Sarko, un problème de râteau ?

Le festival des "leçons du scrutin" est lancé, avec pour point commun le fait que les uns et les autres trouveront nécessairement dans les urnes la confirmation de ce qu'ils ont toujours prôné.

D'ailleurs, c'est bien parce qu'on ne les a pas écoutés qu'on en est là aujourd'hui. Bien évidemment, ces leçons ne concorderont pas.

La gauche expliquera que l'on n'a pas pris en compte les aspirations légitimes des français et que l'on casse le service public. Les chiraquiens, que l'on ne tâte plus aussi bien le cul des vaches. Les démocrates-chrétiens, que l'on n'est guère chrétien et... enfin, si, tout de même, démocrates, faut pas pousser. Bref, seuls les sarkozystes n'ont pas le droit de jouer. Notez qu'ils ont le pouvoir : ils peuvent pas tout avoir non plus.

Alors, hein, les leçons des régionales ? Est-ce qu'il y en a vraiment tant à tirer ? Il faut l'affirmer. C'est plus décent. Mais combien de scrutins intermédiaires ont conforté le pouvoir en place, depuis vingt ans ? Prenez les régionales : on se souviendra de 92, en pleine crise, déjà. Faut-il vraiment s'étonner que, au cours de la plus grave crise économique que la France ait connu depuis 1945, le pouvoir en place ne soit pas au faîte de sa popularité ?

Mais ne relativisons pas plus que ne l'ont fait les politiques ce soir : c'est une bâche, un râteau. Sarko n'aurait-il pas d'ailleurs un vrai problème de râteaux ? Il en a pris, qu'il n'a pas souhaités et celui qu'il a choisi serait le mauvais. On s'explique...

Il a voulu draguer à gauche. Dès son premier gouvernement. Il fallait briser cette idée que Sarkozy soit l'homme d'un clan. La stratégie s'est poursuivie et a culminé avec les nominations de Mitterrand puis, à quelques jours des élections, de Charasse qui restent, malgré les dénégations des socialistes, bel et bien perçus comme des hommes de gauche. Il a dragué à gauche, la gauche n'a pas voté pour lui. Rateau.

Il a voulu draguer à l'extrême-droite. Burqa, identité nationale, sécurité... il fallait siphonner le FN. Ca pouvait marcher mais cela supposait de suivre une fine ligne jaune, si fine. Et nombreux sont ceux qui ont pensé qu'elle a été franchie. Il a dragué à l'extrême-droite, selon toute vraisemblance, elle n'a pas voté pour lui. Rateau.

L'explication est certainement simpliste mais l'idée de tenter un rassemblement de la gauche à l'extrême-droite n'avait-elle pas un air de grand écart à tendance casse-gueule ? Sarkozy n'a-t-il pas négligé, avec tout ça, l'épouse fidèle ?

Il a voulu ratisser large, il s'est saisi d'un râteau. Il l'a pris pleine face. Surprenant ? Non. Si l'on part du principe que c'est un urbain, pas un habitué du râteau.

En revanche, il pourrait interroger Jean Dionis du Séjour. Par chez lui, on sait ce que c'est, les râteaux. On les prend du bon côté, on s'en sert avec style, on ne marche pas dessus. Et, chez lui, c'est comme ça que ça se passe :

"Hier, un militant : "Jean, Sarko a inventé le râteau à une dent ! Qu'est ce que tu veux ratisser avec ça ? ". La remarque fait mouche."

Voilà qui fera partie des débats post-régionales, même si peu nombreux sont ceux qui veulent remettre en cause la stratégie d'unité menée depuis 2002. Ce soir, à la péniche "l'Equité", de Valérie Pécresse, aucun de ceux que j'ai interrogés - Patrick Karam, David Douillet, Yves Jego ou encore Frédéric Valletoux, porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse1 - n'entendait reconsidérer la stratégie. Le Nouveau Centre risque dans ce cas de se retrouver bien seul à débattre.

Il serait d'ailleurs précipité de juger de ces stratégies sur un simple résultat de régionales et ce, d'autant plus que l'on se souviendra aussi des longues années passées à tenter de faire "l'union de la droite" sous les vocables les plus divers et des soirées électorales passées à blâmer les divisions entre UDF et RPR.

Alors ? Alors, on a beaucoup entendu parler, de Dati à Copé, de "revenir aux fondamentaux", joli mot-valise dans lequel chacun pourra empaqueter ses propres fondamentaux. Jean-François Copé, l'un des premiers à s'exprimer, allait jusqu'à y placer la burqa. Pauvre droite. Si l'interdiction de la burqa est le premier de ses "fondamentaux" qui lui vient à l'esprit, elle se prépare d'autres déconvenues.

également publié sur lefigaro.fr

crédit photo : n@n@figue


  1. interviews à venir sur koztoujours []

32 comments

  • Bonne analyse. Quant au râteau le symbole est adéquat et bien trouvé. Dans la même veine j’ajouterais : L’UMP sombre, Sarko drague le fond pour le renflouer.

  • Tout le monde veut tirer des « leçons » de politique politicienne du scrutin. Est-ce que Sarkozy a trop fait d’ouverture à gauche? Ou au contraire a-t-il trop dragué le FN? Qu’est-ce ça veut dire pour le PS en 2012?

    Mais les vraies leçons sont beaucoup plus prosaïques et évidentes, et ça m’énerve que personne n’en prenne acte.

    L’abstention: les enjeux des collectivités locales sont indéchiffrables pour la majorité des français. On aura toujours une participation faible à ces élections jusqu’à ce qu’on arrive à une organisation territoriale lisible et des entités puissantes.

