Ce n'est pas la taille qui fait l'homme

livre aubryC’est l’homme qui fait la stature. Mon beau-grand-père, qui n’est pas plus haut que moi, me racontait l’anecdote. Napoléon et l’un de ses maréchaux, disons Ney1 sont dans sa bibliothèque (non, personne ne tombe à l’eau, soyez donc sérieux deux secondes). Napoléon veut se saisir d’un ouvrage mais il a du mal à l’atteindre. Peut-être même – l’Histoire ne le dit pas – sa chemise sort-elle de son pantalon et découvre son abdomen, ce qui fait toujours couillon. Là, le maréchal qui est prévenant mais qui a oublié d’être fin, lui dit : « Sire, laissez, je suis plus grand que vous« . Et Napoléon de lui répondre : « Pas plus grand, Ney, plus haut !« .

Là-dessus, je suis d’accord avec Laurent Fabius : « pour faire de la politique, il ne faut pas une certaine taille, il faut de la hauteur« . L’Histoire ne dit pas non plus s’il l’a dit avec sa fameuse bouche en cul de poule. Je le trouve irrésistible quand il fait ça : qu’un crâne d’œuf fasse le cul de poule est pour moi le signe ultime de la tendresse filiale. Mais je ne devrais pas parler du physique. C’est déplacé. Il faut savoir prendre de la hauteur. A cet égard, tout de même, je suis surpris de l’insistance mise par les socialistes à parler de la taille de Sarkozy.

Bien sûr, il tend la perche. Pas très haut, peut-être, mais il la tend. A son âge, il aurait du acquérir une certaine sagesse à ce sujet et faire comme moi : mépriser ceux qui n’ont plus que leur taille pour eux. Au lieu de ça, il s’efforce de masquer sa taille. A propos de poule et d’œuf2, il faudrait d’ailleurs savoir si c’est le manque de hauteur de ceux qui l’auront charrié toute sa vie sur sa taille qui l’amène à ça, ou si c’est ça qui fait qu’on le charrie. En tout état de cause, il est surprenant que des personnes qui veulent se parer d’une hauteur de vue consacrent autant d’énergie à parler de la taille de Sarko. Ne pourraient-ils pas… prendre de la hauteur ?

Et puis, chers lecteurs, si Nicolas Sarkozy est effectivement l’incarnation du fait que, pour faire de la politique, il ne faut pas « faire une certaine taille« , et Laurent Fabius le signe qu’on peut être plus grand et rester pourtant éternellement un ancien Premier Ministre éphémère des années 80 autrefois promis à un brillant avenir maintenant derrière lui… croyez-vous que la taille soit si indifférente ? Les images de la descente des Champs-Elysées le 25 août 1944 auraient-elles la même gueule sans la majestueuse envergure de ce général de 2 mètres ? Et lorsque Chirac et Villepin évoquaient l’absence de stature de Chef d’Etat de Sarko, pensez-vous vraiment que, vu de là-haut, ils ne tenaient pas un peu compte de la taille dans l’appréciation de la stature ?

Il est au demeurant pour le moins goûteux d’entendre Laurent Fabius conclure ce matin, précisément ce matin, sur les qualités qu’il faudrait avoir pour faire de la politique. Avec la hauteur de vues, à titre personnel, j’aurais aussi cité l’intégrité, le sens moral, peut-être même un certain « sens inné de la morale », pour ne pas parler encore de « common decency« . On aurait aimé qu’avant de se faire moraliste, Laurent Fabius prenne aussi un peu de hauteur, avec le contenu des urnes .

Car entendre une telle leçon dans la foulée d’une question sur la fraude organisée au PS, dont l’ampleur et l’organisation sont révélées ces jours-ci par un nouvel ouvrage, est en effet pour le moins indécent, notamment lorsqu’on lit que Martine Aubry, elle-même accusée d’avoir bourré les urnes avec entrain et méthode, se serait écriée : « Je n’ai pas triché! Fabius, d’accord! Mais pas moi…« .

Fabius, lui, se défend – bien mal – en invoquant l’absence d’ »éléments probants« . Quand on en est à se battre sur la preuve…

Les socialistes ne manqueront donc pas, désormais, de consacrer plus d’attention à se montrer eux-mêmes exemplaires qu’à se gausser de la taille du Président3  ou à dénoncer ses relations avec les medias, quand les leurs ne sont visiblement guère plus empreintes de clarté. Ce serait plus efficace, plus crédible, et plus digne.


  1. on s’en fout, de toute façon, l’anecdote est peut-être fausse []
  2. et non, pas du cul de Laurent Fabius []
  3. Fabius concluant sur la taille, dans l’espoir secret, peut-être, de détourner l’attention []




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59 réponses à Ce n'est pas la taille qui fait l'homme

  1. Il était une fois des penseurs et stratèges d’un des deux partis Français.

    Au moment d’élire un premier secrétaire, l’un dit à l’autre: Ecoute, nous allons placer une potiche sur le trône, et ce, en bourrant les urnes. Au terme d’une bataille engagée, la perdante jouera l’unité et se tiendra à l’écart des remous qui permettront de tailler le périmètre des « présidentiables potentiels ».

    Quelques mois plus tard, il faudra publier un bouquin ou un article expliquant clairement que l’on a bourrer les urnes. La perdante, redeviendra Reine. Ce jour là, elle sera flanquée de son costume favoris, celui de victime et jouera la justicière devant la France compréhensive.

    C’est une histoire a dormir debout, mais la précision des détails et des faits qui sont donnés dans ce bouquin m’étonnent… A ce stade là, ne pas être capable de planquer une manip électorale et se laisser dépouiller de la sorte dans un bouquins… Bon. Tu m’as compris.

  2. jemery dit :

    c’est pas sa petite taille qui fait qu’on se marre de M Sarkozy c’est parce qu’il a plus de 50ans et qu’il est obligé de se mettre sur la pointe des pieds sur les photos, de monter sur un marche pied pour parler … etc c’est lui même qui se rend risible … Sa taille d’origine franchement on s’en fou sauf qu’il fait tout pour qu’on y remarque … après en ce qui concerne de l’autre côté politique (PS) sur la fraude comment dire cela de façon correct : c’est pitoyable !!! (et encore c faible) et je parle pas des non programmes et des batailles internes !!! Ensuite l’histoire de la hauteur désolé mais j’ai pas encore vu Sarkozy en prendre de la hauteur. Il réagit, il anticipe pas, une conférence de presse = coups d’éclats (pour pas dire des coups de têtes).Il est toujours dans les effets d’annonces,( ex :o n attend encore pour les banquiers). Chez ses ministres c’est pareil c’est à celui qui fait la plus grosse annonce pour faire la une des médias. Taxe carbone, suppresion des juges d’instruction, hadopi,fait divers, forfait hospitalier, pub à la télé … Bref ils font de la communication pas de la politique ! Peut on citer une réforme réfléchie et aboutie et pas seulement un dépoussiérage ? Pour moi, il n’a toujours pas la stature de président, et ce n’est pas du tout du à sa taille…

  3. Ardalia dit :

    « A propos de poule et d’œuf, il faudrait d’ailleurs savoir si c’est le manque de hauteur de ceux qui l’auront charrié toute sa vie sur sa taille qui l’amène à ça, ou si c’est ça qui fait qu’on le charrie. »

    Un élément de réponse ? Mitterand n’était pas plus grand.

  4. Koz dit :

    Il n’était pas de la même génération non plus. Mitterrand n’apparaissait pas petit à côté de ses contemporains. Cela étant, le fait est qu’on attendrait d’un Président qu’il ait dépassé ces complexes ordinaires.

    @ Seb de CaRéagit: je ne pense pas. J’ai plutôt l’impression que les types, qui se défendent mollement, se disent maintenant que, de toutes façons, ils sont en place, et que Ségolène Royal ne les déboulonnera pas comme ça. C’est un raisonnement stupide, et qui manque un peu de… hauteur de vues, mais je ne serais pas surpris qu’ils le tiennent. J’ai pas dit : par stupidité, mais par cynisme. A cet égard, cette génération a été à bonne école, avec le président cité par Ardalia.

  5. panouf dit :

    L’hypopthèse de Seb n’est pas forcément fausse: c’est pas forcément Fabius qui a vendu la mèche: ça peut etre un exécutant qui a saisi cette occasion pour recevoir une promotion de la part de Ségo…

  6. Gatien dit :

    « je suis surpris de l’insistance mise par les socialistes à parler de la taille de Sarkozy. »

    J’ai entendu beaucoup de journalistes/chroniqueurs/humoristes se gausser, mais de socialistes, point. De quoi s’agit t’il?

    Sinon, l’argument du style « Sarkozy fait n’importe quoi mais il faut prendre de la hauteur et ne pas en parler » devient lassant. Nous en sommes au point où le PR et les ministres organisent des visites de terrain Potemkine, mobilisant des centaines de policiers pour empêcher toute forme d’expression publique spontanée, déplaceant des figurants UMP ou apparentés aux frais de la princesse, et renvoyant illico le préfet lorsque la marche de l’empereur est contrariée. Mais « chut », il ne faut pas en parler, ce serait anti-sarkozyste primaire.

