Enfin tout de même, Marielle…

La pasionaria de l’extrême-centrisme, Marielle de Sarnez, vient de franchir un cap dans la contestation des institutions. Et je dois avouer que sa sortie me déconcerte quelque peu.

On sait que le Mouvement Démocrate s’étouffe devant l’insupportable iniquité de nos institutions.

Se demander si sa position resterait bien la même s’il devait un jour être en passe de devenir majoritaire serait faillir à ce « crédit de la bienveillance » auquel je devrais essayer de me tenir. Aussi accepterons-nous l’idée que cette dénonciation des institutions correspond à une conviction sincère et profonde. Notons tout de même que, le MD présentant 535 candidats, devrait pouvoir espérer, si ce sont des candidats de valeur, obtenir les 14-15 députés supplémentaires nécessaires pour constituer un groupe, ce qui devrait suffire à son expression publique.

Mais voilà que Marielle de Sarnez déclare :

« Il n’est pas normal que quelqu’un, qui a fait près de 19% des voix au premier tour de la présidentielle, n’ait pas automatiquement une représentation à peu près égale à cela« 

Puis-je, Marielle, m’étonner de cette conception politique et institutionnelle ?

Politiquement, si François Bayrou a fait une bonne campagne (même si je ne partage pas ses conceptions, et ne peut réfréner un certain scepticisme quant à sa conversion anti-système), il a, aussi, bénéficié de la personnalité des candidats qui lui étaient opposés. De Nicolas Sarkozy qui, à tort ou à raison, faisait peur à une partie de l’électorat, par son possible autoritarisme. De Ségolène Royal qui, à tort ou à raison, faisait peur à une partie de l’électorat, par sa possible incompétence. Vous me direz peut-être que tel est le jeu d’une élection, et que ces deux candidats ont peut-être bénéficié également de circonstances extérieurs à leur seule personnalité ou à leurs seuls propositions. Vous aurez en partie raison, mais en partie seulement, François Bayrou s’étant nettement placé sur un créneau contestataire – aussi rigolo que cela puisse paraître – agrégeant ainsi à un vote d’adhésion un vote de rejet. En résumé, je pense que son score eût été moins élevé face à des personnalités moins « clivantes » telles que Villepin ou MAM.

Lui conférer automatiquement une représentation parlementaire similaire à son score aux présidentielles serait faire l’impasse sur ces considérations spécifiques.

Surtout, ce n’est pas le mode de scrutin qui le crédite à cette heure de 9% d’intentions de vote. Où est la « vérité » entre ces deux chiffres ? Quel est le poids des idées du Mouvement Démocrate ? 19% ou 9% ? Peut-être faudrait-il envisager de confirmer avant d’estimer nécessaire une représentation à hauteur de près de 20% ?

Institutionnellement, elle nous ferait presque une dérive présidentialiste, Marielle. Alors, donc, on zapperait les législatives ? Un résultat aux législatives qui ne serait pas conforme à celui des présidentielles serait illégitime ?

Cette conception d’un report automatique du score présidentiel sur la représentation parlementaire n’a pas de sens. Plier les institutions à ses meilleurs fantasmes politiques est certainement plaisant, mais absurde.

Si l’on interprète davantage les propos de Madame de Sarnez, on pourrait y déceler qu’elle ne considère acceptable qu’un résultat conforme à une proportionnelle intégrale, ce qui n’est pas, a priori, le programme du MD. Que l’on introduise une dose de proportionnelle, je crois effectivement que cela serait souhaitable. Je comprends, aussi, que des extrêmes-centristes soient favorables à une proportionnelle intégrale, qui leur permettrait plus aisément de s’ériger en arbitre, quoiqu’il leur soit possible, avec nos institutions, de viser une représentation parlementaire suffisante pour peser d’un poids certain, voire même faire les majorités. C’est également cohérent avec leur conviction qu’une politique doit se faire au centre. On y adhère, ou non.

46 comments

  • Exact! Avec tout le respect et la bienveillance érigée en principe démocratique ici (et je pense à raison), force est de constater qu’il y a pour le moins confusion des genres (présidentielles et législatives). Il est à mon avis le triste apanage du PS que de vouloir changer une constitution ou un mode de scrutin lorsque le sort (?) lui est défavorable… et de s’en satisfaire dans le cas contraire… Ne jouez pas ce jeu là, Madame, gardez votre intégrité et vos convictions, qui si elles n’existent pas uniquement pour l’ambition d’un homme, seront reconnues un jour ou l’autre… pour la postérité et pour l’histoire! Amitiés citoyennes!

  • Enfin, tout de même, à sa décharge, et même si je n’aime pas du tout la proportionnelle, si le mode de scrutin était différent, les intentions de vote serait probablement différentes. Je subodore que c’est ce qu’elle souhaitait exprimer comme idée de base et qu’elle n’était pas vraiment en train d’exiger la remise en cause de la démocratie as we know it — soyons sérieux, cher ami.

  • Quel dommage que cette proposition vienne si tard, c’est Le Pen qui aurait apprécié un tel système en 2002.

    Imaginez : une Assemblée nationale comportant plus de députés FN que de députés PS.

    Et puis, pourquoi s’en tenir au seul premier tour ?

    Il faut aller plus loin :

    • Le résultat du premier tour doit déterminer automatiquement la composition de la chambre basse, l’Assemblée nationale ;

      • Le résultat du second tour, la composition de la chambre haute, le Sénat.

    Ou l’inverse.

    Les modalités d’application devant bien sur être négociées par les partenaires sociaux dans le cadre d’un grand débat national…

  • Je ne sais pas ce que souhaitait exprimer cette dame, mais moi qui l’ai entendue, j’ai bien compris qu’elle mettait en doute le statut démocratique de nos institutions… ce n’est pas une naïve de la politique, moi non plus d’ailleurs et la « bienveillance Kozienne » (pour ne pas dire papale!) seule peut me faire croire qu’en ces temps de campagne, le ton peut être durci… sans trop en vouloir aux « durcisseurs de ton »… c’est la chasse aux sous-sous (il a pas tort à ce sujet le premier ministre!). Re-amitiés citoyennes!

  • [quote comment= »27419″]Je subodore que c’est ce qu’elle souhaitait exprimer comme idée de base et qu’elle n’était pas vraiment en train d’exiger la remise en cause de la démocratie as we know it — soyons sérieux, cher ami.[/quote]

    Il ne me semble pas avoir affirmé qu’elle voulait remettre en cause la démocratie et instaurer un régime dictatorial extrème-centriste, ce qui n’eût certes pas été sérieux.

    Je me permets simplement de relever que le propos est d’un certain point de vue léger – faut-il pousser la bienveillance jusqu’à penser qu’elle s’exprime mal ? – et d’un autre potentiellement révélateur d’une inclinaison vers la proportionnelle intégrale. J’ai beau ne pas y être favorable, je n’y vois pas encore une visée anti-démocratique.

  • Y’a encore mieux SR (comme Ségolène Royal ?)! Plus de législatives et un seul tour au présidentielles (économies!). Les pourcentages de la présidentielle dessinent la future chambre des députés : x% de PS, y% de FN, z% de paysans, xx% de femmes, d’agriculteurs, de professions libérales ou d’homos… Ce n’est plus une chambre des députés, c’est un échantillonnage représentatif de la population… un panel! Bien sûr c’est caricatural, mais que ne ferait on pas pour satisfaire le maximum d’électeurs! Amitiés ironiques et néanmoins citoyennes!

  • [quote comment= »27428″]Y’a encore mieux SR (comme Ségolène Royal ?)! Plus de législatives et un seul tour au présidentielles (économies!). Les pourcentages de la présidentielle dessinent la future chambre des députés : x% de PS, y% de FN, z% de paysans, xx% de femmes, d’agriculteurs, de professions libérales ou d’homos… Ce n’est plus une chambre des députés, c’est un échantillonnage représentatif de la population… un panel! Bien sûr c’est caricatural, mais que ne ferait on pas pour satisfaire le maximum d’électeurs! Amitiés ironiques et néanmoins citoyennes![/quote]

    Dans ce cas là autant supprimer les élections et se fier au recensement de l’Insee.