    La victoire de la gauche: quelque soit le contexte, une élection 1) de mi-mandat, 2) dans un contexte de malaise économique et 3) en France sera toujours très, très difficile à gagner pour le parti majoritaire, voire impossible. Point barre.

    Rajouter à cela que les présidents de région sortants peuvent crédiblement se targuer d’un bilan positif, non pas parce qu’ils sont particulièrement talentueux ou que sais-je, mais tout simplement parce que la réforme de décentralisation de 2004 a augmenté leurs crédits et leurs marges de manoeuvre.

    Les commentateurs se concentrent de manière monomaniaque sur des points de politique politicienne, alors que ces élections sont le résultat de tendance beaucoup plus importantes et bien mieux explicatives. Le reste c’est du vent.

  • Vlad a écrit:

    Dans la même veine j’ajouterais : L’UMP sombre, Sarko drague le fond pour le renflouer.

    Là, je crains que vous ne vous emballiez. L’UMP connaît un revers, assez compréhensible. Il y a des choses à ajuster. Mais avant de la voir sombrer, il y a de la marge.

    @ PEG: eh, sur l’illisibilité de l’action des Régions, je l’ai évoqué deux fois en quinze jours, sur le fait qu’une élection de mi-mandat dans un contexte de crise, c’est dans mon billet, alors hein bon, hein, « personne« … you are pushing Granny dans les trucs qui piquent

    En revanche, si les électeurs de centre droit se sont effectivement peu déplacés, cela peut avoir du sens de le relever.

    Pour le reste, on est assez d’accord, et c’est ce que je dis en intro, tout le monde a une tendance certaine à tirer les « leçons » qui l’arrangent.

  • Mouais. C’est marrant, mais je n’ai jamais les mêmes raisons de ne pas voter UMP que tout le monde.

    Draguer à gauche? Nommer des gens de gauche compétents ou pas plus incompétents que d’autres (Hirsch, Migaud, Charasse, à la limite Kouchner…) ne m’a jamais posé le moindre problème. Au contraire, ça sort de cette logique de camps retranchés que je trouve détestable et ouvre la voie, timidement, à une évolution à l’américaine où les parlementaires ne votent pas en fonction du parti mais de leurs opinions.

    En revanche, le « draguer à gauche » qui me hérisse, c’est le deal avec la CGT, les réformes en trompe l’oeil, le Grenelle de l’environnement et Copenhague, l’étatisation massive de l’économie, la fuite en avant du couple maudit impôts/subventions…

    Draguer à droite? Reconnaître qu’on a un problème d’intégration d’une partie de la population d’origine maghrébine et qu’on ne sait pas comment endiguer la criminalité dans les quartiers ne me paraît pas révoltant.

    En revanche, les caméras partout, Loppsi, les lois faits divers, le nationalisme économique qui pousse Lagarde à reprocher aux Allemands leur bonne gestion… Ca me déplaît fortement.

    Le problème de Sarko n’est pas qu’il ratisse trop large. Il est qu’il n’inspire plus confiance.

    Samedi soir, on dinait avec 2 couples d’amis. 6 personnes qui avaient tous voté Sarko au 2e tour. 6 personnes qui n’ont pas voté dimanche.

  • Mon commentaire n’était pas une critique contre toi mais plutôt contre les simagrées de la floppée de commentateurs télévisuels et radiophoniques qu’on nous impose depuis le premier tour…

  • Large, le râteau l’est. Tellement large que l’on peut se demander si le rêve de Sarkozy n’est pas celui d’un parti unique où toutes les sensibilités seraient représentées (i.e. feraient de la figuration), du FN au front de gauche en passant par les écologistes. Le NPA restant seul pour figurer l’opposition.

    Cette vision terrifiante est inscrite dans les gênes de l’UMP. « Union pour la majorité présidentielle » : le parti de la majorité.

    Koz remarque que ceci se fait au détriment du socle électoral traditionnel, c’est le reproche courant adressé à Sarkozy – à droite – depuis Devedjian qui prônait l’ouverture jusqu’aux sarkozystes.

    On peut aussi faire une autre remarque : rassembler des sensibilités différentes est incompatible avec les méthodes autoritaires d’un président qui décide tout, et contraire à la méthode qui vise à torpiller le concurrent (PS, FN, Centre,…) plutôt qu’à s’entendre avec lui.

    On peut trouver dérisoire les « leçons politiciennes », c’est aussi ma première réaction à l’écoute des différents commentaires. Celui d’Aubry nottament, qui dressait une longue liste de messages adressés au gouvernement à partir d’un simple pourcentage.

    Mais on peut aussi considérer que les résultats bruts du vote sont accompagnés d’études qualitatives, dont les sondeurs et les politiques ont les résultats en main, sur les motivations des votants. Il n’est donc pas complètement illusoire de parler des « messages » adressés par les électeurs.

    Une leçon intéressante est que les abstensionistes de droite semblent s’être mobilisé un peu au second tour. J’entends ça comme un rejet du sarkozysme qui reste accompagné d’un attachement à « la droite ». Reste à savoir ce qu’est exactement « la droite », et si l’UMP la représente…

    Une autre leçon est que l’UMP sait réorienter assez vite ses éléments de langage en fonction des études d’opinion. Il a suffit d’une semaine pour qu’ils se ressaisissent et parlent enfin de défaite. Problème : défaite ou pas, beaucoup de gens en ont assez des éléments de langage lobotomisants des Lefèbvre et Bertrand.

