Nos églises

Combattre le premier sentiment. Retenir le refus instinctif. Se dire que, depuis des siècles, nombreuses sont les églises qui ont dû être détruites. Qu’elles subissent le sort de toute construction vieillissante, non entretenue.

Guetter la présentation médiatique. Certes, « 2800 des 15000 églises rurales protégées » sont en situation de péril. Mais je connais nombre d’horreurs architecturales pour lesquelles je ne me battrais pas. En même temps, si elles sont protégées, c’est qu’il ne doit pas s’agir d’horreurs.

Savoir, évidemment, que la fréquentation est en baisse, surtout en zone rurale. Voir ce bulldozer dans une nef. Lire que ce brave maire promet « une salle de 500 places, susceptible d’être divisée en deux, moderne, facile à chauffer, attirante pour les jeunes… ». Et tant pis si je peux lui certifier que moi, et nombre de jeunes, nous préférons mille fois la glaciale et antique grande chapelle d’Ourscamp à n’importe quelle salle polyvalente moderne, facile à chauffer, et transformable à loisir en salle des fêtes pour la kermesse annuelle…

Penser qu’il est difficile, même si chacun voit ces clochers comme une part de notre paysage, de notre patrimoine, de demander à ceux qui ne les fréquentent plus de contribuer financièrement à leur entretien.

Mais penser tout de même à leur beauté. Penser à leurs décorations subtiles ou à leur parfait dénuement. Aux nombres de fois où, comme par réflexe, on en pousse la porte, juste comme ça, pour « aller voir l’église« . Et penser à ceux qui les ont bâties. Ceux qui en ont tracé les plans. Ceux qui en ont monté les pierres. Avec espoir, avec foi. Imaginer nos villages sans clochers. Mais pas sans salles polyvalentes, modernes, nous dit-il, susceptible d’être divisée en deux, hein et puis facile à chauffer, attirante pour les jeunes, c’est certain, comme le sont la salle des fêtes, la mjc, et le gymnase.

Ce doit être le cours des choses et l’on doit être stupide, ou sentimental, de trouver cela bien dur.

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32 comments

  • J’ai été effondré de lire cet article dans Le Figaro. Et surtout les commentaires, cyniques, méprisants, je-m’en-foutistes, glaçants, des différents responsables interrogés, maires ou prêtres, désormais d’accord. Don Camillo, c’est bien fini.

    Un certain nombre de ces églises ont pas loin d’un millier d’années. Elle incarnent et reflètent l’histoire du pays, les efforts dévoués de ses artisans anonymes, la foi qui a aidé d’innombrables générations à traverser la vie et à bâtir la France.

    Et on vient nous parler de MJC faciles à chauffer? Qui vont tomber en ruines avant vingt ans?

    Et on s’indigne parce que les talibans détruisent des monuments religieux qui viennent du fond des âges?

    Dans mille ans, le maire de Trifouillis-les-oies sera oublié de tous, et sa MJC facile à chauffer ne sera même plus un tas de poussière.

    Mais les églises romanes seront toujours là. Sauf si on les rase au bulldozer sous prétexte qu’il faut de l’argent pour les entretenir, et que ça ne sert à rien.

  • Robert Marchenoir, dissipez ce doute : vous n’êtes pas en train de demander un financement public pour la sauvegarde de ces églises ? Je comprends parfaitement que vous soyez hostile à ce que l’on chauffe les MJC, évidemment, même si elles ont été construites, elles aussi, par des artisans anonymes, mais un financement public, merde alors ! Pourquoi pas un hommage à mai 68 tant qu’on y est…

  • [quote comment= »22854″]Robert Marchenoir, dissipez ce doute : vous n’êtes pas en train de demander un financement public pour la sauvegarde de ces églises ?[/quote] Bien sûr que si.

    Sauf si des financements privés suffisent, ce qui ne semble pas être le cas d’après l’article du Figaro.

    Les églises de France me paraissent beaucoup plus importantes pour le patrimoine culturel du pays que toutes les oeuvres d’art contemporain merdique que l’Etat finance à tour de bras, et qui seront, elles aussi, réduites en poussière d’ici vingt ans, tellement elles sont mal faites par des artistes ignorants du travail des matériaux.

    Quand on accroche à Beaubourg des oeuvres d’art contemporain américaines des années soixante, elles sont déjà tellement pourries qu’elles se décrochent toutes seules du mur!