  • Petite rectification : personne à l’UDF n’a demandé de proportionnelle intégrale. Personne. Nous en étions là : 50 % des sièges au scrutin majoritaire de circonscription, 50 % à la proportionnelle, avec une barre à 5 % des suffrages. On garde ainsi une dynamique majoritaire tout en répondant à l’impératif d’une représentation équilibrée des territoires et des opinions. (trouvé ici)

    L’adverbe « automatiquement » est de trop. Je crois que c’est une marque de fatigue chez M. de Sarnez. Elle a quelques tics de langage en ce moment (« comme ça », « automatiquement »).

    Koz, ton argumentation sur la place que devrait avoir le MoDem est assez fallacieuse : Bayrou n’aurait fait 19% que pour des raisons purement conjoncturelles, et en réalité il est à 9%. Donc tu penses plus justes les résultats d’un sondage que les résultats d’une élection. Et au passage, tu balayes toute l’histoire de la cinquième république, au cours de laquelle les candidats centristes ont tous fait au moins 16% (sauf en 2002, où Bayrou n’était pas connu, et où la situation était complexe, comme chacun sait). Ils faisaient ce score avant Giscard et l’alliance avec le RPR, ce n’est donc pas lié à cette idée de « centre droit ». Lecanuet l’inconnu faisait ce score face à de Gaulle dès 1965 (et refusait de voter pour lui au second tour, dans des termes très violents : allez vérifier sur le site de l’INA). Je n’ai jamais entendu dire que de Gaulle était une personnalité clivante. En 69, Poher arrivait au second tour. Jamais entendu dire non plus que Pompidou était clivant. La sensibilité centriste est une constante de notre histoire politique, qui ne s’est JAMAIS résumée au combat droite/gauche. C’est une sensibilité qui est rarement majoritaire, mais qui existe, et qui est républicaine et démocratique.

    Pardon de penser qu’il n’est pas normal que cette sensibilité ne soit pas représentée à l’Assemblée et ne puisse pas participer à l’examen des lois proposées par le gouvenement. Pardon de trouver le PS ringard, et sans considération réelle pour les « classes populaires », et l’UMP autoritaire, et trop interventionniste… PArdon d’avoir trouvé les programmes des deux finalistes incomplets, et de ne pas adhérer aux valeurs mises en avant par les uns ou les autres. Et pardon de ne pas être la seule à penser ainsi. Le fait est que ces odieuses pensées me conduisent à regretter le mode de scrutin. Sans pour autant me conduire à souhaiter des accords de mon parti avec des gens dont je n’apprécie pas le programme de gouvernement, et dont je peux déjà prévoir la nature des votes avant même que les textes ne soient proposés.

  • Le MoDem est maintenant une coquille sinon vide, du moins remplie de personnalités peu connues qui n’ont rien à voir avec l’ancienne équipe qui entourait F. Bayrou aux présidentielles. Donc Mme de Sarnez, néglige les élections législatives et oublie que ce serait un marché de dupe que de croire que l’on vote pour les mêmes qu’aux présidentielles ! Elle enrage, l’on peut la comprendre, mais il faut mettre moins de passion et plus de raison !

  • Chèle Lisette, je ne pense pas que les scores passés d’une famille politique puissent faire foi d’une réalité actuelle: regardez le PCF.

  • @Aurélien : Excellent exemple que le PCF. – Le score du PCF a constamment baissé. Les scores centristes sont à peu près stables. – Le PCF a été « mangé » par ses alliances avec le PS. L’électorat centriste persiste, surtout quand il décide de déclarer caduques les anciennes alliances.

    Cela montre qu’à l’inverse des communistes, les centristes défendent des valeurs, une conception de la démocratie, qui constituent un élément constitutif de la vie politique française, et qui ne se confond avec aucune autre sensibilité.

    Ne négligeons pas l’histoire… 🙂

  • [quote comment= »27435″]Petite rectification : personne à l’UDF n’a demandé de proportionnelle intégrale. Personne.
    Nous en étions là : 50 % des sièges au scrutin majoritaire de circonscription, 50 % à la proportionnelle, avec une barre à 5 % des suffrages. [/quote]

    J’en suis d’accord : c’est bien pour ça que j’ai précisé que ce n’était pas, a priori, le programme du MD, étant allé vérifier sur bayrou.fr.

    [quote comment= »27435″]L’adverbe « automatiquement » est de trop. Je crois que c’est une marque de fatigue chez M. de Sarnez. Elle a quelques tics de langage en ce moment (« comme ça », « automatiquement »).[/quote]

    Je ne suis pas assez intime avec Marielle pour connaître son état de fatigue. En ce qui me concerne, étant extérieur, je prends les déclarations comme elles viennent, en partant du principe que les gens ont effectivement voulu dire ce qu’ils ont dit.

    [quote comment= »27435″]Koz, ton argumentation sur la place que devrait avoir le MoDem est assez fallacieuse : Bayrou n’aurait fait 19% que pour des raisons purement conjoncturelles, et en réalité il est à 9%. Donc tu penses plus justes les résultats d’un sondage que les résultats d’une élection. [/quote]

    Non, Mademoiselle, là aussi (comme pour la proportionnelle intégrale) si vous lisiez mieux mon billet, vous y verriez que j’ai écrit : « Où est la “vérité” entre ces deux chiffres ? Quel est le poids des idées du Mouvement Démocrate ? 19% ou 9% ?« 

    Je n’ai pas conclu que le MD soit à 9%. Il me semble en revanche un peu tôt pour partir du principe acquis qu’il serait à 19. Maintenant, si le scrutin confirme…

    [quote comment= »27435″]Pardon de penser qu’il n’est pas normal que cette sensibilité ne soit pas représentée à l’Assemblée et ne puisse pas participer à l’examen des lois proposées par le gouvenement. Pardon de trouver le PS ringard, et sans considération réelle pour les « classes populaires », et l’UMP autoritaire, et trop interventionniste… PArdon d’avoir trouvé les programmes des deux finalistes incomplets, et de ne pas adhérer aux valeurs mises en avant par les uns ou les autres. Et pardon de ne pas être la seule à penser ainsi.[/quote]

    Pas besoin de t’excuser, tu sais. Ce n’est pas parce que je ne suis pas membre du parti gentil que je n’accepte pas aussi les idées différentes des miennes. « Pardon » de ne pas les adopter pour autant.

    [quote comment= »27453″] L’électorat centriste persiste, surtout quand il décide de déclarer caduques les anciennes alliances.

    Cela montre qu’à l’inverse des communistes, les centristes défendent des valeurs, une conception de la démocratie, qui constituent un élément constitutif de la vie politique française, et qui ne se confond avec aucune autre sensibilité.[/quote]

    Ta conviction fait plaisir à lire. Serais-tu prête à rédiger la même phrase avec « la droite » ?

    Pour « l’électorat centriste », permets-moi de ne pas être certain de sa nature, compte tenu des évolutions politiques de l’UDF. L’UDF se confondait-elle avec l' »électorat centriste » ? L’électorat centriste de ces derniers temps était-il de centre droit, ou de centre-centre ? Il me semble qu’il y un côté un peu spéculatif sur l' »électorat centriste », qui ne me paraît pas particulièrement identifié.

  • Cool, on est d’accord alors. (mais dans les commentaires tout le monde n’avait pas bien compris les nuances que tu précises ici)

    [quote post= »354″]Ta conviction fait plaisir à lire. Serais-tu prête à rédiger la même phrase avec “la droite” ?[/quote] Evidemment, et même avec « la gauche » dans ma grande magnanimité. La différence, c’est que ça fait des mois qu’on m’explique que penser être centriste c’est ne penser rien, que la vie politique française se résume à la droite et à la gauche, et que le centre, c’est juste d’un côté le centre-droit, et de l’autre « le centre gauche ».