    Et puis, n’est-ce pas, le PS bourre les urnes… Le rapport avec la choucroute?

    Rien à voir : Ce billet m’a rappelé une description amusante entendue à propos du PR Mitterand et de son PM Chirac marchant côte à côte vers je-ne-sais-plus-quoi, peut-être le conseil des ministres. Chirac (haut) marchait vite et faisait des grands pas, Mitterand (bas) marchait de son pas tranquille. Mais les deux arrivaient en même temps.

  7. Bob de Normandie dit :

    [HS y'en a marre des taxes] Ce n’est pas la taille qui fait l’homme, c’est la taille qui fait l’homme. Et M. Sarkozy s’y connait. [/HS]

  8. zeyesnidzeno dit :

    Il aura fallu que tu te trouves des points de convergences (au niveau des valeurs en tout cas) avec Martine, pour que celle ci chute dans les bas fonds honteux de la magouille politicarde… comme quoi, tu avais raison de signaler un possible tour de passe passe.

    Sur le fond, l’affaire Faurécia (que j’ai abondamment commenté en me tenant les cotes) et celle de la fraude au PS ne sont pas à mettre au même niveau. L’une est futile – vulgaire et pathétique mise en scène pour permettre a un chef d’état « hors sol » de se présenter proche des ouvriers. L’autre est autrement plus grave, le parti « défenseurs des libertés » s’est démené pour détourner le sens d’une consultation militante.

    Si le premier fait pouffer de rire, l’autre fait l’effet d’une bombe aux citoyens ou sympathisants pas encore totalement blasés par la politique.

    Tout ça pour te dire que si je continuerai a railler « notre président qui fait des pointes », ça ne m’empêche pas de juger autrement plus durement les agissements des cadres socialistes.

  9. do dit :

    « pour faire de la politique, il ne faut pas une certaine taille, il faut de la hauteur »: comment se fait-il que nos hommes politiques aient autant de « bassesses » à leur actif? Je rectifierais le temps du verbe « il faut » en « il faudrait ».

    Je crois qu’on aimerait tous des hommes politiques identifiables, honnêtes, qui voient plus loin que le bout de leur(s) mandat(s), mais pour cela, il faudrait que les hommes politiques en place fasse des lois qui pénalisent les politiques malhonnêtes, pas des lois qui les propulsent aux plus hauts postes. On supporterait même des hommes politiques de bords différents, avec un terrain d’entente suffisant pour travailler ensemble les sujets sur lesquels ils seraient compétents.

    On peut rêver… Peut-être sont-ce les dernières feuilles fanées qui tombent de l’arbre avant que l’hiver passe et que des feuilles neuves repoussent…

  10. Pepito dit :

    Le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons, va laminer complètement le peu de crédibilité que le PS et ses dirigeants avaient encore. Ce n’est que quelques extraits, pour le moment. D’ici aux régionales on va certainement entendre parler beaucoup de ce livre. Ca va être le massacre !

  11. Eponymus dit :

    Pour rappel, il faudrait évoquer le mini-scandale lorsque l’on a appris que Mitterrand et les services de l’Elysées de l’époque avaient fait modifier une photo le représentant aux côtés de Kohl ravivant la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Moment, certes, historique mais cela valait-il un rallongement de près de 20 cm ?

    Toujours est-il que nous sommes bien obligés de constater que Sarkozy s’inscrirait donc dans une tradition présidentielle apparemment clairement ancrée à gauche et illustrant à la fois une certaine continuité et un geste supplémentaire d’ouverture.

  12. Thomas dit :

    ( Enculage de drosophile : Do, désolé de te rectifier à mon tour, mais les formes « faut » et « faudrait » sont toutes les deux au présent. Tu voulais sans doute parler de mode.)

    Pour le reste, il est malheureux que la hauteur qu’affectionne le parti socialiste se mesure à l’aide d’une urne posée sur une table, hauteur que la poitrine de Sarkozy, aidée ou non par des talons, atteint aisément.

  13. pascale dit :

    Beaucoup d’ hommes qui ne dépassant pas les 1m70, de la génération de Sarkozy et celle d’avant, ont tendance à porter des talonnettes,cela peut aussi s’interpréter comme une courtoise coqueterie: être harmonieux avec celles qui les accompagnent, ceux qu’ils côtoient. pas de quoi fouetter un chat, faut-il que la meute sarkophobe soit-elle réduite à une grande indigence, 2 ans de hurlements hystériques, çà use. signe des temps, beaucoup de jeunes hommes pas très grands assument en toute décontraction leur petite taille. En écrivant, je pense au chanteur Prince, sur ses talons…

  14. uchimizu dit :

    Bonsoir,

    n’y aurait-il pas une peu de jalousie masculine simple parmi ceux qui critiquent la taille de Nicolas Sarkozy? Quelques mois après son divorce, et tout en étant président, séduire et se marier avec une artiste à la mode et plutôt mignonne, je trouve que « ça le fait. » (un peu dans le style Kennedy / Marilyn). Déjà gagner les élections en étant de droite après Jacques Chirac, c’était plutôt pas mal…

    De Gaulle était grand, mais Churchill l’était beaucoup moins (et était aussi alcoolique). A mon avis, Churchill est d’assez loin le plus grand homme d’état du 20è siècle. Louis XIV, de petite taille portait des talons hauts (et une perruque dès 40 ans je crois). Je pense que la volonté, et l’intelligence, ainsi que l’éloquence comptent beaucoup plus que la taille.

    Je proposerai volontiers la méthode décrite dans Astérix en Corse pour les élections aux parti socialiste: on bourre des urnes, on les jette à la mer, ensuite, il y a une bagarre générale à poings nus et le plus fort gagne. Une petite séance de Fight-Club ferait sans doute beaucoup pour dissiper les frustrations d’appareil.

  15. Koz dit :

    Gatien a écrit:

    J’ai entendu beaucoup de journalistes/chroniqueurs/humoristes se gausser, mais de socialistes, point. De quoi s’agit t’il?

    Commençons par Laurent Fabius. Pour le reste, ce n’est pas parce que tu n’as pas les mêmes lectures que moi que c’est révélateur. Demande à zeyesnidzeno de quoi les blogueurs socialistes ont parlé pendant deux jours, sur twitter.

    Gatien a écrit:

    Nous en sommes au point où le PR et les ministres organisent des visites de terrain Potemkine

    Tu as bien révisé ton petit Aubry illustré. T’aurais pu mettre des guillemets. Les déplacements de Sarko sont organisés ? Grande nouvelle ! Certainement une première dans l’histoire de la République. Et, franchement, ça change quoi ? Ca vous influence, vous ? Moi pas.

    Gatien a écrit:

    Et puis, n’est-ce pas, le PS bourre les urnes… Le rapport avec la choucroute?

    Demandez à Fabius, c’est lui qui fait le rapprochement ! Interrogé sur les fraudes au PS, sur la morale, il préfère terminer sur une question de taille. Le procédé est tellement évidemment fait pour détourner l’attention de ce qui le dérange et est incontestablement plus grave. Mais des gens comme toi préfèrent parler de la taille de Sarkozy.

    zeyesnidzeno a écrit:

    Il aura fallu que tu te trouves des points de convergences (au niveau des valeurs en tout cas) avec Martine, pour que celle ci chute dans les bas fonds honteux de la magouille politicarde… comme quoi, tu avais raison de signaler un possible tour de passe passe.

    Tu lui transmettras mes plus sincères regrets. Malheureusement, il est vrai qu’il est un peu triste de lire cela juste après l’avoir entendu vanter le sens moral.

    uchimizu a écrit:

    De Gaulle était grand, mais Churchill l’était beaucoup moins (et était aussi alcoolique). A mon avis, Churchill est d’assez loin le plus grand homme d’état du 20è siècle.

    Oui, pas mal. Mais De Gaulle m’épate, tout de même. Avoir eu l’orgueil, la prétention qu’il a eu, finalement au bénéfice de la France, j’aime assez.

    uchimizu a écrit:

    Je proposerai volontiers la méthode décrite dans Astérix en Corse pour les élections aux parti socialiste: on bourre des urnes, on les jette à la mer, ensuite, il y a une bagarre générale à poings nus et le plus fort gagne. Une petite séance de Fight-Club ferait sans doute beaucoup pour dissiper les frustrations d’appareil.

    Je crains qu’ils ne s’y résolvent pas. Pourtant, tu as raison, au vu des résultats, ce ne serait pas une solution plus bête qu’une autre.

  16. Gatien dit :

    Les commentaires entendus ce soir, de la part de journalistes pas franchement de gauches, estiment qu’il n’y rien de nouveau dans ce bouquin.

    La fraude dans les deux camps avait déjà été largement commentés juste après le vote. Les auteurs affirment avoir la preuve de 30 votes frauduleux. Tout çà?…

    Ils reviennent aussi sur l’affaire Dray, sur l’ »affaire » Strauss-Kahn.