  • C’est très dur, quand on pense aux clochers de nos villages, les pas bien beaux auxquels ont est habitués quand même, et dans lesquels, comme tu dis, on a l’habitude de pousser la porte.

    C’est vrai qu’il faut s’y attendre. Et que des milliers d’églises ont été ensevelies sous leur décombres aux cours des siècles, ou détruites pour faire place à d’autres, plus grandes, plus « modernes ».

    Mais ça fait quand même mal. J’espère qu’il n’y en a pas de « chez moi » parmi les menacées.

  • Robert Marchenoir, Merci pour ce combat contre le relativisme esthétique et la reconnaissance du beau et du vrai. Toutes ces oeuvres décadentes pour lesquelles des fortunes sont dépensées par un Etat sangsue, fossoyeur de l’Art avec un double grand A. Ceci dit, réjouissez-vous : l’ami Sarkozy s’apprête à réviser la loi de 1905 et autoriser le financement public des lieux de cultes. Le pognon de nos impôts va enfin cesser d’être dilapidé en tableaux « modernes » et redirigé dans la bonne direction. Ouf !

    Koz, Personnellement, j’adore les églises. Mais peut-être est-il bon de rappeler que les salles polyvalentes et les églises sont deux types d’édifices différents. Et les opposer les unes aux autres revient à considérer qu’il faut arrêter de construire des porte avions puisque nous manquons d’hôpitaux. Ce genre de raccourcis à la Robert Marchenoir, il y a des Besancenot pour ça.

  • [quote comment= »22863″] L’ami Sarkozy s’apprête à réviser la loi de 1905 et autoriser le financement public des lieux de cultes. Le pognon de nos impôts va enfin cesser d’être dilapidé en tableaux « modernes » et redirigé dans la bonne direction.[/quote] Je l’ignorais. Je m’en réjouis.

  • Comme le disait une connaissance, voilà quelle est notre véritable exception culturelle…

    @ hugues:

    Pas sûr que cette réorientation ait vraiment lieu. Enfin…

  • [quote comment= »22863″] Peut-être est-il bon de rappeler que les salles polyvalentes et les églises sont deux types d’édifices différents. Et les opposer les unes aux autres revient à considérer qu’il faut arrêter de construire des porte avions puisque nous manquons d’hôpitaux. Ce genre de raccourcis à la Robert Marchenoir, il y a des Besancenot pour ça.[/quote] L’ennui est que j’ai dit exactement le contraire, Hugues.

    Ce « genre de raccourci à la Besancenot », c’est le maire (ou le curé, ou les deux) de l’un des patelins concernés qui l’a fait. C’est lui qui a dit: il vaut mieux détruire l’église qui ne sert à rien et construire à la place une MJC facile à chauffer, avec des cloisons mobiles, qui va faire plaisir aux jeunes, etc.

    Et c’est moi qui ait dit: ce n’est pas parce qu’on veut construire des MJC (des piscines, des crèches, des HLM, tout ce que vous voulez) qu’il faut détruire les églises.

    Même si ça branche pas spécialement les jeunes, les églises. Même s’il est plus facile de se faire réélire en construisant une MJC qu’en réparant une église.

  • Je suis atterré par ce genre de nouvelle.

    Je me souviens de l’incrédulité de ma vieille grand-mère quand je lui avais dit qu’on construisait une mosquée à Mantes. La France c’est un pays de clochers disait-elle. La pauvre n’est plus. Heureusement, car si on lui disait que l’on construit des mosquées et qu’on détruit des églises son monde s’écroulerait.

    Je me souviens aussi d’un billet de Koz écrit depuis la terrasse d’une brasserie en Normandie dans lequel il décrivait la parfaite harmonie de la campagne française. J’avais répondu en parlant de l’émotion que je ressens quand je rentre d’Amérique dès que j’aperçois depuis les airs des petits villages, des clochers, le patchwork des champs, les haies, les manoirs…

    Je partage entièrement l’émotion de Robert Marchenoir et ne comprends pas les réticences d’Hugues. Il n’est pas question de religion mais de paysage. La prochaine fois que vous irez sur vos terres, imaginez la Grand’ Rue sans son église à l’extrémité.

    Un financement public pour sauver les églises? Pourquoi pas.

    Et à quand une Fondation pour la sauvegarde des églises de France?