    [quote post= »354″]Pour “l’électorat centriste”, permets-moi de ne pas être certain de sa nature, compte tenu des évolutions politiques de l’UDF. L’UDF se confondait-elle avec l’”électorat centriste” ? L’électorat centriste de ces derniers temps était-il de centre droit, ou de centre-centre ? Il me semble qu’il y un côté un peu spéculatif sur l’”électorat centriste”, qui ne me paraît pas particulièrement identifié.[/quote] Je comprends très bien ce genre de question. Nous avons à prouver ce que j’ai avancé, à montrer qui nous sommes, et c’est la tâche à quoi nous allons nous atteler. J’ai voulu montrer, en reprenant quelques élections, que le positionnement adopté par Bayrou n’était pas nouveau, et recueillait toujours un certain nombre de suffrages. Les grandes constantes de ce positionnement sont : ni droite ni gauche, donc, et puis : décentralisation, Europe (fédérale), politique familiale, rigueur budgétaire, souci d’équilibre (répartition des richesses, solidarité entre les générations, public/privé), méfiance à l’égard des interventions de l »Etat dans l’économie (un certain libéralisme), et refus des extrémismes.

    L’UDF ne se confondait pas avec l’électorat centriste, justement. La conviction de Bayrou depuis son élection à la tête du CDS, c’est que la famille politique centriste est dispersée : à l’époque, une partie à l’UDF, une partie à gauche. Sa volonté a été de donner à l’UDF une place véritablement centrale pour permettre le ralliement d’hommes et de femmes qui en fait partagent des opinions très proches. Il faut à présent un nouveau mouvement pour les accueillir, l’UDF étant trop étroit, et trop marqué à droite. Toujours au moment de la prise de la présidence du CDS (94), il expliquait penser que les convictions et les valeurs des « démocrates sociaux » sont partagées par de nombreuses personnes, qui ne se retrouvent pas dans l’offre politique réduite au PS et à l’UMP (sachant qu’ils abhorrent les extrêmes)

    Pour le moment, il faut bien admettre que les faits ne lui ont pas donné tort. Sa situation est plutôt meilleure qu’en 2002, en dépit des difficultés. Et effectivement, des gens viennent, et des gens ont voté pour nous, à un niveau jamais atteint. « Spéculatif », si tu veux. Je crois qu’un homme politique doit avoir une vision de la société française, un projet à lui présenter, et doit se donner les moyens de présenter ce projet afin de le faire adopter.

  • [quote comment= »27470″]Cool, on est d’accord alors. (mais dans les commentaires tout le monde n’avait pas bien compris les nuances que tu précises ici)[/quote]

    Tu me rassures. J’ai cru un moment que tu me disais que mon argumentation était fallacieuse.

    [quote comment= »27470″]Les grandes constantes de ce positionnement sont : ni droite ni gauche, donc, et puis : décentralisation, Europe (fédérale), politique familiale, rigueur budgétaire, souci d’équilibre (répartition des richesses, solidarité entre les générations, public/privé), méfiance à l’égard des interventions de l »Etat dans l’économie (un certain libéralisme), et refus des extrémismes.[/quote]

    Je refuse les extrèmes, je suis méfiant à l’égard des interventions de l’Etat dans l’économie, sans y être absolument défavorable, je suis soucieux de l’équilibre (tu me signaleras le premier qui te dira être soucieux de déséquilibre), je ne suis pas pour le laxisme budgétaire, je suis favorable à une politique familiale (mais c’est quoi, au fait ?), je suis européen (faut que je révise pour vérifier si je suis fédéraliste), favorable à la décentralisation.

    Y’a que le « ni droite ni gauche » qui coince. Parce qu’avec tout ce positionnement d’une clarté absolue, je ne vois pas ce qui m’empêche de me dire de droite.

    Et j’ai bien le sentiment qu’un certain nombre de « gens de gauche » pourraient en dire autant.

  • [quote post= »354″]Tu me rassures. J’ai cru un moment que tu me disais que mon argumentation était fallacieuse.[/quote] Si ton argumentation visait à montrer cela : [quote post= »354″]Je n’ai pas conclu que le MD soit à 9%. Il me semble en revanche un peu tôt pour partir du principe acquis qu’il serait à 19. Maintenant, si le scrutin confirme…[/quote] Alors elle n’est pas fallacieuse.

    Parce qu’en lisant ce passage : [quote post= »354″]Surtout, ce n’est pas le mode de scrutin qui le crédite à cette heure de 9% d’intentions de vote. Où est la “vérité” entre ces deux chiffres ? Quel est le poids des idées du Mouvement Démocrate ? 19% ou 9% ? Peut-être faudrait-il envisager de confirmer avant d’estimer nécessaire une représentation à hauteur de près de 20% ?[/quote] , je remarquais surtout que tu mettais sur le même plan des sondages et une élection, et qu’il n’y avait le choix qu’entre 9% ou 19%. Les lignes précédentes laissaient penser qu’à ton avis, on était plus proches de 9% (le résultat des présidentiels étant à ton avis surtout dû aux circonstances). De plus, on ne peut pas comparer très finement des élections locales et des élections nationales.

    Sans aller jusqu’à demander une représentation automatique à hauteur du résultat à la présidentielle, ou à faire toutes les suppositions institutionnelles que les propos de Marielle t’ont permis d’esquisser, on peut tout de même s’étonner : quelque chose n’est pas normal si un parti qui fait 19% risque de ne pas avoir de groupe à l’Assemblée. Quelque chose cloche. Et, oui, quelque chose clochait DEJA en 2002 avec le FN. Ce qui aurait dû conduire à l’instauration d’une dose de proportionnelle au cours des 5 dernières années.

  • [quote comment= »27485″]quelque chose n’est pas normal si un parti qui fait 19% risque de ne pas avoir de groupe à l’Assemblée.[/quote]

    Il me semble que c’est François Bayrou, qui a fait 19% aux élections présidentielles. L’appréciation pourra effectivement être différente si demain le MD fait 19% aux élections législatives.

  • [quote post= »354″]Y’a que le “ni droite ni gauche” qui coince. Parce qu’avec tout ce positionnement d’une clarté absolue, je ne vois pas ce qui m’empêche de me dire de droite.

    Et j’ai bien le sentiment qu’un certain nombre de “gens de gauche” pourraient en dire autant.[/quote] Zut, j’ai oublié de répondre à ça :

    C’est à peu près ce que je dis. Une famille politique qui existe au-delà des frontières partisanes. (attention, je citais ces éléments uniquement pour montrer une permanence du programme, et relativiser ta remarque sur l’évolution idéologique. Il y a des changements d’alliances, mais le fond reste le même)

    Tu es plus proche de gens de gauche qui défendent ces mêmes idées, que de gens de droite qui (par exemple) pensent que l’Europe menace la souveraineté nationale, ou que les aides aux familles créent des générations d’assistés. Ou qu’il est urgent de défiscaliser les emprunts immobiliers quel qu’en soit le coût pour le budget de l’Etat. Sauf qu’à gauche, ils ont défendus un programme qui n’en était pas un, et que donc tu ne peux pas te joindre à eux. Et sauf que, alors que tu te dis centriste de « centre droit », démocrate chrétien, tu ne penses pas que la proposition de Bayrou soit viable, et que du coup ses prétentions te paraissent des fanfaronnades. Et que sa proposition te semble une trahison. Il a donc à te convaincre.

    A lui de prouver qu’il a raison dans sa vision du centrisme, de montrer que la voie qu’il trace est viable, et qu’il n’a pas crée avec le MoDem un enième parti de gauche obligé de draguer chez les communistes et les anti-libéraux.

  • [quote post= »354″]Il me semble que c’est François Bayrou, qui a fait 19% aux élections présidentielles. L’appréciation pourra effectivement être différente si demain le MD fait 19% aux élections législatives.[/quote] Et s’il fait 15%? Et même, soyons fous… s’il fait 10%? Ou bien 6%? Et en comparant avec la moyenne des résultats des candidats du « nouveau centre »?

    J’ai bien dit qu’on ne pouvait pas complètement comparer les deux types d’élection.

  • une dose de proportionnelle en 2002? vous revez, chirac n’etait pas miterrand,il n’avait pas a demolir l’ump, donc aucune raison objective d’ouvrir la boite de pandore, pardon (c’est a la mode ?), le palais bourbon.

