Et vive la France

Ne croyez pas que je sois ironique. N’imaginez pas que, parce que je n’ai jamais caché mon indifférence pour le football, je puisse manquer à la plus élémentaire éducation, et me réjouir de voir choir et déchoir ainsi  le sport qui m’insupporte. Parce qu’allons-y, disons-le : quand l’équipe de France est ridicule comme en 2002, je raille, je sarcasme. Ma nature taquine. Et je me faisais une joie d’éreinter les footeux de mes amis. L’investissement était minime, puisque l’application est gratuite, mais j’avais téléchargé Vuvuzela. Chaque évocation de la Coupe, et je vouvouzellais. Mais que la France soit ridicule comme elle l’a été durant ce week-end en plusieurs actes aussi sidérants les uns que les autres, c’est une autre paire de manches – et je ne parle pas des joueurs. Parce que même si ma femme me dit de relativiser, que c’est que du foot, ça me mine un poil. C’est pas pour rien qu’on dit : « représenter la France à l’étranger ». Pourquoi faut-il qu’on la roule dans la honte pour qu’on prenne la mesure de l’expression ?

Parce qu’il y a peut-être autre chose que le destin minable d’une équipée bouffonne dans cette affaire. Comment ne pas y voir un peu de l’état de la France ? Après tout, c’est peut-être bien vrai en effet qu’ils ont représenté la France à l’étranger. Ou une caricature de France, une France paroxystique. Une France qui, pour finir, fait grève face aux plus grands enjeux1, comme pour parfaire ce tableau ridicule.

Une France qui ne s’aime pas. Que voulez-vous, c’en est presque banal de relever qu’il n’y a qu’en France que le patriotisme est suspect par nature. Au foot, cela commence dès l’hymne et pourtant on s’y est habitués. Quand ce ne sont pas les supporters qui le sifflent, ce sont les joueurs qui ne le chantent pas. Non seulement on se demande s’ils s’identifient au pays mais on peut craindre que certains se soient2 construits en opposition avec lui, ce qui les dépasse, certainement, pour concerner les « jeunes des quartiers » bercés trop longtemps de discours culpabilisant la France. S’identifier au pays : on se demande parfois si l’on est encore en droit de l’attendre d’un français. Pourtant – vous me pardonnerez cette référence rabâchée ces derniers jours, mais l’anniversaire de l’appel du 18 juin s’est invité dans le calendrier – si le Général De Gaulle n’avait pas eu de la France une vision partiale, romantique, amoureuse, il n’aurait probablement pas cru incarner la seule vraie France. Signe que le patriotisme, c’est pas forcément con.

C’est peut-être bien sur cette base spécifique que fait fond le mercantilisme, né du professionnalisme. C’est la seule façon de comprendre qu’il ne touche pas de la même manière d’autres pays, qui n’y sont pourtant pas moins soumis que la France. Mais comment ne pas penser que ces mercatos, qui font des hommes des investissements, ne conduisent qu’à exacerber, dans un sport pourtant collectif, les destins individuels ? Quel intérêt général, quel bien commun, quel destin collectif les unissent vraiment ?

Faut-il encore parler de l’autorité ? Ce n’est pas la première fois que l’on entend valoriser l’idée que « les cadres » s’imposent face au sélectionneur. Ce n’est que du foot, alors on passez assez vite. Mais comment espérer que, par temps fort, tout le monde puisse tirer dans le même sens ? Voir, encore, Raymond Domenech lire la déclaration de joueurs contestant une décision à laquelle il a été associée, était une autre surprise du jour. Tiens, on relèvera aussi que si Raymond Domenech ne semblait pas assumer cette décision, les joueurs n’assumaient pas leur déclaration, en refusant de la lire eux-mêmes.

Pour ajouter à la farce, on apprend que les Bleus toucheraient une « prime à l’image« , quoi qu’il advienne. L’ambiguïté du terme laisse ouverte toutes les interprétations et, si elle est juridiquement fausse, on s’étouffe à l’idée qu’ils puissent toucher une prime pour l’image qu’ils ont donnée.

Alors, que faire de cette équipe, une équipe qui ne prépare pas un match qu’elle prétend toutefois, avec moults beaux discours, vouloir gagner ? Si je ne vais certainement pas me l’imposer, qui a seulement envie de les voir jouer ? Qui aurait même envie de voir gagner cette équipe ? Tiens, Guy Birenbaum propose de les ramener avant. C’est bien aimable. On pourrait tout aussi bien les laisser là-bas.

Enfin.

« Vive la France ». Au moins par habitude.


  1. notez que c’est une comparaison, une image, et que je n’ai pas oublié que le match contre l’Afrique du Sud n’est pas le plus grand enjeu pour la France []
  2. à tout le moins partiellement []

Auteur

Monoépoux, multipère, fidèle à plus d’un titre.

Avocat (associé fondateur BeLeM Avocats), auteur de Ca ira mieux demain (Sept. 2015) et de Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Janv. 2017)

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84 commentaires

  • Moi aussi, ça me « fout la honte ». Certes on peut dire que ça ne reste que du foot mais rien qu’en parlant des enjeux économiques, cette pitoyable mascarade ne va pas faire s’accrocher de potentiels investisseurs, sportifs ou non. Le refrain « en France, c’est toujours le b…el » (dans tous les sens du terme en plus !!) a souvent permis d’expliquer, sinon de justifier, une installation d’usine en Italie, Espagne, Roumanie etc. plutôt que dans nos vertes vallées désertées.

    Du point de vue de la société, c’est un des événements les plus rassembleurs (une équipe de France en phase finale de Coupe du Monde) qui montre à nous même d’abord, au monde entier ensuite que le RESPECT de soi, des autres et de ses engagements est un mot totalement inconnus de la majorité des participants (joueurs, fédé, staff mais aussi journalistes et consultants compris) et donc potentiellement d’un grand nombre de Français. Faites venir les touristes pour dépenser leur argent après ça. Montez un projet bilatéral en Afrique du Sud. Allez expliquer que la mort du 44ème soldat français en Afghanistan, c’est pas le sujet du jour (fallait mourir hier, dommage….).
    J’ai l’impression qu’une part de la crédibilité de la France et des Français (oui, les grands mots) nous a été arrachée ce soir et c’est pas comme si on avait grand chose à quoi se raccrocher de nos jours. Un peu de rêve footballistique pour planer un minimum cet été, avant d’entamer une rentrée tendue pour beaucoup (financièrement et professionnellement), ça n’aurait pas faisait baiser le taux de la dette du ménage ou de la France, mais au moins, on aurait pu garder la tête haute face au voisin de camping.

    Et maintenant cette histoire de « prime ». Un don total a toute œuvre charitable, respectable et à l’activité rapide, efficace et vérifiable est une obligation. Pour encore mieux faire, vu qu’on leur a bien pourri LEUR Coupe du Monde, je suggère que cette argent revienne à une/des œuvres en Afrique du Sud. Parce que non seulement on se met la honte, mais on embarrasse nos hôtes.

