François, Marielle, Françoise. Et moi

Liberal, face à son foie de veau, me disait dans un sourire que mon agacement vis-à-vis de François Bayrou était plus que perceptible.

Je m’en veux, si vous saviez. Mais en fin de compte, oui, je l’avoue, je préfère un socialiste, au positionnement clair, à celui qui croit masquer habilement un opportunisme forcené sous la promotion d’une chimérique « politique autrement ».

Nous en parlions parce que j’évoquais l’idée d’un billet aide-mémoire pour me rappeler de faire le compte des choix du Modem au lendemain des municipales : combien de fois celui-ci aura-t-il fait un choix courageux, un choix de convictions, apportant son soutien à une liste en difficulté, et combien de fois il n’aura fait, bien classiquement, que voler au secours de la victoire…

On pense à Bordeaux, on pense à Dijon. A un moindre niveau, je pense à ma ville, Rueil-Malmaison, dans laquelle, pas fous, les Modem n’iront pas se rallier au socialiste.

Vous n’oublierez pas de me le rappeler, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas que je trouve ce comportement irrationnel, non. C’est seulement à peu près aussi agaçant que de surprendre un champion US de la croisade morale en train de harceler son assistant.

Alors, on me dit : « tu fais une fixette sur Bayrou ». C’est injuste. Et c’est faux.

Car j’en pense autant de Marielle de Sarnez. C’est juste que l’on voit moins sa moitié. Mais promis, quand je la vois, j’en ai autant pour elle. Voyez : rien de personnel.

Alors, figurez-vous que, tandis Liberal n’avait point encore achevé de digérer son foie, je n’ai pu qu’à grand-peine contenir mon hilarité devant un chat1 de Marielle de Sarnez qui tombait, ma foi, fort à propos.

*
C’est que l’alliance Sarnez-Delanoë est faite. Actée.

Ceux qui nourrissent encore un doute, ou un espoir, à ce sujet, sont bien innocents. Les prétendus atermoiements qui persistent ne sont plus que mise en scène. Sarnez fait mine de réfléchir jusqu’au bout. Delanoë fait mine de froncer les sourcils. Et Panafieu fait mine d’avoir tenté l’ouverture jusqu’à la fin. Pourtant, voilà qui eut été un choix plein de panache : soutenir Panafieu aujourd’hui, voilà qui eut mouché tous ceux qui ne voient qu’opportunisme dans la démarche du Modem.

Las, tel ne sera donc pas le cas.

Comment puis-je être si affirmatif ? C’est que le chat du Monde.fr achève de transformer les fortes probabilités en certitude et ce, d’une bien triste manière. Le fond du propos de Marielle de Sarnez dément les apparences, le tout dans une langue de bois qui trahit le long parcours de l’apparatchik.

Rien que le titre choisi par LeMonde.fr est un poème en lui-même :

« Quand Bertrand Delanoë se dit ouvert, cela va dans le bon sens »

Envisager de justifier son alliance à venir par un propos d’une telle inanité, c’est magnifique. Plutôt que se dire ouvert, ne devrait-on pas naturellement préférer qu’il se montre ouvert, qu’il en apporte des preuves, des gages ? Non. Le fait qu’il le dise sera suffisant, puisque la décision est déjà prise. Il n’y a de places à prendre que là. Et figurez-vous que « cela va dans le bon sens ». J’aime beaucoup cette expression. Quel est Le bon sens ? Et puis, si ce n’est que ça, il se trouve que François de Panafieu aussi, elle se dit ouverte.

Seulement là, ça ne va pas dans le bon sens. Eh oui.

C’est que ces histoires de sens, c’est subtil.

Tout dépend vers où l’on regarde… Ca n’a pas de sens.

Alors, Marielle de Sarnez, interrogée sur les déroutantes stratégies d’alliance du Modem, réaffirme cette inestimable singularité des siens :

« Si comme nous, on veut changer la vie politique française, et offrir un choix nouveau, alors on ne peut pas s’enfermer dans des alliances »

Comprenez : des alliances pérennes et claires. « S’enfermer » est un terme bien choisi car, effectivement, une alliance pérenne, ça oblige à une fidélité. Et la fidélité, c’est astreignant. Alors que l’on peut si bien changer d’alliance lorsqu’on la fonde sur ce qui se passe dans 36 000 communes.

