Paris en ligne, lâcheté politique

Y-avait-il une seule bonne raison pour libéraliser le marché des paris sportifs ? Quelle est la genèse d’une décision politique ? Qu’est-ce qui la motive, qu’est-ce qui la suscite ? Existe-t-il une demande des français ? Entendait-on mugir dans nos campagnes le ressentiment national ?

La France fonctionnait sur un modèle qui accordait à une entreprise le monopole des jeux d’argent (les paris hippiques étant confiés à une autre) : quand on ne peut pas interdire, tentons d’organiser. Ce système assurait à l’État une rentrée d’argent, de sorte qu’en principe, les travers communs devaient aussi contribuer au bien commun.

Il a pris, il y a quelques temps, à la Commission Européenne d’exiger la libéralisation du marché, son ouverture du marché à la concurrence. Pour quel bénéfice ? Avec quelle vision ? Le droit de la concurrence n’a pas pour vocation de protéger la concurrence, ni les concurrents, mais le consommateur.

La France a tout d’abord renâclé. Pour le principe, peut-être. Principe de renâcler, éventuellement. Ou principe de restriction des jeux d’argent. Puis elle s’est soumise. Tant et si bien que lorsque la Cour de Justice des Communautés Européennes a reconnu la légitimité d’un monopole similaire au Portugal, la machine était lancée. On a fermé les yeux et l’on a continué de prétendre qu’il s’agissait d’un impératif communautaire. Durant les débats parlementaires, Jean-François Copé a déclaré :

« Nous n’avons rien demandé. Nous sommes en deuxième lecture sur un texte que nous sommes obligés d’adopter en raison de la réglementation communautaire… »

C’est faux. Le 8 septembre 2009, dans l’arrêt dit Santa Casa, la CJCE a reconnu la légitimité du système portugais, basé sur le monopole d’un organisme public, en relevant notamment que :

« en raison du manque de contact direct entre le consommateur et l’opérateur, les jeux de hasard accessibles par l’Internet comportent des risques de nature différente et d’une importance accrue par rapport aux marchés traditionnels de tels jeux en ce qui concerne d’éventuelles fraudes commises par les opérateurs contre les consommateurs »

avant de décider que :

« L’article 49 CE ne s’oppose pas à une réglementation d’un État membre, telle que celle en cause au principal, qui interdit à des opérateurs, comme Bwin International Ltd, établis dans d’autres États membres, où ils fournissent légalement des services analogues, de proposer des jeux de hasard par l’Internet sur le territoire dudit État membre »

Lâcheté politique, donc, qui consiste à reporter sur l’Europe une décision politique que l’on n’assume pas.

Double lâcheté. Car on invoque aussi Internet, qui est en passe de rivaliser avec l’Europe en termes de défausse politique : à quoi cela servirait-il donc d’interdire les paris sportifs, puisqu’il suffit de se connecter sur un site maltais pour s’y adonner. Les débats parlementaires en portent trace : ils seraient des milliers, des dizaines de milliers, à parier aujourd’hui sur des sites illégaux. Alors… légalisons ! Mais depuis quand le fait que l’illégalité soit répandue constitue un argument en faveur de la légalisation ? Surtout à droite ?! Depuis le travail dominical, me direz-vous peut-être. Passons… Cet argument ne manque pas d’évoquer l’irritant : « nous sommes des millions, ils veulent faire de nous des pirates« , des tenants du téléchargement illégal. Nous parlons en effet là du même pouvoir politique qui se prévaut d’une capacité à filtrer Internet lorsqu’il s’agit de protéger les droits d’auteurs (et des majors) et qui s’affirme impuissant à restreindre l’offre de jeu jusqu’alors illégal. Quelle est la cohérence ? On craint de ne la trouver que dans l’intérêt financier…

Le projet de loi maintient certes une participation au bien commun, spécialement via l’investissement dans les structures sportives. Et l’on souligne aussi que les sociétés de paris ne manqueront pas de venir sponsoriser davantage les équipes de football. Chic, le sport pourra ainsi continuer de se vautrer dans le fric. Il faudrait qu’on s’en réjouisse ? Mais fondamentalement, quel est le bénéfice par rapport à la situation antérieure ? Nous aurons simplement plus d’opérateurs. Et alors ? L’accès aux paris sera plus aisé ? Quel progrès !