  • @Lisette, peut être, en tant que militante, serez vous intéressée d’entendre l’opinion d’un simple électeur ? D’ailleurs, n’est-ce pas la seule opinion digne d’intérêt finalement de la part d’un(e) militant(e) ? Et en particulier de la part de quelqu’un qui a été tenté un temps de voter Bayrou ? Probablement oui, donc voilà :

    Toujours est-il, comme je l’ai déjà dit ici, que la réaction des français au vue des sondages, visant à donner une très large majorité à l’UMP, est peut être fortement motivée par l’attitude de l’opposition ces 5 dernières années et je place Bayrou dans ce camp. De tout ce qu’à pu dire ou faire les gouvernements précédents, ou de ce qu’à pu dire NS dans sa campagne, je n’ai jamais lu une seule ligne de la part du PS approuvant telle ou telle mesure. peut être que la presse joue un rôle dans cette perception. Mais ce qui me reste de la part de Hollande, Royal, Bayrou, Dray, Fabius et j’en passe, c’est un flot quasiment ininterrompu de critiques, petits phrases cinglantes, insultes voilées, diabolisation, procès d’intention, généralisation abusive, mensonge, etc.

    J’ai même entendu une interview de Hollande sur France Inter pendant la crise du Liban dans laquelle Hollande refusa d’admettre qu’il était d’accord avec Jacques Chirac à 3 reprises alors que sa déclaration officielle venait d’être entendu et correspondait à celle de Chirac pratiquement au mot près.

    Cette posture s’est exacerbée considérablement durant la campagne présidentielle au point de créer comme un bruit de fond devenant presque inaudible à force de sectarisme et surtout de systématisation de la méthode. Hollande et Royal ont même porté cet exercice à la caricature ces derniers temps sans parler des « 22 salopards » et autres gracieusetés à l’égard du PSLE, l’exclusion de Kouchner, etc. Autrement dit, l’attitude est toujours la même. Quand Bayrou annonce entrer en résistance pour protéger les Français des effets d’annonce, le vocabulaire même est outrancier et mord franchement sur la ligne jaune.

    Dans ces conditions, du point de vue du simple électeur que je suis, ces gesticulations quand bien même seraient elles parfois fondées, perdent toute crédibilité. Il est impossible de faire la part des choses, lorsque l’on sait à l’avance que l’opposition sera de toute façon « contre » parce qu’il serait politiquement dangereux de s’avouer « pour ».

    Le sentiment diffus qu’il me reste c’est qu’une telle opposition ne sert que des intérêts idéologiques ou des ambitions personnelles. Ce n’est pas une force de proposition s’inscrivant dans la gestion d’un pays. L’autre impression, c’est que rien ne bougerait, rien ne changerait. Et enfin, c’est que pour ces mêmes raisons politiques, une position « contre » n’est jamais poussée à terme du raisonnement. L’immigration est un exemple frappant. Il n’est pas idiot de vouloir régulariser les sans papiers, mais cette « proposition » n’est jamais accompagnée des mesures portant sur le coût, sur l’appel d’air, sur les problèmes démographiques, les problèmes des logements, d’insalubrité de l’accueil, de l’intégration et de l’éducation et des impacts financiers et économiques précis et si le pays souhaite faire cet effort et pour quel montant. Ou recourt aussi à l’ostentation.

    La conclusion s’impose d’elle-même. Avec une telle opposition comment ne pas donner une forte majorité au Parti soutenant le Président ?

  • [quote comment= »27521″] Il est impossible de faire la part des choses, lorsque l’on sait à l’avance que l’opposition sera de toute façon « contre » parce qu’il serait politiquement dangereux de s’avouer « pour ».

    [/quote]

    J’avais la même impression que vous, mais il y a quelques jours, à Bordeaux je crois, FB m’a étonné car il a dit qu’il approuvait NS sur l’Europe (mini-traité) et l’environnement. Enfin, il approuvait les orientations…Le plus dur reste à faire. Et je le dis d’autant plus que je n’aime pas FB, que j’ai du mal à le cerner, que je n’ai pas voté pour lui et que je ne suis militante d’aucun parti donc simple citoyenne.

  • Hé oui, Eponymus et Thaïs. Le traitement médiatique de l’information n’est pas toujours exactement conforme à ce que disent les gens en réalité. Bayrou approuve la façon dont N. Sarkozy a relancé la question Européenne, et le dit à chaque fois, mais pas seulement : il approuve également largement le Grenelle de l’écologie. Concernant l’université, il est d’accord mais demande à ce que rien ne soit fait trop vite. Les « 22 salopards », ça vient du Canard… A chaque meeting, il a arrêté les sifflements qui montaient de la salle.

    Au sein de l’UDF, il y a eu des discussions passionnées entre les deux tours, mais personne n’a été stigmatisé sous prétexte qu’il votait Royal ou Sarkozy.

    J’ai déjà expliqué ici à plusieurs reprises d’où pouvait venir (d’un point de vue UDF) le danger « supplémentaire » de N. Sarkozy, et comment comprendre ce mot de « danger ». Il n’est pas lié à la personnalité. Bayrou a toujours distingué les remarques sur le candidat, où il était question du programme, des remarques sur la personne qu’il a cotoyée. Il y avait plusieurs problèmes, de notre point de vue, chez Sarkozy. – Un certain nombre de mesures qui ne paraissaient pas bonnes (peines plancher) – Des promesses intenables budgétairement, et contradictoires, si bien qu’au fond on se demandait où était le programme (un fonctionnaire sur deux non remplacé sauf à l’éducation, et sauf dans la police, et sauf à la justice, et sauf à l’hôpital??? _ 5 points de baisse des prélèvements obligatoires, soit plus que Tatcher???) – c’est lié : un programme extrêmement coûteux, et non financé. Sans même tenir compte des promesses de baisse des prélèvements.

    Mais également, et c’est là quelque chose de particulier à N. Sarkozy, une très grande proximité affective avec des groupes importants qui détiennent des médias. Jamais il n’a été dit que Sarko demandait des faveurs. Bayrou a en revanche toujours dénoncé le « système » créé par ce réseau de relation. Ces groupes sont en affaire avec l’Etat. Si le chef de l’Etat est en même temps un ami, alors les journalistes, les rédacteurs, sont très prompts à s’autocensurer. Les amis en question peuvent passer des coup de fils à leurs subordonnés. Le problème, c’est le système, le soupçon que ça engendre, et les dérapages que ça autorise. Il y a eu quelques exemples après le deuxième tour. Or, N. Sarkozy n’a jamais eu l’air de se préoccupper de ce genre de chose. Et c’est un risque, car la presse et la télévision sont un pouvoir, dont il faut assurer l’indépendance.

    Il a également été beaucoup fait reproche à N. Sarkozy de sa personnalité « clivante ». Il n’a jamais (je vais le formuler positivement) eu peur de passer pour le grand méchant de service. Les racailles, le kÄrcher, l’identité nationale… Il savait que, si ça lui attirait certaines sympathies, voire soulagait beaucoup de gens las d’une certaine langue de bois, ces mêmes propos allaient aussi lui attirer beaucoup de critiques. Pendant un long moment, on a pu croire que cette façon de faire l’empêcherait d’incarner le rassemblement. Le premier tour a complètement démenti cette impression. Mais j’ai toujours essayé d’expliquer que c’était une chose de critiquer la personnalité d’un homme politique, et une autre de critiquer l’image que celui-ci s’était construite dans l’opinion.

    Il y a eu quelques antisarkozystes acharnés à l’UDF, c’est un fait. La porte parole des jeunes UDF de Paris, par exemple. Enfin, elle l’était alors. Figurez-vous que depuis, ce titre n’existe plus, car la position personnelle de cette jeune femme a été utilisée comme une position officielle du mouvement.

    Voilà. Sinon, vous savez, je ne milite que depuis le mois de janvier. J’ai donc fait un choix en cours de campagne. Je ne suis l’instrument de personne!

