Il faudra bien arrêter Donald Trump

Donald Trump n’est pas un clown, c’est un homme dangereux. Nous devrions nous méfier d’une tendance populiste, ici, qui refuse de le reconnaître, taxant l’alerte de « défense du système », la disqualifiant comme l’expression d’une bien-pensance. Il n’est pas forcément coupable de bien penser, et cette dénonciation de la bien-pensance n’est souvent que le paravent de ceux qui entendent transgresser sans frein le sens commun. Donald Trump porte atteinte à rien moins qu’à la vérité et à la démocratie.

Nous pouvons bien sûr tous avoir des rancœurs contre les journalistes – notamment parce que nous aimerions souvent être à leur place. Ils méritent nombre des critiques qui leur sont adressées, quand ils cultivent l’entre-soi, quand ils oublient le pluralisme, quand ils se montrent dramatiquement moutonniers, quand ils négligent cette curiosité qui devrait être leur qualité première. Certes, ils ne méritent pas l’admiration que certains tentent de forcer en invoquant les mânes d’Albert Londres. Mais ils n’appellent pas non plus l’opprobre généralisée dont certains les affligent. Entre ceux qui, à Mossoul, viennent de perdre la vie pour nous informer1, et ceux qui avilissent leur profession, il y a toute la cohorte de ceux qui veulent informer loyalement. Aux journalistes de ne pas concevoir leur profession comme un privilège, un pouvoir, mais comme un service, noble.

Trump entend discréditer les médias traditionnels, nous dit-on. Il est « engagé dans une lutte à mort avec les médias ». Philipe Gélie, pour Le Figaro, écrit ainsi que son objectif « serait de créer ce que les politologues qualifient de « nouvelle normalité » : marginaliser les médias professionnels au profit de sa communication directe via la télévision et les réseaux sociaux ». Une communication directe pour une démocratie directe ? Prenons garde à ce que ce ne soit pas surtout pour un despotisme sans égal.

Car les médias sont aussi le produit naturel et nécessaire de tout corps social. Appelez-les journalistes, éditorialistes, experts, tout corps social – a fortiori dans notre époque surinformée – a besoin de décryptage, a besoin d’experts. Les médias sont nécessaires pour empêcher qu’un dirigeant abuse du peuple, et on ne le perçoit jamais mieux que lorsqu’un despote entend les museler. Ce n’est certainement pas populiste d’écrire ce qui suit, mais nombre de ceux qui s’en effaroucheront sont les partisans de ceux qui entendent abuser du peuple. Car il est tout aussi certainement bien-pensant de vivre dans le mythe d’un peuple apte à saisir par lui-même les enjeux du monde moderne, apte à le comprendre et parfois seulement « câblé » pour y parvenir. Encore faudrait-il qu’il daigne seulement lui accorder son attention, qu’il honore sa responsabilité de citoyen, encore faudrait-il qu’il soit capable de remettre en cause les affirmations des politiques.

Temporaire apothéose d’un déferlement d’agressivité contre les médias américains, la vidéo que Trump a tweetée – et que la Maison Blanche a retweetée – sur son combat de catch avec CNN est effarante. Il sait qu’avec beaucoup d’Américains, il marche sur du velours. Il sait que cela va passer, que cela va infuser. Certes pas à Boston, New-York, Washington, en Californie, dans cette Amérique qu’il exècre. Mais cette vidéo défoule, dans l’Amérique que l’on qualifiera d’Amérique profonde ou d’Amérique des laissés-pour-compte. Elle est sans conteste une incitation à la haine et à la violence. Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique met physiquement en danger les journalistes américains aux États-Unis, car il se trouvera bien un Trumpiste plus fêlé qu’un autre pour concrétiser ce que suggère cette vidéo. Il faut seulement espérer, alors que nombre de ses partisans chérissent leurs armes, que ce soit à mains nues.

Au-delà encore, c’est la vérité elle-même que Donald Trump met en danger. Le Monde rapporte ainsi que la Nasa a dû démentir l’envoi d’enfants-esclaves dans une colonie sur Mars. Comment notre monde occidental a-t-il pu en arriver à devoir démentir officiellement de telles fadaises, qui sont autant d’insultes à cette raison qu’il tient en telle estime qu’il se l’arrogerait même parfois ? Sans remonter l’histoire des rumeurs, de la désinformation, sans remonter au conspirationnisme autour du 11 septembre, il est un fait objectif : il en est arrivé là parce que Donald Trump leur a donné du crédit. Parce qu’en 2015, Donald Trump s’est rendu dans l’émission du site InfoWars qui propage de façon systématique ce type de théories conspirationnistes, parce qu’il en a publiquement félicité le concepteur. Parce qu’au mois de mai dernier, ce site a reçu une accréditation de la Maison Blanche. Lorsqu’il n’y a plus de vérité, qui sait vers quoi un pays peut basculer ? Lorsqu’un dirigeant a la vérité à sa main, le peuple à sa disposition, qui sait où il l’entraînera ?

Nous pouvons nous contenter d’espérer que le corps américain soit assez vigoureux pour disposer des anticorps nécessaires. Nous sommes contraints de l’espérer, car les États-Unis sont aussi la plus puissante démocratie du monde. N’oublions pas que Donald Trump n’a encore effectué que les six premiers mois de son premier mandat de quatre ans. Qui peut savoir dans quel état finira un pays dont il ne fait qu’accentuer les fractures ? Si, comme on le souhaite, la démocratie américaine s’avérait assez puissante pour éviter des conséquences politiques directes, quel sera toutefois l’impact de cette présidence sur l’esprit des Américains ? Nous devons aussi nous en soucier, parce que ce qui se diffuse là-bas a aussi mécaniquement tendance à infuser ici.

Nous devons nous en soucier par solidarité avec ceux qui sont engagés dans un vrai combat.

Nous devons nous en soucier par amitié entre ce vieux pays qu’est le nôtre et leur jeune démocratie. Un vieux pays qui, il y a un peu plus de deux siècles, est venu apporter son concours à l’indépendance que fêtent aujourd’hui les États-Unis. Les Américains se libéraient d’un joug extérieur, nous nous libérions d’un joug intérieur. Nous avons l’expérience de tels jougs intérieurs, installés le plus démocratiquement du monde.

Chers amis Américains, nous vous avons offert il y a un peu plus d’un siècle la Statue de la Liberté, pour fêter le centenaire de votre indépendance. Prenez en toujours bien soin.

Happy Independence Day, amis Américains.

Ne la perdez pas.

 


  1. dont l’un, Stephan Villeneuve, est inhumé aujourd’hui, et j’ai une pensée particulière pour ceux qui l’accompagnent []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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42 commentaires

  • La démocratie nous place parfois dans des situations embarrassantes. Trump a été élu légalement. Il est à la tête du pays le plus puissant économiquement et militairement du monde. A l’intérieur et à l’extérieur il n’a pas vraiment d’opposant(s). Il peut dire faire écrire ce qu’il veut ou presque. Les USA ont gagné la guerre froide. Leur way of life, leur idéologie, leur culture, leur technologie dominent le monde. Je ne vois pas de précédent historique à Trump. Je me trompe?

  • Il est quand même grave qu’à aucun moment vous ne rentriez dans le fond du sujet du pourquoi il y a une guerre ouverte entre CNN et Donald Trump. Vous présentez la chose simplement comme si Trump voulait, détruire les médias et la liberté d’expression dans une espèce de volonté d’établissement d’une dictature où les médias ne seraient plus un contre-pouvoir.

    Pourquoi vous ne parlez pas du fait que CNN fait tout pour faire tomber Trump en inventant des soi-disant connections avec Poutine et la Russie. Qui fait preuve de complotisme? (http://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-fake-news-trump-trouve-une-occasion-revee-de-sen-prendre-cnn)

    Pourquoi vous ne parlez pas de la vidéo du producteur de CNN admettant que toutes ces allégations sont basées sur du vent et qu’ils continuent parce que ça leur fait de l’audience?

    Trump n’est pas un saint, loin de là mais en faire le monstre que vous décrivez sans mettre l’affaire du tweet dans son contexte est juste malhonnête. Mais peut-être est-ce simplement une méconnaissance de votre part, dans ce cas je retirerai bien volontiers l’adjectif qualifiant votre analyse.

    Cordialement

  • Trump n’a pas attendu les dernières péripéties pour agir comme il le fait, et il ne s’en prend pas à la seule CNN, loin de là. Et si l’on voulait parler de cet épisode, le fait est que CNN a retiré un article incriminé de son site sans même qu’il soit passé à la moindre antenne, et que trois de ses journalistes ont démissionné. On se reportera aussi au Monde si on le souhaite.

    CNN a merdé, trois de ses journalistes ont démissionné. Trump ment au monde entier mais il se trouve encore des gens pour le défendre. Comment peut-on accepter qu’un président laisse publiquement entendre qu’il dispose d’enregistrements du directeur du FBI, pour avouer plus tard qu’il n’a rien de tel ?! Et ceci n’est qu’un exemple.

    Rien de ce qui précède n’explique, n’excuse, que celui qui devrait être le président des Etats-Unis diffuse, sur son compte et sur le compte de la Maison Blanche, une vidéo aussi primaire et aussi violente. Qu’il juge (évidemment) la campagne infondée est une chose : pour autant il n’est pas le premier à subir des mises en cause médiatiques (souvenez-vous : avant de manger son chapeau, Trump affirmait qu’Obama n’était pas américain), mais il est le premier qui réagit de cette manière, totalement indigne d’un président, et parfaitement dangereuse.

    Dans la video que vous évoquez, pour ce que j’en visionne, le producteur ne dit pas que c’est basé sur du vent, mais que Trump a raison de dire qu’ils n’ont pas de preuve irréfutable, c’est assez différent. Quant à prétendre que les allégations sur des liens avec des Russes seraient basées sur du vent, manifestement, même au Parti Républicain, ils ne sont pas d’accord avec vous, même Paul Ryan dit qu’il y a matière à enquête, le Général Flynn a été contraint de démissionner, un procureur spécial a été nommé, après que Trump a révoqué le directeur du FBI (il ne devait pas être bien confiant sur le fait qu’il n’y avait que « du vent » dans l’affaire). Et l’ingérence russe dans le processus électoral est établie. Alors non, tout cela n’est pas « du vent », tout cela ne vient pas de CNN, quelle que soit son attitude par ailleurs.

