Je n’irai pas chez Ruquier

ruquier J’espère que mon éditeur ne m’en voudra pas de cet engagement hardi et très mauvais pour les ventes. Mais il faut savoir renoncer courageusement à ce que l’on ne vous propose pas. Puisque cette éventualité n’a aucune chance de se produire, je peux donc me faire solennel.

Vous aurez toutefois compris qu’il ne s’agit pas de moi, mais de cette petite musique que l’on commence enfin à entendre, que quelques politiques reprennent, et qu’il serait bon, si bon, de les voir jouer davantage. Ainsi François Fillon a-t-il entonné le premier le couplet « qui n’ira pas chez Ruquier », avant que Nicolas Sarkozy le reprenne ou que Valls refuse de se prêter au jeu de la lecture de tweets dans Des Paroles et Des Actes.

Bien sûr, selon les personnes et le crédit qu’on leur porte, on jugera la démarche parfaitement sincère ou exclusivement politique. Il est en tout cas hautement probable que, si des politiques adoptent cette position, c’est parce qu’ils en ont perçu l’attente dans l’opinion publique, et qu’ils commencent à en tenir compte.

Cela fait des années que la France vit un mal-être. Il y a plusieurs années déjà, Jean-Paul Delevoye alors médiateur de la République dressait un rapport dans lequel il pointait le malaise psychique des Français. L’évolution n’a pas été favorable. Et lorsqu’on lit le juge Trévidic affirmer qu’il redoute des actions terroristes d’envergure, bien plus graves que les attentats que nous avons connus, on ne peut qu’encourager les politiques à prendre sans attendre la dimension de la période actuelle. L’époque n’est plus à la dérision permanente. Accessoirement, que feront-ils le jour où, par le hasard d’une programmation, leur enregistrement chez Ruquier – ou au Petit Journal – sera diffusé le soir d’un attentat ? Où les Français les verront faire, pour reprendre l’expression populaire consacrée, « les clowns » dans une actualité dramatique ?

Las, le basculement n’est pas totalement enclenché. La diffusion du documentaire « un temps de président » en a sidéré plus d’un. La séquence dans laquelle François Hollande et Manuel Valls s’entretiennent avec Fleur Pellerin a marqué les esprits. Il y a ce conseil affligeant de politique culturelle qui a beaucoup tourné : se taper tous les spectacles, tous les soirs et dire qu’on a aimé. Il y a aussi cet éclairage d’une grande densité, qui suscite d’ailleurs une approbation pleine de gravité de la ministre, perdue dans la contemplation de la sagesse : « il y a plein d’idées que l’on peut avoir. La force de Jack, c’était ça quand même. Il était capable d’avoir des idées. Il faut avoir des idées ». Un vrai conseil pour un ministre, ça, avoir des idées. Au cas où il n’ait pas eu lui-même l’idée d’en avoir. Mais au-delà de l’inanité des propos échangés, c’est aussi l’acceptation de la mise en scène qui choque, c’est le fait que la présence évidente de la caméra n’ait pas dissuadé les protagonistes d’échanger des propos aussi vains. Le chemin est donc encore long, mais il est tout de même également révélateur de constater que l’exécutif s’est aussi prestement engagé dans une opération de « damage control ».

Ces derniers jours, j’étais aux Etats Généraux du Christianisme, à Strasbourg. Il y fut notamment question de politique avec Jo Spiegel et Madeleine de Jessey dans un premier échange, puis Eric Piolle et Jean-Christophe Fromantin dans un second. Il y fut question de vraie politique, du souci véritable du bien commun, de la participation effective des citoyens à la décision publique, via l’expérience du premier nommé. Il se dit aussi que, à la fin du discours de Bernard Cazeneuve, celui-ci a confié en cercle restreint une vraie lassitude devant la politique actuelle. On peut imaginer que, lorsque la responsabilité de la sécurité des Français pèse sur vos épaules alors que des attentats de grande ampleur sont fortement redoutés, répondre à la dernière déclaration d’un politique en mal de visibilité chez Laurent Ruquier provoque un abattement certain.