Questionnée sur le risque que les stratégies d’alliance du Modem passent pour de l’opportunisme2, s’il se rallie toujours à celui qui a le plus de chances de l’emporter, Marielle de Sarnez répond : « Je ne suis pas sûre que ce sera toujours le cas ». Au moins, c’est honnête. On aurait préféré un : « vous verrez bien que ce ne sera pas toujours le cas » mais, en fait, elle n’en est pas si sûre que ça. Moi non plus, d’ailleurs.

Pour mémoire, Marielle de Sarnez poursuit :

« Ce qui compte le plus pour nous, c’est le projet et les équipes, les habitudes et les comportements. Ce que nous voulons faire reculer c’est l’esprit de sectarisme. »

Gardez cela de côté, on y revient.

Thibaut, ensuite, pose une intéressante question : »Pourriez-vous clarifier vos positions pour un éventuel second tour à Paris d’où vous seriez absent dans la grande majorité des arrondissements ? ». La réponse de Marielle de Sarnez s’annonce bien :

« J’ai une position extrêmement claire« 

Malheureusement, la suite est faite d’une magistrale langue de bois :

« je suis là pour faire respecter le mandat que m’auront confié les électeurs. C’est-à-dire avoir des élus qui, dans le cadre du majorité d’idées, auront pour mission de défendre et de porter le projet qui est le nôtre pendant les six années qui viennent. »

Elle aurait pu répondre : « wait and see » car elle ne fait que nous décrire le mécanisme bien connu… des élections.

Elle se fait plus claire ensuite car, après avoir indiqué quels sont ses points de convergence avec Bertrand Delanoë, un chatteur lui demande : « Quels sont vos points de convergence avec Françoise de Pannafieu ? ». Là, LeMonde.fr déploie un sens du suspense digne des albums de bande dessinée puisqu’il faut tourner la page pour découvrir la suite.

« Avant de parler des convergences, j’ai une grande différence avec elle, qui est une différence d’attitude. Pendant les sept années qui viennent de s’écouler, j’ai mis de côté le sectarisme et j’ai soutenu les projets qui étaient portés par Bertrand Delanoë, à l’image du tramway. Je regrette que l’UMP n’en ait pas fait de même. »

Nous y sommes.

Car, comme nous l’avons vu plus haut, le parti des chevaliers blancs a pour mission de « faire reculer l’esprit de sectarisme ». Or François de Panafieu est sectaire. Donc il faut faire reculer Françoise de Panafieu.

Tant pis si l’on peut penser qu’il y a quelque sectarisme à accuser quelqu’un de sectarisme.

Tant pis si l’on peut s’étonner qu’elle justifie son choix par une situation qui se serait étalée sur sept ans mais qu’elle semble découvrir, quelle surprise… à 10 jours du premier tour.

Tant pis aussi si, au moment d’en venir à Françoise de Panafieu, c’est finalement à une attaque personnelle qu’en vient Marielle de Sarnez.

Tant pis, surtout, si, alors qu’elle nous avait promis d’en venir aux convergences, elle s’en tiendra à ce seul anathème.

*
Le chat se conclut sur cet échange :

mickael_1 : Les alliances, certes ! Mais soyez claire. Vous sentez-vous plus proche de Mme de Panafieu ou de M. Delanoë ?

Ce n’est pas tant une question de personne que de projet. Et c’est aussi une question d’attitude. Chaque fois que Bertrand Delanoë se dit ouvert, cela va dans le bon sens ; pour le reste, ce sont les Parisiens qui, au soir du premier tour, diront s’ils veulent la même majorité qu’hier, ou qu’avant-hier, ou s’ils veulent une majorité nouvelle.

mat : Accepteriez-vous une alliance avec M. Delanoë avant le deuxième tour ?
Je viens de vous répondre.