    Bref, du réchauffé. Une invitée de France-Info (Guislaine Otenheimer je crois) conseillait même de ne pas gaspiller son argent pour lire des choses connues de longue date et amplement disponibles sur internet.

    On peut dire que cette polémique prend de la « hauteur »… Je me délecte à l’avance du discours solennel que nous prépare Royal sur le thème « on nous aurait menti », alors qu’elle avait elle déjà largement dénoncé les fraudes (amnésie?). Je sens que ça va être grandiose, du grand Royal.

    Le premier commentaire de Seb était bien vu car, apparemment, les bourrages en faveur de Royal ne sont pas évoqués…

    « Quelques mois après son divorce, et tout en étant président, séduire et se marier avec une artiste à la mode et plutôt mignonne, je trouve que « ça le fait>>. »

    « Ca le fait » probablement. Juste une remarque : être président était pour le coup un avantage, les femmes étant souvent attirées par ceux qui sortent du lot. Enfin… c’est ce que constatent les psychologues.

  17. Koz dit :

    « La fraude au PS ? Et alors, c’est pas nouveau. »

    Excellent. Ils en ont bcp des avocats comme vous, au PS ?

    Je comprends que vs soyez de ceux qui préfèrent qu’on ne perde ps notre temps à lire ce livre. Mais non, désolé, là, il nous donne les noms, les méthodes. Et l’occasion de bien rire la prochaine fois qu’Aubry ou Hamon se feront les chevaliers blancs des valeurs démocratiques. Manifestement, les pcipes démocratiques de base ne sont pas assimilés.

  18. Gatien dit :

    « Mais des gens comme toi préfèrent parler de la taille de Sarkozy. »

    De taille je n’ai pas parlé. J’évoquais une dérive fort peu démocratique. Je ne pense pas qu’on ait connu des trucages de telle ampleur auparavant. On parle ci-dessus d’une photo de Mitterand truquée qui aurait fait scandale. Aujourd’hui, c’est des villes ou des sites bouclés, interdits aux piétons pour placer des « foules » 100% UMP, en rang d’oignon le long du parcours. Y a t’il des scandales en proportion? Les moyens de l’Etat mobilisés pour un culte de la personnalité, je trouve ça grave. Vous, non. Soit. Mais ne me dites pas que je parle de taille.

    « Excellent. Ils en ont bcp des avocats comme vous, au PS ? »

    Aucune idée. Ce n’est pas précisément le rôle que je pensais endossé. Je n’ai pas voté PS depuis des lustres.

  19. Pepito dit :

    Gatien a écrit:

    Le premier commentaire de Seb était bien vu car, apparemment, les bourrages en faveur de Royal ne sont pas évoqués…

    Dans le livre on parle également des bourrages d’urnes en faveur de Royal:

    http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-09-08/extrait-5-contre-offensive-des-royalistes/917/0/375276

    Peut-être que ce n’est pas exhaustif concernant Royal.

    Le bourrage d’urnes n’est effectivement pas une nouveauté, mais c’est l’ampleur et la méthode qui sont accablantes pour Aubry. Comme toute politicienne qui se respecte, elle pourra toujours dire que si fraude il y a eu, elle n’était pas au courant, mais que toutes manières, bien évidemment, elle ne démissionnera pas.

    Royal va faire une déclaration solennelle d’ici peu. En ce moment, elle doit être en train de penser: la commission de recollement, peut-être, n’a pas tenu compte d’un bourrage d’urnes de Martine plus conséquent que le mien, alors, si la commission a été trompée, j’aurais dû gagner, donc je pourrais bientôt devenir Premier secrétaire du PS …

    La dame qui a dit à la radio de ne pas acheter le livre car il n’y avait rien de nouveau, n’a pas dit que c’était faux. Par contre, il y a d’autres qui disent qu’il n’y a rien de probant. La fortitude avec laquelle Royal gueulera sera directement proportionnelle à la certitude de preuves.

  20. Erick dit :

    Le cul de poule et le crâne d’ oeuf, j’ ai beaucoup aimé. Ce que je trouve trés bien fait chez Fabius, c’ est cette façon d’ avoir un sourcil 10 cm au-dessus de l’ autre et à peu prés 40 rides sur le front qui sont sans doute dues à la peine qu’ un grand bourgeois a à parler « de gauche ».

  21. Koz dit :

    Ah, je vois que je ne suis pas le seul à les avoir vues ces foules entières massées le long du cortège présidentiel, portant t-shirts et pancartes à l’effigie du président et criant à l’unisson leur passion pour le Chef. Non, sérieusement, Gatien, c’était bien, de recaser « Potemkine » dans la discussion, mais le coup des foules massées dans le culte de la personnalité, même Martine n’a pas osé. Et, précisément, si vous voulez faire un lien entre les sujets, disons que les leçons de démocratie de ceux qui, à leur niveau, ne la respectent pas – que ce soit au niveau basique d’un scrutin, ou dans leurs rapports à la presse – cela perd beaucoup de sa force.

    Erick, le sourcil, c’est pas ça. En fait, c’est sa façon à lui de mimer la hauteur de vues. Il soulève haut le sourcil pour essayer de placer son oeil en hauteur.

  22. Tara dit :

    Koz a écrit:

    Erick, le sourcil, c’est pas ça. En fait, c’est sa façon à lui de mimer la hauteur de vues. Il soulève haut le sourcil pour essayer de placer son oeil en hauteur.

    J’adôôôôooore!

    Quant à la taille du Président, les militants de l’opposition en parlaient déjà avant son élection! Une façon comme une autre de faire campagne, sans aucun doute (parfois accompagné du nom de son père – nom qu’il a francisé, pourtant- accentuation et particule comprises)

    Sans doute pour prendre de la hauteur?

    En tous les cas, moi, j’aime bien Napoléon Bonaparte(autre comparaison « négative » souvent rencontrée dans l’opposition). Grâce à lui (et à son entourage qu’il a su choisir), nous avons eu bien des choses positives, tant au niveau juridique que scientifique! Il était petit, et alors? L’intelligence se mesure t elle à l’aune de la taille physique?

  23. francis dit :

    prendre comme cible le crâne d’oeuf de fabius ou la taille de sarko relève de la même démarche: moquer le physique pour affaiblir: c’est un procédé tout juste bon pour les cours de récréation ou les comiques, chansonniers en mal d’inspiration, ce n’est pas un argument de débat politique, même dans nos démocraties médiatiques et télévisuelles ou l’allure, la stature, font partie l’image de nos élus, et sont donc un élément de fait des choix politiques…

    les photos sont soigneusement composées et, si possible, choisies pour leur impact,mais ce n’est pas un argument suffisant pour en faire un élément d’attaque « ad hominem »…

  24. Koz dit :

    francis a écrit:

    prendre comme cible le crâne d’oeuf de fabius ou la taille de sarko relève de la même démarche: moquer le physique pour affaiblir

    Tu as manifestement saisi le but de la démarche.

  25. Gatien dit :

    « Et, précisément, si vous voulez faire un lien entre les sujets »

    Précisément, il n’y a aucun lien.

    Sur les foules UMP, si le mot est exagéré, il y a bien eu lors de certaines visites des systèmes de double-barrières le long de rues, pour mettre au premier rang des militants UMP transportés par bus, et au second les anonymes – interdits d’accès au premier rang. Le contraste avec les visites de Chirac est énorme.

    D’autres parts, les dirigeants du PS sont des fraudeurs. Et ça n’empêche pas que la politique demande de la hauteur de vue.

  26. Gwynfrid dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    Sur le fond, l’affaire Faurécia (que j’ai abondamment commenté en me tenant les cotes) et celle de la fraude au PS ne sont pas à mettre au même niveau. L’une est futile – vulgaire et pathétique mise en scène pour permettre a un chef d’état « hors sol » de se présenter proche des ouvriers. L’autre est autrement plus grave, le parti « défenseurs des libertés » s’est démené pour détourner le sens d’une consultation militante.

    +1.

    Gatien a écrit:

    Les commentaires entendus ce soir, de la part de journalistes pas franchement de gauches, estiment qu’il n’y rien de nouveau dans ce bouquin.

    Jules a mis le doigt dessus: « C’est une chose, cependant, d’être le témoin d’accusations diverses. C’en est une autre que d’en découvrir les détails et sinuosités. L’idée d’avoir des acariens dans sa moquette peut être inconfortable. Mais allez donc y jeter un œil au microscope.« 

    uchimizu a écrit:

    De Gaulle était grand, mais Churchill l’était beaucoup moins (et était aussi alcoolique). A mon avis, Churchill est d’assez loin le plus grand homme d’état du 20è siècle. Louis XIV, de petite taille portait des talons hauts (et une perruque dès 40 ans je crois).

    On pourrait citer Roosevelt, autre grand bonhomme du XXe siècle, et noter qu’il était lui aussi très soucieux de son image: il existe seulement 2 photos de lui en fauteuil roulant. Ça dénote un certain niveau de contrôle, après quatre campagnes présidentielles et une pour le poste de gouverneur de New York.