On peut même penser qu’il sera encouragé, facilité, promu. Il n’y a pas, dans le projet de loi, de dispositions relatives à la règlementation de la publicité pour les paris en ligne. Alors que, pour le vin, qui peut également conduire à une addiction, le législateur va jusqu’à définir quels types de publicités sont admissibles sur le net, il est ici simplement prévu que l’autorité de régulation instaurée par le projet de loi « peut » réglementer la publicité. Lorsque l’on voit que les sociétés de paris en ligne n’ont pas attendu que leur activité soit légale pour en faire la publicité sur les sites de presse, on imagine quel respect ils auront de ces dispositions, à supposer qu’elles soient jamais édictées. La conséquence en sera nécessairement une multiplication des paris, un accroissement du nombre de joueurs, alors même que l’on connaît les risques d’addiction, qui touchent en particulier les personnes vulnérables (voir Jeux en ligne, jackpot pour le surendettement).

Au-delà même de l’objet de ce texte, voilà donc encore un de ces choix politiques que l’on ne défend pas. On ne se soucie plus tant de démontrer qu’un choix politique serait bon. Qu’il serait favorable au bien commun, à l’intérêt général. On n’ose plus le faire. Alors on l’adopte pour des raisons dogmatiques – l’addiction à la libéralisation – pour ne pas dire obscures et, pour éluder le débat, on présente ce choix comme le fruit de contraintes extérieurs. Double lâcheté politique, triple préjudice : du fait de l’addiction, de l’atteinte à la décence ordinaire qui voit dans le travail la source du revenu, et de la défiance du politique, qui finit en pantin d’impératifs extérieurs.

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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33 commentaires

  • C’est drôle que tu conclues en établissant un lien avec le surrendettement : voilà encore un sujet où la publicité est très peu encadrée, et où le « citoyen-consommateur » est matraqué jusqu’à ce qu’il craque!

    Non, je crois que tu es de mauvaise foi. A Lille, un casino vient d’ouvrir, et ils mettent à disposition un psychologue. C’est bien la preuve qu’ils prennent conscience des risques! 😉

    A part ça, content de lire qu’en réalité, l’UE ne nous oblige en rien en la matière : je l’ignorais, purement et simplement.

    Ceci dit, même si on nous y obligeait, doit-on vraiment dire amen à tout ce que nous demande l’Union, quand bien même on ne serait pas d’accord?

  • J’ignorais également que nous n’étions pas obligés de le faire. Quelle bande de fieffés menteurs. D’un autre côté, j’ai joué une fois 30€ sur bwin et c’était super sympa. La Française des jeux n’avait qu’à se moderniser. Combien de pauvres types se ruinent avec les jeux de grattage débiles ? Les paris en ligne sont moins aléatoires, j’ai tenu 2 mois avec mes 30€ en montant jusqu’à 90€. Il suffit de regarder les côtés et de jouer prudemment.

  • Je ne vois pas où est le problème. La française des jeux à un monopole dont elle profite largement ainsi que l’état. Pour continuer à en profiter, l’interdiction des jeux en lignes était une solution hypocrite et à mes yeux illégale au regard de la libéralisation du commerce qui ne marche que quand ça arrange.

    Le changement de direction vient surtout qu’en légalisant les sites de paris l’état pourra puiser sa part au passage. Tout le monde sera content. Sauf la Française des jeux peut-être.

    Pour ce qui est des addictions, suffit d’aller dans un PMU et de voir que l’addiction aux jeux est déjà présente à coté de celle à l’alcool et à la cigarette. Faux débat donc ?! Ou plutôt débat trop centré sur le paris en ligne et pas sur les jeux dits « légaux ».

  • J’avais une discussion familiale où on se battait pour savoir si la France était obligée de cette ouverture ou pas. Personne ne savait très bien, au final, malgré la TNT, internet, des journaux gratuits … bref, une profusion de supports dit « d’information ».
    Ce que révèle cette affaire, c’est surtout dans l’état d’ignorance où nous sommes tous plongés.
    A droite, on martèle que c’était obligatoire (via l’UE), à gauche, on dit que non mais comme la gauche critique tout, on ne sort pas vraiment plus avancé et au final, on ne sait pas.

    Sinon, pour reprendre Coluche : le loto est l’impôt des cons. (maxime surement valable pour les paris en ligne qu’il n’a pas connu)

  • Au fait la vente de médicaments sur internet, c’est une directive européenne ? ou pour faire plaisir à quelques puissants lobbies ?