Malheureux mickael_1, qui lui demandait d’être claire. Sarnez lui répond qu’il s’agit avant tout d’une question de projet… mais elle n’a pas dit un mot du projet de Panafieu. Sarnez lui répond que ce n’est pas une question de personne… mais une question d’attitude, ce qui relève tout de même un peu de la personne. Et, après avoir démontré qu’elle se contentera des déclarations d’intention d’un Delanoë dont la qualité première n’a pourtant pas semblé être l’ouverture, elle ne fait que lui rappeler qu’il y aura une élection.

Et à mat qui lui demande si elle accepterait une alliance avant le deuxième tour, elle prend soin de dire qu’elle vient de lui répondre3. Elle acceptera donc une alliance, mais pas avant de connaître le résultat du premier tour.

Alors, oui, effectivement, j’ai une aversion manifeste pour un positionnement qui n’est que la poursuite de la vieille politique sous de nouveaux atours.

Une aversion certaine pour un positionnement dans lequel les alliances occupent une telle place.

Notamment lorsque celles-ci ne se décident qu’avec la première certitude arithmétique des résultats du premier tour.


  1. au sens de « discussion électronique publique » []
  2. quel étrange soupçon, franchement []
  3. amusant, de maintenir cette réponse, lorsque l’on sait que, dans un chat, les questions sont sélectionnées []

32 commentaires

  • Bah oui, si les sondages donnent Delanoë gagnant pour l’instant, on ne sait jamais hein !
    Les sondages mon bon m’sieur on sait ce que c’est…
    Des fois que quelques arrondissements soient limites au soir du 1er tout … vaut mieux attendre… pour définir la meilleure alliance possible pour ramasser quelques sièges…

    C’est bien connu, les pigeons iront là où les miettes seront les plus nombreuses…
    Et elles tombent où les miettes ? … ben ça dépend du vent…

  • Personnellement, ce qui me chatouille le plus dans le Modem, c’est qu’on ignore leurs valeurs, leurs motivations. Tout est flou, ça change d’un jour à l’autre. Ils émettent des idées intéressantes mais elles ne font que passer.

    L’alliance avec Delanoë en est un exemple typique. Ils disent privilégier l’ouverture et choisissent celui qui en est l’un des moins bons représentants.

  • Delphine,
    « Personnellement, ce qui me chatouille le plus dans le Modem, c’est qu’on ignore leurs valeurs, leurs motivations. »
    Je suis bien tentée de te dire à l’échelle municipale avoir un maximum d’élus pour faire exister le parti, à l’échelle nationale discréditer l’UMP et NS sans aucune économie d’incohérences et de malhonnêtés…mais bon, j’ai un peu peur de me faire gronder par Lisette… 😉

  • Cilia > A vrai dire, moi aussi, j’ai craint ses foudres. Abritons-nous ! ;D

    Lisette > Je plaisante, bien sûr. Même si ton coté militante-scoute toujours prête est flagrant, la discussion reste possible avec toi, ce que j’apprécie beaucoup, je tenais à le dire.
    : )

  • koz: « Je m’en veux, si vous saviez. Mais en fin de compte, oui, je l’avoue, je préfère un socialiste, au positionnement clair »
    t’as vu ça où ?

  • Je ne comprends pas. Je croyais que pour la droite Delanoë était un « tocard » (en toute amitié évidemment). Vous ne trouvez pas courageux de voler au secours d’un « tocard » ?

  • @Delphine : « Personnellement, ce qui me chatouille le plus dans le Modem, c’est qu’on ignore leurs valeurs, leurs motivations. »
    yes Ok et crois tu que chez nous, FR avait besoin du modem ?

    Bon moi je te comprends aussi Koz car :
    – j’ai horreur du foie de veau et je ne t’explique pas l’effet
    – j’ai une aversion profonde et inexpliquée pour Bayrou (son côté je suis au-dessus voire même bien au-dessus illuminé) et incapable de prendre une décision et d ‘agir.
    Mais je n’ai absolument rien contre les militants du Modem. Ils me sont même sympathiques ! -)

  • thais tu dis ça pour ne pas fâcher lisette, ce n’est pas digne, on ne pars pas du singulier pour généraliser, même si lisette est plaisante à lire quand elle fait COURT !

