C’est un autre monde

drapeaufrancais C’est un autre monde, dans lequel il n’a plus été question de parer nos balcons et fenêtres du drapeau, pourtant signe d’union dans l’épreuve et de rassemblement dans la riposte. Nos fenêtres sont restées vides. François Hollande a probablement perçu ce qu’il y aurait de dérisoire à proposer encore le même geste.

C’est un autre monde, dans lequel l’union nationale a les allures d’un souvenir, d’une chimère. Elle n’a pas même duré un instant de raison, et ceci est aussi le signe de ce nouveau monde où l’horreur et le carnage ne sont plus exceptionnels. Ils sont entrés dans le champ du débat politique autorisé et beaucoup ne se sont pas grandis, avec leurs propos de matamores. Epargnons-nous ici la liste de ces indignités, même celles de ceux qui hurlent trop fort.

Dans cet autre monde, la fin de l’Histoire est bien enterrée, et nous savons que nous vivrons de nouveaux massacres. Nous savons que nous les vivrons, nous savons que nos enfants sont nés dans ce monde-là. Dans cet autre monde, chacun est maintenant vraiment visé. En frappant Nice, les terroristes ont balayé l’illusion trompeuse que seul Paris serait une cible. D’autres attentats de masse viendront. La victoire sur l’Etat Islamique en Syrie s’accompagnera d’un retour par tous les moyens possibles de leurs « combattants », dans une « diaspora terroriste ». Retour de leurs combattants et de leurs enfants entraînés à répandre la mort. Nous savons que nous vivrons sous cette menace pour une et peut-être deux générations. Le monde d’avant Abaoud, Abdeslam, avant Kouachi, avant Merah, est derrière nous. D’autres attentats viendront et, le diviseur étant à l’œuvre, des ripostes interviendront vraisemblablement, à l’encontre des musulmans, accélérant l’engrenage. Sauf sursaut, dans cet autre monde que l’on voudrait pourtant éviter, le « eux ou nous » se muera rapidement en un « avec nous ou contre nous ». La pondération deviendra suspecte et l’artisan de paix, un traître.

La question est de savoir ce que nous pouvons emporter de notre ancien monde, et ce que nous devons laisser sur le seuil.

Continuer comme avant, faire rayonner la vie pour rejeter la mort, ne pas céder un pouce de nos libertés, paraît dérisoire aujourd’hui. Il ne s’est d’ailleurs plus trouvé grand-monde pour célébrer l’art de vivre à la française, comme on avait évoqué les verres en terrasse ou la BD de nos amis Belges. Personne n’a troussé une ode à la douceur azuréenne. Nous allons devoir trouver le compromis entre continuer à vivre heureux pour ne pas leur donner la satisfaction de nous en priver, et la vigilance de chaque instant. La tactique terroriste et l’époque actuelle, qui lui fournit des caisses de résonance inespérées, rendent la discordance entre la réalité et sa perception plus large encore, et cette perception forge de nouvelles réalités : la perception de la menace agira sur la politique et la société plus fortement que sa réalité.

Nos évènements devront changer. Nous devrons aussi abandonner le symbolique tranquillisant pour l’efficace.
Nos évènements devront changer. Un barrage de police, un barrage militaire ne sont pas festifs, mais on préfèrera des plots en béton à un camion assassin. Nous devrons aussi abandonner le symbolique pour l’efficace. Quel que soit celui que je lis, aucun spécialiste de la défense n’approuve l’opération Sentinelle. Elle n’est pas dissuasive, et elle n’a protégé personne. A Nice comme au Bataclan, c’est la police qui est intervenue. Elle ne repose que sur le besoin de tranquilliser le peuple. A nous de nous montrer mûrs pour une protection véritable, et une meilleure affectation de nos moyens. Pourquoi pas sur le modèle d’unités à motos, mobiles et autorisées à riposter ? Pourquoi ne pas également investir la réserve opérationnelle dont on reparle1, et armer un nombre contrôlé de citoyens formés, ayant fait l’objet d’une enquête de personnalité, connus et suivis ? De nouvelles approches doivent être envisagées, et ne peuvent être disqualifiées d’emblée au seul nom de l’ancien monde.

Les pistes évoquées par Malek Boutih sont intéressantes, en ce sens qu’elles supposent un réarmement moral et politique. Il nous faut accepter de lutter contre des idées, quand bien même elles ne sont pas directement illicites. Comme il le liste, c’est « le complotisme, l’antisémitisme, une vision radicale de la religion, un discours anti-patriotique et anti-français » et ajoutons, comme il le dit aussi, qu’une polémique comme celle qui est intervenue sur la composition de l’équipe de France ne devrait pas rester sans réponse. Il faut aussi, parce qu’il ne s’agit pas de combattre une religion et qu’il ne peut s’agir d’amalgamer toutes les religions dans une approche myope et idéologique, combattre les pratiques et notamment la soumission des femmes. Il faudra encore s’opposer frontalement au salafisme. Qu’il soit djihadiste évidemment, mais également quiétiste, le second créant un univers mental propice au premier – quoi qu’ils en disent. Former les imams, en France, dans de réels parcours universitaires, et en faire une condition pour pouvoir prêcher. Cesser, aussi, de se reposer sur quelques figures médiatiques mais intellectuellement indigentes et dépourvues de légitimité parmi les musulmans eux-mêmes. Quant aux musulmans, ils doivent dénoncer non seulement les discours mais aussi les personnes qui se radicalisent – et dont ils sont victimes avec les autres Français, comme Olfa, 31 ans, et Killian, 4 ans, d’origine tunisienne, et assassinés jeudi soir.

L’enjeu est de prévenir le basculement total, celui qui interviendra au cinquième, sixième, dixième attentat de masse, quand les esprits seront mûrs pour d’autres types de mesures encore.

Il nous faut aussi restaurer une raison d’être collective. Quel engagement proposons-nous ? Quelle raison d’être plutôt que de ne pas être, pour la France et l’Europe ?
Mais cette réponse sera encore insuffisante. Même si l’immensité du chantier a de quoi décourager, il nous faut aussi restaurer une raison d’être collective. Quel engagement proposons-nous ? Quelle raison d’être plutôt que de ne pas être, pour la France et l’Europe ? Remiser l’unique horizon individualiste et la tolérance indifférente. Célébrer le commun plutôt qu’exalter les différences. Et les pages glorieuses : qu’il soit plus facile d’aimer son pays que de retourner les armes contre lui. Dépasser nos guerres picrocholines et périmées au vu de ce qui fond sur nous. Réconcilier la France et ses 1.500 ans d’Histoire, la France des Lumières et celle des Chrétiens. Que les deux acceptent que même les idées qu’ils ne partagent pas, les pages d’Histoire qu’ils ne lisent pas ensemble, font partie de l’identité de la France. Cesser encore de combattre la foi aux sources de laquelle ce pays puise encore aujourd’hui nombre de ses valeurs.

C’est un travail pour les enseignants, pour les artistes, pour les écrivains, pour les intellectuels de ce pays. C’est un travail pour les journalistes, et pour tous ces medias éclatés que nous sommes devenus par nos divers réseaux sociaux : cessons notamment de démultiplier l’effet de terreur, cessons de ressasser, et de partager l’horreur. C’est enfin un boulot pour les politiques. Dans la campagne présidentielle qui s’ouvre, plus que jamais, les candidats devront dépasser les nécessaires programmes et proposer un projet, une vision, pour ce pays. A eux de se hisser à la hauteur de l’enjeu véritablement historique des années qui viennent. Que ceux qui sont entrés en politique par goût du pouvoir ou s’y maintiennent par carriérisme se moulent d’urgence dans le costume. Parce qu’aujourd’hui, c’est très concrètement de l’avenir de nos enfants que nous parlons. Et ce n’est plus cette fois de la qualité de cet avenir qu’il s’agit, mais de sa possibilité.