    A quand le retour aux bases du savoir vivre en communauté (y compris sous l’autorité que quelqu’un qu’on ne choisit pas et n’apprécie pas). Un de mes premiers sujets de Philo en terminale était : « La parole est d’argent mais le silence est d’or »… quelques cours de philo supplémentaires à tous les échelons ne seraient pas du temps perdu…

  • Il est clair que le chapitre équipe de football ne va pas apporter grand-chose en France pour éclairer le débat sur l’identité nationale.

    Cette affaire montre bien que les joueurs n’ont vraiment aucune fierté de porter le maillot français. On pourrait même dire qu’ils n’ont aucune fierté tout court. Sauf pour une fierté complètement négative : On ne va pas s’humilier en demandant des excuses publiques, tout de même ! La preuve c’est que le reste de l’équipe montre sa solidarité pour défendre je ne sais pas quelles valeurs. Ils ne sont pas un groupe pour rien. Et ils vont le montrer, pas seulement devant la France, mais devant le monde entier. Bravo !

    Premier constat : le non respect de l’autorité et le je m’enfoutisme de la Nation caractéristiques des quartiers sont remontés jusqu’au sommet du plus important et mieux loti sport de France. C’est ahurissant, mais c’est peut-être symptomatique de quelque chose de pourri dans la société.

    Comme c’est parti, l’équipe de France sera, dans toute l’histoire du mondial, la seule équipe autogérée où les dirigeants se retrouvent totalement ridiculisés et impuissants. Le prochain match sera, rien que pour cette raison, très intéressant.

    Comme l’affaire n’a pas encore fini de rebondir, on aura amplement l’occasion d’en reparler.

  • Pingback: Les tweets qui mentionnent http://www.koztoujours.fr/?p=8063utm_sourcepingback -- Topsy.com

  • Comment ne pas faire de rapprochement avec ce qui se passe dans nos classes?
    Insultes gravissimes aux professeurs (mais pour les élèves, ce n’est qu’une façon de parler, ils ne voient pas où est le problème), soutien bruyant d’une partie de la classe et silence prudent de l’autre, exigence d’être consultés quant à la sanction, pétitions (oui, même en 6e!), lâchage de l’administration, sortie du héros et tristesse absolue.

  • Au foot, cela commence dès l’hymne et pourtant on s’y est habitués. Quand ce ne sont pas les supporters qui le sifflent, ce sont les joueurs qui ne le chantent pas.

    Quand on voit que le Figaro sur lequel j’avais simplement posté trois couplets de la Marseillaise (sans aucun autre ajout) m’a censuré pour incitation à la haine, agressivité et discrimination, que ces joueurs ne la chantent pas, c’est sur.
    (il est vrai que c’est un chouïa agressif, la Marseillaise, mais j’aime)

    S’identifier au pays : on se demande parfois si l’on est encore en droit de l’attendre d’un français.

    Quelques questions, toutes simples : à quel pays veulent ils s’identifier ? Où habitent ils? Où payent ils leurs impôts?

    Ils ne s’identifient surement pas à la France, dans la mesure où nombre de supporters décrochent le drapeau français pour le remplacer par un autre, dans la mesure où, dans un pays laïque, ils prient devant tous sur les terrains de jeu, où le fameux Anelka indique clairement qu’il « aimerai[t] bien habiter en France », juge que ce n’est « pas possible ». « On sait pourquoi, niveau fiscalité. […] Je ne veux pas jouer au foot et payer (aux impôts, NDLR) 50% de ce que je gagne. L’argent que j’ai, il est pour mes enfants. Si je peux leur offrir quelque chose, je le ferais là où il n’y a pas de fiscalité […]. Si certains sont choqués tant pis. Mais la France, c’est un pays hypocrite », conclut le joueur. (Le Figaro, flash actu)

    Quel intérêt général, quel bien commun, quel destin collectif les unissent vraiment ?

    La réponse est simple, mais il est tellement préférable de croire à un « vivre-ensemble » dans notre pays de bisounours où la moindre critique est taxée de racisme, de discrimination et où la liberté d’expression publique devient difficile et déclenche systématiquement des « polémiques » grassement cultivées par des médias qui ne se cachent pas d’être la « troisième force » du pays (toujours selon le Figaro, je n’ai pas gardé l’exemplaire papier que j’avais acheté et où c’était indiqué en toutes lettres, je le regrette).

    « représenter la France à l’étranger »

    J’espère -sans grande conviction- qu’à l’étranger, les gens sont suffisamment intelligents pour prendre conscience que ces joueurs représentent une minorité visible.
    En tous les cas, je serais franchement humiliée si j’imaginais qu’on pouvait penser que ces « joueurs » représentent la France.

    A ce que je sache, la France n’en est pas encore là, même si mon mari n’est pas entièrement de cet avis, lui qui attend les vacances pour enfin se couper un peu du nouveau monde des brailleurs-incultes-agressifs qui composent la majorité de ses élèves, (qui bien sûr vont tous avoir leurs examens, car n’est ce pas, « on ne discrimine pas monsieur, on ne discrimine pas ». Il se dit, parmi les enseignants que, n’est ce pas, cela permet de les faire aller en fac et donc, pendant ce temps là – qui dure pendant plusieurs années- ils ne sont pas au chômage. Une blague ou la réalité?)

    Je ne suis aucunement surprise par ce qui se passe : c’était à prévoir. J’espère seulement que tout ceci va, enfin, faire ouvrir les yeux à un peuple, complétement à côté de la plaque, qui tape sur des patrons qui « gagnent trop sur le dos des salariés » -quand bien même ils travaillent largement plus que les 35h- mais adulent des « joueurs » qui gagnent en un match le salaire de ces patrons et s’empressent de le défiscaliser dans la mesure du possible, tout en profitant d’hôtels XXXXX étoiles de luxe payés en partie grâce à nos impôts, par le biais de subventions.

    Oh, quelle joie! je viens de lire que les club ne peuvent pas recevoir plus de…2,3 millions d’euros de subventions…chacun!
    http://www.reponseatout.com/football-comment-etat-aide-clubs-a-8882,62.html
    (combien de crèches, d’aides aux personnes âgées…)

    Bref : je n’ai jamais aimé le foot. J’ai hurlé vendredi soir lorsque j’ai été réveillée à la fin du match du 18 juin, parce que l’équipe de France (non, ce n’était pas celle là?) avait égalisé et ainsi gardait encore toutes ses chances pour la qualification. En pleine campagne de la France dite profonde.
    On marche sur la tête.

    Là, maintenant, c’est pire : je déteste. L’image que ce « sport » me renvoie ne me plaît pas, tout simplement parce qu’il est écrit partout, même ici, qu’il reflète l’image de la France. Et que cette image là, ce n’est pas celle que j’ai dans le coeur. Ce n’est pas cette France là que mon père a choisi, qu’il m’a fait aimée.

    Française de deuxième génération, je m’y sentais bien dans cette douce France, je m’étais appropriée ce pays. Mes petits enfants ne seront pas français -ainsi va la vie, et je n’y suis pour rien-, je ne le regrette pas.

  • Une prime à l’image ?
    Vue l’image désastreuse qu’ils donnent d’eux-mêmes et de la France, j’espère que c’est une prime négative et qu’ils seront condamnés à payer plusieurs dizaines de milliers d’euros chacun.