  • effigy je t’interdis de dire cela. 🙁 Lisette a sa place comme tout le monde et je n’apprécie pas les allusions que j’ai pu lire ici ou sur le chat;
    Non il se trouve que je connais certains militants plus ou moins actifs et même si je n’ai aucune affinité voire même une detestation du chef (pas en tant que personne, je ne le connais pas), je ne mets pas tout le monde à la même enseigne et il se trouve que peut-être il y aurait eu un autre chef, avec une politique claire je me serais laissée tenter…

  • Puisqu’on vous dit depuis longtemps que le seul débouché politique pour le Modem (en dehors de l’exercice du ministère de la parole) est de s’allier au PS, qui restera, quel que soit son état actuel, la seule alternative à l’UMP… Tout cela est assez progressif, mais logique.

    Et les élus du « nouveau centre » qui sont allés à la soupe après la victoire de Sarko, ce n’est pas de l’opportunisme peut-être ?

  • Koz, j’ai longtempsété irrité par le ton dur que tu employais vis à vis du MoDem et de Bayrou mais force est de constater que ce parti est d’un opportunisme qui tranche avec sa volonté clamée de « changer la politique ». Tu parles! Plus politiciens, tu meurs. Et come tu el soulignes, ils n’ont même pas la classe de faireleur alliance tout de suite. PAs le courage. Ils veulent se compter pour peser… Comme les Verts, en somme. Pour savoir lequel des deux aura le plus d’adjoints.
    A bordeaux, en revanche, le même parti adopte la même conduite mais plus assumée et du côté de juppé… Pas fou, tout de même! On se met du côté du vainqueur, qu’on espère vaguement influencer en vendant cher ses voix.
    Ce n’est pas ça, la politique!
    M. Bayrou, vous n’aurez plus jamais, jamais, ô grand jamais une voix du chafouin 😉

  • Thaïs, j’entends dire ici et là que Rebsamen devra uniquement sa ré-élection à la faiblesse de la droite locale (ce que semblent confirmer les divers blogs dijonnais que j’ai pu lire) et non à sa capacité de séduction et de rassemblement. A ce compte-là, oui, il a besoin du MoDem, faut pas prendre de risques.

  • Vous me faites rire, à vouloir m’attribuer des choses que je ne dis pas, ni n’ai pensé.

    Jeff, s’il y a des élus du Nouveau Centre pour lequel j’ai de l’estime, si je pense que certains ont suivi l’aventure parce qu’ils étaient, culturellement, attachés au fait d’appartenir à l’UDF, et qu’ils son t restés fidèles, il y en a bien d’autres – dont au premier rang, Morin – pour lequel mon estime est assez comptée (en tout cas, l’estime que je porte à leur parcours). Passer des anathèmes à l’adhésion ne suscite pas mon admiration. Je l’ai déjà dit et écrit, merci.

    Ulpien, je ne suis pas UMP et je ne suis pas François de Panafieu. Sa sortie sur Delanoë était profondément ridicule et calculée. Donc, si vous voulez opposer le « tocard » de Panafieu, opposez-le à Panafieu, à ceux qui font sa campagne, ou à ceux qui se reconnaissent en elle. Pas à moi. Et non seulement je ne suis pas « la droite » mais Panafieu ne l’est pas davantage.

    Thaïs, mon aversion envers ce que je perçois du positionnement du Modem, mon agacement profond face au discours de Bayrou ou de Sarnez ne signifie pas que j’ai une aversion envers les militants du Modem. Tiens, je vous dirais que, en revanche, j’ai un préjugé favorable envers Jacqueline Gourault bien qu’elle soit une « fidèle d’entre les fidèles » de Bayrou et malgré sa participation à un certain appel.

