Jeanne 2030

Un soir de plus, elle voit sur Paris le soleil se coucher. C’est un des ciels qu’elle préfère, perlé de moutons. Le soleil magnifie chaque espace qu’elle aperçoit. Les façades tristes prennent des teintes rosées, les tours se renvoient des damiers de ciel serein. Elle rêve qu’au-delà, la mer est limpide, et que son enfant court vers elle. Pour le cinquième, elle a décidé de s’offrir les étages supérieurs de la maternité. Déjà que personne ne vient la voir, elle, sauf cette femme inquiète et affairée, elle a pensé qu’elle en avait bien le droit.

De toutes façons, maintenant, la somme est réunie. Elle va pouvoir réaliser le rêve qu’aucune fille autour d’elle n’a pu s’offrir. Sans les lois de 2009, 2014 et 2019, jamais elle n’aurait pu seulement y songer. Tout a tellement augmenté.

Évidemment, la première fois, elle était terrorisée. Lorsqu’elle est entrée dans la clinique, ses copines n’en revenaient pas. Elles étaient restées dehors, à pouffer et parier qu’elle reviendrait, qu’elle n’oserait pas. Mais elle a tenu bon, justement. Elle s’est inscrite et a passé le test sanguin. Elle est ressortie avec le certificat et l’assurance de pouvoir porter un enfant dans l’année. Vus son âge et sa résistance physique, elle a même pu, ensuite, en tirer 15.000. Pas grand-chose, en même temps, mais ce n’était tout de même que son premier.

Le plus dur, bien sûr, a été l’accouchement. La douleur, oui, et puis quand ce petit bébé est sorti de son ventre, elle s’est crue maman. Tout d’un coup, une bouffée de bonheur l’a envahie. Ce petit qui s’appuyait contre elle, qui la sentait, son visage fripé contre sa peau, les yeux clos bien serrés et froncés, et ces petits poings fermés contre ses côtes. On lui a enlevé tout de suite. Ne lui sont restées que la douleur, les poussées de lait, la détresse et la solitude soudain, avec son ventre vide.

Jeanne était dans les premières en France à pouvoir accueillir l’œuf d’un couple qu’elle ne connaissait pas. A l’origine, on avait limité cette possibilité à l’entourage proche. Et puis, on avait fait valoir l’angoisse légitime de ces couples qui avaient, comme d’autres, le droit au bonheur, le droit d’avoir un enfant. On avait expliqué que chacun était consentant, que des couples étaient obligés d’aller jusqu’en Belgique pour pouvoir avoir recours à une GPA et revenaient en France avec un enfant sans statut. On avait souligné que les enfants s’adapteraient certainement. La loi était finalement passée, en limitant strictement le nombre de grossesses possibles à deux, afin de ne pas risquer de créer un marché.

Comme Jeanne était l’une des premières, elle a bénéficié d’un soutien psychologique appuyé. C’était en 2024. Depuis, on fait un peu moins attention. C’est moins nouveau, plus banal, et puis les femmes sont jeunes, volontaires, on a considéré qu’elles pouvaient assumer leur choix. Pour le deuxième, Jeanne avait un peu mieux pris conscience de ce qu’on lui demandait et puis, la première grossesse s’étant normalement déroulé, elle avait de bons antécédents à faire valoir. Elle a pu davantage négocier et obtenu 25.000, plus 10.000 en liquide. Sa troisième GPA a été rendue possible par l’évolution législative. C’est le cas Sophie Clément qui a tout déclenché. Cela faisait déjà quelque temps que les associations militaient pour permettre la libéralisation de la GPA, mais son histoire avait complètement bouleversé l’opinion et, à vrai dire, déverrouillé le marché. Sophie Clément avait perdu ses parents et n’avait plus de famille proche. Elle et son compagnon s’étaient liés d’une grande amitié avec Fanny Demarret, qu’ils avaient rencontrés dans une manifestation de parents potentiels et de gestatrices. Elle avait déjà été la gestatrice de leur premier enfant et ils n’envisageaient pas d’avoir recours à une autre gestatrice. En plus, ils voulaient garder contact. On avait considéré que, tout compte fait, l’Etat n’avait pas à se substituer aux parents et aux gestatrices pour décider ou non de leur droit à constituer une communauté de vie personnelle, associant la gestatrice aux géniteurs dans la vie de l’enfant.

Pour Jeanne, ça tombait à point nommé. Ses parents en avaient assez de ses histoires et voulaient qu’elle se trouve un vrai métier. Ce n’est pourtant pas avec le vrai métier qu’elle pouvait espérer qu’elle aurait pu leur acheter l’écran liquide qu’elle leur a offert. Ni avec ce qu’ils ont gagné en toute une vie qu’ils auraient pu s’offrir ne serait-ce qu’une petite maison avec un jardin. Ils l’ont mise au pied du mur, elle a claqué la porte. Du coup, pour le quatrième, elle a décidé de faire payer davantage de frais par les parents. Les bonnes gestatrices ne sont pas si faciles à trouver et, de toutes façons, après plusieurs années d’échec avec les FIV, ils sont prêts à tout.

Cette fois-ci, c’était la première fois qu’elle portait l’enfant d’une fille seule. Là encore, il avait fallu une nouvelle loi. Mais les arguments d’avant étaient toujours valables. D’ailleurs, plus personne ne soutenait que le législateur ait une quelconque légitimité à poser, autoritairement, des critères dans un domaine qui relève de la vie privée de chacun. Et ceux que la GPA inquiétaient pouvaient toujours ne pas y recourir. Cela faisait bien longtemps que droite et gauche, des libéraux aux libertaires, en passant, au début, par les antireligieux, s’accordaient à ce sujet. Pourquoi interdire à une femme seule qui voit venir l’infertilité, de connaître la joie d’avoir un enfant ? D’ailleurs, la société avait évolué de telle sorte qu’il était illusoire de croire que l’on pouvait trouver un homme, faire carrière, et porter un enfant. C’était aussi le prix de l’égalité et une exigence de cohérence. Cette attente était légitime, et puisque cela faisait déjà un moment que des enfants vivaient dans des couples sans père ou dans des familles monoparentales, il n’y avait pas de raison sérieuse de s’y opposer.

On avait d’ailleurs vu quelques splendides et fines actrices s’afficher avec leur gestatrice, qui bénéficiaient de conditions faramineuses et de tous les soins nécessaires. Jeanne savait bien qu’en ce qui la concernait, il serait plus difficile d’afficher un physique de star mais elle avait fait son choix, il y a six ans. Pour son cinquième, qu’elle se jurait être le dernier (d’ailleurs, au-delà, on ne trouvait plus guère de parents demandeurs), elle avait également souri en constatant la soudaine batterie de tests que cette femme lui a fait passer. Tests sanguins, génétiques, antécédents complets de ses précédentes gestations. Ca lui avait permis d’exiger d’être payée davantage.