Il incombe désormais aux politiques et aux medias de transformer cette petite musique en symphonie. Pour reprendre l’expression la plus usitée de ces dernières années avec l’invocation rituelle des heures les plus sombres, c’est un impératif pour tous ceux, politiques comme journalistes et présentateurs, qui ne veulent pas « faire le jeu du FN ». Car au-delà encore des thématiques précises sur lesquelles se prononce le FN, il me paraît évident que nombre de ses électeurs attendent surtout un exercice politique fait de responsabilité et d’autorité. Ils rêvent, à juste titre, de ces figures tutélaires empreintes du service de l’Etat. Pour cela, il faut non seulement que les politiques en prennent conscience et s’y adaptent mais encore que les medias leur proposent des émissions qui puissent mettre en valeur les élus responsables. C’est aussi leur devoir.

Et les politiques y ont tout à gagner. Je lisais dernièrement que Jean-Luc Mélenchon avait pris la défense de l’émission de Laurent Ruquier. On ne lui fera pas l’injure de lui rappeler que, s’il est un bon client médiatique, il n’a jamais été un bon client pour les électeurs. En ce qui concerne François Fillon, auquel Laurent Ruquier a répondu avec l’inconséquence attendue que s’il était venu, il aurait vendu plus de livres… son essai se place à la première place des ventes des essais politiques, à la deuxième de tous les essais, et il est fort probable que son refus de se rendre dans une telle émission a pu consolider ce succès.

Les politiques dubitatifs pourraient méditer le succès d’audience de cette séquence culte sur Internet, entre Margaret Thatcher et une journaliste suédoise1. L’ancien Premier Ministre oppose ainsi un refus très britannique, c’est-à-dire aussi ferme que courtois et bien articulé, à la requête de la journaliste : se lever et faire un petit saut. Margaret Thatcher alterne entre une profonde incrédulité et quelques réponses bien tournées (« je fais de grands sauts en avant, pas des petits bonds dans les studios »). A la journaliste qui tente de lui faire comprendre que cela lui permettrait de montrer une autre facette de sa personnalité, Margaret Thatcher répond : « je vais vous dire ce que cela montre. Cela montre que vous voulez que l’on vous voie comme une personne normale ou populaire. Je n’ai pas besoin de dire cela ni de l’approuver. Il en a été ainsi toute ma vie », avant de conclure, sans appel :

Je n’ai pas l’intention de perdre le respect de ceux qui me l’ont conservé pendant des années.

Il me semble qu’à elle, il a été gardé.


  1. la transcription intégrale de l’entretien est accessible dans l’article en lien []

Auteur

Monoépoux, multipère, et fidèle à plusieurs titres. Également avocat (associé fondateur BeLeM Avocats) et auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015, éd. du Cerf)

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20 comments

  • A l’entre deux tour de la présidentielle de 1965, les conseillers de de Gaulle lui conseillait de parler aux électeurs sur un ton plus familier; lequel répliqua: « Je vois, voudriez que je parle aux français en pyjama… »

  • Faute de frappe : corriger « vois voie » en « vous voie » (à la fin de la citation de Margaret Thatcher.

  • Eh bien me voici franchement déçu ! Moi qui n’ai jamais (je dis bien : jamais) regardé quelque émission que ce soit de ou avec M. Ruquier, je m’apprêtais à faire, pour vous, une entorse à mes principes. Je ne pourrai même pas.

    Décidément, Koz, vous ne nous facilitez pas les choses. Nous allons finir pas devoir réfléchir.

  • Ce n’est pas forcément faire le guignol que d’aller chez Ruquier. J’y ai vu des interventions de bon niveau. Recemment Houellebecq par exemple.

    Certes, il faut accepter d’être critoqué par ce cuistre de Yann Moix.

    Mais globalement c’est sûrement moins guignolesque que le Grand journal par exemple.

  • « Prenez garde qu’à rire de tout on ne prenne plus rien au sérieux. » (Honoré de Balzac)

    « Si tu te fais ver de terre, ne te surprends pas si on t’écrase avec le pied. » (Kant)

  • @ le chafouin : il est vrai que je regarde assez peu. Mais ce que j’en ai vu a rarement donné lieu à des interventions de haut niveau. Et je ne supporte pas la posture de principe qui consiste à devoir déchirer l’invité afin de s’assurer d’un buzz le lundi suivant. Le tout dans une émission enregistrée à l’avance, qui vous assure que tout développement un peu sérieux, faisant perdre le rythme de l’émission, sera coupé au montage.