  27. Eponymus dit :

    Gatien a écrit:

    des trucages de telle ampleur auparavant

    On a bien eu une ANPE sautée à l’explosif – un vrai faux attentat organisé par les RG de l’époque – pour favoriser la politique mittérandienne. On a eu des centaines de personnalités sous écoutes téléphoniques pour protéger un secret peu reluisant sur la vie privée d’un président. On a eu un bateau de Greenpeace explosé entrainant la mort d’un photographe organisé par le Ministre de la Défense avec l’aval d’un président. Enfin bref… on a eu bien plus grave. Heureusement que l’amnésie existe pour certains…

  28. Eponymus dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    L’autre est autrement plus grave, le parti « défenseurs des libertés » s’est démené pour détourner le sens d’une consultation militante.

    J’aime beaucoup ton euphémisme. Même si je sais que tu n’es en rien complaisante.

    Si les faits décrits dans ce livre sont avérés, cela veut tout de même dire que le principal parti d’opposition est dirigé par des fraudeurs. En l’occurence dans le cadre d’un parti politique le péché n’est pas véniel. Il attaque les fondements mêmes de son existence. Ses représentants ne sont tout bonnement plus éligibles. Ou alors rien n’a plus aucun sens.

    Ce parti doit être dissous. Ses dirigeants actuels doivent simplement démissionner. Il n’est pas possible de confier des responsabilité à l’échelle d’une nation à des cadres politiques qui se comportent de cette façon dans leur propre organisation. N’oublions pas tout de même que les partis sont financés par l’Etat.

    Que ce soit « nouveau » ou pas ne change rien à l’affaire. Si ce n’est pas « nouveau », c’est un argument à charge qui semble indiquer que c’est une pratique courante au sein de ce parti et donc, depuis longtemps. Personne ne demande au PS de se livrer à des votes multiples et systématiques – par contre, lorsque c’est annoncé comme le contenu d’un fond de commerce, il n’est juste pas possible de se livrer à ce genre d’actes.

    Ce parti est fini. Terminé. Basta.

  29. Gatien dit :

    @Eponymus

    On trouve toujours plus grave lorsqu’on élargit le champs.

    Les exemples que vous citez relèvent d’opérations clandestines. Considérez vous que ces opérations n’ont pas fait scandale lors de leur révélation, ou n’aurait pas dû faire scandale? Sinon, pourquoi faudrait-il taire ce qui se passe autour de Sarkozy?

    Pour ce qui concerne les opérations clandestines actuelles, il faudra attendre quelques années avant d’en parler, puisqu’on ne les connait pas encore.

    Le problème c’est qu’ici on parle de manipulations et de fabrique d’information qui n’ont rien particulièrement clandestin (elles mobilisent bien trop de monde). Ces agissements sont réguliers et connus, mais continuent sans que personne ne proteste plus que çà.

  30. Boris dit :

    http://www.lefigaro.fr/politique/2009/09/07/01002-20090907ARTFIG00342-des-criteres-de-taille-pour-figurer-derriere-sarkozy-.php

    Revoir le dictateur de Chaplin où Heynket et Napoleoni sont sur des sièges télescopiques pour apparaitre plus grand que l’autre.

    Hilarant aussi le reportage sur Chirac où un témoin affirme que VGE lui mettait un siège très bas pour également le dominer.

  31. do dit :

    @ Thomas: j’ai hésité à l’écrire, mais je me suis dit que « mode » étant peu utilisé et désignant d’autres choses aussi, ce serait peut-être ambigü. J’ai choisi la compréhension à l’exactitude… Mais: oui, tout à fait! …et en me relisant, j’ai vu que j’avais oublié un pluriel: je rajoute ici matière à corriger : « nt » ;)

    Koz a écrit:

    il est un peu triste de lire cela juste après l’avoir entendu vanter le sens moral.

    en même temps, elle l’avait fait avant! elle a donc quand même pu se convertir après… (ah! non, c’est vrai: La conversion aurait nécessité l’aveu des péchés! ;) )

    dans un autre style, le blog 50-50 de Laurent Fabius a un billet intitulé « Les tricheurs » (02/09/09), où il accuse la droite de « …filouteries » : « un découpage géographique aberrant des circonscriptions… »: j’ai laissé un commentaire lui rappelant -pourtant paisiblement- que F. Mitterrand avait fait exactement la même chose à son arrivée; le commentaire a été modéré. Il n’y a aucun commentaire, d’ailleurs. (il est vrai que s’il modère tous ceux qui ne l’encensent pas… )

    Alors, oui, les donneurs de leçons qui ne font pas mieux, voire pire, qui ce qu’ils fustigent, simplement parce que ce qu’ils disent est entendu par des millions d’électeurs alors que ce qu’ils font n’est su ou lu que par quelques uns, il faut vraiment que ça se sache. Pour rétablir la vérité. ce qui ne veut pas dire que la droite n’ait pas de casseroles elle aussi, et de taille… (par exemple ce qu’elle a fait aux gabonais!), mais d’un côté comme de l’autre, sans tomber dans le détail imbécile ou personnel, qu’on fasse au moins l’effort d’un peu de vérité!

    Je crois que ces trucs sur la taille, la mise en scène, … qui montrent que Sarkozy est capable de mentir, c’est un signe de l’importance de la vérité, et du fait que quand un homme ment pour une petite chose, il est capable de mentir pour une grande chose, et que donc on ne peut plus lui faire confiance. De même, quand un responsable de parti fraude, surtout envers ceux qui défendent la même idéologie que lui, ça veut dire que que l’important, pour lui, c’est son poste de responsable, pas l’idéologie, et encore moins le respect de ses militants.

  32. uchimizu dit :

    Il faudrait que nous parlions plus en détail un jour de Napoléon sur ce blog, ce serait intéressant. J’ai parfois entendu que Napoléon, c’est Hitler plus le code civil et moins le génocide juif, et cela ne me semble pas forcément faux.

    C’est en tout cas un des rares souverains français, avec son neveu, qui a rendu la France plus petite qu’il ne l’a trouvé.

    Tara a écrit:

    En tous les cas, moi, j’aime bien Napoléon Bonaparte(autre comparaison « négative » souvent rencontrée dans l’opposition). Grâce à lui (et à son entourage qu’il a su choisir), nous avons eu bien des choses positives, tant au niveau juridique que scientifique! Il était petit, et alors? L’intelligence se mesure t elle à l’aune de la taille physique?

  33. Pablo dit :

    //Quand on en est à se battre sur la preuve…//

    Je ne suis pas juriste mais il me semble que quand on vous accuse, c’est précisément là-dessus que l’on se bat, non?

  34. zeyesnidzeno dit :

    Eponymus a écrit:

    Si les faits décrits dans ce livre sont avérés, cela veut tout de même dire que le principal parti d’opposition est dirigé par des fraudeurs. En occurrence dans le cadre d’un parti politique le péché n’est pas véniel. Il attaque les fondements mêmes de son existence. Ses représentants ne sont tout bonnement plus éligibles. Ou alors rien n’a plus aucun sens.

    Tu as raison pour l’euphémisme, que veux tu, c’est plus fort que moi. Pour ma défense, je rappelle que, quelques lignes plus haut, je parlais de « bas fonds honteux de la magouille politicarde ».

    Il faudrait donc dissoudre le PS… la démission de la direction pourrait être une solution plus équilibrée ou l’organisation d’un nouveau vote. Mais voila, on ne démissionne pas une direction, et notre direction actuelle ne semble pas s’y résigner. Si cela fait des dirigeants actuels des gens détestables, « des malfaisants », ils n’en sont pas moins verrouillés a leur sièges. Il reste l’option de prendre l’opinion public a témoin, et que le camp présenté comme lésé exige la démission de Martine Aubry et la tenue d’un nouveau congrès. Et décident donc de ré-ouvrir la guerre de tranchée qu’il a fallu plus de 2 années a entériner. Le risque associé a une nouvelle confrontation, c’est tout simplement la mort du premier parti d’opposition, ou du moins ce qu’il en reste. Décider d’une ultime confrontation fratricide (par voie pénale ou par scrutin) pour déstabiliser une direction, c’est aussi prendre le risque de mettre l’ensemble du parti par terre ; et que l’ensemble paye très cher les agissements d’une poignée. Tout ceci demande réflexion. Royal ce matin se donne encore du temps, tout en jouant avec le feu. Mon avis personnel serait d’accepter Aubry à la tête du parti, mais la contraindre a dissoudre le comité de direction, d’ouvrir à l’opposition et à mettre en place un mode de scrutin qui garantisse la sincérité du vote.