Bien sûr, cela avait été beaucoup de sacrifices. Elle repensait souvent à ce premier enfant, à ces petits poings, à la douceur de sa peau, à sa respiration sur son ventre à elle. On a beau essayer, on n’oublie jamais ce premier enfant que l’on a dû rendre. Et puis, elle pense aux trois autres, entr’aperçus seulement, dont elle ne connaît pas les prénoms. En elle, en secret, elle leur en a tout de même donné un. Elle s’imagine, parfois, avec sa petite « famille pour autrui« . En regardant le ciel perlé de mouton, seule dans sa chambre, elle espère avoir un enfant pour elle un jour. Au moins, si c’est le cas, elle pourra lui offrir davantage d’avenir. Si c’est le cas.

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Bon. Je l’admets : le procédé est certainement un peu déloyal. Je m’en pends et m’en repends. Je n’aime pas la politique-fiction, alors l’éthique-fiction… Et je n’ai probablement pas non plus un talent de conteur. En plus c’est vaguement ridicule. Et l’on pourrait me répondre avec un autre scénario.

Mais à lire certaines réponses sous mon précédent billet, je ne pense pas que celui-ci soit véritablement illusoire. Il me parait même inscrite dans la logique des arguments mis en avant.

C’est d’ailleurs une constante, sur tous les sujets éthiques. Il ne s’agit certes pas de s’opposer à toute évolution. Certaines soulèvent des inquiétudes légitimes que l’on peut parvenir à écarter. Il ne s’agit donc pas de dire non par principe, même à l’acceptable, parce que l’on voit poindre le reste. Mais il reste ce sentiment qu’en matière d’éthique, toute restriction n’est que provisoire. Que toute limite ne sert qu’à faire accepter une première version. Qu’à « préparer les esprits« , des esprits forcément réactionnaires, rétrogrades, qui « ne seraient pas prêts » à une évolution dont ils ne parviendraient pas à comprendre qu’elle est favorable. Et à chaque fois, on vous l’assure : il n’y a aucune raison d’aller plus loin. D’ailleurs « jamais » l’opinion ne l’accepterait. Avant qu’on lui fasse accepter qu’il serait rétrograde de ne pas le faire. Que l’opinion a évolué, que ça se fait ailleurs, que ces parents ont bien le droit d’avoir un enfant, que ce n’est là que le fruit d’une décision d’adultes éclairés, et que nul n’a le droit – pas plus l’Etat qu’une autre autorité – d’imposer aux autres ses critères moraux.

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35 comments

  • Je vous reprend sur un point: vous contez bien. Même si il n’est pas aisé au début d’avoir la moindre idée d’où vous voulez en venir, ou de quoi traitera le billet.

  • Bon. Je l’admets : le procédé est certainement un peu déloyal. Je m’en pends et m’en repends. Je n’aime pas la politique-fiction, alors l’éthique-fiction… Et je n’ai probablement pas non plus un talent de conteur. En plus c’est vaguement ridicule. Et l’on pourrait me répondre avec un autre scénario.

    Pas du tout. J’aime beaucoup, bien écrit. C’est assez en accord avec ce que je pense, mais, soyons réaliste, il y a peu de chance que cela se produise, tout du moins aussi rapidement. La marchandisation du corps n’est pas dans les mœurs.

    Par contre je ne pense pas que les mères porteuses soient si faibles au point de ne pas faire la différence entre l’enfant qu’elle porte et le leur. Elles savent que c’est l’ovule d’une autre, fruit de l’amour d’un autre couple. Je ne suis pas partisan de cette vision de la femme faible, même si je comprends fort bien l’attachement au fœtus qu’elles ont senti en elles.

  • « Pas du tout. J’aime beaucoup, bien écrit. C’est assez en accord avec ce que je pense, mais, soyons réaliste, il y a peu de chance que cela se produise, tout du moins aussi rapidement. La marchandisation du corps n’est pas dans les mœurs. »

    Oh, 2030, c’est demain, et pas tant que ça. Il y a 18 ans, c’est tout juste si nous avions le Net.

    Quant à la marchandisation du corps, ce ne sera bien évidemment pas perçu comme ça. Mais, si l’on veut autoriser la GPA dans la prochaine loi bioéthique, il faudra faire une exception à un principe de notre droit qui est l’indisponibilité du corps humain (ie qu’on ne peut passer aucun convention – location, vente etc – sur tout ou partie de son corps). C’est un premier pas non négligeable.

    Par contre je ne pense pas que les mères porteuses soient si faibles au point de ne pas faire la différence entre l’enfant qu’elle porte et le leur. Elles savent que c’est l’ovule d’une autre, fruit de l’amour d’un autre couple. Je ne suis pas partisan de cette vision de la femme faible, même si je comprends fort bien l’attachement au fœtus qu’elles ont senti en elles.

    Je ne conçois pas cela comme de la faiblesse mais comme de l’humanité. J’imagine que certaines sont capables de maintenir la distinction mais je doute plutôt que ce soit la majorité. Et je trouve ça plutôt louable.

    C’est une chose que de déclarer être prête à le faire, et de porter effectivement un enfant pour d’autres.

  • Quant à la marchandisation du corps, ce ne sera bien évidemment pas perçu comme ça. Mais, si l’on veut autoriser la GPA dans la prochaine loi bioéthique, il faudra faire une exception à un principe de notre droit qui est l’indisponibilité du corps humain (ie qu’on ne peut passer aucun convention – location, vente etc – sur tout ou partie de son corps). C’est un premier pas non négligeable.

    Et non négociable pour la plupart des gens. Ce serait en effet la porte ouverte à plein d’autres pratiques : vente d’ovocytes, de spz, de plaquettes, d’organes, etc…

    C’est une chose que de déclarer être prête à le faire, et de porter effectivement un enfant pour d’autres.

    Certes, mais je préfère que chacun choisisse en connaissance de cause. Personne ne peut le faire à la légère, sans peser les conséquences, aussi bien physiques que morales. L’interdire simplement ce serait prétendre que les citoyens sont incapables d’assumer leurs choix, les surprotéger, les infantiliser.

  • Je suis étonné qu’on n’ait pas encore parlé de la détresse des donneurs de gamètes, qui imaginent un petit enfant être issu d’eux vivre dans une famille dont ils ignorent tout. Ils sont parents, mais sont condamnés à ne jamais connaître leur enfant…

    Pas besoin d’attendre 2030, ça se passe aujourd’hui.

  • Je ne suis pas fana. La fiction à propos moral, ça a toujours un ton un peu attendu et téléguidé. Je vous suis pourtant sur tous les points touchés par ce texte, Koz, mais le genre… je comprends votre aveu de repentir.

    Mais enfin, c’est déjà ça. Et ça touche du doigt un peu mieux certains points que je trouve à peine évoqués dans le propos alambiqué et semi-politiquement correct du le site du CEF: Dans un communiqué, Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, [pdt du CEF], pointe les bouleversements qu’entraîne le recours à la maternité pour autrui : conception du couple, de l’enfant et de sa place dans la famillef « La souffrance des couples qui ne peuvent avoir d’enfant ne peut être ignorée. Mais il importe d’être attentif aux bouleversements qu’induit le recours à la maternité pour autrui sur notre conception du couple, de l’enfant et de sa place dans la famille. »

    Ah. Oui. Bon. J’attendais d’un pasteur de l’église catholique autre chose qu’une banale tribune « Rebonds » de Libé. En même temps, oui, ce sont des pistes de réflexion, un engagement à mener nous-mêmes ce débat compliqué sur des choses pas simples, blah blah blah, je me crois en aumônerie dans les années 80.