  • Tout à fait d’accord avec vous, koz, sur votre billet. Et merci!

    en ces temps de difficultés de pouvoir d’achat, proposer une nouvelle source de dépenses est irresponsable, d’autant que les sociétés en cause, et leur personnel, créeront moins d’emplois en France que de profits à l’extérieur

    tout à fait d’accord avec vous aussi sur le scandale de la publicité pour une addiction, au moment où l’on a difficilement réussi à limiter celles de l’alcool et du tabac. un point intéressant est que, au moment où la France renaclait, la Commission (et je crois la CJCE) s’est appuyée sur l’existence de publicité pour dire que la France traitait le jeu comme un marché et non comme un mal nécessaire à réguler et réduire…

    les impacts psychologiques (addiction et l’espoir pousse-au-crime de « se refaire » et socio-écomomiques ( les joueurs réguliers ont majoritairement de milieu modeste) sont connus et ces paris vont, de fait, créer de nouvelles difficultés financières, des conflits…

    un autre aspect est que, en autorisant la sortie de la logique du pari mutuel, ou les gains de l’opérateur ne dépendent pas des résultats, on favorise toutes les tentatives de corruption et manipulation…

    une députée socialiste lichéle delaunay, (docteur et « tombeuse » d’alain juppé) qui tient un blog de qualité, est montée en ligne plusieurs fois contre celle loi, sans succès tant les intérêts financiers paraissent puissants et pressés…http://www.michele-delaunay.net/delaunay/index.php?post/2010/03/30/L%C3%A9galisation-des-jeux-en-ligne-:-les-d%C3%A9s-sont-pip%C3%A9s-m%C3%AAme-%C3%A0-l-Assembl%C3%A9e

    il y aurait encore beaucoup à dire sur la transparence minimale du systéme, etc…

    « panem et circenses » disait néron, faute de pouvoir d’achat, le gouvernement privilégie le second terme.

  • En Europe, la libéralisation des activités économiques est la solution par défaut, si on veut garder des monopoles nationaux, il faut de bonnes raisons.
    Il me semble (je n’ai pas lu les motivations de la CJCE) que la possibilité de non-libéralisation des jeux en ligne n’est ouverte que si on apporte des arguments comme quoi cela protégerait effectivement le consommateur. Autrement dit, cela ne tient que si le monopole public à un comportement protecteur des gens.
    Je ne connais pas le cas du Portugal, mais je peux citer (de mémoire) le cas des magasins d’alcool d’Etat en Suède : ils sont effectivement conçus (pas de publicité, horaires d’ouverture, quantité vendus…) de manière à limiter la consommation des gens (bon en pratique les suédois sont souvent plus alcolos que nous, mais ça tient aussi au climat, et c’est un autre débat), c’est pourquoi ils n’ont pas été remis en cause par l’Europe.

    La FDJ ou le PMU en France n’ont jamais fait grand chose (il me semble) pour prévenir la dépendance, c’est même de ça dont ils vivaient. Et ils ont fait de la pub à donf. Donc je vois pas pourquoi on interdirait des alternatives privés (qui proposent des paris plus intéressants, au niveau ludique, pour une mise minimale plus faible).

    Sur la publicité, il faut voir qu’on part d’une situation où la FDJ et le PMU ont inondé les écrans de pub depuis 20 ans. Et les petits nouveaux devraient faire profil bas ?

    Bref, il me semble que la décision prise est cohérente, à défaut d’apporter nécessairement un « progrès ».
    Si vous étiez cohérent, vous demanderiez la fin de la FDJ et du PMU ! ça, ce serait un « progrès ».

    « Mais depuis quand le fait que l’illégalité soit répandue constitue un argument en faveur de la légalisation ? Surtout à droite ?! « 

    Depuis l’avortement (oui c’est de la provoc !) ?
    Disons que pour interdire un truc qui est courant, il faut que le jeu en vaille la chandelle, il faut accepter de mettre les moyens en terme de répression, et il faut s’être posé la question de la motivation de contrevenants.
    Ici, la motivation des contrevenants n’est pas un argument, mais il me semble que le jeu n’en vaut pas la chandelle et qu’on n’envisage de toute façon pas la répression…

  • « Ceci dit, même si on nous y obligeait, doit-on vraiment dire amen à tout ce que nous demande l’Union, quand bien même on ne serait pas d’accord? »

    Mais l’Union… c’est nous !