    Mais bon, vous m’expliquerez que tout cela vient du système. Sur Facebook, quelqu’un me soupçonne d’être financé par George Soros ou la fondation MacArthur. C’est bien le problème : on n’en finit jamais avec le complotisme.

    Soit dit en passant, j’ai supprimé la vidéo d’Infowars : on hospitalité a ses limites et c’en est une. Quant à la vidéo du producteur, chacun pourra la retrouver en tapant « John Bonifield » dans Google.

  • Oui, bon, je suis mal à l’aise avec tout ça. Car on aurait tort d’oublier que les médias, dans leur ensemble, ne sont pas neutres, pas du tout, même ceux qui ne se présentent pas comme appartenant à la presse d’opinion. Qu’ils ont fait une campagne massivement anti-Trump.

    Alors, certes, la post-vérité, les bobards, la vulgarité, tout ça me pose problème, comme m’ont posé problème Sarkozy et Berlusconi, dans leur rapport aux médias et leur vulgarité sans borne. Mais je ne suis pas sûr que Trump soit, à ce point, un OVNI.

    Les EU ont vu des farceurs par le passé, comme Bush 43, ses pipettes d’armes de destruction massives et ses sottises, on est revenu à une folie pro-étasunienne sous Obama, on déchante à nouveau. Bon. Il vaut mieux se dire que les gouvernements des EU sont élus par les Etasuniens, qui sont – comme nous – massivement vulgaires, ignares, stupides ; et faire, enfin, un Europe solide pour cesser de dépendre d’eux.

  • Faut-il, parce qu’a existé George Bush Jr, se satisfaire de Trump ? Vous aurez compris ma réponse. Il y a eu la « fakenews » des armes de destruction massive en Irak, en effet. Faut-il maintenant accepter pire, la fakenews érigée en système ?

    Non, les medias ne sont pas neutres et, comme je l’écris dans mon billet, ils ont leur responsabilité « quand ils cultivent l’entre-soi, quand ils oublient le pluralisme, quand ils se montrent dramatiquement moutonniers, quand ils négligent cette curiosité qui devrait être leur qualité première ». Soit dit en passant, aux Etats-Unis, vous avez, aussi, une chaîne comme Fox News. Bref, ils ne sont évidemment pas exempts de critiques mais ils n’ont pas le code de la bombe atomique, si vous me permettez l’image.

    Mais je vous rejoins sur le fait que ce mandat Trump est une occasion pour l’Europe de prendre son destin en main. Angela Merkel l’avait d’ailleurs clairement affirmé, juste après le G7 : « L’époque où nous pouvions nous reposer sur d’autres est en partie révolue. L’Europe doit prendre notre destin en main (…) Bien sûr, nous devons rester amis avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, en bons voisins, là où cela est possible, ainsi qu’avec la Russie. Mais nous devons le savoir : nous devons lutter nous-mêmes, en tant qu’Européens, pour notre avenir et notre destin »

  • Les grands media sont une aristocratie mourante qui nous a convaincus que la critiquer est sacrilège.

    La référence nécessaire aux grands reporters qui meurent pour nous informer nous fait oublier que les media ne se voient pas comme nos serviteurs mais comme nos maîtres. Ils ne veulent pas nous informer mais nous influencer. C’est comme les 75 000 fusillés du PCF, une récupération de l’héroïsme pour combattre la liberté. Pouah.

    Comme d’habitude, on confond la fonction et la caste. C’est l’acte d’informer qui doit être protégé, pas la corporation des informeurs officiels.

    Le principal sujet d’information politique aux US depuis l’élection de Trump est l’accusation de collusion entre Trump et Poutine pour influencer l’élection US. 6 mois après, il n’en est presque rien sorti. Ah si, un type a démissionné et un autre a été viré. Par comparaison, Macron a perdu 4 ministres en 1 mois.

    C’est la faute de Trump si quelques crétins pensent qu’on installe des camps de travail sur Mars; mais la moitié de la population US s’est fait bourrer le crâne sur une théorie du complot liée à l’élection du président. Et ça ce n’est pas grave parce que c’est l’aristocratie médiatique qui l’a fait, et il ne faut pas les critiquer, pensons aux grands reporters qui se font tuer en Syrie.

    Ainsi, il paraît qu’influencer une élection c’est mal. C’est pourtant ce qu’a fait l’aristocratie médiatique US qui a soutenu outrancièrement Clinton à 97%! Oui, je sais, c’est différent, eux ils sont les défenseurs de la démocratie, d’ailleurs ils meurent sous les balles pour nous informer. Avoir 97% des media contre un candidat, c’est cool, c’est démocratique, c’est la pluralité, il faut respecter leur indépendance. Ce qui est odieux c’est que le candidat en question se défende. On a eu la même chose en France d’ailleurs, sauf que chez nous l’aristocratie médiatique a gagné.

    Trump véhicule un discours de haine, dis-tu ? Et si un jour un dingue tire sur un journaliste, ce sera de sa faute. C’était déjà ton propos l’an dernier après l’assassinat de Jo Cox, nous nous étions heurtés, assez violemment. Pendant ce temps, aux US, les démocrates et les media alliés accusent tranquillement le parti Républicain d’être le parti de la mort, et ont peut-être poussé un dingue à tirer sur des élus républicains blessant grièvement le représentant Steve Scalise. Tu n’en parles pas, étais-tu seulement au courant ?

    Trump voudrait discréditer les media traditionnels dis-tu ? Tu parles, ils le font très bien tous seuls. Trump l’a compris et en a tiré les conséquences avant tout le monde. Il y a 20 ans, on se rendait compte que, dès que les media parlaient d’un sujet qu’on connaissait très bien, ils étaient à la rue. Les réseaux aujourd’hui nous font réaliser que c’est vrai dans tous les domaines, il suffit de chercher pour trouver des experts infiniment plus dignes de confiance et d’intérêt. Surtout, le ton, l’attitude sont différents. Les journalistes (je généralise) finissent presque toujours par se reposer sur l’argument d’autorité. « Croyez-moi parce que je vous le dit, moi qui incarne la vérité ». Ou sa variante faux-cul « selon une source anonyme bien informée… »

    Alors oui, le journalisme est supposé être un contre-pouvoir. Quel est le plus gros sujet d’abus de pouvoir de ces 10-15 dernières années ? La surveillance de masse des populations par les services secrets ? Ce sont des non-journalistes Snowden, Manning, même Assange qui les ont révélées au monde. Ils l’ont payé au prix fort ; les responsables n’ont pas été punis. Le New York Times n’a pas été puni non plus pour avoir vendu aux Américains la fable de l’administration Bush sur les armes de destruction massives de Saddam.

    Les réseaux ont démocratisé l’accès mais aussi et surtout la production d’information. Tant mieux, même si c’est forcément un peu plus chaotique. Comme je le disais plus haut, c’est l’acte d’informer qui doit être protégé, pas le privilège d’une caste. Et les dernières évolutions ne vont pas dans le bon sens. Les récents débats sur les « fake news » ou le « hate speech » visent à faire interdire (ou enterrer par les principaux opérateurs de réseau, ce qui revient au même) les opinions discordantes.

    Pour finir, ton appel à l’indépendance des Américains sonne un peu bizarrement venant d’un Français. Nous avons en effet probablement connu le pire recul des libertés publiques des pays occidentaux ces 5 dernières années. Une loi renseignement qui permet aux services d’écouter qui ils veulent sans solliciter d’autorisation. Un état d’urgence 5 fois prolongé. Des lois de criminalisation de certaines opinions. Le leader de l’opposition mis sur écoute. Les détails de ces écoutes régulièrement transmis au pouvoir. Le candidat de l’opposition à la présidentielle foudroyé par des affaires juridico-médiatiques 3 mois avant l’élection. Des alliés politiques du pouvoir foudroyés par des affaires juridico-médiatiques au moment exact où ils cessent d’être utiles et deviennent encombrants. Et pour finir, un pouvoir qui explique tranquillement qu’il va intégrer les dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun parce que : pourquoi s’emmerder ?

    Tout cela a été réalisé avec au minimum la complaisance et souvent la complicité active des «media traditionnels». La gueule du contre-pouvoir !

    Bref, en France 97% des media soutiennent le pouvoir, aux US 97% des media le combattent. Et toi Français, tu prétends expliquer aux Américains l’importance du contre-pouvoir médiatique. La paille, la poutre, ça te parle ?

    Après, oui, Trump est vulgaire. C’est mal. Il ment aussi. C’est très mal. Aucun politicien ne devrait mentir.

  • Effectivement, Lib, tu fais bien de me rappeler le billet de l’an dernier, ça souligne assez que tu peux te montrer bien inutilement agressif.

    Tu mélanges tout, et c’est désolant. Non, bien sûr, Trump n’est pas le seul politicien à mentir. Le fait qu’il lance des mensonges graves, à l’encontre d’un ancien directeur du FBI, sur ce compte twitter dont il fait un usage frénétique et insensé, tu ne vois aucune différence ? Parce que tu crois peut-être qu’il s’abstient de mentir également comme d’autres par ailleurs, que ce n’est pas une étape supplémentaire, une disposition qui s’additionne à un penchant naturel ?

    Le fait qu’il diffuse une video qui le représente frappant au sol un personnage censé représenter CNN, rien ? Il vaut mieux, pour toi, s’en prendre aux medias ? Et tu compares le fait qu’un gars qui est président des Etats-Unis tweete une telle vidéo avec ça ?

    Here is Hillary Clinton: « Forget death panels. If Republicans pass this bill, they’re the death party. » Here is Elizabeth Warren: « I’ve read the Republican ‘healthcare’ bill. This is blood money. They’re paying for tax cuts with American lives ».

    Sérieusement ?

    Je ne suis pas là pour défendre #lesgrandsmedias, inutile de plaquer tes marottes libérales sur ce sujet. Figure-toi que je tiens un blog depuis 12 ans. Mais entre la désinformation médiatique et la désinformation citoyenne, franchement, mon cœur balance.