    (PS: ya du bug dans l’édition de commentaires a posteriori)

  • @ Bob

    « Pas du tout. J’aime beaucoup, bien écrit. C’est assez en accord avec ce que je pense, mais, soyons réaliste, il y a peu de chance que cela se produise, tout du moins aussi rapidement. La marchandisation du corps n’est pas dans les mœurs. »

    L’essentiel, Bob, c’est de faire évoluer les moeurs, on donne bien son sang, sa moëlle osseuse,son sperme et ses ovocytes : pourquoi ne pas les vendre, c’est le droit de disposer de son propre corps. Cosette vendait bien ses cheveux et ses dents. D’ailleurs on peut aussi vendre un rein, un morceau de foie (savez-vous qu’il se régénère, extraordinaire n’est-ce pas ?) On peut ainsi en faire don plusieurs fois. On peut vendre un oeil et même obtenir une somme considérable pour les 2, vous imaginez bien combien une personne fortunée peut mettre pour recouvrer la vue ! La vue c’est la vie comme on dit ! Mais il est question aussi de permettre aux prisonniers et aux handicapés de financer ainsi le prix de leur pension : après tout, ils reviennent assez cher à la société sans rien rapporter, ce serait un moyen de leur donner une dignité en leur permettant de contribuer à l’équilibre de la société.

    « Par contre je ne pense pas que les mères porteuses soient si faibles au point de ne pas faire la différence entre l’enfant qu’elle porte et le leur. Elles savent que c’est l’ovule d’une autre, fruit de l’amour d’un autre couple. Je ne suis pas partisan de cette vision de la femme faible, même si je comprends fort bien l’attachement au fœtus qu’elles ont senti en elles. »

    Pensez-vous, Bob, désormais la femme doit être aussi forte que l’homme ! Est-ce qu’on attend d’une assistante-maternelle ou d’une institutrice qu’elle aime les enfants qui lui sont confiés ? Elle sait qu’il doit s’agir d’une relation professionnelle et rémunérée, il ne faut pas mêler l’affectif à l’organisation rationnelle, c’est cette dangereuse dérive qui a tenu si longtemps les femmes en état d’infériorité. Il y a même eu une époque où l’on prétendait pouvoir aimer un enfant qui n’est pas le sien, savez-vous que l’on a été jusqu’à adopter des enfants d’une autre race ! Aujourd’hui l’on sait que tout est dans l’ADN et les femmes sont heureusement sur le point d’être débarrassées de ce chair à chair dégoûtant qui leur imposait le contact gluant d’un petit corps animal.

    « Certes, mais je préfère que chacun choisisse en connaissance de cause. Personne ne peut le faire à la légère, sans peser les conséquences, aussi bien physiques que morales. L’interdire simplement ce serait prétendre que les citoyens sont incapables d’assumer leurs choix, les surprotéger, les infantiliser. »

    Bien sûr, Bob, la femme doit être libre de vendre son corps, interdire la prostitution serait une atteinte à leur dignité et à l’hygiène masculine. Elles doivent aussi pouvoir choisir librement entre tuer leur enfant ou le vendre, limiter leur liberté serait porter atteinte au libéralisme, et alors où irions-nous, si on ne pouvait plus tout monnayer, vous vous rendez compte ?

  • On peut ainsi en faire don plusieurs fois. On peut vendre un oeil et même obtenir une somme considérable pour les 2, vous imaginez bien combien une personne fortunée peut mettre pour recouvrer la vue ! La vue c’est la vie comme on dit ! Mais il est question aussi de permettre aux prisonniers et aux handicapés de financer ainsi le prix de leur pension : après tout, ils reviennent assez cher à la société sans rien rapporter, ce serait un moyen de leur donner une dignité en leur permettant de contribuer à l’équilibre de la société.

    Malheureusement tout ne se régénère pas ma chère Christine, et les compatibilités HLA ne permettent pas de vendre un foie aussi facilement. Néanmoins nous parlons ici de mères porteuses, ne dérivons pas sur certains extrémismes.

    Pensez-vous, Bob, désormais la femme doit être aussi forte que l’homme ! Est-ce qu’on attend d’une assistante-maternelle ou d’une institutrice qu’elle aime les enfants qui lui sont confiés ? Elle sait qu’il doit s’agir d’une relation professionnelle et rémunérée, il ne faut pas mêler l’affectif à l’organisation rationnelle, c’est cette dangereuse dérive qui a tenu si longtemps les femmes en état d’infériorité. Il y a même eu une époque où l’on prétendait pouvoir aimer un enfant qui n’est pas le sien, savez-vous que l’on a été jusqu’à adopter des enfants d’une autre race ! Aujourd’hui l’on sait que tout est dans l’ADN et les femmes sont heureusement sur le point d’être débarrassées de ce chair à chair dégoûtant qui leur imposait le contact gluant d’un petit corps animal.

    Je ne saisis pas bien votre propos. Vous semblez vouloir dériver sur une différence homme femme, où la femme serait inférieure pour je ne sais quelle raison affective, raisonnement auquel je ne souscris pas. Je crois que vous vous méprenez sur mon propos, je pense comme l’exprime Koz dans sa nouvelle, que la mère porteuse peut s’attacher au fœtus durant sa grossesse, je ne dis donc pas qu’une femme ne peut pas s’attacher à un enfant qui n’est pas le sien comme vous le sous-entendez, mais plutôt qu’une femme qui a fait le choix d’être mère porteuse l’aura fait en connaissance de cause, en sachant que l’enfant qu’elle porte n’est pas issu de ses gamètes, et qu’elle devra le confier à ses parents après la parturition.

    Bien sûr, Bob, la femme doit être libre de vendre son corps, interdire la prostitution serait une atteinte à leur dignité et à l’hygiène masculine. Elles doivent aussi pouvoir choisir librement entre tuer leur enfant ou le vendre, limiter leur liberté serait porter atteinte au libéralisme, et alors où irions-nous, si on ne pouvait plus tout monnayer, vous vous rendez compte ?

    Ne tombez pas dans le sexisme. La prostitution n’est pas une activité strictement féminine, les hommes aussi peuvent le faire. De plus vous tombez dans des amalgames douteux qui n’ont rien à voir avec le sujet. On ne parle pas ici d’I.V.G. (je suppose que c’est ce dont vous parlez par « tuer leur enfant ») et encore moins de vendre des êtres humains.

  • Cher Bob,

    Je crois que Christine se moque de vous. Je crois aussi que vous avez mordu à l’hameçon.

    Bon courage

    P.S. : Christine, je vous aime.