  • Je trouve la chronique de Guillon sur Inter ce matin (l’une des dernières sans doute) pertinente et lucide sur le sujet. http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/lhumeurde/
    J’adore cette équipe de france milliardaire qui se met en grève dans le pays de la droite du service minimum, du travailler plus pour gagner plus, de la république irréprochable et j’en passe…
    Ce qui m’ennuie c’est qu’elle rend actuellement service à la presse et au gouvernement en occultant les grands scandales des affaires bettencourt/woerth, karachi/gouvernement, kerviel …et même le pertubant « ils batturent » de notre Président lors du discours célébrant le 18 juin, qui n’est pas une invention primesautière comme « bravitude » mais une, de plus parmi tant d’autres, offense à notre grammaire…
    Bref, oui, j’adore l’équipe de france, hilarant révélateur, et je déteste la presse qui l’instrumentalise pour ne pas parler de scandales bien plus scandaleux et qui feraient la une des tous les journaux dans le monde anglo-saxon par exemple !

  • A propos de la « fierté du maillot » : la Nation méprise ses banlieues et leurs habitants, ceux-ci la méprisent. Est-ce si étonnant ? Un « jeune des cités » suffisamment doué pour devenir footballeur pro, et échapper ainsi au mépris de l’establishment et au sort de sous-citoyen qui lui était réservé, verra sa sélection en équipe nationale comme une consécration personnelle, certainement pas comme un appel à célébrer la France !

    Etre sélectionné est un pied de nez (un doigt d’honneur, dans la culture contemporaine) à la Nation, certainement pas un hommage ! Comment pourrait-il en être autrement ?

    De même pour la défiscalisation : pourquoi irais-je financer ceux qui me méprisent, qui ont tout fait pour me garder la tête sous l’eau, et à qui j’ai réussi à échapper par la seule grâce de mon talent ?

    • C’est peut-être cynique, Yogui, mais il faudrait peut-être aussi se demander si la France est la seule dans cette situation. Les autres pays glorifient leurs banlieues ? Aux US, par exemple, je n’ai pas le sentiment que les quartiers difficiles fassent l’objet d’un tableau joyeux. En Grande-Bretagne, ils sont glorifiés ? Qu’en est-il en Espagne ?

      Il y a, probablement, une question de considération à apporter aux banlieues. Il y a aussi, probablement, une habitude (certes un peu moins perceptible désormais) à perdre dans la culpabilisation de la France et le ressassement des dettes que l’on aurait à l’égard de leur population. Mépris pour les banlieues ? Va savoir qui fait la poule, qui fait l’oeuf.

      Ou sinon, effectivement, il ne faut pas s’étonner des comportements de ces derniers jours, en football comme ailleurs, et se faire à l’idée de former un pays de cons.

    • @Koz : Je ne réclame évidemment pas une « glorification » des banlieues, mais que ceux qui y naissent ne se sentent pas exclus à vie de la Nation, avec tous les sentiments d’injustice et de revanche que cela entraîne nécessairement. Je connais mal Espagne et GB, mais je pense qu’aux US la culture prégnante (pas nécessairement la réalité) de « à chacun selon son mérite » donne à chacun le sentiment que, même s’il part avec un lourd handicap par rapport à un fils Kennedy, s’il travaille dur il pourra s’en sortir.

      Et s’il s’en sort, il remerciera la Nation d’être une « Land of Opportunity ». Alors que celui qui s’en sort en France aura le sentiment de l’avoir fait envers et contre tout.

    • Celui qui s’en sort aux US, il le fait aussi envers et contre tout.

      Sans sécu, sans retraite, sans droit du travail protecteur, sans les charges sociales et les organisations syndicales que le monde nous envie.

      Personne ne l’attend, personne ne lui fait de cadeau.

      La vraie différence avec la France, c’est que là-bas personne ne lui dit qu’il n’a aucune chance, personne ne lui dit que l’échec est la norme, personne ne lui dit que c’est la faute du système.

    • @Lib : Non. Je pense qu’aux US, plus on est pauvre plus on croit à « l’Idéal Américain », et plus on est riche plus on se rend compte que c’est bidon. En France c’est l’inverse.

    • Vous savez Yogui, il y avait des mômes en France qui étaient fiers de porter le maillot de l’équipe de France. Ils étaient aussi fiers de porter le nom de leur joueur préféré sur le dos du maillot de l’équipe de France, sans se poser de questions sur la couleur et l’origine du joueur. Alors, le doigt d’honneur à la Nation ça va un petit moment, mais il ne faut pas trop pousser non plus.

    • @Pepito : C’est vrai, mais il est question ici de la problématique inverse. Dans quel mesure le joueur préféré en question, selon son parcours, se sentira-t-il redevable ou reconnaissant à la Nation.

    • Il faudrait que jouer pour l’équipe de France ne soit pas une imposture. C’est la position du curseur entre le côté mercenaire et le côté fierté sincère de jouer pour la France qui est déterminante. L’opinion publique tolère le mercenaire jusqu’à une certaine limite. Visiblement, dans le cas présent, cette limite a été dépassée et on arrive à un taux de dégoût des Français pour leur équipe nationale de foot d’au moins 80%. A ce taux, les sponsors ne sont plus là pour payer les mercenaires.

      Dans d’autres sports collectifs, ça arrive que les sélectionneurs se débarrassent des meilleures joueurs quand ces joueurs n’ont pas la bonne attitude. Dans ces cas, paradoxalement, le groupe se porte mieux et les résultats sont meilleurs que si ces stars étaient dans l’équipe.

    • « Le problème, c’est qu’en dehors de la Coupe Du Monde, ces mecs là, on leur promet le kärcher et une répression sans pitié. Il n’y aurait pas un petit lézard ? Le foot français est un foot de ghetto, aussi clivé que le reste de la société. Les banlieusards sur le terrain, les énarques et les chefs d’entreprise aux commandes. Et les vaches sont bien gardées »

      Vikash Dhorasoo

  • Je me disais justement un peu plus tôt dans la journée que finalement ces bleus si ridicules sont peut-être représentatifs d’une France qui va de plus en plus mal. Leur comportement, je le retrouve hélas chez bien de mes compatriotes, que cela soit à la sortie des collèges, dans le métro, ou au plus haut niveau de la République.

    Quant à la représentation, ça fait un moment qu’on fait sourire ; depuis à peu près trois ans, lorsque je suis à l’étranger, les gens ont un petit sourire quand ils apprennent que je suis français. Les Américains précisent parfois maintenant que eux se sont finalement débarrassés de Bush… Des Belges et des Suisses m’ont chacun posé des questions similaires : quelle est la différence entre la droite décomplexée et l’extrême droite ? Les élections ont-elles été gagnées avec les idées de Le Pen ? Mais alors, c’est l’extrême droite en fait qui est au pouvoir en France ? C’est délicat de répondre… Et puis Cécilia, Carla, ou le dernier épisode ridicule de l’Elysée, et c’est la franche rigolade – ça s’appelle désacraliser la fonction présidentielle je crois, c’est très efficace pour distraire nos voisins.

    Alors, ridicules une fois de plus, on n’est plus à ça près, et après tout ces bleus sont peut-être de bons représentants de la France de 2010.