  1. Permettez que je crédite ici Guillaume de Prémare, dont je quitte la table []

Auteur

Monoépoux, multipère, et fidèle à plusieurs titres. Également avocat (associé fondateur BeLeM Avocats) et auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015, éd. du Cerf)

44 comments

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    Depuis l’attentat de Charlie Hebdo je répète à qui veut bien m’entendre qu’il faut autoriser des femmes et des hommes volontaires à porter une arme jour et nuit partout où ils vont. La liste des objections qui m’ont été faites est longue. Mais je reste convaincu que cela pourrait se faire de manière raisonnable et raisonnée et encadrée. En tenant compte des objections fondées. Je voudrais aussi par mon commentaire d’aujourd’hui attirer l’attention sur les deux liens suivants:

    http://jfs47.blogspot.fr/2016/07/retour-en-arriere.html

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/07/16/attentats-repenser-notre-rapport-au-monde_4970702_3212.html

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    Je suis sûr qu’il y a de nombreuses objections, et peut-être oublierais-je cette idée si elles m’étaient exposées. Mais je me demande malgré tout si, dans un cadre géré par la police et la gendarmerie, avec des obligations concrètes (éventuellement signaler ses déplacements, effectuer des entraînements réguliers et évalués au tir), un cadre strict pour l’usage de l’arme dont la violation entraînerait la confiscation, ainsi qu’une évaluation renouvelée de la personnalité du candidat, c’est peut-être un point à examiner.

    J’ai lu l’article du Monde. Je ne le partage pas totalement. Notamment sur le 14 juillet : nos forces armées ne sont quasiment jamais honorées alors qu’elles présentent une différence essentielle avec les autres métiers évoqués par l’auteur, dans la mesure où elles acceptent de risquer leurs vies. Cela vaut bien un hommage particulier.

    Il y a en revanche pas mal de points que je partage, probablement plus essentiels, comme l’hystérie, la publicité gratuite, la peur business. Quand je pense que certains n’ont pas hésité à publier un article sur les audiences comparées des éditions spéciales, dès le lendemain de l’attentat…

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    Les djihadistes ont une foi en béton armé (sans jeux de mots) : ils cherchent le salut éternel d’Allah et tout leur agir et leur pensée sont axés par rapport à cela.

    Et en cela tous nous dépassent par la noblesse de la hauteur de leur intuition spirituelle, pour eux vitale. Ce qui n’est plus notre cas depuis longtemps. Nous, faire et dire ce que l’on veut, y compris en agressant et ridiculisant la liberté de l’autre, avoir le dernier Ipod, est notre seule « ambition spirituelle ».

    D’où la présence parmi eux de beaucoup de délinquants, presque illettrés (mais pas forcément idiots), mais aussi beaucoup d’autres très instruits et très intelligents… totalement immunisés contre la peur de la mort et de la mort violente.

    Comment une société laïciste (et non pas laïque) et des gouvernements athées ou agnostiques peuvent-ils comprendre pour agir avec plus d’efficacité, quelque chose qu’ils ne conçoivent même pas intellectuellement et même ressentent un mépris haineux, au mieux bien maîtrisé au pire notoirement connu, pour toute personne croyante (quelque soit sa religion) ?

    Nommer le mal, l’analyser pour savoir enfin de quoi on parle (la finalité eschatologique de l’Islam et pas seulement de l’Islamisme) : voilà ce qui manque. pour comprendre un peu mieux, ce qu’il se passe dans leur tête. Le dédain et le mépris pour leur foi est une très très grosse erreur d’arrogance des responsables politiques athées (le même contre la foi des chrétiens ou même des juifs….), mais qui coute déjà très cher.

    On veut analyser et régler le problème par le prisme de nos critères post judéo-chrétiens et républicain : on va droit dans le mur.

    Mais étudier de fond en comble tous les courants de la théologie de cette religion, qui est d’abord une super-structure juridique refusant tout raisonnement logique ou critique ou historique de la part des fidèles surtout sur ses textes les plus sacrés ne fait pas partie des plans de recherche des services renseignements occidentaux.

    On semble découvrir que cette religion est une religion qui se caractérise par une logique de conquête militaire, politique et géostratégique (pour imposer au monde l’oumma) à l’image de son Prophète, d’abord chef militaire avant d’être chose : ignorance absolue de l’histoire de son expansion par nos « élites ».

    Les méchants croisés furent des amateurs à côté…

    Pour finir, les « autorités » musulmanes, au lieu de se complaire dans un discours de formules attendues face à l’horreur, et qui aspirent à vivre en paix où qu’ils se trouvent (sans espérer imposer très doucement mais très sûrement leur vision très particulière de la société – acceptation ou tolérance de la polygamie par exemple et non pas de la polyandrie…), commence à faire un vrai ménage théologique et un vrai travail critique de mémoire.

    Oui et que les enseignants de France apprennent ENFIN à tous les enfants, d’abord l’amour et au minimum la reconnaissance de leur pays d’accueil (ou natal), c’est à dire la France, qu’ils s’appellent Abdelkader ou François. Ce pays dont l’histoire est presque deux fois millénaires et non pas deux fois centenaires.

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    Juste 2 commentaires On devrait taire les noms des terroristes ils ne méritent que l oublie et non la notoriété Aussi on devrait repenser nos alliances stratégiques avec les pays du golf en organisant notre indépendance énergétique Je suis prêt à voter pour tout politique proposant un développement de la voiture électrique du ferroutage et du chauffage électrique le tout en réduisant le % du nucléaire en créant dès micro usines électrique maillant le territoire Je suis sûr que cela serait en plus créateur d emplois!!!!

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    Je proposerais bien aussi l interdiction des informations en continu….. BFM et cie font beaucoup de mal Un journal par jour serait amplement suffisant. L immédiateté est un grand mal de notre histoire comme l’a confirmé Michet Rocard dans sa vidéo « testamentaire »

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    Pour moi, le monde, notre monde, avait basculé dès le 13 novembre. Lorsque au lieu des cibles « classiques » (métro, avion en vol…), ils ont choisi d’attaquer en pleine rue, comme ils le font là-bas en Irak et en Syrie, quand ils ont physiquement exporté leur guerre ici… Quelles solutions, ou plutôt quelles actions envisager ? Manuel Valls avait tout à l’heure l’air tellement démuni lorsqu’il a dit avec un air fataliste « je l’ai déjà dit et je le redis, il y en aura d’autres ». Oui, on le sait qu’il y en aura d’autres, tout comme on sait que prolonger l’état d’urgence de mois en mois ne résoudra rien. Et donc, que fait-on ? On attend le prochain ? et le suivant ?

    L’urgence je pense est de détruire Daech là-bas, de couper la racine du mal, ce qui l’alimente quotidiennement. Comment ? je n’en sais rien, je ne suis pas militaire ni stratège, mais nos élites françaises, européennes et mondiales doivent en faire leur priorité. Et parallèlement (en même temps, pas dans un second temps), il est évident que ce que tout le monde répète depuis longtemps doit enfin être mis en place : fermeture des mosquées connues pour être radicales, expulsion des imams intégristes, création d’un cursus de formation des imams français. Pourquoi pas également donner plus de visibilité dans les médias à des musulmans qui vivent normalement leur foi tout comme nous vivons la nôtre ? On ne les voit pas beaucoup, on ne les entend pas non plus ou très peu (je parle de média ayant une véritable portée nationale, pas sur LCP ou arte) ce qui pourrait peut-être permettre au plus grand nombre de comprendre que l’Islam, ce n’est pas Daesh. Au lieu de répéter « il ne faut pas faire d’amalgame », peut-être serait-il bon de laisser la parole aux musulmans de France, les français feront d’eux-mêmes la part des choses, tant le français dit « moyen » qui regarde de travers une femme voilée, que les jeunes en recherche d’identité qui se tournent vers Daesh. Daesh est fort de sa communication, à l’Islam de France de communiquer mieux et plus que lui.