    Je reconnais que le livre choc est un ouvrage strictement à charge contre l’actuel direction, et qu’il oublie d’enquêter dans d’autres fédérations plus favorables à Royal, la ou le ménage aussi mériterait d’être fait. Mais je n’oublie pas qu’en novembre, Royal avait pris acte des fraudes en sa faveur, et avait demandé l’organisation d’une nouvelle consultation dans toutes les fédérations litigieuses. Ce que la direction actuelle s’est obstinément refusé à faire. Si on ajoute à cela le débat d’idée autour du vote des motions qui a été confisqué, la comédie de la commission de recollement et la fermeture à l’opposition lors de la constitution du parlement interne, on voit bien que la fraude n’est qu’un élément parmi d’autres d’un ensemble de comportements contraire à toute éthique politique.

    Donc tu vois, on peut juger très durement la direction du parti sans pour autant se résigner à faire mourir l’organisation dans son ensemble. Il existe des moyens intermédiaires, non dénués de risques – vis à vis de l’opinion par exemple, qui peuvent permettre d’arriver a régénérer un parti, qu’il est vrai n’est plus digne de sa mission.

  35. Liberal dit :

    Zeyes,

    « S’engager, c’est adhérer à une cause imparfaite », c’est une citation que Koz avait mis sur le blog pendant un moment.

    Ca va peut être vous surprendre, mais je trouve votre démarche personnelle parfaitement respectable sur ce sujet.

  36. zeyesnidzeno dit :

    Liberal,

    Merci. Votre commentaire ne me surprend pas, ce qui ne m’empêche pas de l’apprécier.

  37. Koz dit :

    Pablo a écrit:

    //Quand on en est à se battre sur la preuve…// Je ne suis pas juriste mais il me semble que quand on vous accuse, c’est précisément là-dessus que l’on se bat, non?

    Oui et non : généralement, tu commences plutôt par dire que tu n’as rien fait. Quand tu dis : « vous ne pouvez pas le prouver« , c’est pas génial. Après, évidemment, il vaut mieux l’articuler comme ça : (i) j’ai rien fait et d’ailleurs, (ii) votre dossier est vide. Là, Fabius ne nie pas vraiment, mais il dit qu’il n’y a rien de probant.

  38. Eponymus dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    Le risque associé a une nouvelle confrontation, c’est tout simplement la mort du premier parti d’opposition, ou du moins ce qu’il en reste.

    Justement, je trouve dans ce cas précis que ce parti devrait réellement s’auto-dissoudre. Il y a une sorte d’accumulation terrible qui fait que cette échéance qui est peut être regrétable apparait comme inéductable mais probablement salvatrice finalement.

    Pour jouer cartes sur table, en abandonnant la langue de bois (et non dans le but d’accabler) les fraudes sur les votes sont effectivement totalement habituelles – ce n’est pas uniquement à l’occasion d’élections nationales – c’est dans les habitudes pour les petites et grandes décisions. Même lors de l’investiture de Royal en 2007, les pourcentages avaient été modifiés pour apparaître comme plus équilibrés. Mais pour qui a approché le PS par le haut, il règne une sorte d’accord tacite qu’une fois la décision prise, le vote doit correspondre et on s’arrange très souvent pour faire coller les deux.

    Mais ce n’est pas tout… il existe comme tu l’avais analysé toi-même dans des discussions antérieures, des enracinements de caciques dans des places fortes locales qui font que ce parti ne bouge plus, n’est pas renouvellé, est trop attaché à une sorte de tradition qui n’est plus forcemment en phase avec la réalité ou les aspirations des individus.

    Il fonctionne, de fait, en vase clos avec ses propres codes hérités, ses significations abstraites (les grands débats internes si untel ou unetelle est « de gauche » ou pas, etc…) qui finissent par s’user au point de ne plus vouloir rien dire surtout à l’aune des comportements réels.

    Pour ceux qui espèrent voir le parti se régénérer grâce aux jeunes militants, il est aussi de fait que le renouvellement des cadres emprunte des passages obligés comme on peut le voir dans la carrière d’un Julien Dray par exemple.

    Sur le terrain idéologique, le Parti assure une sorte de cohérence apparante, mais dans les faits il est idéologiquement écartellé entre une aile marxisante et une aile sociale démocrate (pour schématiser) et ce divorce n’en finit plus de gangréner le fonctionnement et surtout la force de proposition de ce parti. En fait, en interne, la moindre proposition devient tout aussi difficile à faire adopter que s’il s’agissait d’un pays. Résultat – soit on se borne à s’opposer en bloc – soit on propose une sorte de soupe tenant compte des diverses sensibilités qui s’auto-dilue dans le rien. En fait, une bonne question se pose – la droite a besoin d’une opposition – mais pourquoi cette opposition doit elle être « socialiste » ?

    Lorsque ces propositions sont examinées à la lumière des prochaines échéances électorales, alors là, plus personne ne risque rien, plus personne n’envisage de proposer quelque chose qui risquerait de favoriser le parti au pouvoir en améliorant les projets en cours. Je carricature, mais ce Parti donne l’impression que si jamais il avait une bonne idée, il s’auto-censurerait de peur de voir la majorité lui « piquer » (je me souviens de Royal dénonçant la politique de Sarkozy en l’accusant de « plagiat » – de la part d’un parti d’opposition supposé fournir des solutions alternatives, l’accusation est totalement loufoque si on y réfléchit bien). Il y règne une telle obssession du pouvoir que les seuls mots que l’on retient des discours c’est « gagner ». Les seules dates, celles des échéances électorales.

    Si l’on examine la structure dirigeante à la lumière des fraudes, alors là aussi il devient évident que le parti doit se dissoudre. Aubry c’était tout de même une image propre – Fabius, tout aussi opportuniste qu’il a pu être, n’a pas non plus la réputation d’être un bandit. Visiblement, Royal, elle aussi, est impliquée dans ces fraudes et ces mensonges à répétition.

    Royal est arrivée avec une nouvelle idée. La démocratie participative. Mais il a suffit de voir comment le site Désir d’Avenir fonctionnait pour s’appercevoir que cette formule magique était encore pire que le mal qu’il était censé soigner. Propositions en dehors de la « ligne » censurées. Dépouillement des propositions totalement opaque et sans règle. Pauvreté des propositions venant soit disant de la base.

    Envers qui reporter sa confiance aujourd’hui ? Le meilleur communiquant ? Le plus fin tacticien qui saura tirer les marrons de ce bordel ? Le plus démago dans ses discours aux militants ? Pour arriver à quoi en termes d’utilité à la nation ?

    Pour toute ces raisons, je souhaite que ce parti se dissolve. Pour repartir sur des bases neuves. Pour clarifier les choses. Un parti n’est que la représentation d’une opinion finalement. Autrement dit, le Parti existe virtuellement. Mais à mon avis entre le concept et le produit existant il existe de telles différences que seule une nouvelle enveloppe pourrait permettre de faire correspondre les idées à une structure. Après des années de tentatives de reconstruction suite à l’échec patent de 2002, il serait peut être temps de trouver une mesure plus radicale.

  39. zeyesnidzeno dit :

    Eponymus a écrit:

    Justement, je trouve dans ce cas précis que ce parti devrait réellement s’auto-dissoudre. Il y a une sorte d’accumulation terrible qui fait que cette échéance qui est peut être regrettable apparait comme inéluctable mais probablement salvatrice finalement.

    Je ne vais pas refaire la démonstration précédente, puisqu’elle n’a pas eu l’air de te convaincre. Je comprends a quel point il doit être déchirant pour toi d’en arriver a ce type de conclusion radicale, mais de mon point de vue, et pour te rassurer, cette position extrême n’est ni utile, ni incontournable. Ceci dit, un peu de patience, si le bluff de Royal s’avère ne pas en être un, il se peut que les regrettables échéances que tu évoques soit en effet inéluctables.

    Eponymus a écrit:

    Pour jouer cartes sur table, en abandonnant la langue de bois (et non dans le but d’accabler) les fraudes sur les votes sont effectivement totalement habituelles – ce n’est pas uniquement à l’occasion d’élections nationales – c’est dans les habitudes pour les petites et grandes décisions. Même lors de l’investiture de Royal en 2007, les pourcentages avaient été modifiés pour apparaître comme plus équilibrés. Mais pour qui a approché le PS par le haut, il règne une sorte d’accord tacite qu’une fois la décision prise, le vote doit correspondre et on s’arrange très souvent pour faire coller les deux.

    Je ne suis pas sure que la fraude ait eu un tel impact dans les scrutins précédents, pour une raison simple, la fraude ne joue qu’a la marge, ce n’est que quand le scrutin est serré qu’il peut éventuellement inverser le sens d’une consultation. Mais, de toutes façons, c’est exactement ce qu’il faut changer, Reims nous oblige à évoluer. Je comprends ta lassitude d’entendre ce discours là, imagine celle des militants qui se battent pour la rénovation du parti. ceci dit, les primaires ouvertes apportent un début de réponse concret a ce problème. Le parti n’est plus une structure fiable pour une consultation cruciale. Passons outre.

    Eponymus a écrit:

    En fait, une bonne question se pose – la droite a besoin d’une opposition – mais pourquoi cette opposition doit elle être « socialiste » ?