    Le Chafouin, comme je l’ai déjà dit, la seule fois où j’ai milité de ma vie, c’était au sein de l’UDF… il y a plus de 15 ans. Le ton dur que j’emploie est donc dû à la fois à un sentiment de trahison, trahison personnel mais aussi trahison d’idées. Il est dû également à un discours mystificateur et donneur de leçons qui m’irrite profondément. Qu’un leader politique agisse en fonction d’un parcours purement personnel ne me choque pas en soi, mais qu’il prétende le faire au nom de la rénovation de la politique, ça me hérisse. Enfin, je trouve ce jeu d’alliances irrespectueux du citoyen. Des alliances sont bien évidemment envisageables mais dans la clarté, la lisibilité.

  • Bonjour,

    Ces prises de position affirmées de Marielle de Sarnez font penser que « le jeu des partis » est toujours prêt à renaître. Tout ceci ne donne pas envie de réinstaurer la proportionnelle.

    François Bayrou doit surement regretter de n’être pas venu en politique 60 ans plus tôt ou de l’autre côté des Alpes…

  • “tu fais une fixette sur Bayrou”. C’est injuste. Et c’est faux »

    Il est toujours plaisant de lire un auteur avec autant de sens de l’humour… Aucune fixation sur Bayrou de la part du sieur Koz, c’est l’évidence même, et donc bien sûr, aucune mauvaise foi…

    « combien de fois celui-ci aura-t-il fait un choix courageux, un choix de convictions, apportant son soutien à une liste en difficulté, et combien de fois il n’aura fait, bien classiquement, que voler au secours de la victoire… »

    Bon, déjà, des listes autonomes dans plus de 70% des villes de plus de 10.000 habitants, on peut peut-être appeler cela un choix de conviction ? Et si une majorité ce ces listes ayant réussi à faire plus de 10% des voix se maintient sans fusionner (et donc n’obtiendront que peu d’élus, d’opposition), on pourra peut-être appeler cela un choix courageux ?

    Lorsque le MoDem s’allie avec Juppé à Bordeaux, tout indique que ce dernier n’a pas la partie gagnée, loin de là… voler au secours de la victoire ?

    Quant à faire une liste autonome à Lyon après tant de déchirements internes, personnellement j’appelle cela de la témérité frolant l’inconscience, mais pour vous, sans doutre, c’est aussi voler au secours de la victoire… comme faire une liste à Marseille quand on vous pronostique 4% des voix…

    « A un moindre niveau, je pense à ma ville, Rueil-Malmaison, dans laquelle, pas fous, les Modem n’iront pas se rallier au socialiste. »

    Là je ne suis plus, c’est un compliment ou un reproche ? Ils volent au secours de la victoire en s’alliant avec le PS ? (à Rueil, vu le score de la droite, cela fait sourire), ou en restant seul ? (et là c’est un choix courageux ?)

    Bon, le reste est sur le cas particulier de Paris, l’alliance possible avec Delanoë au second tour etc.
    Personnellement, si j’étais un responsable parisien du MoDem, je l’aurais sans doute un peu mauvaise contre l’UMP qui a débauché Cavada et quelques autres responsables contre un plat de lentilles. Alors forcemment, quand les sondages deviennent mauvais pour l’UMP, la tentation de manger un plat froid devient sans doute assez grande.

    Certes, M de Sarnez n’est pas avare en langue de bois dans le chat que vous rapportez, mais annoncer dès maintenant sa stratégie d’alliance reviendrait à se tirer une balle dans le pieds avant toute négociation. A titre personnel, je pense que c’est Cohn Bendit qui a raison: si les Verts et le MoDem s’entendent, ils peuvent négocier un équilibre avec Delanoë qui ne met pas ce dernier en position de maitre absolu. Individuellement, ces deux partis risquent de voir leur influence sérieusement diminuée dans toute alliance.

    Plus globalement, le MoDem a bien fait ce qu’il avait annoncé: listes autonomes en majorité, et alliances avec des maires ou personalités assez généralement appréciés par les habitants, qu’ils soient modérés de droite ou de gauche. Pour les tenants du clivage droite-gauche, cela semble probablement anathème (quoique moins illogique que de faire rentrer des ministres de gauche dans un gouvernement de droite…). Pour les 60% de français qui jugent ce clivage dépassé, ce type d’accord au niveau d’une municipalité ne doit pas les traumatiser plus que cela.