  • D’accord avec votre repentir. Faire dans l’émotionnel, ce n’est pas un exercice facile. Ça sonne un peu creux, et vous-même semblez avoir eu la même impression à la relecture. Et puis, pourquoi ? Vos arguments portent très bien, quand vous les exprimez de façon naturelle.

    Sur le fond je suis d’accord avec vous. Il est évident que si on suit les propositions de Nadine Morano, on se prépare pour une autre loi dans les 5 ans maximum, dans le plus pur style législatif français. Soupir…

  • Je constate qu’à part Christine, nous avons là des hommes qui parlent de la condition féminine, des ressentis féminins, des émotions féminines… Bref, je ne sais pas si j’oserais en faire autant sur les hommes, que finalement je ne connais bien que par le bouquin « les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » (malgré mes plus de 30 ans de mariage heureux, avec un homme adorable). Et entre ceux qui veulent nous protéger, ceux qui pensent que nous sommes totalement libres de nos actions et de notre corps, ceux qui nous comparent à des tigresses -au sens noble du terme,ne dit on pas « elle protège ses enfants comme une tigresse-, je constate que les avis sur la femme sont partagés. Merci messieurs.

    A part cela, peut être pourriez vous lire, un vieux bouquin de science fiction, datant de 1957, que j’ai lu en 1977; 1957, la date est importante, parce que nombre d’entre vous n’étiez pas nés et moi, j’étais bien petite! Cela s’appelle : « Face aux feux du soleil », d’Isaac Asimov Et concentrez vous sur le chapitre « la ferme aux fœtus ». En gros : l’homme et la femme sont choisis en fonction de leur analyse chromosomique. Puis ils « procréent ». (pas de Fivette, mais la chose se fait naturellement au grand dam des partenaires). Ensuite, la femme est « accouchée » à un mois de grossesse , puis les fœtus sont élevés dans des liquides nutritifs spéciaux, jusqu’à « maturité ». Puis ils vivent dans des crèches, autres parties de la ferme, élevés par des robots humanoïdes. Le problème soulevé étant que les robots sont trop gentils avec les enfants… Ils ne connaissent pas leurs parents, qui ne les connaissent pas. la description de l' »élevage » par les robots qui les maternent pour qu’ils puissent vivre est assez intéressante sur un plan psychologique. Malgré quelques invraisemblances, ce livre est remarquable, car nous avons dépassé certains niveaux de technique. Je suis sûre que les héros du livre auraient été ravis qu’il puisse y avoir possibilité de FIVette. Il fait réfléchir sur l’avenir. Et nous sommes loin des discussions d’éthique et de morale du XXI ème siècle. La morale et l’éthique ne sont plus les mêmes (bien sur, nous ne sommes pas sur Terre, mais il y a un terrien dans l’histoire, genre Maigret au milieu des Aliens). La différence de point de vue est instructive. Et si je n’ai pas d’opinion ferme sur la procréation assistée, la procréation pour d’autres ou la ferme aux fœtus, l’évolution de la société me fait réfléchir à la relativité des points de vue. Et c’est loin de Jeanne 2030!

    Lisez ce bouquin : un polar de 308 pages en livre de poche, sympa pour l’été, avec en prime, une réponse -parmi tant d’autres possibles- à Koz!

  • Il ne s’agit pas d’émotions « féminines », juste des émotions humaines. Ce n’est pas parce que nous sommes des hommes qu’on ne peut pas comprendre ces émotions. Sinon je ne peux que plussoiyer concernant la lecture de « Face aux feux du soleil » (en commençant par le premier tome « Les cavernes d’acier »). Par contre je ne comparerais pas Elijah Baley à Maigret 🙂

  • « Et non négociable pour la plupart des gens. Ce serait en effet la porte ouverte à plein d’autres pratiques : vente d’ovocytes, de spz, de plaquettes, d’organes, etc… »

    Il faudra bien le négocier, car si la GPA suppose à tout le moins un « dédommagement », alors ce sera une entorse à l’indisponibilité du corps humain.

    Et je n’y crois pas, au « non négociable ». Ce sera négocié.

    Vous l’avez dit vous-mêmes sous mon autre billet : « on y viendra ». Ca vaut pour ça aussi.

    « Certes, mais je préfère que chacun choisisse en connaissance de cause. Personne ne peut le faire à la légère, sans peser les conséquences, aussi bien physiques que morales. L’interdire simplement ce serait prétendre que les citoyens sont incapables d’assumer leurs choix, les surprotéger, les infantiliser. »

    Je crois que vous avez une vision assez strictement individualiste de la société. Chacun fait ses choix, il ne faut pas les entraver et, in fine, nous nous retrouvons avec une société qui n’est que la stricte addition de choix personnels. On peut d’ailleurs se demander s’il est encore tout à fait correct de parler de société. Tant que nous vivrons en communauté – il n’y a déjà guère d’endroits où on puisse l’éviter, mais on serait bien emmerder pour trouver une mère porteuse tout seul en plus – il faudra admettre que nos choix personnels ont des répercussions sur l’ensemble de la société.

    Je constate qu’à part Christine, nous avons là des hommes qui parlent de la condition féminine, des ressentis féminins, des émotions féminines…

    J’espère, Tara, que vous ne vous exprimez que sur le ressenti et les émotions des femmes françaises blanches de votre région. 😉

  • J’espère, Tara, que vous ne vous exprimez que sur le ressenti et les émotions des femmes françaises blanches de votre région.

    Koz, you crack me up. (version multi-mots de LOL)

    Merci, ça et le soleil, ça va être une belle journée.

  • J’attendais d’un pasteur de l’église catholique autre chose qu’une banale tribune “Rebonds” de Libé. En même temps, oui, ce sont des pistes de réflexion, un engagement à mener nous-mêmes ce débat compliqué sur des choses pas simples, blah blah blah, je me crois en aumônerie dans les années 80.

    Vous attendiez quoi, qu’il légitime tout et n’importe quoi ? Et puis quoi encore ? Vous n’avez pas l’air d’avoir compris comment l’Eglise fonctionne…

  • Il faudra bien le négocier, car si la GPA suppose à tout le moins un “dédommagement”, alors ce sera une entorse à l’indisponibilité du corps humain.

    Si l’on exclue le paiement pour « services rendus », j’entends par la une rémunération comme pour un métier, il faut bien en effet que la-dite femme enceinte puisse subvenir à ses besoins si la grossesse l’empêche de travailler. D’ailleurs qui prendra le congé maternité : la mère porteuse qui doit se reposer de sa grossesse ou la mère biologique qui a autant le droit de passer du temps avec son nouvel enfant.

    Je crois que vous avez une vision assez strictement individualiste de la société. Chacun fait ses choix, il ne faut pas les entraver et, in fine, nous nous retrouvons avec une société qui n’est que la stricte addition de choix personnels. On peut d’ailleurs se demander s’il est encore tout à fait correct de parler de société. Tant que nous vivrons en communauté – il n’y a déjà guère d’endroits où on puisse l’éviter, mais on serait bien emmerder pour trouver une mère porteuse tout seul en plus – il faudra admettre que nos choix personnels ont des répercussions sur l’ensemble de la société.