    Quant à la distinction entre ceux qui meurent à Mossoul et les autres, si tu daignais lire le billet avant de prendre le mors aux dents, elle y est. Et de quoi parle-tu seulement sur le fait d’influencer une élection ? Es-tu en train de comparer l’influence des medias et une ingérence étrangère ? Parce que des medias américains influenceraient l’élection (de toi à moi, quelle efficacité !), alors il faudrait un peu relativiser le fait que les Russes sont intervenus dans l’élection américaine, potentiellement avec l’accord de Trump ? C’est quoi, cette blague ?

    Pour le reste, on en reparlera éventuellement après ta verveine du soir.

  • Les USA sont en crise aiguë et Trump n’en est pas la cause mais celui qui manifeste pleinement cette crise. Deux camps irréconciliables (les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien ?) et pour les sortir de cette crise, il faudrait un ennemi commun, interne ou externe mais il n’y en a pas. Chaque ennemi est aussitôt récupéré et défendu par l’autre camp, que ce soit la Russie ou les trans. Même la Corée du nord est intouchable, protégée qu’elle est par la Chine alliée des anti-Trump puisque Trump est hostile au libre-échange.

    Tout ça pour dire que prendre parti est encourager une escalade beaucoup plus dangereuse que la seule personne de Trump. A part une invasion d’extraterrestres, je ne vois pas ce qui pourrait calmer la haine extraordinaire qui flambe entre les deux camps. Haine contagieuse, reprise quotidiennement par les médias européens et qui alimente nos propres règlements de compte : dans votre article, Koz, contre les identitaires qui soutiennent la Russie et Trump. « Nous devrions nous méfier d’une tendance populiste, ici, qui refuse de le reconnaître [que Trump est un homme dangereux] ».

    Les grands médias pourraient contribuer à faire tomber la tension s’ils aidaient « ceux qui ne sont rien » à s’exprimer, sans les juger. Ce rôle d’arbitre ferait plus pour la vérité et la raison que leurs sarcasmes à propos de la colonie martienne.

    Mais la crise est si virulente qu’elle saisit chacun et lui fait perdre son jugement. On en vient aux injures sur une réaction épidermique, incontrôlable, irrationnelle. Le mécanisme à l’oeuvre est extrêmement puissant.

    • Je risque d’être assez peu réceptif à cette invitation à ne pas avoir d’avis, Yann, je ne vous le cache pas. D’autant qu’il n’y a pas deux camps. Nombre de Républicains se montrent plus que réservés, inquiets.

      Il faut suivre le compte Twitter de Donald Trump pour se rendre un peu compte de ce qu’il en est. Vous me direz que Twitter, c’est dérisoire. Ça ne l’est pas quand le président des Etats-Unis décide d’en faire son canal officiel de communication, quand il s’y révèle délibérément, sans filtre et qu’on a le droit de le prendre ainsi. Chaque série de tweets est inconvenante, inquiétante sur sa personnalité. Elles démontrent l’absence du contrôle de soi élémentaire que l’on peut attendre d’un élu, d’un dirigeant et du président des Etats-Unis en particulier.

      Et quand ce n’est pas cela, ses actes eux-mêmes laissent pantois. Comment, quand on connaît les lieux, peut-on sortir de Yad Vashem et écrire : « Happy to be here with all my friends – SO AMAZING » ? Ce n’est pas CNN qui l’a écrit à sa place, pas plus que les démocrates. Cela démontre une certaine indigence intellectuelle qui ne peut pas ne pas inquiéter, venant d’un homme si puissant.

      Et encore je n’évoque que ce qui me vient de mémoire.

      Refuser de réaliser cela par une forme de complexe de classe serait un dangereux aveuglement.

  • <

    p> »Donald Trump n’est pas un clown, c’est un homme dangereux », écrivez-vous. C’est un avis à nuancer : n’est-il pas plutôt dangereux parce qu’il est un clown, ou plutôt un vieux petit garçon immature, placé à la tête d’un pays puissant ?
    Sans vouloir généraliser, c’est d’ailleurs souvent l’inconvénient des Etats-Unis : la combinaison d’une certaine immaturité et de gros moyens. Il semble que l’on trouve cela chez « M. tout le monde », n’importe qui pouvant se procurer une arme et s’en aller chasser le démocrate, le républicain ou quiconque d’autre après s’être fait bourrer le crâne par la dernière théorie du complot à la mode.
    (Cela posé, je ne prétends pas qu’il ne se présente jamais de cas analogues dans notre vieille Europe.)

  • En partie d’accord avec ce qui a été dit dans l’article et en (grande) partie en désaccord…

    D’accord avec l’interrogation d’envoyer une telle vidéo de la part d’un président des EU (d’aucuns diront que, non justement, il n’y a qu’eux pour faire ça…),
    Mais en total désaccord avec le fait que le journalisme que nous vivons aujourd’hui serait en majeure partie à protéger ; au contraire, il faut considérablement le réformer.

    En effet, il n’y a pas que les journalistes dans les mailles du système, il y a surtout les propriétaires des journaux. Autant les premiers sont parfois « indépendants », autant les seconds font la pluie et le beau temps de l’info.
    En fait, il y a un quelque chose de plus grave qui n’a pas été pointé du doigt ici, c’est le fait d’être dans la lignée d’un journal sans qu’en s’en rende vraiment compte. Et l’on va ainsi écrire ce que le journal veut sans que cela soit dit explicitement au journaliste. Cela pourrait être une bonne chose car plus démocratique si les journaux (chaines, etc.) étaient franchement différents les uns des autres. Cela devient au contraire très dangereux quand, plus ou moins, nous avons une ligne directrice identique : on tombe alors dans le prêt à penser et la bien-pensante justement.
    Et cela, en soi, n’est absolument pas démocratique mais quasi-totalitaire.

    Ce système a été dénoncé avec brio par Noam Chomsky (politiquement bien à gauche…) dans son livre-étude (40 pages de références !) « la fabrication du consentement – de la propagande médiatique en démocratie ».
    Cette étude portait sur la manière dont le système médiatique préparait les esprits des américains à attaquer tel ou tel pays (depuis les années 1950) avant de lancer officiellement une invasion ou un renversement de pouvoir.
    Il suffit d’avoir un discours commun bien huilé qui passe dans les plus grands media.
    Nous savons bien que cela existe aussi pour d’autres pays (par exemple en France) et d’autres thématiques telles que l’avortement, le mariage pour tous… et je passe.

    Je vous laisse avec ce que disait Glenn Greenwald, ancien journaliste du Guardian :
    « il y a un grand nombre de choses qui mériteraient d’être racontées et qui sont systématiquement ignorées par les grands médias. Un phénomène majeur est que les journaux politiques, en particulier, voient tout à travers un prisme partisan. (…) Si un sujet fait consensus entre les deux partis, (…) ce qui est bien plus fréquent qu’un désaccord, cela tend à être complètement ignoré. Prenons le soutien des Etats-Unis à Israël, ou l’idée que les Etats-Unis doivent rester la plus grande puissance militaire au monde, ou qu’il faut continuer à pratiquer l’incarcération de masse, ou même le maintien des politiques économiques libérales, tous ces sujets qui ont le soutien des deux partis. Ils tendent à être complètement exclus de n’importe quel débat médiatique. »

  • Le blogon de Koz évoque un moment les journalistes mais ce n’est pas le sujet principal de son propos. Je me permets cependant de revenir sur les journalistes par mon commentaire d’aujourd’hui. A l’heure de tweeter, de Facebook, des blogs je voudrais m’arrêter un instant sur… un livre. Il a pour titre « Le bûcher des innocents » de Laurence Lacour. Jeune journaliste elle suit l’affaire Grégory et quitte son métier de journaliste après avoir écrit ce livre. Voir lien suivant:

    https://www.babelio.com/livres/Lacour-Le-Bucher-des-innocents/51811

    J’ai trouvé intéressant aussi le point de vue de Pierre Jourde dans le Monde diplomatique d’Août 2008:

    https://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/JOURDE/16204

    Il s’intéresse plus particulièrement à la télé en général qu’il appelle « La Machine à abrutir ».

    Bon été à vous tous.

  • Cher Koz, vous avez parfaitement raison d’attirer l’attention sur le comportement dangereux et irresponsable de Donald Trump. Autant pendant la campagne électorale américaine je trouvais que ses détracteurs en faisaient trop, autant depuis son élection je constate hélas qu’il semble de plus en plus « à la rue », pour le dire poliment.

    Ceci dit, je crains fort que beaucoup de journalistes de valent pas mieux que lui, et aient une influence au moins aussi néfaste. Trop d’entre eux ne veulent pas informer sur des faits, mais dire aux « masses » ce qu’il faut penser, y compris en déformant volontairement les faits. Je n’ai rien contre le journalisme d’opinion en lui-même, mais il devient dangereux lorsqu’il cherche à se faire passer pour du journalisme d’information. Comme d’autres, Trump profite de l’exaspération des citoyens face à ce mélange des genres et face aux directeurs de conscience autoproclamés.

    Si vous me permettez de prendre un exemple qui vous touche, lorsqu’on constate la désinformation éhontée de la plupart des journalistes français (et du gouvernement du l’époque) au sujet de la Manif pour Tous ou des Veilleurs, on ne peut que se réjouir de l’existence de blogs comme le vôtre pour en parler, et vous donner une crédibilité que les « médias mainstream » ont perdue.

  • Je ne crois pas avoir fait une défense en règle des medias. Je ne fais pas un crédit absolu aux divers medias, évidemment. J’ai également exprimé des réserves. Mais j’ai aussi voulu souligner, parce que j’ai été amené à en connaître un bon nombre, le fait que beaucoup d’entre eux sont animés d’une intention sincère d’informer loyalement.

    Par ailleurs, la question pour moi était davantage de la nécessité, par principe, de medias. Pas de leur éventuelle réforme. Car certes ils sont très critiquables. Mais qu’on les réforme, il restera toujours des medias. Ce que Trump met en cause, c’est simplement la possibilité d’une intermédiation, d’une opposition, d’une critique.

