Oh, la belle bleue (direct)

Vague, marée, tsunami… Ce lexique un peu déplacé me laisse froid. Ce sont bien les français qui ont voté. Et l’on ne peut pas dire qu’ils n’aient pas été fortement avertis de ce que cette Assemblée risquait, grands dieux, d’être très majoritairement formée par la droite. Les français l’ont donc voulu.

De 440 à 460 sièges selon une estimation relativement modérée sur TF1. Les propos des défaits portent naturellement sur l’abstention, tentant de récupérer les catégories valorisables : les jeunes, les femmes… Ce sont eux qui ne seraient pas venus voter. Et puis, évidemment, les gens de gauche… Discours vains. On les écoute, tenir le discours consacré en de telles occasions, à supposer qu’une telle occasion se soit déjà produite.

La gauche serait à 36,4% et obtiendrait environ 100 sièges, soit moins du cinquième des sièges de l’Assemblée. Le Modem est à 7,4 %… L’extrème-droite est à 4,6 % ! Et, à ce que vient de dire Brice Teinturier, la droite, à 45,8% , obtient un « record absolu« .

Face à cela, ce que François Hollande a pu dire, ce que Bertrand Delanoë explique, ce que nous dit à l’instant Ségolène Royal est terriblement convenu. L’électorat socialiste n’a-t-il pas entendu les appels à venir voter ? Fatalisme, nous dit Ségolène Royal ? Ou sentiment que la gauche n’est pas, aujourd’hui, suffisamment motivante ? Qu’elle ne mérite pas le déplacement ?

20 : 30 – Jean-Pierre Raffarin a parfaitement raison : le discours de Ségolène Royal est potentiellement générateur d’abstention, par son absence totale d’auto-critique, et une autre absence, à laquelle on commence à être habitué, il est vrai… l’absence de propositions. La gauche tient ce soir le même discours qu’elle tient depuis des semaines. Il suscitera probablement le même résultat dimanche prochain qu’à la présidentielle, et que ce jour.

20 : 38 – « L’élan est là« , « Le changement est en marche, chacun doit y avoir sa part, chacun doit s’y engager » (François Fillon)

20 : 40 – « C’est le peuple qui fait vivre la diversité » (Delanoë). Oui, certes. Mais quand le peuple ne va pas voter, c’est, aussi, un désaveu pour l’opposition. On peut également admirer ce vertueux peuple de droite qui, alors qu’on lui a tant dit que le résultat était fait d’avance s’est tout de même déplacé, pour être certain que le résultat promis soit tenu, non ? Je le dis avec un peu d’ironie, à l’écoute des discours que l’on tient, ce soir, lorsque j’entends, aussi, François Bayrou, évoquer une « vague« . Comme si les français, que l’on flatte tant pendant la campagne, ce peuple éclairé, ces citoyens-experts, cesseraient de l’être lorsqu’ils ne votent pas dans le sens que vous escomptez.

20 : 51 – On interroge Olivier Besancenot… Parce qu’il faut, encore, écouter un Besancenot.

20 : 53 – Olivier Besancenot nous explique encore que les français ne soutiennent pas Nicolas Sarkozy. Combien de scrutins faut-il pour démontrer le contraire ?

20 : 57 – Marielle de Sarnez aurait, donc, déclaré, que ces résultats n’étaient pas « une bonne chose pour la démocratie« . Cette remise en question (des autres, évidemment) permanente est pathétique. Un scrutin, cela reste l’expression de la démocratie. Enfin, je crois. Faire, systématiquement, comme si le résultat des urnes – et 7.4%, ce n’est pas une question des ièges, ce n’est pas un problème de scrutin – n’était que le résultat de l’inadvertance des français est un peu lassant. On peut regretter un résultat. Aller jusqu’à affirmer que ce serait une mauvaise chose pour la démocratie est simplement outrancier. Je croyais le centre expert en pondération. L’amertume n’autorise pas tout.

21 : 13 – Christine Boutin, Rachida Dati, Valérie Pécresse – Logement et Ville, Justice, Enseignement Supérieur et Recherche – Trois femmes ministres, pour représenter la droite, sur le plateau de TF1. A noter, en passant.

21 : 18 – Arnaud Monteboug en ballotage défavorable, face à un inconnu (au plan national), Arnaud Danjean. C’est un plaisir à goûter à sa juste mesure.

21 : 27 – François Bachy relève un point : le score de la droite ce soir est supérieur au score de Nicolas Sarkozy au 1er tour des présidentielles. Les deux scrutins ne sont guère comparables pourtant mais, effectivement, la droite gagne près de quinze points

Soirée terminée à 21:30, sur TF1 tout du moins. Petit scrutin, résultats attendus, discours convenus : ce n’est que parce que nos électeurs ne se sont pas déplacés que nous ne faisons pas un score supérieur. Alors, question : pourquoi les électeurs des partis défaits ce soir ne sont pas déplacés ? Pourquoi ceux de l’UMP et, donc, du Nouveau Centre, se seraient-ils déplacés, eux ? Le scrutin n’était-il pas annoncé d’avance pour eux également ? Compte tenu également du mode de scrutin, les électeurs de droite se seraient donc déplacés dans la ferme intention de lui accorder une majorité inutilement large ? Ca fait une sacrée différence de motivation : les uns ne se déplaceraient pas pour sauver un camp aux abois, les autres, eux, le feraient pour que la majorité soit la plus large possible ? Malheureusement, ce serait là aussi une victoire pour Nicolas Sarkozy et François Fillon, capables, eux, de susciter l’adhésion de « leurs électeurs« .

Une autre chose peut être relevée : l’attitude de Bertrand Delanoë, parlant d’autorité comme un chef de l’opposition, autorité dont parait bien dépourvue Ségolène Royal, et qu’abandonnera bientôt François Hollande.

Billets à peu près similaires

Aucun billet similaire (même à peu près).