  • Il faudrait être fou pour vouloir aller chez Ruquier (je le penserai encore plus après avoir lu le livre). Toute proportion gardée, mais pas tant que ça, ONPC est à la tradition et culture françaises ce que Daesh est à Palmyre, et le public se régale et applaudit.

  • Ma méthode? Enregistrer l’émission qui passe fort tard pour le vieux que je suis. La regarder en évitant les séquences nocives (ce qui arrive souvent) et ne garder que les sujets éclairant ma lanterne. Il est vrai que le flou intellectuel de MOIX me fait éviter cette émission de plus en plus.

  • Tant qu’on parle de Ruquier, pas de contact de « Zemmour et Nolleau »? Iriez-vous à une telle émission? D’une façon générale, à quelle condition iriez-vous (si on vous invite évidemment!) sur un plateau TV? Avons-une chance de vous entendre sur une radio (a priori c’est moins dangereux que la télé) ? Je vais me mettre à votre livre avec retard (je suis de ceux qui avaient cru qu’il n’était qu’ une sélection de vos chroniques).

  • Très franchement, je crains qu’il ne soit un peu ridicule de ma part de me lancer dans une analyse des émissions auxquelles je consentirais à me rendre. Je n’ai pas non plus une telle notoriété que la question puisse se poser. Et puis, ici, il s’agit surtout de l’image donnée par ceux qui ont un mandat ou cherchent à en occuper un, et qui doivent adopter une attitude qui préserve la dignité de la fonction.

    En ce qui me concerne, j’ai déjà refusé toutefois d’aller dans des émissions sur des sujets sensibles quand elles avaient un cadre trop évidemment polémique et binaire. Je préfère aussi les émissions en direct, qui vous protègent contre le risque d’un montage qui vous ridiculise. Après, chaque cas mérite d’être pesé, entre l’intérêt de s’y rendre, les conditions de l’émission etc.

    A part ça, je suis déjà intervenu plusieurs fois à la radio. En dernier lieu dans Vox Libri. Bientôt sur RCF. Et, sauf à ce que ce soit décommandé, le 22 octobre à 20h sur France Info dans Les Informés.

  • Bonjour,

    Je ne connais pas assez l’émission de Ruquier à la télé pour en parler, même si je l’aimais bien quand il était à la radio il y a quelques années.

    Néanmoins, ces apparitions « non-académiques » des hommes politiques dans les médias ont pour moi une utilité. C’est un moyen, certes imparfait, de « sentir » la personnalité d’un homme politique, et je pense qu’assez rationnellement, les français souhaitent aussi connaître cela.

    Je pense que les français (je me mets dedans) ont bien conscience qu’avec la technicité de la politique actuelle, ils ne sont pas à même de juger des différences subtiles entre centre droit et centre gauche. Ils souhaitent donc je pense choisir aussi les hommes politiques aussi pour leur côté humain.

    Une attitude où l’on reste drapé dans sa dignité sans daigner descendre dans l’arène ou fendre l’armure est souvent le symbole d’un ego démesuré, parfois le signe d’une incapacité à négocier, et de temps en temps le révélateur de l’incapacité à comprendre la vie quotidienne des « français moyens ».

    Vous avez cité de Gaulle et Tatcher, mais Maurice Thorez ou le président à vie de n’importe quelle dictature n’irait pas plus chez Ruquier. La dignité de la fonction n’est pas pour moi corrélée clairement avec la qualité de la politique.

  • Ah, Lady Thatcher. Une valeur sure !

    Contrairement à ce que dit Uchimizu, je ne pense pas que la participation des politiques à ces émissions permette d’apercevoir leur personnalité. C’est une couche de tromperie de plus; je prétends jeter le masque mais il y en a un autre en dessous.

    C’est frappant dans la video de Lady Thatcher. Difficile de trouver un acte moins authentique pour elle que de faire un petit saut à la demande d’une journaliste. Faire cela eut été mentir (ce qui est standard en politique), de façon évidente de surcroît (ce qu’on essaie d’éviter en politique).

  • Là où je ne suis pas d’accord avec toi c’est sur le fait que cela dévalorise la politique et sur la responsabilité des media.