  • Tous le monde y va de son analyse, plus ou moins cohérente, plus ou moins partisane. Tous le monde à son explication sur les raisons de la défaite ou de la victoire… On s’y perd en conjecture… Je ne sais plus quoi trop penser en termes globaux… Je ne puis me baser que sur mon ressentis personnel, pour me faire une opinion… don moi aussi je me fend d’une tentative d’explication… Je suis de droite, et j’ai voté pour Sarkozy avec enthousiasme au présidentiel! Je n’ai aucun soucis avec l’ouverture… La discrimination positive par contre elle me fait un peu peur… je préfère l’encouragement, aux lois sur le sujet! L’écologie? Oui mais intelligemment! Les Allemands leader du solaire(!!!????!!!!) et nous? les danois leader de l’éoliens… et nous leader de la Taxe… Carbone! Non remplacement d’un fonctionnaire sur deux? Oui à deux mains -100000 en 3 ans, bien! mais +50000 par ans dans les régions et département….NON On est le pays, ou un des pays, selon les sources, qui dépense le plus pour l’éducation, 800000 enseignants… 1200000 pers. qui travaillent dans l’éducation nationale… et 15e sur 27, dans les classements de comparaisons entre lycéens de pays européens? juste devant la Roumanie, Scandaleux! Certains disent qu’il y’a trop de réformes, Trop vite, et mal expliquées. Je pense qu’on ne va pas forcément encore assez loin dans les réformes! On lâche trop de leste, trop de compromis, pas assez d’ambition! Je pense que nous n’avons pas le choix et qu’il faut aller encore plus vite! Je pense que sous la pression des médias une partie de la droite retombe dans ses travers Chiraquiens, et pense que moins on en fait, moins on en dit, plus longtemps on restera au pouvoir! Sarkozy, vilipendé de tous les cotés, et sur tous les sujets, depuis son élection pense que s’il se chiraquise, et en ratissant large, il plaira à tous le monde… C’est le retour de la droite molle! La Gauche n’a pas besoin d’être très performante pour gagner les élections en France… Une droite molle lui suffit Le débat sur l’identité national m’a énormément déçut! Sarkozy à eut le courage de lancer le débat! et j’ai trouvé cela magnifique! Par contre, vu le tollé provoqué par les médias, intellectuels, polémistes, journalistes, artistes… La droite s’est couchée! Ce n’est pas le débat qui à donné des votes au FN! Mais le non débat! Si l’UMP tout entière avait défendu à fond le débat et donc les valeurs, l’originalité, le rêve Français, l’identité Française… Le FN aurait fait un score beaucoup moins important! Ce n’est pas selon moi toutes les petites polémiques qui ont influencé les Français mais le manque de courage! Besson et la plupart des politiques sont bourrés de tabous sur ces questions et n’osent pas vraiment défendre leurs idées (s’ils en ont tout du moins) à propos de la France! Il est loin le temps , et je dirais même plus il est inimaginable d’entendre un politique gauche droite confondus parler comme Degaulle le faisait! : « Sur le plan ethnique, il convient de limiter l’afflux des Méditerranéens et des Orientaux, qui ont depuis un demi-siècle profondément modifié les compositions de la population française. Sans aller jusqu’à utiliser, comme aux Etats-Unis, le système rigide des quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Luxembourgeois, Suisses, Hollandais, Danois, Anglais, Allemands, etc.) « Charles de Gaulle le 12 Juin 1945, directive au Garde des Sceaux ». (Cité par Plein Droit, n°29-30 Novembre 1995). ??- « Si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole. Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-Églises, mais Colombey-les-deux-Mosquées ! » (1959). ??- « Nous sommes avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » « Sinon, la France ne serait plus la France. » (1959). ??- « J’attire votre attention sur un problème qui pourrait devenir sérieux. Il y a eu 40 000 immigrants d’Algérie en Avril. C’est presque égal au nombre de bébé nés en France pendant le même mois. J’aimerais qu’il naisse plus de bébés en France et qu’il vienne moins d’immigrés. Vraiment, point trop n’en faut ! Il devient urgent d’y mettre bon ordre ! » (1962).

    « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » (Cité dans Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, t. 1, éditions de Fallois/Fayard, 1994, p. 52).

    Les polémiques, que je trouve absolument non justifiées, sur, Zemmour et Longuet, juste avant les élections n’ont fait que rajouter de l’huile sur le feu! Il y’a des sujets tabous en France… Une bonne partie de la droite se sent accusée, à tort… et surtout elle se sent abandonné par des politiques sans courages face aux rouleaux compresseurs médiatique, de la gauche bien pensante, Humanistes, Bobos de gauche, Bobos de droite, bobos centristes,anti-racistes, et même des Bobos chrétiens.

    J’étais tellement écoeuré que j’ai moi même hésité à dire «merde» à la droite sur ces thèmes en votant FN… Je me suis vite repris, car je sais que ce type de vote ne serais pas forcément analysé comme je l’entendais…

    Même avec les voix FN, l’UMP aurait perdu ses élections…

    Les Français, quand il s’agit de la FRANCE, donc des présidentielles, votent pour le meilleur candidat et le projet le plus cohérent. Par contre, pour les élections intermédiaires le Français recherche la tranquillité, la «protection», un contre pouvoir, ceux qui le chouchouterons le plus… c’est souvent ce que représente l’opposition…et c’est la gauche démago qui représente cela le mieux en ce moment!

    A propos des Chrétiens, je dois dire que je me sent, comme nombre de mes amis, incompris, abandonné, voire trahis par la pensée dominante, les choix, et les «combats» des Chrétiens… toujours prompt à se punir de tous les maux, mais si faibles et si peu combattants, pour défendre ses valeurs, son identité, et même sa communauté! On, ne parle pas, ne soutiens pas, ne défend pas, les Chrétiens en Asie, au moyen Orient, au Maghreb, par contre on se bat pour les minorités religieuses en France! On ne défend que très mollement nos valeurs, et nos principes pour ne pas aller contre la pensée dominante, libéral et soit disant progressiste. On accepte que l’on se paye le pape, et les cathos à tout bout de champs, mais ont se bat pour soutenir le droit à la différence, et «l’expansionnisme» des «autres» religions.