    C’est aux électeurs d’en juger. Il me semble qu’ils ont donné quelques éléments de réponse facile à interpréter lors du dernier scrutin des Européennes. En plaçant le PS si proche d’EE, ils nous ont rappelé en effet que le parti leader de l’opposition ne serait plus nécessairement socialiste. Rien n’indique, pour le moment, que le signal sera différent dans 7 mois.

    Eponymus a écrit:

    Lorsque ces propositions sont examinées à la lumière des prochaines échéances électorales, alors là, plus personne ne risque rien, plus personne n’envisage de proposer quelque chose qui risquerait de favoriser le parti au pouvoir en améliorant les projets en cours. Je carricature, mais ce Parti donne l’impression que si jamais il avait une bonne idée, il s’auto-censurerait de peur de voir la majorité lui « piquer » (je me souviens de Royal dénonçant la politique de Sarkozy en l’accusant de « plagiat » – de la part d’un parti d’opposition supposé fournir des solutions alternatives, l’accusation est totalement loufoque si on y réfléchit bien).

    Oui, tu caricatures, des idées et des débats ont bien eu lieu, pour la plupart en marge du parti, imposé par voie de presse. Mais ils ont concernés plus le parti lui même que l’avenir des Français. Le projet ne peut pas émerger d’un parti « grippé » et sans leader. Tant que nous n’aurons pas réglé ces deux problèmes majeures, nous n’accoucherons pas d’un projet. J’indique que cette position n’est pas forcement partagée par tous les militants socialistes, loin de là.

    Eponymus a écrit:

    Les seules dates, celles des échéances électorales.

    c’est en effet la force et la faiblesse du premier parti en terme d’élus au niveau national. Un tel maillage d’élus socialistes permet d’estomper les effets considérés comme pervers de la politique conduite au niveau de l’état. Un tel maillage d’élus socialistes, c’est aussi un pouvoir considérable donnés au élus, plus préoccupés par leur mandat local que par une victoire de leur parti aux présidentielles. Tu sais toi comment sortir de ce paradoxe?

    Eponymus a écrit:

    Royal est arrivée avec une nouvelle idée. La démocratie participative. Mais il a suffit de voir comment le site Désir d’Avenir fonctionnait pour s’appercevoir que cette formule magique était encore pire que le mal qu’il était censé soigner. Propositions en dehors de la « ligne » censurées. Dépouillement des propositions totalement opaque et sans règle. Pauvreté des propositions venant soit disant de la base.

    Je n’ai qu’une vue très parcellaire de ce que le site a produit, l’ayant fuit assez rapidement. Je n’ai participé qu’a un seul débat, celui sur l’aide au développement des PME. J’y ai vu des contributions utiles, reprises dans le pacte présidentiel. Celles ci correspondaient elles a des décisions déjà prise en haut lieu? Peut être oui, peut être pas.

  40. Gatien dit :

    C’est agréable de lire une contribution comme celle d’Eponymus. Les partis naissent et meurent. Il n’y a aucune raison de s’accrocher à des formes figées et à croire en la supériorité d’un système politique binaire néandertal vs. cromagnon, où seuls deux partis seraient éternellement destinés à gouverner.

    Le farouches défenseurs comme les farouches détracteurs du PS se livrent à une dramatisation très superflue.

  41. Eponymus dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    Je comprends a quel point il doit être déchirant pour toi d’en arriver a ce type de conclusion radicale, mais de mon point de vue, et pour te rassurer, cette position extrême n’est ni utile, ni incontournable.

    Je vois bien que tu te gausses mais c’est vrai, ce ne serait pas un déchirement pour moi. Ni dans un cas ni dans l’autre. Je continue de penser que si une nouvelle structure emmergeait avec des propositions claires, sans se trainer les casserolles allant d’Aubry à Royal et débarassée de ses éléments montrant une étrange allégeance envers le marxisme et de ses traditions rigides (anti-cléricales par exemple) alors ce nouveau parti connaitrait un rebond.

    Ca ne veut pas automatiquement dire qu’il faille faire sauter l’édifice avec fracas mais les troskistes ont montré qu’ils pouvaient rompre avec une certaine tradition pour créer, au moins sur le papier, quelque chose de plus en phase avec l’époque disons.

    Franchement l’UDR a bien fait de se dissoudre à une époque même si la refondation de la droite a encore entraîner trop de casseroles dans le processus. Le RPR a du faire de même et on pourrait à un degré moindre lui faire le même reproche. Mais ces dissolutions successives ont eu tout de même le mérite de secouer un peu le cocotier à des moments où c’était nécessaire.

    La seule raison qui me laisse penser que ce n’est pas possible, c’est la question de la clarification idéologique au sein de ce parti. Ce parti doit réinventer un clivage qui ne soit pas obligatoirement celui du « marxisme vs l’ordre bourgeois ». Il y règne un esprit « lambertiste » qui fait que les propositions sont toujours bancales, teintées de « lutte des classes », etc…

    Je ne dis pas bien sur que ce clivage gauche avec un surmoi marxisant/droite ne doit pas exister dans le monde politique – il y a d’autres partis pour ça… je dis que ce clivage existe au sein même de ce Parti et on se retrouve avec un « non de gauche » au referendum sur l’Europe et un « oui du parti ». Avec une certaine détestation couverte des entreprises et des entrepreneurs. Avec ce côté anti-flics primaire. Avec le « j’aime pas les riches ». Le mot CAC40 utilisé comme une insulte. L’accusation des « cadeaux aux patrons » à l’occasion de la moindre réforme. La survalorisation du fonctionnariat. L’aumone plutot que la prospérité. Et j’en passe.

    La dissolution, quel que soit sa forme permettrait d’entreprendre cette clarification idéologique qui ne se fera jamais au sein du Parti puisque les deux tendances co-existent à puissances plus ou moins égales. D’autres partis « socialistes » en Europe n’ont pas hésité à se montrer cohérents avec les situations rencontrées et ils sont pourtant toujours « de gauche » dans leurs pays. Je pense par exemple au Portugal et sa réduction faramineuse de fonctionnaires signalé ici par Lib, mais il y a d’autres exemples.

  42. Praxis dit :

    Ils sont légion les sujets sur lesquels s’indigner en ce moment en politique : les fraudes au PS ou le racisme crétin d’Hortefeux, pour ne prendre que les exemples les plus récents.

    Si, pour s’exprimer et avoir des idées, un parti politique doit être irréprochable, on arrête tout hic et nunc. Et puis, quand on voit ce que l’honnêteté rapporte en politique (Jospin, par exemple), on se dit qu’il vaut mieux être corrompu à 200% : Balkany, Dassault, etc.

    Enfin, j’dis ça parce que j’ai pas l’intention de faire de la politique politicienne un jour…

    Mais bon, la blanche colombe là, avec ses déclarations pleines de ‘hauteur’ sur l’ordre juste, elle oublie qu’elle a triché elle aussi. Elle a moins triché parce qu’elle n’a pu faire mieux, mais elle a aussi triché. Alors bon, ces petits jeux de dupes là… ça vous dégoute un peu plus de la politique mais c’est tout.

  43. Gwynfrid dit :

    Je suis d’accord avec le reste de votre commentaire, mais ceci me fait tiquer:

    zeyesnidzeno a écrit:

    Je ne suis pas sure que la fraude ait eu un tel impact dans les scrutins précédents, pour une raison simple, la fraude ne joue qu’a la marge, ce n’est que quand le scrutin est serré qu’il peut éventuellement inverser le sens d’une consultation.

    La fraude décrédibilise le scrutin, même si son impact est marginal. Les chiffres mis en avant par J.L.Mélenchon sur son blog ne sont pas marginaux, en termes d’impact politique. D’ailleurs, du moment qu’il y a fraude, le thermomètre est faussé, donc comment peut-on savoir si son ampleur était ou non suffisante pour changer le résultat? Si j’ai bien compris, le système consiste pour les patrons des fédérations à communiquer des résultats « corrigés ». Pour autant qu’on le sache, la « correction » pourrait très bien être gigantesque, sans que personne ne puisse vérifier ce qu’il en est.

    zeyesnidzeno a écrit:

    ceci dit, les primaires ouvertes apportent un début de réponse concret a ce problème.

    Je ne crois pas. Ce serait plutôt l’inverse: ce problème risque de torpiller la crédibilité des primaires ouvertes. À moins que les partis de gauche ne parviennent à mettre en place une structure de contrôle aussi crédible que celle des élections elle-mêmes. Pas facile.

  44. Eponymus dit :

    Tout de même intéressant le témoignage de Melanchon. http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=710#more-710 On sent le vécu. Au moins, à un moment il a fait preuve de cohérence. Il s’est tiré.

  45. Pepito dit :

    A mon avis ce n’est pas possible de dissoudre le Parti Socialiste. Peut-être, et encore je suis sceptique, de lui changer de nom. On ne pourra pas déclarer du jour au lendemain : il n’y a plus de Parti Socialiste et aucun parti en France s’appelle Parti Socialiste (l’appellation Parti Socialiste ne pouvant pas être copyrightée par un Parti Socialiste qui n’existe plus, ça m’étonnerais que personne ne songe à former un nouveau parti socialiste qui s’appellera Parti Socialiste).

