Hollande se fait recevoir par les catholiques

tartuffeLe pape François a bien rencontré Vladimir Poutine. Pourquoi ne rencontrerait-il pas François Hollande ? De la même manière que pour Vladimir Poutine et parce qu’au Vatican, très chrétien, on a le sens de l’hospitalité, François Hollande sera reçu avec courtoisie et probablement même le sourire. De la même manière et parce qu’au Vatican, très chrétien, on est obligeant, François Hollande aura sa photo-souvenir à ramener au pays, à montrer aux copains et même aux catholiques.

La visite se fait à la demande de l’Elysée et le pape a accepté, en connaissance des avanies causées ici par le pouvoir socialiste. Le pape est pape, il est disciple du Christ et le Christ a bien mangé avec des publicains, des prostituées, il a pardonné à la femme adultère, il a donné du pain à Judas, il a parlé aux esprits mauvais, pour s’en faire obéir. François peut bien échanger un peu avec François Hollande.

Il a la rencontre à cœur, le dialogue aussi. Et l’on s’abandonnera en prières à Saint François de Sales – Saint patron de la bonne communication. Et des sourds-muets – dont c’est la fête aujourd’hui, pour que, par capillarité tout du moins, cette bonne disposition touche le cœur de François Hollande. L’improbable ministre en charge de l’agroalimentaire affirme bien que François Hollande est dans une « démarche de dialogue, d’ouverture ». Ses conseillers ont bien déclaré que ce voyage se voulait « un signe fort de dialogue et d’attention à l’égard des catholiques » de la part du président de la République et l’élément de langage est fort bien repris (, , , jusque dans les dépêches sur l’attentat qui a touché une église ce matin). Et si même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or, le président lui-même a peut-être une face lumineuse.

Pourtant, homme de peu de foi, et bourrelé de remords à cet égard, je fonde bien peu d’espoir en la conversion soudaine du président. Certes rien n’est impossible à Dieu et peut-être pourrait-il tomber de cheval sous l’effet d’une puissante lumière, comme Saul persécutant les chrétiens. Homme, seulement homme, je ne parviens pas totalement à chasser de mon esprit que cette visite intervient à deux mois du premier rendez-vous électoral de François Hollande. Cœur de pierre, je fais l’hypothèse qu’existe un lien très étroit entre les deux. Mal élevé également, j’ai conçu fugitivement l’idée que ces conseillers se foutaient intensément de ma gueule. Là aussi, comprenez bien que je fais de gros efforts pour exercer pleinement mon amour de ce prochain qu’est aussi François Hollande et que je me gourmande de ne pas lui « faire le crédit de la bienveillance sans laquelle aucune compréhension n’est possible » (Benoît XVI).

C’est que voilà, l’invocation d’un message fort d’attention et de dialogue ne fait que souligner la tartufferie de la démarche, alors qu’en actes, François Hollande et le pouvoir en place n’ont prêté aucune attention aux catholiques qui se sont manifestés sinon pour leur appliquer un attentif mépris. Alors qu’aucun dialogue n’a été sérieusement engagé en dix-huit mois. Oh, j’ai noté cette réécriture de l’Histoire, voulant que François Hollande se soit raidi parce qu’il y aurait eu surenchère. Pas à nous, pas à moi…

Un message fort de dialogue et d’attention, alors que la tonalité de ce pouvoir est systématiquement hostile aux catholiques, et pas uniquement sur les réformes emblématiques mais également dans de multiples décisions quotidiennes ? Un message fort de dialogue et d’attention, quand François Hollande court au Vatican trois jours seulement après avoir inutilement et symboliquement élargi les conditions du recours à l’avortement en France, divisant délibérément les Français, ravi peut-être de brouiller les messages comme il l’affectionne, ravi de donner des contreparties à ses athées et initiés avant de rencontrer le pape, ravi de transformer une fois encore les catholiques légitimement heurtés en épouvantails.

Trois jours seulement. La même semaine. Comme une gifle appliquée par avance à ce pape qu’il qualifie simplement d’ »utile ». De cette vision instrumentale à l’instrumentalisation, il n’y a pas même un pas à faire.