    Si la droite tire comme conséquences de ces élections, qu’elle doit en faire moins, en dire moins… elle est Morte! le Fn gagnera encore quelques points, l’abstention aussi et la gauche gagnera par abandon au deuxième round…

  • @ Lib

    Le problème de Sarko n’est pas qu’il ratisse trop large. Il est qu’il n’inspire plus confiance.

    +1. Critiquer l’ouverture, c’est réduire le problème à une histoire de politique politicienne. Le souci est bien plus profond que ça.

    Bien entendu, l’ouverture n’a pas rallié d’électeurs de gauche, elle n’était pas faite pour ça. Je ne crois pas qu’elle ait réellement fâché l’électeur de droite de base. Par contre, elle a énervé les élus et les militants UMP, cela a pu avoir des conséquences indirectement. Mais tout cela est mineur. Copé prêche pour son groupe de pression à lui (les députés UMP) mais je ne crois pas Sarkozy assez bête pour espérer retrouver les faveurs de l’électorat juste en changeant quelques têtes. Il va le faire quand même, naturellement, car il a besoin de rassembler ses troupes, mais c’est tout.

    Reconnaître qu’on a un problème d’intégration d’une partie de la population d’origine maghrébine et qu’on ne sait pas comment endiguer la criminalité dans les quartiers ne me paraît pas révoltant.

    Décrit comme ça, ce n’est certes pas révoltant… mais c’est la marque de l’impuissance de la droite au pouvoir, dans le domaine même dont elle a fait son principal cheval de bataille. C’est un autre facteur pour expliquer l’abstention des électeurs de droite.

  • Assez d’accord avec Lib.

    NS avait un vrai mandat pour faire au lieu de gesticuler. Il a préféré s’enivrer de son habileté manipulatoire. C’est le fond qui manque le plus…

  • @Koz: Bon on le remarque pas mais il y a une victoire, même si elle est microscopique! Il y a 7 élus sur 10 candidats au sein du PCD, le parti de Boutin. C’est rien au niveau du pays, mais c’est un pas pour crédibiliser son parti, car un parti politique n’a de crédibilité que d’élus. Je te conseille de rencontrer Franck Margain qui était 10ème sur la liste Pécresse. C’est quelqu’un de qualité et les 7 élus PCD vont pouvoir se frotter au métier d’élu, ce qui est important pour l’avenir, car Boutin n’est pas éternelle et il est important qu’à terme le PCD s’incarne sur d’autres visages que Boutin ne serait-ce que pour pouvoir défendre des valeurs chrétiennes démocrates (à la CSU ou CDU) sans devoir toujours porter l’image négative (bien que déformée) de Boutin intégriste catholique…

  • je suis pleinement d’accord, c’est rare, avec lib:

    une des principales causes de de la défaite est que sarko n’inspire plus confiance,

    et que la confiance déçue se mue, se contracte en défiance…

    et quand je vois les gesticulations politiciennes qui dès aujourd’hui annoncent comme réponse « au peuple qui souffre et vote » la création de nouveaux partis, rassemblements, j’ai l’impression que nos hommes politiques ont du mal à se mettre au niveau demandé…

  • Bonne analyse Koz. Et puis, c’est rare, je suis d’accord avec tous les commentaires, même celui de Gwy, mon contradicteur préféré. Même ceux qui se contredisent…

    En fait, je m’interroge sur le difficile exercice du pouvoir. Parce que ces élections en fait, sanctionnent plus l’exercice du pouvoir que le fond. Sur l’ensemble des électeurs finalement, peu ont une réelle idée qualitative des réformes ou des propositions quant à leur incidences, leurs portées réelles, leurs effets pervers ou non. Même grossiers. On a connu une déflation légère en 2009, tu fais un sondage dans la rue, tu obtiens que les prix augmentent encore et encore. Difficile dans ces conditions d’obtenir un plébicite. Et difficile de ne pas céder aux attraits du marketing politique qui en une phrase synthétise une idée à laquelle les gens, globallement, peuvent adhérer.

    Mais pour en revenir au difficile exercice du pouvoir donc, il est un principe qu’un président, une majorité est supposée gouverner pour l’ensemble du pays. Et comme disait De Gaulle, quand celui-ci a 400 sortes de fromages… En fait, il n’avait même pas besoin de spécifiquement considérer un particularisme français dont les pendats existent un peu partout sauf dans des territoires minuscules.

    Obama ne serait jamais réélu aujourd’hui. Sa grande victoire sur la réforme de la santé a consisté à jouer à un jeu politicien qui a plus à voir avec les tractations politiques en grande partie dans son propre camp qu’avec le Peuple.

    Pourquoi est-ce qi difficile ? Imaginons un instant Christinne Boutin à la tête du pays avec la composition électorale telle que nous l’avions en 2007. C’est indubitablement une femme de conviction et on le lui a assez repproché dans un sens. Mais, en tant que Présidente, même élue confortablement, lorsqu’elle aura dans les mains un rapport publié dans la presse venant de sa propre administration comme quoi il existe des différences territoriales énormes quant à l’accès à l’avortement qu’il faut impérativement corriger, elle fera quoi ? Convictions ou pas ? Quand tu as des sondages sur le sujet qui donnent 90% d’approbation à l’avortement et quelques manifs pour te le rappeler ? Considérations électorales ou pas, elle laissera tranquillement son Ministre de la Santé débloquer les crédits nécessaires afin de gommer les inégalités.