    Et puis qu’est ce qu’on fait des élus, maires et députés PS ? Il faudra les transférer dans un ou plusieurs partis. Pas de problème, mais il faudra créer au moins un nouveau parti. Est-ce qu’on recommence avec les mêmes et on change juste de nom ? Est ce qu’on fait une alliance entre leaders politiques (issus du MoDem, des Verts, etc.) et on crée un nouveau parti avec un autre nom ? Et qui c’est : on ? Les dirigeants, les membres encartés (ayant payé leur coti), les sympathisants ?

    La seule solution, c’est un renouvellement de A à Z crédible du PS et pour cela il faut un leader. Maintenant c’est complètement impossible avec la mise en cause inévitable de l’élection de Martine Aubry. Comment peut-on parler de primaires ouvertes maintenant avec en toile de fond les fraudes dans les élections internes ? On ne voit pas encore la fin de cette crise.

  46. psam dit :

    Ce fil sur l’avenir du PS est fort interessant, et je vous encourage à le continuer.

    Je suis un peu étonné par la position de Koz, dans le billet et ses commentaires, qui semble défendre bec et ongle notre Président comme si la séléction de figurants de petite taille sur la photo était un non-évenement. Nous, on s’en fout que notre président soit petit ou grand. Nous on s’en fout qu’il mette des talonnettes, qu’il se mette sur la pointe des pieds, qu’il oblige ou incite sa femme à mettre des balerines . Mais ce qui nous choque, pas beaucoup, moins que le bourrage des urnes au PS, mais un peu quand même, c’est qu’il sélectionne le public autour de lui pour soigner son image. Et ça, ben c’est choquant. Pas tres grave. Cela ne change pas grand chose sur ses capacités à diriger ou non la france.

    Mais c’est une (petite) dérive qui mérite d’être dénoncée, avant que cela ne devienne une trop grande habitude(avec les faveurs pour les maisons de ses amis, le limogeage des prefets …).

    Restons vigileants, quel que soit le parti au pouvoir, et surtout, n’usons jamais de l’argument « les autres l’ont fait avant, ou bien ont fait pire ». Ok. So what ?

    Et j’ai quand même l’impression que la plus part de ceux qui se gaussent de lui ne le font pas à cause de sa taille (il n’y peut rien) mais à cause de son complexe. Comme dit Koz, il n’a qu’a assumer (apres tout, la bonne taille, c’est quand les deux pieds touchent par terre) et cela fera taire les c…

    Il pourrait même en jouer, forcer un peu le trait, et montrer qu’on peut être petit (et pas tres beau) et reussir ce qui n’a rien d’evident. Je sais que ce n’est pas facile pour un homme d’être petit, mais il y a pire, non ?

    continuez sur l’avenir du PS, c’est une vraie question, ensuite on pourra s’attaquer à l’avenir de l’UMP (parce qu’avec les chasseurs et de Villiers, ça ne ressemble plus à grand chose), et enfin revenir à l’avenir de l’Eglise….

  47. vercaud dit :

    La grande force, le tour de magie fantastique de Mitterrand a été de faire croire qu’il y avait quelque chose de précis derrière le concept de « La gauche » alors que ce n’était que l’étendard de multiples visions différentes de l’avenir de notre société. Naturellement il y eut un programme mais certainement pas une vision partagée.

    Aujourd’hui il n’y toujours pas de vision de gauche mais une lutte de prise du pouvoir portée au grand jour et le bourrage d’urne n’en est qu’une minuscule illustration. Croire que des primaires résoudront le problème et vouloir les organiser en plein jour c’est de l’utopie avérée: la prise de pouvoir est une guerre peu ragoutante qu’il vaut mieux laisser dans les arrière cuisines.

    Il en va évidemment de même à droite mais la gauche fait un fantastique cadeau à cette droite en lui permettant de s’abriter derrière le terme tout en faisant n’importe quoi. Les combats de chef y sont moins visibles (quoique)et le « monarque » y gagne sa place de haute lutte et fait (et défait) le parti qui le soutient.

    Fabius pour la Gauche et Juppé pour la Droite, deux hommes d’une intelligence remarquable très mal utilisée, ont bien démontré que les idées sans l’once d’une vibration humaine ne servent à rien, que les explications de haut niveau ne sont qu’une arme pour se faire battre.

    Alors, la taille du Chef ne change rien à l’incommensurable ego nécessaire pour exercer la profession, mais cet ego de taille s’accompagne toujours de magnétisme sur les foules. Et qui possède ces deux atouts à gauche ?

  48. zeyesnidzeno dit :

    Eponymus a écrit:

    Je vois bien que tu te gausses mais c’est vrai, ce ne serait pas un déchirement pour moi. Ni dans un cas ni dans l’autre. Je continue de penser que si une nouvelle structure emmergeait avec des propositions claires, sans se trainer les casserolles allant d’Aubry à Royal et débarassée de ses éléments montrant une étrange allégeance envers le marxisme et de ses traditions rigides (anti-cléricales par exemple) alors ce nouveau parti connaitrait un rebond.

    Merci pour ces éléments (l’inventaire de Prévert des courants animant le PS se poursuivant dans le reste du commentaire) qu’apprécieront les observateurs distraits de la vie politique. Il ne semble pas inutile de rappeler que la Motion « Bouffeur de curés » est en effet arrivée en tête lors du dernier congrès, suivie de près par la Motion « KillBling(-bling) » dont le titre tient lieu de programme :) Et ne vous laissez surtout pas abuser par ceux qui vous annonceraient que la ligne progressiste du Parti pèse entre 65 et 70% et que les Nonistes ont trouvé refuge chez Mélenchon.

    Gwynfrid a écrit:

    La fraude décrédibilise le scrutin, même si son impact est marginal. Les chiffres mis en avant par J.L.Mélenchon sur son blog ne sont pas marginaux, en termes d’impact politique. D’ailleurs, du moment qu’il y a fraude, le thermomètre est faussé, donc comment peut-on savoir si son ampleur était ou non suffisante pour changer le résultat? Si j’ai bien compris, le système consiste pour les patrons des fédérations à communiquer des résultats « corrigés ». Pour autant qu’on le sache, la « correction » pourrait très bien être gigantesque, sans que personne ne puisse vérifier ce qu’il en est.

    Nous sommes d’accord Gwynfrid, mon commentaire est a remettre dans le contexte du commentaire auquel il répondait. A savoir que « les résultats du vote étaient alignés aux décisions prises par la direction ». Il y a quand même quelques règles de base a faire semblant de respecter, les listes d’émargements devraient correspondre au fichier central, elles sont généralement signées par des représentants des divers courant, puis il y a au lendemain du vote une instance de vérification des annonces faite au niveau fédéral. Ces contraintes, encore bien insuffisantes, font que la fraude ne peut impacter le scrutin qu’a la marge. De plus en dehors des quelques fédérations habituellement citées, les autres fédérations sont fiables (et présentent en général des résultats plus équilibrés que les grandes fédérations). Sur un total de 150 000 bulletins, la fraude peut porter sur quelques milliers au maximum. En envisageant un chiffre élevé, même très élevé, disons 8000, on ne va pas au delà des 5%. En dehors du vote interne pour le TCE, je ne vois pas de scrutin dont le sens aurait pu être inversé à cause de la fraude. J’insiste néanmoins, il ne s’agit pas de dire ce n’est pas grave puisque peu impactant. Juste que c’est normalement peu impactant. Le principe de la fraude est bien sur a combattre sans concession aucune.

    En ce qui concerne les conditions dans lesquelles sera tenus le vote pour les primaires, et même si on part avec un énorme déficit de crédibilité, il est évident que nous devrons apporter toutes les garanties nécessaires aujourd’hui plus que jamais. Mais j’avoue ne pas connaitre les modalités envisagées, ni celles actuellement appliquées aux US.

    psam a écrit:

    continuez sur l’avenir du PS, c’est une vraie question, ensuite on pourra s’attaquer à l’avenir de l’UMP (parce qu’avec les chasseurs et de Villiers, ça ne ressemble plus à grand chose), et enfin revenir à l’avenir de l’Eglise….

    Je prends un peu d’avance sur le programme, et pointe ici une analyse très intéressante sur la nouvelle UMP http://bit.ly/pdEdn

  49. Gwynfrid dit :

    Pour ce qui est de l’avenir de l’UMP, la question n’est pas des plus urgentes. Elle se posera vers 2014-2015, quand les aspirants à la succession s’étriperont pour le contrôle du parti. D’ici là, l’UMP, c’est Sarkozy. Le ralliement de Villiers et Nihous ne change à peu près rien. Il ne fait qu’illustrer le contrôle total que Sarkozy exerce sur la droite.