    En effet, c’est en partie ma vision, mais cela n’implique pas la négation de la société pour autant, juste que le droit de regard de celle-ci dans la sphère privée soit limité à la dangerosité de ces nouvelles pratiques. Si l’on me démontre que les mères porteuses seraient incapables de supporter émotionnellement une « G.P.A. », ou que les enfants issus d’une G.P.A. deviennent forcément des inadaptés sociaux, alors oui, pourquoi pas l’interdire. Mais pour le moment cela ressemble plus à une volonté de définir ce qui est « bien » de ce qui est « mal » par rapport à un système de valeurs (je pense très fort à judéochrétien, mais on va encore me taxer d’anti-religion).

  • Les bonnes gestatrices ne sont pas si faciles à trouver et, de toutes façons, après plusieurs années d’échec avec les FIV, ils sont prêts à tout.
    • déjà là tu es en retard, on parle plus d’ICSI et quid dans 20 ans ?
    • dans ton éthique fiction le rôle des psys est réduit à néant ainsi que celui des juristes/avocats etc. pourtant ils auront du boulot chacun dans leur domaine pour répondre aux questions qui je suis, d’où je viens, qui est mon père, qui est ma mère, qui est ma soeur et qui est mon frère…

    Déjà à l’heure actuelle bon nombre de personnes ne savent pas où elles en sont et ne tournent pas ronds(ça se traduit par des médicaments, des séances psys, des insomnies,des accros en tous genres, que sais-je… alors là on fabrique une France de malades… pas bon pour la SS ça ! 🙂

  • Si l’on me démontre que les mères porteuses seraient incapables de supporter émotionnellement une « G.P.A. », ou que les enfants issus d’une G.P.A. deviennent forcément des inadaptés sociaux, alors oui, pourquoi pas l’interdire. Mais pour le moment cela ressemble plus à une volonté de définir ce qui est « bien » de ce qui est « mal » par rapport à un système de valeurs (je pense très fort à judéochrétien, mais on va encore me taxer d’anti-religion).

    Manquerait plus que ça. Je ne sais pas si vous avez loupé le début du film, mais nous vivons dans une société aux fondements moraux judéochrétiens. Même la laïcité est un concept judéochrétien.

    Au-delà de ça, comme le disait Koz hier, il est tout de même assez pesant d’avoir l’impression d’être moins considéré qu’un épi de maïs. Le principe de précaution est brandi généralement par les mêmes qui militent pour les indisensables avancées sociales.

    Et le problème avec la démonstration que vous attendez, c’est qu’elle n’est pas faisable. Elle demande de l’expérimentation, d’une part, et quand bien même, un esprit scientifique et rationnel aurait beau jeu d’en rejeter les résultats pour cause de manque de données statistiques.

    Je n’ai pas d’avis tranché sur la question de la GPA. En tout cas du point de vue de l’enfant. Rien ne permet d’affirmer que l’enfant sera plus ou moins traumatisé qu’un adopté. Oui, certains adoptés vivent très mal leur condition. Mais d’autres le vivent très bien (ils ne sont généralement pas mentionnés dans les médias lorsque le sujet est évoqué). Comme des enfants non adoptés vivent mal leur enfance ou leur adolescence.

    Le fait est que ce projet, malgré les incantations confiantes, n’est pas sans réveiller un certaine culpabilité, évacuée en laissant le droit à la génitrice de changer d’avis après la naissance.

    Je partage les craintes de Koz sur les dérives engagées. Le principe même de l’éthique est de refuser de dire « faisons-le puisqu’on peut le faire ». C’est pourtant le chemin sur lequel nous sommes amenés, souvent sans d’autres considérations que le principe « libertaire ».

    Enfin, je me pose des questions également sur les cas marginaux, comme des cas de grossesses à problème. A force de vouloir tout maîtriser, combien de temps attendrons-nous avant qu’une mère porteuse se voit demander d’avorter ?

  • « En effet, c’est en partie ma vision, mais cela n’implique pas la négation de la société pour autant, juste que le droit de regard de celle-ci dans la sphère privée soit limité à la dangerosité de ces nouvelles pratiques. Si l’on me démontre que les mères porteuses seraient incapables de supporter émotionnellement une « G.P.A. », ou que les enfants issus d’une G.P.A. deviennent forcément des inadaptés sociaux, alors oui, pourquoi pas l’interdire. Mais pour le moment cela ressemble plus à une volonté de définir ce qui est « bien » de ce qui est « mal » par rapport à un système de valeurs (je pense très fort à judéochrétien, mais on va encore me taxer d’anti-religion). »

    Je ne considère pas, effectivement, que l’on doive limiter l’intervention de la société aux seules questions de « sécurité ». Cela reste effectivement très individualiste et cela ne me semble pas recevable. Chaque comportement de chacun a une influence sur les autres. Bien évidemment, il faut maintenir un équilibre, dans la mesure où il faut veiller à la liberté de chacun et où le législateur n’a certainement pas son mot à dire sur tout. Mais il me semble que, face à des pratiques dont les conséquences pèsent sur tous, et parce que nous ne sommes pas indifférents aux autres, il y a un devoir de se prononcer.

    Au demeurant, je relève une légère incohérence dans tes positions. Tu me dis que « l’indisponibilité du corps humain » est non négociable pour la plupart. Sauf à ce que tu ne fasses pas partie de ceux-là, pourquoi la considère-tu non négociable ? Parce que c’est « mal » ?

    Les principes évoqués, notamment par toi, légitiment tout à fait le scénario que j’ai décrit. Avec les arguments que tu mets en avant, et qui le sont de plus en plus, je ne vois pas de raisons que l’on n’y parvienne pas. Ce qu’au demeurant, tu ne contestes pas véritablement.


    Je partage les craintes de Koz sur les dérives engagées. Le principe même de l’éthique est de refuser de dire “faisons-le puisqu’on peut le faire”. C’est pourtant le chemin sur lequel nous sommes amenés, souvent sans d’autres considérations que le principe “libertaire”.

    Assez précisément. Je crains que l’on ne s’engage dans la voie d’un libéralisme dévoyé. Fidèle à ce que j’ai pu lire et apprécier par ailleurs, on pouvait sans trop de craintes accepter le libéralisme social (ou sociétal, mais je n’aime pas le mot) d’un Smith ou d’un Locke parce qu’ils s’appuyaient sur un consensus social, empreint au demeurant de convictions religieuses. Aujourd’hui, non seulement ces convictions religieuses sont en déclin, mais on se voit sommés de les conserver dans une sphère privé et, pour couronner le tout, on en vient également à considérer que l’on ne devrait pas tenir une position en fonction de critères moraux. En résumé, le libéralisme tourne à vide. Il s’auto-justifie. Et n’est plus véritablement conforme à ce qu’il a pu être.

    A moins qu’il ne puisse fonctionner que parce que, précisément, il existe aussi dans la société des personnes qui, elles, continuent de croire légitime d’invoquer des considérations morales.