    Sur ce, je repars de manière imminente dans ce pays où les caissières me sourient et où les joueurs de « soccer » ne sont pas si mauvais et ne s’insultent pas.

    PS. au fait, ça fait plaisir de retrouver koztoujours…

  • Non, mais oui.

    Désolé, mais cette équipe de France, ça reste 23 pélos pas sélectionnés pour être les plus malins, les plus humbles ou simplement les mieux élevés de France, et mis au coeur d’un système pourri qui aurait demandé une bonne dose des qualités citées précedemment pour s’en sortir intact.

    Au fait depuis l’introduction du concept de « loft » dans notre monde médiatique, notre équipe nationale ne vaut plus rien ou du moins l’ambiance qui règne autour est pourrie. Au vu de la couverture médiatique atterante de la préparation des bleus, de « ce groupe qui vivait bien », j’ai du mal à ne pas faire la rapprochement. Si vous voulez virer Raymond, tapez 1. Si vous voulez virer Raymond, tapez 2. Si vous voulez virer Nicolas (vous êtes sûr que c’est pas Raymond?) tapez 717…

    Là ou cette équipe nous en dit long sur l’Etat de notre pays, c’est sur la facilité avec laquelle cette histoire a pu être projetée sur l’état de la nation. Comme dit le Monde dans son édito : « Il serait de mauvais goût de pousser le parallèle jusqu’à comparer « l’étrange défaite » de l’équipe de France de football en Afrique du Sud à celle d’un autre mois de juin, qui, il y a soixante-dix ans, avait conduit le pays à la catastrophe. »
    C’est vrai que ce serait de mauvais goût, heureusement que l’on va éviter, hein?

    Sauf que tout le monde s’est jeté comme en 40 sur l’étrange défaite, les uns pour y voir le triomphe ou la faillite « d’une culture banlieue », les autres pour dénoncer le règne de l’argent corrupteur, ou la culture du résultat individuel « sarkosienne »… Comme en 40 cette enthousiasme a finalement se recconnaitre dans ses 23 idiots dans leur chute malgré les dénégations montre effectivement un pays clivé qui ne rêve que d’en finir avec lui-même pour « partir sur de nouvelles bases ».

  • Si Domenech avait construit une équipe pour obtenir un nul face au Mexique et tout jouer sur le dernier match contre la plus faible équipe, cas le plus rationnel, on n’en serait pas là.
    Mais c’était impossible car la France DEVAIT gagner contre le Mexique. Devait car cela fait 4 ans qu’elle est critiquée, et poussée match après match à fournir un résultat supérieure à ces capacités (certes, lié à un mauvais entraîneur et qq joueurs honis).
    Je fait partie des Critiqueurs. Mais maintenant que l’équipe de France s’effondre, il serait hypocrite d’être étonné ou de crier au scandale : Cette Bérézina était prévisible, elle est arrivée avec tout ces a-coté moches, vils mais tout – à – fait normal, humain. Dois-je rappeler qu’il y a eu un « traite » parmi les Apôtres, etc… ?

    Je regrette que beaucoup parmi les médias (consultants, journalistes sportifs) n’aient pas rapidement sauté cette épisode pour pousser au plus vite à sauver ce qui peut être récupérer afin de construire l’équipe de l’après Domenech. Car effectivement, l’image générale de la France concernent tout le mode, Amoureux comme Haineux du foot.

  • Je me garderai bien aujourd’hui d’émettre le moindre commentaire 😉
    j’avais fait un petit tour avant sur EAQ et je cite :

    Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés;
    le jugement que vous portez contre les autres sera porté aussi contre vous ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
    Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?
    Comment vas-tu dire à ton frère : ‘Laisse moi retirer la paille de ton œil’, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?
    Esprit faux ! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère.

  • Pingback: » La France et l’exemplarité des élites

  • C’est la France du fric décomplexé et du bling-bling, de l’individualisme forcené, de l’irresponsabilité des élites, des uns montés contre les autres, du mal vivre ensemble, du « casse-toi pauv’con » et du « va te faire enculer fils de pute »… C’est la France qui perd et qui se perd.

    • Je ne suis pas loin de te rejoindre sur ce point. Et comme le dit à raison Vivien, il ne s’agit que de joueurs de football, et pas forcément sélectionnés pour leur aptitude à résister à ces travers.

    • Non, c’est la France qui, face au fric décomplexé, au bling-bling, à l’individualisme forcené, continue de prétendre que les bons sentiments sont la solution à tout. Qu’en mettant sur le terrain des gens qui se détestent, ils vont jouer ensemble si on leur demande gentiment.

      La France où autorité et sanction sont des gros mots du haut en bas de la pyramide.

      La France du « c’est pas moi c’est lui ».

  • L’Equipe de France a échoué et a montré une bien piètre image d’elle-même durant ce mondial. Mais cet épisode lamentable peut-être salvateur s’il permet de nettoyer les écuries d’Augias au sein de la sélection comme de la fédération…

    Relativisons un peu, ce n’est que du football, le sort de la nation ne se décide pas sur un rectangle vert…

  • Quand nos élites se foutent de notre gueule à travers des achats de cigares, des rapports bidons sur la mondialisation, des appartements qu’on sous loue à la famille, on jette en pature 22 pauvres types qui ne chanteraient pas avec conviction un chant haineux.

    Hier, j’ai adoré cette surenchère dans les commentaires, la France est la risée du monde, la France moquée …. pour 11 pousseurs de ballons. De qui se moque t’on ?

    Quand Poutine est interrogé par David Pujado, quand on l’asticote sur les droits de l’homme, il répond que nos prisons sont connues pour être insalubres, il ne donne pas la leçon sur le peu d’entrain de Ribery à pousser la chansonnette.

    • Ecoutez, ce n’est pas très aimable ce que vous faites là. Ce n’est pas parce qu’ils ne font que jouer au ballon qu’ils ne font pas partie de l’élite, celle qui se fout de notre gueule.

  • Tu as raison sur le fond et surtout sur ta conclusion.

    Quels que soient les torts des uns et des autres, je les soutiens parce qu’ils représentent la France.

    Leur chier dessus, c’est justement faire ce qu’on leur reproche. Il faut les sanctionner, pas les mépriser.

  • Pingback: Equipe de France : le bal des hypocrites | Reversus

  • Le parallèle a évidemment des limites, ne serait-ce que par la disproportion des missions. La formule « mon maillot n’est pas bleu » n’est même pas exacte puisqu’il ne s’agit même pas d’un maillot. Mais, en terme de valeurs, de service, d’image de la France, on peut lire ceci : « Mon maillot n’est pas bleu » et Un militaire français du 1er RHP tué en Afghanistan.

    S’il y a disproportion des missions, il y a aussi une disproportion du traitement médiatique.

  • Pas « les bons sentiments », Lib, seulement la décence, la responsabilité, l’honnêteté, l’humilité, l’exemplarité, l’esprit collectif, le respect des autres… Autant de valeurs qui sont piétinées tant au sommet de l’Etat que dans les élites économiques et footballistiques. Quant à l’autorité, elle ne se décrète pas, elle se mérite.

    • En revanche, la valeur qui consiste, en toutes circonstances, même quand c’est absurde, surtout quand c’est absurde, à blâmer les riches, les patrons et Sarkozy a de beaux jours devant elle.

