Construire sur des ruines

louvre_ruineCe week-end de chauffe pré-Rochelle a vu deux courants porter deux idées qui me laissent aussi sceptique que nombre de socialistes : les primaires ouvertes ou « primaires populaires », et l’affiche Hue / Peillon / Taubira / Cohn-Bendit / Sarnez.

L’une et l’autre sont des questions d’appareil. On peut donc déjà anticiper les réactions des militants, qui se désoleront devant les caméras  que ces questions aient « occulté les débats de fond très riches qu’on a eu entre camarades dans les ateliers ». Cette Université d’Eté ne sera donc toujours pas celle du projet. Dans l’état actuel du PS, certains diront qu’il est réaliste de poser les questions d’appareil maintenant, quitte à tronquer le débat de fond.

Et l’on ne peut pas dénier à certains socialistes de faire preuve dudit réalisme. Et l’état du PS, ce sont encore les socialistes qui le décrivent le mieux :

« Notre vie partisane donne aux Français un triste spectacle. (…) Aucune des fonctions vitales (production d’idées nouvelles, opposition au pouvoir, mobilisation électorale) que devrait assumer le parti n’est plus correctement exercée. Notre projet est dépassé (…) notre contribution à la rénovation intellectuelle de la gauche européenne a été jusqu’ici, pour manier l’euphémisme, modeste (…)

Aucun leader « naturel » ne s’est  imposé et nos institutions ne permettent pas de choisir entre nos nombreux talents – au contraire, elles les broient. Les alliances sont en friche (…) Nous sommes paralysés (…) Nous nous recroquevillons sur nous-mêmes. « 

Alors, le projet avant l’ »homme » ou l’ »homme » avant le projet ? N’abdiquons pas tout de suite le réalisme. Car on se gausse du PS et de son absence de projet mais connaît-on beaucoup de partis qui parviennent à élaborer un projet en l’absence de leadership ? Là où cela devient délicat, c’est qu’il va falloir que le PS attende d’avoir un vrai chef pour se mettre sérieusement à plancher sur le projet. Dans la mesure où il ne parvient ces temps-ci à avoir ni l’un ni l’autre, on peut imaginer que les primaires aient ce petit côté poudre de perlimpim nécessaire pour opérer un changement magique de la situation.

*

Les primaires, c’est magique ?

Les arguments pour et contre les primaires ouvertes ont été plutôt bien récapitulés lors d’un échange entre Arnaud Montebour et Henri Weber à Terra Nova1. Autant le dire tout de suite, je trouve Henri Weber plutôt réaliste, sur les primaires en général, et sur l’effet des primaires sur le parti socialiste en particulier. Arnaud Montebourg est sympathique dans le rôle prophétique du rénovateur. Ou de l’illusionniste (selon les points de vue).

Ainsi lorsqu’il propose que « pour permettre l’émergence d’un réel espace de débat constructif, et non de confrontation destructrice, la durée de campagne la plus juste serait en conséquence 6 mois ». Après avoir mené un constat aussi « lucide » (selon ses termes) que celui rapporté plus haut, il est étonnant qu’il s’illusionne ainsi sur la possibilité d’éviter une « confrontation destructrice ». Cette durée permettrait probablement davantage de développer des idées de fond qu’une campagne d’un seul mois, mais les socialistes ont montré, avec la campagne précédant le congrès de Reims, leur grande capacité à se choucraver la teuté sur une durée de six mois.

Il reste aussi une incertitude qui semble peu débattue, mais que l’on peut peut-être relativiser : que se passe-t-il si, moi, Koz, je me déclare sympathisant de gauche, demain, et que l’envie me prend d’aller voter aux primaires… pour Laurent Fabius ? Bref, quid si des sympathisants de droite se mettent en tête de mettre la pagaille dans les primaires puis, pour mettre de l’ambiance, de clamer haut et fort leur participation, histoire que le vainqueur soit identifié comme ayant été élu « avec les voix de la droite » ? C’est pervers, certes, mais pas impossible. Vous me direz que cela fonctionne aux Etats-Unis. Mais les primaires ne sont pas notre tradition, et notre côté gaulois est assez taquin. Cela étant, les partisans des primaires ouvertes signalent aussi l’exemple italien. Les latins ne sont pas moins taquins que nous et, pourtant, il ne semble pas qu’ils perturbent les primaires. Pour autant, comparaison n’est pas raison, tête de …, et il n’aura échappé à personne que les socialistes en Italie se sont tout de mêmes payés de gros gadins aux dernières consultations.

On ne peut pas non plus observer cette montée en force de l’idée de primaires sans s’interroger sur les intentions de ses promoteurs. Arnaud Montebourg est-il vraiment le sympathique rénovateur appliqué qu’il affirme être ? Celui qui semblait hier promettre le « pied de biche » à Martine Aubry n’est pas issu de ses rangs. Et les primaires ouvertes auraient aussi le grand avantage de permettre d’interroger les sympathisants, que l’on imagine plus favorables aux royalistes que les seuls militants. Cela aurait à tout le moins l’avantage d’élargir la base de la consultation au-delà de celle qui a donné la majorité à Martine Aubry en décembre dernier. On comprend que la perspective n’enchante pas tout le monde. Et je suis assez prêt à parier que certains ralliements (Fabius, Delanoë) ne sont que des ralliements forcés à une idée populaire, nécessairement populaire, avant de tenter de la torpiller lorsqu’il s’agira d’en discuter les modalités.

Pour ne rien arranger, il faudra cumuler cette question avec l’autre grande idée du week-end : les alliances.

De Hue à Sarnez, l’alliance hétéroclite des has been ?

Oui, je sais, cela fait un peu agressif, comme intertitre. Mais, franchement, cette photo a-t-elle un sens ? A l’exception de Daniel Cohn-Bendit, qui a le vent en poupe, n »est-ce pas une réunion de politiques déconfits qui cherchent avant tout à être encore sur la photo pour exister un peu ? Sérieusement, ils sont allés chercher… Robert Hue ? Le Modem travaille à se remettre de sa nouvelle défaite, lui qui a réussi à planter tous les scrutins depuis 2007 (présidentielles, législatives, municipales, européennes). Christiane Taubira ne représente même pas le parti radical de gauche. Et la « puissance » invitante est minoritaire dans un parti en déroute. Bien loin de moi l’idée de me gausser de gens respectables, mais la photo a des petits airs de rassemblement de fonds de tiroir.

Imagine-t-on sérieusement que le Parti Communiste Français accepte d’intégrer une alliance avec le Modem ? Un peu de décence et d’esprit de responsabilité aurait du inciter les uns et les autres à ne pas accréditer cette hypothèse. Car enfin, un jour ou l’autre, il faudra se poser la question du programme et des personnes.

Certes, Marielle de Sarnez a su employer les mots qu’il fallait pour plaire à une salle socialiste (comme elle trouverait les mots qu’il faut pour plaire à une salle qui ne le serait pas). Elle en est venue à déclarer, à propos de Nicolas Sarkozy : « nous n’aimons ni sa façon de faire, ni sa façon d’être« . François Bayrou, dans son dernier acte de contrition, disait que les français ne voulaient pas le voir dans la confrontation, la petite polémique. Cela ne semble pas engager sa lieutenante. Il est un peu dommage que, dans un parti qui se voit facilement plus républicain et plus démocrate que les autres, on se laisse aller aux propos les plus évidemment ad hominem qui soient. On est tous sensibles à la façon d’être des hommes politiques. Mais en faire un argument, pour un responsable politique, est franchement déplacé.