    Les blogs sont utiles, je ne le renierai pas. Mais franchement, je ne suis pas ébloui par le résultat. Est-ce la faute des blogs ou des medias (qui n’ont certes pas forcément vu d’un bon oeil cette forme de concurrence), mais je ne suis pas certain que la qualité moyenne de l’information, les dérives comparées de l' »information citoyenne » et du « système médiatique » plaide toujours en faveur de la première. Je vois une telle inflation de site de prétendue citoyen qui ne sont en réalité que des sites de propagande éhontées que je reste perplexe.

    Et face à un pouvoir qui « partirait en vrille », je doute que les blogueurs (ce qu’il en reste) puissent faire le poids. La pression qu’un pouvoir peut mettre sur un media structuré est irrésistible pour un gars isolé, normal, avec une famille, des enfants etc.

    En ce qui concerne Trump, qu’on ne nous dise pas que la critique vient de la partialité de la presse américaine et française. Il a voulu continuer d’utiliser Twitter pour garder un lien direct, sans filtre, sans intermédiaire alors chiche, on s’y réfère. Il n’est jamais nécessaire d’attendre longtemps pour être absolument consterné par le niveau de ce qu’il publie.

    Le tir de missile intercontinental par la Corée du Nord ? « La Corée du Nord a lancé un nouveau missile. Ce type n’a donc rien de mieux à faire dans sa vie ? ». Quelle justification va-t-on me trouver ici pour un tel niveau d’analyse ? Allez, à la rigueur, je veux bien imaginer qu’il veuille vulgariser, pour toucher le peuple. Mais là ? Il n’y a pas le début du commencement d’un propos même simple qui puisse éclairer un Américain.

    Et ce n’est que le premier exemple qui vient quand on déroule son fil twitter.

    Mais faut-il aussi rappeler l’épisode dans lequel il a, par inadvertance, confié des secrets aux Russes, mettant dans l’embarras les services secrets israéliens, et en danger la coopération entre les services nationaux ?

    Mais j’oublie, tout ça, c’est parce que je me laisse prendre à l’unanimisme des medias anti-Trump.

  • Donald Trump est à la fois un butor et un retors; ce personnage n’est pas digne de sa fonction, il n’est pas qualifié pour son rôle, et il est largement dépassé par ses responsabilités. Ce serait relativement peu grave, sauf pour ses compatriotes, s’il présidait un petit archipel du Pacifique, mais il est à la tête de la plus grande puissance du monde: c’est, effectivement, dangereux.

    Je n’émets pas cette opinion parce que je serais sous l’influence de médias partisans: ce n’est pas nécessaire. En effet, il est possible d’arriver à ces conclusions exclusivement en se basant sur ce qui sort de la bouche et du compte Twitter de M.Trump. Si vous avez raté quelques épisodes, je rappellerai quelques points saillants: M.Trump a déclaré qu’il serait lui-même son meilleur conseiller pour les affaires étrangères; qu’il ne lit pas de livres; qu’un juge d’ascendance mexicaine ne peut pas le traiter équitablement; que tous les sondages négatifs à son égard sont des faux; que le sénateur McCain (prisonnier et victime de torture au Vietnam) n’était pas un héros car il avait été capturé; qu’il « vendrait la mèche » à propos de la femme de son adversaire (Ted Cruz); qu’il mettrait en prison son adversaire (Hillary Clinton); que le physique de son adversaire (Mme Fiorina, une républicaine) rendait impossible de voter pour elle; que son QI est parmi les plus élevés; qu’il se demandait pourquoi on ne pourrait pas utiliser des armes nucléaires; que s’il perdait l’élection ce ne pouvait être qu’en raison de fraudes; que les musulmans américains avaient fait la fête suite aux attentats du 11 septembre 2001; qu’il en savait plus que les généraux américains sur Daech; que le réchauffement climatique est une invention des Chinois.

    Il faut aussi rappeler ses innombrables et inqualifiables déclarations à l’égard des femmes (y compris l’incroyable « si Ivanka n’était pas ma fille, je sortirais avec elle »), ses insultes répugnantes contre ses adversaires ou toute personne se permettant de le critiquer; ses attaques contre à peu près tous les pays de la planète, en commençant par ses alliés; le fait indéniable que son ascension politique initiale s’est appuyée sur une théorie complotiste à propos du lieu de naissance de Barak Obama; et le démarrage de sa campagne électorale sur le dos des immigrants mexicains, accusés d’être majoritairement des trafiquants de drogue et des violeurs.

    Pour la bonne bouche: Donald Trump est à ma connaissance le seul candidat à une élection à avoir saisi l’occasion d’un débat télévisé pour rassurer ses électeurs à propos de la dimension de ses attributs mâles.

    Alors évidemment, on peut toujours argumenter que la presse est contre lui. Je me permets de penser qu’il y a de quoi. Une autre posture est celle de la fausse objectivité, en créant une équivalence fallacieuse entre les énormités trumpiennes et les fautes des anti-Trump (récemment: la démission de 3 journalistes suite à un article insuffisamment sourcé). Bien entendu, la presse commet des erreurs, et la presse est partisane. C’est normal. L’idéal d’une presse objective et toujours exacte n’a jamais été imaginé que par des rêveurs. La vraie presse, celle qui sert à quelque chose, se plante de temps en temps. Elle doit alors corriger, ou se faire corriger par la concurrence.

  • Koz a écrit :

    Et tu compares le fait qu’un gars qui est président des Etats-Unis tweete une telle vidéo avec ça ?

    Oui, je compare le POTUS qui retweete une video parodique de mauvais goût et une campagne systématique de l’opposition (en ce inclus une grande partie des media traditionnels) présentant les républicains comme des assassins. Je trouve la seconde plus malsaine et dangereuse que la première. Trump insulte ses opposants et se fout de leur gueule, il ne les traite pas de traitres, d’assassins ou de nazis.

    Pourtant il y en a des vraies raisons de critiquer Trump. Ses mamours avec les Saoudiens, son protectionnisme, son travel ban (même si in fine il a respecté les décisions de justice et n’a pas violé la constitution, ce qu’on ne peut pas dire de son prédécesseur)

    Alors Trump a trop de pouvoir? La plupart des chefs d’état ont trop de pouvoir. Il a une pratique de la communication très déconcertante? Évidemment. Et en même temps, je ne connais personne à part lui qui aie réussi à gagner une présidentielle avec l’essentiel des media contre lui. Et en matière de communication déconcertante, je ne suis pas sûr que se vanter dans la presse d’avoir tordu la main du président des Etats-Unis ou faire des déclarations publiques communes avec des élus américains contre leur président soit de très bonne politique pour un dirigeant étranger.

    Tu parles de la Corée du Nord? Trump a l’air de vouloir pousser ses voisins (Corée du Sud, Japon, Chine) à intervenir. Est-ce que ça marchera? Aucune idée.

    Mais j’observe que la Corée du Nord est un peuple martyr depuis plus de 60 ans. Un immense camp de concentration à ciel ouvert de 25 millions d’âmes. Qu’on est tous au courant. Et qu’on s’en fout, préférant rappeler à quel point on est des mecs sympas, opposés au nazisme, à l’esclavage et à tous ces truc s qui ont disparu depuis des décennies. North Korea is a joke, and shame on us for laughing, disait il y a 2 ans @PEG, qu’on ne peut pas soupçonner de sympathie pour Trump.

    Sur les media. Ils ont deux rôles : informer et servir de contre-pouvoir. Ils ont failli aux deux. Je connais aussi quelques journalistes dignes de confiance. Ce qu’ils disent du métier est effarant. Ma position, que tu n’es pas obligé de partager, est qu’ils ont failli en grande partie parce qu’ils sont devenus des notables. C’est particulièrement vrai pour le deuxième rôle. Le pouvoir est déjà pas mal « parti en vrille » ces dernières années. Les media n’ont pas bronché, ils ont plutôt poussé à la roue. Ceux qui ont résisté (faiblement) ne sont pas des blogs, mais des associations, des particuliers se coordonnant avec les réseaux sociaux. Et des individus qui ont pris des risques énormes pour dénoncer ce qu’ils ont vu.

  • Lib a écrit :

    Il ment aussi. C’est très mal. Aucun politicien ne devrait mentir.

    Je crois que le sujet est ici très différent de Bush et des autres, car Trump ne se contente pas de mentir : il nie ouvertement des faits publics.

    Ainsi il dit « il ne pleuvait pas à mon inauguration ». Il dit « il y a eu 5 millions de votes frauduleux en faveur de Hillary, c’est confirmé par le Pew Report ». Il dit « Il est impossible à un réfugié Syrien d’entrer aux US s’il est chrétien, alors qu’il le peut s’il est musulman ». Il dit « La dernière fois que Obama est venu faire un discours à Chicago, deux personnes ont été tuées pendant son speech » (je n’ai pris que quelques extraits du mois de janvier, l’inventaire complet serait fastidieux).

    Force est de constater que 97% des médias traditionnels américains savent reconnaître la pluie quand il pleut, savent lire un rapport, et savent distinguer un meurtre d’une absence de meurtre. Sont-ce là des indices de leur biais politique ? On peut en douter.

    A ce niveau, les « mensonges » de Trump relèvent soit d’une pathologie mentale, soit d’un plan machiavélique de déconstruction du réel, à la mode Orwell, visant à instaurer une vérité d’Etat qui n’ait plus à se soucier en rien de la réalité des faits. Les témoignages collectés tout au long de la vie de Trump sur son comportement font plutôt pencher pour la première option.

    Mais le résultat est le même : pour pouvoir nier le réchauffement climatique anthropique, cacher les contacts russes de ses collaborateurs directs, ou masquer ses propres conflits d’intérêts, il lui faut contourner les 97% de médias traditionnels qui savent reconnaître la pluie quand il pleut.

    Le canal direct de Twitter et les sites affidés de type Infowars donnent à Trump les outils de destruction du réel dont il a besoin. Espérons comme le note Koz que le peuple américain saura s’arrêter avant le gouffre.

  • Trump est une catastrophe. Bien sûr. Mais pourquoi a-t-il été élu ? Pour bien des raisons. Et parmi ces raisons, le comportement des médias. Ils étaient presque tous contre Trump. Cela n’a pas suffi. Parce que bien avant Trump, ils avaient perdu leur crédibilité. S’interroger sur les raisons de cette perte de crédibilité me paraît plus important que de pisser sur Trump.