    Que la loi vienne de Paris ou de Bruxelles, ça change quoi ? 🙂

  • le « péché initial » vient, effectivement, comme dit plus haut, de la publicité éhontée faite par les FDJ et PMU depuis des années.

    mais il eut été possible, facile, de la stopper plutôt que d’ouvrir les vannes publicitaires aux opérateurs, et les mannes des recettes aux télés…

    comme moi, vous êtes certainement inondé de spams m’expliquant que leur casino est le meilleur, que j’ai déjà gagné 50 €, etc…

    le démarchage récurrent, assommant, pour vendre du vent est indécent…

    à thierry: le commissaire chargé du marché intérieur et donc des paris est un irlandais propriétaire de chevaux. je ne l’ai pas élu

  • La lâcheté. Quand on ne peut maîtriser un processus, il faut donner l’impression qu’on en devance l’issue.
    De toute façon les jeux sont faits (c’est le cas de le dire !) : n’avez vous jamais vu une émission de TV où on fait jouer (« Il fait clair … le jour tapez 1, la nuit tapez 2 ») suivi d’un tirage au sort?

    Les jeux contrôlés (comme le bordel) servaient à canaliser les vices avec prélèvement d’un tiers au profit (coté bordel, je doute) de la collectivité; maintenant le prélèvement sera au profit des futés.

    La remarque sur la maîtrise des processus est applicable sans réserve au problème (transformé en chance) de l’immigration.

  • Koz a ecrit :

    « Car on invoque aussi Internet, qui est en passe de rivaliser avec l’Europe en termes de défausse politique »

    C’est amusant, je me faisais la même réflexion hier soir : Le reflex de défausse sur l’Europe, bien connu de Jacques Chirac. Et, maintenant, celui de Nicolas Sarkozy a propos d’internet (et d’autres thèmes mis en avant dans le débat public depuis bientôt 6 mois). Mais en te relisant ce matin, je crois que j’étais simplement en train de « digérer » ta note.

    Koz a écrit :

    « Et alors ? L’accès aux paris sera plus aisé ? Quel progrès !On peut même penser qu’il sera encouragé, facilité, promu. »

    J’avoue, j’ai moi même approché ce débat là avec un peu de naïveté, sans a priori négatifs. Libéraliser les jeux de hasard, why not? Après tout le service public était déjà allé très loin dans la promotion des jeux d’argent. On voyait mal comment le privé pouvait aggraver la situation… jusqu’à ce qu’on voit apparaitre, sur tous les écrans, cette homepage, d’un éventuel futur opérateur, offrant €200 virtuels à leur nouveaux adhérents. Plus que jamais, la consommation de jeux de hasard sera « encouragée, facilitée et promue » Ces mêmes éventuels opérateurs pouvant remercier les médias pour leur partenariat actif et utile pour la promotion de ces nouvelles machines a créer du sur-endettement.

    Koz a écrit :

    « de la défiance du politique, qui finit en pantin d’impératifs extérieurs. »

    Et ça, c’est de loin le plus inquiétant. Des fois, c’est si gros, que je me prends a espérer que ce sont des rumeurs grossières : Tant de connivence affichée, ça semble surréaliste.

  • Praxis a écrit:

    Les paris en ligne sont moins aléatoires, j’ai tenu 2 mois avec mes 30€ en montant jusqu’à 90€. Il suffit de regarder les côtés et de jouer prudemment.

    Je ne doute pas que des personnes avisées peuvent très bien s’en sortir. De la même manière, on n’est pas nécessairement obligés de devenir alcooliques. Mais il faut penser en priorité aux personnes vulnérables, certes sans tomber dans l’assistanat, et puis se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Y avait-il une nécessité de développer une telle offre ?

    @ Corto: que la situation ne soit pas bonne ne doit pas encourager à la rendre pire encore.

    Corto a écrit:

    Depuis l’avortement (oui c’est de la provoc !) ? Disons que pour interdire un truc qui est courant, il faut que le jeu en vaille la chandelle, il faut accepter de mettre les moyens en terme de répression, et il faut s’être posé la question de la motivation de contrevenants. Ici, la motivation des contrevenants n’est pas un argument, mais il me semble que le jeu n’en vaut pas la chandelle et qu’on n’envisage de toute façon pas la répression…

    J’ai certainement une conception de l’Etat et de la politique qui ne colle pas au monde actuel. Mais ce n’est pas pour autant que je vais accepter de m’y résoudre.

    Il me semble qu’il y a des principes à fixer, des règles à poser. Allez, si je fais le parallèle avec l’éducation, on va me sortir l' »Etat paternaliste ». Mais allons-y : on peut donner des principes aux enfants, on sait qu’ils ne les respecteront pas nécessairement. Mais le principe est fixé. Abandonner le principe parce qu’il est fréquemment violé n’est pas vraiment une solution.