Et puis, si François Bayrou a choisi d’emprunter une autre voie pour assouvir ses ambitions, faut-il oublier qu’il était ministre du libéral Edouard Balladur ? Faut-il oublier l’inspiration libérale de son programme en 2007 ? Le groupe dans lequel il siège au Parlement européen ? Des démocrates, libéraux et européens ont-ils quoi que ce soit à faire avec des communistes ?!

Des responsables politiques peuvent-ils vraiment se passer d’un minimum de cohérence dans leur parcours ?

Et ceci vaut autant pour le Modem que pour les communistes : à l’évidence, cette hypothèse de grande alliance n’est qu’un effet photographique, et ne se traduira pas dans les faits.

« Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose », disait Marielle de Sarnez. C’est probable. Car ce qui les rassemble, c’est Nicolas Sarkozy. Et ce qui devrait les opposer, ce sont leurs convictions. Mais ôtez Nicolas Sarkozy, et cette alliance supposée s’écroulera toute seule.

Le programme ne sera pas le seul obstacle sur le chemin de la recomposition de l’opposition. Avec François Bayrou, chacun sait que la question de la personne sera prépondérante. L’imagine-t-on renoncer à son « destin » et accepter de servir celui ou celle qui sera sortie des primaires ouvertes ? Inversement, imagine-t-on les socialistes accepter que François Bayrou mette la main sur le parti ? Les imagine-t-on seulement faire campagne pour François Bayrou ? Le résultat de la primaire serait contesté dès sa proclamation.

*

Le PS va donc s’agiter autour de ces questions institutionnelles, dans lesquelles il se plaira peut-être à voir un préalable nécessaire à la préparation d’un projet. Il n’est pas certain toutefois, qu’entre les primaires et les alliances, il ne soit pas simplement en train de courir après une chimère.


  1. le think tank socialiste []




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50 réponses à Construire sur des ruines

  1. do dit :

     » « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose », disait Marielle de Sarnez. C’est probable. Car ce qui les rassemble, c’est Nicolas Sarkozy. Et ce qui devrait les opposer, ce sont leurs convictions. Mais ôtez Nicolas Sarkozy, et cette alliance supposée s’écroulera toute seule. « 

    Bien vu!

    Cela dit, Strauss-Kahn a le vent en poupe aussi, http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Dominique-Strauss-Kahn-candidat-PS-prefere-des-Francais-pour-2012_39382-1043606_actu.Htm

    et est proche de Bayrou. Mais je vois mal Bayrou se réconcilier avec Cohn-Bendit après l’altercation qu’ils ont eue. Par ailleurs, si le Modem part à gauche, il va y aller en vrille: maintenant que la droite a un vrai parti chrétien, un peu moins aristocratique que De Villiers et de plus en plus démarqué de l’UMP, les catholiques qui s’étaient réfugiés massivement au Modem à cause de la distance de Sarko avec l’Evangile dans les actes, risquent de revenir massivement dans ce nouveau parti… Comment se rallier derrière un parti qui promeut l’euthanasie etc…?

  2. Tom Roud dit :
    • De toutes façons, les programmes sont-ils vraiment nécessaires ? C’était quoi le programme de Sarkozy déjà ? « Travailler plus pour gagner plus  » ? Le plan campus ? Le paquet fiscal ? Les subprimes à la française ? Au fond, et honnêtement, tout le monde s’en fiche, puisque les politiques ne les appliquent pas vraiment, et que les électeurs ne leur en tiennent pas rigueur. On vote pour un homme, pas pour un projet ou un programme, c’est pour ça que l’idéee de primaires a quelque chose de séduisant à première vue.
    • l’une des différences aussi avec les US est que les électeurs s’inscrivent comme démocrate, républicain ou indépendant. Les préférences ne sont pas totalement inconnues. Et effectivement, les Américains ont un certain côté éthique qui n’existe pas en France (et qui a pas mal de conséquences profondes, par exemple je ne crois pas qu’on puisse copier certains succès américains en transposant simplement les structures américaines, cf réforme de l’université par ex.)
    • sur les has been (ne devrait-on pas dire « have been » ?), le problème aussi est qu’il n’y a pas de « are », où est la relève, où sont les jeunes ?
    • la coalition de l’Olivier en Italie, n’allait-elle pas des communistes à l’équivalent du Modem ?
  3. Liberal dit :

    Bon billet.

    Car ce qui les rassemble, c’est Nicolas Sarkozy. Et ce qui devrait les opposer, ce sont leurs convictions.

    Tant que l’opposition restera obnubilé par Sarkozy, elle ne pondra rien de bon. S’ils veulent intéresser des électeurs, ils faut qu’ils soient pour quelque chose. Le positionnement contre Sarkozy est un peu encombré, et n’intéresse personne.

    Pourtant, Obama leur a montré la voie. Regardez sa campagne. Il n’a quasiment jamais dit de mal de McCain ni même de Bush. C’eût été une diversion par rapport à son objectif qui était de faire passer ses idées, ses propositions, son projet. Accessoirement, il y aurait une ou deux autres choses que le PS pourrait emprunter aux Américains. Ainsi, quand on compare le « concession speech » de McCain et celui de Royal, on est gêné pour elle.

    Bref, je pense sincèrement que celui ou celle qui voudra constituer une alternance crédible pour 2012 devra se fixer une règle simple. Ne jamais parler de Sarkozy; toujours parler du projet. Préférer être positif pour soi que négatif pour l’adversaire.

    Autre chose, spécifique au PS. Je pense que les socialistes ont un problème avec la notion de chef. Il y a une sorte de tabou plus ou moins hypocrite qui interdit de revendiquer la position du chef. Une organisation hiérarchique pyramidale classique est suspecte. Au PS, le chef ne décide pas, n’imprime pas d’élan, ne dirige pas. Il coordonne les actions des uns et des autres.

    D’ailleurs on ne l’appelle pas président mais premier secrétaire. Tout est dit. L’absence de pouvoir revendiquée et l’hypocrisie généralisée. Car bien entendu, ils sont tout autant avides de pouvoir que les gens d’en face, mais ils ne l’assument pas.

    Avez-vous déjà entendu des responsables socialistes annoncer leur candidature? C’est à mourir de rire, un florilège de « si mon pays a besoin de moi… », « si mes amis me le demandent… », « si les militants le souhaitent… », « je ne l’envisage pas par ambition personnelle… » On comparera avec la déclaration de candidature de Hillary Clinton : « J’ai un projet pour l’Amérique et je crois être qualifiée pour le mener à bien ».

    L’une des approche est honnête et l’autre ne l’est pas. L’une va droit au point et l’autre tourne autour du pot. Surtout, l’une demande d’avoir un projet et l’autre repose sur les luttes d’appareil. La boucle est bouclée.

  4. Koz dit :

    @ do: je crains que vous ne surestimiez un peu (i) l’impact du vote catholique, (ii) l’attrait du PCD et (iii) l’importance du facteur chrétien au sein du Modem.

    Tom Roud a écrit:

    les programmes sont-ils vraiment nécessaires ?