  50. Eponymus dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    Il ne semble pas inutile de rappeler que la Motion « Bouffeur de curés » est en effet arrivée en tête lors du dernier congrès, suivie de près par la Motion « KillBling(-bling) » dont le titre tient lieu de programme

    Oui d’ailleurs, c’est tout à fait représentatif du fait que Amont soit devenu le porte parole. Mais bon, je dis ça je dis rien.

  51. Eponymus dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    ligne progressiste du Parti pèse entre 65 et 70%

    Juste aussi deux remarques : un, il s’agit des militants pas des leaders ; deux, faudrait s’entendre sur la définition de progressiste et regarder le contenu ou l’état d’esprit réel qui anime ces courants dans les détails. Ces lignes progressistes sont elles-mêmes des compromis.

  52. Pepito dit :

    zeyesnidzeno a écrit:

    Il ne semble pas inutile de rappeler que la Motion « Bouffeur de curés » est en effet arrivée en tête lors du dernier congrès

    J’ai bien ri. Quelquefois il faut la surveiller cette zeyes; on lui enverra la charte de sacristains.fr ;-)

  53. zeyesnidzeno dit :

    Eponymus a écrit:

    Oui d’ailleurs, c’est tout à fait représentatif du fait que Amont soit devenu le porte parole. Mais bon, je dis ça je dis rien.

    Il est arrivé à Benoit Hamon de confondre son rôle de porte parole et celui de chef de courant (représentant 18% au terme du vote des motions, 22% au terme de la désignation du premier secrétaire) lors de ces diverses interventions médiatiques. A chacune de ces occasions, la direction l’a renvoyé dans ses goals, parfois amicalement, d’autre plus fermement. Ces dérapages du début n’ont plus cours aujourd’hui.

    Eponymus a écrit:

    Juste aussi deux remarques : un, il s’agit des militants pas des leaders ; deux, faudrait s’entendre sur la définition de progressiste et regarder le contenu ou l’état d’esprit réel qui anime ces courants dans les détails. Ces lignes progressistes sont elles-mêmes des compromis.

    Ce sont des suffrages militants qui se sont portés sur des motions qui a défaut d’être toujours très abouties, ne laissaient pas le doute sur l’orientation qu’elles prétendaient incarner. La motion Collomb Royal (29%), de Bertrant Delanoé (25%) et celle de Martine Aubry (24% mais qu’il faudrait diviser par 2 représentant a la fois l’ex-courant DSK et l’ex courant Fabius, bien que ce dernier n’ait eu qu’une très faible influence sur la ligne de la motion) prônent toutes une économie de marché régulée avec des plans de soutien massif aux entreprises accompagnés de la création d’un grand pôle financier public. Sans être des libéraux, les socialistes sont loin de proposer une politique inspirée de la lutte des classes, ou marquée d’une aversion épidermique pour les entrepreneurs.

    Mais ça je pense que tu le savais déjà ;)

    Pour en revenir aux « suites de Reims » et l’avenir du parti, j’accueille assez positivement les annonces faites hier lors du conseil national (Parité totale a partir des législatives 2012, création d’une instance indépendante chargée de garantir la sincérité du vote, désignation du candidat PS via primaires ouvertes, non cumul des mandats parlementaires, assouplissement des conditions d’adhésion) soumise aux militants en octobre prochain. Bien sur j’entends déjà les ricanements, amplement mérités: pas crédible, pas fiable, pas assez détaillé (notamment absence de calendrier sur les questions qui fâchent), avancée qui ne concerne en rien l’avenir des français ect… Tout ça est vrai, mais nous partons de loin. Si le parti redevient un endroit de débat sain, ce que je veux croire malgré les précédents, par ricochet il pourra de nouveau représenter un recours pour les français a plus ou moins longue échéances.

    Et puis, ces décisions qui n’ont peut être pas l’air de grand chose, marquent un revirement assez courageux de la part de Martine Aubry. La création d’une instance qui devra assurer la régularité des opérations de vote, c’est aussi reconnaitre l’existence de la fraude, pas forcement évident à assumer dans la séquence médiatique que la direction traverse. Puis la prochaine inscription du non-cumul et de la parité totale dans les statuts, revient à se mettre à dos une grande partie des élus, qui vont certainement tout tenter pour affaiblir cette initiative.

    Pepito a écrit:

    J’ai bien ri. Quelquefois il faut la surveiller cette zeyes; on lui enverra la charte de sacristains.fr ;-)

    Je l’attends ! ça ne peut pas me faire du mal, hein ;)

  54. Eponymus dit :

    Oui, mais bon, côté progressiste, encore une fois je crois bien que Martine ait tranché :

    « Reçue par Marie-George Buffet, Martine Aubry a réaffirmé une nouvelle fois son programme : rassembler toute gauche. «La priorité, c’est le rassemblement de la gauche, c’est toujours ce que j’ai dit (…) tous les socialistes sont d’accord là-dessus», a-telle lancé. «Marie-George a appelé à un grand rassemblement de la gauche. Nous y sommes prêts». »

    Des initiatives concrètes sont supposées venir traduire ces paroles en acte. Martine Aubry a ainsi évoqué des «actions communes» notamment sur la défense de La Poste, l’emploi ou la préparation du sommet sur le climat de Copenhague. Quant aux régionales, que tout le monde garde en ligne de mire, Marie-Georges Buffet a réaffirmé que le PC souhaitait «trouver des plateformes partagées» avec le reste de la gauche. »

    http://www.lefigaro.fr/politique/2009/09/13/01002-20090913ARTFIG00341-aubry-et-buffet-lancent-le-rassemblement-a-gauche-.php

  55. zeyesnidzeno dit :

    absolument pas, quand Aubry déclare parler au nom de tous les socialistes en disant « La priorité, c’est le rassemblement de la gauche, tous les socialistes sont d’accord là-dessus » elle a raison. Même pour les tenants d’une ouverture au modem, il n’a jamais été question de renversement d’alliance en négligeant nos partenaires de gauche au profit du Modem.

    La position de Peillon, Collomb et Royal, la voici:

    «  »Nous gardons bien sûr la stratégie d’alliance née à Épinay. Elle consiste d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche. (…) A partir de là il est possible et nécessaire, de réunir, avec toutes les gauches rassemblées au soir du premier tour, tous les démocrates qui partagent des valeurs communes avec nous ».

    Quand Peillon parle de l’alliance « Arc en Ciel », c’est en présence de De Sarnez, des verts et de Robert Hue!

  56. Koz dit :

    Mais là, zeyes, je dis no (ah, ah). On atteint un problème de cohérence. Je veux bien admettre que « si vous pensez tous la même chose, vous ne pensez plus rien » et que « passe, passe, passera, la dernière, la dernière », mais peut-on gouverner avec Balladur puis Marie-Georges Buffet ? Quel crédit accorder à quelqu’un qui s’y apprête ? C’est sacrifier le sens à la tactique. Un jour, ça se paie.

  57. zeyesnidzeno dit :

    Koz a écrit:

    Mais là, zeyes, je dis no (ah, ah). On atteint un problème de cohérence. Je veux bien admettre que « si vous pensez tous la même chose, vous ne pensez plus rien » et que « passe, passe, passera, la dernière, la dernière », mais peut-on gouverner avec Balladur puis Marie-Georges Buffet ? Quel crédit accorder à quelqu’un qui s’y apprête ? C’est sacrifier le sens à la tactique. Un jour, ça se paie.

    Balladur? on parle bien du même? : )

    c’est sur c’est ambitieux comme rassemblement, mais je te rassure, il ne s’agit pas de faire tenir tout le monde dans la même maison (ca, ce serait irréaliste ; ), il s’agit surtout s’accorder sur une offre politique commune, en vue des régionales, puis des présidentielles. De préparer un ciment difficile à improviser entre deux tours. Pour le moment, les oppositions sont surtout de principe, comme en témoigne le débat chez Calvi, et le peu d’argument qu’avait a opposer MG Buffet à Vincent Peillon pour écarter une alliance allant jusqu’au modem. Nous sommes encore dans les postures, dans l’urgence des scrutins, les choses se passent toujours différemment Et puis, qu’est ce qu’on risque? Au mieux une alliance Gauche-Modem effective au second tour des présidentielles, et au pire, on aura instaurer un reflex de report de vote chez les sympathisants ayant cherché des points de convergences.

    Epo, j’ai trouve un socialiste comme tu les aimes (et non, this is not a fake): http://www.filoche.net

  58. Eponymus dit :

    Eh oui Filoche, bien dans la veine… C’est vraiment dans la synthèse entre l’extrême gauche et le MODEM que se trouve les meilleures solutions tant sur un plan économique que social. Mais est-ce vraiment différent sur le fond de ce que vers quoi l’actuelle direction envisage d’aller, MODEM ou pas : taxer les entreprises, augmenter les impôts des « riches », augmenter massivement les salaires, augmenter un peu plus les prélèvements obligatoires. On voit qui inspire Filoche. On voit qui finalement inspire les courants même dits progressistes. S’allier au PCF, ça c’est vraiment l’avenir…