    C’est évidemment sans parler du libertarianisme de certains de nos amis gauchistes dont le positionnement de ce côté-là a le mérite de la clarté.

    Alors, chaque fois, sur chaque débat éthique, l’argumentation porte sur la situation présente, sur le petit verrou que l’on se propose de faire sauter là maintenant. On n’envisage guère les conséquences de cette logique. C’est aussi pour cela que je me suis livré à ce petit exercice, qui n’est peut-être pas très réussi mais putain si vous pensez faire mieux surtout vous faites pas chier hein prenez la plume, merde à la fin (non, je ne suis pas vexé).

    Or je ne vois rien qui, dans la stricte application des principes invoqués s’oppose à une rémunération directe de la gestatrice, à des GPA multiples, des GPA pour le compte de femmes seules etc…

  • Bon. Je l’admets : le procédé est certainement un peu déloyal. Je m’en pends et m’en repends. Je n’aime pas la politique-fiction, alors l’éthique-fiction… Et je n’ai probablement pas non plus un talent de conteur. En plus c’est vaguement ridicule. Et l’on pourrait me répondre avec un autre scénario.

    Le procédé n’est pas déloyal du tout… la moitiée de la Science Fiction traite justement des problèmes éthiques liés justement à l’avancée des sciences et l’évolution des sociétés en pire ou pour le meilleur. On se réfère à Orwell sans arrêt de nos jours. idem pour les films comme e-Robots, Matrix, AI et même Terminator questionnent sur les relations de l’homme avec les avancées scientifiques dont il perd le contrôle. Tous les problèmes éthiques doivent être examiné à l’aune du futur. Quelles seront les dérives possibles en extrapolant ? That is the question.

    Or je ne vois rien qui, dans la stricte application des principes invoqués s’oppose à une rémunération directe de la gestatrice, à des GPA multiples, des GPA pour le compte de femmes seules etc…

    Il y a une dernière dérive possible, si on laisse la chose évoluer sans contrôle, c’est la GPA de « confort » – pas si extrapolatif que ça finalement, puisque un garde fou est évoqué dans un interview sur la GPA paru dans le monde dont j’ai abosolument perdu le lien (hélas, trois fois hélas, comme disait ma mère) mais qui mentionnait que des contrôles médicaux stricts permettraient d’éviter les « grossesses de confort ».

    Genre du t’appelles Paris et tu es l’héritière du Groupe Hilton. Ou New York et l’héritière du groupe Dupont. Ton corp c’est TOUT. Tu aimes faire la fête à outrance, tu sniffes ta coke avec un tube en or massif et tu te mouches dans un billet de 500 euros quand tu n’as plus de Kleenex, tu vas pas te choper des vergetures et prendre un risque contre productif en pleine ascension médiatique, tu vas pas non plus prendre 500 g, toi pour qui la simple vision d’une fraise Tagada te fait défaillir, le lancement avec l’argent de papa de ta dernière collection te prends tout ton temps, tu cumules en plus tes longues journées de femme d’affaires avec le tournage et le lancement sur YouTube de ta prochaine sex tape MAIIIIS tu veux un enfant, de toi, bien à toi, et aussi de Bobby (a.k.a. « The Californian Stallion », « The Golden Rod », « The Too Big To Be True »), le bon Bobby. Ben si tu connais une Jeanne, une brave et besogneuse Jeanne, solide bien bâtie, saine et propre sur elle, blanche et protestante, tu vois pas pourquoi tu ne pourrais pas avoir d’enfant.

  • Ah mais pardon, monsieur, je n’ai pas négligé cette hypothèse 😉

    On avait d’ailleurs vu quelques splendides et fines actrices s’afficher avec leur gestatrice, qui bénéficiaient de conditions faramineuses et de tous les soins nécessaires.
  • aussi de Bobby (a.k.a. “The Californian Stallion”, “The Golden Rod”, “The Too Big To Be True”), le bon Bobby.

    Oh ! Ça me gène que tu parles de moi comme ça Epo 😉

  • Or je ne vois rien qui, dans la stricte application des principes invoqués s’oppose à une rémunération directe de la gestatrice, à des GPA multiples, des GPA pour le compte de femmes seules etc…

    d’autant que c’est le premier pas qui coûte.

    Quand auront été admis les axiomes « la vie quand je veux » et « la mort quand je veux », les pas suivants sembleront moins compliqués.

    Je me demande même quelles limites les Narcisse pourront bien encore trouver à abattre. Sans ce genre de combats, ils risquent de s’étioler, les pauvres.

    (Eponymus, il manque Bienvenue à Gattaca à la liste cinématographique.

  • J’espère, Tara, que vous ne vous exprimez que sur le ressenti et les émotions des femmes françaises blanches de votre région.

    J’ai lu et relu mon com et je ne vois pas du tout où j’ai pu exprimer un quelconque ressenti féminin. je disais simplement que j’étais surprise de voir que ce sujet, qui touche les femmes, était largement commenté par des hommes! 😉

    Non, je ne suis toujours pas capable de donner mon avis. Il me semble – et là, c’est l’avis d’une femme à moitié française seulement, habitant au fin fond de la France profonde- que c’est pour moi, beaucoup moins tranché que cela. Entre l’éthique qui parle des risques de dérives, les religions qui sont devant l’inconnu, la morale qui dépend des cultures, tout est à faire.

    Si j’ai bien compris le truc, une jeune femme stérile pourrait demander à sa mère, tante ou sœur (déjà mères)de porter son enfant. Ce qui implique sentiments , émotions vis à vis de cette jeune femme. Franchement, je ne suis pas certaine de pouvoir jeter la pierre sur cette maman qui accepterait d’aider sa fille. Ceci dit, les calculs de Koz sont justes. Ainsi, je suis trop vieille pour aider ma fille si besoin était! Ce qui fait que je suis incapable de me projeter dans la situation, tant sur le plan individuel que sur le plan général. Seulement sur le plan purement abstrait.

    Lorsqu’elle porte un enfant en Occident, en général la mère projette sur lui tous ses espoirs : ce sera le plus beau, le plus intelligent, le plus gentil, le plus doué,etc… C’est l’enfant « idéal ». Et si, effectivement, il y a un attachement viscéral de la mère envers son enfant (réf à la « tigresse »), il y a aussi, parallèlement un attachement psychologique, un lien que tisse la mère tout au long de ces 9 mois, en fonction de son amour pour le géniteur, en fonction de ses propres aspirations. Et lorsque ce lien psychologique ne se fait pas -ça arrive, malheureusement- la maman n’a aucun sentiment maternel pour l’enfant et c’est difficile à mettre en place Dans le cas d’une mère porteuse, je n’ai pas la moindre idée de ce que peut être ce lien psychologique.

    Je ne sais pas si c’est bien ou si c’est mal. Par contre il est certain que s’il y avait la moindre rémunération à la clé, ça me paraîtrait être impensable. De même que les greffes sont gratuites (les organes sont donnés), tout don de soi-même doit être gratuit. Mais il y a le marché parallèle, donc les dérives. Alors, il suffirait peut être de changer l’homme, pour En faire un homme parfait, conforme à une norme?