51 commentaires

  • en même temps, le gouvernement et l’ump n’ont pas de quoi etre fier : ne pas être capable de mobiliser un corps électoral à plus de 60 % n’est guère glorieux quant on veut être responsable politique…

  • « Les français l’ont donc voulu. »

    Et le score de 7% du parti de François Bayrou est particulièrement significatif à ce sujet.

  • [quote comment= »29479″]en même temps, le gouvernement et l’ump n’ont pas de quoi etre fier : ne pas être capable de mobiliser un corps électoral à plus de 60 % n’est guère glorieux quant on veut être responsable politique…[/quote]

    Qui ne dit mot…

  • [quote comment= »29479″]en même temps, le gouvernement et l’ump n’ont pas de quoi etre fier : ne pas être capable de mobiliser un corps électoral à plus de 60 % n’est guère glorieux quant on veut être responsable politique…[/quote]

    Pour l’instant, il semblerait que ce serait les électeurs de gauche qui ne sont pas déplacés.

    La Gauche ne fait pas son boulot, et ce serait la faute à la droite?

    Peut-être la-dedans il y aurait un début de réponse.

    Par ailleurs la Royal là m’a encore bouché un coin. Maintenant c’est la faute aux électeurs, qui sont tellement cons qu’ils ne comprennent pas l’importance de voter.

    Sa vison du monde, tellement misérabiliste, me glace le sang.

  • Arnaud montebourg en ballotage defavorable … c’est bien domage qu’il soit encore au second tour celui la! mais je reconnais que c’est deja une victoire 🙂

    Les communistes sont morts! hip hip hip ?
    Les verts pasteque on depasse la date limite de consommation …
    Le FN est dans les cardes et bientot KO …

    bon, maintenant on va peut etre pouvoir attaquer des reformes serieuses?

    sam

  • Boutin qui retoque Marine le Pen, ça me fait doucement rigoler parceque celle qui est restée la plus fidèle à ses convictions n’est probablement pas le ministre…

  • Rachida Dati a eu un coup de sang tout à fait remarquable. Elle a renvoyé Besancenot à ses vieilles lunes troskystes. Les français veulent du boulot, vivre tranquillement, se déplacer quand ils le souhaitent sans risquer de faire son apparition dans la rubrique faits divers et laisser une France prospère aux générations suivantes.
    Autrement dit et en substance, « on s’en branle de tes conneries de blanc-bec culpabilisé et complexé ».
    De quoi faire déprimer le boboïde moyen qui rêve (plus qu’il n’agit) de bénévolat, de concert de djembe sur un rythme ouzbek (la sacro-sainte diversité… Comme si des français pouvaient être différents entre français mais passons) autour d’un café bio & équitable (la sacro-sainte générosité de façade) en logeant des immigrés dans une concession Mercedes réquisionnée (le classique misérabilisme larmoyant).
    Nous autres, gens de droite, ne sommes que d’effroyables salopards pragmatiques et réalistes.
    Repentons nous.

  • tu as raison charles je sens que je vais aller faire un pélérinage pour les graces obtenus…

    Koz tu crois que rachida dati nous lis??? Elle aussi pique des arguments et pique des colères anti-trotkystes…

    Dommage que Hollande soit en ballotage favorable.

    Les électeurs de gauche devraient voter exprès pour l’autre candidat pour que toute la sainte famille ( lessive blanc royal, c’est parti hollande, arnaud monte bourre et puis s’en va, et julien qui nous promet depuis si longtemps de partir en Israel que l’on commence à se lasser d’attendre) ne soit pas au parlement. Pour qu’ils comprennent enfin que ce sont eux la cause de cette gauche pitoyable et sans programme.

  • La vague est bleue et d’une importance sans ambiguité.

    Je note que F.Hollande n’a jamais été aussi jovial et blagueur. C’est surprenant et certainement déconcertant pour quelques uns …

    Je vois que F.Bayrou a la pigmentation de la peau d’un rouge vif et le blanc de ses yeux si marbré qu’il parait orangé. Soleil, Alcool, coup de sang … ?

    Je ne voudrais pas en rajouter mais je trouve encore une fois la droite relativement modeste et la gauche toujours aussi peu prête à se remettre en cause et insultante envers les électeurs qui soit ont voté pour d’autres qu’eux soit se sont abstenus …

  • C’est vrai c’est bien et Grand Charles j’ai aussi fortement apprécié Rachida Dati qui à enfin (quelqu’un ose!) envoyé sur la lune Olivier Besancenot .
    Mais faut pas oublier qu’il reste encore un tour , comme a dit Rama Yade : « il ne faut pas vendre la peau de l’elephant avant de …. »

    @Grand Charles ton commentaire est top LOL si ca te derange pas je te cite (sinon fait moi signe 😉 )

  • Le rapport de force à la présidentielle était de 53/47. Avec l’état de grâce d’un côté et une résignation forcée de l’autre, il est logiquement passé à 55/45 aux législatives (nous disent les sondeurs). L’abstention profite traditionnellement à la droite, dont l’électorat a toujours été plus assidu, tout particulièrement les plus de 60 ans. Du fait du mode de scrutin, cela se traduira sans doute à l’assemblée par un rapport de force 70/30 ou 80/20. Le président Sarkozy aura donc plus que les coudées franches pour appliquer son programme…

    Mais n’en déplaise à certains sur ce blog, si la France est aujourd’hui clairement de droite, la gauche et ses électeurs n’ont pas pour autant disparu. Ils représentent toujours près de la moitié des Français. Ne l’oubliez pas… Même s’ils ne pensent pas exactement comme vous et qu’ils sont loin d’être béats devant les premières mesures annoncées par le nouveau pouvoir. Gageons que malgré la propagande tous azimuts, les Français vont commencer à déchanter quand ils vont découvrir le détail de ces mesures, à qui elles profitent, et quel sera réellement leur impact sur la croissance et l’emploi.