  • [quote comment= »22854″]Robert Marchenoir, dissipez ce doute : vous n’êtes pas en train de demander un financement public pour la sauvegarde de ces églises ? Je comprends parfaitement que vous soyez hostile à ce que l’on chauffe les MJC, évidemment, même si elles ont été construites, elles aussi, par des artisans anonymes, mais un financement public, merde alors ! Pourquoi pas un hommage à mai 68 tant qu’on y est…[/quote]

    Les ouvriers qui ont construit ces églises n’étaient pas simplement des anonymes. Ils étaient souvent (en particulier pour les cathédrales qui ont nécessité parfois plusieurs siècles de travaux) des condamnés à mort qui venaient acheter leur place au paradis. Le plus souvent ils mourraient de fatigue ou par accident sur le chantier.

    Savez vous que les pierres de nos cathédrales sont pour partie le berceau de notre justice ? La notion de délit vient du fait que les pierres utilisées étaient le plus souvent issues de roches calcaires dont les strates appelées lits devaient être placées à plat. Un ouvrier qui positionnait une pierre avec les lits verticaux exposait l’édifice à une fragilité certaine liée à l’érosion beaucoup plus rapide de la pierre dans cette position et commettait un « délit » qui était immédiatement et très sévèrement condamné !

    Les églises ont porté les souffrances et les joies du peuple français depuis plus de deux millénaires. Elles ont été de tout temps des refuges et sont officiellement des zones de « non droit » où les forces de l’ordre républicain doivent être invitées par l’autorité religieuse pour y pénétrer. Des millions de personnes se sont données pour elles.

    Oui nos églises sont inscrites dans notre Histoire et font partie de notre héritage. Il ne s’agit plus de religion mais de patrimoine et d’identité nationale.

    Très peu d’autres monuments parmi lesquels nos châteaux peuvent se prévaloir des mêmes attributs. Les MJC et autres salles polyvalentes aussi pratiques qu’elles soient n’auront jamais cette valeur.

    Nous devons donc protéger nos églises car elles sont la mémoire et l’expression des grands principes de notre peuple : grandeur, majesté, humilité et communion entre les hommes.

  • Oh la, oh la, restons calmes.

    Les églises de centre-bourg construites au 19è siècles ne sont pas l’oeuvre des anonymes condamnés à mort, et il y a loin d’ici à ce qu’on ne voie plus de clochers en nos campagnes (je connais des bleds de 500 âmes avec une église et 4 ou 5 « chapelles », grosses comme des églises de région parisienne. Autant les chapelles sont superbes, autant l’église, comment dire… ne présente aucun intérêt) Ces églises doivent être entretenues par de toutes petites communes, et des paroisses très étendues, dirigées par des prêtres seuls et âgés, qui usent leurs forces jusqu’au bout. Quand au financement des mosquées, faut arrêter les âneries. Il est parfaitement normal qu’une collectivité locale puisse aider à se construire un lieu de culte, c’est quand même la moindre des choses (et ça vaut mieux que de renvoyer vers Téhéran directement)

    Ca fait quand même mal au coeur. Mais bon, ça me fait mal au coeur aussi quand, pour les « sauver », on en fait des salles de concert ou des halls d’exposition pour les cercles culturels locaux. Jamais contente.

  • Je n’ai pas lu le rapport du Sénat, mais c’est une évidence que des églises rurales protégées ne devraient pas être en péril. Je pense que l’Etat doit intervenir dans ce genre de situations.

    Quant aux autres églises, si une collectivité locale n’a pas les moyens d’entretenir une église, c’est-à-dire de faire en sorte qu’elle soit opérationnelle en tant qu’église, il doit y avoir d’autres solutions pour pouvoir consolider le bâtiment à des coûts très réduits, et éviter la dégradation de l’enveloppe extérieure. On pourrait ainsi préserver la partie architecturale et paysagère de l’église quitte à la fermer définitivement. Peut-être, d’ici quelques années ou décennies, on trouvera des solutions. Ce qui est inadmissible c’est qu’on pousse à la démolition d’une église pour s’approprier du terrain et construire d’autres équipements communaux à sa place. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

  • La commune où je suis né compte 1500 habitants ; et 6 églises, une monument historique et 5 perdues dans les champs. Et il ne viendrait pas à l’idée du maire socialiste d’en laisser pourrir une seule. Ne serais-ce que pour de basses raisons électoralistes ! Bien au contraire, il se démène pour chercher les financement pour entretenir, voire améliorer chacune. Il est félicité d’avoir electrifié les cloches, qui sonnent 3 fois par jour.