  • @Koz: Moi perso de mon expérience de la campagne dans le 7ème, je retiens que Paris perdu à priori pour la droite (sauf à croire au père Noël), les question de personnes et la dimension locale d’une élection priment…
    Autant élire des personnes de respectueuses des autres…
    Quand je vois le manque de respect des personnes à l’UMP du 7ème, c’est paradoxal mais je crois que je ne pourrai pas voter UMP…Schizophrène non?
    Je l’aurai jamais cru!!

  • « Voltaire », ce qui eût été plaisant, c’est de voir que vous sachiez remarquer l’ironie lorsqu’elle est aussi manifeste. Je n’aurais pu, pour la rendre plus manifeste encore, que rajouter des panneaux et des néons mais j’ai la faiblesse d’avoir une certaine confiance dans mes lecteurs.

    Juppé loin d’être gagnant à Bordeaux ? Franchement, s’il a perdu aux législatives, c’est très certainement grâce au Modem. A ce jour, deux sondages consécutifs le donnent gagnant au 1er tour…

    Dijon ? Manifestement, vous avez préféré ne pas la mentionner. Le candidat UMP affirme que le Modem a travaillé au programme UMP jusqu’à début janvier…

    Rueil-Malmaison : je crains que là aussi, vous n’ayez quelque difficulté de compréhension. C’est bien parce que cette ville est à droite depuis au moins 1944-45 que les Modem voleront courageusement au secours de la victoire d’Ollier.

    Marseille ? J’ignore sa situation spécifique. Mais on aborde le cas des listes autonomes, à la différence de Bordeaux et Dijon.

    Précisément, les listes autonomes, un choix courageux ? On ne le saura qu’en analysant les alliances. Mais faire une liste autonome, c’est aussi le meilleur moyen de négocier son ralliement.

    Quant à Lyon, ce n’est ni de la témérité, ni de l’inconscience, c’est faire ce qu’on peut. Une partie avec Perben, une autre avec Collomb, la liste autonome qui rameute jusqu’à un type simultanément candidat sur la liste FN, effectivement, ce n’est pas un exemple.

    Pour ce qui est de Paris, le courage aurait peut-être été de se décider plus tôt. Le faire maintenant (à mots couverts) quand le résultat apparaît si évident. Ce qui serait amusant, c’est que Delanoë n’ait pas besoin du ralliement de Sarnez. Mais lorsque l’on voit la manière dont cette dernière écarte Panafieu, affirmant se déterminer sur des idées, des programmes, pour tout simplement occulter d’éventuelles convergences, et enchaîner sur une question de personnes qu’elle découvre subitement… on ne peut que se dire que le temps qu’elle met à annoncer son ralliement ne sert qu’à le négocier plus chèrement.

    Mais comme on n’est jamais trop prudent, on attendra d’être certain de savoir qui est en tête. On ne sait jamais : s’il y avait une surprise…

    Et puisque vous me parlez d’un choix courageux, je vous en propose un : pas d’alliance, pas de ralliement, pas de négociation. Remarquez que ça se fait à Pau. Parce que les alliances, ce n’est pas une nécessité.

    Blogblog > tu fais campagne avec Véronique ?

  • Hehe.
    Je tiens à rassurer tout le monde. On n’a pas passé le déjeuner à parler de Bayrou. Sinon, je n’aurais jamais pu finir ce foie de veau 🙂

  • C’est vrai, je l’avoue.

    On a même – un peu – parlé d’autre chose que de politique.

    Liberal m’a même dit qu’il préférait se consacrer aux billets positifs qu’aux billets négatifs.

    Mais moi, j’ai mauvais esprit. 😉

  • Koz je ne participerai pas à votre sujet parce que j’ai une aversion épidermique à Bayrou et encore plus à Sarnez, un couple de bonimenteurs pour moi.

    Je remercie le ciel de ne pas avoir un problème de Modem dans ma ville (sondages à Nice « Arc en Ciel » Modem 2,5 %, PS 20 %, Estrosi 39 %, Peyrat 22 %), j’en attraperai des boutons.

    Ce que je n’ai jamais compris c’est le choix de Panafieu pour Paris. On l’a envoyé au casse-pipe car personne voulait y aller ?