    Quant à armer des civils, je ne suis pas pour. Je ne vois pas bien ce que ça apporterait, on voit trop les dégâts que cela occasionne aux Etats-Unis. Je suppose que certains pensent que si un niçois avait été armé, il aurait pu tirer sur le camion et l’arrêter. Peut-être… ou peut-être pas. Par contre, si il y avait eu plus de policiers, si des blocs de béton avaient été déposés sur la Promenade pour bloquer toute circulation (il semble que c’est ainsi que procède Israël qui a une longue expérience du terrorisme), cela aurait sans doute été plus efficace.

    Quant à la campagne présidentielle, je suis plus que pessimiste : nous aurons droit à l’habituelle bataille droite/gauche avec une surenchère sécuritaire, des « vous étiez aux affaires en telle année, c’est votre faute si », des wagons de promesses dont pas une ne sera tenue, et un FN qui se frotte les mains en embuscade. Soyons clair : je ne pense pas qu’un seul de nos politiques actuels ait le courage de présenter un programme de société, un idéal commun. A moins que peut-être Koz ne se lance en politique…

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    les politiques sont très loin de ces considérations. ceux qui nous gouvernent, en tout cas. Ils en sont juste à calculer de quelle façon ils vont pouvoir instrumentaliser ces morts, qui pour mettre encore plus de surveillance …sur ses opposants, qui pour critiquer les incompétents de l’autre bord, qui pour affirmer qu’il l’avait bien dit… l’avenir de nos enfants, c’est bien le tout dernier de leurs soucis.

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    Je pense qu’il manque un point essentiel ds cet article très bien écrit : notre responsabilité collective dans la prolifération de ces violences. Depuis combien de temps les Français ont-ils déserté la spiritualité au profit des médias et de leur violence? Depuis combien de temps avons-nous confié la foi à des institutions, à des formules toutes faites répétées comme des moulinets sans se transformer nous-mêmes? Le Diable se serait fait passer pour Dieu qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Il pourrait même se réjouir d’avoir atteint son but : nous faire plier à ses 4 volontés, terrorisés. L’urgence n’est-elle pas de méditer, en silence, pour nettoyer notre mental pollué par le Peur, avec tout son cortège d’énergies négatives? Colère, frustrations, pensées négatives, jalousie, désirs de revanche, etc. Si nous méditons tous collectivement, à heures fixes, quotidiennement par exemple, vibrons sur des ondes positives, alors Jésus aura été entendu : l’Amour plus fort que la mort. Je ne parle pas de piété, de cierge à faire brûler. Mais de vibration consciente, choisie, à échelle collective. Une onde de choc, invisible, est infiniment plus puissante que n’importe quelle organisation policière ou arme à feu qui ne feront qu’attiser les hostilités. Gandhi a répété que le changement que ns voulons voir ds le monde commence EN NOUS. Qu’avons-nous fait de ce EN NOUS ? Nous avons continué à accuser l’extérieur. Combien de morts faudra-t-il pour opérer ce retour à Dieu entendu comme éthique responsable et non comme seule obéissance à des préceptes?…

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    @ Seb: « on devrait taire les noms des terroristes »

    +1 : un des objectifs des terroristes est la gloire qu’ils espèrent tirer de leurs actions, la renommée. En faisant tomber leurs noms dans l’oubli et en ne se rérérant à eux que comme « des terroristes » ou « le terroriste de Nice », on enlève une part de l’attrait du métier pour les suivants…

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    « La victoire sur l’Etat Islamique en Syrie s’accompagnera d’un retour par tous les moyens possibles de leurs « combattants » » Vous me semblez bien optimiste au sujet de la victoire sur Daesh en Syrie. Ce ne sont pas les opérations d’aujourd’hui qui permettront de vaincre Daesh. Un conditionnel me semble plus approprié.

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    Ce que je vais écrire est stupide, irréaliste, anti-démocratique mais j’aimerais que les chaînes télés d’elles-mêmes arrêtent de se mettre en compétition pour faire l’enquête plus vite que la chaîne concurrente et plus vite que la police. J’aimerais vraiment qu’ils arrêtent d’eux-mêmes de donner dans le moindre détail le mode opératoire des attentats et de fournir ainsi le mode d’emploi à tout le monde.

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    Chaque attentat déchire le voile. La seule chose qui nous empêche désormais de voir la réalité c’est notre crainte de l’affronter.

    Oui, c’est évident que l’opération Sentinelle ne sert à rien. Elle est même nuisible, mobilisant des troupes d’élite (légion étrangère, paras, chasseurs alpins, marsouins…) qui s’épuisent et se démoralisent à faire les pingouins dans le métro sans formation ni ordres. Et pourtant cette opération a été ordonnée et maintenue. Parce qu’elle permet de faire semblant.

    Semblant de faire quelque chose, semblant de protéger.

    La trahison de notre classe politique est nue, là, devant nous. En matière de vie ou de mort, ils choisissent de faire semblant. Même quand tout le monde le voit. Alors, comment croire que quand c’est moins visible, plus technique, moins vital (économie, éducation, fiscalité, formation…) ils ne fassent pas semblant aussi?

    Le parti au pouvoir répète « pas de faille » en boucle, invoque l’union nationale pour éviter les critiques et empile les dispositions liberticides et inutiles. L’opposition gesticule et surenchérit sur les dispositions liberticides et inutiles (loi renseignement, état d’urgence, déchéance de nationalité, délit de non-dénonciation de radicalisation ai-je entendu ce matin)

    Ces gens ont passé toute leur carrière à paraître, il ne savent faire que ça.

    Bastiat disait qu’on confondait trop souvent la société et l’Etat. Le contraste saisissant entre l’effondrement moral et intellectuel de nos élites et la dignité de la société le montre bien.

    Après des décennies de matraquage sur le ventre fécond de la bête immonde, après cette accumulation d’attentats islamistes tous plus horribles les uns que les autres, la France n’est pas, Dieu merci, un pays où des musulmans sont menacés. La suspicion islamophobe permanente de nos élites montre bien son mépris et son manque de confiance envers la société.

    Il y a eu des héros ce soir-là à Nice, des gens qui ont essayer d’arrêter le camion à mains nues, au moins un en est mort. Les gens se sont aidés, soignés, réconfortés. Nice a applaudi ses morts. « La solidarité est spontanée ou n’est pas, la décréter c’est l’annihiler » (encore Bastiat)

    Le voile se déchire et laisse apparaître la réalité : l’Etat est laid et la France est belle.

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    @ Caromaev : Jean Birnbaum a écrit un livre intéressant sur le sujetUn silence religieux, la gauche face au djihadisme, paru en début d’année. Il souligne le malaise de la gauche, et son incapacité à appréhender le spirituel.

    Seb a écrit :

    On devrait taire les noms des terroristes ils ne méritent que l oublie et non la notoriété

    Je suis d’accord là-dessus. La Une de Libé, montrant son visage, donnant son nom et son palmarès, est tout à la fois d’une pauvreté et d’une maladresse effroyables. Quasiment concomitamment, vous aviez cette interview d’un psychologue tunisien, dans Le Monde, dont je reprendrai un passage :

    Il est temps pour la médiasphère de tirer les conséquences éthiques et politiques face à cette stratégie de la terreur, en refusant leur utilisation comme amplificateurs du crime, en ne leur offrant pas la renommée par l’abjection. Pourquoi pas un pacte par lequel tous les médias s’engagent à ne mentionner les tueurs que par des initiales, à ne pas publier leurs photos, à ne pas donner de détails biographiques qui permettent de les identifier ? Les autorités judiciaires devraient y penser aussi. Le même engagement pourrait être pris par les usagers des réseaux sociaux. Même si tout le monde n’y souscrira pas, nous le savons, ce pacte limitera le rayon de leur action auto-glorifiante. Il faut avoir conscience de la puissance attractive de cette renommée sur des esprits labiles, voire dérangés, pour lesquels devenir célèbre quelques jours vaut un massacre.

    Reste à le mettre en pratique.

    @ Sabine : oui, en effet, il y a tout d’abord du boulot à faire en nous. Et faute d’un mouvement général de conversion au christianisme, qu’a minima, nous sachions redonner un peu de consistance à notre France. Pour cela il faut tout autant se réconcilier avec le passé que savoir dessiner un avenir.