Un message fort de dialogue et d’attention quand, dans le même temps, Manuel Valls qualifie ceux qui osent se manifester sur l’avortement et la loi Taubira d’ »intégristes de l’ultra-droite catholique », première menace avant celle, innomée, qui sévit dans les banlieues. Manuel Valls fera-t-il part de son analyse au pape, qui a soutenu les Marches pour la vie de Paris et Washington, puisqu’aussi bien il se trouve dans la délégation française au Vatican ?! Manuel Valls qui appelle au « combat »…

Manuel Valls qui contrarie jusqu’au Secours Catholique.

Je ne suis pas pape, grâce à Dieu. Je ne suis pas évêque. Ni prêtre. Pas institutionnel. EnsemblePourLeBienCommun-23Peu musicien de surcroît, rien ne me contraint à jouer la partition du catholique artisan de paix espérant en la rencontre inter-personnelle de ce jour. Ils sont allés trop loin. Le « message fort d’attention et dialogue », il faudra qu’il se traduise en actes pour me convaincre.

Et comme je suis d’un naturel prudent autant que prévoyant, pour sécuriser ces déclarations de bonnes intentions, au-delà même de tout mot d’ordre mais pour le bien commun, à l’instar du cardinal Barbarin, le 2 février, je ne passerai pas mon chemin, et délivrerai au Président « un message fort de dialogue et d’attention ». Parce que la réciprocité, c’est important, dans un dialogue.

 

Illustration : une simple association d’idées.

Le Tartuffe, de Molière. Celui de Dorat. « Le Tartuffe (…) en Hollande, et se trouve à Paris »

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Tête de pont ®, résolument à mon compte, quand j'y réfléchis bien.

52 comments

  • Ça me ferait rire que François fustige françois sur l’accueil des migrants et le respect des droits de l’homme.

    Juste pour rire.

  • La rencontre est terminée, « plus souriante qu’au début, mais sans plus » (@jmguenois) ou « beaucoup plus détendus et souriants » (LB2S). Tout ça pour ça. 35 minutes de rencontre. C’est avec ça que François voulait « renouer avec les catholiques ». Il semble toutefois que le pape n’ait pas souhaité développer toute sa chaleur latino-américaine.

  • je n’ai jamais vu le pape François afficher un visage aussi figé… Il ne faut peur-être pas trop compter sur lui pour une diplomatie de Tartuffe, justement ! Vive le Pape !

  • Au-delà du fond de votre billet que je rejoins, juste une précision si vous me permettez : Saul n’est pas, je crois, tombé de cheval sur le chemin de Damas.

  • Sur la vidéo de cette rencontre, on peut dire que notre jovial pape argentin n’a pas souhaité afficher une mine par trop réjouie. Il est possible qu’il ait été avisé que les catholiques français n’étaient pas portés à beaucoup d’indulgence. Possible aussi tout simplement qu’il soit aussi peu friand que moi de la discordance entre les actes et les paroles. Et peu ravi de l’indélicatesse qui consiste à avoir voté cette loi sur l’IVG trois jours avant de venir le voir.

    @ Jibitou : je vous ai mis le lien, pourtant. Verset 4 : « il tomba à terre », tout de même. Peut-être peut-on l’interpréter comme le fait qu’il se prosterne, mais cette interprétation est-elle vraiment certaine ?

  • @koz : oui, il tombe bien à terre. Mais il n’est pas dit qu’il était à cheval… C’est amusant de voir comment certaines scènes sont « vues » aujourd’hui : c’est le cas, si je ne me trompe, de la nativité, où l’âne et le boeuf sont dans les apocryphes, mais pas dans les évangiles. Pour saint Paul, je crois me souvenir que c’est dû à un tableau d’un peintre célèbre (Delacroix ?) qui a « imprimé » cette image du cheval dans l’imaginaire collectif. Mais c’est du détail, je vous le concède.

    Sinon, j’ai rarement vu le pape François faisant une telle tête…

  • Pas mieux… Lisez cet article, Koz, c’est assez marrant ce que disait Fabius il y a 3 ans à propos d’une visite deSarko chez Benoît XVI : http://www.lepoint.fr/politique/laurent-fabius-il-ne-faut-pas-prendre-les-catholiques-pour-des-sots-09-10-2010-1247128_20.php A la lumière de l’actualité, cette phrase de Fabius devient drôle, non ? Belle ironie. Et bé, Pépère, si tu t’étonnes de l’accueil frais du Pape, « il ne fallait pas prendre les catholiques pour des sots ! »

  • « par capillarité tout du moins, cette bonne disposition touche le cœur de François Hollande » Oh ! Quelle belle image ! En plus, j’y rajoute une bonne dose de prière à l’Esprit Saint. Lui sait rentrer dans les cœurs même les plus endurcis !