    Je suis assez d’accord avec vous, malheureusement (pour l’état de la démocratie). Mais il me semble que le programme, ou le projet, a au moins une importance tactique : Nicolas Sarkozy n’a pas cessé de bousculer le débat pendant la campagne. Pourquoi ? Parce qu’il était parfaitement prêt, et parce que l’UMP avait mené un important travail d’études.

    Et on ne peut pas non plus totalement mésestimer l’impact que pourrait avoir l’alliance d’une personnalité forte avec un programme novateur et cohérent.

    Tom Roud a écrit:

    le problème aussi est qu’il n’y a pas de « are », où est la relève, où sont les jeunes ?

    C’est vrai. Comme le faisait remarquer quelqu’un sur Twitter, Le Monde classe Montebourg dans la « jeune garde », de la même manière que Peillon. Les pauvres ont déjà 50 ans. Quand Montebourg dit que le parti broie ses talents…

    Tom Roud a écrit:

    la coalition de l’Olivier en Italie, n’allait-elle pas des communistes à l’équivalent du Modem ?

    Si. Mais (i) je ne suis pas certain que l’on puisse facilement transposer ce qui se passe en Italie au système français et (ii) vous me rappelez qui est au pouvoir, en Italie ? Cette coalition n’a pas apporté le succès. Et pourtant, Berlusconi est caricatural.

    Liberal a écrit:

    Pourtant, Obama leur a montré la voie. Regardez sa campagne. Il n’a quasiment jamais dit de mal de McCain ni même de Bush.

    Et pourtant, s’appuyer sur l’impopularité de Bush, c’eût été jouer sur du velours.

  5. PEG dit :

    Sur la possibilité de gens de droite de s’insérer et de voter dans les primaires ouvertes, il y a eu des primaires ouvertes à gauche en Italie, et l’effet a été négligable (si le français est moins taquin que l’américain (à voir), je pense que tu seras d’accord que l’italien l’est au moins autant).

    Plus généralement, je trouve que l’argument « X, Y, Z n’est pas dans notre culture politique » n’a pas en soi de poids. Après tout les pélerins du Mayflower ne sont pas arrivés avec les primaires, et elles ne sont pas nées de la cuisse de Jupiter non plus. Pendant longtemps les primaires n’étaient pas dans la culture politique américaine — bien au contraire, c’étaient les caciques des appareils politiques qui désignaient de manière parfaitement non-démocratique les candidats. Puis la culture politique a évolué.

    Jusqu’en 1958, un exécutif stable n’était pas dans notre culture politique. Pour ma part je suis content qu’elle ait évolué. Pendant très longtemps, le contrôle de la constitutionnalité des lois n’était pas dans notre culture politique, au nom de la souveraineté parlementaire (et j’ai même tendance à penser qu’il n’y est toujours pas). Pourtant, je ne suis pas mécontent que la situation ait évolué. Etc.

  6. PEG dit :

    Liberal a écrit:

    Pourtant, Obama leur a montré la voie. Regardez sa campagne. Il n’a quasiment jamais dit de mal de McCain ni même de Bush. C’eût été une diversion par rapport à son objectif qui était de faire passer ses idées, ses propositions, son projet.

    Euh… Je crois que c’est une vision un peu naïve. Barack Obama a produit moins de « attack ads » que McCain mais étant mieux financé, au final il en a diffusé plus, notamment une où il reprochait à McCain de posséder sept maisons et donc d’être riche et donc d’être incapable de répondre à la crise financière. Je n’appelle pas vraiment ça faire passer un projet.

    Certaines visaient encore plus bas, une au Michigan (Etat de l’automobile) révélant que la plupart des voitures de McCain étaient étrangères, et une dans les Etats de la frontière, en espagnol, faisant croire que McCain était farouchement anti-immigration alors qu’il est un de ceux les plus « à gauche » de son parti sur le sujet, et montant des extraits de deux enregistrements audio différents pour faire croire à une conversation entre Rush Limbaugh, l’animateur radio ultra-conservateur et McCain.

    Quant à Bush, tous les discours de campagne d’Obama comprenaient parmi leurs refrains, l’expression « eight years of failed policies », ce qui est clairement une attaque contre Bush.

    Ce n’est pas pour retirer tout ce que sa campagne avait de novateur et toutes les qualités d’Obama, et sans nul doute par certains aspects la campagne de McCain était encore plus virulente, mais dire qu’Obama n’a attaqué ni McCain ni Bush parce qu’il voulait juste « faire passer son message » est faux.

  7. Koz dit :

    PEG a écrit:

    (si le français est moins taquin que l’américain (à voir), je pense que tu seras d’accord que l’italien l’est au moins autant)

    Ca doit être pour ça que

    Koz a écrit:

    « Les latins ne sont pas moins taquins que nous et, pourtant, il ne semble pas qu’ils perturbent les primaires. »

    PEG a écrit:

    Certaines visaient encore plus bas, une au Michigan (Etat de l’automobile) révélant que la plupart des voitures de McCain étaient étrangères, et une dans les Etats de la frontière, en espagnol, faisant croire que McCain était farouchement anti-immigration alors qu’il est un de ceux les plus « à gauche » de son parti sur le sujet

    C’était assez dégueulasse de la part d’Obama d’affirmer que les voitures de MacCain étaient étrangères. En même temps, de l’autre côté, on sous-entendait qu’Obama n’était peut-être pas vraiment américain, qu’il était musulman, que c’était un arabe, et qu’il avait fréquenté un terroriste. C’est vrai qu’ils ne se sont pas trop intéressés à la marque de sa caisse, en revanche.

  8. Tom Roud dit :

    Koz a dit

    Si. Mais (i) je ne suis pas certain que l’on puisse facilement transposer ce qui se passe en Italie au système français et (ii) vous me rappelez qui est au pouvoir, en Italie ? Cette coalition n’a pas apporté le succès. Et pourtant, Berlusconi est caricatural.

    Il me semble que Prodi avait été élu avec cette coalition, non ? Elle a peut-être volé en éclat ensuite…

  9. Koz dit :

    Fichtre, vous avez raison. Pour 18 mois, mais vous avez raison.

    m.a.j : mais pour sauver la face, je dirais qu’en Italie, au moins, le Parti Communiste a changé de nom. Voir les héritiers prétendus de la démocratie chrétienne aux côtés du PCF, ça secoue, tout de même.

  10. jmf dit :

    (grosse fatigue)

    Je rêverais qu’on tente un modus operandi different.

    Qu’au lieu de se demander si Arnaud Montebourg est sympatique, on écoute et mette en débat ce qu’il sort des différents machins auxquels il a participe, a commence par la C6R. Qu’au lieu de se demander si Robert Hue fait tache sur la photo, on l’écouterait pour savoir s’il l’a evolue.

    Bref, pour moi la vraie rupture, ce serait plus de fond et moins de spectacle.

  11. Liberal dit :

    @PEG,

    Objections légitimes, à 2 bémols près.

    (i) Les « attack ads » ne se placent pas au même niveau que les interventions du candidat. L’élément important, selon moi, est qu’Obama ait évité de s’abaisser lui-même à ce genre d’attaque.

    (ii) Limiter sa critique de l’administration Bush à « after 8 years of failed policies » est vraiment le minimum syndical. Encore une fois, ce qui m’a frappé est que cela représentait un volume assez marginal dans ses propos de campagne. Et, comme le dit Koz, il y aurait eu matière !