      Merci en tout cas pour votre admirable leçon de décence, honnêteté, humilité, exemplarité et respect des autres…

      • Absurde, ma comparaison ? On pourrait composer une équipe de foot, remplaçants compris, avec les seuls ministres pris la main dans le pot de confiture lors des trois derniers mois (les Guignols se sont d’ailleurs amusés à le faire). Je vous épargnerai ici cette liste que tout le monde connaît et qui s’agrandit chaque jour (on apprend ainsi aujourd’hui que la nouvelle présidente de la Halde vient de faire doubler son salaire pour le porter de 7 000 à 14 000 euros mensuels + quelques autres avantages, dont un chauffeur payé 45 000 euros par an et un bouquet de fleurs livré chaque lundi sur son bureau).

        Je me contenterai d’un seul exemple qui illustre bien, me semble-t-il, la pertinence de mon allégorie. La presse sportive révèle à la Une (avec une putasserie que l’on pourrait aussi discuter) les insultes proférées par Nicolas Anelka contre Raymond Domenech à la mi-temps de France-Mexique (pas « casse-toi pauv’con » mais une autre, encore pire). Principale réaction de Patrice Evra, le capitaine des Bleus ? Des excuses au nom de son coéquipier ? Une condamnation de ces propos ? Une reconnaissance de la justification de la sanction ? Non pas du tout, il se concentre sur « le traître » qui a balancé ça à la presse. De son côté, Christian Blanc s’offre 12 000 euros de cigares au frais du contribuable (pas juste une boîte, 12 000 euros !). Le Canard révèle l’affaire. Va-t-il présenter ses excuses publiques ? Exprimer des regrets ? Démissionner ? Non pas du tout, il s’en prend lui aussi au « traître » (qu’il suspecte d’être son ex-directeur de cabinet) qui a balancé l’info.

        Dans les deux cas, je vois une similitude de comportement, une même absence de décence, d’honnêteté, de responsabilité, d’humilité, de respect et d’exemplarité. Et comme le dit Koz, le footballeur, plus jeune et moins éduqué, me semble avoir plus de circonstances atténuantes en la matière…
        Mais peut-être avez-vous une autre interprétation, moins « absurde »… Si c’est le cas, je serais curieux de la connaître…

      • Ah, mais s’il s’agit de regretter que ceux qui se prétendent au service des Français se retrouvent trop souvent à se servir sur leur dos, on va être d’accord.

        L’inventaire à la Prévert que vous nous offres se prolonge en effet malheureusement dans les collectivités locales. Ainsi, des blogs ont récemment analysé les subventions accordées par la Région Ile de France, je vous laisse googler pour en retrouver les croustillantes révélations. Il paraît également que la célèbre présidente d’une région et je ne sais plus quel ministre se sont tiré la bourre il y a quelques mois pour engloutir des fonds publics dans le sauvetage hasardeux d’une entreprise locale malheureusement condamnée pour se donner le beau rôle au mépris de la décence, des contribuables et des pauvres salariés.

        Mais, comme vous le savez, le phénomène ne se limite pas aux seuls élus. Je me suis laissé dire que des agents dits de « service public » bénéficiant à ce titre d’un monopole public usent parfois de ce monopole pour arracher des avantages pour leur corporation aux dépens de la collectivité.

        Pire, même des acteurs purement privés parviennent régulièrement à obtenir un traitement de faveur. Récemment, on pense bien sûr aux banques ou aux restaurants, mais les bénéficiaires du pot de confiture vont jusqu’aux journalistes, artistes et saltimbanques, taxis, professions réglementées, associations diverses, agriculteurs et marins… La liste est interminable.

        Je pense que distribuer le fruit du travail des gens à ceux qui pleurnichent le plus fort (artistes, restaurateurs, agriculteurs…) ou à ceux qui menacent le plus fort (banques, Sud Rail, caïds de quartier…) n’est pas une bonne politique et témoigne, pour reprendre vos termes, d’une absence totale de décence, d’honnêteté, de responsabilité, d’humilité, de respect et d’exemplarité.

        Ceci étant posé, je persiste à considérer que le lien avec le triste comportement de notre équipe de football est très ténu. Je crois également qu’insister pour y appliquer une grille de lecture partisane politiquement n’est pas un signe de décence, d’honnêteté, de responsabilité, d’humilité, de respect ou d’exemplarité.

      • Je suis assez d’accord avec vous. Comme, donc, pour M. Gewert(c?), président PS du Conseil Régional de Picardie, qui s’est offert pour 21.000 € de cigares. Lui dit que c’est pas vrai, c’est que 12.000.

        Vous l’aviez oublié dans votre liste, mais je pense que ça vaut la peine de l’ajouter.

  • Hier, j’ai adoré cette surenchère dans les commentaires, la France est la risée du monde, la France moquée …. pour 11 pousseurs de ballons. De qui se moque t’on ?

    De qui se moque t on?
    Des français, bien sûr!
    http://coupe-du-monde-2010.sport24.com/article/-la-risee-du-monde–480225

    Il y a belle lurette que mes enfants ne disent plus qu’ils sont français.
    Le français est assimilé à un fainéant, râleur, qui pense toujours pouvoir gagner plus en en faisant moins. Lors d’une mission internationale, mon fils n’a pas dit qu’il était français devant l’étonnement grandiose des autres nationalités lorsque des ingénieurs de France ont attendu devant la pendule l’heure de sortir. Vous vous rendez compte si par hasard ils avaient fait une minute d’heure supplémentaire non rémunérée? Sûr qu’ils se seraient mis en grève…
    Bon, tous les ingénieurs français ne réagissent pas comme cela, je vous l’accorde. mais c’est l’image qu’ils donnent de la France. Alors l’équipe de foot, pensez…

    @ Hypparkos.
    Curieux, nous ne devons pas côtoyer les mêmes personnes.
    Dans les milieux que je connais , en Belgique – flamande, il est vrai- on assimile les wallons aux français (et ce n’est pas un compliment), tandis qu’aux USA, on dit que Sarkosy est à gauche d’Obama (avec des sourires ironiques lorsqu’on leur dit que la France est gouvernée à droite). Je me demande bien où est l’extrême droite là dedans. Quant aux Suisses, je n’en connais pas. j’ignore ce qu’ils en pensent

    Donc, ne généralisez pas, SVP. C’est ce que je m’efforce de faire -ne pas généraliser- lorsque je dis que j’espère que l’image de cette équipe de foot ne représente pas la France.

    • Râleur, aigri, toujours prompt à cracher dans la soupe, à idéaliser le passé, à vilipender et à dénigrer, qui suis-je ?

  • peut-être qu’ils représentent cette France là, http://iphone.liberation.fr/#title_01 , finalement…

    moi, ce que je trouve trop bon, c’est que maintenant, les français n’ont tellement plus le droit de vouloir une France normale, avec des gens normaux dedans, que c’est les chinois qui sont obligés de manifester pour défendre ses valeurs, pour dire qu’il y a des gens qui font des choses qui sont pas bien, genre voler, violer, tuer, genre c’est pas dans les 10 commandements, genre le « mal », c’est pas un truc qui dépend des opinions, c’est un truc qui fait mal, quoi. enfin, des trucs que si c’est nous qu’on le dit, on est des fachos.