  • C’est marrant, je suis venu lire l’article dans l’unique intention de vous demander s’il n’était pas important d’agir en chrétien, avec bienveillance envers F.H (bien qu’il ne nous renvoie évidemment pas cette bienveillance ) plutôt qu’être toujours critique, et de juger avant même qu’il se soit passé quelque chose; parce qu’aujourd’hui j’en ai un peu ma claque de réagir en opposant politique borné plutôt qu’en chrétien; et vous m’avez devancé koz :) Mince alors, avant que j’essaye d’enlever la paille de votre oeil, vous l’aviez déjà retirée, il ne me reste plus qu’à déloger cette poutre du mien :)

  • Merci à vous, Koz, pour ce décryptage es- tartuferies… on pourrait encore en rajouter des pages et des pages sur les couleuvres avalées depuis près de 2 ans …

    Lors de la conférence de presse, j’avais vraiment tiqué sur le coup du Pape « utile », et puis j’ai lu ce commentaire d’un chroniqueur : « ben oui, utile, … c’est notre boulot de catholique, non… ? » et j’ai bien aimé cette façon, comme une vraie « joue gauche » , de traduire ce propos méprisant comme une reconnaissance de la contribution du chef des catholiques au bien commun…

    Merci aussi pour le coup du message fort et de la réciprocité dans le dialogue pour le 2 février, ça me donne plein d’arguments et d’idées pour le tractage !!
  • @ Koz: pour le sourire, moi aussi, ça m’a vivement frappée, quand j’ai vu la vidéo sur KTO : je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais vu le pape aussi peu souriant !

    d’une certaine manière, a posteriori, cela ne me surprend guère: contrairement à Hollande, François n’est pas un tartuffe (ni un imbécile!), et Hollande avait effectivement multiplié les indélicatesses. sans compter que j’ai comme l’impression que le pape avait bien lu la supplique qui lui a été adressée (et vu peut-être à quelle vitesse le nombre des signataires augmentait!) En tout état de cause, il devait un peu appréhender cette rencontre (comment toucher quand même ce cœur-là?)

    Bon, la Conversion de St Paul (ou plutôt sa commémoration!), c’est demain. Celle de Hollande… je prie pour ça, mais je ne sais pas quand ce sera!

  • ah, le lien que vous avez mis (et que j’avais déjà utilisé hier soir dans quelques méls envoyés) ne renvoie plus directement au beau texte de mon-super-évêque-dont-je-suis-très-fière-er-que-j’aim-très-fort . et je n’arrive pas à soir ce qu’il faut que je fasse sur le site du diocèse pour le retrouver heureusement, il est toujours sur le site de la Croix : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Mgr-Philippe-Barbarin-archeveque-de-Lyon-Moi-Philippe-pretre-je-ne-peux-pas-passer-mon-chemin-!-2014-01-23-1095341 (on va faire comme ceux dont parle David Lerouge, s’abonner à la Croix et suivre Jésus?)

  • Hollande a voulu faire un investissement électoral. Il fort possible que son rendement soit négatif, les catholiques étant plus indisposés par la tartufferie de la chose qu’impressionnés par la photo de presse.

  • Sur le plan de la tartufferie à l’égard des catholiques, notre Président a encore bien du chemin à faire pour arriver au niveau de son prédécesseur. Il était clair dès le début de la campagne de 2012 que François Hollande avait fait une croix sur l’électorat catholique, le considérant comme acquis de toute façon à la droite (il n’avait pas entièrement tort sur ce point). Il n’y avait aucun cadeau à attendre de lui sur ce plan, et en effet, il n’y en a eu aucun.