  • Aristote a écrit :

    le comportement des médias. Ils étaient presque tous contre Trump

    1) C’est loin d’être si clair « over the course of the entire campaign, Clinton was covered more negatively than Trump, with 62 percent negative and 38 percent positive coverage compared to Trump’s coverage, which was 56 percent negative and 44 percent positive. » http://www.politico.com/blogs/on-media/2016/12/report-general-election-coverage-overwhelmingly-negative-in-tone-232307

    2) Si on fait l’hypothèse, comme vous le dites, que « Trump est une catastrophe », les médias devaient-ils donc s’interdire d’en faire état ?

  • Ce que toute cette discussion établit est que malheureusement, tout le monde se focalise sur ce que disent les politiques et pas sur ce qu’ils font. Ca explique l’attirance des électeurs vers des beaux gosses bien habillés qui parlent bien en souriant.

    Jean-Luc a écrit :

    A ce niveau, les « mensonges » de Trump relèvent soit d’une pathologie mentale, soit d’un plan machiavélique de déconstruction du réel, à la mode Orwell, visant à instaurer une vérité d’Etat qui n’ait plus à se soucier en rien de la réalité des faits.

    Le paragraphe ci-dessus est caractéristique de la dissonance cognitive dans laquelle le phénomène Trump plonge beaucoup de gens éduqués. Vous ne parvenez à envisager que deux cas : la démence (incompatible avec le fait de gagner quelque chose d’aussi difficile qu’une présidentielle) et un délire complotiste.

    Vous ne parvenez pas à envisager que Trump utilise sa communication directe avec énormément de compétence pour déstabiliser ses adversaires et les pousser à la faute. Dans le cas qui a déclenché ce billet, la video retweetée par Trump où il met à terre CNN, c’est pourtant exactement ce qui s’est passé. CNN, surjouant son statut de victime, n’a pas pu s’empêcher de menacer le quidam à l’origine de la video. Le retour de flamme a été massif. #CNNBlackmail était le trend Twitter n°1 hier

    .Jean-Luc a écrit :

    over the course of the entire campaign, Clinton was covered more negatively than Trump, with 62 percent negative and 38 percent positive coverage compared to Trump’s coverage, which was 56 percent negative and 44 percent positive.

    Intéressant aussi cela. Surtout après un post sur les fake news de Trump. Question : pourquoi croyez-vous que ce que rapporte cet article de Politico est vrai? Avez-vous lu l’étude en question? Avez-vous vérifié le protocole expérimental? Avez-vous les moyens de le faire? Savez-vous comment on définit rigoureusement positive ou negative coverage? Comment est-ce appliqué? Qui a collationné les centaines de milliers d’articles? Quelles étaient leurs préférences politiques? Y a-t-il eu un process de qualité, de vérification?

    Nous connaissons tous les deux les réponses à ces questions. Vous n’en savez rien. Vous faites confiance.

    Pourtant, il y a un moyen très simple de savoir qui soutenaient les journaux américains. Ils l’ont annoncé chacun, individuellement. Ils ont déclaré, très officiellement, « voila qui nous soutenons pour l’élection générale »

    Wikipedia a fait le boulot de collationner ces « endorsements » et les publie dans cet article. On a la liste de plus de 600 publications, quotidiens et hebdos, avec pour chacun le tirage, le candidat « endorsed » et la date de l’édito qui a annoncé l’endorsement.

    On apprend ainsi que l’Albany Times Union, publié à Albany dans l’état de NY, qui tire à 107 765 exemplaires a appelé à voter Clinton le 29 octobre 2016. Tout comme l’Orlando Sentinel (Orlando, FLA, tirage 221 613) le 14 octobre. En revanche, le Washington Times, (Washington DC, tirage 59 185) s’est déclaré pour Trump le 26 octobre.

    Tout ceci est extrêmement bien défini (le journal a-t-il oui ou non publié un édito appelant à voter pour un candidat), vérifiable (tout le monde peut consulter les archives pour lire l’édito en question, même pas besoin de chercher, la date est fournie) et ne nécessite de faire confiance à personne.

    Bien sûr, le résultat est sans appel. Sur 652 publications, 500 ont soutenu Clinton, 82 n’ont pas pris parti, 30 ont pris parti contre Trump, 27 pour Trump, 9 pour Johnson, 2 pour plusieurs candidats, 1 pour McMullin et 1 contre Clinton.

    Si on tient compte des tirages, c’est encore pire. Le premier périodique à soutenir Trump est le 57e dans l’ordre des tirages. Il s’agit du Las Vegas Reviews Journal (Las Vegas, NV) qui tire à 133 560 exemplaires. Par comparaison USA Today (National) qui tire à 3 866 618 exemplaires s’est prononcé contre Trump, le New York Times (NY, NY) qui tire à 1 119 112 a soutenu Clinton, tout comme le Houston Chronicles (Houston, TX) qui tire à 925 085 exemplaires et des dizaines d’autres publications tirant à plus de 100 000 exemplaires.

    Bref, sur le sujet du soutien des media pendant la campagne électorale américaine, nous avons à notre disposition une information extrêmement précise, claire et vérifiable. Si tant est que la vérité puisse être approchée dans cette vallée de larmes, on peut dire qu’il est démontré que, à 95%, les media ont soutenu Clinton.

    Mais vous choisissez de l’ignorer et de vous fier à un article de journal biaisé citant une étude universitaire biaisée et invérifiable qui répond dans le sens que vous voulez à une question différente.

    C’est une des plus belles illustration des fake news, de la faillite des media et de l’importance des sources tierces qu’on puisse trouver.

    Et ça souligne ce qui, selon moi, est le problème principal des media : leur statut de notable. Wikipedia sait qu’il n’est crédible que parce qu’il permet de vérifier. Les media exigent qu’on leur fasse confiance.

  • Apparemment, l’hypothèse selon laquelle ces medias sont si nombreux à avoir soutenu Clinton parce qu’il était objectivement inconcevable de soutenir Trump ne doit pas entrer en ligne de compte dans l’analyse. Il faudrait nécessairement que des medias le soutiennent dans la proportion qui te conviendrait.

    Et puis, contrairement à ce que nous pensons, nous autres, pauvres gens affectés de dissonance cognitive, de biais de confirmation et de tout un tas de trucs qui font bien, en réalité Donald Trump serait exceptionnellement habile. Il commettrait des fautes, oui, mais pour pousser les autres à la faute. Trop fort.

    Ainsi CNN aurait eu tort d’enquêter sur l’origine du gif. Les salauds. Leurs journalistes sont aussi l’objet d’attaques régulières, de gens qui postent sur Reddit leurs adresses personnelles, qui dressent des listes de journalistes juifs mais ils ont eu le front de rechercher celui qui était à l’origine du gif que l’homme supposément le plus puissant du monde a cru bon d’utiliser, à la face du monde. Salauds.

    Et tu nous dis qu’ils n’ont pas pu s’empêcher de le menacer. Hum. Parce que The Federalist le dit. Le fait est que CNN n’a pas publié le nom du gars, qu’ils ont pourtant retrouvé et bien qu’il s’avère aussi être l’auteur de propos antisémites à l’encontre de journalistes de CNN, mais s’est réservé la possibilité de le faire si le gars s’y remettait. Fichtre, c’est vraiment dégeulasse de leur part.

    Bon, et navré pour ma dissonance cognitive, mais quand il écrit sur le livre d’or de Yad Vashem : « IT IS A GREAT HONOR TO BE HERE WITH ALL MY FRIENDS – SO AMAZING + will NEVER FORGET! » (avec cette graphie de surcroît), quel était donc le but de ce génie tacticien méconnu ? Pousser les survivants de la Shoah à la faute ?

    Quant au fait de se focaliser sur l’action de Trump et non sa communication – malgré sa propre obsession de la com et son usage névrosé de Twitter – je peine à voir ce qui devrait modérer mon jugement à son égard. Spontanément, j’hésite. Dernièrement, j’ai trouvé l’idée d’expulser des chrétiens Irakiens vers l’Irak plutôt cool, c’est vrai.

    Mais là où tu mets tout de même à côté de la plaque, dans une attitude que je trouve assez naïve à l’égard de Trump, due à tes propres dissonances, c’est que son objectif n’est en aucun cas de favoriser des blogueurs et des experts indépendants. Non, comme l’écrit Philippe Gélie dans Le Figaro (qui n’est pas le premier brûlot gauchiste venu) :

    L’objectif du président serait de créer ce que les politologues qualifient de «nouvelle normalité»: marginaliser les médias professionnels au profit de sa communication directe via la télévision et les réseaux sociaux. La Maison-Blanche s’emploie ainsi à vider son «briefing» quotidien d’intérêt et de substance, esquivant la plupart des questions et fermant la salle de presse aux caméras huit fois sur les onze derniers épisodes. «Les journalistes pourraient finir par ne plus y aller, observe Callum Borchers du Washington Post. Si les médias décrochent les premiers, Trump aura atteint son but sans en porter le blâme.»

    Son objectif n’est pas de favoriser le pluralisme, c’est d’éradiquer la contradiction.

    Mais quand le sage montre la lune…

    (Au passage, sans valider nécessairement cette hypothèse, l’histoire suffit à démontrer que la démence n’est pas incompatible avec le fait de remporter les élections)

  • Koz a écrit :

    Apparemment, l’hypothèse selon laquelle ces medias sont si nombreux à avoir soutenu Clinton parce qu’il était objectivement inconcevable de soutenir Trump ne doit pas entrer en ligne de compte dans l’analyse.

    Ils auraient pu aussi ne soutenir aucun des deux candidats, en expliquant les dangers de l’une et de l’autre candidature.

    Lesquels sont, hélas, confirmés par ce début de présidence Trump.

  • Ne peut-on envisager que Trump soit irresponsable et dangereux ET que beaucoup de grands médias soient irresponsables et dangereux (pour d’autres raisons) ? Faut-il nécessairement prendre parti ?