    @ Colibri : c’est malheureusement ce que j’évoquais en mentionnant les « caisses de résonance ». Les chaînes télé en continu ressassent en permanence les images, démultipliant ainsi l’impact de l’horreur. Et les chaînes de télé sont suppléées par nombre de détenteurs de comptes sur les réseaux sociaux qui, là aussi, diffusent l’onde de choc.

    @ Samuel Duval : je suis tout à fait confiant dans le fait qu’on écrasera l’Etat Islamique, sans conditionnel. Dans 1, 5, 10 ans, je ne sais pas, mais je suis confiant à cet égard.

    @ Lib : en ce moment, l’abbaye de Lérins est en pleine recherche de financement pour sa restauration. Pour chaque message sur les réseaux sociaux mentionnant #JaimeLérins, la fondation du patrimoine verse un euro. C’est un très bon concept et il faudrait que je me trouve un mécène qui accepte de me filer 10€ (parce que tout de même), chaque fois que tu arriveras à impliquer l’Etat dans une problématique. Moi qui ait besoin de financer ma vie, cela devrait assez vite y parvenir, avec ton aimable coopération bien sûr.

    Je suis d’accord sur une partie de ton commentaire mais je trouve l’autre partie chimérique. Voilà que tu passes une étape dans ton libéralisme : même la compétences de l’Etat sur la sécurité, maintenant, est mise en cause. Je ne vois pas où cela nous mène. Tout cela me paraît bien théorique et, à vrai dire, dépourvu de portée réelle. Toute société s’organisera toujours avec ce qui ressemblera à des institutions, que l’on pourra appeler autrement qu' »Etat » mais qui en sera un – et auquel on confiera de toutes manières la sécurité, en tout ou partie.

    Et l’affirmation finale est tout de même assez déconnectée du réel. Autant je suis partant pour mettre en valeur les belles pages de la France, autant cela ne peut pas conduire à la cécité. L’Etat est laid ? Tu oublies que ce sont des policiers – donc l’Etat – qui ont finalement abattu le chauffeur. La France est belle ? A Nice, il y a eu de très beaux gestes, oui, y compris pendant l’attaque. Il y a aussi cet espèce d’autel lugubre, ce pilori morbide, sur lequel convergent les passants. Après avoir posé un bouquet ou une bougie, s’être recueilli pour les morts, ils vont cracher sur le bout de route où le tueur a été arrêté. Cracher et déposer des ordures, des excréments. Étonnante résurgence de pratiques primitives. Et puis, il y a eu aussi ces altercations pendant/après la minute de silence. Cette vidéo de gens intimant à une femme venue se recueillir comme eux de « se casser », ou cet autre échange où des gens en sont venus à intimer à une femme de « rentrer chez elle », elle qui a perdu une fille jeudi soir 14 juillet.

    Alors, tout cela n’épuise pas ce que l’on peut dire de la société, cela ne la résume ni ne la constitue, mais « la France est belle », non, pas par nature. Et l’Etat n’est pas davantage laid par définition.

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    L’idée de dissimuler le nom du terroriste (et, pourquoi pas, le nombre de morts, sa nationalité, l’idéologie qui a motivé son acte ?) me paraît à tous égards une erreur. C’est déjà le cas, dans une certaine mesure, lorsqu’on fait de lui un « déséquilibré », manière de faire entendre que tout cela est accidentel, manière de nous habituer aussi, comme si cela était arrivé et arrivait tous les quarts d’heure, partout et de tous temps. Si ce ne sont ni les journaux ni la police qui donneront le nom, ce sera l’EI, dans un communiqué, qui gagnera une bataille de communication de plus. En outre, toutes les informations finissent par passer, avec Internet (comme toutes les photos et vidéos). Si vous voulez continuer à donner l’impression qu’on vit dans « la censure », « le déni » et « le complot », c’est exactement ce qu’il faut faire. Au lieu de réfléchir sur les raisons qui font que de plus en plus d’esprits sont « labiles », voire « dérangés » au point de vouloir commettre un massacre, et d’agir politiquement (donc dans la mesure du possible), pour que ça ne soit plus le cas.

    Je suis en désaccord aussi, mais ici sur un plan plus « symbolique », sur les notions « d’ancien et de nouveau mondes » (j’étais intervenu sur votre sujet « le vent nouveau » aussi, et je ne voyais pas grand chose de nouveau dans le populisme dénoncé, seulement une conséquence logique). Comme si, quelque part, une rupture avait été faite, comme s’il y avait eu une surprise (alors que vous dites bien – et on le savait avant Nice, d’autres le disaient déjà avant Charlie Hebdo – qu’il y aura(it) encore des attentats). Comme si « la fin de l’Histoire » avait été un optimisme crédible (alors que seuls une poignée de pays ont, plus ou moins, « bénéficié » de cette illusion quelques années). Comme s’il n’y avait pas de continuité ni de causes (là encore, tout cela me paraît en faveur du « déséquilibre » et de la « folie » et, comme dit Valls, il est criminel de chercher des explications, qui sont peu ou prou des excuses). Une opinion qui conduit certainement à « sécuriser » la France sur le modèle d’Israël (donc à transformer le pays et à consommer sa rupture ; « aux défis soi-disant ‘exceptionnels’, ripostes ‘exceptionnelles’… »), mais qui minore le rôle de l’éducation, du journalisme français et de « l’intelligentsia », de l’immigration musulmane, du laïcisme, des discours creux, de la politique étrangère de la France (voire « de l’Occident ») depuis au moins un siècle. Il est évidemment plus facile de sécuriser la France à la manière d’Israël, de la jeter sur de nouveaux rails à construire (la sécurité en Israël est un marché, une économie de plus – de la même manière qu’on sauve la banquise avec un Grenelle de l’environnement, et des éoliennes…) que de questionner, à la racine, ces autres thèmes.

    Je suis hanté par cette question, pour ma part : pourquoi la France ? pourquoi ce « statut privilégié » de cible terroriste ? Toutes les hypothèses que je soulève in petto ne me satisfont pas. Peut-être parce que nous paraissons faibles (plus faible que le R.-U., l’Allemagne, ou les É.-U.) (et ce n’est pas notre président « la France, elle est affligée » qui me démentira), ce qui déplaît aux idolâtres de la force et les motive… Je ne sais pas.

    J’espère seulement – mais j’espère parce qu’il le faut bien… – qu’une réponse arrivera aux élections, bien qu’à l’heure actuelle aucun candidat ne paraisse à la hauteur des enjeux, et chaque attentat m’en convainc toujours plus.

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    Virgil a écrit :

    Si ce ne sont ni les journaux ni la police qui donneront le nom, ce sera l’EI, dans un communiqué, qui gagnera une bataille de communication de plus.

    Je ne partage pas votre point de vue. Il est très différent, pour ceux qui veulent obtenir la gloire dans la mort, d’apparaître dans un communiqué de l’EI que ne liront que quelques sympathisants, ou de savoir que son nom sera repris en Unes et dans tous les JT.

    Virgil a écrit :

    Au lieu de réfléchir sur les raisons qui font que de plus en plus d’esprits sont « labiles », voire « dérangés » au point de vouloir commettre un massacre, et d’agir politiquement (donc dans la mesure du possible), pour que ça ne soit plus le cas.

    Pourquoi avoir toujours ces alternatives inutiles ? Pourquoi serait-ce « au lieu de » ? J’ai à peu près confiance dans le fait que l’on peut à la fois bannir leurs noms et visages des « walls of fame », et réfléchir au fait que des esprits soient désormais plus facilement accessibles à ces actes.

    Même remarque sur le paragraphe suivant. Ce n’est pas la sécurité OU la culture Ou l’éducation. C’est une action conjointe et large qu’il faut mettre en œuvre. Et savoir se remettre en question, pour savoir ce qui relève effectivement de l’intangible, de ce que l’on refuse de sacrifier même pour un peu de sécurité, et de ce que nous pouvons adapter pour cet autre monde (je maintiens).