    De même, il n’y a rien de particulier à attendre de cette visite. C’est un geste de politesse a minima, qui signifie simplement que François Hollande ne souhaite pas qu’on dise de lui qu’il n’a jamais rencontré le pape, alors que presque tous ses prédécesseurs l’ont fait. C’est tout. Il n’attend rien des catholiques, il veut juste montrer qu’il n’ignore pas leur existence, et qu’il peut être intéressant de prendre leur avis pour information – mais certainement pas pour le suivre.

    Notez, c’est déjà mieux que le contraire: il pourrait aussi s’en foutre complètement.

  • Bon, la comparaison des communiqués Hollande vs Vatican est édifiante, le « signe fort » est en effet donné : « nous (gouvernement français) n’en avons strictement rien à faire de vos avis sur les sujet liés à la bioéthique et la famille – mais bon, si vous voulez nous soutenir sur la république centrafricaine ou le climat nous acceptons de bonne grâce votre appui. »

  • quelle merveille de voir écrit par Koz ce que je rêve de dire .. sans avoir le don des mots justes .. merci Koz !

  • A la veille d’élections, le président français a du réaliser un chiffre : Même si le catholiques pratiquants sont devenus une minorité, « Qui peut se targuer en France de réunir physiquement trois millions de personnes chaque semaine ? » (Marc Fromager, Chrétiens en danger, EdB, 2013, p 175). C’est le nombre de gens qui vont à la messe. Ni le PS, ni l’UMP, ni même la CGT ou la CFDT, etc. ne peuvent se targuer de cela ! Sauf qu’il est un peu tard pour aller faire la pêche aux voix… Personne n’est dupe. Ni en France, ni au Vatican où notre Pape est aussi miséricordieux que lucide.

  • J’ai un peu du mal à croire qu’aller voir le Pape puisse être un « investissement électoral » que ce soit pour un président de gauche ou de droite. Les catholiques soutiennent un-e politique en fonction des actes (et de leur proximité ou pas avec leur vision du catholique)

    Sinon, je viens de lire les 10 contributions dont vous faites partie. Merci. On y trouve la famille mais aussi la pauvreté, des hommes et des femmes, bref une diversité qui donne une meilleure représentativité. (j’avoue que la pétition qui a circulé m’avait plutôt refroidie…. )

  • Oui, tout cela, mais plus encore ! Que François Hollande se permette de dire qu’il a « donné une leçon » [de laïcité à la française] au Pape, c’est juste affligeant ! Qu’il utilise le mot « dignité » pour définir leur point d’accord, alors qu’il n’est rien de commun entre la dignité au sens d’Hollande et au sens du Pape.

    Et pour ce qui est des actes concrets, j’ai hâte de voir la réaction du gouvernement à notre manifestation du 2…

  • @ Nelson: Ah! J’ai oublié aussi la délicate façon dont Hollande a dit que oui oui, les catholiques on les écoute, mais pour les décisions ils n’importent pas. Façon de dire que nous laisser parler, c’est déjà bien?

  • Koz

    merci pour ce texte, je me sens totalement en phase avec vous. Vous avez écrit  » Mal élevé également, j’ai conçu fugitivement l’idée que ces conseillers se foutaient intensément de ma gueule », ce qui résume parfaitement bien la situation.

    Je dirais même que je prends ce « foutage de gueule » comme une provocation.

    A propos de provocation, c’est le terme que ma fille de 19 ans vient de prononcer ce soir concernant la nouvelle loi sur l’IVG enlevant la notion de détresse.

    Bien à vous Koz

  • Je viens de lire les commentaires et j’ajoute que que l’accueil glacial du pape François, qui sait se montrer si jovial, m’a réjouie moi aussi. Je sais, c’est maigre, mais pas tant que ça. Cela me laisse croire que le pape François pense à nous, qu’il n’est pas dupe. Les relations diplomatiques sont une chose, la tartuferie en est une autre. La tartuferie de Hollande en a été mise encore plus en valeur.

  • FH est tellement obsédé de ne pas faire du NS, qu’il finit, par sorte d’actes manqués successifs, par outrager l’original lui même. On n’est plus dans la tartuferie, on est dans le complet ridicule.