    D’abord, ce qui dévalorise la politique, ce sont les abus de pouvoir, le favoritisme, la tromperie, le mensonge…

    Surtout, il est bon que la politique ne soit pas trop valorisée. Toute la philosophie politique (séparation des pouvoirs, limitations constitutionnelles…) repose sur la méfiance envers les porteurs du pouvoir politique. La montée des extrêmes n’est pas le symptôme de la dévalorisation de la politique mais au contraire de sa survalorisation. On donne ou s’apprête à donner des pouvoirs exorbitants à des gens qui n’en sont pas dignes (presque personne n’en est digne) non parce qu’on les méprise mais parce qu’on s’en remet à eux.

  • Je n’ai jamais regardé l’émission de Ruquier et je me demande combien de personnes la regardent. Je n’ai pas besoin qu’un politique obsédé de communication vienne « fendre l’armure » ( encore un artifice de communication que cette prétendue armure qui se fendrait au cours d’une émission) chez Ruquier, pour me faire une opinion : il me suffit d’écouter ce que dit le politique sur le long terme et surtout de regarder ses actes pour me rendre compte de sa cohérence et de ses convictions. Par exemple, quand le politique est parlementaire, on peut aller vérifier si ses votes correspondent à ses belles paroles.

    Notre classe politique est dominée par la communication et cela commence à se voir furieusement. Rares sont ceux qui échappent à cette domination. Espérons que les temps changent rapidement.

  • Uchimizu a écrit :

    Néanmoins, ces apparitions « non-académiques » des hommes politiques dans les médias ont pour moi une utilité. C’est un moyen, certes imparfait, de « sentir » la personnalité d’un homme politique, et je pense qu’assez rationnellement, les français souhaitent aussi connaître cela.

    De même que Lib, je suis certain que l’homme politique ne fait qu’ajouter une couche de dissimulation par ce moyen. Le politicien a naturellement une composante théâtrale: en lui donnant une plate-forme de divertissement, on favorise cette composante, ce qui lui permet de mieux faire diversion par rapport aux problèmes qu’il échoue à gérer.

    Lib a écrit :

    Surtout, il est bon que la politique ne soit pas trop valorisée. Toute la philosophie politique (séparation des pouvoirs, limitations constitutionnelles…) repose sur la méfiance envers les porteurs du pouvoir politique. La montée des extrêmes n’est pas le symptôme de la dévalorisation de la politique mais au contraire de sa survalorisation. On donne ou s’apprête à donner des pouvoirs exorbitants à des gens qui n’en sont pas dignes (presque personne n’en est digne) non parce qu’on les méprise mais parce qu’on s’en remet à eux.

    Pas du tout. Le politique aujourd’hui a de moins en moins de pouvoir réel, ça se sent, et la montée des extrêmes révèle plutôt une colère à cet égard. Peut-être le peuple a-t-il tort de vouloir s’en remettre à une petite élite, mais c’est ça qu’il veut… sauf que ça ne marche pas. En transformant les politiques en clowns, on ne fait qu’enfoncer le clou de l’impuissance en le rendant plus visible encore. Et ce n’est pas une bonne chose. Non seulement la dévalorisation laisse la place au n’importe quoi, mais de plus, le n’importe quoi peut se révéler le meilleur clown de la bande et donc rassembler des fans (voir l’exemple de Donald Trump aux É-U, assez terrifiant).

    Il y a quelques années, Lionel Jospin s’était stupidement laissé convaincre d’aller pousser la chansonnettes chez je ne sais quel amuseur public – l’équivalent du petit saut demandé à Mme Thatcher. Cela avait-il révélé quoi que ce soit sur lui? Bien sûr que non. A-t-il gagné quoi que ce soit à l’exercice? Non, le public avait tout de suite perçu ce que l’exercice avait d’artificiel.

  • @[email protected] [email protected] commentateurs, si vous en avez le temps, l’envie et si vous ne l’avez déjà fait, je vous invite à lire Serge Halimi sur le lien suivant: http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/HALIMI/53932 L’analyse de la situation présente au niveau des médias qu’il fait mérite je pense que l’on s’y arrête au moins un instant. Il n’y a pas que chez Ruquier qu’il ne faudrait pas aller mais c’est un bon début! 🙂

  • Gwynfrid a écrit :

    Pas du tout. Le politique aujourd’hui a de moins en moins de pouvoir réel, ça se sent, et la montée des extrêmes révèle plutôt une colère à cet égard.