  • Comme avec Prodi en Italie… avec au bout d’un an, 10 points d’avance pour Berlusconi. Comme avec Bush aux USA… ou Kelly… ça laisse rêveur ce système.

  • @Koz

    Je comprends ta déception, elle est la même que la mienne : j’ai l’impression que ma voix est instrumentalisée, trahie. Je n’ai pas du tout, jamais, signé pour que des guignols s’allient à Delanoë…

  • « Précisément, les listes autonomes, un choix courageux ? On ne le saura qu’en analysant les alliances. Mais faire une liste autonome, c’est aussi le meilleur moyen de négocier son ralliement. »

    Hum…
    Dans l’absolu, on pourrait dire la même chose de tous les candidats.
    Se présenter, c’est la meilleure façon d’être élu.
    Tu connais la pub du Loto : « 100% des gagnants ont tenté leur chance ».
    Nous ne sommes pas aux USA avec 2 super partis.
    Je préfère avoir une liste autonome et, effectivement, faire une alliance ensuite pour représenter ceux qui ont voté pour moi.

    Quant aux alliances, quand on ne peut pas être autonome, il faudrait regarder au delà des villes emblematiques.
    J’en ai marre qu’on me cite toujours les quelques mêmes : les villes à problèmes et les villes où on part, à priori, avec le ticket gagnant.
    On pourrait d’ailleurs se poser la question du fait que c’est peut être parfois l’alliance qui crée le ticket gagnant.

    (pour Lyon, évite de digérer ce que balance la presse en brut : effectivement, un gars, avant dernier sur la liste du 8ème arrondissement était déjà sur une autre liste…
    C’est con, c’est pas « pro », mais je doute que ce soit la première fois)

  • « J’en ai marre qu’on me cite toujours les quelques mêmes : les villes à problèmes et les villes où on part, à priori, avec le ticket gagnant. »

    C’est pour cela qu’il faudra faire le compte, après.

  • Pingback: » De certains de mes problèmes avec la stratégie du Modem

  • « “Voltaire”, ce qui eût été plaisant, c’est de voir que vous sachiez remarquer l’ironie lorsqu’elle est aussi manifeste. Je n’aurais pu, pour la rendre plus manifeste encore, que rajouter des panneaux et des néons mais j’ai la faiblesse d’avoir une certaine confiance dans mes lecteurs »

    Prendre le lecteur pour un imbécile quand il ne partage pas l’avis de l’auteur, voilà qui relève sans doute d’une stratégie trop second degré pour moi, je l’avoue. Quant à ne pas remarquer l’ironie, je me demande qui des deux est celui qui nécessite des bésicles…

    « Juppé loin d’être gagnant à Bordeaux ? Franchement, s’il a perdu aux législatives, c’est très certainement grâce au Modem. A ce jour, deux sondages consécutifs le donnent gagnant au 1er tour… »

    Une analyse intéressante sur l’élection législative…
    Quant à la municipale, quand le moDem s’est allié à Juppé cet automne, rien n’indiquait que ce dernier pourrrait l’emporter, après sa défaite aux législatives… Les sondages indiquant sa victoire aux municipales sont bien postérieurs à cette accord.

    Je ne connais pas bien la situation à Dijon, si le candidat UMP le dit…

    « Rueil-Malmaison : je crains que là aussi, vous n’ayez quelque difficulté de compréhension. C’est bien parce que cette ville est à droite depuis au moins 1944-45 que les Modem voleront courageusement au secours de la victoire d’Ollier. »

    Sans doute, mon cerveau n’est pas à la mesure du votre. Si je vous suis, la liste MoDem fera donc alliance avec Mr Ollier au second tour, si second tour il y a ? Pari tenu. Je ferai sur votre site mon mea culpa si cela arrive, et je n’en attends pas moins de vous.

    Pour Lyon, je n’y reviens pas, ce fut manifestement le résultat d’un conflit entre stratégie pour les cantonales et pour les municipales. Quant à Paris, je veux bien que les MoDem soient un peu félés, mais suicidaire au point d’annoncer des semaines à l’avance leur stratégie de ralliement ? Plus besoin de faire campagne dans ce cas. Il faut quand même un minimum de réalisme politique.