    Mais ce sont de vieilles églises (XIV° – XVII°), morceaux du patrimoine et de l’identité. Que l’on démollisse des églises du XIX° ne me choque guère ; généralement moches et de facture médiocre, elles fûrent souvent le résultat de bagares politiques. Les MJC de l’époque !

    Dans la belle église de chez moi (le village était fief de l’évèque qui devint Jean XXII ; çà aide), se donnent chaque année plusieurs concerts de musique classique ; et parfois une pièce de théatre. Ce qui vit résiste !

  • Pilou, savez-vous où votre maire trouve l’argent pour entretenir ses églises?

    Pas très loin de chez moi, se trouve une extraordinaire église du XXème siècle. Elle date des années 20/30, et c’est un magnifique exemple de l’architecture de cette époque: construction en briques de grande hauteur, vitraux, fresques, bas-reliefs… Des morceaux de la coupole en béton sont en train de tomber dans la nef, mais j’espère bien que personne n’aura jamais l’idée de la démolir.

  • @Lisette : Qui parle du financement des moquées? Personne sur ce blog jusqu’à aujourd’hui. J’ai personnellement insinué que le paysage français ne se conçoit pas sans église et ne se conçoit pas avec une mosquée. Les musulmans n’en ont pas moins le droit d’avoir des lieux de culte mais voir un minaret à côté des bulbes d’une églsie ne choque pas en ex-Yougoslavie alors que cela choque en France parce que ce n’est pas notre histoire.

  • C’est surprenant en effet, on n’imaginait pas ça possible.

    Il est vrai que les deux églises photographiées sont d’un néo-gothique peu inspiré, et il est difficile de « Penser à leurs décorations subtiles ou à leur parfait dénuement. ». Elles sont nombreuses, et peu passionnantes. Austères mais sans majesté.

    Et, comme souligné par Koz, les plus précieuses sont protégées.

    Mais c’est terrifiant, en effet, parce qu’elles participent d’un paysage, d’un étrange sentiment de sécurité pour tous.

    Il faut cependant se dire qu’il est rassurant que ce soit permis, et non interdit.

    Je partage aussi l’aversion pour les lieux de culte flambant neufs, qui posent plusieurs problèmes, notamment l’absence de certitude de ne pas entrer dans une secte, si l’on ne prend pas garde ; et bien sûr le goût qui en est toujours effrayant.

    Lorsqu’on voit des églises néo-romanes très réussies, dont un bas-côté est détruit pour ouvrir sur un cube en moquette à l’autel orienté Nord, on frémit. Blasphème architectural en tout cas.

    Maintenant, si l’argent est conservé pour les oeuvres sociales de la commune, pourquoi pas…

    En somme, il est rassurant de savoir qu’on a le droit de détruire des lieux de cultes, qui ne doivent être protégés qu’architecturalement, mais le voir, ça fait un choc en effet.

  • @Lisette : c’est Dang et non pas Dabg qui vous a écrit sur le financement des mosquées. J’ai fait une malencontreuse faute de frappe sur mon propre nom.

  • [quote comment= »22863″]Koz, Personnellement, j’adore les églises. Mais peut-être est-il bon de rappeler que les salles polyvalentes et les églises sont deux types d’édifices différents. Et les opposer les unes aux autres revient à considérer qu’il faut arrêter de construire des porte avions puisque nous manquons d’hôpitaux. Ce genre de raccourcis à la Robert Marchenoir, il y a des Besancenot pour ça.[/quote]

    Je n’oppose pas les unes aux autres. Evidemment, les salles polyvalentes sont nécessaires. Pour les banquets de mariage, pour les réunions d’association, voire pour des réunions paroissiales etc… Mais pour servir d’église, et même si l’on peut prier n’importe où, même dans un bordel, ce que le maire décrit me fait sourire : que la « salle » (déjà, il ne parle pas d’église) soit chauffée, modulable, et moderne, franchement… Cela me fait le même effet que lorsque l’on me vante les vertus du survêtement, si confortable et moderne. Allez tous en survêt’ ! Et la messe, dans la salle polyvalente !

    Pour les fidèles, si bien sûr on peut célébrer la messe dans une salle polyvalente, ce n’est pas exactement la même chose.

    Comparons, par exemple, avec un concert de musique sacrée : tu peux l’écouter dans une salle polyvalente (ou dans une salle avec une meilleure acoustique) mais si tu l’entends dans une église d’époque, ce n’est pas la même chose.