    Bref, il s’agit de trouver en 2012 un socialiste capable de faire campagne en disant « après 17 ans d’échec de la droite, voila ce que je vous propose… » et qui consacrerait son énergie et son temps de parole à décrire son projet et pas les 17 ans d’échec de la droite.

  12. jmf dit :

    Accessoirement, il y aurait une ou deux autres choses que le PS pourrait emprunter aux Américains. Ainsi, quand on compare le « concession speech » de McCain et celui de Royal, on est gêné pour elle.

    Ben moi quand j’entends les discours des fous furieux républicains sur l’assurance maladie (« si Hawkins avait été britannique, le national health service l’aurait condamné a mort »), le formalisme du « concession speech » me semble bien dérisoire.

  13. Koz dit :

    C’est assez vrai. Mais tiens, on pourrait s’amuser à retourner l’argument. On pourrait par exemple se dire que les américains sont capables de s’écharper de façon atroce et de poursuivre par ledit « concession speech« …

  14. Gwynfrid dit :

    do a écrit:

    Mais je vois mal Bayrou se réconcilier avec Cohn-Bendit après l’altercation qu’ils ont eue.

    Au contraire, c’est là l’étape la plus facile, d’autant plus que Cohn-Bendit a tendu la main le premier. Si vous ne savez pas faire ce genre de choses, ne vous lancez pas en politique…

    do a écrit:

    Par ailleurs, si le Modem part à gauche, il va y aller en vrille: maintenant que la droite a un vrai parti chrétien, un peu moins aristocratique que De Villiers et de plus en plus démarqué de l’UMP, les catholiques qui s’étaient réfugiés massivement au Modem à cause de la distance de Sarko avec l’Evangile dans les actes, risquent de revenir massivement dans ce nouveau parti…

    « Vrai parti chrétien », ça reste à voir. Reste à voir, surtout, si les chrétiens préféreront automatiquement un tel parti. Par ailleurs, j’ai cru comprendre que les nouveaux militants attirés par le Modem dans la foulée de la campagne de 2007 étaient plutôt pour l’alliance à gauche. Le problème, c’est que leur motivation est avant tout anti-Sarko. Comme le dit Koz, ce genre d’alliance s’écroule si on enlève Sarkozy. Quoique… ça veut aussi dire que cette alliance, si elle se fait, a au moins quelques années de vie devant elle.

    Liberal a écrit:

    Limiter sa critique de l’administration Bush à « after 8 years of failed policies » est vraiment le minimum syndical. Encore une fois, ce qui m’a frappé est que cela représentait un volume assez marginal dans ses propos de campagne. Et, comme le dit Koz, il y aurait eu matière !

    Marginal, il ne faut rien exagérer. Voir par exemple le discours de nomination à la Convention démocrate: il n’a pas fait de cadeaux.

    Cela dit, il est exact que sa campagne était plus positive que négative. Mais le positif portait avant tout sur sa personne et sur les sentiments qu’il inspirait à ses partisans. Le projet, lui était assez flou, en dehors de quelques propositions phares.

    Obama avait cet immense avantage qu’il n’avait pas besoin d’attaquer son adversaire trop violemment: l’impopularité de Bush et des Républicains lui donnait d’entrée de jeu le rôle du favori, lui permettant une approche relativement soft.

    Liberal a écrit:

    Bref, il s’agit de trouver en 2012 un socialiste capable de faire campagne en disant « après 17 ans d’échec de la droite, voila ce que je vous propose… » et qui consacrerait son énergie et son temps de parole à décrire son projet et pas les 17 ans d’échec de la droite.

    D’accord là-dessus.

  15. Le Antoine dit :

    Koz a écrit:

    Et pourtant, s’appuyer sur l’impopularité de Bush, c’eût été jouer sur du velours.

    Sauf que l’impopularité de Bush, c’était en Europe, pas aux US… tu lis trop Le Monde ;-) )

  16. Koz dit :

    A titre d’exemple, j’étais à l’Université d’Eté du Medef l’an dernier. Le représentant du parti républicain en Europe nous a dit, texto : « quel que soit le résultat, le soir du 4 novembre, sachez que nous serons tous soulagés que ce soit fini », et il ne parlait pas de la campagne, mais de la présidence Bush.

    Promis, c’était un vrai américain, avec une vraie connaissance du milieu politique et de l’opinion publique US.

  17. Le Antoine dit :

    Bon, OK, je sors !…

  18. le chafouin dit :

    6 mois de campagne? Mais ma fdoi, n’a-t-on pas constaté, en 2007, que Ségolène Royal était partie beaucoup trop tard, au terme d’une campagne interne qui l’avait laissée épuisée, et avait montré au grand jour que même dans son camp, elle n’était pas soutenue??

    Dis donc, ils vont encore au suicide nos amis du PS… Et en chantant, en plus!

    Quant à Hue, il a quitté le PC, ceci explique cela. J’ai cru lire qu’il souhaitait désormais rallier le PS. Tu parles d’un ralliement!

    Quant à Sarnez, elle m’apparaît de plus en plus comme la fille qui cherche coûte que coûte un avenir politique. Un peu comme son mentor, non? Qu’il est loin le temps où Bayrou clamait « ni droite ni gauche »! En fait,aujourd’hui, c’est plutôt « ni droite mais peut-être gauche! » Elle est où, leur nouvelle force politique? Troquer l’UDF de soutien à l’UMP contre le Modem de béquille au PS, c’est tout de même triste…

  19. Liberal dit :

    jmf a écrit:

    Ben moi quand j’entends les discours des fous furieux républicains sur l’assurance maladie ( »si Hawkins avait été britannique, le national health service l’aurait condamné a mort »), le formalisme du « concession speech » me semble bien dérisoire.

    (i) Il y a plus qu’une nuance de différence entre les opinions de John McCain et celles les fous furieux républicains en question.

    (ii) J’ai souvenir d’une candidate au 2e tour de la présidentielle française qui n’a pas hésité en débat télévisé à blâmer le viol d’une femme policier sur son adversaire. Comme quoi, on peut avoir des arguments ignobles ET être indigne dans la défaite.

  20. do dit :

    Je ne crois pas que le vote des catholiques soit important en nombre, mais il pourrait peser, car il y a beaucoup de jeunes de milieu modeste qui ont franchi le passage droite-modem et sont prêts à le refranchir s’il y a quelque chose de mieux à droite (ce qui reste à prouver, et pas en votant des lois comme celle sur le travail du dimanche), alors que les inconditionnels de la droite et de la gauche ne changeront jamais de camp.

    En fait, si la droite se débarrassait de Sarko un peu avant les prochaines élections, elle couperait l’herbe sous le pied à la gauche! (et je crois qu’en plus, elle respirerait mieux.)

    On se croirait à une partie de Mistigri: c’est à celui qui rejettera le plus Sarkosy !