    On devrait prendre plus de chinois, dans notre équipe de France. Et des nord-coréens, aussi, tant qu’on y est.

    • « On devrait prendre plus de chinois, dans notre équipe de France. Et des nord-coréens, aussi, tant qu’on y est. »

      Euh… mes potes portugais qui ont vu le match me disent que c’est peut être pas une si bonne idée que ça, pour la dernière catégorie…

  • « Pour moi, je n’ai connu que dans le sport d’équipe au temps de ma jeunesse cette sensation puissante d’espoir et de solidarité qui accompagne les longues journées d’entraînement jusqu’au jour du match victorieux ou perdu. Vraiment, le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre, qui resteront mes vraies universités », écrivait Albert Camus. Que ça fait mal de lire ces lignes et de penser à notre équipe de France. Espoir ? solidarité ? entraînement (!) ? morale ? Pas beaucoup de mots à cocher malheureusement. Si, « théâtre » et « perdu ».

    Je n’ajouterai pas grand chose à la salve de critiques, si ce n’est que les joueurs ont besoin de retrouver à la fois le sens de l’intérêt national et un chef qui en impose.

    PS : sur l’ergonomie du site, les petits avatars cachent le nom de l’auteur du commentaire

  • Koz, tout ce que tu dis dans ce billet est juste, et ta conclusion ressemble pas mal à ma réaction en voyant les images incroyables de Domenech lisant le communiqué des joueurs. Mais, à la réflexion, j’ai plutôt envie de jouer à l’avocat du diable. Pas seulement par esprit de contradiction face à l’unanimité, pas seulement parce que ce n’est pas bien de tirer sur une ambulance (faut-il dire un corbillard ?), mais surtout parce que tout bien considéré je trouve la réaction des joueurs condamnable, idiote, ridicule… mais cependant assez compréhensible.

    Ces types ont des egos surdimensionnés, une éducation et une culture limitées (pour la plupart), et n’ont certainement pas été choisis pour leur flair politique. Leur culture professionnelle est celle d’une compétition exacerbée entre individus et entre équipes, avec pour plus haute valeur la loyauté vis-à-vis du groupe malgré les bagarres internes, inévitables dans ces conditions de rivalité permanente.

    Dans un environnement caractérisé par une pression délirante, on a limité le plus possible leurs contacts avec l’extérieur, et on leur a expliqué que c’était eux contre le reste du monde en espérant construire leur désir de vaincre par réaction contre une presse presque totalement négative depuis bien avant le début de la compétition – une tactique qui avait marché en 1998 et en 2006.

    Dans ces conditions, est-il surprenant de les voir réagir comme un groupe uni, qui ne peut compter que sur lui-même face à une agression extérieure ? On arrache brutalement un membre de l’équipe (pour de bonnes raisons, mais ça n’a aucune importance), et le groupe se replie sur lui-même, rejette l’autorité, ignore les discours rationnels, refuse de communiquer directement, fait dans la paranoïa en donnant la priorité absolue à la recherche d’un traître, et, pour finir, se cache dans sa caverne. Réaction de défense extrême, mais pas tant que ça.

    Alors, on est en France, donc il faut qu’il y ait un coupable. Par défaut, quand une organisation se plante gravement, le responsable en dernier ressort doit être cherché du côté du management. The buck stops here: pas seulement Domenech, mais aussi les gens de la FFF et tout ce qui gravite autour. Ce sont eux, d’abord, qui ont maintenu le sélectionneur en place malgré ses mauvais résultats. Qui ont ensuite annoncé son remplacement avant la compétition – une faute inconcevable dans n’importe quelle entreprise, si on doit remplacer un dirigeant son départ doit être immédiat, ou à la rigueur il peut gérer les affaires courantes quelque temps, mais la CM, ce n’est pas une affaire courante… En-dessous des hauts dirigeants, c’est le sélectionneur qui a choisi chacun des joueurs, et en particulier Anelka, en sachant parfaitement que toute la carrière de ce joueur n’a été qu’une longue suite d’embrouilles, en club et encore plus en équipe de France. Et c’est lui qui n’a pas été capable de gérer ses gars, ni non plus de protéger son joueur à problèmes, alors qu’il a prétendu avoir « réglé le problème en interne ».

    Pour ce qui est de l’insulte faite au pays, elle est réelle, et elle mérite punition. Mais la punition, ils se la sont déjà infligée à eux-mêmes : se mettre dans des conditions aussi épouvantables alors qu’ils souhaitent sauver l’honneur lors du prochain match, c’est vraiment se tirer une balle dans le pied. Sans parler du ridicule qui les poursuivra pour le reste de leur carrière.

    @ Yogui: assez d’accord avec vous, pour ce qui est du rapport entre cette affaire et les difficultés des banlieues, un sujet sur lequel je recommande aussi [cet excellent billet de Jules de Diner’s Room](http://dinersroom.eu/4909/le-malaise-gourcuff-ou-la-societe-francaise-hypocondriaque/).

    • Jusqu’à maintenant toutes les erreurs individuelles des joueurs de l’équipe de France avaient été pardonnées par le public. Le refus de s’entraîner a été révélateur de l’intelligence collective de l’équipe de France. Ceci a été perçu instantanément et unanimement comme inacceptable et débile par l’ensemble de l’opinion publique, quelque soit leur milieu et leur âge. Les Bleus se sont ainsi grillés eux-mêmes. Ils passent par les derniers des imbéciles. C’est incontestable et personne ne défend les joueurs aujourd’hui. Demandez à un enfant de dix ans en France quelle est son équipe préférée dans cette Coupe du Monde. Depuis dimanche, il vous nommera un certain nombre d’équipes, sauf celle de la France.

      Si l’équipe de France est éliminée, les joueurs seront considérés également comme responsables, ce qui n’aurait pas été le cas normalement. Domenech pourra presque dire que ce n’est plus de sa faute. Maintenant, s’il ne fait pas jouer Henry pour ce dernier match, the shit is going to hit the fan.

      • Pepito, quand il y a complète unanimité pour cracher sur quelqu’un, je n’aime pas trop participer. Ici, la foule a de bonnes raisons d’être en colère, mais a-t-elle nécessairement raison ? Je trouve révélateur le fait que vous en profitiez pour nous donner votre avis sur le choix d’un joueur; on nous dit qu’on a plus envie de voir l’équipe gagner, mais on est bien toujours dans un pays de 60 millions de sélectionneurs 😉

        Les joueurs ont exactement le même rôle que les gladiateurs d’antan: adulés, dorlotés et grassement payés… mais au premier signe de faiblesse, la foule change d’humeur et c’est une marée de pouces vers le bas. La seule différence est que la mise à mort est symbolique.

      • Je crois que c’est plutôt 60 millions de personnes qui se sentent concernées par ce que l’on fait avec le label « France ».

    • C’est ettonant, mais vous êtes le premier que je lis qui fasse une analyse « microsociologique » de l’évènement : les causes du comportement de l’Equipe de France seraient avant tout à chercher dans les règles de fonctionnement… de l’Equipe de France.