    Virgil a écrit :

    Je suis hanté par cette question, pour ma part : pourquoi la France ? pourquoi ce « statut privilégié » de cible terroriste ?

    C’est une vraie question. J’ai tendance à penser que la France représente encore quelque chose dans le monde, quoi que nous en pensions, qu’il reste une symbolique autour de la France, comme le pays de la liberté. Nous n’avons pas non plus renoncé à nous exprimer sur la scène internationale. Et en même temps, nous sommes également perçus par l’EI comme un pays athée, oppressant les croyants, et militant de cet athéisme.

    A ceci, nous pouvons probablement ajouter des raisons plus circonstancielles.

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    @ Virgil: Je me risque à vous répondre alors que je n’ai aucune compétence pour le faire. Je suis allé écouter un général de l’armée française venu dans un village proche de chez moi faire une conférence sur la nation, son armée et le terrorisme. J’ai cru comprendre qu’en Irak et en Libye il y a des femmes et des hommes qui n’ont pas accepté l’intervention militaire américaine. Ils n’ont pas de sous-marin pour frapper les USA, ni de missiles inter-continentaux, ni d’avions de guerre. Ils ne peuvent pas frapper les USA sur leur territoire. Par contre ils peuvent frapper leurs alliés et par exemple notre pays plus facile d’accès, plus proche. Ils peuvent espérer nous déstabiliser, donc déstabiliser l’Europe donc porter tort aux USA. Il y a probablement des militaires Irakiens et Libyens très remontés contre les USA et leurs alliés.Qui réfléchissent sur les moyens de nous faire la guerre malgré leur infériorité numérique et technologique. Voici aussi un lien à lire si ça vous dit: http://www.lavie.fr/debats/bloc-notes/cessons-de-tricher-20-07-2016-74882_442.php?IdTis=XTC-AGXN-GIPY6S-DD-4Q9X-U5S

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    Beaucoup de choses que je partage sur le fait qu’il va falloir s’adapter à cette menace et que le plus tôt sera le mieux. Mais il ne faudrait pas se précipiter pour mener des actions sans faire une analyse fine de la situation. Il faut donc tout de même prendre le temps d’éliminer les fausses bonnes idées. Par exemple, l’anonymat des terroristes en fait partie à mon sens. Il est certain que les médias doivent réduire fortement la voilure concernant leurs « enquêtes » sur les terroristes ( on l’a vu à Nice où un avocat a prétendu faussement être l’avocat du tueur) et autres interviews des voisin, belle-sœur de la fille du cousin de la concierge qui racontent ce qu’ils veulent, y compris des mensonges. Cependant, il faut savoir que les chaînes TV par satellites du P-O et du M-O sont très regardées par la population de France parlant arabe et l’on y déverse une propagande terriblement antisémite, antioccidentale qui échappe totalement au contrôle du CSA. Donc, inutile de se leurrer, les terroristes y seront « célébrés ».

    De toutes les façons , ce n’est qu’un aspect secondaire.

    On aimerait avoir de toute urgence une analyse de la menace, une vision de la situation géopolitique claire et qui à mon sens devrait venir du chef de l’Etat. Chacun peut se rendre compte qu’on en est très loin.

    J’aimerais savoir si on est vraiment en guerre, contre qui, pour combien de temps, avec quels alliés. Quelles les actions qui doivent être menées ? A quoi devons-nous renoncer pour faire face ? Comment pouvons-nous participer ?

    Bref, une sorte de plan d’ensemble que tout le monde pourrait comprendre et auquel tout le monde ( ou presque) pourrait adhérer et adapter son comportement. Bref, je rêve.

    J’ouvre les yeux, mon rêve s’envole et je vois Hollande. Mais peut-être que ceci explique cela. J’ai l’impression qu’il n’y comprend rien.

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    Et tenez, s’il faut revenir sur le point de bascule que j’évoquais dans le billet, cet article :

    Cependant, on assiste à un «basculement» après l’attentat de Nice. «Après Charlie Hebdo et le Bataclan, la province était horrifiée mais ne s’identifiait pas forcément aux personnes touchées qui étaient des journalistes, des trentenaires à un concert, etc. Cette fois, on s’en prend à des familles, des enfants, on a le sentiment que tout le monde peut être atteint, ce qui infuse dans les zones rurales une peur, une dimension terrifiante.»

    Et ce n’est que l’un des éléments qui me font parler de basculement.

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    @ Koz: Pour l’anonymat : les unes et le JT comptent encore ? Comme toute personne qui a grandi avec le web, je ne regarde plus de JT depuis 10 ans, je lis autant la presse étrangère que française. Je lisais le nom du terroriste sur twitter avant de le lire dans la presse ; j’ai appris Nice grâce à un twittos de Washington ; j’ai été informé du coup d’Etat en Turquie à 22h, deux heures avant que BFMTV ou itélé n’en parlent sérieusement. Internet est un outil qu’ils maîtrisent très bien, et je ne suis pas sûr qu’un terroriste soit de toutes façons un amateur de JT et de journaux officiels français. Tout ce que je vois au bout de cette proposition d’anonymat, c’est fdesouche qui finira par agiter un nom (ou des images) que les officiels voudront taire (ou masquer). Comme je le lisais naguère sur twitter, si vous voulez donner 5% de plus à Le Pen, c’est exactement ce qu’il faut faire. Quant à croire que le communiqué ne sera lu que de « quelques sympathisants » ?… L’information est « globalisée », les islamistes aussi ; votre proposition marcherait très bien si 1) la presse française (française oui, pas francophone) pouvait garder le silence sur un nom et surtout si 2) le web ou les chaînes d’information internationales, qui n’ont aucune raison de se taire, n’avait pas été inventées. A l’heure du complotisme galopant et du discrédit total du journalisme français, c’est de la folie. Qui plus est, les partisans de l’EI n’ont pas attendu la révélation du nom du terroriste (et ses motivations) pour se réjouir.

    Il est évident qu’il faut une réponse armée et sécuritaire (je ne mentionne pas, contrairement à ce que vous dites, d’alternative « sécurité » ou « culture » ou « éducation ») qui doit faire partie d’une vision d’ensemble politique. Vous en convenez, il faut une remise en question profonde des hommes et femmes politiques aux commandes depuis des années, remise en question que je ne vois pas venir. Si cette « remise en question » n’a pas lieu, il n’y a pas « d’autre monde », car « l’autre monde » dont vous parlez et qui aurait surgi après Nice, j’ai l’impression très amère de vivre dedans depuis des années.

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    Virgil a écrit :

    Pour l’anonymat : les unes et le JT comptent encore ? Comme toute personne qui a grandi avec le web, je ne regarde plus de JT depuis 10 ans, je lis autant la presse étrangère que française. Je lisais le nom du terroriste sur twitter avant de le lire dans la presse ; j’ai appris Nice grâce à un twittos de Washington ; j’ai été informé du coup d’Etat en Turquie à 22h, deux heures avant que BFMTV ou itélé n’en parlent sérieusement

    C’est gentil de m’apprendre l’impact du numérique. Il va falloir que je songe sérieusement à m’intéresser à ce nouveau truc que sont les Internets.

    Donc oui. Cela compte. Pour l’heure de gloire, BFMTV bien plus que Twitter.

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    J’avoue ne pas être très sûr de savoir quoi penser de ce billet. Un autre monde? Certes. Nous le découvrons aujourd’hui? Pardon, mais ce monde était déjà bien visible depuis longtemps – depuis le 11 septembre 2001, au minimum, comment pouvait-on ignorer qu’il y aurait d’autres massacres, que le fanatisme avait atteint un nouveau palier aussi bien dans ses tactiques que dans ses ressources, que la guerre asymétrique était désormais de mode de conflit auquel nous devions nous préparer? Nous l’avons fait, d’ailleurs, c’est pourquoi nous avons eu bien moins de morts que l’on aurait pu croire. Bien moins en tout cas que dans les pays moins bien armés et moins bien organisés que le nôtre.