    Ce qu’ils n’ont pas compris, en le subissant ou en le critiquant, c’est que les français voudraient quelqu’un en qui ils puissent avoir confiance, quelqu’un d’honnête, un truc comme ça. Et eux, ils fabriquent du vent, tout ce qu’on veut plus. J’espère qu’on aura pas encore un deuxième tour « vent contre nuage » ; mais je ne vois pas bien ce qui reste d’autre à espérer, cela dit: l’Espagne a voté une fois contre la droite, elle s’est retrouvé avec le mariage et l’adoption homosexuels, le divorce express, l’abandon des cours de religion, les investigations sur les cellules souches… je ne suis pas sûre que c’est ce que voulaient profondément les espagnols, en sanctionnant la droite à cause des attentats de Madrid. Le vote est plus souvent une contestation d’un évènement de dernière minute (cf le non à l’Europe à cause de la loi sur les retraites) qu’un choix éclairé pour l’avenir: Depuis quelques temps, les élections sont à la démocratie ce que la gastro est au système digestif… rien de bien constructif.

    Ou alors, ils vont nous avoir avec la peur du réchauffement climatique ou du prochain truc qui fait peur: ça, ça marche bien, la peur. « Tous contre le trou d’ozone, l’effet de serre, Sarko, le réchauffement climatique, le …! ». consternant.

    Et si les bloggers nous proposaient un candidat parmi eux?

  21. Gatien dit :

    « Et pourtant, s’appuyer sur l’impopularité de Bush, c’eût été jouer sur du velours. »

    Quand même, en promettant le changement à tout bout de champ, il s’appuyait bien un peu sur l’impopularité de Bush, au moins implicitement.

    Et puis dans notre cas, le candidat de la droite sera le candidat sortant, ce qui change un peu la situation.

    Alors, se poser en rempart à la Sarkozie, c’est peut être pas très constructif, mais si être constructif était un critère pour gagner des élections, ça se saurait…

    La pertinence de cette stratégie dépend surtout de la côte de popularité du PR en 2012. Souvenez vous des dernières élections régionales.

  22. NM dit :

    « Quand sont ruinées les fondations, que peut faire le juste ? » (Ps 10, 3)

  23. Mamadou dit :

    « Nous n’aimons ni sa façon de faire, ni sa façon d’être », je dois avouer que j’ai énormément de mal à saisir comment des personnes théoriquement éduquées et cherchant à diriger notre gouvernement peuvent émettre constamment de telles propos, même si il y a un cote bien compréhensible.

    En effet, surtout en cette période de crise ou beaucoup de familles sont en difficultés, les actions et le travail fournit par notre gouvernement devrait prévaloir sur « façon d’être » et c’est mon sentiment que c’est bien le cas. Ces dinosaures nous prennent pour des imbéciles a tout le temps mettre l’image de Sarkozy en avant comme si tous les malheurs de l’univers depuis sa création lui était impute.

    « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose », comme le dit bien Koz voila une seconde énormité qui soutient mes propos précédents! Sérieusement on a l’impression d’être de retour au moyen-âge à la chasse à la sorcière. A quand des propositions réalistes pour améliorer réellement notre beau pays ? Les Français attendent des solutions directes et pratiques de la part de leurs dirigeants, pas des attaques et critiques sans aucun sens sur la tète de l’opposition (Sarko pour les intimes)!

    Les français ont commences à changer en votant Sarkozy malgré ces défauts ce que je salue, et tout entrepreneur / créateur pourra certifier que l’on n’avance pas sans jamais commettre d’erreur. Clairement ce concept n’a pas été compris par ces personnes qui souhaitent que nous restions dans l’immobilisme. Le monde change, avec ou sans nous. C’est a nous de suivre et de faire avec ou de rester en arrière et de décrépir.

  24. Pepito dit :

    Tiens, ça travaille dans la pagination…

    Je suis un peu surpris que le PS continue à être un champs de ruines, car je m’attendais que la nouvelle direction de Martine Aubry, avec Benoît Hammon aux avant-postes, mettrai un peu d’ordre dans la maison et que le parti se consolidât sur une fondation bien solide, bien socialiste et bien à gauche et que l’on oubliât au passage le spectacle de cirque associé au phénomène Royal. En fait, ça na pas duré longtemps avant que les socialistes commencent à tirer à boulets rouges sur Martine Aubry et la nouvelle direction du PS.

    Je suis convaincu que l’actuel champs de ruines du PS occulte le fait qu’il ressemblerai plus à ground zero au 12 septembre 2001 si Ségolène Royal avait été élue Premier Secrétaire, mais cela n’engage que moi.

    Ce qui est donc prévisible, basé sur ce qui s’est passé depuis l’élection de Martine Aubry, c’est que le parti socialiste continuera à tourner en rond pendant que certains vont s’employer à le détruire et d’autres à essayer de le reconstruire.

    Théoriquement le parti socialiste aurait dû s’effondrer il y a longtemps. C’est un mystère comment il tient encore.

    Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un problème de leader et qu’en même temps il y a beaucoup de chefs qui aimeraient être candidats sans être forcément de gros calibres. On sait aussi que ce n’est pas la compétence qui est la première qualité recherchée, ce qui rend d’autant plus difficile le choix d’un chef. Le mode d’élection du chef va conditionner le résultat qui se joue dans un mouchoir de poche. Quel qu’il soit le mode de sélection, primaires élargies ou restreintes, sur une longue ou une courte durée, etc., le résultat sera contesté dès le lendemain.

  25. do dit :

    Mais est-ce que c’est juste le PS qui est en ruines? Est-ce que ce ne serait pas symptomatique de l’état de notre pays?

    « En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement ».Mc 6,34 Il y a peut-être une ouverture pour un retour du Christ?

    Le PS devrait essayer la méthode du conclave: …élire celui qui en a le moins envie sans lui demander son avis!

  26. Gwynfrid dit :

    Gatien a écrit:

    Alors, se poser en rempart à la Sarkozie, c’est peut être pas très constructif, mais si être constructif était un critère pour gagner des élections, ça se saurait… La pertinence de cette stratégie dépend surtout de la côte de popularité du PR en 2012. Souvenez vous des dernières élections régionales.

    Les dernières régionales étaient un moyen d’exprimer un mécontentement (et il y avait de quoi). Mais pas un signe avant-coureur d’un changement de majorité: la suite l’a montré, non ?

    Admettons qu’il ne soit pas nécessaire d’être constructif, ou pas seulement. Mais il faudra quand même que les candidats d’opposition nous expliquent en quoi ils agiraient autrement que le gars en place.

    Tenez, un petit exemple, sur un sujet pas très compliqué: les rémunérations dans la banque. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que bouh, c’est pas bien. L’action de Sarkozy est assez bien résumée ici. Prenez n’importe quel dirigeant PS, Modem ou Verts, celui que vous préférez, et imaginez-le en président(e). Question: saurait-il(elle) éviter de se retrouver exactement dans le même embarras que Sarkozy face à cette affaire ?

  27. Koz dit :

    do a écrit:

    Il y a peut-être une ouverture pour un retour du Christ?

    A ce rythme, do, le Christ aurait dû revenir plusieurs centaines de fois dans chaque pays. Je ne suis pas sûr qu’il faille « ramener » le Christ ou la religion de façon trop systématique, dans chaque débat, voyez-vous.

    le chafouin a écrit:

    Troquer l’UDF de soutien à l’UMP contre le Modem de béquille au PS, c’est tout de même triste…

    Oui, ça m’a beaucoup énervé : je n’ai pas réussi à caser un petit mot dans mon billet. Je voulais parler de « supplétif alternatif« . Parce qu’au final, le MoDem ne veut plus être le supplétif de la droite, mais il va finir en supplétif alternatif : un coup supplétif de la droite, un coup supplétif de la gauche. Avec le confort de ceux que l’on courtise.