    (c’est plutôt bien vu cette couverture : il y a probablement tout le quinquennat résumé avec des mots à peine dans le désordre. Même la citation sur l’imposteur est une imposture)

  • Cela aurait été surprenant que Koz n’écrive pas un billet sur cette visite. Bravo de l’avoir fait avant l’évènement. Le billet est excellent et dit vrai. Je prends note que Koz n’a pas été aussi dur avec FH qu’il aurait pu. La photo-souvenir n’est pas terrible, il faudrait ajouter en exergue, pour mettre un peu en valeur le président : Sans doute le chef d’Etat le plus cathophobe que le pape François ait jamais reçu.

  • Hollande, mi-Tartuffe, mi-Machiavel, feint un accord complet avec le Pape sur la défense de la dignité de la personne humaine. Alors qu’il a fait de l’avortement un droit trois jours plus tôt et qu’il vient de lancer la préparation d’une loi sur l’euthanasie. La supercherie, la manipulation, le mensonge sont le style Hollande de gouvernement. Il a une manière d’utiliser les mots: il utilise les mots « épreuves et douleurs » pour parler de ses relations extra-conjugales. Il parle de « dignité » pour parler « d’avortement et d’euthanasie ». Il parlait d’ « égalité » pour évoquer l’adoption d’enfant par des couples homos. Hollande utilise la « novlangue » pour manipuler l’opinion.

  • louvoyeur , cynique , enfumeur ,prince de la diversion , j’arrête d’en jeter, l’écoeurement m’envahit L’autre François était d’une autre trempe même s’il était qualifié de Janus

  • @ Gwynfrid:

    Pourquoi cette fixation sur la comparaison FH/NS ? Vous allez finir par nous faire aimer NS. :-)

    Plus sérieusement, je ressens une différence. NS n’avait pas pour le christianisme le mépris affiché par FH et ses amis. il se contentait d’aller à la pêche aux voix.

  • Aristote a écrit :

    @ Gwynfrid: Pourquoi cette fixation sur la comparaison FH/NS ? Vous allez finir par nous faire aimer NS.

    J’essaie d’éviter de faire systématiquement la comparaison, mais avec les récents événements, c’est plus difficile que d’habitude. Quant à vous faire aimer NS en comparaison avec FH, je ne crois pas que je puisse faire bouger votre opinion sur ce point :-)

    Aristote a écrit :

    Plus sérieusement, je ressens une différence. NS n’avait pas pour le christianisme le mépris affiché par FH et ses amis. il se contentait d’aller à la pêche aux voix.

    Pour ma part, le pseudo-respect qu’il avait affiché dans ses différents discours et qui a été totalement démenti par la réalité de son action m’avait frappé plus que ne le fait la pâlichonne tentative holllandaise d’aujourd’hui. Pour l’indifférence, voire le mépris à l’égard des croyants, FH l’emporte. Pour la tartufferie et le foutage de gueule, j’accorde la palme à NS… mais tout ceci n’est qu’anecdotique.

  • Hollande aurait du rester dans son domaine de prédilection : la laïcité. Il y était pâlichon ou commun selon les goûts.

    Ce faux rapprochement avec les cathos fait – pour moi – qu’il devient un Tartuffe : les actes dementent les paroles, bien prudentes au demeurant. Aucune crédibilité. C’est une faute d’être cordial avec ceux qui nous méprisent. Le pape l’a peut-être compris.

  • Prenant connaissance de cet excellent billet avec un peu de recul, je partage aussi l’esprit de nombreux commentaires, sauf l’idée que tous les catholiques sont de droite (merci pour la biodiversité !). Les chrétiens dont la sensibilité politique est plutôt « de gauche » sont actuellement dans une position très éprouvante ; il m’arrive de prier pour eux en espérant que leur attention au prochain ne soit pas émoussée par le découragement, voire l’écœurement…

    Quels que soient leurs analyses politiques, les chrétiens en arrivent tous et plus que jamais, à l’idée qu’ils ne pèsent presque rien sur la scène démocratique et que les offres électorales en rayon, d’un bout à l’autre du spectre, ne peuvent leur convenir. Et s’ils s’y résignent, c’est au prix de contorsions croissantes : cf. la promotion du mariage homme-femme !

    Tout cela n’est pas bon signe pour la démocratie… Cette visite à Rome peut éluder une autre question importante pour les chrétiens de France : faut-il éviter de les enfermer dans le communautarisme ? et si oui comment ? Il me semble en tout cas que les pouvoirs publics ne peuvent se désintéresser de la question.