  • Oh ! Ça me gène que tu parles de moi comme ça Epo

    Le principal étant que tu te sois reconnu.

    Ah mais pardon, monsieur, je n’ai pas négligé cette hypothèse.

    Oui mais comment j’aurais pu écrire mon truc si je ne l’avais pas nié ? Hein ?

  • J’ai lu et relu mon com et je ne vois pas du tout où j’ai pu exprimer un quelconque ressenti féminin. je disais simplement que j’étais surprise de voir que ce sujet, qui touche les femmes, était largement commenté par des hommes!

    Comme Tara, je suis frappée par le nombre d’hommes qui commentent ce billet et le précédent. Beaucoup d’ailleurs disent « les femmes » comme si nous étions toutes semblables.

    L’un des problèmes que posent précisément la GPA, c’est que « les femmes », ça n’existe pas et que tout se déroulera entre individus différents et imprévisibles.

    Je me souviens, par exemple, d’un mauvais téléfilm américain parlant de GPA et tiré d’une histoire vraie. Le père s’amourachait de la mère porteuse, au grand désarroi de cette dernière. Même après la naissance de l’enfant, il était encore obsédé par la mère porteuse.

    Je suis moins enthousiaste que d’autres sur la qualité de la fiction de Koz (désolée ;)) mais elle a au moins l’énorme qualité de faire comprendre les risques qu’il y a d’ouvrir la boîte de Pandore.

    Rien ne dit que cette évolution se produira, mais elle reste plausible, malheureusement. Quand on touche à des sujets aussi sérieux que la procréation, la prudence la plus extrême doit être de mise.

    Je suis de tout coeur avec les couples stériles, je comprends leur détresse mais leur céder aujourd’hui sans penser aux conséquences pour nos enfants ou les enfants de nos enfants, il n’en est pas question ! Brader la procréation, c’est brader la vie. Quelle société pourrait y survivre ?

  • Je suis moins enthousiaste que d’autres sur la qualité de la fiction de Koz (désolée ;)) mais elle a au moins l’énorme qualité de faire comprendre les risques qu’il y a d’ouvrir la boîte de Pandore.

    T’as vu quelqu’un d’enthousiaste, toi ? Tout le monde s’est payé ma tronche, ouais.

    Comme Tara, je suis frappée par le nombre d’hommes qui commentent ce billet et le précédent. Beaucoup d’ailleurs disent “les femmes” comme si nous étions toutes semblables.

    Bah, y’a pas beaucoup de nanas sur les blogs, hein… Sinon, vous pourriez vous indigner autrement : comment se fait-il qu’il n’y ait que les hommes pour être sensibles à cette question ?

    Rien ne dit que cette évolution se produira, mais elle reste plausible, malheureusement. Quand on touche à des sujets aussi sérieux que la procréation, la prudence la plus extrême doit être de mise.

    Sur un scénario à 12 ans, je ne garantis rien. Mais au vu de l’évolution depuis 12 ans, au vu des arguments qui prospèrent, je ne serais pas trop surpris.


    Oui mais comment j’aurais pu écrire mon truc si je ne l’avais pas nié ? Hein ?

    😉

  • Moi, j’aime bien le conte. C’est une approche philosophique intéressante, en plus, pour un juriste, je trouve que Koz maîtrise plutôt bien le style (promis, Koz, c’est sincère).

    L’extrapolation 2030 ne me paraît pas exagérée. La seule nuance, peut-être c’est que je ne pense pas que la loi, et même les potentiels parents (ou agence de recrutement) accepteraient des nullipares pour porter un enfant. Par contre, je crois assez fortement au « ventre réservé » : à des parents qui demanderaient toujours la même porteuse. Il pourrait même se développer alors un contrat d’exclusivité, non seulement comme mère porteuse mais pourquoi pas aussi comme mère tout court. Une sorte de « planning familial » contractuel : fournir 2 enfants en cinq ans à l’exception de toute autre grossesse. Je parle de contrat parce qu’à côté de tout le processus médical, et même avant en fait, il y a la partie juridique. Même dans les circonstances intra-familiales, un contrat est absolument incontournable, ne serait-ce que pour déterminer la filiation de l’enfant à naître.

    Mais revenons aux bases. Si on accepte le principe de la gestation pour autrui, je ne vois que deux cas de figure dans lesquels c’est réalisable : Le cas dit « de la fille à Morano »: tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et parce qu’elle le vaut bien (et Mamie aussi d’ailleurs) Le cas de « la cane de Jeanne »: point de mauvais sentiments entre nous, que du business, rien que du business et puis après tout, c’est mon corps.

    L’idée de mère porteuse par générosité, situation dans laquelle aucun arrangement financier n’aurait lieu me paraît complètement irréaliste. Le cas mère/fille me semble déplacé pour des questions de mélange des générations (les problèmes médicaux sont des éléments mais pas les seuls). Donc à une même génération, il faudrait trouver dans son entourage une femme prête à porter un enfant dont elle n’aura pas la garde et la responsabilité. Croire que dans ces circonstances, aucune transaction entre les parties n’a lieu, c’est absolument illusoire. En France, la Sécu permet d’absorber les frais médicaux les plus importants. Ca n’enlève pas tous les frais. Exemple bête : les vêtements de grossesse. Qui les fournit? Quand? Combien? De quelle qualité? Il y a nécessairement des contreparties. On peut balayer ça en disant, c’est du détail, ou c’est écrit dans le contrat. Ok, ce serait dans le contrat. Même avec le meilleur des contrats, de la bonne volonté de part et d’autre, de la générosité, des grands sentiments, pas du sale argent qui vient pourrir tout ça, ces situations me semblent potentiellement explosives (toujours dans le cadre d’une personne de l’entourage non rémunérée): il y a une certaine tyrannie de la générosité qui fait que malgré nous, on attend quelque chose en retour de cette générosité. Une attention particulière, une place à part dans le cercle familiale, son mot à dire dans certaines circonstances (exemple: des choix médicaux critiques). La situation sera tout sauf neutre. Elle pourrait être une nouvelle expérience de vie de famille communautaire épanouie. Vues les tendances individualistes de l’époque, vues les tensions qui peuvent déjà exister au sein des familles (sens élargi), j’ai tendance à croire que, sans être obligatoirement voué à l’échec, le choix d’une mère de substitution dans l’entourage sera loin d’être un voyage au pays des bisounours.