    Pepito a écrit:

    En fait, ça na pas duré longtemps avant que les socialistes commencent à tirer à boulets rouges sur Martine Aubry et la nouvelle direction du PS.

    Oui, c’est impressionnant de voir à quelle vitesse elle s’est discréditée. L’évènement à mon sens le plus évident, c’est sa lettre à Manuel Valls. Elle a extrêmement mal joué, sur ce coup, et n’a fait que mettre en évidence le fait qu’elle n’a aucune autorité sur le parti.

    Gwynfrid a écrit:

    Question: saurait-il(elle) éviter de se retrouver exactement dans le même embarras que Sarkozy face à cette affaire ?

    A la lumière de ce que je viens d’écrire, il me semble que Martine Aubry n’aurait pas fait pareil. Elle leur aurait envoyé une lettre.

  28. Luc dit :

    Bonjour,

    Koz a écrit:

    A la lumière de ce que je viens d’écrire, il me semble que Martine Aubry n’aurait pas fait pareil. Elle leur aurait envoyé une lettre.

    Dans ta grande clairvoyance, pourrais-tu nous préciser ce que Marie-Ségolène aurait fait quant à elle ? S’excuser au nom des dirigeants de banque et acteurs des salles de marché ?

    Luc

  29. Koz dit :

    Tu oublies l’organisation d’un débat participatif, et la proposition d’un moratoire.

  30. do dit :

    @ koz : ok! mais je plaisantais plutôt (je ne crois pas que le PS va choisir le Christ comme premier secrétaire)!

    c’était juste pour souligner, plus sérieusement, que les français, en temps de crise, rechercheront plutôt quelque chose de solide. Le manque d’autorité des personnes vient du manque de crédibilité concrète de leurs propositions. C’est ce qui a fait le succès de l’UMP: une confiance dans l’expérience des hommes politiques de droite en matière d’économie. Aujourd’hui, la défiance vient de ce qu’il ne protègent pas les français de base, mais la capacité du PS à soutenir l’économie du pays mieux que l’UMP n’est pas encore prouvée. en cela, Bayrou, issu de la droite, avec une orientation philosophique mais un certain pragmatisme, peut inspirer plus de confiance.

    à côté de ça, beaucoup de gens se basent sur l’affect, et les critiques répétées affaiblissent tous les candidats exposés, au profit des extrêmes, et sans éclairer le débat. Je ne crois pas que ce soit profitable. C’est ce que je trouve déplaisant au PS et au Modem.

  31. Gatien dit :

    @Gwinfrid

    « Tenez, un petit exemple, sur un sujet pas très compliqué: les rémunérations dans la banque. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que bouh, c’est pas bien. »

    Pas de bol, pas moi! Le premier qui a dit que « bouh, c’est pas bien! », c’est Sarko. Moi, je n’ai toujours pas très bien compris quel était le problème, et je vois surtout des gesticulations.

    Je crois d’ailleurs que j’ai déjà exprimé ce point de vue ici, et on m’a répondu que le problème était de donner de l’argent public aux traders.

    Je ne comprends toujours pas vraiment, mais dans ce cas, un dirigeant sérieux aurait seulement éviter de refiler de l’argent public au privé sur la base de belles promesses (soit pas de subventions au privé, soit un changement de la loi, mais alors lequel?). Mais c’est un grand classique de la droite francaise : il ne faut pas contraindre, il faut « moraliser », « responsabiliser ». Ma foi…

    Qu’aurait, fait n’importe quel autre dirigeant à la place? Difficile de répondre à une question aussi vague. Ca dépend qui! Pas sûr que beaucoup auraient fait mieux, mais je vois mal le PS subventionner les banques…

    Do a écrit :

    « Mais est-ce que c’est juste le PS qui est en ruines? Est-ce que ce ne serait pas symptomatique de l’état de notre pays? »

    Je suis d’accord. Enfin, ne soyons pas trop pessimiste, disons que c’est symptomatique de la situation politique de notre pays.

    Le bipartisme qui semble en train de s’organiser n’annonce rien de bon…

  32. pascale dit :

    la question du leadership restant entière, qui n’est plus qu’une question de look ou de relooking (excusez tous ces anglicismes pour parler du ps), à fortiori en ce qui concerne 2012, il m’étonne que personne ne s’étonne du grand silence ségolénien et de toute la pudibonderie qui habille « les amis de ségolène »

  33. Koz dit :

    Bon, la ligne « ni droite ni gauche » du Modem est bien enterrée : après le discours de Marielle de Sarnez, c’est Jean Peyrelevade, vice-président du Modem, qui signe un appel pour des primaires ouvertes à gauche.

  34. Pepito dit :

    Je trouverais assez rigolo l’organisation en France de primaires ouvertes à tous les sympathisants de gauche selon le système italien. Lors des primaires de 2005, 4 millions d’électeurs sont venus voter pour sept candidats. Pour voter, il fallait déclarer être de centre-gauche et contribuer 1 euro symbolique aux frais du scrutin. Romano Prodi a gagné avec 74% des votes et le deuxième, Fausto Bertinotti, un communiste, a obtenu 15% des votes.

    Lors des vraies élections législatives d’avril 2006, l’union de la gauche a obtenu 19 millions de votes (la droite aussi 19 millions), donc les primaires ont concerné en théorie environ 1/5 de l’ensemble des électeurs de gauche.

    Si je fais la conversion en francs français, cela donnerait 3,3 millions d’électeurs pour des primaires ouvertes (1/5 des 16,79 millions de votes que Royal a obtenu aux présidentielles). On peut donc dire que les primaires du PS de 2006, avec 178.000 militants qui ont voté, étaient des primaires fermées, certes légèrement ouvertes par l’introduction du tarif de 20€ pour les nouveaux membres. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de savoir le nombre réel de membres du PS ayant leurs cotisations à jour (à moins d’être trésorier du PS), mais ça doit tourner autour de 100.000 à 150.000.

    Alors, oui, n’importe qui de droite, à moins d’être un politicien connu, pourra se présenter pour voter aux primaires du PS. Quelles seront les modalités ? Au PS, on peut devenir membre du parti à partir de 15 ans et il n’est même pas nécessaire d’être français. Moi, c’est sûr, même si ça me coûte 1€, je vais aller voter aux primaires du PS.

  35. Gwynfrid dit :

    16 états américains utilisent un système de primaires ouvertes pour l’élection présidentielle. Les électeurs d’un parti peuvent voter pour la primaire d’en face, mais ils ne peuvent pas voter pour les deux primaires. Évidemment, si en France un seul parti fait une primaire, une telle règle serait sans objet.

    Pour moi, si la gauche fait une primaire ouverte, c’est comme un premier tour avant le premier tour. J’irai donc voter, sans y voir un engagement en faveur du candidat qui en résulterait. Mon vote du premier tour n’engage pas, non plus, mon vote du second tour.

    Et si l’opération est un succès, la droite sera obligée d’en faire autant. Les candidats n’en seraient pas forcément meilleurs qu’aujourd’hui, mais le processus de choix serait plus démocratique.

  36. Gatien dit :

    Sarkozy a déclaré qu’il irait voter aussi aux primaires éventuelles, car il est « plus à gauche que Bayrou » (Canard Enchainé).