    Ils ne peuvent s’en désintéresser, sauf à voir fleurir des labels de compatibilité à « l’écologie humaine » de type : hôpitaux et médecins sans euthanasie/IVG, importateurs vigilants sur le travail des enfants, employeurs observant le dimanche, placement vraiment éthiques, écoles exemptes gender/planning…

  • @Théa François,  » Quels que soient leurs analyses politiques, les chrétiens en arrivent tous et plus que jamais, à l’idée qu’ils ne pèsent presque rien sur la scène démocratique et que les offres électorales en rayon, d’un bout à l’autre du spectre, ne peuvent leur convenir. Et s’ils s’y résignent, c’est au prix de contorsions croissantes : cf. la promotion du mariage homme-femme ! » Les chrétiens peuvent aussi créer un parti de masse démocrate chrétien et s’engager sur un programme politique . Je crois qu’ils ont par exemple joué un rôle important aux Philippines au moment de la chute de la dictature Marcos. Il doit bien y avoir ici et là dans le monde d’autres exemples où les chrétiens s’engagent en politique quand l’offre existante ne leur convient pas ou plus. Je me trompe?

  • @ Théa François: Et que fait un luthérien anar qui se trouve allègrement rangé à l’extrême droite catholique? Sans mentionner les juifs, musulmans ou même athées un peu plus portés sur la décence?

  • Un des commentaires sous les 14 raisons d’être contre la légalisation de l’euthanasieADMD a mentionné l’homme « utilitariste » qui signifie une réification de l’homme: l’homme devient comme un objet dont on dispose à sa guise et selon son utilité aperçue. Et c’est encore ce que fait ce président. Certes, ça s’est fait depuis toujours, plus ou moins expressément – l’homme, ne commence-t-il pas au capitaine? Mais ce n’est pas une raison de goûter le mécanisme. Et autre trait des milieux politiques malsains, c’est cette manière d’ostraciser ceux en désaccord. Le mot « staliniste » veut s’imposer à mon clavier. Voilà, cette manière d’argumenter avec le marteau qui nuit à la république, à la démocratie, à la vie politique en France aujourd’hui. Car elle engendre l’autocensure (que bien sûr je ne confonds pas avec les exigences de la politesse et de la modération).

  • Théa François a écrit :

    Quels que soient leurs analyses politiques, les chrétiens en arrivent tous et plus que jamais, à l’idée qu’ils ne pèsent presque rien sur la scène démocratique et que les offres électorales en rayon, d’un bout à l’autre du spectre, ne peuvent leur convenir.

    Bonsoir,

    A mon avis, en tant que petite minorité, les catholiques pratiquants doivent limiter leurs attentes politiques à continuer à pouvoir vivre comme ils l’entendent, sans chercher à imposer une conviction à une majorité qui ne les partage pas. Aujourd’hui, à part peut-être sur le travail du dimanche (qui ne concerne en pratique que certains secteurs), je ne vois pas beaucoup de choses qui empêchent les catholiques pratiquants de vivre leur vie, et sur certains points, ils bénéficient encore d’une situation privilégiée (financement par l’état de nombreuses institutions catholiques…).

    En cherchant à obtenir plus, vous avez plus à perdre qu’à gagner.

  • @ Uchimizu:

    Il est mignon ce programme du « on reste mener notre petite vie dans notre coin » mais les chrétiens n’ont pas vocation à rester – ou retourner – dans les catacombes.

    Il leur est demandé d’être le sel de la terre et la lumière du monde. Un programme plus ambitieux, donc forcément plus difficile. Mais ce « plus » qui est demandé ce n’est pas pour assurer un intérêt catégoriel (chouette l’Etat continue à payer pour nos églises monuments historiques, ouf, n’en demandons surtout pas plus et ne crions pas trop fort quand un maire en détruit une non plus), mais de porter un message, évidemment au-delà de la communauté de ceux qui sont déjà croyants.

