Shorter Congrès

Ceux qui n’auraient pas le temps, l’audace ou la curiosité de visionner l’intégralité du discours de Sarko lors du congrès de dimanche, un discours que j’ai entendu saluer par Alain Duhamel, Serge July, Yves Thréard, et auxquels même Libé et Le Monde ont trouvé bien des points positifs, pourront se référer avec profit au condensé fourni le soir même par Nicolas Sarkozy.

Au-delà du discours, que j’apprécie, j’admire la maîtrise. « J’ai changé« … Quelques prestations de ce genre rendront la tâche terriblement malaisée à ceux qui veulent le dépeindre comme un excité, et appellent fébrilement de leurs voeux un lâchage de nerfs… Remarquez que, mucho mas dificil, il a su faire preuve d’une même maîtrise de lui-même dans une salle surchauffée face à 78 003 militants debouts, une situation qui porterait pourtant davantage à l’hystérie qu’à la sérénité…

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17 comments

  • « 78 003 militants debouts »

    Marrant, avec seulement 21000 chaises : j’ai pas vu trois fois plus de mecs debout que de mecs assis.

    Et oui, il est fort en communication : parce que parler « d’humilité » après ce chef d’oeuvre de mégalomanie dans les signes externes au discours, c’est énorme !

  • Eh bien, tu vois que tu plaides, ou plutôt que tu requiers. Jules ne délirait pas. Les 78 000 environ, je les tiens d’un sarkozyste de premier ordre, Serge July, dans « On refait le monde ». Mais il ne doit pas avoir d’aussi bonnes sources d’information que Versac. Pour les 3, en revanche, c’est de moi, parce que je ne vois pas pourquoi je ne me livrerais pas aussi à ma petite évaluation.

  • La bonne nouvelle c’est que pendant ce temps, 78003 militants UMP n’étaient pas occupés à ratisser les marchés, distribuer des tracts, discuter avec des voisins…

    La mauvaise nouvelle, c’est que le Canard Enchaîné, tout à l’heure va hélas m’apprendre qu’il y en avait beaucoup moins à cette réunion. Et où étaient-ils alors ?

  • [quote comment= »715″]La mauvaise nouvelle, c’est que le Canard Enchaîné, tout à l’heure va hélas m’apprendre qu’il y en avait beaucoup moins à cette réunion. Et où étaient-ils alors ?[/quote]

    C’est vrai, le Canard Enchaîné est terriblement prévisible…

  • Quelle tristesse de lire ces deux commentaires dégoulinant de mauvaise foi et débordant de haine à peine contenue. Je prie Koz de m’excuser de ma virulence mais sur un forum deux commentaires comme ceux-là seraient, à raison, taxés de trollage…..

    Sur le fond j’ai retrouve le même Nicolas Sarkozy que lors de l’émission « A vous de juger » sur France 2. Simple, clair, concis. Et comme le souligne Koz son discours, bien que long est un modèle du genre en matière de clarté des propositions, d’argumentation des postures et de respect du plus grand nombre. Pour l’anecdote c’est Georges-Marc Benhamou qui a en grande partie écrit ce discours (entendu sur RTL), une preuve que Nicolas Sarkozy n’est pas le démon présenté par certains. En effet on peut difficilement suspecter cet ami de JP Mignard (avocat des Hollande/Royal), biographe de François Miterrand et récent auteur d’un livre d’entretien avec Michel Rocard, d’intelligence avec le côté sombre…..

  • Le discours était peut-être bon mais moi qui ne comptait voter ni pour Sarkozy ni pour Royal, il m’a presque convaincu de voter pour la seconde. Parce que derrière le « j’ai changé », quand on relit le texte, c’est beaucoup plus à droite, beaucoup plus dur (mais ça c’est le point de vue de quelqu’un de gauche, évidemment) que certaines de ses déclarations de ces dernières années et cet homme me fait un peu peur. Je dis presque parce que pour l’instant Royal est tellement nulle qu’il faudrait vraiment que Sarkozy me fasse très très peur pour que j’aille voter.

  • Je suis « un peu » étonné que tu trouves ce discours plus à droite que d’autres et « dur ». Il me paraît au contraire modéré et particulièrement rassembleur. Et ce sans prêter attention aux figures invoquées, quoique cela ne soit pas la moindre des performances de faire appaludir Jaurès par des militants UMP.