  • @ FW Isildur : pas de soucis 🙂

    Sinon, je rejoins Boun.
    Notamment quand les gauchistes disent « la France de Neuilly ». Ils préférent une France 9-3isée fief indéboulonnable de la gauche ? Et encore dans le 9-3 un rapide comparatif entre les villes gérées par l’UMP et le PS/PC est tout à fait loquace. Par ailleurs, qui osera attaquer Besancenot sur son patrimoine pas franchement soviétiquement correct (si l’on enlève ses abbattements qu’il se permet… Un révolutionnaire comptable en somme) ? Qui osera démontrer le pathétique de ces attaques venant de la part de gens tout aussi parvenus ? Royal la pieuse du haut de son immeuble particulier du 7ème (l’immobilier, c’est pour les rentiers non ?), de sa villa -modeste ose-t-elle dire, une villa de prolétaire en réalité- de Mougins et de son QG de campagne du Boulevard Saint-Germain ?
    On est là vraiment dans les fondamentaux de la gauche qui se croit moralement supérieur, investie d’une Mission, un exercice sur soi.
    Le socialisme est une haine de soi, qui se reporte sur ceux qui sont présumés fiers d’être ce sur quoi il a honte (être un nanti au ventre gras) : ceux de droite.
    Un apitoiement sur celui (le pauvre) à qui on a honte de ne pas vouloir ressembler.
    Un homme de gauche sera toujours choqué par quelqu’un qui étale sa richesse alors même qu’il gagne autant que lui.
    Tout le socialisme moderne, c’est cela.
    Les exemples fusent.
    Un anti-élitisme, un égalitarisme alors qu’eux-mêmes sont arrivés aux responsabilités par l’exact inverse de ce qu’ils proposent. L’exemple topique c’est Royal.
    Autre exemple typically socialist, c’est l’idée de Bourdieu selon laquelle l’orthographe, la langue est un instrument de domination et qu’en conséquence il faut changer la langue. Tout le fantasme bobo du parler-banlieusard comme subervsisme. On rêve. La conseillère Sophie Bouchet-Petersen de Royal qui parle comme une illétrée du 9-3.

    Bref, Rachida Dati et Rama Yade savent très bien l’expliquer dans leurs domaines respectifs. Dati sur les banlieues et Yade sur la repentance.
    Elles sont de toute évidence de précieuses intelligences.

  • Pour finir, ces deux exemples (la langue et l’Ecole) sont intéressants car ils interdisent à l’Eleve (celui qu’il faut élever), les moyens de s’élever. On ne s’élève pas par la médiocrité, fût-elle de masse. On n’élève pas celui qui fait des fautes à tous les mots en le rendant fier de sa « différence ».
    C’est ainsi que l’on a condamné des générations entières. Le défi étant d’élever le niveau général, tâche plus ardue que de couper les têtes par égalitarisme pour arriver à une médiocratie de masse, qui c’est vrai, ne comporte pas d’inégalités. La médiocrité comme Universel.
    D’ailleurs Rachida Dati et Rama Yade sont des antithèses, des bras d’honneur au dogme dominant qui a (dé?)construit la France dans les années 70/80/90 jusqu’à encore aujourd’hui.
    Elles sont les contre-exemples du dogme de la médiocrité. Tout était fait pour qu’elles soient insignifiantes.
    Or, elles sont brillantes et à mille lieux du destin qu’on a voulu leur dessiner.

  • [quote comment= »29496″]L’abstention profite traditionnellement à la droite, dont l’électorat a toujours été plus assidu, tout particulièrement les plus de 60 ans. [/quote]

    C’est péremptoirement affirmé. Sans sources à l’appui. Ce qui est amusant, c’est que moi, on me dit toujours la même chose de la gauche. Porbablement parce que je suis de droite, et que Jeff est de gauche. Mais Jeff, lui, il y croit.

    [quote comment= »29496″]Le président Sarkozy aura donc plus que les coudées franches pour appliquer son programme…[/quote]

    C’est effectivement, malgré les cris d’orfraie des militants socialistes apparemment ce que les français persistent rudement à vouloir. Ca ne vous interpelle pas ?

    [quote comment= »29496″]Gageons que malgré la propagande tous azimuts, les Français vont commencer à déchanter quand ils vont découvrir le détail de ces mesures, à qui elles profitent, et quel sera réellement leur impact sur la croissance et l’emploi.[/quote]

    Ce que vous disiez aussi il y a quelques jours. On se rassure comme on peut. Vous avez pensé à l’hypothèse que les français, pris globalement, n’aient pas fait une mauvaise appréciation ? Et que, globalement, ils le veuillent bien plus que ce que la gauche est bien en peine de leur offrir ?

    Mais ne vous êtes-vous pas demandé, comme le dit Koz,

    [quote post= »367″]pourquoi les électeurs des partis défaits ce soir ne sont pas déplacés ? Pourquoi ceux de l’UMP et, donc, du Nouveau Centre, se seraient-ils déplacés, eux ? Le scrutin n’était-il pas annoncé d’avance pour eux également ? Compte tenu également du mode de scrutin, les électeurs de droite se seraient donc déplacés dans la ferme intention de lui accorder une majorité inutilement large ? Ca fait une sacrée différence de motivation : les uns ne se déplaceraient pas pour sauver un camp aux abois, les autres, eux, le feraient pour que la majorité soit la plus large possible ? Malheureusement, ce serait là aussi une victoire pour Nicolas Sarkozy et François Fillon, capables, eux, de susciter l’adhésion de “leurs électeurs“.[/quote]

  • Le plus créatif des hommes de gauche de la soirée a été pour moi Bertrand Delanoe. En gros : « Pour avoir de la créativité et de nouvelles idées ne votez pas pour la majorité écrasante »
    Je n’aurai rien contre ne pas avoir une majorité très large mais si l’opposition ne fait pas le poids, si elle est constamment dans la critique stérile, si elle ne propose pas d’alternatives cohérente, ben que voulez-vous !
    Il me semble que la gauche a proposée très peu de lois à l’assemblée et a été peu constructive durant les débats.
    J’avais trouvé tellement petit et puéril l’épisode des 150.000 amendements déposés par la gauche (PS+PC) pour ralentir et nuir.

