs, ce qui n’entraîne aucune conséquence en ce qui me concerne. Mais si vous ne le voyez pas, vous, c’est un trouble oculaire dans le meilleur des cas, de l’intelligence dans le pire.

    Hervé, pour poursuivre dans la bonne-consciencitude et les procès d’intention à la noix, je pourrais vous répondre que non, tous les noirs ne sont pas du même pays. Si, si, ce qui est vrai pour les blancs l’est aussi pour les noirs : ils ont plusieurs pays. Du coup, le parallèle avec la Bretagne perd un peu de sa force.

    Je voudrais aussi replacer ce clip dans son contexte. A aucun moment lorsqu’il a été présenté, on n’a précisé qu’il s’agissait d’un clip produit par une chaîne de R’N’B et de rap, ce qui aurait modifié mon appréciation. On l’a uniquement diffusé comme étant « une chanson pour Haïti », à l’image d’un « we are the world » donc, en somme, censé représenter la solidarité de la France. Ensuite, certains opèrent ici un étrange revirement de perspective, probablement dans le cadre d’une surenchère au plus gentil garçon. Mon propos est précisément de dire que la couleur de peau n’a pas sa place dans ce débat et, chemin faisant, je me retrouve à tout le moins implicitement accusé de racisme. Quel bel usage de la rhétorique, les mecs, champions ! Il fallait bien pinailler sur un truc, alors on a trouvé le mot « race ». Bon… la nature humaine.

    A toutes fins utiles, je rappelle que celui qui introduit la couleur de peau explicitement dans le débat, c’est bien Jacky et qu’à ma connaissance, les autres interprètes n’étaient pas forcés de s’y associer.

  • @ Hervé

    +1 Si une catastrophe frappait la Bretagne, personne ne trouverait choquant que les Bretons de Paris se mobilisent pour aider leurs « pays »!

    J’irais même plus loin… si une catastrophe frappait le bas de la rue des Pyrénées à Paris dans le 20eme, personne ne trouverait choquant que les habitants du haut de la rue des Pyrénées dans le 19eme se mobilisent pour aider leur « rue ».

  • @niamreg,

    Parallèle classique, mais qui ne tient la route que si on oublie que les blancs ont mis les noirs en esclavage, et pas l’inverse.

    Les mots ont un sens, niamreg. Et les articles définis n’ont pas le sens des articles indéfinis.

    Non, LES blancs n’ont pas mis LES noirs en esclavage. DES blancs ont mis DES noirs en esclavage. Et DES arabes ont mis DES noirs en esclavage. Et DES noirs ont mis DES noirs en esclavage. Et DES blancs ont mis DES blancs en esclavage. Et DES égyptiens ont mis DES hébreux en esclavage. Etc…

    L’esclavage est un phénomène très courant dans l’histoire de l’humanité. Les groupes dominants ont très souvent mis les groupes dominés en esclavage. Et la distinction dominant/dominé se fait plus souvent sur des critères économiques ou politiques que sur des critères ethniques, lesquels vont d’ailleurs largement au-delà de la couleur de peau.

    Un homme ne se définit pas par sa couleur de peau. Tous les hommes naissent libres et égaux en droits, quelle que soit leur couleur de peau. Il n’y a pas de dette ou de créance de sang.

  • Veuillez m’excuser si j’écris des banalités :

    Les haïtiens sont des antillais francophones dont la langue maternelle est le créol.

    Le plus grand héros de la révolte des esclaves antillais est Toussaint Louverture, esclave haïtien.

    « Né le 20 mai 1746 dans une habitation près de Cap-Français; mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux, à La Cluse-et-Mijoux en France. »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture.

  • @Koz,

    Tous les noirs sont originaires d’un même continent par leurs ancêtres a minima.

    Par ailleurs, cela me semble humain qu’un homme soit plus touché par un malheur qui frappe un homme qui lui ressemble, qu’il lui ressemble par le physique ou par les idées.

    Par exemple, que les chrétiens d’Europe soutiennent particulièrement les chrétiens persécutés dans certains pays me semble dans l’ordre des choses.

  • Le mot esclave vient de « slave ». Et mes ancêtres gaulois vendus comme esclaves par Jules César ont fait la fortune de ce dernier.

    C’est vrai, mais c’est loin. Il me semble qu’il y a deux dimensions au problème.

    Les blancs sont-ils particulièrement vicieux ? Non, pour les excellentes raisons avancées par Lib.

    Les noirs qui ont vécu, dans un temps historiquement proche, la séquence esclavage/colonisation/ségrégation, en ont-ils été marqués, même si eux ou leur famille n’ont pas été directement concernés ? Mon bon sens me dit que oui, ma prudence me retient de préciser comment, ma conviction est que fouiller sans relâche ses plaies, aussi réelles soient-elles, n’est pas sain.

  • Echange assez caractéristique de ce débat bancal, non? Gatien apporte un argument intéressant (l’existence d’une solidarité spécifique aux noirs antillais pour des raisons historiques, qui incluent l’esclavage et le combat pour la libération). Koz répond en gros que c’est tous des noirs, dans une approximation justifiée par son billet initial (où le chanteur parle bien de la couleur de la peau, et pas des Antilles). Mais sur un sujet comme celui-là, je ne sais pas laisser passer une telle approximation (ce que j’avais pourtant essayé avec l’utilisation de race dans le billet; et on m’accordera, je pense, que l’approximation de Koz est quelque peu brutale), et j’en fais une moi-même, que Lib utilise pour refuser de voir l’argument de Gatien, qui à mon sens, ne perd pourtant rien de sa pertinence.