    Pardon pour le point Godwin, mais quand Hitler et Staline s’affrontaient les deux camps usaient de mensonges, propagande, manipulation, et les deux camps étaient extrêmement dangereux. Ceux qui ont soutenu le nazisme pour « faire barrage au péril rouge » se sont fichtrement plantés. Ceux qui ont soutenu le stalinisme pour « faire barrage à la peste brune » se sont fichtrement plantés aussi.

    Trump veut « éradiquer la contradiction » ? Sans doute. Mais si tant est qu’il ait une chance d’y parvenir, c’est uniquement parce que la plupart des médias de masse se sont préalablement décrédibilisés eux-mêmes. Trump est menteur ? Oui. Mais dans un des seuls domaines où je suis en mesure de le vérifier (la guerre en Syrie), je peux vous assurer que la majorité des médias américains le sont aussi. Trump est dangereux ? Oui, en tout cas j’en suis convaincu. Mais jusqu’ici il n’a provoqué aucune catastrophe comparable à l’invasion de l’Irak, à la destruction de la Lybie ou à la décision de renverser Assad pour offrir la Syrie à un avatar d’Al Qaïda – toutes décisions catastrophiques, pour ne pas dire criminelles, mais qui avaient le soutien massif des médias.

    Koz a pleinement raison d’appeler à la vigilance face au Donald, des deux côtés de l’Atlantique. Mais n’ayons pas la naïveté de croire que tous ceux qui dénoncent Trump sont nécessairement plus fiables que lui.

  • @ Lib: Je vous invite sincèrement à lire posément les commentaires auxquels vous répondez et à peser vos réponses, ce qui vous évitera contresens et allégations infondées.

    Lib a écrit :

    Vous ne parvenez à envisager que deux cas : la démence (incompatible avec le fait de gagner quelque chose d’aussi difficile qu’une présidentielle).

    Allons, révisez votre histoire, ancienne ou récente à votre convenance. Une pathologie mentale n’est nullement un obstacle à la conquête du pouvoir, y compris par des élections, ni a son exercice, bien des dictateurs sont là pour le prouver.

    Vous ne parvenez pas à envisager que Trump utilise sa communication directe avec énormément de compétence pour déstabiliser ses adversaires et les pousser à la faute.

    Bien sûr que si : c’est précisément ce que j’ai nommé « plan machiavélique » et que vous renommez « délire complotiste » alors que mon propos n’a rien de tel. Oui en effet, affirmer qu’il ne pleut pas quand il pleut, affirmer que des meurtres sont commis quand il n’y en a pas, cela déstabilise les gens qui pensent que les faits ont de l’importance ou qui pensent que le job de Président des US est un job sérieux. Les journalistes de CNN par exemple. Cela peut même, comme vous dites, les « pousser à la faute » et les amener à traiter Trump de menteur, soulevant ainsi la colère de ses partisans et conduisant, espère-t-il, à la perte d’audience de ces médias.

    Je comprends que selon vous Trump consacre ses énormes compétences à doser chaque mot pour y mettre juste ce qu’il faut d’insulte gratuite, de vulgarité, de misogynie, de mensonges flagrants, de racisme et de vantardise infantile pour déstabiliser quiconque ressemble à une personne décente, qu’il nomme « système », que vous nommez « notable », et le pousser à la faute. C’est très fort. C’est ce que j’ai appelé « un plan machiavélique ».

    Le retour de flamme a été massif. #CNNBlackmail était le trend Twitter n°1 hier

    LOL, si je puis dire. Comment mesurez-vous la réaction du peuple américain ? Par un trending topic twitter. Et vous prétendez donner des leçons sur ce qu’est une source fiable ? Un peu de sérieux je vous prie.

    une étude universitaire biaisée et invérifiable.

    Faudrait savoir. Si elle est invérifiable vous ne pouvez pas affirmer qu’elle est biaisée, sauf par l’effet de vos propres biais et préjugés. Il se trouve d’ailleurs qu’elle est en ligne avec son protocole expérimental, que je n’ai pas vérifié en effet.

    qui répond dans le sens que vous voulez à une question différente.

    Bon, vous vous êtes quand même rendu compte que la question traitée n’était pas celle de l’endorsement. Mea culpa, j’aurais du écrire « c’est loin d’être si simple » plutôt que « c’est loin d’être si clair », ce qui vous aurait évité de nous asséner les chiffres de tirage de l’Orlando Sentinel (que je salue au passage).

    Ce que l’étude souligne c’est la critique tous azimuts qui a prévalu pendant toute la campagne, ce qui a nivelé les écarts perçus par le lectorat entre Clinton et Trump même si, comme chacun sait, l’immense majorité des médias a appelé à voter pour Clinton, comme il est inévitable pour quiconque a le respect le plus élémentaire, comme CNN, pour les faits et pour le job de président des US. Il est heureux que ce soit encore le cas général.

    le problème principal des media : leur statut de notable. Wikipedia sait qu’il n’est crédible que parce qu’il permet de vérifier.

    Bien sûr que non. La vérifiabilité n’a rien à voir ici : tout un chacun peut vérifier qu’il pleuvait pendant l’inauguration de Trump et qu’il y avait moins de monde qu’à celle d’Obama. Ca n’empêche pas Trump d’affirmer le contraire, et l’ensemble de ses soutiens de se vautrer dans une dissonance cognitive de dimension historique.

    Quelques soient les torts des journalistes, le rejet du « système » et des « notables » dont s’est emparé Trump c’est le rejet général de « l’élite intellectuelle », de l’expertise et du savoir. Au pays du créationnisme et du climatoscepticisme, des forces profondes existent pour pousser les gens à mariner dans leurs préjugés, nier les faits, et rejeter toute forme de raisonnement un tant soit peu « complexe ». Entre l’esprit de boutiquier, les revanchards et les laissés pour compte de l’évolution économique américaine, Trump cultive sa base d’indéfectibles partisans.

  • « Ce que Trump met en cause, c’est simplement la possibilité d’une intermédiation, d’une opposition, d’une critique. » écrit Koz

    Si le danger est qu’un président privilégie une communication directe sans passer par les grands médias pourtant plus aptes à informer et former le public, que dire de la volonté de notre président à nous de développer sa propre communication ?

    http://www.lejdd.fr/politique/et-maintenant-en-marche-veut-devenir-un-media-3383204

    Extraits :

    Un phénomène totalement inédit pour un parti politique.

    L’objectif affiché est également de s’affranchir des médias nationaux traditionnels « pour casser la lecture uniquement politique des partis. »

    Contrairement à la coutume, le président a également supprimé l’interview télévisée du 14 juillet. Depuis l’Elysée, on explique par là que l’objectif est de privilégier une communication directe avec les Français. Quitte à passer outre les journalistes.

  • Je ne reproche pas aux médias d’avoir choisi contre Trump pour la présidentielle. Ce que je dis, c’est que leur choix n’a pas réussi à convaincre les électeurs parce que les médias avaient depuis longtemps perdu l’essentiel de leur crédibilité, entre autres pour les raisons avancées par Lib.

  • Vous prenez les ingrédients suivants :

    i) Un narcissiste pathologique à la puissance 10 à tel point qu’il s’agit en réalité d’un fou. Un non politicien qui change de veste Démocrate à Républicaine sans broncher. Un manque de sens de dignité sans pareil.

    ii) Une Amérique profonde ignorante et machiste qui déteste les gens qui ont fait des études, être riche ce n’est pas grave, mais avoir fait des études, oui. Donc on ne prend pas en compte ni la science ni les faits avérés.

    iii) Un racisme profondément ancré dans la société américaine, une tranche importante de la population qui déteste Obama parce qu’il est noir, 8 ans c’est trop. Petit à petit on obtient la majorité à la Chambre et au Sénat.

    iv) Une candidate démocrate en face assez mal aimée (affaire Benghazi, pour n’en nommer qu’une seule). Les Russes qui déclenchent des soupçons sur la candidate à tel point qu’on mène des investigations du FBI pendant des moments clé de la campagne présidentielle.

    v) Un système électoral basé sur les collèges électoraux (justifié au 18ème et 19ème siècles, mais pas du tout aujourd’hui) et non sur le vote populaire.

    vi) Une abstention comme on a jamais vu.

    On obtient : l’élection de Donald Trump. Ce n’est pas tellement dû à son talent.

    CNN ne fait que présenter les énormités de Trump et de son équipe et dire que c’est une aberration d’avoir une personne comme Trump à l’exécutif. En un mot, un incompétent. On en a déjà cité de nombreux exemples dans le billet et les commentaires. Pour moi CNN est la chaîne TV, malgré ses défauts, qui fait le plus de journalisme sérieux. Il y a aussi les journaux comme le Washington Post et le New York Times qui critiquent Trump. Ce sont des journaux réputés qui font du journalisme sérieux et professionnel comme ce métier devrait être fait, rien à voir avec la presse française.

    Heureusement qu’aux USA il y a le contre pouvoir des états. Bon nombre d’entre eux continueront à gérer leur Etat correctement sans tenir compte de Trump.

    Il y aura la combinaison de deux éléments qui pourront faire tomber Trump : 1) la peur des élections dans les états en 2018 où un certain nombre de Républicains risquent de perdre leur siège dû à une incapacité totale de Trump et du Congrès à s’occuper des affaires qui préoccupent vraiment les électeurs.

    2) l’établissement concret d’agissements de Trump et de son équipe contre la loi. Cela va prendre du temps, mais il y a de fortes chances que quelque chose de grave en sorte. Par exemple, il est assez probable que Trump a effectivement essayé d’influencer le directeur du FBI pour faire tomber l’investigation sur son conseiller le général Flinn (je vous garde au poste de directeur mais vous faites ce que je veux). Trafic d’influence et entrave à la justice. Cette dernière est une faute suffisamment grave pour enclancher une procédure en destitution du président. Il y a aussi le fait avéré que son beau-fils Jared Kushner (il paraît que plus c*n tu meurs) est allé voir l’ambassadeur russe pour établir un canal de communication direct entre les Etats-Unis et la Russie à l’abri de tout contrôle des agences de renseignements américaines. Hyper grave. Qu’est ce qu’il y avait là derrière ? Je spécule : le clan Trump voulait-il faire des affaires en Russie en contournant les sanctions sur la Russie ? Bad, very bad.