  • Il faut vraiment ne rien comprendre au catholicisme ni aux actions des catholiques pour écrire cela. Débarrassez-vous donc du modèle corporatiste français ! Les catholiques n’agissent pas pour leur petite boutique, ils agissent par conviction que de leur position ressortira un bien commun, pour tous. Vous pouvez ne pas partager ces opinions, mais cessez de raisonner comme s’il s’agissait pour les catholiques de vivre comme ils l’entendent. Vous savez, créer des ghettos, se retrouver dans quelque commune de l’Ouest parisien pour ne plus fréquenter que catholiques et abandonner le monde, c’est facile à faire. Mais c’est en contradiction totale avec le christianisme que nous le ferions. Et lorsque nous sommes opposés à l’avortement, ce n’est pas parce que l’on nous force à avorter, c’est parce qu’il y a une vie en jeu. Lorsque nous sommes opposés à l’euthanasie, ce n’est pas parce qu’on nous piquerait de force, c’est parce qu’il y a une vie en jeu. Lorsque nous sommes opposés à l’adoption homosexuelle, ce n’est pas parce qu’on nous forcerait à faire adopter nos enfants par des homosexuels, c’est parce qu’il y a des enfants en jeu.

    Mais vous pouvez fonctionner comme tout le monde, comme le reste de cette société individualiste, éclatée, sans destin commun, qui ne fait que s’émouvoir une fois de temps en temps des conséquences de son égoïsme, et qui ne réagit que lorsque son petit pré carré est touché.

    Vous pouvez soupeser une action entre ce que l’on a à y gagner et ce que l’on à y perdre, comme vous le faites. Vous pouvez aussi lire la dernière tribune du Cardinal Barbarin et en particulier ceci :

    Le Seigneur ne nous demande pas une obligation de résultats… Nous n’avons pas été envoyés pour gagner, mais pour témoigner, car, au soir de notre vie, nous ne serons pas jugés sur nos victoires, mais sur l’amour, et selon un seul critère, essentiel, celui de notre attitude vis-à-vis des plus petits.

    Si vous voulez parler à un catholique, un catholique cohérent, il faut vous mettre ça dans le bourrichon.

    Tout le monde cite avec déférence le texte du Pasteur Niemöller :

    «Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que Je ne suis pas catholique. Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

    Il serait peut-être temps de comprendre qu’il ne s’agit pas que de l’Allemagne des années 30 ou seulement des Juifs et des syndicalistes, mais de nos prochains, en toutes situations.

  • @ Koz: La recherche du bien commun n’est pas l’apanage des catholiques, Dieu merci. Les partisans de l’avortement, de l’euthanasie et de l’adoption homosexuelle pensent également que ces mesures permettent d’atteindre un plus grand bien, sinon pourquoi les soutiendraient-ils ? Ne leur faites donc pas ce faux procès.

  • Je peux reconnaître la bonne volonté, si mal employée, de certains, en effet. D’ailleurs, relisez mon commentaire, et indiquez-moi où j’aurais affirmé que les catholiques détiendraient l’exclusivité de cette recherche.

  • @ Koz : Je ne sais pas, par exemple en disant :

    le reste de cette société individualiste, éclatée, sans destin commun, qui ne fait que s’émouvoir une fois de temps en temps des conséquences de son égoïsme, et qui ne réagit que lorsque son petit pré carré est touché.
  • Tilt a écrit :

    @ Koz: La recherche du bien commun n’est pas l’apanage des catholiques, Dieu merci. Les partisans de l’avortement, de l’euthanasie et de l’adoption homosexuelle pensent également que ces mesures permettent d’atteindre un plus grand bien, sinon pourquoi les soutiendraient-ils ? Ne leur faites donc pas ce faux procès.

    Il est même possible pour un catholique d’être en faveur de l’adoption par les couples de même sexe comme atteignant un plus grand bien, relativement au statu quo ante. C’est la position (très minoritaire) que j’ai moi-même défendue sur ce blog.

  • Koz a écrit :

    Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.

    Bonsoir,

    il me semble que l’on n’est pas très loin d’un point Godwin ici. A mon avis, vous faites un amalgame entre un pays qui ne suit pas exactement le modèle de sociale-démocratie libérale que vous préférez, et les totalitarismes, ce qui est insultant pour les victimes des grandes terreurs. Pour faire la différence, je vous suggère la définition de Churchill « Democracy means that if the doorbell rings in the early hours, it is likely to be the milkman ».