    Et au-delà de ce qui compte pour les seuls pratiquants, il y a toute la dimension du patrimoine de la France. Les églises, les clochers font partie de nous, de notre paysage. Imaginer un village sans clocher m’est difficile. J’ai le sentiment d’une amputation. On peut vivre avec un membre amputé mais certains ont toujours le sentiment de sentir le membre manquant. Si les églises sont détruites, je verrai toujours les villages mais avec cette douleur fantôme du membre manquant.

  • @ Robert Marchenoir Pour l’eglise où je fûs baptisé (ma fille aussi), où je me suis marié (je n’allais pas trainer ma vieille mère à Paris) je sais où le maire a trouvé l’argent. Une autoroute vient d’être construite plus prés qu’il n’est séant ( et je vais pas me plaindre : elle divise par 2 le temps pour aller embrasser ma mère ; et lui emmener ses petits-enfants). ASF à dû raquer un max ; moins que s’ils avaient dû passer un vallon plus loin ; maintenant les murs peuvent tenir deux siècles de plus.

    Ce n’est qu’une petite église, saint Julien de Val-Gineste ; plus communément appelée Pilou. Et je ne suis plus croyant. Mais je crois que si l’on voulait en faire un tas de pierre, je pourrais verser dans la violence illégale ; et que je ne craindrais pas d’être seul.

    Je ne vois rien à redire à la démolition de celles qui ne servent plus à rien ; et à personne.

  • @Pilou : les églises qui ne servent plus à rien ni à personne sont peut-être quand même chargées de souvenirs pour quelques-uns et seront peut-être considérées comme un témoignage intéressant de l’architecture d’une époque par les générations futures. Il fut un temps où les églises romanes devaient laisser la place à d’autres plus modernes, c’était une erreur.

  • «les églises qui ne servent plus à rien ni à personne sont peut-être quand même chargées de souvenirs pour quelques-uns et seront peut-être considérées comme un témoignage intéressant de l’architecture d’une époque par les générations futures.» Pour moi, les églises sisterciennes sont un absolu de la beauté ; mais aussi les charpentes de bien des batiments anciens. Et je me souviens de ce remorqueur à vapeur, et de l’horreur à imaginer la vie à bord, que je vis dans le port de Douarnenez. Pour autant, tous les bateaux, tous les toits, et toutes les églises ne sont pas à préserver indéfiniment.

    Pourquoi l’indifférence ? Quand nait-elle ? Que sauver ? Je suis égoïste.

    Et Dieu dans tout çà ? C’est à lui de voir !

  • «Et Dieu dans tout çà ? C’est à lui de voir !»

    Entre le «?» et le «C» j’avais mis une douzaine d’espaces. Pour moi celà créait du sens.

    Mais l’espèce de con prétentieux qui a écris le logiciel de mise en page de ce blog a décidé de les détruire.

    Il y a des coups de pied au cul qui se perdent ; et des baffes aussi !

    Et c’est plus grave que de moches églises du XIX° qui disparaissent !!!

    GRRRRRRRRR !!!!

  • [quote comment= »22950″]Je n’oppose pas les unes aux autres. Evidemment, les salles polyvalentes sont nécessaires. Pour les banquets de mariage, pour les réunions d’association, voire pour des réunions paroissiales etc… Mais pour servir d’église, et même si l’on peut prier n’importe où, même dans un bordel, ce que le maire décrit me fait sourire : que la « salle » (déjà, il ne parle pas d’église) soit chauffée, modulable, et moderne, franchement… Cela me fait le même effet que lorsque l’on me vante les vertus du survêtement, si confortable et moderne. Allez tous en survêt’ ! Et la messe, dans la salle polyvalente !

    Pour les fidèles, si bien sûr on peut célébrer la messe dans une salle polyvalente, ce n’est pas exactement la même chose.[/quote] Ma paroisse se désigne comme un « lieu de rencontre Jean XXIII » c’est un lieu de culte construit dns les années 70 dans un nouveau quartier de ma commune (l’architecture est assez minable, et un incendie criminel l’an dernier n’a pas arrangé l’esthétique de l’aménagement intérieur)… et pourtant, on y célèbre une messe qui a la même valeur et la même ferveur que celle célébrée dans la cathédrale de ma citée papale. J’avoue ne pas très bien comprendre ton argument. Je suis prêt à aller à la messe dans n’importe quelle salle polyvalente (ou dans un stade si par miracle on est assez nombreux). Ce qu’il faut définir, c’est « de quoi on parle »: une église est-elle: – un monument historique – un bâtiment communal – un lieu de culte de l’Eglise catholique De cette définition dépend le mode de financement (Etat, commune, diocèse ou combinaison). Ma paroisse est entièrement financée par le diocèse (construction ‘nouvelle’)… la difficulté à trouver le moindre financement pour ne serait-ce qu’entretenir le bâtiment me fait grandement relativiser les difficultés des mairies à entretenir des bâtiments qui sont, de plus, inutilisés… et donc à définir l’avenir de tels lieux.