  • Et Lisette tu as vu que mon propos visait à le défendre (pour une fois) et non à l’attaquer. Il m’a agréablement surpris sur ce coup là, et je suis tout ouïe…

    Et qui sait Lisette, s’il continue à me surprendre, dans 5 ans, je serai peut-être militante (ça m’étonnerait) du même bord (peut-être car il ne faut jamais dire jamais) et on se battra même pour être james bond girl à ses côtés ! 😆

  • Oui, Thaïs, j’ai vu 😉 Et j’ai même voulu renchérir, en ajoutant le Grenelle de l’environnement. Dans cinq ans, dans cinq ans… on verra! Comme je le disais à Koz, je pense en effet que Bayrou a encore beaucoup de choses à prouver ou à confirmer s’il veut gagner. Beaucoup de gens à convaincre. En ce qui me concerne, il a soulevé un espoir : ce qu’il propose, c’est ce que je veux. Je l’ai voulu en 2002 aussi, mais le soufflé est retombé. Je lui ai fait de nouveau confiance cette année, et j’ai même milité pour lui. Le soufflé n’a pas l’air de vouloir retomber, et il prend vraiment le risque de l’indépendance. C’est ce que j’attendais de lui. Mais il reste encore beaucoup, beaucoup de choses à prouver.

    Pour le moment, je sais que vous avez du mal à me croire, mais je suis vraiment convaincue que Nicolas Sarkozy aura besoin d’une opposition responsable et constructive. Parce que je veux que la situation de 2012 soit différente de celle de 2007 et 2002.

  • @Lisette

    J’apprécie toujours tes réponses, mais je te trouve beaucoup plus modérée que Bayrou himself ou Marielle par exemple. Et j’ai bien précisé que c’était une perception de simple électeur. Et peut être que Bayrou devrait crier plus fort quand il soutient ou peaufiner ses interventions afin que la presse soit plus fidèle à l’idée de base.

    En fait, tu me rapelles un peu Bianco, quand il corrigeait auprès de la presse les propos de Royal, en « précisant » ce que la candidate avait voulu dire au fond.

    Conclusion, tu devrais peut être viser 2012. Une femme du Modem Présidente……. ??

  • @eponymus : On peut se permettre d’être modérée quand on écrit tranquillement sur un blog aussi bien tenu que celui-ci 😉 Dans les médias, il faut s’y prendre autrement, marteler, répéter… surtout en campagne. Je crois qu’un homme ou une femme politique doit gérer son image de façon très professionnelle, et l’utiliser comme un argument. C’est la raison pour laquelle on peut à mon avis effectivement reprocher à N. Sarkozy son image de fasciste (alors qu’il n’en est pas un). C’est également la raison pour laquelle, si Bayrou et Sarnez vous font l’effet de personnalités extrêmistes, vous avez raison de le leur reprocher. Même s’ils ne le sont pas. Je vous engage vraiment à lire les discours, si vous le souhaitez. Vous trouverez des positions beaucoup plus nuancées. (en plus, ils sont bien écrits 😉 ). Vous verriez que chacun de ses discours, depuis le début de la campagne législative, chacun de ses discours commence par expliquer à quel point l’action de N. Sarkozy sur l’Europe est bonne. Ensuite, il critique : mais il critique en détaillant ses arguments. En ce moment, ce qui lui pose le plus problème, c’est la franchise. Quand à ma candidature de 2012… il faut d’abord que je fasse la une de Match. 😀 C’est comme ça qu’on fait non?

  • Oui c’est exactement comme ça qu’on commence 😉 plus quelques autres coups médiatiques… il suffit de suivre la méthode à la lettre. Comment appelle-t-on un éléphant au Modem ?

  • Eponymus, tu ne dois pas assez lire les journaux. Tu n’as pas remarqué qu’on avait plus personne chez nous? On est obligés d’aller chercher Bouras, c’est dire… (au fait Koz, j’ai posté) Du coup je sais pas comment on dit. Les ex? Ceux qui nous furent nos amis ? (ça, c’est pour Santini, quand on parle des régionales « il nous aimait bien à l’époque »)

  • Une autre perception d’électrice sur FB et son comportement pendant la campagne électorale : Je pense que les 18 % de FB viennent en grande partie de deux facteurs principaux :

    1) la diabolisation de NS relativement bien réussie Vu le professionnalisme de NS par rapport aux autres candidats il aurait du obtenir bien plus de voix.

    2) le manque de professionnalisme de SR et l’état de décrépitude idéologique du PS

    FB a essayé de surfer sur ces deux vagues en s’affirmant d’un centre neutre tout en distribuant les bons et les mauvais points aux uns et aux autres. Il a commis l’erreur d’en distribuer davantage à droite, il a franchi la ligne jaune plusieurs fois contre NS et a perdu les députés et leur électorat du centre droit.

    A mon avis aux législatives il ne bénéficiera plus que des électeurs du centre gauche, qui ne croient pas à une évolution favorable du PS et espèrent que le MD représentera le courant social libéral européen qu’ils souhaitent. Le PS s’abîmant dans ses alliances avec la gauche extrême. Puis il y aura quelques électeurs qui pensent que l’exemple de Prodi est à suivre (centre, centre gauche et extrême gauche réunie) et quelques autres crédules qui croient que l’on puisse gagner en politique sans prendre parti, sans alliances en se contentant de distribuer des points.

    Trop hétéroclite, ça manque de cohésion. Donc je fais partie de ceux qui ne pensent pas que le MD aura un grand avenir …et le fait que ceux qui se sentent fortement minoritaires et perdants souhaitent changer les règles du jeu …pffft …fadaises …

  • Nette victoire de Lisette dans ce débat – compliments. On voit qu’il n’est pas forcément nécessaire de diaboliser qui que ce soit pour tenir un discours politique cohérent et constructif. Est-ce que ça permet de gagner les élections ? Pas encore. Peut-être jamais. Mais en tout cas, ça règle leur compte aux petites remarques ironiques du genre « le parti gentil ».

    Merci à Lisette. Merci également à Koz pour le blog civilisé: effectivement, ce n’est pas sur TF1 qu’on pourrait avoir un échange de ce niveau.

  • Koz pourquoi veux tu mettre une étiquette à tes convictions ? Car « droite » et « gauche » ne sont que des étiquettes simplificatrices et par là déformatrices. N’oublions pas Deng Xiao Ping et Tony Blair : la bonne indication de valeur d’une mesure est ses conséquences prévisibles et surtout relevées. Une constante de la politique française est le défaut de mesure des conséquences relevées de manière la plus objective possible. Ainsi les 35 heures ont été bonnes pour une certaine partie des entreprises et des salariés. Pourquoi le nier ? Pourquoi ne pas réfléchis sur le même postulat, échanger une activation plus grande du capital par un partage du travail, afin que celui-ci soit bénéfique pour tous les acteurs économiques ? Donc accepte de rejeter les étiquettes et de suivre tes convictions : si elles sont mieux respectées par DSK que par NS, n’hésite pas. Aujourd’hui tu penses que le programme de NS est plus respectueux de ta vision de la société. Donc tu le soutiens. Je regrette que les objections soulevée sur ce programme n’aient jamais reçu de réponses autres que « c’est un discours partisan ». Maintenant la réalité va donner la réponse : espérons que chacun saura reconnaitre sa valeur pour la communauté surtout si elle est a mi-chemin entre les deux analyses pré-élection.

  • Pas mieux que Lisette …

    J’ai, comme koz, été étonné par la phrase de Marielle de Sarnez (au sens où, s’il serait légitime que le centre soit représenté à l’Assemblée, c’est sur la base des résultats des législatives, non des présidentielles), et, comme Lisette, j’ai mis ce raccourci sur le compte de la fatigue.

    Je conteste, comme Lisette, la phrase de koz « je comprends, aussi, que des extrêmes-centristes soient favorables à une proportionnelle intégrale », car qui sont en France les extrême-centristes qui demandent la proportionnelle intégrale ? Les trotskystes et le FN. Comme centristes, on fait mieux.

    Quant aux commentateurs selon lesquels, de 2002 à 2007, F. Bayrou a été constamment dans l’opposition, je me permets de leur opposer l’argument ressassé au long de la campagne présidentielle (et avant) par le PS, argument selon lequel, depuis 2002, « F. Bayrou vote toutes les lois de la droite ».

    C’est évidemment énervant d’être rejeté par la droite dans le camp de l gauche et par la gauche dans celui de la droite, alors que soi, on trouve juste et légitime d’être au centre. Mais j’ai l’impression qu’il va falloir que je m’y fasse 🙁

  • Il est clair qu’il faut rendre hommage à Lisette. Même si je me demande parfois si tu ne fais pas assaut d’angélisme pour soigner l’image du parti, tu viens, tu reviens, tu argumentes, sans agressivité.