    « le processus de choix serait plus démocratique. »

    C’est sans fin. Faudra t’il ensuite organiser des pré-primaires pour désigner les candidats aux primaires?

  37. Voltaire dit :

    Je ne commenterai pas la partie concernant les primaires: c’est un sujet complexe, qui fonctrionne bien dans certains pays mais qui est aussi très étranger à la culture française.

    En revanche, il faut se méfier, lorsque l’on commente un fait d’actualité, de se limiter à une analyse de ce qu’en ont rapporter les journaux. Lorsque l’on lit ou écoute l’intégralité des discours de cette fameuse réunion de Marseille, on se rend compte que ceux-ci ont très largement abordé le fond, c’est à dire les thématiques qui rassemblent ou opposent les participants. A cet égard, les discours de Mmes de Sarnez et Taubira (deux femmes…) sont particulièrement intéressants.

    Vouloir carricaturer ces propos et cette réunion est de bonne querre quand on est à l’UMP ou au NPA. Mais ces débats ont permis d’identifier une route et une base idéologique qui pourraient mener à une proposition d’alternance cohérente face à l’actuelle majorité, ce que le PS seul ne peut incarner.

    Bien entendu, l’hypothèse de la présence du PC dans une telle alliance est risible, et ses responsables ont, comme le NPA ou le PG immédiatement réfuté toute idée de ce type. En revanche, il existe effectivement des convergences programmatiques entre une partie du PS, Europe-Ecologie et le MoDem (et même avec une partie de la droite modérée) qu’il n’est pas sérieux de nier. Cela ne signifie bien entendu pas que le MoDem est passé à gauche, mais même en Sarkozye, n’est-on pas prêt à rassembler des compétences d’horizons différents ? la question n’est donc pas là. la question est de savoir su ces partis politiques sont cvapables de proposer aux électeurs un projet de société commun différent de celui de l’UMP. L’analye des discours de ce débat le suggère, même si l’on peut l’imaginer, la route risque d’être semée d’embuches. mais d’un point de vue strictement démocratique, la démarche ne manque pas d’intérêt.

    Reste, comme vous l’indiquez, le problème du leader. Là bien sûr, la politique politicienne reprend ses droits… Pour le PS, l’enjeu est de ne pas mourir de son trop plein de candiats, d’où la question des primaires. Europe Ecologie souhaitant capitaliser sur son succès en se sachant sans leader, il est envisageable qu’ils participent à de telles primaires élargies à l’ensemble de la gauche modérée. Le MoDem, qui a un leader, ne pourra certainement pas participer à des primaires « de gauche », et espérera que le candidat qui en résulte soit assez faible pour pouvoir le devancer au premier tour de la présidentielle, quitte à ne pas être majoritaire au sein d’une alliance de gouvernement. Quant au PRG, Mme Taubira pense sans doute que c’est là la seule façon de partir la tête haute, les responsables de ce parti ayant la facheuse tendance de ne pas être trop sûrs de leurs convictions.

    Fort logiquement, un tel scénario serait infiniment plus dangereux pour l’UMP que la seule présence d’un PS déchiré. S’il est probable que la question restera en suspend lors de l’université de la Rochelle, les discussions qui se tiendront dans les perspectives des régionales ne manqueront pas d’intérêt.

  38. Gwynfrid dit :

    On peut aussi trouver des socialistes qui réfléchissent. En dehors de l’appareil et de la course à la candidature, bien sûr.

  39. Gwynfrid dit :

    Gatien a écrit:

    Pas de bol, pas moi! Le premier qui a dit que « bouh, c’est pas bien! », c’est Sarko. Moi, je n’ai toujours pas très bien compris quel était le problème, et je vois surtout des gesticulations.

    Je suis assez d’accord avec vous. J’ai mis le sujet sur le tapis uniquement pour illustrer le besoin, pour l’opposition, de se différencier (autrement qu’en disant « c’est du pipeau » ou « c’est bien mais c’est insuffisant ») par rapport à la posture du gouvernement.

  40. Koz dit :

    Ah, mais je ne vous permets pas, Voltaire, je ne vous permets pas. Je ne prétends pas qu’ils n’aient parlé que d’alliance. J’ai même précisé que :

    Certes, Marielle de Sarnez a su employer les mots qu’il fallait pour plaire à une salle socialiste (comme elle trouverait les mots qu’il faut pour plaire à une salle qui ne le serait pas)

    J’ai une totale confiance en un centriste ambitieux pour rechercher les convergences de fond et, en particulier, en Bayrou/Sarnez pour taire jusqu’à leurs propres convictions si seulement ça peut leur être utile.

  41. uchimizu dit :

    Bonsoir,

    je souhaite de tout coeur qu’il y ait dans mon pays, comme dans la plupart des grands pays démocratiques, deux partis à vocation majoritaires.

    Je pense que ces partis ne peuvent être, comme tous les grands partis de gouvernement, que des organisations de compromis qui rassemblent des gens aux tendances diverses façon auberge espagnole. La politique est trop compliquée pour qu’il n’y ait que deux opinions (il n’y a qu’à voir comment Koz et moi nous écharpons cordialement alors que nous avons des idées proches à part quelques « détails »).

    Je suis personnellement convaincu qu’une politique moderne se déroule entre un parti social démocrate (plutôt moralement progressiste), et un parti libéral et conservateur, car ce sont les seules « idéologies » réalistes.

    Je constate que le parti socialiste n’a pas encore clairement effectué sa mutation vers un parti social démocrate (même si certains de ses membres, comme Michel Rocard ou Dominique Strauss-Kahn le sont réellement). Le PS n’est pas aidé en cela par son histoire: la seule fois depuis 50 ans qu’il a pris le pouvoir (à part le gag de la dissolution), c’est en faisant croire qu’il allait faire la révolution.

    Pourtant, la chose n’est pas très compliquée: il suffit de choisir un chef (avec un peu de charisme, il n’a pas besoin d’être un prix nobel), réussir à faire travailler tout le monde ensemble (en donnant des sucettes aux uns et aux autres, ce n’est pas très compliqué, avec la force qu’a le PS dans les élections locales, de filer ou menacer de faire perdre une mairie à l’un et un département à l’autre pour qu’ils la ferment), avoir un projet a peu près réaliste sans lubies marxisantes (sans avoir besoin d’être trop détaillé, après tout, Obama a gagné avec un programme ambigu), et attendre lentement que le pouvoir s’use (en glissant quelques peaux de banane politiques, pas personnelles). Il suffit aussi de rester poli avec les partis extrêmes (sans même les écouter) car de toute façon ils vous préfèreront à l’autre bord. Bref, pas besoin d’être génial, il suffit d’être décent et d’attendre.

    Bref, je pense que si le PS lève son « ambiguité marxiste » et arrête la guerre civile, même sans projet très élaboré, il finira bien par revenir au pouvoir (si pas en 2012, en 2017). S’il choisit l’aventure et la guerre civile, il peut connaitre le sort de l’opposition japonaise qui prendre peut-être le pouvoir dans quelques jours après 55 ans dans l’opposition.

  42. Voltaire dit :
    Ah, mais je ne vous permets pas, Voltaire, je ne vous permets pas. Je ne prétends pas qu’ils n’aient parlé que d’alliance. J’ai même précisé que : Certes, Marielle de Sarnez a su employer les mots qu’il fallait pour plaire à une salle socialiste (comme elle trouverait les mots qu’il faut pour plaire à une salle qui ne le serait pas) J’ai une totale confiance en un centriste ambitieux pour rechercher les convergences de fond et, en particulier, en Bayrou/Sarnez pour taire jusqu’à leurs propres convictions si seulement ça peut leur être utile.