    Même si les états seront capables de limiter les dégâts que potentiellement Trump peut créer au niveau de politique interne, il est incontestable que la protection de l’environnement prendra un grand coup qu’on ne peut pas se permettre. L’agence de protection de l’environnement EPA fait un travail admirable aux USA, il est aussi une référence pour le monde entier. S’il n’y avait pas la EPA, on aurait beaucoup de retard dans le reste du monde car on ne saurait pas comment attaquer les problèmes d’environnement, de pollution en Afrique par exemple. Les procédures américaines et les connaissances en matière scientifique que cette agence met à disposition gratuitement à la planète entière sont exceptionnelles. Heureusement que Trump a seulement congelé le budget de cette agence et il ne l’a pas supprimée comme il l’avait annoncé.

    On a déjà un grand retard pour lutter contre le réchauffement climatique planétaire et Trump ne fait que mettre les bâtons dans les roues.

    Trump doit partir, et le plus vite ce serait le mieux.

  • Lib a écrit :

    la démence (incompatible avec le fait de gagner quelque chose d’aussi difficile qu’une présidentielle).

    Erreur. Une pathologie mentale n’est nullement un obstacle à la conquête du pouvoir, y compris par des élections, ni a son exercice. Bien des dictateurs de l’histoire ancienne et récente sont là pour le prouver.

    Vous ne parvenez pas à envisager que Trump utilise sa communication directe avec énormément de compétence pour déstabiliser ses adversaires et les pousser à la faute.

    C’est ce que j’ai nommé « plan machiavélique » et que vous renommez « délire complotiste » alors que mon propos n’a rien de tel. Oui en effet, affirmer qu’il ne pleut pas quand il pleut, affirmer que des meurtres sont commis quand il n’y en a pas, cela déstabilise les gens qui pensent que les faits ont de l’importance ou qui pensent que le job de Président des US est un job sérieux. Les journalistes de CNN par exemple. Cela peut même, comme vous dites, les « pousser à la faute » et les amener à traiter Trump de menteur, soulevant ainsi la colère de ses partisans et conduisant, espère-t-il, à la perte d’audience de ces médias.

    Selon vous Trump consacre ses énormes compétences à doser chaque mot pour y mettre juste ce qu’il faut d’insulte gratuite, de vulgarité, de misogynie, de mensonges flagrants, de racisme et de vantardise infantile pour déstabiliser quiconque ressemble à une personne décente, qu’il nomme « système », que vous nommez « notable », et le pousser à la faute. Dans cette hypothèse oui il est très fort. C’est ce que j’ai appelé « un plan machiavélique ».

    Le retour de flamme a été massif. #CNNBlackmail était le trend Twitter n°1 hier

    Si vous tenez à la qualité des sources, pouvez-vous considérer un trending topic Twitter comme une mesure d’opinion du peuple américain ?

    une étude universitaire biaisée et invérifiable.

    Erreur. Si elle est invérifiable vous ne pouvez pas affirmer qu’elle est biaisée, sauf par l’effet de vos propres biais et préjugés. Il se trouve d’ailleurs qu’elle est en ligne avec son protocole expérimental, que je n’ai pas vérifié en effet.

    qui répond dans le sens que vous voulez à une question différente.

    Voilà. La question traitée n’est pas celle de l’endorsement, et sans doute aurais-je du écrire « c’est loin d’être si simple » plutôt que « c’est loin d’être si clair ». Ce que l’étude souligne c’est la critique tous azimuts qui a prévalu pendant toute la campagne, ce qui a nivelé les écarts perçus par le lectorat entre Clinton et Trump même si, comme chacun sait, l’immense majorité des médias a appelé à voter pour Clinton, comme il est inévitable pour quiconque a le respect le plus élémentaire, comme CNN, pour les faits d’une part et pour le job de président des US d’autre part. Il est heureux que ce soit encore le cas général.

    le problème principal des media : leur statut de notable. Wikipedia sait qu’il n’est crédible que parce qu’il permet de vérifier.

    La vérifiabilité n’a rien à voir ici : tout un chacun peut vérifier qu’il pleuvait pendant l’inauguration de Trump et qu’il y avait moins de monde qu’à celle d’Obama. Ca n’empêche pas Trump d’affirmer le contraire, et l’ensemble de ses soutiens de se vautrer dans une dissonance cognitive de dimension historique.

    Quelques soient les torts des journalistes, le rejet du « système » et des « notables » dont s’est emparé Trump c’est un rejet latent de « l’élite intellectuelle », de l’expertise et du savoir. Au pays du créationnisme et du climatoscepticisme, des forces profondes existent pour pousser les gens à mariner dans leurs préjugés, nier les faits, et rejeter toute forme de raisonnement un tant soit peu « complexe ». Entre l’esprit de boutiquier, les revanchards et les laissés pour compte de l’évolution économique américaine, Trump cultive sa base d’indéfectibles partisans.

  • Eh bien, en tout cas, cet ahurissant M. Trump fait beaucoup parler…
    Le problème, c’est que nous ne l’avons pas élu, nous ne pouvons pas le soutenir/le contrer, nous ne pouvons en rien influer sur la politique US qui, en tout état de cause se contrefiche bien de nos passionnantes discussions (dommage pour eux, mais bon…).
    De ce fait, on tourne un peu en rond, non ?

  • Koz a écrit :

    Il faudrait nécessairement que des medias le soutiennent dans la proportion qui te conviendrait.

    Pas du tout. Les media soutiennent qui ils veulent. A la différence de la France, les media US ne bénéficient pas de subventions publiques. Ce que je soulignais c’est qu’ils n’assument pas, prétendant absurdement que leur couverture était équilibrée.

    Koz a écrit :

    « IT IS A GREAT HONOR TO BE HERE WITH ALL MY FRIENDS – SO AMAZING + will NEVER FORGET! » (avec cette graphie de surcroît), quel était donc le but de ce génie tacticien méconnu ? Pousser les survivants de la Shoah à la faute ?

    Tu trouves ça insultant d’écrire que c’est un grand honneur et que c’est inoubliable?

    Koz a écrit :

    Dernièrement, j’ai trouvé l’idée d’expulser des chrétiens Irakiens vers l’Irak plutôt cool, c’est vrai.

    Tu vois, on est assez vite d’accord, même sur le sujet de Trump. Moi, cette affaire de chrétiens d’Irak m’embête plus que sa guéguerre avec CNN.

    Koz a écrit :

    Mais là où tu mets tout de même à côté de la plaque, dans une attitude que je trouve assez naïve à l’égard de Trump, due à tes propres dissonances, c’est que son objectif n’est en aucun cas de favoriser des blogueurs et des experts indépendants.

    Je ne dis pas que c’est l’objectif de Trump. Je dis que la mainmise de quelques media homogènes est nocive et que les nouvelles technos ont permis l’émergence de nouveaux modèles décentralisés. Trump n’a rien à voir avec ça. Il est possible (quoique difficile dans le contexte actuel) de ne pas être anti-Trump primaire sans être un fan.

    Koz a écrit :

    Son objectif n’est pas de favoriser le pluralisme, c’est d’éradiquer la contradiction.

    Eradiquer la contradiction ce serait utiliser la force publique pour affaiblir les journaux d’opposition. Par exemple, en France, L’Opinion, seul quotidien se définissant comme libéral, est aussi le seul à ne pas bénéficier de subventions publiques à la presse. Il a également subi un contrôle fiscal 1 mois après son lancement.

    Trump adapte sa communication officielle à la réalité de terrain : une presse largement hostile. La manipulation de la presse n’est pas l’apanage de l’administration actuelle. Obama et Bush étaient très forts pour échanger articles favorables contre accès privilégié à l’info.

    Jean-Luc a écrit :

    Une pathologie mentale n’est nullement un obstacle à la conquête du pouvoir, y compris par des élections, ni a son exercice, bien des dictateurs sont là pour le prouver.

    Je n’ai aucun mal à envisager que des psychopathes puissent gagner des élections. Pour être franc, j’en arrive à penser que les non-psychopathes n’ont aucune chance. Mais ici nous parlons d’une démence empêchant de distinguer réalité et fiction (des commentateurs parlent de sénilité précoce). Merci de me fournir des exemples si vous en trouvez, moi je suis bredouille. (et non, Bouteflika ne compte pas)

    Jean-Luc a écrit :

    C’est ce que j’ai nommé « plan machiavélique » et que vous renommez « délire complotiste » alors que mon propos n’a rien de tel.

    Euh, vous aviez parlé « d’un plan machiavélique de déconstruction du réel, à la mode Orwell, visant à instaurer une vérité d’Etat qui n’ait plus à se soucier en rien de la réalité des faits. » Moi je vous parle de provocations destinées à pousser à la faute un adversaire. Ce n’est pas la même chose. Et si ce que vous décrivez ne ressemble pas à un délire complotiste, je me demande ce qu’il vous faut.

    Jean-Luc a écrit :

    Faudrait savoir. Si elle est invérifiable vous ne pouvez pas affirmer qu’elle est biaisée.

    Raccourci. C’est invérifiable, effectivement. Et c’est biaisé pour deux raisons principales. D’abord parce que c’est publié par un centre de recherche universitaire qui ne cache pas ses préférences politiques. Ensuite parce que le biais est présent dans toute entreprise humaine, particulièrement en politique mais pas seulement. La seule façon de l’éviter est de mettre en place des protocoles explicitement conçus pour l’annuler (double aveugle…). Et la publication des protocoles et de leur implémentation fait partie intégrante d’un protocole bien conçu. Dans le cas qui nous concerne, l’université ne décrit absolument aucune procédure qu’elle aurait mis en oeuvre pour annuler le biais et ne publie rien de vérifiable. C’est donc biaisé.

    Jean-Luc a écrit :

    Bon, vous vous êtes quand même rendu compte que la question traitée n’était pas celle de l’endorsement. Mea culpa, j’aurais du écrire « c’est loin d’être si simple » plutôt que « c’est loin d’être si clair »

    Non. Vous avez contredit Aristote qui disait que les media étaient presque tous contre Trump. C’est la question de l’endorsement, c’est vrai et vérifiable, je ne vais pas refaire la démonstration.