    En ce qui concerne tes dernières réactions… Pour ce qui est de me convaincre, rien d’impossible, certes, mais en l’occurrence, je n’accroche pas avec Bayrou, pas au point d’en faire un Pdt. Je reproche aussi des choses à Sarkozy et en particulier tout ce qui touche à l’immigration (tout en n’oubliant jamais que je ne suis guère « concerné » et que c’est plus facile dans ces conditions de se montrer noble et généreux). Mais sur d’autres sujets, j’ai plutôt confiance en lui pour réaliser vraiment les réformes.

    Avec Bayrou – outre le fait qu’il n’a pas hésité à prendre mes convictions profondes à rebours pour les besoins de son positionnement stratégique – c’est un sentiment personnel, très subjectif, mais j’ai l’impression que cela aurait continué as usual, un peu à la Chirac : dés que ça gronde, on revient au campement. Comme tu le dis, Sarkozy n’a pas peur de passer pour le bad guy et, malheureusement, de temps en temps, il le faut.

    J’en viens au positionnement MD, avec lequel, par tempérament, j’ai du mal. Cela va peut-être te faire bondir, mais je le trouve extrêmement prétentieux. Cette façon de dire : « nous approuverons ce qui est bien, nous combattrons ce qui ne l’est pas « , version « vous aurez enfin la vérité », dénote en fin de compte un soupçon d’arrogance. Et malheureusement, je connais deux-trois électeurs Bayrouistes, ou militants, qui confirment assez ce sentiment.

    Par ailleurs, je sais bien que ce sont les faits qui veulent ça et que vous ne rechigneriez pas à être au pouvoir, mais je trouve trop facile de ne pas mettre les mains dans le cambouis et de distribuer les bons et les mauvais points ensuite.

    Ainsi de la réforme des Universités. Dire : « c’est une bonne chose mais il ne faut pas aller trop vite », c’est fort sympathique mais c’est plus facile quand on n’est pas aux manettes. Déjà, personne n’ambitionne jamais d’aller trop vite, ni de faire une réforme sans moyens. Dans un monde idéal, de toutes façons, les réformes auraient déjà été faites. Ensuite, c’est un peu présumer que le gouvernement n’a pas identifié les problèmes. Heureusement François Bayrou étant là, nous sommes sauvés, il va nous dire comment il faut faire : pas trop vite, et avec les moyens. Dans un an, si la réforme patine, il pourra dire qu’on ne l’a pas écouter, et si elle fonctionne, qu’il y a toujours été favorable et que d’ailleurs le gouvernement a fait ce qu’il préconisait.

    Ca me gêne aux entournures.

    [quote comment= »27794″]Je conteste, comme Lisette, la phrase de koz « je comprends, aussi, que des extrêmes-centristes soient favorables à une proportionnelle intégrale », car qui sont en France les extrême-centristes qui demandent la proportionnelle intégrale ? Les trotskystes et le FN. Comme centristes, on fait mieux.[/quote]

    L’expression d' »extrème-centre », elle n’est pas de moi. Maintenant, ce que son propos traduit, c’est bien la proportionnelle intégrale. J’ai bien noté que ce n’est pas le programme du MD (50% de proportionnelle seulement, avec une limité à 5%) mais c’est ce qu’elle a dit. Peut-être en voulant forcer le trait. Peut-être par fatigue. Mais je suis « bien obligé » de me fier à ce qu’elle dit.

  • Le meilleur moyen de lutter contre cette dérive, qui est réelle, est encore d’associer les autres à la résolution des problèmes et c’est ce qu’est en train de faire NS. Si il persiste dans son ouverture et dans le respect des oeuvres de ses ministres d’ouverture, alors la France aura gagné et NS sera là pour longtemps. Sinon… Voyons ce que deviendra M Hirsh et son RSA après les legislatives. Mais si NS respecte son discours et notemment celui de l’interview au Figaro, cela va être sportif à l’UMP. Comme le dit Marianne, je sais j’ai de « mauvaises » lectures, ceux qui soutiennent NS ont tout interêt à voter pour ceux qui s’en réclament sans être sortant. Il y a un grand nombre de dinosaures, style Vanesse, Balkany, ou Cecaldi-Reynaud, qui ne fond pas honneur au président et à son parti. Il y en a autant à gauche.

  • Je reviens de chez Match, ils ont rigolé quand je leur ai proposé de négocier une exclusivité pour mes vacances à Landunvez-Beach (outing). J’ai dû oublier qqch.

    Moi, c’est Sarkozy qui m’horripile. J’ai besoin de venir ici pour dépasser ce sentiment, et analyser avec plus d’objectivité. Mais je continue à me sentir complètement étrangère à ce qu’il propose, à son système de valeurs, imperméable à sa communication.

    « Nous approuverons ce qui est bien, nous combattrons ce qui ne l’est pas ». Et comment le dire autrement? Comment dire autrement que le rôle d’un député n’est pas de voter comme un robot, selon qu’il est dans l’opposition ou dans la majorité, mais bien d’examiner les textes?

    La réforme de l’Université est un exemple parfait, il me semble. Evidemment, personne ne veut réformer trop vite. Je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais il se trouve que j’apprends ces temps-ci à connaître Valérie Pécresse, et que je l’aime bien. Elle fixe un calendrier, et c’est ce que fait n’importe quel chef de projet en entreprise. Elle discute, elle annonce. Mais… si le texte n’est pas encore suffisamment précis, si la communication n’est pas encore avancée… est-ce que les députés de la majorité le diront? Ce sont les mêmes qui ont voté le CPE en fermant les yeux, je rappelle! C’est une réforme très importante à mes yeux, essentielle pour l’avenir de notre université, de notre recherche. Elle se déroulera sur le long terme, car il y a un ENORME problème de compétences au sein des universités. Abyssal. Evidemment, les députés de gauche le diront, qu’ils ne sont pas d’accord. Mais comme ils ne sont d’accord avec rien, ça ne choquera personne. Il faut peut-être qu’à l’Assemblée d’autres gens parlent, y compris pour permettre aux députés de la majorité d’exprimer une position un peu semblable.

    Sinon, à propos de modération, je vais vous coller un coup de Bayrou. Le discours de mardi soir à Japy, que je n’ai lu qu’hier, vu que j’ai passé le meeting à courir dans tous les sens et à tenter de faire placer les gens. Je vous assure que je suis tout à fait ortho-bayrouiste. Et FredericLN, donc? Et tous les centristes qui interviennent ici?

    [quote ] »On va se trouver dans une situation dans laquelle l’Assemblée Nationale n’aura pas d’autre rôle, en raison du poids écrasant du parti majoritaire, que d’adopter le plus vite possible, sans contradiction, sans débat, les textes qui lui seront soumis et qui, sitôt soumis, seront adoptés, de sorte que les citoyens perdront leur premier droit qui est celui d’être informés par leurs élus, par les débats de leurs élus, de l’importance des conséquences des choix qui vont être pris en leur nom.

    Le premier rôle d’un Parlement, c’est de débattre et le Parlement ne peut débattre que s’il y a du pluralisme, c’est-à-dire s’il y a des courants différents pour représenter les Français dans cette enceinte.

    Les décisions qui vont être prises sont des décisions d’une très grande importance, des décisions qui auront des conséquences palpables, matérielles, sur la vie de tous les jours, de tous nos concitoyens et ces décisions-là -je conteste l’idée défendue par le président de la République Nicolas Sarkozy et le Premier Ministre François Fillon, auraient été avalisées par le peuple français au moment de l’élection présidentielle.

    Le peuple français a élu Nicolas Sarkozy sur, je crois, ce qu’il a ressenti de sa personnalité. Il l’a trouvé énergique et il a eu le sentiment qu’il portait, en vérité, une rupture. Il n’a pas retenu l’idée qu’il était membre du Gouvernement. Il a retenu l’idée qu’il portait une rupture avec ce Gouvernement.

    Cela, c’est vrai. Il l’a élu sur une grande capacité de communication qui est réelle, celle-là aussi, et il l’a élu sur deux ou trois idées directrices comme on fait toujours au moment d’une élection présidentielle : une idée sur le travail qui, c’est vrai, a été retenue et entendue par les Français et une idée sur l’abord frontal d’un certain nombre de problèmes comme les problèmes de l’immigration sur lesquels Nicolas Sarkozy s’est fait entendre.