    Ce qui est plus nouveau, c’est le délitement de notre unité nationale au plus haut niveau. Celle-ci était prévisible au vu de la faiblesse de notre personnel politique, tristement illustrée par la stupidité d’idées comme la déchéance de nationalité. Il n’empêche, c’est déprimant à voir et inquiétant pour la suite, surtout si l’on regarde les personnalités susceptibles de remporter la prochaine présidentielle. Nous avons désormais des députés de la République qui rejettent explicitement la Constitution, la présentant comme un obstacle à notre sécurité: je ne connais pas de précédent, en effet.

    Continuer comme avant, faire rayonner la vie pour rejeter la mort, ne pas céder un pouce de nos libertés, paraît dérisoire aujourd’hui.

    Si cela paraît dérisoire aux yeux des plus raisonnables, c’est dommage. Si tu veux juste rejeter l’idée de glorifier un art de vivre, je te suis: en lui-même, il n’est pas une réponse, bien sûr. Mais je crois fondamental de continuer de célébrer le 14 juillet, de se rassembler pour les festivals et événements sportifs – bref, de vivre collectivement. Et surtout, surtout, de ne pas céder, effectivement, sur les libertés. Faute de quoi, le discours « eux ou nous », dans toute sa profonde stupidité, l’emportera. Là serait, pour le coup, un monde vraiment nouveau, un monde de vengeance, de peur et d’oppression, pour lequel nos enfants auraient tout lieu de nous demander des comptes.

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    Caromaev a écrit :

    étudier de fond en comble tous les courants de la théologie de cette religion, qui est d’abord une super-structure juridique refusant tout raisonnement logique ou critique ou historique de la part des fidèles

    Bonjour,

    Cette prise de connaissance me paraît en effet une étape indispensable, mais je ne vois pas bien en quoi cela permettra d’améliorer la situation. Comment convaincre des gens qu’ils sont dans l’erreur ? Pire encore s’ils ont le sentiment que vous voulez qu’ils échangent leur religion pour une autre qui est récusée comme fausse par les textes fondateurs de leur religion d’origine.

    Il me semble qu’on ne peut agir sur le problème qu’à la racine, de manière « épistémologique » pour employer les grands mots, et lorsque se forme le jugement chez les jeunes les faire réfléchir « en général » sur ce qui fonde une croyance.

    Par exemple éduquer à la pensée critique dès l’école primaire, sur le thème : qu’est-ce que croire et qu’est-ce que savoir ? Comment et pourquoi « sais-je » ce que je sais ou crois savoir ? Puis au collège/lycée : les différents systèmes de croyance et étude de où, comment, et pourquoi on acquiert une religion. Car faire admettre que telle religion est plus vraie que telle autre me paraît voué à l’échec. Il faut passer par un « terrain neutre ».

    Koz a écrit :

    Il souligne le malaise de la gauche, et son incapacité à appréhender le spirituel.

    Je me demande si le point de blocage n’est pas sur la croyance plus que sur la spiritualité.

    Il me semble qu’il est difficile pour un non-croyant de comprendre comment on peut adhérer à une croyance tout court, surtout aussi arbitraire qu’une religion, et croire par exemple aux fameuses 70 vierges. Le fait que ces croyances puissent être prises au sérieux, imbiber une vision du monde et motiver des actes, cela échappe complètement aux non-croyants.

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    Koz a écrit :

    Tu oublies que ce sont des policiers – donc l’Etat – qui ont finalement abattu le chauffeur.

    Rassure moi, tu n’es pas en train de me dire que Nice est un succès de la police?

    Koz a écrit :

    même la compétences de l’Etat sur la sécurité, maintenant, est mise en cause

    Je ne nie pas la légitimité de l’Etat à nous protéger, c’est toi qui parles d’armer la population. Je constate juste qu’il échoue à le faire. Et je l’explique par la dérive irresponsable (et selon moi irrécupérable) de notre classe politique.

    C’est normal qu’il y ait des échecs, il y en a dans toute entreprise humaine. Ce qui est inacceptable, c’est le refus de reconnaître l’échec et d’en tirer les leçons. Ce qui est criminel, c’est d’intimider ceux qui veulent comprendre en se cachant derrière les policiers : « Je n’accepterai jamais les propos honteux qui insinuent que tout cela aurait pu être évité, car dire cela, c’est discréditer nos forces de sécurité qui se battent chaque jour et qui obtiennent des résultats. »

    Comment peut-on accepter qu’un premier ministre se défausse de la sorte? Après tous ces échecs, ces failles, ces loupés, ces morts, continuer à mentir et à nier tend vers la trahison.

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    @ Gwynfrid : mouais, tu me présenteras le gars qui avait annoncé trois massacres de masse sur le sol français en dix-huit mois. Il n’y a pas eu d’attentats islamistes en France pendant seize ans, entre 1996 et 2012, et encore ces attentats avaient-ils fait 8 morts. Nous passons de 8 morts en 16 ans à 231 en 1 an 1/2. Le temps long ne change rien à ça et, très concrètement, si, c’est un changement de monde, quand on passe d’une menace latente à sa réalisation répétée. Sans compter que nous savons que nous en attendons d’autres.

    Il nous faut trouver le bon ajustement. L’hystérie sécuritaire n’est pas une solution mais camper sur nos positions comme si rien n’avait changé n’est pas une option non plus. La menace n’est pas la même, menace concrète et menace induite sur notre vie en société.

    Célébrer le 14 juillet, bien sûr. Continuer d’avoir des événements, évidemment. Mais continuer de multiplier les occasions de solliciter les forces de l’ordre, déjà sur les dents depuis bientôt un an, comme s’il n’y avait pas de menace précise, serait totalement irresponsable.

    Gwynfrid a écrit :

    Nous avons désormais des députés de la République qui rejettent explicitement la Constitution, la présentant comme un obstacle à notre sécurité: je ne connais pas de précédent, en effet.

    Si nous avons des députés experts en déclarations à la con et gros sabots – Fenech, par le seul fait de parler de « Guantanmo », s’assure que ce ne sera jamais réalisé – la position évoquée était un peu moins caricaturale qu’elle n’a été servie. Il s’agissait surtout de dire que le droit, ça s’adapte. Et qu’il fallait cesser de brandir une inconstitutionnalité d’ailleurs pas toujours démontrée pour récuser toute proposition. Il reste que je ne suis pas partisan de la plupart des propositions en question.

    @ Virgil : pour info, concrètement, les photos du tueur diffusées par l’Etat Islamique dans sa vidéo de glorification sont celles qui ont été publiées par la presse.

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    @ Lib: A la fin du mois d’avril de cette année j’ai dormi à Nice dans une rue parallèle à la promenade des Anglais. Avant de me coucher j’y suis allé marcher. Elle fait 7 km de long. J’ai remarqué que tous les 80/100 mètres il y a une petite rue qui débouche sur la promenade des Anglais. Toutes ces entrées cela ne doit pas être évident de les surveiller. Une confiance trop grande en la vidéo-surveillance a peut-être aussi sa part de responsabilité dans ce qui s’est passé? Il y aussi le fait qu’un arrêté municipal interdit la circulation des poids lourds sur la promenade des Anglais mais qu’il y a aussi … des dérogations à cette interdiction (livraisons, déménagements, etc…) Cela ne doit pas être évident de gérer tout ça. Oui le camion a fait deux kilomètres de trop mais il n’en a pas fait deux de plus. Il n’y a pas eu à ma connaissance de balles perdues et de victimes dans la foule présente par les tirs de la police qui a mis fin à cette tragédie. Dernière remarque plus générale, nous n’arrêtons pas d’entendre, de lire qu’il faut ne pas avoir peur, qu’il faut continuer à faire la fête, qu’il ne faut pas changer nos habitudes etc… Je ne sais pas ce que vont décider les autres mais en ce qui me concerne je m’interroge et j’ai déjà commencé depuis l’attentat de Charlie Hebdo à modifier ma manière de vivre et de penser.