    Sans parler d’un autre fait : la politique c’est la gestion de la cité. Il n’y a pas une politique. Le clivage droite gauche tel qu’il est caricaturé en France fait que l’on a tendance à lire la politique de façon manichéenne. mais dans les faits, si l’on ramène la politique à la gestion, on ne peut avoir UNE politique. Les mesures, les actions, les réformes seront toujours dictées par les circonstances et c’est très bien comme ça à l’échelle d’une entreprise par exemple. On imagine mal un grand patron prendre exactement les mêmes décisions en temps de crise qu’en période de prospérité. le système social français protège en temps de crise mais handicape le pays en période de reprise économique. La plupart des sujets politiques peuvent être confrontés aux mêmes considérations : immigration, flexibilité, protection des travailleurs, aides aux entreprises, etc… même la sécurité, on n’adopte pas la même sévérité si la délinquance est élevée ou pas.

    Reste une solution – c’est d’adopter des solutions à très longs termes et se contrebalancer de l’opposition, des avis divers et variés de son propre camps, d’aller vite et sans considération aucune pour ceux qui tombent de la route quite à les ramasser ensuite lorsque les temps seront meilleurs. C’est Tatcher qui laissait un gréviste de la faim crever en tôle dans la crise irlandaise. C’est Tatcher qui entreprenait sa réforme du monde industriel même si des régions entières se retrouvaient au chômage. C’est clair que dans ce cas, il ne faut ni s’attendre à être aimé ou populaire, ni espérer gagner une élection à mi-mandat.

    Le commentaire de Morgansk, même si je ne suis pas d’accord sur tout, est intéressant à ce titre. C’est vrai que ce qui choque, ce n’est pas la démarche de Besson, c’est qu’il n’a pas l’air d’assumer pleinement le débat par exemple. Bien entendu que ce débat avait tout à voir avec l’immigration et l’intégration des individus de première et deuxième génération. Et c’est ça qui était justement intéressant. Lorsque la première accusation a fusée, il aurait du enfoncer le clou – il ne s’agit pas de partir dans un délire FN, mais de poser les vraies questions – en fait, il s’est presque excusé.

    En fait, je n’ai pas d’avis tranché sur tout ça. j’aurais tout de même tendance à favoriser la deuxième solution.

    Je rêve, je radicalise, je délire…

    Mais prenons le réchauffement et la diminution de CO2 en supposant aussi que ce soit absolument confirmé. Le projet de loi déposer par le gouvernement interdit dans les cinq ans à tous les véhicules émetteurs de CO2 de circuler sur le territoire français. 5 ans, point barre. Aides à l’appui s’il le faut. Dévelloppement des réseaux de distribution des énergies alternatives amorcé par l’état s’il le faut. Mais 5 ans. Ceci entraînerait la mise au chômage inévitable d’une partie importante de la population ? Eh ben tant pis. Aux industriels de trouver la solution.

    Les 35 h sont un problème ? Suppression pure et simple. Fléxibilité totale. Le pays bloqué pendant 6 mois par les grèves ? Rien à battre. Les sondages au plus bas. Encore moins à battre. Les députés UMP qui pleurent leurs électeurs ? Strictement rien à cirer.

  • Lib : tu n’as pas voté UMP ? Euh pourquoi pas, mais ne me dis pas que tu as voté PS j’aurais beaucoup de mal à le croire. Alors, blanc ? FN ? T’as voté quoi en fait ?

    Je sais pas pour les autres, mais je peux livrer mon analyse personnelle de ce qui me hérisse dans le sarkozysme :

    1. Tout d’abord sa politique économique. Le mélange RGPP et paquet fiscal ne passe absolument pas (ça plus les cadeaux aux restaurateurs). On est là, selon moi, dans une politique idéologique qui casse le bien public pour le redistribuer à quelques menus privilégiés.

    2. Ensuite, c’est l’arrogance et la pauvreté culturelle crasse de quelques représentants du sarkozysme : Estrosi, Morano, Hortefeux, Dati, Lefebvre, Bertrand, etc.

    3. Enfin, c’est le refus des contre-pouvoirs. Il veut tout diriger, tout contrôler (et il est relativement incompétent, c’est d’autant plus effrayant). A cet égard, la réforme de la Justice qui s’en vient me révulse.

    Voilà, si je dois synthétiser, les 3 raisons majeures qui me feront toujours voter contre l’UMP et Sarkozy. A la limite, je peux passer sur le point n°2. Mais les point 1 et 3 sont fondamentaux : de la justice sociale et de l’équilibre des pouvoirs !

  • @ Epo : sur les 35 heures, tu rêves complètement. Ce n’est pas un problème, c’est juste un argument politicien pour l’UMP qui sait très bien ne pas pouvoir revenir dessus.

    Surtout lorsqu’on sait que la France n’est pas le pays d’Europe où on travaille le moins et que notre productivité est supérieure à la plupart des pays européens.

    Enfin, regardons la petite mesure de flexibilité de la loi TEPA, la défiscalisation sur les heures sup’ : les patrons recourent à cette mesure plutôt que d’embaucher.

    S’ils veulent ouvrir un boulevard pour la gauche pendant 20 ans, ils n’ont qu’à tenter de les supprimer les 35 heures tiens !

  • @ Praxis

    Enfin, regardons la petite mesure de flexibilité de la loi TEPA, la défiscalisation sur les heures sup’ : les patrons recourent à cette mesure plutôt que d’embaucher.