    Mais il n’est est pas vrai que le reste du programme ait été, point par point, avalisé par les Français.

    Il n’est pas vrai qu’en élisant Nicolas Sarkozy, les Français par exemple aient décidé de la création de franchises en matière de Sécurité Sociale, en matière de santé, qui rendront non remboursables -écoutez bien-, pas seulement non remboursées, mais non remboursables, y compris par des mutuelles, une partie des dépenses de santé qui, pour quarante, cinquante, soixante, quatre-vingt euros -cela dépend des estimations-, demeureront à la charge des malades et à la charge des patients. »[/quote] Il explique également ses réserves à propos de l’abandon de la carte scolaire, et de l’abandon de l’objectif de stabilisation des dépenses publiques (Sarkozy vient de démentir ce qu’a dit Woerth… au moins sur les mots, parce que dans les faits, on ne voit que des dépenses…)

    Sur l’Europe [quote ]Notre objectif n’est pas d’être comme le Parti socialiste le sera, contre tout ce que le Gouvernement proposera, car je déteste l’opposition systématique au moins autant que je déteste l’adhésion systématique. Je n’aime pas davantage ceux qui votent toujours et mécaniquement non que ceux qui votent toujours et mécaniquement oui.

    Ce que je n’aime pas, c’est la mécanique et je vous propose de remplacer le vote mécanique par un vote réfléchi, un vote indépendant, un vote libre par des députés qui fassent leur travail de député, qui soient capables, au nom des électeurs qu’ils représentent, de dire leur adhésion lorsqu’il y a adhésion et de dire, au contraire, leur réserve ou leur opposition lorsque le sujet oblige à la réserve et à l’opposition.

    Par exemple, je tiens à dire que certains des sujets qui ont été abordés par le président de la République ou le Gouvernement nécessiteront l’accord du Parlement ou, quoi qu’il en soit, l’information du Parlement, sur lesquels il me semble que nous pouvons donner -nous verrons ce qu’il en sera au bout du compte- un avis positif.

    Par exemple, et c’est en tant que militant européen que je l’indique, si Nicolas Sarkozy arrive à « débrouiller » l’affaire du Traité constitutionnel en allant dans le sens que nous avions proposé pendant la campagne électorale, non pas d’un mini traité, expression qu’il a abandonnée, mais d’un traité simplifié dans lequel le citoyen, à la lecture, pourra retrouver les grands principes démocratiques de l’Europe, où l’on retrouvera l’inspiration qui était celle du Traité constitutionnel, mais avec un abord beaucoup plus franc, beaucoup plus simple, alors je dirai que c’est une bonne chose.

    Probablement aurons-nous des débats avec le Gouvernement ou avec le président sur la manière de le ratifier. Très bien, nous aurons des débats, mais, au moins, si ce texte réussit à sortir -nous n’en sommes pas encore tout à fait là, il y a encore beaucoup de chemin à faire-, je dirai à ce moment-là, s’il est juste et qu’il reprend cette inspiration, que nous sommes d’accord avec le travail qui a été fait et que nous le soutenons.[/quote]

    Idem pour le Grenelle de l’écologie… http://www.bayrou.fr/evenements/bayrou-japy-050607.html

  • Eh oui, je crains que ce ne soit une réaction quasi-allergique. Sur le traité simplifié, par exemple : a-t-on besoin du satisfecit de Bayrou ? Pourquoi faut-il que l’on se félicite que Monsieur Bayrou soit d’accord ? « Le sens que nous avons proposé pendant la campagne« … Faut-il lui rappeler que Nicolas Sarkozy l’a proposé à l’automne dernier à Bruxelles ? Bayrou s’attribuerait presque les mérites de l’action de Sarkozy. C’est un peu fort. Ah oui, tout de même : il a abandonné l’expression de mini-traité. Super apport. C’est la même chose, sous un nom différent. Je ne suis pas loin de penser que parler de « mini-traité » n’a pas été une maladresse, au contraire, mais une habileté pour en faire mieux passer l’idée.

    On a davantage entendu François Bayrou, pendant cette campagne, jouer les anti-système, les anti-medias (une stratégie médiatique comme une autre), les anti-Vème République, encore et encore à chaque interview que sur des thèmes propres. Que n’a-t-il fait, justement, comme Sarkozy : un discours fondateur et marquant à Bruxelles, dans lequel il aurait déployé sa conception de l’Europe ?

    « Ce que je n’aime pas, c’est la mécanique et je vous propose de remplacer le vote mécanique par un vote réfléchi« . Désolé, mais ça aussi, ça me crispe. Parce que, moi non plus, je n’aime pas les votes mécaniques, et j’aime que les gens réfléchissent avant de voter. Je serais heureux que les députés votent plus librement et que les débats soient francs, ouvertes, constructifs. J’aimerais que les cumulards arrêtent de cumuler, que les députés soient tout à leur mission, que l’Assemblée puisse être le théâtre d’une collaboration critique et fructueuse avec l’Exécutif, que l’on ait un renouvellement régulier et de qualité du personnel politique, etc etc.

    Ca rapporte toujours de vendre du rêve. Ils le font d’ailleurs tous, bien entendu.

    Je me dis aussi qu’il y a une donnée incontournable : la nature humaine et puis quelques tendances lourdes dans notre histoire institutionnelle.

    Qu’il ne faut pas rêver : il n’y a pas de systèmes sans imperfection, pas de systèmes qui ne produisent de dérives. Le choix a été fait, avec la Vème, d’une certaine efficacité, au détriment probablement d’une plus grande représentativité. L’Assemblée telle que la voit Bayrou, ça a très certainement ses avantages, ça a aussi très probablement ses inconvénients, comme un risque accru d’immobilisme. Et un autre, qui me donne l’occasion d’un mini-billet.

  • [quote comment= »27802″]L’expression d' »extrème-centre », elle n’est pas de moi. Maintenant, ce que son propos [de Mme de Sarnez] traduit, c’est bien la proportionnelle intégrale..[/quote]

    Extrême-centre : de qui, alors ? Il y a bien un site « extrême-centre » sur le web, mais il est sympathisant FN.

    Ce que le propos de MdS traduit, ça ne peut pas être la proportionnelle intégrale, puisqu’elle parle de représentation « à peu près » égale : avec la proportionnelle intégrale, pas d’à peu près.

    Avec le système proposé par l’UDF (50% proportionnelle, seuil à 5%, 50% par circonscriptions), un parti central qui aurait autour de 19% des suffrages nationalement aurait bien « à peu près » cette proportion des députés.

    (Soyons plus précis : en se basant, comme l’a fait – sans doute abusivement – MdS, sur les résultats des présidentielles, ce parti il aurait à peu près 6-8% des députés élus par circonscription, et à peu près 22% des députés à la proportionnelle, donc 14-15% du total).

  • [quote post= »354″]Que n’a-t-il fait, justement, comme Sarkozy : un discours fondateur et marquant à Bruxelles, dans lequel il aurait déployé sa conception de l’Europe ?[/quote] Il l’a fait… Sur ce qu’on a entendu de lui : c’est vrai. Il n’a pas aussi bien géré sa communication que Sarkozy, je m’en rends compte maintenant. A sa décharge (ça va te crisper!) : nous n’avons eu que trois mois de campagne médiatique, au plus chaud du débat, au moment où plus rien ne passait que des petites phrases.

    Sarko n’a pas besoin du satisfecit de Bayrou, mais il a besoin d’une opposition qui puisse reconnaître des points d’accord. Et moi j’ai besoin que, dans l’Assemblée, des gens parlent en mon nom. Sinon, l’Assemblée telle que la voit Bayrou… comment dire, pour le moment, ça nous est égal non? Ce que demande le MoDem pour l’instant, c’est une représentativité minimale, en fait. C’est à dire un groupe. Pour appuyer cette demande, Marielle rappelle le score du premier tour… ce n’est pas complètement déplacé, il me semble.