    « Et puisque vous me parlez d’un choix courageux, je vous en propose un : pas d’alliance, pas de ralliement, pas de négociation. »

    Bien sûr vous donneriez ce même conseil aux listes UMP ou PS en ballotage difficile: pas d’accord avec le MoDem, la fleur au fusil, et tant pis si on perd l’élection…

    Ceci étant, je pense que vous serez surpris. Dans un certain nombre de villes, je ne serais pas étonné que le MoDem refuse de faire alliance s’il peut de maintenir, même sachant que cela le prive d’une participation à l’executif. Et Rueil sera sans doute dans le lot, si le maire sortant n’est pas élu au premier tour… Nous verrons bien…

  • @Koz:Ben nan!Chui UMP moi! Je peux pas faire campagne pour le Modem!
    D’où ma schizophrénie! 😉
    Mais çà montre combien des municipales sont vraiment une histoire locale et donc de personnes plus que de parti…

    Et quand tu vois çà:

    http://www.rue89.com/municipales-2008/candidate-dans-le-viie-rachida-dati-use-des-ficelles-racistes

    Je connais le gars sur la photo et il es tout sauf raciste, donc j’aurais jamais cru que je croirait ce que dit Rue 89! Décidément cette campagne est pleine de surprises pour moi!
    😉

  • Ouh la, ça a daubé sec ici. Je peux vous dire les choses comme je les ressens?

    Le vote Panafieu est impossible. Je pèse mes mots.
    Ca m’a fait bien marrer de lire que des gens auraient pu avoir l’espoir que Sarnez la soutienne, tiens. Je ne vois pas, à aucun moment, ce que sa candidature peut porter comme espoir. Ce doit être de l’ironie, sûrement.

    L’UMP de Paris, surtout à l’époque où Panafieu a été élue, c’est un repaire de vieux chiraquiens en déroute : c’est ça ses listes, avec trois quatre paillettes ajoutées ici ou là. Programme lamentable. Equipes lamentables. Candidate vraiment pas au top pour la communication. Passif au conseil de Paris : épuisant. L’accusation de sectarisme, dont je ne vois pas ce qu’elle a de « personnel », vient de là. Le groupe RPR puis UMP à la Mairie de Paris a représenté avec une très grande fidélité et une très grande constance l’image du sectarisme en politique, face à un maire qui essayait de faire revivre cette ville.

    Pour autant, est-ce que TOUT est rose chez Delanoë?
    Non.

    Déjà, y’a les verts qui sont pas roses du tout dans le bilan Delanoë, et qui ont représenté une autre facette du sectarisme politique.
    Les pauvres. Requiescant in pace maintenant.

    Faire durer le suspens pour des raisons politiciennes?
    Ben voyons, la politique c’est politicien en même temps. Et surtout : Tu sais très bien aussi qu’à partir du moment où un parti annonce son soutien AVANT MEME la consultation des électeurs, il devient croupion.

    Croupions nous fûmes, croupions ne voulons plus être.
    Nos idées nous voulons défendre quand nous pensons en avoir d’originales. Le projet de Sarnez, ça travaille dessus depuis son élection (que ça a été la première fois que j’ai franchi le seuil du 133 rue de l’université lol)

    Et pour défendre ses idées, il faut croire qu’elles sont différentes. On fait des alliances au second tour seulement. C’est ça les alliances de programmes. Le reste, c’est de la cuisine. Il ne peut y avoir alliance de programme qu’au second tour, avec ceux qui restent, et dans un scrutin proportionnel.

    On ne donne pas de satisfecit global à Delanoë.

    En revanche, je crois qu’on peut dire que s’il faut en choisir un entre Delanoë et Panafieu, je voterai pas Panafieu… lol.
    Je voterai Delanoë sans aucun complexe, oui!
    (enfin, je veux dire Coumet, vu que je vote toujours dans le 13è, ce qu’est rien complexe parce que V. Vasseur j’aurais pas détesté, pauvre démocratie)

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