  • [quote comment= »29489″]Rachida Dati a eu un coup de sang tout à fait remarquable. Elle a renvoyé Besancenot à ses vieilles lunes troskystes. [/quote]

    Un p’tit résumé pour les ceusse qui l’ont loupé ? Merci 😉

  • Ben quoi, c’était pas une vraie élection, c’était juste une formalité, une question technique, il s’agissait uniquement de « donner au président élu les moyens de sa politique ».

    Y’a rien d’autre à en déduire. Si j’avais voté passant outre mon peu d’envie de cautionner cette masacarade, j’aurais très bien pu voter pour le/la candidate du président élu, c’est pas une question de droite ou de gauche mais une simple question de bon sens. Les candidats du président élu sont les mieux à même de donner au président élu les moyens de sa politique.

    Par contre, il ne faut évidemment rien en déduire sur le degré d’approbation de l’UMP dans la société française. Avant de pousser des cries d’orfraies, rappelez-vous qu’après la vague bleue dans l’ersatz de parlement français, l’UMP a fait 16,6% des voix aux européennes de 2004 (scrutin proportionnel).

    Question subsidiaire pour les commentateurs talentueux de ce blog :

    Connaissez-vous des partisans de la présidentialisation actuelle du régime qui vont jusqu’au bout de leurs idées et réclament la fin de l’élection formelle du parlement ? Chapeau à eux si tel est le cas.

  • [quote comment= »29509″]Ben quoi, c’était pas une vraie élection, c’était juste une formalité, une question technique, il s’agissait uniquement de « donner au président élu les moyens de sa politique ».[/quote]

    Heureusement que tu es venu nous le dire il y a quelques jours. J’avais cru, un temps, qu’il s’agissait de « faire barrage à la droite » et que « Sarkozy n’ait pas tous les pouvoirs »…

    [quote comment= »29508 »]en passant pour les curieux 😉 Francois mitterrand 2007 est « identifié » c’est un blog ecrit par un proche de montebourg (et lui même ) http://www.nuesblog.com/?679/Francois-Mitterrand-2007-est-mort-Qui-etait-Francois-Mitterrand%5B/quote%5D

    Il ne se grandit pas, loin de là. Cela donne une idée de ce dont il serait capable s’il n’avait pas l’habileté de camoufler sa vraie nature.

    Raison de plus de goûter son ballotage défavorable.

    Un autre dont je guettais le résultat, qui me satisfait assez pour le moment, c’est Carignon. Je serais ravi de le voir disparaître de la vie politique.

  • Maxi-dégelée pour l’UDF avec 2 millions de voix contre 7 il y a sept semaines, et l’élimination au premier tour de tous nos candidats sauf 8.

    La comparaison avec la présidentielle est éloquente … mais koz a la mémoire courte : « Je le dis avec un peu d’ironie, à l’écoute des discours que l’on tient, ce soir, lorsque j’entends, aussi, François Bayrou, évoquer une “vague“. Comme si les français, que l’on flatte tant pendant la campagne, ce peuple éclairé, ces citoyens-experts, cesseraient de l’être lorsqu’ils ne votent pas dans le sens que vous escomptez. »

    « Vague » était le terme utilisé par F. Bayrou pour désigner le mouvement en sa faveur lors de la présidentielle (« vague orange »). Pourquoi serait-il devenu péjoratif ou anti-démocratique ?

    Quant à parler des « les électeurs … du Nouveau centre », c’est un gag au vu des résultats : là où le Nouveau centre était en concurrence avec UMP et UDF, il a fait entre 0,3 et 0,8% dans la plupart des circonscriptions.

  • [quote comment= »29524″]
    Il ne se grandit pas, loin de là. Cela donne une idée de ce dont il serait capable s’il n’avait pas l’habileté de camoufler sa vraie nature.
    Raison de plus de goûter son ballotage défavorable.
    [/quote]

    je suis bien daccord ^^

    [quote comment= »29525″]
    Quant à parler des « les électeurs … du Nouveau centre », c’est un gag au vu des résultats : là où le Nouveau centre était en concurrence avec UMP et UDF, il a fait entre 0,3 et 0,8% dans la plupart des circonscriptions.[/quote]

    c’est pas un gag c’est plutôt logique, ce qui démontre que y a des élécteurs centristes qui votent pour la personalité de F.Bayrou et d’autres élécteurs centristes (centre droit à 100%) qui votent pour la personalité de N.Sarkozy et qui font confiance au gouvernement .

  • [quote comment= »29525″] »Vague » était le terme utilisé par F. Bayrou pour désigner le mouvement en sa faveur lors de la présidentielle (« vague orange »). Pourquoi serait-il devenu péjoratif ou anti-démocratique ?[/quote]

    Au temps pour moi, ou presque. C’est peut-être davantage moi qui n’aime pas ce terme. Une vague, ça emporte les choses sur son passage, ça déferle etc… Ce n’est pas spécialement un terme positif. Quant à évoquer un « tsunami », ce n’est pas pour faire ma mijorée, mais cela fait partie des termes que l’on devrait, je trouve, utiliser avec parcimonie, quand on sait quelle réalité cela recouvre. Ca me fait le même effet que lorsque j’avais entendu un commentateur de foot expliquer que le gardien de but américain avait été fusillé par le joueur allemand.

    Pour autant, il y a vague et vague. La vague qui se lève, la vague qui s’abat. Je ne crois pas que, cette fois, Bayrou faisait référence à la vague qui se lève. Si ?

    [quote comment= »29529″]oups j’ai oublié de preciser qu’azouz begag , candidat MoDem dans la 3eme circonscription du rhône n’a pas possibilité de se maintenir au second tour et appel à voter pour le candidat Socialiste , les choses étaient claires elles sont désormais limpides … http://actualite.free.fr/france/3_2007-06-11T080509Z_01_TOY121794_RTRIDST_0_OFRTP-FRANCE-LEGISLATIVES-BEGAG-20070611.html%5B/quote%5D

    On n’aura jamais su ce qu’il pensait vraiment, ce qu’il était vraiment, ce qu’il avait vraiment réalisé. Il retourne à ses études, il y brillera probablement davantage.