      Merci pour le lien vers le billet de Jules, j’en retiens surtout sa conclusion (normal, elle me conforte dans mon opinion 🙂 ). Peu importe que toutes ces histoires que l’on raconte autour des Bleus soient vrai, l’important est l’enthousiasme que nous mettons à vouloir y croire.

  • Très grande classe de la rédaction de RTL qui va chercher la réaction de maman Domenech…

    A trop vouloir laver le linge, on finit avec des maillots en lambeaux.

    La course à l’info permanente, au scoop, au direct live, aux vrais-fausses petites phrases et contre propositions ça nous mène à quoi? Encore moins de crédibilité pour tout le monde, y compris les médias.

  • « il faudrait peut-être aussi se demander si la France est la seule dans cette situation. Les autres pays glorifient leurs banlieues ? Aux US, par exemple, je n’ai pas le sentiment que les quartiers difficiles fassent l’objet d’un tableau joyeux. »

    En rencontrant d’autres européens, on se rend compte que les banlieues francaises font figure de cas particulier. Vous ne trouverez pas forcément l’équivalent ailleurs. Quand aux US, c’est un autre monde, d’une part, et d’autre part il n’est pas certain que les millionaires issus des quartiers difficiles (rappeurs et sportifs en tête) y soient très patriotes.

  • un ptit’ com :

    -j’approuve ceux qui disent que les responsabilités sont largement partagées avec l’encadrement. Depuis 3 jours, nous voyons un président de la FFF absent, injoignable…, un responsable de l’équipe qui dit démissionner au moment où la tempête est là…

    -je ne peux accepter la « une  » de l’équipe qui, pour faire du tirage, rapporte en gros titre des propos vulgaires et insultants

    -je n’aime pas beaucoup l’analyse qui généralise ces comportements de loubards à tous les rapports d’autorité, à l’école, etc…il n’y a pas d’exemplarité à rechercher

    -surprenant qu’aucun des vainqueurs des 1998 n’aie été appelé pour entraîner l’équipe, à croire que leur aura fait peur…

    -enfin, j’observe que si beaucoup de joueurs sont blacks et beurs, les entraîneurs sont systématiquement blancs. un vieux relent de situation « coloniale » classique ??

    • à partir de toutes ces observations, je fais une proposition: nommer dès aujourd’hui lilian thuram entraîneur, sélectionneur : il s’exprime bien, est black, a marqué en 98, etc…et, pour remplacer le président de la FFF démissionnaire de fait, une black qui n’hésite pas à dire leur fait aux joueurs : rama yade !!
    • Francis, franchement, la situation n’est pas très glorieuse, faut-il en plus en faire une lecture ethnique ? C’est la première fois que je lis un commentateur de ce blog proposant, avec un sérieux apparent, la nomination de responsables sur des critères de couleur !

    • à gwynfrid
      ah bon! j’avais cru voir des nominations ministérielles sur des critères très communautaires…

    • à gwynfrid.mon observation sur l’origine ethnique respective des entraineurs et joueurs me semblait pourtant originale…pertinente et impertinente!

    • Vous voulez dire qu’à partir du moment où vos solutions sont inspirées de l’impeccable gestion des problèmes d’intégration par le gouvernement actuel, tout va bien ?

  • Ah, le coup du patriotisme suspect. C’est marrant mais je voyage beaucoup et dans TOUS les pays européens que j’ai eu la chance de visiter, quand on parlait de la France, la critique qui revenait à chaque fois était notre patriotisme exacerbé. Il y a un problème quelque part.

    Je serais joueur de foot que je ne chantera pas notre hymne idiot. Et remarquez la différence de traitement : un blanc ne chante pas, on s’en fout. Un black/beur ne chante pas, c’est la cinquième colonne. Pour rappel, le grand-père de Christian Karembeu avait été « exposé » au bois de Vincennes au jardin tropical. Ah mais j’oubliais, « tu l’aimes ou tu la quittes ».

    • Les visions d’un patriotisme exacerbé et d’un patriotisme suspect se rejoignent quelque part : les francais parlent beaucoup de la France, et c’est surtout pour en dire du mal. Le gouvernement casse le systeme public, les banlieues sont delaissees et se referment sur elles-memes, les valeurs se perdent, tout fout l’camp, j’entends ce genre de choses tous les jours a la tele et autour de moi. On en parle ici aussi d’ailleurs. Voila qui pourrait expliquer que le patriotisme chez les francais est a la fois suspect et exacerbe : on ne pense qu’a ca, apres tout !

      Apres, je ne sais pas trop ce que les autres pays veulent dire par « patriotisme exarcerbe ». J’ai passe du temps a Los Angeles, et ce que j’en ai retenu sur le France c’est que l’accent francais est sexy ; c’est une information amusante mais pas tres utile 😉

  • Bonsoir Koz,

    je suis ravi que l’on parle de football sur ce blog, je pourrai etre plus pertinent que si l’on parle theologie. J’aime beaucoup ce sport au contraire de Koz pour deux raisons principales: d’abord le jeu est bien fait pour qu’il y ait des emotions: un but est un vrai evenement au contraire par exemple d’un panier de basket. Et surtout, le football est le sport universel: c’est un des seuls sujets de conversations que je pourrais avoir quand je suis a table a la cantine avec des ouvriers de mon usine, ou avec des inconnus un peu partout a l’etranger, et c’est tres pratique ainsi. Il est aussi plus agreable d’aller voir des matches avec 50.000 spectateurs que 5.000. J’ai constate que derriere la haine du foot qui est une particularite francaise, il y a souvent du snobisme ou de la misanthropie.

    Rappelons aussi que la coupe du monde, ce n’est pas que l’equipe de France, et cette coupe du monde a aussi ses histoires formidables: l’Algerie a fait un match fabuleux contre l’Angleterre, le Japon et les Etats-Unis ont une motivation impressionante et un tres bon esprit. Meme dans l’equipe de France, il y a des gens qui font le boulot de leur mieux: les Lloris, Valbuena, Toulalan, Diaby… il parait d’ailleurs que ce ne sont pas les meneurs des derniers evenements. Ils doivent vivre une coupe du monde horrible. Meme s’ils sont bien payes, vivre dans une ambiance pourrie n’est jamais amusant.

    Pour le reste, il faut a mon avis regarder l’histoire depuis le debut, et celle-ci a commence quand le president de la federation francaise de football a reconduit Raymond Domenech dans le seul but d’ecarter la generation de 98 qui souhaitait prendre le pouvoir. Ce dernier a utilise frequemment les joueurs a des positions qui n’etaient pas fait pour eux, et cela a du faire pourir la situation. Je pense que les joueurs ont fait une erreur en se donnant en spectacle, mais je continue a penser que ceux qui ont fait du Kafka pendant 2 ans sont les premiers responsables.

    J’en ai parfois fait l’experience durant des experiences professionnelles passees tres bien payees, l’argent ne compense pas tout: le regne de l’absurde et les ambiances pourries peuvent vraiment etre dures a vivre. J’ai personnellement toujours evite l’esclandre dans ce genre de situations en me rappelant que j’etais paye a la fin du mois, et que j’avais toujours le choix de partir, mais d’autres collegues ont parfois craque: je continue a penser qu’ils etaient moins responsables que les patrons qui nous avaient laisse croupir.