    Ce débat véhicule des tas de non-dit, et je crois intéressant de mettre au jour ces non-dit. Par exemple: le combat des noirs américains pour ne plus être appelés par la couleur de leur peau mérite plus de respect qu’une critique de fin de banquet sur le politiquement correct.

  • @ niamreg

    Ce débat véhicule des tas de non-dit, et je crois intéressant de mettre au jour ces non-dit.

    C’est là où vous rejoignez Besson, en fait…

  • c’est par pur gentillesse, j’imagine, et pour montrer que vous cherchez à me comprendre?

    La différence entre Besson et moi, c’est que je ne suis pas ministre de l’identité nationale, de l’immigration et de je ne sais pas quoi encore, et que quand je dis ce que je dis, ça n’a aucune importance, sauf pour les gens qui m’écoutent.

  • @Hervé

    « Tous les noirs sont originaires d’un même continent par leurs ancêtres a minima. »

    Je ne sais pas exactement ce que vous vouliez dire, mais c’est soit faux : par leurs ancêtres, les antillais viennent autant d’Europe et d’Amérique que d’Afrique, ils sont issus du mélange des trois, sans parler des aborigènes, des indiens, des océaniens,etc.; soit une totologie : tous les humains viennent d’Afrique.

    Ensuite, si vous vous intéressez à la culture et à l’imaginaire collectif, les antillais ne sont pas le moins du monde africains. Ils n’ont pas connus la colonisation, et beaucoup d’entre eux voient les africains comme les voient la plupart des métropolitains : des peuples lointains et sous-développés, un peu sauvages sur les bords. Je suis presque sûr qu’il y a plus de métropolitains qui voyagent en Afrique que d’antillais.

    A l’inverse, les africains francophones auxquels je me suis frotté voient les antillais comme d’étranges francais noirs : descendants des esclaves, c’est quand-même un peu la honte. L’esclavage n’est pas leur histoire, ils n’ont que faire de Toussaint Louverture. Ils connaissent la colonisation et le pillage des ressources naturelles, mais pas l’esclavage.

    Je crois qu’on peut dire, si l’on est décidé à se lancer dans de grandes généralités, que le plus court chemin entre l’antillais et l’africain francophone, d’un point de vue culturel, c’est le francais de souche. Entre les deux extrêmes reigne une incompréhension et une inconnaissance absolues.

    Les seuls qui font le lien entre les Antilles et l’Afrique sont quelques reggeamen adeptes de la théorie du retour. Les écrivains et intellectuels antillais, évoquent plutôt les caractéristiques liées au mélange, à l’insularité, à l’esclavage, mais ne font pas de l’Afrique un point central. Quand à l’antillais de la rue… ne lui dites pas qu’il est africain, il risque d’être très vexé.

    Partant de là il y a vis à vis des Antilles (comme pour tous les autres DOM/TOM) trois voies :

    1. On considère que sont francais ces gens dont la culture est largement imprégnée par l’histoire de l’esclavage dans les îles caraïbes.

    2. On considère qu’ils sont étrangers, ont leur histoire propre, et doivent choisir eux-même leur avenir.

    3. On panache les deux précédents en retenant ce qui est le plus favorable dans chacun des scénarios : les antillais ne sont pas francais, mais vivent dans des républiques bananières controlées depuis Paris, pour que les matières premières continuent à être exploitées par des industriels francais prôches du pouvoir.

    Les précédents africains indiquent que la troisième voie est probable. Pour Haïti, c’est loupé, le futur président risque de ne pas être désigné à Paris.

  • Voila un article inutile.

    le gars qui écrit l article se renseigne meme pas de savoir dans quelles conditions le clip a été tourné, a l initiative de qui et par qui.
    pour votre info, le patron de trace tv est a l origine de ce clip.
    trace tv est une tv africo-antillaise donc vise pas mal les noirs.
    la reponse est dans la question

    ils ont fait le clip dans l urgence et on fait fonctionner leurs reseaux donc leurs potes musiciens noirs.
    y a aucun racisme la dedans….

    pierrot et le loup….

    aznavour est la parce qu il a répondu oui tout de suite et pas dans 10 ans…

    je suis aux antilles et je peux te dire
    que les amis haitiens ont vu le clip et sont touchés qu’on pense a eux.
    je crois que le but est la.

  • @Gatien,

    « Je ne sais pas exactement ce que vous vouliez dire, mais c’est soit faux : par leurs ancêtres, les antillais viennent autant d’Europe et d’Amérique que d’Afrique,… »

    Je voulais dire que dans leur très grande majorité, les Antillais noirs ou métissés ont des ancêtres africains,( parmi l’ensemble de leurs ancêtres).

    Ceci principalement du fait du commerce triangulaire et de l’esclavage,( est-ce utile de le préciser ?)

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  • @Hervé

    Nous sommes d’accord.
    Il est bien clair que la majorité des antillais a des ancêtres africains. Je n’ai fait que rebondir sur votre phrase pour signaler (pas à vous en particulier, en fait), que ce rapprochement n’est pas forcément fait par les intéressés.

  • non mè pour ki el se pren cette personne on fè kel ke chose de bien el vien déja ramener sa gueule el a des souci ou koi épui koi ya des noirs pck c eux ki on répondu le plus vite
    non mè franchement c vrè on ne peu pa fère un truc en france sans ke ce soi critiqué
    la personne ki a écrit ça è jalouse el voulè en fère parti

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