    Je connais au moins trois entreprise de plus de 40 salariés qui ont été sauvées grâce à cette mesure. Sans parler des employés qui ne voudront JAMAIS revenir en arrière. Si, bien sur, les 35 h seraient supprimables si payées 40 avec déblocage complet des salaires. Et d’autres mesures en faveur des entreprises. Quant au soi-disant boulevard, si je reprends mon propos ci-dessus : strictement, mais alors strictement, rien à cirer.

  • Bonsoir,

    le défaite d’un parti majoritaire à une élection partielle est une anecdote. Mais je m’inquiète de deux choses sur le fond:

    • je ne sais pas très bien qui formera les forces vives de la droite parlementaire en France dans 15 ans sachant qu’il n’y a pas beaucoup de responsables de droites dans les collectivités locales, qui sont une très bonne école de la réalité. La droite des années 2015-2025 pourrait subir le même manque de compétences que la gauche du début des années 2000.

    • je m’inquiète de ne voir ni la droite, ni la gauche, défendre la rigueur budgétaire qui seule peut nous permettre, une fois la crise passée, de retrouver une croissance saine à long terme. A mon avis, la droite a perdu son âme en lâchant sur ce point.

    Et plus généralement,les chinois et les brésiliens ne nous attendront pas pendant que nous hésitons dans notre petit confort à faire les réformes nécessaires, qui feront forcément mal à nos petites habitudes, de gauche et de droite. Les écologistes, qui sont à mon avis souvent à côté de la plaque, ont au moins le courage d’oser proposer des réformes qui font mal.

  • Chez Frédéric Mitterrand, seul le nom était de gauche. Et encore…

    Charasse n’a jamais été socialiste, mais mitterrandiste, exécuteur des basses oeuvres de Tonton. Et vulgaire.

    Kouchner, avant d’avoir été de gauche (donc avant ses piges pour Total) est surtout kouchnérien. Et maintenant rien, rien que la potiche qui décore pendant que Guéant et Levitte font le job.

    Le seul qu’on pouvait qualifier de gauche, Hisrch, a devancé l’appel.

    Quant à Madame Amara, la galanterie va m’empêcher de dire qu’elle a voulu péter plus haut qu’elle n’a le c.l (voir Authueil)

    PS Praxis, l’arrogant Bertrand a bien fait rire (jaune) par ici avec ses 144kmh radar envolés par la grâce d’un regard sur qui occupait la banquette arrière. Les gendarmes de Pornic marchent dans les rues en évitant de penser aux regards goguenards que les Pornicais leurs coulent par derrière.

  • Effectivement Koz, le fameux message – les messages devrait-on dire – des électeurs est forcément pluriel et complexe, et il faut prendre le temps de l’analyser. Pour expliquer une défaite aussi nette, avec un rapport gauche/droite quasiment sans précédent sous la Ve république, les causes sont nécessairement multiples, comme les motivations des électeurs.

    Une chose est sûre (et on en a des exemples sur ce blog) : beaucoup d’électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007 se sont abstenus à l’occasion de ces régionales. Parmi ceux-ci, on a notamment des libéraux qui reprochent à Sarko de ne pas aller assez loin et par conséquent de n’être plus crédible dans sa volonté de rupture et de réforme. On a des traditionnels pour lesquels la personnalité, la vie privée, le côté bling-bling du président, ainsi que l’ouverture à gauche, posent problème. On a des électeurs de droite bien à droite qui veulent revenir aux fondamentaux de la droite décomplexée, et aussi des électeurs qui votaient Front national avant 2007 et qui sont retournés au bercail en estimant que le compte n’était pas bon. On a des centristes qui ne comprennent pas que Sarkozy ne remette pas en cause sa politique fiscale alors que les Français les plus modestes se prennent la crise en pleine gueule. On a des tenants de l’orthodoxie budgétaire qui ne comprennent pas qu’on laisse ainsi filer les déficits et la dette. On a des républicains qui sont choqués par la pratique du pouvoir et les clins d’oeil répétés aux électeurs du Front national sur la sécurité et l’immigration. On a des intellectuels qui ont de plus en plus de mal avec le côté hyper-réactif et l’absence de vision et de cohérence du président…

    Bref, la magie de 2007 et son cortège de promesses et d’espoirs s’est envolée. Sarkozy avait réussi à être le champion de toutes les droites et du centre. Aujourd’hui, beaucoup n’y croient plus, pour différentes raisons. Mais ce n’est pas pour autant gagné pour la gauche en 2012. Beaucoup de déçus du sarkozysme revoteront pour lui en 2012, dans l’excitation de la campagne, avec une Aubry, une Royal, un Hollande, ou même un Strauss-Kahn en face, dans le rôle du repoussoir.

    Une autre chose est sûre : si le message des électeurs est diffcile à analyser, la réponse à cette claque ne peut pas être le remaniement cosmétique consistant à virer Darcos pour le remplacer par Woerth, et à faire rentrer un chiraquien et un villepiniste. Ce qui est, vous l’avouerez, assez dérisoire par rapport aux questions posées.

  • Je ne peux pas m’empêcher de penser que les élections régionales sont une vrai farce. Les candidats aux responsabilités régionales font campagne sur un programme régional et les électeurs votent en fonction de leur perception de la politique nationale, et en prime, pas sur le fond, mais sur la forme. En plus, le résultat est plus au moins connu à l’avance car les sondages sont assez justes : en demandant au niveau national pour quel parti les gens vont voter aux régionales, la majorité des gens répondent en fonction de leur perception de la politique au niveau de l’Etat, sans avoir la moindre idée quels sont les candidats régionaux, leur programme et leur bilan. Et, effectivement, le vote suit derrière, comme les sondages l’avaient prédit. Cet état des choses est assez ahurissant, mais ne va pas changer de sitôt.