    Certes, vous allez me parler de l’avortement et de l’euthanasie, mais ce sont des cas limites, et beaucoup de partisans de la légalisation le sont, non pas par enthousiasme, mais parce qu’ils pensent que ces situations, qui ont toujours existé et concernent les deux extrémités de la vie, sont mieux encadrés par des lois que dans l’arbitraire de la clandestinité. Il y a d’autres sujets sales du même type, comme la peine de mort, la légalisation ou la prohibition des drogues, que la société doit traiter à mon avis pragmatiquement, même si cela dérange.

    Et puis il n’y a pas que sur ces sujets que nous débattons fermement. Certains échanges vigoureux concernaient le travail du dimanche, ou le divorcce par exemple, qui ne sont pas une question de vie et de mort.

    Enfin, les catholiques sont bien libres d’avoir l’attitude qu’ils souhaitent. Mais j’ai l’impression que le mode d’interaction actuel avec le débat politique, en plus de vous frustrer continuellement de ne pas obtenir de résultat, horipile aussi une partie de la population, et est, à la fin, contre-productif. D’autant que le message audible se concentre sur les sujets polémiques et pas beaucoup d’autres, notamment sociaux, sur lesquels, finalement, vos valeurs ne sont pas si différentes de celles de l’ensemble de la société.

    Pour avoir observé d’autres religions interagir avec le monde moderne, j’ai l’impression que les religions qui ne cherchent pas à intervenir activement en politique (rendez à César…) trouvent aussi une place intéressante dans la société, plus discrète peut-être, mais à mon avis plus efficace.

  • Koz et Umpty-Dumpty, restons modérés, pour l’instant ni « chercher les gens » ni les catacombes ne sont au programme (quelques gardes-à-vue et éventuellement une trempe policière autour d’une manifestation, ça forme la jeunesse). Mais la division de la société en groupes distincts affaiblit l’opposition. Etre contre l’euthanasie etc. n’est pas une opinion proprement « catholique ». Sauf que les opposants sont désarmés dès ce que il est acquis que ce seraient des opinions particulières d’un groupe très minoritaire et éventuellement bizarre et qu’il faudrait d’abord se justifier de ne pas y appartenir. Il y a un orgueil à être le sel de la terre dont on fait bien de se méfier dans l’intérêt de l’efficacité de la lutte. On peut être contre ces choses parce que juriste, on tient à cette distinction fondamentale entre chose (pouvant faire l’objet d’un droit) et personne (le titulaire mais jamais l’objet d’un droit). On peut être contre l’euthanasie pour des raisons pratiques: qui a vu avec quelle aisance on confond parfois « absence de consentement » et « absence de pouvoir de consentir »lors de procédures d’internement ne peut être que saisi de vertige à l’idée que l’enjeu ne serait plus la liberté mais la vie. Croyez-moi, on est toujours le fou de quelqu’un.

  • sans a écrit :

    Sauf que les opposants sont désarmés dès ce que il est acquis que ce seraient des opinions particulières d’un groupe très minoritaire et éventuellement bizarre et qu’il faudrait d’abord se justifier de ne pas y appartenir.

    Vous avez mille fois raison. Seulement, voyez-vous, ce n’est pas l’effet d’une revendication des catholiques : lors du débat sur le mariage homosexuel, l’Église a choisi d’argumenter sur des base anthropologiques et non directement religieuses, et les organisateurs des Manifs pour tous ont dépensé beaucoup d’énergie à inclure des non chrétiens. Ce sont leurs adversaires qui cherchent à réduire l’opposition au seul catholicisme intégriste.

    La même manipulation sera mise en oeuvre pour tous les prochains débats de société.

    Avec pas nécessairement l’effet recherché. L’affaire des SMS sur la théorie du genre qui ont affolé des parents est peut-être symptomatique. On peut botter en touche en y voyant une manipulation jouant sur la paranoïa de certains parents. Peillon nous explique que le module ABCD, ce n’est pas la théorie du genre, qui d’ailleurs n’existe pas. Pourtant la proximité idéologique entre féministes de combat et tenants de l’équivalence des genres est avérée.

    Et le bon peuple, cet obscurantiste indécrottable, se rebiffe, sans doute maladroitement.

    Sait-on jamais, peut-être qu’un jour, pas nécessairement proche, il s’avisera que lÉglise catholique aura été une des rares institutions à conserver un brin de bon sens !

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