    Et puis, aujourd’hui, l’offre est autorisée avec un taux de retour à 85% si je ne m’abuse. Les filières illégales vont nécessairement proposer un taux supérieur. Alors ? On abandonne tout critère, on leur coupe l’herbe sous le pied et on va direct à 100% ? C’est donc l’illégalité qui doit guider nos choix ?

    Tiens, c’est d’une triple lâcheté que j’aurais du parler : défausse sur l’Europe, défausse sur le Net, renoncement face à l’illégalité.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Plus que jamais, la consommation de jeux de hasard sera « encouragée, facilitée et promue »

    J’ai été plutôt surpris de voir, il y a déjà plusieurs mois (six mois ou plus), des publicités avec un ex de l’équipe de France de foot qui faisait la promotion d’une de ces sociétés. Alors, effectivement, en l’absence même de règlementation de la publicité à l’heure actuelle, on peut s’attendre à un déferlement, en particulier en prévision de la coupe du monde de football.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Et ça, c’est de loin le plus inquiétant. Des fois, c’est si gros, que je me prends a espérer que ce sont des rumeurs grossières : Tant de connivence affichée, ça semble surréaliste.

    Je visais les défausses sur l’Europe et le Net.

  • @Francis

    « le commissaire chargé du marché intérieur et donc des paris est un irlandais propriétaire de chevaux. je ne l’ai pas élu »

    Mmmmh… Le préfet de Meurthe-et-Moselle, vous ne l’avez pas élu non plus. Qu’est-ce que ça change? Il est à sa place du fait de décisions prises par ceux que vous avez élu.

    Koz écrit :

    « Je visais les défausses sur l’Europe et le Net. »

    C’est ce qui me semblait. Vous n’iriez pas jusqu’à voir là dedans copinage et conflit d’intérêt. C’est vrai que, pour une fois, il ne s’agit pas seulement d’invités du Fouquets, mais aussi de son propriétaire.

    http://tv.lepost.fr/2010/04/03/2017754_loi-sur-les-jeux-en-ligne-sarkozy-met-le-parlement-sous-tutelle-fullhdready.html

    La liste des invités est là, pour ceux qui voudraient tenir la comptabilité des réformes sur-mesure, arrangements, piston, légions d’honneurs et autres breloques :
    http://www.marianne2.fr/Exclusif-les-invites-du-President-au-diner-du-Fouquet-s_a80603.html

  • La « nécessité » n’est pas ici de « déveloper » mais d' »autoriser ». Et dans notre système, il faut de bonnes raisons pour « ne pas autoriser », c’est à dire « interdire ».

    Vous n’avez pas franchement prouvé que la situation serait pire avec les jeux en ligne.
    Pour faire une analogie foireuse, c’est un peu comme ci, bien que le gros rouge et le mauvais whisky soient autorisés depuis belle lurete, vous réclamiez tout de même la prohibition des AOC, pour lutter contre l’alcoolisme.

    Et quand bien même, ces nouveaux paris présenteraient des risques particuliers, pour moi, il y a des grands principes réglementaire essentiels :
    _ la cohérence de la réglementation, qui n’est pas là pour avantager tel ou tel acteur économqiue
    _ la loi est faite pour être appliquée, pas pour se faire plaisir
    _ la proportionnalité des moyens publics engagés pour résoudre un problème

    Ici on ne parle pas de grands principes moraux (les jeux de hasard sont et resteront autorisés), mais de conditions d’application de ce principe. Dans ce cas, si la réglementation n’est pas appliquée, il faut sérieusement se poser la question de laisser tomber, ou alors de mettre le paquet pour la faire respecter. Si on choisit la seconde voie, on peut faire changer le comportement de la majorité des gens (exemple des excès de vitesse), mais ce n’est jamais facile. A mon avis, il n’y a pas lieu de le faire ici, parce que l’enjeu est faible. Protéger l’économie de la culture, serait par exemple un enjeu qui mériterait plus une cyber-police, et ce serait déjà pas de la tarte…

    Mais dire « je pose le principe, et je suis content »… ça marche peut-être dans les pays du nord (ou les gens ont plus tendance à respecter spontanément la loi), ou, effectivement, avec les enfants…

  • @Corto

    « La « nécessité » n’est pas ici de « déveloper » mais d’ »autoriser ». Et dans notre système, il faut de bonnes raisons pour « ne pas autoriser », c’est à dire « interdire ». »

    En quoi est-il « nécessaire » d’autoriser? Dans tout système, il faut avant tout une bonne raison pour « changer ». Ici, on ne comprend pas très bien la raison officielle de ce changement.