  • PS: pour les concerts dans des salles d’époque…. permets-moi de sourire un peu: de quelle époque parle-t-on, jouer la Passion selon saint Matthieu de BACH (1729) dans une église du XIXème est tout aussi anachronique que de jouer la messe en ré de Beethoven (1812) dans une salle polyvalente de la fin du XXème. (la musique dite classique n’est pas une et indivisible, les orchestres qui jouent ses oeuvres les jouent rarement sur des instruments d’époque… alors l’idée de me formaliser sur la crédibilité chronologique du lieu me parait très très discutable).

  • [quote comment= »22874″] les petits villages, des clochers, le patchwork des champs, les haies, les manoirs… [/quote]

    sans parler de la clochette des vaches et des petits bistrots(perception terrienne certes, mais tellement agréable)

    [quote comment= »22874″]

    Et à quand une Fondation pour la sauvegarde des églises de France?[/quote]

    On aurait pu le suggérer à notre ancien Président mais il semble plus attiré par des préoccupations de rassemblement international.

    Quant à moi, arrivée dans ma ville au mois de septembre dernier, j’ai été attirée par ce qui ressemblait à une église, qui l’a été, mais qui n’était qu’un musée d’un sculpteur. En admirant ses oeuvres, j’y ai trouvé une autre dimension.

  • Comme Jak, si d’aventure le seul lieu où je pouvais aller à la messe était un hangar désaffecté (ou la cave du voisin, mais dans ce cas, ça devient politique), j’irais.

    Mais comme Koz, je ne peux pas ne pas m’émouvoir fortement de la tendance laïciste actuelle. J’écris « laïciste » à la place de « laïque » à dessein, car je ne vois pas en quoi la laïcité serait mise en danger par une volonté d’Etat de sauvegarder nos clochers.

    Il y a le lieu de culte, mais il y a aussi le lieu de vie, le lieu d’histoire, le centre à partir duquel s’établit une population (où est le km 0 à Paris ?). Ne pas renier 10 siècles d’histoire de France, ne pas oublier d’où nous venons ni comment nous nous sommes construits.

    Une civilisation qui laisse s’écrouler ses édifices est une civilisation qui se meurt.

  • L’Etat ne peut plus financer les nouveaux lieux de cultes depuis 1905. Mais à l’obligation par ses collectivités locales d’entretenir/rebâtir à vie les lieux de cultes construis avant 1905.

    C’est la loi, point barre. Et il n’y a rien à modifier…

  • J’aime le début de son billet :

    « Les clochers tombent comme à Gravelotte nous explique Sophie de Ravinel dans le Figaro, qui reprend les attendus d’un rapport du Sénat, et le chiffre de 2.800 églises rurales en situation de péril. On voit ici la volonté manifeste de faire sursauter le lecteur français chez qui un paysan sommeille toujours, pour qui les images de l’Angelus de Jean-François Millet ou de l’affiche de campagne de François Mitterrand en 1981 restent présentes à l’esprit. Mais 2.800 ne représentent pourtant qu’une minorité (18,66 %) : après tout, cela signifie qu’un peu plus de 81 % des églises rurales tiennent bon. Plutôt que d’amener son lecteur à réfléchir sur les évolutions du monde rural, son déclin inédit superficiellement gommé par l’installation de périurbains – paysans du dimanche, la journaliste choisit l’émotion vaine »

    C’est un peu ce que je redoutais en écrivant :

    [quote post= »320″]Guetter la présentation médiatique. Certes, “2800 des 15000 églises rurales protégées” sont en situation de péril. Mais je connais nombre d’horreurs architecturales pour lesquelles je ne me battrais pas. En même temps, si elles sont protégées, c’est qu’il ne doit pas s’agir d’horreurs.[/quote]

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