    Tu as l’air convaincu de ça mais tu n’apportes aucun argument. Les dirigeants politiques ont un pouvoir considérable aux termes de la constitution et ils n’arrêtent pas d’en usurper de nouveaux (la moitié des membres du conseil constitutionnel sont des politiques). Ils contrôlent 57% du PIB, décident de ce qu’on mange, boit, fume. Ils décident de notre santé, de notre épargne, de ce qu’on a le droit de faire avec nos biens. Ils surveillent nos communications, nos dépenses, nos déplacements. Ils subventionnent et donc contrôlent les media. Ils décident ce qu’on enseigne à nos enfants, créent des normes ubuesques, ne cessent de créer de nouveaux droits catégoriels.

    Les gens ne sont pas en colère parce que le politique n’a pas de pouvoir. Ils sont en colère parce qu’il leur a dit qu’il exercerait ce pouvoir à leur bénéfice. Comme disait Bastiat : « L’Etat est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Le politique a acheté leurs votes contre la promesse de leur donner l’argent de leurs voisins. Il a pris l’argent de leurs voisins mais ne leur a pas donné. Voila pourquoi ils sont en colère.

    Alors ils s’apprêtent à voter pour des politiciens encore plus manipulateurs qui leur disent « A moi tu peux faire confiance. Je vais dévaliser ton voisin. Celui-là qui est riche, celui-là qui est étranger, celui-là qui est patron… Donne moi plus de pouvoir. »

    De Gaulle n’a jamais eu le pouvoir de déshabiller Paul pour habiller Pierre, et n’a jamais prétendu l’avoir.

  • Bonjour, Je suis relativement habitué à regarder l’émission de Ruquier (quand l’invité politique m’intéresse et que je ne m’endors pas devant), et j’ai du mal à faire le lien entre l’émission réelle et la discussion ci dessus. Ce qui s’explique peut-être par le fait que l’auteur du billet ne regarde pas l’émission en question…

    Le moment de l’invité politique est rarement un moment de franche rigolade. L’ambiance est travaillée pour donner plus de solennité dans ce moment que dans les phases suivantes, où l’on cause tout et n’importe quoi. Au moment de l’invité politique ça parle politique, pas souvenirs d’enfance ni armure fendue.

    D’autre part, il y a très peu d’émissions où les discussions peuvent durer assez longtemps sur sur un sujet donné pour éviter le zapping incessant d’un sujet à l’autre et d’un intervenant à l’autre. Exemple récent: Nadine Morano, dont l’insistance à propos des vrais français et du besoin de contrôler la démographie des musulmans ont été injustement oubliés au profit de sa seule phrase sur la race de la France. Ce n’était pas fait pour être drôle, c’était une prise de position réfléchie et argumentée, qui a duré de longues minutes. Ca méritait d’être dit et entendu, mais où à part chez Ruquier? Il n’y a pas beaucoup d’autres endroits.

    Je ne suis pas toujours fan des positions des chroniqueurs, mais je trouve que Ruquier est un modérateur assez fin. Enfin, l’idée selon laquelle les invités passeraient nécessairement un mauvais quart d’heure est une solide légende urbaine, visiblement entretenue par Ruquier lui même – il faut croire que ça attire de l’audience.

    Bref, je ne suis pas plus demandeur que vous de voir les politiques ou intellectuels faire les guignols, mais en visant Ruquier vous vous trompez de cible à mon avis. D’ailleurs, un oeil sur les invités récents devrait vous suffire pour supposer qu’on ne va pas chez Ruquier pour faire des petits sauts de côté. Houelbeck, Onfray, Cambadélis, Finkielkraut. Que des rigolos. Mais pas Fillon… et pas Koz.

  • amusant de lire que mr Delerevoye lorsqu’il était médiateur de la république pointait « un malaise psychique des français  » . C ‘est sûrement pour résoudre le probléme qu’il s’est assis sur 700000 signatures de la Manif pour tous !! Pas necessaire de lui faire du bouche à bouche

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