  • Le sinistre de l’intérieur l’avait prédit, dès qu’il y en plus d’un, ça craint. Mais ce sinistre chante la marseillaise, donc il ne nous fout pas la honte à l’international !

  • Et dire que nous allons financer de nouveaux stades en vue de la coupe d’Europe.
    Ces stades vont bénéficier à des clubs qui sont en bourse comme l’OL.
    Que le foot-business s’assume complètement (

    • Cela dit, réjouissons-nous : on a légalisé les paris en ligne, pour injecter un peu plus de pognon dans un système qui devait en manquer…

  • Bon, allez, trêve de critiques. Il est l’heure d’encourager les Bleus. Et l’entraînement, ça commence par les hymnes. Séance de vidéo pour l’équipe de France.

    • Koz,

      certes, le France-Nouvelle Zelande est un grand moment de sport, avec du suspens, en particulier parce que la France a failli perdre, mais le football offre aussi ce genre de matches: Sans forcement parler de la finale de France 98, le Lyon-Real de cette annee en Champions League etait tres bien, la finale du championnat en 2001 (Lyon-Lens) etait fabuleuse, je me souviens aussi du Paris Real Madrid 4-1 (1-3 au match aller) en coupe d’Europe il y a 15 ans, ou des matches du grand OM (par exemple la demi finale contre Milan). Dans le meme style, je me souviens aussi d’un Milan-Barca incroyable il y a une dizaine d’annees. Il y a aussi des matches « plein » en football, souvent d’ailleurs plus en Champions League, la competition qui pratique le meilleur jeu.

  • 2-0 pour les sud africains à la mi-temps; déjà ça partait mal avec la marseillaise; ça marmonnait globalement. Ah si! y en a quand même un qui machouillait son chewing gum…
    On devrait faire comme ce qui est promis en Corée (du nord of course) suite à l’échec cuisant face au Portugal… Un camp de rééducation, pour réapprendre à nos joueurs ce qu’est le sentiment d’appartenir à la communauté de rêve, et de le vivre ensuite…

  • Quand les handballers portent haut, brillamment et modestement les couleurs de le France on en parle presque pas, quand ce sont des footballers qui jouent aux enfants gâtés (et staff et sélectionneur) et qui ridiculisent les couleurs de la France on en fait une montagne.Un peu contradictoire ! A croire que l’argent dicte la longueur des palabres.

  • Ah, mais s’il s’agit de regretter que ceux qui se prétendent au service des Français se retrouvent trop souvent à se servir sur leur dos, on va être d’accord…Je crois également qu’insister pour y appliquer une grille de lecture partisane politiquement n’est pas un signe de décence, d’honnêteté, de responsabilité, d’humilité, de respect ou d’exemplarité.

    Bien d’accord avec vous pour dire que cet état d’esprit déplorable, que nous regrettons donc tous les deux, n’a pas commencé avec le pouvoir actuel et ne s’achèvera sans doute pas avec lui (malheureusement) même en cas d’alternance. Mais c’est le pouvoir en place actuellement et on ne peut nier qu’il pousse en la matière le bouchon assez loin, malgré son affichage de « République irréprochable ». Normal donc qu’il soit sous le feu des critiques… Et, pour moi, la citation classique des turpitudes des autres ne suffit pas à s’exonérer des siennes…

    Concernant le fiasco de l’équipe de France de foot, il y a bien entendu plusieurs grilles de lecture et d’interprétation. Le fait que cette équipe soit à l’image de nos élites (politiques et conomiques) en est une parmi d’autres, non exclusive mais intéressante. C’était aussi l’avis initial de Koz, me semble-t-il.

  • Comme quoi, en discutant, on finit par trouver des terrains d’accord.
    Mais ne généralisons pas trop. Je connais des gens admirables dans l’élite économique et je suis sûr qu’il y en a aussi parmi les politiques 🙂

  • Je suis sûr qu’il y en a même dans l’élite du football, si, si, y a pas de raison. C’est juste dommage que les acheteurs de cigares sur fonds publics, les traders à -4,9 milliards, les cogneurs avec la tête et les grévistes de l’entraînement prennent autant de place dans nos esprits, au détriment des gens qui mériteraient plus d’attention.

  • « Ca me mine un poil », ah, mais tu devrais pas t’en faire, il y a bien plus grave pour l’image de la France à l’étranger, par exemple, le Rwanda, dernier génocide du XXe siècle, 800.000 morts, massacrés avec l’aide logistique et matérielle de la France. Ca, ça pourrait te miner un poil.

  • @ Philo:
    Bonjour.
    je suis toujours un peu gêné quand, dans un contexte catholique, on évoque le nationalisme. Le drapeau, le coq, l’hymne, on peut aimer, des gens sont morts pour cela, c’est forcément respectable… Mais l’Eglise catholique est, « stricto sensu » universelle. je n’ai pas honte de l’équipe de France, car je tente d’être « catholique ». Si le foot n’est qu’un jeu, je peut être déçu par le résultat, mais si on est blessé par le fait que l’image de la France est abîmée, est-on universel? (catholique, donc…). Affectueusement à tous. L.C.*

  • On trouve, paraît-il, de belles pages sur l’amour de la patrie, du pays, chez Jean-Paul II, qui n’en était pas moins catholique. Je comprends votre propos, mais on commence bien par aimer sa famille, avant d’aimer ce qui est plus lointain. En outre, se détacher de son pays, c’est aussi parfois une façon de rester dans une abstraction un peu stérile : combien (pas vous) s’affirme citoyens du monde parce qu’en fin de compte, ça leur permet de ne se sentir redevable de personne ?

    Par ailleurs, et à l’image de Jean-Paul II, aimer son pays n’interdit pas d’aimer le monde. Rien n’oblige à avoir l’affection exclusive.

  • @ Koz:
    Bonsoir.
    Oui, bien sûr, on commence par aimer sa mère son père ses proches, et parfois il est difficile de sortir de ce giron où l’on est (où l’on a été) si bien. N’est-on pas appelé à avancer, à aimer plus loin? Y compris nos ennemis? Si on y arrive, alors je veux bien bien accepter toutes formes de patriotisme, de nationalisme, mais il n’en restera que l’attachement aux origines, l’essentiel sera en route. on n’aura pas honte de ce qui n’aura plus d’importance.
    Amicalement

  • En effet, ce dieu-là qui triche, que ce soit au foot ou ailleurs, n’a pas une parole créatrice. Convoquer Dieu et la vierge Marie pour faire d’une tricherie un signe divin est assez culotté. Affirmer que Dieu peut montrer une préférence pour mon groupe au détriment d’un autre, se prendre donc pour un peuple élu est signe d’un bon ego, mais l’humain (uruguayen, français, argentin, peu importe…) est assez bon dans ce domaine.
    Bonne suite tout le monde. Amicalement L.C.

    • N’accordons pas d’importance à ce qui est insignifiant. On veut attribuer à Dieu et à la Vierge une tricherie dans un jeu de ballon, c’est ça ? Ça ne dit évidemment rien sur Dieu ni sur la Vierge, seulement sur les hommes.

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