  • C’est quand même gonflé de parler « d’addiction à la libéralisation » s’agissant d’un pays où la dépense publique représente 55% du PIB, où la seule idée qui paraisse envisageable face au défi de nos déficits est de trouver de nouveaux impôts ou d’augmenter les anciens (réduire les dépenses publiques n’est PAS une option), où les entorses à la concurrence sont légion et sont généralement le fait de l’Etat (professions réglementées, numerus clausus, monopoles publics…), où des pans entiers de notre société sont soumis à une réglementation massive (emploi, santé, retraite, logement, éducation, culture, sport… que des succès retentissants).

    Pour un pays où on est sensé souffrir d’une « addiction à la libéralisation », je suis surpris que personne n’ose expliquer publiquement pourquoi la concurrence est une bonne chose. Merde, mes impôts sont quotidiennement utilisés, non pas pour aider les pauvres à s’en sortir, mais pour mener des campagnes de communication nationales destinées à convaincre l’électeur-contribuable que le monde sera sauvé par (i) la capote, (ii) l’éolienne et le panneau photo-voltaïque, (iii) l’Etat. Je n’en ai jamais vu une sur le thème « la concurrence, c’est bon pour vous ». J’imagine que le libéralisme est tellement toxique que l’addiction se déclare dès la première trace dans l’organisme 🙁

    Oui, la concurrence doit protéger le consommateur. Alors de deux choses l’une. Soit tu considères que le jeu de hasard est un loisir légitime, et effectivement, l’ouverture à la concurrence devrait se traduire par une augmentation de l’offre et une baisse des prix (sais-tu que le loto ne redistribue que 50% des sommes collectées?). Soit tu considères que les jeux de hasard sont nocifs (c’est une opinion légitime, mais il faudrait argumenter un peu plus) et dans ce cas on l’interdit tout simplement.

    Exemples de la vraie vie. Le pinard et le tabac sont jugés comme des produits légitimes et leur vente est libre avec quelques contraintes, notamment sur la publicité. D’un autre coté, les putes et le chichon sont jugés inappropriés et on les a purement et simplement interdits. On n’a pas créé des bordels publics avec des hôtesses fonctionnaires classe 5 ni une haute administration du champignon qui rigole.

    Après, d’accord avec toi pour fustiger la lâcheté de ceux qui se cachent derrière Bruxelles pour ne pas assumer leurs (non-)décisions. Ils donnent aux Français une mauvaise image de l’Europe et du libéralisme.

    Maintenant, si tu permets, il y a une autre lâcheté c’est de faire comme si la situation actuelle était satisfaisante. Avec l’énorme hypocrisie qui consiste à dire à demi mot que les jeux de hasard sont nocifs mais les développer tout de même (sous monopole public) parce qu’ils génèrent des recettes fiscales.

  • @ Koztoujours

    Comme vous le démontrez justement dans votre article le droit européen allait dans le sens du respect du monopole français sur les jeux d’argent. Il n’y avait donc pas de raison de libéraliser ce marché.
    Comme contre argument on pourrait vous soutenir que désormais la pratique des paris sportif et des lotos s’organise en ligne, dans un monde sans espace, sans frontières et sans limites et que dans ce contexte maintenir une exception territoriale était totalement désuet.
    Je vais vous expliquer pourquoi et surtout comment la France est passée d’une position d’opposition à l’ouverture de son marché sur les paris en ligne à un principe d’autorisation. Tout ça n’est qu’une affaire de lobbying.
    Explication : Nicolas Sarkozy est un ami personnel du patron du groupe Barrière Dominique Desseigne. En outre le député Frédéric Lefevbre, porte parole de l’UMP, avait, avant de s’engager fortement en politique, une société de lobying ; Domaines Publics qui avait pour client le groupe Barrière. L’hôtel restaurant, Le Fouquets, appartient au groupe Barrière. Le groupe Barrière associé au groupe Tranchant a monté le syndicat des casinos français qui a très longtemps milité dans la coulisse de l’hémicycle et des cabinets ministériels pour la libéralisation des jeux d’argent. De l’autre côté le groupe Partouche est représenté par le syndicat des casinos modernes de france et s’investit autant que son groupe concurrent dans le même but. Nicoles Sarkozy ne semble pas discriminer un groupe par rapport à un autre. Le groupe Partouche a aussi toute son attention, puisque des amis . Partouche possède livebetting et Partouchebetting à Gibraltar et à Malte. Barrière lui a emboîté le pas. Il y a aussi Stephanie Courbit, le patron d’Endemol, auquel on promis la régie publicitaire de France 2, qui envisagerait d’acheter Betclick pour se lancer dans le pari en ligne. Et comme de hasard il est très ami avec Nicolas Sarkozy. Et je ne parle pas de tous les sites de Poker et de toutes les personnalités qui ont mis des ronds dans ce business et qui ont des entrées à l’Elysée. Ce sont tous ceux là qui ont poussé à la décision. Croyez le ou pas c’est la triste vérité. Je peux comprendre que vous voyez dans Nicolas Sarkozy le Chevalier blanc de l’ordre moral en France, en réalité c’est un affairiste, un Homme de réseau qui privilégie toujours l’argent à l’intérêt moral.
    Ce que j’écris est la stricte vérité de la façon avec laquelle l’ouverture du marché des jeux et des paris en ligne s’est faite. Quelle déception cela doit être pour vous ? Vous qui vous imaginiez des débats politiques enflammés sur le droit et la morale. Cela ouvre au moins sur une réflexion ; est-ce dieu ou l’argent qui mène le monde ? Moi j’ai ma réponse
    Sans rancune.