    Les commentateurs que je trouve les plus rigolos sont ceux qui expliquent, après coup, quelles ont été leurs motivations pour voter (ou ne pas voter) aux régionales en expliquant ce qui ne va pas au niveau national. C’est illogique, mais ceci devient la norme et tout le monde doit se plier à cette façon de voir les choses. En fait, on se fiche pas mal de ce qui se passera par la suite au conseils régionaux.

    La gauche parle beaucoup du message que les électeurs ont adressé au gouvernement et que celui-ci doit changer de politique. Le niveau de perception et le degré de sophistication du point de vue politique des électeurs étant très large et varié, on arrive tout de même à tout synthétiser en une phrase. La gauche ne peut évidemment pas prétendre (mais elle le fait tout de même) qu’elle avait un programme politique national préalablement connu des électeurs et que ceux-ci l’ont voté par le biais des régionales.

  • Jeff écrit « la réponse à cette claque ne peut pas être le remaniement cosmétique consistant à virer Darcos pour le remplacer par Woerth, et à faire rentrer un chiraquien et un villepiniste. »

    Pas si cosmétique que ça : si on voit que le vrai gvt est à l’Elysée, il ne s’agit en aucun cas de permette à un Barouin de concrétiser ses propositions critiques mais de faire taire un « dissident ».

    Et, pour le villepiniste, d’essayer de couper l’herbe sous les pieds du cheval de Galouzeau.

  • @Eponymus

    « Je connais au moins trois entreprise de plus de 40 salariés qui ont été sauvées grâce à cette mesure. »

    Sauvées par quoi? Par les allègements fiscaux ou par le fait que les employés pouvaient travailler plus de 35h? Je veux dire : les mêmes allègements associés à des recrutements plutôt qu’à des heures sup auraient-ils moins sauvé ces entreprises?

    Existe t’il une loi physique qui rend le chiffre 39 mieux adapté à l’économie que le chiffre 35? Personne n’a jamais su m’expliquer ça. Je reste donc sur la ligne Praxis : les 35h sont l’argument imbécile utilisé par Sarkozy pour justifier ses échecs. Un élément de langage comme un autre. ..

    A l’inverse, si l’on admettais un problème avec les 35h, on pourrait poursuivre votre raisonnement : que des entreprises ferment, c’est normal, comme avec Thatcher. Destruction créatrice. Rien à cirer. Ca n’est pas un argument contre les 35h.

  • Pingback: Koztoujours » Itw | Sur une péniche avec David Douillet et Frédéric Valletoux

  • Jeff a écrit :

    « On a des traditionnels pour lesquels la personnalité, [...] des électeurs de droite bien à droite,[...] des centristes, [etc.]. »

    Je me flatte d’avoir fait un inventaire à la Prévert similaire, le lendemain de l’élection de NS et en pensant à la déconfiture prévisible. J’avais énoncé de manière détaillée tous les reproches qui se font jour aujourd’hui.

    A l’époque, j’étais considéré comme un anti-sarkozyste primaire. Maintenant, je dois me rapprocher du « pisse-froid », c’est un progrès. Je garde espoir d’atteindre le stade « objectif » d’ici sa fin de mandat. Je n’aurai pas bougé d’un pouce, mais certains auront fait un tour complet.

    Quel gachis.

  • @ Epo: J’apprécie le qualificatif de « contradicteur préféré », même si je le mérite de moins en moins souvent, car depuis quelques mois je suis presque toujours d’accord avec tes commentaires. Il nous faudrait un bon gros sujet de polémique un de ces jours :-)

    C’est vrai que ce qui choque, ce n’est pas la démarche de Besson, c’est qu’il n’a pas l’air d’assumer pleinement le débat par exemple. Bien entendu que ce débat avait tout à voir avec l’immigration et l’intégration des individus de première et deuxième génération. Et c’est ça qui était justement intéressant.

    +1 (décidément…). Le débat était intéressant dans son principe et aurait pu marcher s’il avait été conduit différemment. Pour commencer, il aurait dû être piloté par quelqu’un autre que Besson. Besson porte la casquette « responsable des expulsions » et était donc forcément en porte-à-faux. Cela l’a forcé à prendre une attitude mi-chèvre mi-chou que personne n’a comprise.

    Les 35 h sont un problème ? Suppression pure et simple. Fléxibilité totale.

    En 2007 je pensais que c’était exactement ça que Sarkozy allait faire: la rupture. Bon, peut-être pas sur toutes les réformes à la fois, mais peut-être une ou deux emblématiques. Un service minimum dans les transports par exemple (un vrai, pas un ersatz). Je trouvais ça très risqué, mais au moins, il aurait essayé de faire bouger le pays. Là, maintenant, il peut essayer avec les retraites, mais ce sera beaucoup plus difficile que juste après son élection. Même Obama, alors qu’il a attaqué le gros morceau tout de suite, en s’appuyant sur une popularité énorme à l’origine, a eu énormément de mal à faire passer son truc.

  • @ Pepito: d’un côté, la gauche a choisi de nationaliser la campagne, afin de profiter de l’impopularité de Sarkozy. De l’autre, Sarkozy a choisi d’envoyer ses ministres au front, et il a fortement influé sur la composition des listes. Après avoir fait semblant de rester en dehors de la campagne, il a fini par s’y impliquer très visiblement.

    Après ça, pas la peine de se demander pourquoi les résultats sont interprétés au niveau national plutôt que régional. D’ailleurs, si les électeurs avaient voulu se focaliser sur les enjeux régionaux, il y aurait forcément eu beaucoup plus de disparités régionales dans les résultats.