  • Merci KOZ. Qui ne dit mot consent! C’est Lisette qui doit rien comprendre. La ballade des voix sur Bayrou entre la Présidentielle et les législatives est assez symptomatique de la démocratie à la française, de même la ballade sur le FN, de même celle sur le référendum européen. On y trouve du caractère, de la manifestattion, pas forcément du bon sens, on y trouve le français râleur bien connu des étrangers, le français arrogant et un peu con du: »tu vas voir ce que j’en pense! », de la forme mais pas de fond discernable, une abysse! J’en fus certainement, comme les autres, je le serai peut-être encore, un jour, s’il me plait de m’exprimer par les urnes, et ça me plait. M’abstenir, j’aurai vraiment l’impression de ne pas exister, de m’en remettre. Gnou, c’est pas ma condition, alors autant l’ouvrir, c’est ce que la démocratie m’autorise. Aujourd’hui, je passe à l’acte, c’est toute la différence. Si les éxégètes de tout poil pouvaient faire plus simple dans leurs explications de vote, ils se contenteraient de différencier l’humeur combien volage de l’action, immédiate et déterminante dans ses effets.

  • J’ai entendu Mariel de Sarnez dire « c’est un tres mauvais calcul que fait la droite……… »Même dépitée, pourrait elle seulement considerer qu’il s’agit du vote des français qui lui ont clairement signifiée d’aller se rhabiller ( ce qui d’ ailleurs lui permettra de changer de jean! ) et en aucun cas une manoeuvre de la droite.
    Sa haine de Sarkosy qu’elle entretient amoureusement avec François l’égare beaucoup.Apres de tels propos il est divertissant de l’entendre donner des leçons de démocratie .La démocratie de Sarnez c’est quand les français votent pour elle sinon c’est de la dictature

  • Dray en ballotage défavorable sur ma circonscription face à une pas connue…32 % contre 36 % pour Laurence Gaudin !

    C’est la première fois qu’il se prend cette déculottée. J’ai rien compris car hier il avait un sourire incroyable ! C’est ma mère qui après le dépouillement m’a dit que même les quartiers populaires ont plutot voté à droite (ce qui n’a jamais été le cas auparavant, on est dans une ville à gauche avec un président d’agglomération à gauche).

    Il se passe quelque chose, quoi que voudront bien me dire nos chers leaders socialistes.

  • Vague, Tsunami, Raz de marée …
    Ils en ont de bonnes tiens.

    Toutes ces métaphores ne sont pas recevables; Car ce sont des comparaisons avec des éléments d’aléas naturels par essence imprévisibles ou pour le moins non maitrisables.

    Or ce qui se passe avec l’élection de Sarkozy et ce qui en découle avec la grande majorité UMP est tout SAUF de l’imprévisible.

    Tout cela était bien prévisible :
    – le rejet de cette gauche archaïque, incontinente de son idéologie;
    – le rejet des extrêmes, durablement désavouées;
    – le rejet clair des béniouioui-nini-toutout du centre mou;
    – l’accord avec un homme, avec un projet et avec une vision;
    – le souhait DÉLIBÉRÉ de donner les moyens du changement;

    C’est bel et bien d’une VOLONTÉ affirmée du peuple français qu’il s’agit, et non d’un évènement subi comme l’aurait été une Vague, un Tsunami ou un Raz de marée …

    Ces métaphores sont bien incongrues.

  • [quote comment= »29534″]Merci KOZ. Qui ne dit mot consent! C’est Lisette qui doit rien comprendre. La ballade des voix sur Bayrou entre la Présidentielle et les législatives est assez symptomatique de la démocratie à la française, de même la ballade sur le FN, de même celle sur le référendum européen. On y trouve du caractère, de la manifestattion, pas forcément du bon sens, on y trouve le français râleur bien connu des étrangers, le français arrogant et un peu con du: »tu vas voir ce que j’en pense! », de la forme mais pas de fond discernable, une abysse! J’en fus certainement, comme les autres, je le serai peut-être encore, un jour, s’il me plait de m’exprimer par les urnes, et ça me plait. M’abstenir, j’aurai vraiment l’impression de ne pas exister, de m’en remettre. Gnou, c’est pas ma condition, alors autant l’ouvrir, c’est ce que la démocratie m’autorise. Aujourd’hui, je passe à l’acte, c’est toute la différence. Si les éxégètes de tout poil pouvaient faire plus simple dans leurs explications de vote, ils se contenteraient de différencier l’humeur combien volage de l’action, immédiate et déterminante dans ses effets.[/quote]

    J’aime beaucoup la haute estime que vous portez aux français dont vous avez demandé les suffrages : « aucun bon sens », « râleur », « arrogant », « un peu con », …

    Vous voulez que je fasse plus simple dans l’explication de mon – absence de – vote ?

    Voici : j’ai une haute estime du parlement, estimant qu’il doit avoir un rôle central comme dans toutes les démocraties modernes (Allemagne, Angleterre, Italie, Espagne …). Très logiquement, je suis révulsé par tout un passif cinquièmiste (49-3, vote bloqué, pas de maîtrise de l’ordre du jour sauf « niche parlementaire », terme qui dit bien ce que ça veut dire ;-), scrutin ultra-majoritaire, députés gaudillots qui votent par groupe comme un seul homme, cumul des mandats horizontal et dans le temps) qui a été aggravé par toute une série de contre-réformes plus récentes (création de cette pure machine électorale qu’est l’UMP, présidentialisation à outrance via le quiquennat et surtout l’inversion du calendrier entre présidentielle et législatives, l’absence d’enjeu et de couverture médiatique des législatives)

    Donc pour faire simple : le parlement français est aujourd’hui une institution formellement maintenue mais en réalité reléguée au troisième ou quatrième rang.

    Pour rejeter cela, une seule option : l’abstention.