    Enfinn bref, prenons le discours et discutons-en. Car ton impression me surprend pour le moins, même venant de la part de quelqu’un de gauche !

  • Je suis également surpris, ce d’autant plus que j’ai entendu plusieurs adhérents du PS, ayant voté pour Ségolène Royal en interne, dire qu’ils voteraient Nicolas Sarkozy après avoir entendu son discours et fait le même constat que toi sur la candidate socialiste.

  • Et sinon, dans les intervenant autres, des commentaires ? Je lis ça et la que Rama Yade a impressioné (son discours était il est vrai impressionnant)? Une révélation, comme le dit Fillon ?

  • 1er passage qui m’inquiète (et 1er vrai point de vue, qui vient après tout le blabla émotionnel du début), celui sur laïcité et religion : il réaffirme ce qu’il a déjà dit, à savoir que la laïcité n’est pas prioritaire sur la religion. Après, nouveau blabla pour tirer quelques larmes. Puis ce qui m’a plus que choqué, qui m’a le plus fait peur, mais que personne n’a relevé : « ma France c’est la France des croisades »!!! Puis un passage excellent : « Je respecte toutes les cultures à travers le monde. Mais qu’il soit entendu que si on vit en France alors on respecte les valeurs et les lois de la République. La soumission de la femme c’est le contraire de la République, ceux qui veulent soumettre leurs femmes n’ont rien à faire en France. La polygamie c’est le contraire de la République. Les polygames n’ont rien à faire en France. L’excision c’est une atteinte à la dignité de la femme, c’est le contraire de la République, ceux qui veulent la pratiquer sur leurs enfants ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. » Là rien à dire. Re blabla historique sans intérêt avec pique à la gauche qui ne me semble pas fondé (mais c’est de la politique, donc rien de scandaleux). Après il y a la « république virtuelle » et là je dois dire que le concept m’échappe. « Je propose qu’aucun minimum social ne soit accordé sans la contre-partie d’une activité d’intérêt général. » Là je ne suis pas d’accord. Pas pour des raisons idéologiques mais parce qu’il me semble que plusieurs millions de personnes sur des TIG ça ne serait pas bonpour l’emploi. Puis tout un tas de lieux communs sur lesquels tout le monde sera d’accord. Encore un passage qui m’inquiète : la remise en cause du droit de grève. « le manque de courage » je n’ai pas compris à qui il le reproche. Le passage sur Erignac je n’ai pas compris ce qu’il faisait là. Faire un parallèle entre ses assassins et des grèvistes? Puis le passage sur le logement qui est assez amusant quand on sait ce qu’il a fait (ou pas) quand il en avait les moyens. Puis le passage sur les étudiants, très flou, pas grand chose de concret. Et là le summum, et ce qui fait fondamentalement la différence entre la gauche et la droite : « Le travail c’est la liberté, c’est l’égalité des chances, c’est la promotion sociale ». Ben moi je préférais être au bord d’une plage, sous les cocotiers, les doigts de pieds en éventail, plutôt que de travailler, désolé. Et pourtant mon travail est intéressant. Mais dire le travail c’est la liberté quand il y a tant de personnes qui font un travail merdique, non. « Le travail c’est le respect ». Le mien j’ai parfois des doutes. D’une façon général je ne comprends pas cette fascination que le travail exerce sur certains. Un sondage amusant à faire serait : Q1 Préférez-vous être rentier ou exercer un travail pénible pour le même revenu? Q2 Préférez-vous être rentier ou exercer un travail quelconque pour le même revenu? Q3 Préférez-vous être rentier ou exercer un travail agréable pour le même revenu? « Quand on facilite l’endettement des ménages pour financer les créations d’entreprises ou l’achat d’une voiture indispensable pour aller travailler, on favorise le travail » Alors que le surendettement est un problème de plus en plus important, je trouve curieux qu’il pousse à s’endetter. Puis le passage sur les licenciements qui sont trop difficiles. Licenciement plus simple, contrat unique, obligation de prendre n’importe quel emploi. Du concret. En contrepartie « je veux protéger les personnes ». Comment? Mystère. On accorde tout aux patrons, pour les salariés on verra après. Puis la traditionnelle baisse des impôts. Moi je suis pour un revenu maximum, alors forcément ça ça ne me plait pas. Le référendum : « Mais je veux lui dire aussi qu’il serait plus mortel encore de juger celui qui a voté « non » au lieu de chercher à le comprendre. Je veux lui dire que la France qui gagne perdra tout si elle méprise la France qui ne se sent pas bien ». Alors il ne juge pas mais celui qui a voté non ne se sent pas bien et celui qui a voté oui est un gagnant. Quel mépris! Et puis les gagnants, sur ce coup là ce sont ceux qui ont voté non, si mes souvenirs sont exacts.