  • PMB a écrit:

    Chez Frédéric Mitterrand, seul le nom était de gauche. Et encore… Charasse n’a jamais été socialiste, mais mitterrandiste, exécuteur des basses oeuvres de Tonton. Et vulgaire. Kouchner, avant d’avoir été de gauche (donc avant ses piges pour Total) est surtout kouchnérien.

    J’aime beaucoup ce syndrôme des gens de gauche qui considèrent que l’on cesse d’être à gauche dès lors que l’on vire gros con. On nous a déjà fait le coup avec Frêche. Malheureusement, je dois vous réveiller là-dessus : c’est compatible.

    Jeff a écrit:

    Beaucoup de déçus du sarkozysme revoteront pour lui en 2012, dans l’excitation de la campagne, avec une Aubry, une Royal, un Hollande, ou même un Strauss-Kahn en face, dans le rôle du repoussoir.

    C’est très probable, en effet. De toutes façons, il va s’atteler à préparer les présidentielles à partir de 2011. Dans un an, nous serons en plein dans la campagne officieuse (souvenons-nous que Royal a émergé soudainement en octobre-novembre 2005). La question est de savoir s’il va préparer son coup en repartant sur la sécurité et sur des thèmes destinés à complaire à la droite de la droite. Si oui, certains risquent d’être blasés.

    Mais je crains que le vrai problème de Sarko, désormais, soit bien la crédibilité.

    @ Uchimizu: sacristains.fr est bloqué en lecture seule pour le moment. Cela dit, si vous voulez faire ici les excuses demandées là-bas, je ne suis pas absolument attaché à ce qu’elles soient faites sur le site même. Les mots ont pu vous échapper, vous avez pu vous emballer, mais il y a des choses qui me gonflent pas mal. Et ce que vous avez prétendu en fait partie.

  • « J’aime beaucoup ce syndrôme des gens de gauche qui considèrent que l’on cesse d’être à gauche dès lors que l’on vire gros con. »

    C’est vrai que c’est comique. C’est comme ces gens qui se disent partisans de l’UMP mais tirent à boulets rouges sur Sarkozy et Chirac…

  • C’est un fait que la plupart des électeurs pensent national quand ils votent régional, cela a toujours été le cas et cela depuis peut-être le début de ce scrutin. Je me demande pourquoi les gens acceptent cet état des choses sans broncher. L’ampleur de la défaite de l’UMP est certainement due à 1) l’impopularité de Sarkosy (sur la forme et non sur le contenu de sa politique) et 2) à la crise internationale qui en plus a été créée par le secteur financier qui est un « truc » de droite.

    A la limite, pourquoi pas instaurer un système d’alternance où pendant 6 ans la droite gouverne les régions et pendant 6 ans la gauche gouverne. Mais là, je crois que les gens auraient encore moins d’intérêt pour la région.

  • Bonsoir Koz,

    sans avoir revu tout ton blog, je me souviens de plusieurs billets dont le ton m’avait choqué (les queutards, les avorteurs, un réquisitoire contre la femme au visage ravagé par un cancer qui venait de mourir). A un autre niveau, ton titre « Le Küng, il ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît » est assez proche de l’insulte (pour qui a vu les tontons flingueurs). Tous tes billets ne sont pas sur ce ton-là, mais certains le sont.

    Je ne sais pas si tu as raison ou tort de choisir ce style combatif et parfois polémique. La politique n’est pas non plus un milieu d’enfants de coeur, et il manque sans doute un grand média conservateur agressif en France (à la fox news aux US), manque que tu combles en partie sur ton blog avec certains billets.

    Je ne sais pas non plus comparer précisément les raccourcis que tu fais dans tes billets avec ceux « du camp d’en face » qui te choquent tant: peut-être sont ils effectivement plus violents que les tiens.

    Mais je maintiens que je suis surpris du contraste entre le ton de ton dernier billet sur Sacristains, et les attaques directes que tu portes parfois dans tes billets. A mon avis, pour être cohérent, soit tu rentres dans la mêlée et tu ne te plains pas des coups échangés dans les deux sens, soit tu adoptes un ton mesuré et prudent, et dans ce cas-là, il est plus logique que tu dénonces les « polémistes » de l’autre bord.

    Bref, ce ne sont pas vraiment des excuses, et si tu ne souhaites plus que j’intervienne sur ton blog, je ne le ferai pas.

  • Je ne partage pas ton point de vue et je pense que tu fais, notamment, des erreurs de compréhension. En ce qui concerne Chantal Sebire, elle a choisi de faire de son cas un cas emblématique : dénoncer son attitude n’est pas dénoncer la personne. Il semble qu’une nuance aussi basique échappe à pas mal de monde. Et pourtant dans le cas des prêtres, elle est essentielle puisqu’il s’agit bien de les juger pour ce qu’ils sont.

    De surcroît, s’agissant de Chantal Sébire, le sujet est trop grave pour que notre capacité d’analyse se limite à la compassion.

    Tu évoquais aussi de prétendus attaques contre les homosexuels et les musulmans : il n’y a tout simplement pas un seul billet sur mon blog depuis cinq ans qui puisse y être assimilé, et je me permets de te rappeler que ce serait assimilable dans un cas à du racisme, dans l’autre à de l’homophobie. Il est trop facile de se retrancher derrière un « je ne connais pas l’ensemble de votre blog ». C’est tout simplement faux et totalement déplacé. Ce commentaire était une accumulation de clichés et de procès d’intention que je trouve graves et qui ne te qualifie pas spécialement pour me donner quelque conseil que ce soit sur le ton à adopter sur mon blog. Alors la participation à mon blog est ouverte à tous mais j’ai mes limites et ce genre d’accusations les dépasse évidemment. Et effectivement, j’aurais préféré des excuses.

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