    Nous entrons dans un régime où tout va dépendre du président, qui pourra faire tout ce qu’il veut. Chirac aurait pu faire tout ce qu’il voulait, mais ne l’a pas vraiment fait. Sarkozy prendra ses responsabilités, et je m’en réjouis. Qu’il agisse. Mais je ne pense pas que ça peut « marcher » dans ces conditions. Je reste convaincue que ce type de régime, ce type de pratique du pouvoir, ne peut pas fonctionner efficacement. Mais on verra bien!

    J’avoue avoir un peu de mal à comprendre pourquoi il est horripilant que Bayrou dise quand il est d’accord ou pas d’accord. Il faudrait qu’il soit toujours contre ou toujours pour? Là, c’est toi qui le prend comme une distribution de bon points… Les gens qui n’ont pas voté pour Sarkozy ne se retrouvent pas miraculeusement convaincus lors de son élection. Il est normal que des élus portent leur voix, à ceux-là. Mais ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas convaincus qu’ils rêvent d’une nouvelle cohabitation, ou qu’ils souhaitent que tout soit fait pour empêcher Sarkozy de faire quoi que ce soit.

  • Non, Lisette, il ne l’a pas fait, ce discours fondateur (n’était-ce pas à Strasbourg ?). Je sais bien qu’il a évoqué l’Europe, et à plusieurs reprises. Et je ne lui conteste pas que l’Europe soit pour lui une cause permanente. J’irai même jusqu’à penser qu’elle relève davantage de la conviction chez lui, de l’idéal, quand Sarkozy en a probablement une approche plus pragmatique.

    Mais voilà, trouve-moi quelqu’un qui soit capable de te dire à quelle occasion il l’a fait. Il ne suffit pas, en politique, d’avoir des idées, il faut aussi savoir les faire entendre.

    Quant aux petites phrases, il m’est arrivé d’entendre Bayrou, au Grand Jury, ou chez Aphatie : crois-moi, s’il le souhaitait, il était tout à fait capable d’utiliser le temps qu’il consacrait à l’attaque du système au développement d’idées de fond. Il a préféré aborder la campagne sous cet angle. C’était en partie habile, puisque cela a certainement bien contribué à lui apporter ses 18 et quelques %, mais il faut aussi en assumer les effets pervers. Ce n’est pas toujours la faute des autres. Du système, de l’UMP, des medias, de…

  • [quote comment= »27868″]Non, Lisette, il ne l’a pas fait, ce discours fondateur (n’était-ce pas à Strasbourg ?)[/quote]

    Il n’était pas « fondateur » parce qu’il n’a pas été élu … mais il valait dix fois, de l’humble avis d’un de ses partisans, celui du président élu. Si flou, celui-ci, que M. Jouyet lui-même (s. e. aux affaires européennes) ignore ce que veut le Président – si l’on en croit Daniel Cohn-Bendit, qui n’est pas de l’UMP, dans Télérama hier.

    Et ce n’était pas « le » discours « fondateur » de FB sur l’Europe, parce qu’il a consacré à  cette seule cause de nombreux discours, colloques, et deux livres.

    Je me rappelle encore qu’à  la veille de la campagne, il trouvait le temps d’aller en Allemagne à  la demande de la très peu médiatique(en France) Fondation Genshagen pour faire partager sa vision de l’avenir de notre Union. (bon, ça a fait quelques lignes dans Le Monde).

    Evidemment, on peut toujours dire qu’il se réfugie dans les petites phrases. Beaucoup, beaucoup de petites phrases, alors.

  • [quote post= »354″]Mais voilà, trouve-moi quelqu’un qui soit capable de te dire à quelle occasion il l’a fait.[/quote] FredericLN 🙂

    [quote post= »354″]Je sais bien qu’il a évoqué l’Europe, et à plusieurs reprises. Et je ne lui conteste pas que l’Europe soit pour lui une cause permanente. J’irai même jusqu’à penser qu’elle relève davantage de la conviction chez lui, de l’idéal, quand Sarkozy en a probablement une approche plus pragmatique.[/quote] ou même toi, manifestement, Koz… 😀

    [quote post= »354″]Quant aux petites phrases, il m’est arrivé d’entendre Bayrou, au Grand Jury, ou chez Aphatie : crois-moi, s’il le souhaitait, il était tout à fait capable d’utiliser le temps qu’il consacrait à l’attaque du système au développement d’idées de fond. Il a préféré aborder la campagne sous cet angle. [/quote] Moi j’ai trouvé qu’il ne faisait qu’aborder des questions de fond, et que c’était inaudible dans le brouhaha médiatique. Mais je suis partisane.

  • plus je lis Lysette , FredericLN et Koz et plus je vois que chacun restera sur ses positions , ce qui me parait une peu « normal » aussi … Je ne m’exprime pas aussi bien que Koz mais ayant voté comme lui je suis tout de même un peu étonné de voir à quel point nos point de vue sur la politique engagée , l’attitude de NS sont similaires et surtout je constate que F.Bayrou nous apparait vraiment de la même manière , Lysette j’ai plutôt l’impression que F.Bayrou est une découverte de ces derniers mois à vos yeux ( a toi et Frederic 😉 ) et que dans ces conditions « idéales » l’anti-sarkozisme de la campagne ca n’aide pas à se faire une opinion plus « ouverte » du président.

    Sur l’Europe j’irai plus loin que Koz , malgré l’affichage pro-européen de F.B (logique), je suis persuadé que N.S est un moteur bien plus puissant que François, ce soir j’ai eu l’occasion de regarder en direct sa conférence de presse aux journalistes du G8 sur BFM , j’ai vu un président extrenement volontaire , franc parleur envers les journalistes sur toutes les questions que ce soit la journaliste russe ou l’Iran ou Poutine , Bush , ect … je dis Bravo , j’etais étonné qu’il soit aussi ….. « parler vrai  » et je pense sincérement que même les journalistes on été bluffés . Il ne s’agissait bien sûr pas d’un « numero » , des questions de cette gravité ne pouvant pas être traitées à la légère. J’espere juste qu’avec le temps vous saurez voir au-delà 😉

  • @fw.isildiur « Il ne s’agissait bien sûr pas d’un “numero” , des questions de cette gravité ne pouvant pas être traitées à la légère. J’espere juste qu’avec le temps vous saurez voir au-delà »

    Oh là là ! vous êtes sûr de bien connaître Nicolas Sarkozy ? depuis longtemps ?

    Vous êtes sûr de savoir faire la différence entre parler carré et parler vrai ?

    J’avais essayé de regarder N. Sarkozy sur « A vous de juger », j’ai tenu 5 minutes environ, écoeuré par le nombre de contre-vérités qu’il avait pu énoncer dans l’intervalle.

    Mais en matière de sarkozysme, je ne suis pas représentatif du Français moyen, ni dans mon rapport à la vérité ou la contre-vérité (je suis assez maniaque pour ça, je ne supporte pas les agents immobiliers de Ce***), ni dans mon vote au second tour.

    Je suis encore moins représentatif en matière de bayrouisme puisque j’ai voté Bayrou dès 2002, j’ai adhéré à l’UDF fin 2002, et, je la fais brève, que je travaille en tant que prestataire pour la campagne depuis début 2006 et jusqu’à fin juin de cette année (… non, mon blog et mes interventions sur les blogs d’autrui ne font pas partie de mes missions …!).

    Qui plus est, j’ai travaillé sur la partie « propositions » et « portrait » du site bayrou.fr, donc, pour ce qui est du niveau d’information sur F. Bayrou, j’ai conscience de ne pas être du tout représentatif !

    Donc, tout en étant militant démocrate, j’essaye de limiter mes interventions sur les blogs d’autrui à des informations factuelles, aisément vérifiables indépendamment de leur émetteur !

    Au passage, je ne crois pas avoir prétendu où que ce soit que M. Sarkozy serait un mauvais président (ni Mme Royal, ni d’autres encore – je pense que Mme Voynet aurait été assez bien), ou échouera en matière européenne. Je suis juste en désaccord avec son projet, ses intentions, sa méthode, sur la grande majorité des sujets.

  • ca a le merite d’être clair 😉 merci pour ta franchise , quand je disait « voir au delà » je ne parlais pas forcement d’adhesion , juste de passer la barriere de l’image, mais bon je vais pas essayer de convaincre , mais c’est vrai que j’espere que cette mission qui à été confiée à NS sera une reussite pour Nous Tous.

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