  • Un point sur lequel on ne me parait pas assez insister dans cette discussion, c’est la différence que soulève Praxis, entre jeux de hasard (roulette, machine à sous ou morpion), et les systèmes de paris (poker, paris sportifs).

    C’est cette forme de jeu « intelligente » qui a le vent en poupe en ce moment, et la différence me parait fondamentale : les joueurs ne sont pas équivalents puisque l’on peut être (ou espérer être) bon ou mauvais.

    J’en suis loin d’en tirer une vision aussi positive que Praxis, cependant. Certes, c’est plus sympa à jouer (et c’est peut être là le problème). L’effet d’addiction ne me parrait déjà pas moins dangeureux dans le second cas.

    Mais surtout, pour les joueurs fragiles (i.e. : les mauvais), c’est la double peine : il se font plumer par l’organisateur du jeu qui prend sa part mais surtout par les bons. On sait donc (expérience hippique) que l’économie des paris génère toute une faune pas très sympathique de spéculateurs plus ou moins pros qui font leur beurre à être plus malins ou mieux informés que leur voisin, mais sans création de richesse (ca vous rappelle une autre situation?).

    C’est là à mon avis le vrai débat sur la moralité de la libéralisation des paris. Soit on voit ça comme une forme de méritocratie, ou sans aller jusque là on ferme les yeux parce que ça se passe entre adultes consentants qui ont le droit de s’amuser entre eux. Quitte à définir la limite qu’apporte au « consentement » le dévellopement d’une addiction. Soit on considère que c’est une forme d’exploitation des faibles par les forts, sans aucune contrepartie qui puisse la rendre un tant soit peu tolérable. Une aliénation même, ou l’exploité coopère car il ne percoit même pas son exploitation.

    J’avoue avoir du mal à me dégager un avis tranché sur la question. Immoral, oui, certainement, mais de là à vouloir rendre le système illégal… Les solutions étatiques ne me faisant pas non plus bondir d’enthousiasme. Finalement, on en revient toujours à la lacheté…

  • « Soit on considère que c’est une forme d’exploitation des faibles par les forts… », c’est surtout une très forte incitation à la manipulation, la triche, les matches truqués…

  • Pingback: Les jeux sont faits : rien ne va plus… « Thomas More

  • Bonjour,

    derriere cette liberalisation rapide, il y a quelques grands clubs de football francais qui ont signe des contrats de sponsoring importants avec les societes de paris en ligne, et qui se trouvaient dans une situation financiere et legale delicate du fait de cette ratification tardive.

    Le gouvernement pense sans doute qu’il est important que les clubs francais aient une chance en Champions League (sans doute, l’air de rien, une des trois competitions sportives les plus importantes du monde). Et je suis d’accord avec le gouvernement sur ce point (le football est un des rares « loisirs » commun a toutes les classes sociales).

    Pour le reste, si cette loi procure une nouvelle ressource fiscale de plus, c’est a mon avis une bonne chose par les temps qui courent.