    Voilà, une lecture rapide. Le discours de Sarkozy c’est à vue de nez 95% de bonnes intentions (donc on peut effectivement dire que c’est modéré) sur lesquelles tout le monde, gauche comme droite, ne peut qu’être d’accord. Inutile donc de discuter là-dessus et de dire : « il a fait un beau discours ». Oui, certes, mais qu’a-t-il dit? Des évidences universelles et quand il fait des propositions concrètes, c’est le discours de droite classique : le travail et la religion c’est bien, les impôts, la grève et le droit du travail c’est mal. C’est un discours d’entrée en campagne, qui se veut en effet rassembleur en ne parlant de presque rien de concret. Mais la petite part de concret m’inquiète (il en faut peu pour m’inquiéter). Quand je disais « plus dur que ces dernières années » je suis peut-être allé un peu vite, en fait j’avais en tête ses prises de position sur la double-peine.

    Pour ce que dit nsi, ça ne me surprend pas : Ségolène Royal étant de droite, ceux qui ont voté pour elle à l’interne aussi, et Sarkozy est incontestablement un meilleur candidat de droite qu’elle. Ce qui n’est pas bien difficile. Et ce qui n’empêche pas qu’elle sera peut-être élue.

    Désolé pour la longueur.

  • Pas de problèmes sur la longueur. Au contraire : je préfère un franc débat.

    Mais, sincèrement, tu continues de m’étonner.

    (i) Il ne dit aucunement que la laïcité ne prime pas sur les religions. Il dit que sa conception de la laïcité n’est pas la négation de la religion, mais le respect de toutes. Sur ce point, je me souviens que, du temps de la polémique sur les caricatures de Mahomet, un malentendu était fréquent : « respecter » ne signifie aucunement « adopter » (il serait au demeurant difficile de les adopter toutes), ni se soumettre.

    Dès lors que les religieux n’incitent pas à violer les lois de la république, quel est le problème ? Certains voudraient que l’on chasse la question spirituelle du débat public, les croyants étant – pour caricaturer – des imbéciles crédules. Il me semble que, sur une question telle que l’existence de Dieu, la vie après la mort etc… l’Etat ne peut être que dans une attitude de neutralité, de retrait, et pourquoi pas de respect ? Les croyants sont aussi des « cherchant » : il me semble respectable de se poser encore et encore cette question. Et je reste surpris que l’on accorde plus de respect au moindre club de sport qu’à ceux qui s’interrogent sur le sens de la vie.

    L’Etat n’a aucune « doctrine officielle » à opposer aux religions, si ce n’est la séparation. Séparation qui ne veut pas dire, une fois de plus, négation.

    (ii) la « République virtuelle », c’est, en somme, l’affirmation auto-satisfaite des grands principes républicains, qui ne sont jamais traduits dans les faits.

    (iii) la question du minimum social contre un travail d’intérêt général : je suis, moi aussi, un peu dubitatif, mais pas opposé. Cela demande à être profondément adapté aux situations individuelles. Ainsi de la mère de famille isolée qui ne peut faire garder ses enfants, et doit pourtant chercher du travail : il ne s’agit pas qu’une quelconque TIG l’empêche davantage encore de chercher du boulot. Mais, sur le principe, il ne faut pas non plus concevoir « TIG » comme un travail dégradant : ce peut être un boulot dans une association et là, j’aurais même tendance à penser que nombreux seraient ceux qui se sentiraient réhabilités à avoir une activité sociale.

    (iv) le travail, c’est la liberté, l’égalité des chances, la promotion sociale, le respect… Ne dis pas trop vite qu’il s’agit d’un marqueur des divergences gauche/droite : Ségolène Royal entend réhabiliter la « valeur travail ».