    Tout le monde va y perdre. La gauche, les démocrates et les écologistes ont perdu beaucoup aujourd’hui, mais l’UMP va à mon avis rapidement s’apercevoir que sa victoire sans péril et donc sans gloire est une victoire à la Pyrhus, qu’elle n’est que la face lumineuse d’une médaille dont la face sombre est le déclin du parlement. Le fait fondamental à ne pas perdre de vue est qu’il y a une violence intrinsèque, inexpugnable dans la société. Faute de la faire disparaitre, on avait su la domestiquer en lui donnant un débouché en la théatralisant dans les affrontements symboliques, verbaux, codifiés au parlement. Ce débouché est aujourd’hui largement obstrué (tous les partis autres que le PS n’ont même pas de groupe parlementaire !), mais la violence, elle, demeure.

    Quelle conséquence selon vous ? Moi je prévois qu’elle va s’incarner en dehors du parlement, de manière plus anarchique, plus paralysante pour le pays, au mieux dans des grèves massives, au pire de façon plus violente. Avez-vous lu les tract des candidats d’Arlette qui disaient en substance : « il n’y a rien à espérer de ces législatives pour les travailleurs, rendez-vous dans les luttes sociales » ? Il ne faut pas balayer cet argument d’un revers de la main. Je pense qu’il valait bien mieux supporter les interventions « marginales et outrancières » d’une Christine Boutin lors du vote du PACS que la montée de la haine et des ressentiments (on se rappele des slogans des manifestants anti-PACS : « les pédés au bûcher » et autres joyeusetés) au sein de la frange catho-réac que le PACS révulsait et qui aurait été laissée à elle-même si elle n’avait trouvé en elle une porte-parole. De même il aurait mieux fallu un affrontement au parlement sur le CPE que son étouffement par la domination sans partage de l’UMP et le recours au 49-3 qui a déclenché le contre-coup dans la rue pour le même résultat, un gâchis phénoménal en plus.

    Ce n’est pas du tout ce que je souhaite, je suis allergique au gâchis et à la violence, mais (euphémisme) je ne suis pas très optimiste pour les 5 prochaines années.

  • Deux choses :

    – En tant qu’électeur de gauche, je ne suis pas allé voter et j’ai expliqué ce choix ici, sur ce site, de deux manières : la gauche doit tomber au fond du trou (SR en premier j’espère) pour espérer se rénover un jour, devenir un grand parti moderne. Et comme les idées sont à droite en ce moment, autant la laisser mener sa politique et juger des résultats dans 5 ans…

    – Tu as parfaitement noté la présence de Bertrand Delanoë et le rôle grandissant qu’il est appelé à jouer dans quelques années (mois ?), surtout depuis que DSK s’est grillé aux yeux des militants.

    Dernière chose : il faut aussi garder en tête que cette large victoire peut desservir la droite, avoir les pleins pouvoirs n’est pas toujours une sinécure, surtout si les réformes ne produisent pas les résultats escomptés.

  • [quote comment= »29542″]En tant qu’électeur de gauche, je ne suis pas allé voter et j’ai expliqué ce choix ici, sur ce site, de deux manières : la gauche doit tomber au fond du trou (SR en premier j’espère) pour espérer se rénover un jour, devenir un grand parti moderne. Et comme les idées sont à droite en ce moment, autant la laisser mener sa politique et juger des résultats dans 5 ans…[/quote]

    Le discours est certainement très convenu en plateau. Mais il faut espérer pour les socialistes que les dirigeants ont la lucidité de penser que, formalise ou non, ce sentiment a certainement joué dans la démobilisation des électeurs de gauche, davantage que le fait que le scrutin aurait été présenté comme joué d’avance.

    Sachant pertinemment qu’un jour ou l’autre, l’alternance se fera, j’aimerais autant que le PS gagne en lucidité.

  • C’est jmfayard qui, je crois, dans un commentaire sur ce blog au lendemain du 2e tour de la présidentielle, imaginait un retournement de la situation aux législatives. Les résultats d’hier confirment ce qu’on a toujours constaté : si les législatives suivent la présidentielle, les électeurs sont cohérents et ne reviennent pas sur leur choix (cf la grande vague rose de 1981).
    J’ai trouvé Marielle de Sarnez et le sénateur Jégou bien agressifs hier soir sur les plateaux de télé. Ils sont mauvais perdants. Avaient-ils donc tant d’illusions? Le Centre n’a jamais pu exister que s’il était allié à un grand parti, si possible majoritaire. En 1962 quand Giscard se sépare du Centre National des Indépendants et Paysans de Pinay pour fonder les Républicains Indépendants avec Poniatowsky, on lui prédit la catastrophe. Il aura au moins 30 députés et le vieux CNI passé dans une quasi opposition en aura à peine une demi-douzaine. Le scénario se reproduit en 1965 avec les centristes d’opposition de Lecanuet. La tentative fait long feu.
    Le MoDem a tout de même joué un rôle important ces dernières semaines en détachant nombre de bobos de la gauche archaïque. Maintenant il faut choisir, être de droite ou être de gauche. Exister ou être un parti virtuel.

  • Tiens, je vais essayer de défendre Marielle de Sarnez – sur ce blog, c’est un peu jouer avec le chiffon rouge…

    D’abord elle ne dit pas que le résultat n’est pas démocratique – de toute évidence, il l’est.

    Elle dit que le résultat n’est pas bon pour la démocratie. Evidemment ça fait mauvais perdant. Si elle avait fait des grands sourires au balcon, comme une que je connais, on l’aurait taxée de déni de réalité. Malheur aux vaincus de toute façon…

    Maintenant, le résultat c’est aussi et surtout:
    – une Assemblée très mal élue, contrairement au Président;
    – l’absence par conséquent de contre-pouvoir législatif; peu d’opposition et une majorité qui n’est là que parce qu’elle confirme le résultat du 6 mai;
    – donc, 95% des pouvoirs et 100% des responsabilités entre les mains du Président et lui seul.

    Ceci convient évidemment très bien à Nicolas Sarkozy. C’est le choix clair et net des électeurs, exprimé par leur vote ou leur absence de vote. C’est démocratique. Mais est-ce bon pour la démocratie ?