  • OL écrit: « Pour le reste, si cette loi procure une nouvelle ressource fiscale de plus, c’est a mon avis une bonne chose par les temps qui courent »…

    dois-je comprendre qua le proposition de daniel vaillant (et de certains responsables californiens) de libéraliser la vente de H pour la controler, diminuer la violence et créer de nouvelles ressources fiscales a de nouveaux supporters?

    si l’objectif de la loi est de donner plus d’argent aux opulents de L1, déroger à la loi Evin sur la pub eut été plus simple…

    mais même le foot y laissera peut-être quelques plumes: quand on pourra parier sur tout: le temps, la bourse, le nom du prochain président,… les résultats des clubs, pas si aléatoires que cela dans ce contexte, paraîtront moins passionnants…

    ce qui ne passionne guère, en tout cas, c’est ce thème des paris, en dépit de la problématique européenne: 22eme commentaire en 8 jours: un très mauvais score.

    qui l’aurait parié?

  • @ Francis.
    La proposition Californienne est très sérieuse, progressiste et intelligente. Vous ne semblez pas partagé cet avis ?
    La question est très en pointe, même à la Commission européenne. Il y a 10 ans les instances internationales sous l’égide de l’Onu avaient lancé un plan « Un monde sans drogues » qui prévoyait la lutte intensive et un répression féroce contre tous les trafics. 10 ans plus tard, en mars dernier on a fait le bilan de cette politique, et tous les Etats (sans exception)ont conclu de l’échec de cette politique. La production, le trafic et la consommation de drogues sont en hausse partout. Le coût de la lutte contre les drogues explose.
    Bref d’où l’idée d’appliquer une politique de légalisation du cannabis, couplée à une politique de prévention sanitaire, comme pour le tabac et comme pour l’alcool. Ce serait une mesure progressiste et intelligente. Une libéralisation contrôlée en Californie apporterait à l’Etat une manne d’environ 14 milliards de dollars par an.
    Enfin avez vous déjà fumé du cannabis ? Si oui en connaissez vous les effets ? Si non, est-ce normal de parler de quelque chose que vous ne connaissez pas ?

  • à pierre.troll.la question de la légalisation du cannabis n’est pas celle du billet. je l’évoquais incidemment. je ne souhaite pas alimenter ce débat à la place de celui sur l’addiction aux jeux. et je n’apprécie pas d’être interrogé sur mes comportements perso avec ce manque de savoir-vivre, de politesse.donc no answer de chez troll.point. final pour moi.

  • Alors pourquoi est ce que vous en parlez ? Vous l’évoquiez surtout insidieusement. Est ce que je parle du goût des hosties ? Non je me tais sur les sujets que je connais pas. Vous devriez peut être en faire autant ? Je manque certainement autant de politesse que vous manquez d’intelligence !

  • Et hop, on prépare la suite : voilà une étude qui nous indique que près de 2700 sites illégaux pourraient rester actifs après l’ouverture à la concurrence et que, ah la la, les restrictions sont inefficaces et on est vraiment des vilains répressifs, alors bon, ma brave dame, on ne va pas laisser ces gens-là dans l’illégalité, hein, abandonnons la loi…

  • Surprise !

    Dans ce contexte, les psychiatres s’inquiètent du risque accru de dépendance. «Le mélange d’Internet et du jeu d’argent fait craindre une potentialité addictive très forte», souligne le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre et chef de service à l’hôpital Bichat, à Paris. Internet, qui permet de jouer à tout moment et à l’abri de tout contrôle social, crée les conditions d’un danger maximal. «Il est facile de perdre la notion du temps et de l’argent misé, surtout si le jeu est associé à la prise d’alcool ou de cannabis», souligne Michèle Delaunay, député PS. Les jeunes sont les plus exposés. Selon le Pr Lejoyeux, les personnalités attirées par le goût du risque et les sensations fortes sont vulnérables, tout comme les tempéraments réservés et socialement en retrait.

  • Pourquoi, il y a un problème ?

    Le chiffre d’affaires des entreprises de jeu en ligne s’ajoutera à celui des psychiatres pour renforcer notre Produit Intérieur Brut. Viendront s’y joindre les ventes d’alcool et de psychotropes, ainsi que la valeur des soins de santé consécutifs à ces différentes consommations. Tout cela contribuera à soutenir l’économie et à revigorer les rentrées fiscales, un peu pâlichonnes ces temps-ci.

    Quand on vous dit qu’on va chercher la croissance avec les dents !

  • Pepito, ce sujet n’est pas politiquement correct et ne dois pas être abordé sur un blog. Tout blogueur pathologique le sait. 😉

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