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    @ Koz: Je sais, je suis aussi abonné au twitter de Romain Caillet (comme je l’ai fait comprendre, je connais bien les internets, même si l’idée de « donner des leçons » ne m’a jamais traversé l’esprit).

    Je suppose que la vidéo de glorification (qu’en outre la presse ne diffusera jamais), sans la photo ni le nom du tueur, nous aurait permis d’éviter le prochain attentat. La ruse du silence sur le nom et les photos, je suppose que ça fonctionnerait bien avec le « loup solitaire déséquilibré » de Nice (qui n’en est pas un, vu qu’on parle de plus en plus d’un réseau, donc de complices qui connaissent le nom, les intentions et le visage du tueur, et l’auraient fait remonter aussi bien que la presse à la base).

    Mais qu’en sera-t-il de ceux que l’EI a déjà dans ses bases de données (comme c’était le cas pour les tueurs de Charlie et du Bataclan, qu’on a vus poser AK47 à l’épaule) ? ou le tueur de Magnanville, qui fait du direct sur Facebook (comme le type à la hache en Allemagne) ?

    À titre personnel, savoir que le tueur a aussi été un type souriant qui profite du soleil comme tout le monde m’intéresse. Pas par curiosité morbide mais pour la complexité que cela ajoute, parce qu’il est trop facile et complaisant de se figurer un monstre barbu en djellaba – ce que beaucoup de personnes, malgré tout, font encore. De même que lire les noms et voir les visages des victimes (et leurs âges et nationalités) me dit quelque chose sur la France et l’idée que les terroristes ciblent.

    Enfin j’attends de voir si l’idée dépasse les commentaires que je lis pas mal sur Facebook, twitter, ici ou dans quelques articles de presse. J’aimerais aussi avoir l’avis des « spécialistes » sur la question (dont l’intérêt stratégique me passe au-dessus de la tête, vous l’avez compris).

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    Un autre monde ?

    Non, nous l’avons bien connu.

    Celui des années 30 quand les démocraties ont longtemps, trop longtemps refusé de voir en face la montée des périls.

    Je ne dis pas que c’est le même péril, ce n’est jamais deux fois la même histoire.

    Mais dans un cas comme dans l’autre les électeurs ne veulent pas la paix, mais avoir la paix. Et les politiques n’ont qu’une obsession : la prochaine élection.

    Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’épuisement du modèle démocratique, et pas seulement en France. Non que je sois démocrate par conviction, mais parce que j’ai longtemps pensé que la démocratie moderne, avec ses défauts, restait la meilleure solution pour conjurer la guerre civile et garantir un état de droit préservant quelques libertés fondamentales. Je n’en suis même plus certain, alors que les alternatives apparaissent comme encore pires. Pessimiste je suis.

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    Armer des citoyens ? C’est un peu dangereux comme réponse.

    L’efficacité du terrorisme, c’est qu’il frappe non pas des cibles réfléchies, sélectionnées, étudiées mais n’importe qui, n’importe quand, n’importe où. Quel que soit le nombre de personnes habilitées à porter une arme, il ne sera jamais suffisant pour contrer cette menace.

    D’abord on multipliera les porteurs d’armes, ensuite on augmentera les calibres… et sans s’en rendre compte, au lieu de se battre contre le terrorisme, on se battra dans une course à l’armement.

    Et quand il y aura d’un côté les porteurs d’armes habilités, de l’autre, les terroristes, alors le perdant, ce sera vous, ce sera moi, nu sans arme, sans même une possibilité juridique de nous défendre.

    J’ai lu plus haut dans les commentaires que les terroristes ont la foi chevillée au corps. Rien n’est plus faux. Ils n’ont plus de croyance, plus d’idéal, plus d’espoir, plus rien pour exister que de se faire exploser et d’autres avec. L’état islamique ne fait que canaliser cette frustration et récupère à son compte le mal-être de nos sociétés.

    Pour lutter contre les terroristes, il faut d’abord qu’ils se reconnaissent dans la France avant de se reconnaître dans l’Islam. Il faut donc un projet de société qui les intègre.

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    C’est beau toutes ces phrases sur cette page. Le papier ne refuse pas l’encre. Après, je ne pense pas que cela soit à l’image de l’état d’esprit de la population totale. Les idées évoquées ici sont minoritaires pour longtemps, n’est-ce pas ?

    Comment saurons nous à partir de quand il faut : _ écrire dans la constitution que l’Islam est anti-républicaine _ interdire l’entrée dans l’Europe des cultures à la Turquie _ sauver nos Émilie Loridan, … _ prendre les armes et remercier la chance passée que représentait l’immigration pour la France ?

    A partir de quel point de rupture les idées présentées ici ne tiennent elles plus debout ?

    Dans le TAFTA, le mondialisme du MEDEF et les attaques spectaculaires de L’EI, céder à la désespérance serait une défaite assurée.

    La dernière croisade s’impose à nous chaque jour. Qui sommes nous ? Qui suis je ? Qui est mon père ? Bonnes marches à tous, pèlerins des identités.

    Error de syntax. Infinite loop. C’est beau toutes ces phrases sur cette page. Le papier ne refuse pas l’encre. Après, je ne pense pas que cela soit à l’image de l’état d’esprit de la population totale. Les idées évoquées ici sont minoritaires pour longtemps, n’est-ce pas ? Error de syntax. Infinite loop.

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    Dans votre liste de mesure, vous ne dites pas un mot sur la politique migratoire. C’est tout de même étrange : il est clair que ces terroristes ont été importés (et que c’était une grosse erreur, qui a d’ailleurs fait l’objet de mises en garde à l’époque, naturellement traitées par le mépris) ; il est clair également qu’augmenter la population musulmane augmentera la difficulté du problème. Par exemple, en pleine période de chômage en France, quel besoin avions-nous de laisser venir ce Tunisien ? Et pourquoi n’a-t-il pas été expulsé après sa condamnation pour agression ? Il en va d’ailleurs de même en Allemagne. Vous aviez bruyamment approuvé la politique merkelienne l’an dernier. Qu’en dites-vous aujourd’hui…?

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    « L’existence de Dieu s’éprouve mais ne se prouve pas. » (Jean Birnbaum)

    « Voilà ce qu’est la foi: Dieu sensible au coeur non à la raison. » (Blaise Pascal)

    « Alors que la violence exercée au nom de Dieu occupe sans cesse le devant de l’actualité, la gauche semble désarmée pour affronter ce phénomène. C’est qu’à ses yeux, le plus souvent, la religion ne représente qu’un simple symptôme social, une illusion qui appartient au passé, jamais une force politique à part entière. Incapable de prendre la croyance au sérieux, comment la gauche comprendrait-elle l’expansion de l’islamisme? Comment pourrait-elle admettre que le djihadisme constitue aujourd’hui la seule cause pour laquelle un si grand nombre de jeunes européens sont prêts à aller mourir à des milliers de kilomètres de chez eux? Et comment accepterait-elle que ces jeunes sont loin d’être tous des déshérités? »

    « Un silence religieux »

    La gauche face au djihadisme

    Jean Birnbaum

    Seuil

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    Aujourd’hui, ils assassinent les prêtres en plein office. De façon barbares. Des sœurs présentent.

    A partir de quand faut il réagir ? A partir de quand les français basculaient en résistance ?

    Les paroles de Jean-Pax Méfret avec la chanson des Chouans résonnent fort dans ma tête:

    « A l’horizon, le ciel est encore rouge Sans sommation, ils tirent sur tout ce qui bouge. On les appelle les colonnes infernales Du général

    Ils ont brûlé nos fermes et nos églises Ils ont noyé nos prêtres par surprise La loire n’est plus qu’un long fleuve de sang Chouans ! Chouans !

    Ils disent que nous sommes une race maudite La convention veut que la Vendée soit détruite Ils rêvent d’en faire un grand, un immense cimetière. C’est le voeu cher de Maximilien Robespierre.

    Au fond des bois, nous aiguisons nos lames. Face à la croix, nous prions pour nos âmes. Soyez présents aux cris des chats huants. Chouans ! Chouans !