  • @ jmfayard,

    Je crois me souvenir que le CPE avait été adopté « à la régulière » lors d’une séance où la gauche avait déserté l’Assemblée. Le 49-3 a été utilisé plus tard, pour mettre fin à la pantalonnade des 150 000 amendements, je crois. Il y a là une nuance de taille, il me semble.

    Je sais bien que la fabrique à mythe du PS s’est empressée d’imposer le souvenir d’un CPE passé au 49-3, aidée en cela par une presse qu’on croyait pourtant inféodée au grand capital. J’ai trouvé ça assez dérangeant, d’ailleurs, cette sorte de « live-révisionnisme ».

  • Koz, vous avez encore une fois, beaucoup trop de visiteurs ! Je risque de répèter ce que d’autres ont dit !
    Les électeurs qui ont voté à droite, alors que le Président, son premier ministre et toute l’équipe ont déjà montré la direction sans complexe qu’ils prenaient, est un encouragement formidable : « allez-y, bougez la France ! ». Je suis certaine aussi qu’un certain nombre d’observateurs de gauche ont voté par fidélité mais ne sont pas vraiment mécontents que Sarko. fasse le boulot, (pas forcément sale !) ils savent que leurs amis sont « secs »,
    Oserais-je dire des « belles âmes sèches » ? Non, on ne tire pas sur….

  • Pusillanimes sont les abstentionnistes, ne vous en déplaise, jmFAYARD.Les règles institutionnelles sont la règle, 49-3 ou pas.
    L’abstention pour changer les choses n’est pas prévue par la règle, alors?
    Alors rien… pour 40% d’entre nous qui…rien encore…toujours rien.
    Manquent-ils dans la victoire, dans la défaite? Non.
    Civis nullus comme res nullus . Reste un individu associalisé.
    Parti Associaliste peut-être. Avec Ubu comme roi.

  • [quote comment= »29550″]Elle dit que le résultat n’est pas bon pour la démocratie. Evidemment ça fait mauvais perdant. Si elle avait fait des grands sourires au balcon, comme une que je connais, on l’aurait taxée de déni de réalité. Malheur aux vaincus de toute façon…[/quote]

    En l’écoutant, comme en écoutant Hollande, ou d’autres, je n’ai pu m’empêcher quelques remarques:

    – Dans un monde complètement dingue où, alors que Bayrou est élu président, le premier tour des legislatives projette 450 sièges au MoDem, est-ce que Marielle se mettrait à appeler à voter contre elle ? (remplacez Bayrou et Modem par Hollande et PS, ça marche encore)

    – Personne pour rappeler que le parti qui va « dangereusement » concentrer tous les pouvoirs dans sa main n’est pas à la tête de 21 régions sur 22 ?

    – Fallait pas faire le quinquennat. Vous voilà bien attrapés.

  • Après la présidentielle, Bayrou ne disait-il pas que la force du MoDem assurerait près de 400 triangulaires ?

    Quel revers !

  • [quote comment= »29533″]Une vague, ça emporte les choses sur son passage, ça déferle etc… Ce n’est pas spécialement un terme positif. Quant à évoquer un « tsunami », ce n’est pas pour faire ma mijorée, mais cela fait partie des termes que l’on devrait, je trouve, utiliser avec parcimonie, quand on sait quelle réalité cela recouvre. (…)

    (…) Je ne crois pas que, cette fois, Bayrou faisait référence à la vague qui se lève. Si ?[/quote]

    Je m’aventurerai courageusement aux limites de ma capacité exégétique … 1) je ne pense pas que Bayrou (ou quiconque à l’UDF) ait employé le terme de « tsunami », qui relève plutôt du vocabulaire journalistique :
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],[email protected],0.html
    2) « vague » me semble faire référence, pour F. Bayrou, aux mouvements de l’opinion, « du peuple » (il l’a employé à de nombreuses reprises en ce sens pendant la présidentielle). Ici, la même « vague » nationale sert d’explication pour la défaite de personnalités aussi appréciées et, comme on dit, « bien implantées », que M. Artigues ou Mme Comparini. L’image qui conviendrait le mieux est celle de la « marée » (reprise par un journaliste dans le lien ci-dessus) mais, dans l’esprit de F. Bayrou, les « vagues » d’opinion peuvent être très brèves – moins d’un an, par exemple, pour la « vague rose » de 1981.

    Au passage, on peut en déduire qu’il est conscient de la fragilité de la « vague orange » qui se manifeste dans les adhésions au Mouvement démocrate : elle aussi peut refluer rapidement. Autre défi à l’horizon.

  • Pour le « tsunami », je ne faisais pas référence à Bayrou. Ca ne ressort pas clairement de mon commentaire, il est vrai.

  • [quote comment= »29572″]Après la présidentielle, Bayrou ne disait-il pas que la force du MoDem assurerait près de 400 triangulaires ?

    Quel revers ![/quote]
    Le revers est certain, mais Bayrou ne disait nullement cela (quelle blague, d’ailleurs : le Modem n’était pas encore créé. C’est dire la fiabilité de la citation).

    En fait, il a été très pessimiste sur le résultat des législatives dès le départ. Il était convaincu que la présidentielle donnait le « la » des législatives (ce qui lui donnait l’espoir d’une majorité parlementaire centrale … en gagnant la présidentielle).

    Il est vrai que ce message n’était pas très efficace pour les législatives, d’un point de vue marketing politique. Mais c’est un historien, pas un marketeur.

  • [quote comment= »29576″]En fait, il a été très pessimiste sur le résultat des législatives dès le départ. Il était convaincu que la présidentielle donnait le « la » des législatives (ce qui lui donnait l’espoir d’une majorité parlementaire centrale … en gagnant la présidentielle).[/quote]

    Donc si je comprends le raisonnement que vous prêtez à Bayrou, dans l’hypothèse de son élection à la présidence (comme Sarkozy) il aurait attendu une majorité à l’A.N. (comme Sarkozy); Et il aurait alors tout fait pour obtenir le plus de députés possible (comme Sarkozy).