    De l’autre côté, on peut penser qu’une étrangère (à la famille s’entend), sélectionnée, rémunérée et qui disparaît « naturellement » de l’entourage de l’enfant après la naissance serait une solution plus saine. Un service rendu dument rétribué. L’argent n’est plus sale, il devient le moyen d’une honnête transaction dans laquelle tout le monde trouve son compte. Un bébé pour les uns, un revenu pour les autres. Dans un cas comme dans l’autre, mais plus particulièrement avec le second, de nombreuses questions se posent au-delà de l’empathie que l’on peut ressentir avec des parents ne pouvant pas procréer. Par exemple, jusqu’à quel point le contrat peut peser sur la liberté de la porteuse? Interdiction de fumer? De boire de l’alcool? De conduire? D’avoir des relations sexuelles? De manger du porc? D’écouter du Heavy Metal ? Jusqu’où ça s’arrête? Puisque qu’on paye… à quel service on a droit? Et quelles contraintes, quelle surveillance exercer pour vérifier que le contrat est effectivement respecté. Une surveillance médicale (prise de sang, test d’urine, test de cheveux etc.)? Des caméras chez la mère porteuse (y en a bien dans les banques!)? Des inspecteurs? Privés? Publics (services sociaux)? Et qu’est ce qui se passe en cas de produit « non conforme »? Avortement? Mise à l’adoption? « Option » prise par la mère porteuse?

    Les positions « morales », ce qui est bien ou mal entrent nécessairement en jeu dans les choix que fait une société, mais rien qu’avec ces quelques questions, je n’ai même pas commencé à y toucher. De « simples » problèmes pratiques et juridiques montrent déjà à quel point le débat est à la fois complexe et pointu.

    On pourrait me répondre « qu’est-ce que cela par rapport du sourire d’un enfant? » La fin justifie les moyens, version « l’île aux enfants ».

    Ne peut-on sourire qu’à ses propres enfants? N’a-t-on à partager qu’avec ceux auxquels on est génétiquement liés?

    Le culte de l’enfant a entrainé la toute puissance des parents. Nulle place entre eux et leur progéniture, nulle parole possible pour ceux qui ne font pas partie du « club », nulle « normalité » en dehors de la seule parentalité (d’ailleurs, tout le monde la veut, cette parentalité), nul accomplissement sans transmission de son patrimoine génétique.

    Je ne crois pas que la société dans son ensemble (et donc le législateur) sera capable de ne pas céder à la pression du « c’est faisable » et « ça nous rendra tellement heureux » (avec en plus l’illusion que tout le monde en sort gagnant). Et puis, de toute façon, la GPA ne sera que temporaire, je crois sincèrement que la science permettra assez vite (une génération?) la GPM (gestation par matrice). Il n’empêche qu’à côté de cette course à la parentalité, j’aimerai un débat, une prise de conscience sur la place de l’enfant dans la société au-delà du cercle familial réduit. Koz, tu parlais de revaloriser le mariage, je revaloriserais bien la notion de parrain et marraine. Je n’en connais pas le pendant laïc mais c’est une autre façon d’aborder le lien à l’enfant.

    Les Africains disent que « pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village » Trouvons comment (re)faire une place dans le village à ceux qui n’ont pas (eu, pas pu avoir, pas voulu) d’enfants.

    PS @les filles : heureusement que les hommes prennent position sur ce sujet! D’une façon ou d’une autres, les hommes sont encore pour moitié dans la fabrication du « produit ». En plus, eux savent ce que c’est que de devenir parent sans avoir porté l’enfant.

  • T’as vu quelqu’un d’enthousiaste, toi ? Tout le monde s’est payé ma tronche, ouais.

    eeeh, mais j’ai bien aimé, moi !

    je suis pas enthousiaste, mais c’est parce que je suis mal luné, c’est tout.

    Je me demande même s’il ne manque pas le cas d’un procès intenté contre Jeanne pour avoir perdu un bébé pendant la grossesse. Parce qu’après tout, la demandeuse a bien le droit à un enfant.

    Le droit à l’enfant. Je parlais de Narcisse tout à l’heure. On est en plein dedans. Le droit à l’enfant. Avoir le droit à un enfant, comme on a le droit à des vacances. Garantie par l’Etat. Le droit opposable à l’enfant. En avoir le droit parce qu’on en a le désir. Avoir un enfant comme on a un cochon d’inde. En avoir le droit quand on le désire, et comme on le désire (dans tous les sens du terme)

    A force d’en faire une chose, de cet enfant, il n’est peut-être pas étonnant qu’on en fasse un dieu.

  • Bonjour Koz, cela doit faire un peu plus d’un an que je vous lis plus ou moins sporadiquement mais je n’avais jamais commenté. Vos billets et ceux de vos contributeurs ne sont pas du genre de ceux qu’on lit en cinq minutes pour y répondre en quelques secondes ! Ce qui me surprend, c’est que personne n’évoque la venue probable de complications : même avec toutes les analyses que propose la médecine, je ne pense pas qu’on soit à l’abri de certaines mésaventures : qu’est-ce qui se passe si la grossesse ne se passe pas bien, si la mère porteuse doit suivre un traitement lourd ou simplement fatigant, pour garder le bébé ? est-ce qu’elle sera motivée pour avaler des médicaments qui auraient un impact sur sa santé future ? si elle file en douce se faire avorter en Angleterre, elle ira en prison pour escroquerie ? @bob : je suis admirative que vous puissiez imaginer si bien ce que ressent une femme enceinte ; avant de l’être moi-même, je n’en avais pas la moindre idée.

  • Vous attendiez quoi, qu’il légitime tout et n’importe quoi ? Et puis quoi encore ? Vous n’avez pas l’air d’avoir compris comment l’Eglise fonctionne…

    Mon cher Polydamas (cher, car je vous lis régulièrement et je vous apprécie beaucoup),

    Vous n’avez pas fait attention à ma remarque. Au contraire, au contraire, j’attendais autre chose qu’une sorte de tribune fade qui semble être plus une matière d’opinion que de position ferme. Les évêques de France se réveillent doucement et recommencent à comprendre que nous avons besoin de positions claires, d’arguments tranchés. Mais bien souvent, on reste encore dans le consensuel et le tiède. Ou le semi-débat avec précautions oratoires. Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc, mais que votre oui soit oui, que votre non soit non.

  • Koz : Si tu entends une plainte lugubre par moments, c’est moi qui erre comme une âme en peine dans ta trappaspam.

    Enfin, je suppose parce que je ne vois pas mon second commentaire d’hier…

  • Avant Jeanne 2030, Thomas 2008.

    Madame, devenue Monsieur, a mis au monde l’enfant que Madame (non pas lui, l’autre, sa femme) ne pouvait pas porter faute d’organes fonctionnels, organes que Monsieur ex-Madame avaient conservés en état de marche. Si l’une comme l’autre ont eu les c.illes de se lancer dans cette aventure, aucune des deux n’ayant les attributs virils idoines pour fertiliser l’ovule dont on ne connaît pas la propriétaire, il a bien fallu se résoudre à introduire, artificiellement, un représentant de la gente masculine en la personne d’un inconnu à la semence disponible. Madame-Monsieur et Madame, mariés légalement, ont dû éplucher les pages jaunes pour trouver un obsto-andro-gynéco-stéticien prêt à affronter les foudres de l’Amérique en émoi, mais ils ont pu s’assurer du soutien ô combien désintéressé de la discrète Oprah.

    La mam Le pap …euh… Tom a accouché ce soir d’une petite fille. La liste de naissance a été déposée chez Psy&Co.

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