    Les longues faux brillent aux reflets de la lune Et en Bretagne les hommes avancent dans les dunes Des groupes se forment de Normandie jusqu’à la mer Ils viennent aussi du fond des marais de Mayenne.

    Debout, Chouans ! peuple des forêts de légendes ! Près des étangs, les feux follets dansent sur la lande. Toute la force du Saint-esprit nous accompagne A vos fusils ! La foi soulève les montagnes !

    Même si l’Histoire enterre notre passé, notre mémoire continue d’exister. Et, par Saint Jean ! toujours nous resterons Chouans ! Chouans ! Chouans ! Chouans ! Chouans ! »

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    En fait, la suite à donner est de 2 types :

    _ spirituelle : dans ce cas, suivant les recommandations du prêtre, dimanche dernier : la meilleur réponse est de prier avec des musulman, sourate 18 si ma mémoire est bonne. Une suite tournée exclusivement vers l’amour.

    _ politique : expliciter que le système social et politique de l’Islam ne peut avoir sa place chez nous. Accueillerons nous des Communistes ou des Faschistes dans les mêmes volumes que les musulmans au nom de Voltaire et des droits de l’Homme, c’est à dire dans des volumes interdisant l’assimilation ? Une suite rationaliste basée sur les seuils de tolérances (la tolérance souvent promue par les prêcheurs « laïcistes »). Une suite qui laisse une grande place aux questions sur que faire une fois les seuils franchis.

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    NP a écrit :

    J’ai lu plus haut dans les commentaires que les terroristes ont la foi chevillée au corps. Rien n’est plus faux. Ils n’ont plus de croyance

    Rien n’est plus vrai au contraire. C’est nous qui n’avons plus de croyance.

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    Une autre raison importante est que la France est considérée comme un pays de croisés (pays chrétien). Es-ce la raison la plus importante? Est il possible que ces islamistes reconnaissent plus nos racines chrétiennes que nous, peuple français? En tout cas en citant le pays de la liberté comme une raison cet acharnement, on peut se dire que cette liberté existe parce que les peuples français ont des racines chrétiennes.

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    Intéressant cette allusion aux chouans. Symboliquement on comprends. Factuellement il est évident qu’il n’y a pas de risque d’élimination physique en proportion significative ni pour les prêtres, ni pour les catholiques, ni pour les chrétiens, ni pour les français.

    Donc en fait il n’y a aucun rapport. Sauf que l’inversion victimaire entre une majorité et une minorité a quelquechose de familier. La juiverie internationale semblait une minorité oppressant les peuples avant le génocide des juifs d’Europe. Les cancrelats tutsis du rwanda étaient responsables de tous les maux d’avant qu’ils disparaissent.

    Qui sont les prochains chouants, s’il doit y en avoir? Des catholiques vraiment?

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    Le quotidien français de référence, Le Monde, refuse de publier des photographies des terroristes, comme la « première chaîne d’info en continu » BFMTV, et Europe 1 et La Croix ne diffuseront plus leurs noms. Ce sera donc au citoyen, s’il s’intéresse un peu à ce qui arrive à son pays, de recoller les morceaux sur Internet, un peu n’importe où et n’importe comment.

    BHL souhaitait hier que soient aussi tues les « vies et itinéraires » des djihadistes. Comme s’il ne s’était rien passé. Il faudrait donc selon lui taire aussi le fait qu’Adel Kermiche était fiché, qu’il portait un bracelet électronique, qu’il avait tenté de rejoindre la Syrie (mais la Turquie, et non la France, l’avait refoulé). On pourrait encore, pourquoi pas, taire les revendications de l’EI et mettre ça sur le compte d’une folie ou d’une déprime. A priori, selon les journalistes et chercheurs auxquels je suis abonné, cela n’aurait aucune incidence sur la « glorification » des terroristes. Cela permettrait en tout cas de ne pas connaître les failles qui ont conduit aux attentats, passés et à venir. Même les victimes n’existent plus (cf. l’affaire « Timothé Fournier »). Le complotisme va tourner à plein régime.

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    @ louisreb: Le fait est que l’Etat Islamique parle des Français comme du « peuple de la Croix », ce qui peut nous faire sourire, nous catholiques, quand on voit la réalité. Maintenant, que faut-il en déduire sur le plan de l’identité et des racines ? N’est-ce pas aussi la marque de l’erreur que représente l’approche identitaire et l’essentialisation d’un peuple ? Approche d’un remarquable simplisme qui se satisfait de considérer des blocs (identitaires), voués à l’affrontement. Les racines chrétiennes, c’est une chose mais si c’est pour ne voir du christianisme en France que ce qui remonte à près de 900 ans, nous allons nous aussi avoir un problème. Connaître notre héritage et le mettre en valeur, oui. Mais nous complaire dans la contemplation du passé, non.

    @ td : vous partagez avec d’autres du même petit milieu une absence cruelle de sens de la nuance. Je ne vous dirai pas que j’ai bon espoir que vous compreniez mieux aujourd’hui ce que j’ai écrit hier, mais si vous voulez savoir ce que je pense aujourd’hui, relisez ce que j’écrivais alors. Même chose. Peut-être une deuxième lecture vous évitera-t-elle de dire des âneries.

    @ Virgil : le débat peut se prolonger longtemps : je ne suis pas sûr qu’il y ait une solution certainement meilleure. Mais je crois que l’on ne doit pas négliger deux choses. D’une part, le complotisme que vous évoquez ne sera pas un fait majoritaire. Je ne vois pas qui que ce soit remettre en question le fait que les attentats islamistes soient des attentats islamistes. D’autre part, soit, ils sont experts, mais ils ne me semblent pas prendre suffisamment en considération (i) ceux qui n’ont pas basculé et sont encore en marge – et ne sont pas en contact étroit avec les réseaux sociaux pro-Daech, (ii) le fait que ces terroristes – petites frappes pour la plupart – veulent aussi bénéficier de leur gloire aux yeux du monde entier, pas uniquement auprès des sympathisants abonnés aux réseaux islamistes.

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    @Gatien : dans une vision communautariste de notre société, ne faut il pas considérer l’évolution annoncée qui tend à indiquer que la majorité d’aujourd’hui sera minoritaire demain ?

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    « (…) C’est ainsi que vivent les hommes. Ils se servent de l’autre pour se laisser persuader d’une chose à laquelle, au fond de leur coeur, ils ne croient pas. On cherche dans l’autre un instrument pour couvrir le son de sa voix intérieure. Si chacun de nous écoutait seulement un peu plus sa voix intérieure, s’il essayait seulement d’en faire retentir une en soi-même – alors il y aurait beaucoup moins de chaos dans le monde. (…) »

    Etty Hillesum dans « Une vie bouleversée », page 233, Editions du Seuil, format livre de poche.

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    Virgil a écrit :

    BHL souhaitait hier que soient aussi tues les « vies et itinéraires » des djihadistes. Comme s’il ne s’était rien passé. Il faudrait donc selon lui taire aussi le fait qu’Adel Kermiche était fiché, qu’il portait un bracelet électronique, qu’il avait tenté de rejoindre la Syrie (mais la Turquie, et non la France, l’avait refoulé). On pourrait encore, pourquoi pas, taire les revendications de l’EI et mettre ça sur le compte d’une folie ou d’une déprime.

    Il est parfaitement possible de signaler que le terroriste était fiché, portait un bracelet électronique et avait tenté d’aller en Syrie sans le citer. Et bien sûr parler des revendications de l’EI. On peut anonymiser un récit, on peut donner des éléments d’information, sans aller interroger les voisins, raconter la petite enfance de la personne. Le problème n’est pas là, le problème est que les médias sont passé de l’information au storytelling, le même pour un terroriste, un candidat à la télé réalité ou une star de foot. Il serait bon de remettre les choses à leur place, et d’interdire aux médias le traitement de la vie des terroristes sur le mode d’un album photo de Closer. On fait cela très bien quand « un témoin a accepté de nous parler sous couvert d’anonymat », le même traitement est possible pour les terroristes.

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