    A la différence de toi, je pense, oui, que le travail, c’est le respect, la liberté, l’égalité des chances. Pour quelques-uns qui se complaisent dans l’assistance, combien préfèrerait parfois un travail modeste mais avoir la fierté de s’assumer seuls ?

    Cela me paraît être très précisément du faux discours social que celui que tu tiens, à propos de ceux qui ont un biulot de merde. Oui, parfois, le travail est abrutissant. Oui, parfois, le travail, c’est l’exploitation, par un chef con qui jouit de son petit pouvoir. Ce sont les aléas de la vie, et des qualités humaines, inégalement réparties.

    Mais je pense que oui, le travail, c’est la liberté, la liberté de s’assumer seul, de ne dépendre de personne.

    Ton sondage est assez surprenant : préférez-vous bosser ou être payé à rien foutre ? Certes, on peut se poser la question. Mais dans un monde réel et adulte, on sait que l’hypothèse « payer à rien foutre », c’est du pipeau, de sorte que l’alternative n’existe qu’entre bosser ou toucher les revenus d’assistance.

    (v) la sécurisation des parcours professionnels ? C’est probablement insuffisamment détaillé dans ce discours, mais rien ne te permet de dire que « l’on donne tout aux patrons », puisque rien n’est détaillé.

    (vi) baisse des impôts contre revenu maximum : ça s’oppose ?

    Bref, je suis désolé si je suis un peu abrupt, mais dire, à la suite de ce discours, que Nicolas Sarkozy te fait peur, je trouve que c’est de la répétition inconsciente de propagande anti-sarko.

  • (i) Sur laïcité et religion il ne développe pas c’est vrai, mais il va toujours dans le sens de son bouquin de funeste mémoire, et pas si vieux.

    (iv) Je crois qu’il y a tromperie : ce n’est pas le travail qui entraîne la liberté, c’est l’argent qu’il rapporte, et c’est très différent. Tu dis « parfois le travail est abrutissant ». Moi je crois que c’est très souvent, plus que « parfois ».

    (v) Je trouve que la partie cadeaux aux patrons est déjà bien développée, certainement plus que la partie contreparties aux salariés.

    (vi) Au contraire, ça se complète admirablement.

  • (i) As-tu lu le livre « de funeste mémoire » ? Si oui, en quoi l’est-il ? Je l’ai lu et j’ai du mal à comprendre ton point, même s’il est évident que nous n’avons pas les mêmes sensibilités. J’en avais soumis d’ailleurs trois extraits aux commentaires, sur mon ancien blog, ici, , et , et j’aimerais comprendre en quoi ce qu’il dit puisse être funeste d’une quelconque manière. Si ce n’est que les laïcistes poussent des cris d’orfraie du seul fait que République et Religions puissent se trouver conjointement dans le titre d’un ouvrage sans qu’il s’agisse de prôner l’écrasement de l’infâme.

    (iv) « ce n’est pas le travail qui entraîne la liberté, mais l’argent qu’il rapporte ». Soit. Maintenant, si tu connais un moyen de voir tomber l’argent du ciel… Encore une fois, il ne s’agit pas de trouver des solutions rêvées dans un monde fantasmée, mais de parler du monde réel, où l’on ne gagne de l’argent qu’en travaillant.

    (vi) alors, si ça complète, je ne comprends pas le problème.

  • Prof a écrit :[quote post= »66″]D’une façon général je ne comprends pas cette fascination que le travail exerce sur certains.[/quote]

    Je suis de ceux-là, et pourtant j’en ai souvent bavé dans mon métier. Pour moi le travail c’est la dignité, c’est la liberté, c’est l’indépendance. Entre indépendance et assistance j’opte pour l’indépendance, morale et matérielle. A Rome on réclamait « du pain et des jeux ». On a vu comment cela s’est terminé.

  • Alors :

    (i) Je ne l’ai pas lu, non. Je n’ai pas encore fini Dostoïevski, alors pour les livres d’hommes politiques, je vais attendre encore un peu. Mais j’en ai lu des extraits (ceux que tu avais soumis à commentaires n’ont à mon avis aucun intérêt) et je partage sur la question. Ca va beaucoup plus loin que des mots dans un même titre.

    (iv) Je suis un doux rêveur.

    (vi) Le problème, c’est que je n’avais pas compris que Sarkozy allait plafonner les revenus!

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