    Bref, il aurait fait tout pareil que Sarkozy et cela n’aurait pas été ni plus ni moins démocratique …
    Et ses troupes ne se seraient pas offusqué de ce fait si elles avaient gagné alors qu’elles s’en offusquent quand elles perdent… CQFD !

    La majorité c’est bien si c’est moi, c’est mal si c’est un autre.

    C’est un peu un outing en douceur ça …

    Pour la citation, bien sûr que « MoDem » n’existait pas encore; Remplacez par « mon futur parti »…

  • En tout état de cause, la stratégie de Bayrou ne pouvait pas fonctionner, j’en reste persuadé.

    Il s’est positionné sur le jeu politique en en rejetant les règles. Les règles se sont appliquées, qu’il le veuille ou non. Ce n’était pas à l’occasion des présidentielles qu’il pouvait réellement proposer sa remise en cause des institutions.

    Les présidentielles perdues, son sort en était jeté.

    Mais à vrai dire, même s’il les avait gagnées, je reste sceptique sur ce qu’il aurait pu en tirer. Il n’aurait jamais pu obtenir une majorité seul. La grande majorité des candidats MoDem sont des seconds couteaux et surtout, de vrais inconnus. Le débat des législatives aurait été de savoir vers où son centre pencherait, ce qui n’aurait pas incité à donner sa voix au candidat MoDem inconnu. Et, une fois les législatives passées, je suis très sceptique quant au fait que le PS ou l’UMP aurait accepté de laisser la main et de jouer les partenaires accessoires.

    Comme tous les candidats anti-système, extrèmes de gauche, de droite, ou du centre, il reste hors du système. A la seule différence que lui, il aurait bien aimé l’emporter.

  • @ koz sur le dernier paragraphe : c’est un des messages centraux de la campagne présidentielle de Bayrou : votez pour le seul candidat qui veut et peut changer le système. Ceux qui le veulent mais ne le peuvent pas – comme les extrêmes – le renforcent en réalité, comme en 2002.

    Evidemment tu me répondras : le peut-il ? Je continue à penser que oui. Il n’est pas passé très loin en avril, alors qu’il était, jusqu’en janvier, quasiment inconnu de l’électorat. Et les élections locales devraient nous être plus favorables, dans la mesure où les citoyens, tentés par le bonapartisme d’Etat, sont généralement plus « démocrates » pour les communes. On verra …

  • … au passage, il me semble que les électeurs majoritaires ont cru voter pour le candidat qui « veut et peut changer le système ». Mais le système qu’ils visaient là, c’est sans doute une combinaison « droits de l’homme + prestations sociales + ouverture à l’Europe et au monde + bureaucratie étatisée », en gros, le déroulé sur les 60 dernières années du programme du CNR de 1944.

    Selon nous autres démocrates, il y a effectivement des réformes à faire sur certains points (la bureaucratie issue de ce programme du CNR est arthritique), mais les blocages les plus graves sont ailleurs – et les chances de la société françaises sont tout à fait ailleurs que dans la « réhabilitation de la valeur travail » à coups de défiscalisation des successions. J’ai la faiblesse de craindre que les citoyens ne soient rapidement désillusionnés – tout en espérant que le pragmatisme de M. Sarkozy et la persévérance de M. Fillon les conduisent à faire tout autre chose que ce que M. Sarkozy a promis au long de la campagne.

  • [quote comment= »29753″]@ koz sur le dernier paragraphe : c’est un des messages centraux de la campagne présidentielle de Bayrou : votez pour le seul candidat qui veut et peut changer le système. Ceux qui le veulent mais ne le peuvent pas – comme les extrêmes – le renforcent en réalité, comme en 2002.

    Evidemment tu me répondras : le peut-il ? Je continue à penser que oui. Il n’est pas passé très loin en avril, alors qu’il était, jusqu’en janvier, quasiment inconnu de l’électorat. Et les élections locales devraient nous être plus favorables, dans la mesure où les citoyens, tentés par le bonapartisme d’Etat, sont généralement plus « démocrates » pour les communes. On verra …[/quote]

    Il était, de toutes façons, le seul candidat anti-système qui avait une quelconque chance de l’emporter. En ce sens, on pouvait penser qu’il le pouvait…

    Je relève un truc qui me fait sourire : vous me semblez avoir une tendance, compréhensible, à minorer le résultat de dimanche dernier. Toi, en affirmant que Bayrou était jusqu’en janvier quasiment inconnu de l’électorat : tu pousses un peu, Frédéric. Il y a évidemment des gens très peu politisés qui pouvaient ne pas le connaître, mais on ne peut pas dire qu’il ait manqué de visibilité médiatique auparavant, en tout cas pas au point d’être « quasiment inconnu ».

    C’est un peu la même chose avec Lisette, qui affirme que le MoDem est un « nouveau parti ». Il est peut-être nouveau en ce que les départs des 22 députés (et plus ou moins celui de Lagarde) le font un partir de rien, mais à la base, le MoDem, c’était quoi, sinon l’UDF, avec les mêmes idées, les mêmes personnes, la même stratégie, mais un nouveau nom ?

    Quant aux électeurs tentés par le « bonapartisme d’Etat », reporter la faute sur eux évite les mises en question, c’est tout. Une « collègue » me disait hier que « Bayrou avait le charisme d’une moule »… C’est excessif, et je ne me suis jamais permis ce type de propos mais peut-être peut-on aussi penser que les raisons de son échec ne viennent pas que de ces électeurs obscurantistes.

    Quant à vous intituler « démocrates », ça commence à faire propagande. Autant on peut admettre « sociaux-démocrates » et « chrétiens-démocrates », autant faire une OPA sur le qualificatif de « démocrate », c’est déplacé, et présomptueux (et, non, nous ne sommes pas aux US). On dirait les socialistes qui s’appellent toujours les « forces de progrès ». C’est à se demander comment les électeurs, dont moi, peuvent voter pour des forces totalitaires et de régression. Faut-il être bête !

Les commentaires sont fermés