    Jean-Luc a écrit :

    La vérifiabilité n’a rien à voir ici : tout un chacun peut vérifier qu’il pleuvait pendant l’inauguration de Trump et qu’il y avait moins de monde qu’à celle d’Obama.

    C’est marrant, je compare la crédibilité de Wikipedia à celle de CNN et vous me parlez de Trump. Ca tourne à l’obsession 🙂

    Je ne pense pas que la question soit de savoir si Trump est plus crédible que CNN. Ils ne se battent pas sur le même terrain. Si CNN n’est pas crédible, il ne sert plus à rien. Mais il y a plein de gens qui ne croient pas Trump mais ont quand même voté pour lui. Tout comme j’ai voté Macron en ne croyant pas un traitre mot de ce qu’il racontait.

    Jean-Luc a écrit :

    c’est un rejet latent de « l’élite intellectuelle », de l’expertise et du savoir.

    Vous avez beau mettre des guillemets, ça ne cache pas l’aspect aristocratique de votre conception du savoir. Il n’y a pas d’élite intellectuelle. Il y a des gens qui font progresser la connaissance à un moment ou à un autre, quels que soient leur statut ou l’étiquette qu’ils portent. Soit ce qu’ils avancent est vérifiable, soit il ne l’est pas.

    C’est la science qui fait le scientifique, l’information qui fait le journaliste; pas le contraire. La « replication crisis » en science ou la perte de crédibilité des media ont selon moi pour origine l’inversion de cette règle.

    Jean-Luc a écrit :

    Au pays du créationnisme et du climatoscepticisme, des forces profondes existent pour pousser les gens à mariner dans leurs préjugés, nier les faits, et rejeter toute forme de raisonnement un tant soit peu « complexe ».

    Vous oubliez un peu vite que la France a récemment passé des lois contre un phénomène qui n’existe pas (l’obsolescence programmée), que nous avons des députés qui combattent la vaccination, que plein de gens ont une phobie du nucléaire, croient dur comme fer que les OGM sont toxiques, qu’on peut être électrosensible ou que le CO2 est un polluant. J’en oublie sans doute.

    Il n’y a pas de solution miracle. Croire aveuglément quelqu’un parce qu’il a un diplôme ou une carte de presse, c’est la négation de l’esprit critique. Vouloir tout vérifier n’est pas faisable concrètement. Ma solution est de n’accorder ma confiance qu’aux gens que je connais personnellement ou à ceux qui font le plus d’efforts pour rendre vérifiables leurs affirmations.

  • Lib a écrit :

    ils n’assument pas, prétendant absurdement que leur couverture était équilibrée.

    Pourriez-vous citer vos sources ? Voici une deuxième étude qui conclut que le ton des articles a globalement été similairement négatif pour les deux candidats https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2016/09/20/is-the-media-biased-toward-clinton-or-trump-heres-some-actual-hard-data/

    une démence empêchant de distinguer réalité et fiction

    Non, c’est un délire de grandeur narcissique. La plupart des dictateurs et bon nombre de stars y sont sujets à des degrés divers.

    C’est la question de l’endorsement, c’est vrai et vérifiable, je ne vais pas refaire la démonstration.

    Ce n’est pas la question de l’endorsement mais de la façon dont les candidats sont présentés pendant un an de campagne.

    Soit ce qu’ils avancent est vérifiable, soit il ne l’est pas.

    C’est précisément cela que Trump cherche à détruire : il rend caduques les notions de « vérifiabilité » et de « faits » pour les subordonner à sa mégalomanie et à ses intérêts propres. Il est vraisemblable que cette démarche ne soit ni consciente ni calculée : c’est là que réside sa pathologie.

    C’est la science qui fait le scientifique, l’information qui fait le journaliste; pas le contraire. La « replication crisis » en science ou la perte de crédibilité des media ont selon moi pour origine l’inversion de cette règle.

    Ce n’est pas le sujet ici, puisque ce sont les faits eux-mêmes qui sont niés par Trump, avant même le rapport qui en est donné par les scientifiques ou les médias.

  • Jean-Luc a écrit :

    C’est précisément cela que Trump cherche à détruire : il rend caduques les notions de « vérifiabilité » et de « faits » pour les subordonner à sa mégalomanie et à ses intérêts propres.

    Vous avez une curieuse façon de concevoir la vérifiabilité. Bien que vous focalisiez sur lui, Trump n’empêche personne de vérifier; vous persistez pourtant à citer des études invérifiables comme des paroles d’évangile. Oubliez le nom, oubliez l’étiquette, oubliez l’autorité. Concentrez-vous sur le fond, la matière. Vous remarquerez alors que l’argument d’autorité est la norme dans les media. Il doit y avoir un truc dans leur culture qui empêche de donner au lecteur les moyens de vérifier.

    Chez Trump aussi bien sûr, mais c’est normal, c’est un politique.

  • Je suis très intrigué par la tendance de certains, Lib en tête, à se lancer dans des considérations sur « les médias ». Est t’il vraiment nécessaire de suggérer que « les médias » est une construction intellectuelle qui n’a pas d’existence réelle ?

  • @ Gatien:

    Les « médias » sont une construction intellectuelle, c’est une évidence.

    Comme tout le reste d’ailleurs. Y compris la notion de « construction intellectuelle ».

  • Que voulez vous dire Aristote?… Pour ma part je lis certains articles de certains journaux, et dans ceux que je lis je vois peu d’arguments d’autorité. C’est tout ce que je peux dire. Ce n’est pas une construction intellectuelle, et ça n’implique pas que les articles que vous lisez sont de qualité identique.

    J’adore l’affirmation « il y a un truc dans la culture des médias qui les empêche de donner les moyens de vérifier ». Difficile de faire moins vérifiable…

  • Il se trouve que, parfois, les médias ont du flair et que l’intervention avérée de la Russie dans la campagne électorale conjointement aux relations de longue date entre Donald Trump et la Russie, outre ses tweets plus qu’ambigus, justifiait bien que l’on creuse.

    Et la rencontre entre Donald Trump Jr, un ancien agent russe identifiée et une probable agent russe font pencher la balance de ceux qui soutiennent qu’il n’y a rien là-dedans que du harcèlement médiatique vers la crédulité.

  • Gatien a écrit :

    Pour ma part je lis certains articles de certains journaux, et dans ceux que je lis je vois peu d’arguments d’autorité.

    Curieux, Gatien. Dans la discussion qui a suscité votre commentaire, Jean-Luc a cité deux articles qui s’en rendaient coupables tous les deux. Ce doit être comme le racisme ou le sexisme ; quand on est du bon coté, on ne les voit jamais.

    Check your privilege, Gatien.

  • Et maintenant, dans l’avion qui le ramène aux US, Trump songe à un mur transparent :

    Quand [les Mexicains] lancent des grand sacs de drogue, si d’autres personnes sont de l’autre côté du mur, elles ne peuvent pas le voir. Les sacs de 30 kilos tombent sur votre tête et c’est fini. Aussi dingue que ça puisse paraître, on a besoin d’un mur transparent.

    Les fameux lancers à l’aveugle de sacs de 30 kilos de drogue.

    Mais, certainement, ce sont les medias qui veulent sa peau.

  • @Lib, je suis libre de lire ce qui me paraît intéressant et d’ignorer le reste. Je le recommande, même. Je ne sais pas à quels articles vous faites référence et je n’ai pas de raison de chercher plus loin. Qu’il existe de mauvais articles ne fait aucun doute, il n’est pas nécessaire d’en lire deux de plus (en supposant qu’ils sont comme vous le dites) pour s’en assurer. Ca n’implique pas que tous les articles sont mauvais.

  • Koz a écrit :

    Et maintenant, dans l’avion qui le ramène aux US, Trump songe à un mur transparent :

    T’as raison, c’est super grave.

    Et c’est pas tout, l’administration Trump est en train de dynamiter la constitution en expliquant benoitement que c’est pas grave de tomber dans le despotisme. Bien sûr, ces sournois prétendent que c’est à cause du terrorisme mais on voit clair dans leur jeu, s’ils s’intéressaient vraiment à la sécurité de leurs compatriotes, ils ne raboteraient pas les budgets de l’armée, la justice et la police.

    Ah? On me dit dans l’oreillette que c’est pas Trump qui fait tout ça. Ca vient d’un mec sympa, beau, jeune, souriant et qui parle bien, donc on s’en fout.

    Non, le coup du mur transparent, ça c’est grave.

    • Tu te mets à utiliser des procèdes rhétoriques surprenants. Détourner le sujet, dire « han c’est grave ». Non, bien sûr, je n’ai pas écrit que cette proposition signait la fin du monde libre. Je te laisse faire la somme de ce qui a été évoqué ici et de ce que l’on apprend encore par ailleurs. Je te laisse te renseigner sur ses propos sur Sessions, ses obstructions aux enquêtes, dernièrement ses recherches pour savoir s’il lui est possible d’amnistier sa famille et jusqu’à lui-même, les contacts désormais plus qu’avérés entre des membres de sa famille et de son équipe (dont Sessions) avec une puissance étrangère – dont tu nous expliquais il y a quelques jours qu’ils ne reposaient sur une (manque de chance, ils sont établis : par le mail du fils Trump, par les auditions de Sessions)…

      On a un clown dangereux dirigeant de la première puissance mondiale, capable de proposer des âneries comme celle-ci, d’expliquer que Macron « loves handling my hand. He does love it », ou de mentir sur des faits objectifs vérifiables par tous (des milliers et milliers de personnes rassemblées au pied de la Tour Eiffel quand les Français ont su qu’ils y dînaient, la plus grande fête de toute l’histoire de la Tour Eiffel), et non je ne dresse pas une liste exhaustive des six mois de Trump.

      Je ne crois pas utile de prendre les autres pour des imbéciles leurrés par le physique de Macron et son expression, et de s’arroger la lucidité. L’état d’urgence est un sujet en soi qu’il est trop facile de traiter ainsi en une phrase, quant aux crédits militaires, qui arrivent inopinément dans une démonstration par l’absurde absurde, j’en ai suffisamment parler ailleurs, ainsi que toute la presse, pour qu’il soit vain laisser entendre que l’on s’intéresserait à l’un et pas à l’autre. Sauf à tenir la rhétorique pour le fond.

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