    Allons, votre allergie proverbiale vis à vis de François Bayrou vous entraine à la mauvaise fois… Voici plusieurs années que le leader du MoDem défend l’idée d’une convergence idéologique entre modérés des différents bords. La nouveauté ici n’est pas le discours de Mme de Sarnez, c’est celui du PS (enfin, d’une partie) et d’Europe-Ecologie. Plutôt que de vous focaliser sur l’objet de votre antipathie habituelle, pourquoi ne pas lire ou écouter les discours des autres personnes présentes ? Celui de Mme Taubira était tout aussi intéressant dans son aspect programmatique: il est évidend que des différences réelles demeurent entre ces différentes sensibilités; la question est de savoir si elles peuvent néanmoins discuter sur la base de ce qui les rassemble, qui se situe au niveau des valeurs. A les écouter ou les lire, cela ne me semble certainement pas moins sensé ni plus hypocrite que ce qui lie dans la majorité des MPF, NC, gaullistes, néolibéraux, chrétiens-démocrates et même « gauche moderne »…

  43. Koz dit :

    Dîtes, vous pensez sincèrement que je vais lire l’ensemble des contributions de chacune des sauteries du PS pré-Rochelle, ainsi que, par la suite, les contributions de l’ensemble des ateliers. Oui, il peut arriver que je commente ce qui a transparu d’un évènement. A charge pour les politiques de faire en sorte que ce qu’il considère comme essentiel soit perçu de la sorte.

    D’autant que savoir que Taubira et Sarnez peuvent discuter sur « la base de ce qui les rassemble, qui se situe au niveau des valeurs » ne m’apprend pas grand-chose. Figurez-vous que Taubira et moi pourrions probablement aussi discuter sur la base de ce qui nous rassemble, parce qu’avec un peu d’effort, on peut toujours trouver que « ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose« .

  44. Pepito dit :

    Gwynfrid a écrit:

    Pour moi, si la gauche fait une primaire ouverte, c’est comme un premier tour avant le premier tour.

    Vous voulez dire deux tours avant le premier tour, il s’agit de la France. En Italie il n’y a eu qu’un seul tour ce qui est remarquable avec sept candidats. Le cas des primaires italiennes était assez différent du cas des éventuelles primaires ouvertes de la gauche/parti socialiste/centre-gauche, etc. dont on parle en ce moment. Pour les italiens, il s’agissait de choisir le candidat pour Président du Conseil des ministres d’une grande alliance de gauche-centre-gauche composée de sept partis ou coalitions de partis dont chaque composante avait de manière très disciplinée nommé un seul candidat.

    Quand on parle de primaires ouvertes en France, chaque politicien a une idée différente. La majorité des politiciens et certainement ceux du PS, n’ont pas en tête une primaire comme celle qui a eu lieu en Italie. L’application la plus proche de ces primaires en France, consisterait à former d’abord une grande alliance entre le parti socialiste et d’autres partis de gauche et éventuellement le Modem, puis chaque parti présenterait un candidat unique à des élections primaires ouvertes à tous les citoyens (en Italie même les étrangers pouvaient voter). On est loin de ce cas de figure.

    En effet, en France, pour la majorité des socialistes, il s’agit de désigner un candidat présidentiel socialiste qui serait en même temps le leader du parti socialiste et le candidat exclusif de toutes les gauches et du modem dès le premier tour des élections présidentielles, point d’exclamation. On n’est pas encore sorti de la trattoria.

  45. Liberal dit :

    Gwynfrid a écrit:

    Le premier qui a dit que « bouh, c’est pas bien! », c’est Sarko. Moi, je n’ai toujours pas très bien compris quel était le problème, et je vois surtout des gesticulations.

    Assez d’accord pour le coté gesticulations. Mais Sarkozy est-il vraiment le premier à avoir dit que « bouh, c’est pas bien! »? Vraiment?

    Et savoir qui le premier a dit « bouh, c’est pas bien! », ou même savoir ce qu’on peut reprocher à Sarkozy en la matière, est-ce vraiment important?

    Sur ce sujet comme tant d’autres, on a ici une superbe illustration du piège dans lequel la gauche tombe systématiquement. Il est infiniment plus facile et consensuel de taper sur Sarko que d’articuler une réponse structurée. Résultat des courses : Sarko-bashing 80%, généralités 20%, propositions 0%.

    Ca satisfait les fan-boys mais ce n’est pas comme ça qu’on gagne des électeurs.

  46. Gatien dit :

    @Liberal

    « Sur ce sujet comme tant d’autres, on a ici une superbe illustration du piège dans lequel la gauche tombe systématiquement. Il est infiniment plus facile et consensuel de taper sur Sarko que d’articuler une réponse structurée. »

    En l’occurence, renvoyer Sarkozy à ses non-sens est une bonne manière de ne pas s’enferrer dans des problèmes mal posés (ce que, au passage, les partis de gauche ne font pas du tout, puisqu’ils en rajoutent sur ce sujet des bonus – voyez, je ne suis pas du tout représentatif).

    Mais puisque vous, vous ne tombez pas dans ce piège, articulez nous des propositions. Que faire pour résoudre cet affreux problème du bonus des traders?

    Pour l’instant, votre post, c’est 80% de gauche-bashing, 20% de généralités, et 0% de propositions…

    « Ca satisfait les fan-boys mais ce n’est pas comme ça qu’on gagne des électeurs. »

    Du grand Bertrand! J’adore quand des droite-boys prétendent donner des conseils à leurs adversaires. Je n’ai jamais entendu aucun adversaire de l’UMP lui reprocher de ne pas faire ce qu’il faut pour gagner des électeurs.

    Pourtant, vous le dites vous même, taper sur Sarko est « facile et consensuel ». Alors pourquoi s’en priver?

    « savoir ce qu’on peut reprocher à Sarkozy en la matière, est-ce vraiment important? »

    Je crois qu’il existe une fracture entre ceux qui pensent que la situation politique actuelle n’a rien de particulièrement problématique, et les autres, qui pensent que oui, le problème « Sarkozy » est important.

    Pour les premiers, la question est de savoir ce qu’on nous propose de beau pour demain. Ils veulent du « constructif ». Les autres en sont plutôt à se demander comment on va sortir de là.

  47. Gwynfrid dit :

    @ Liberal:

    Ah non, ce n’est pas moi qui ai écrit ça, c’est Gatien. Je l’ai cité et j’ai dit que j’étais assez d’accord.

    La question de savoir si Sarkozy était preums à s’élever contre les bonus n’a aucune importance. Ce qui est intéressant, et c’est pour cela que j’ai pris ce sujet comme exemple, c’est que sa gestion de la question est un cas particulièrement flagrant du style sarkozien « speak loudly and carry a very little stick« : beaucoup de déclarations fortes, peu ou pas de pouvoir pour les mettre en œuvre. Donc, le PS devrait assez facilement pouvoir marquer des points là-dessus. C’est son incapacité à définir une différenciation qui le disqualifie, plus que ses querelles internes.

  48. Liberal dit :

    Gatien a écrit:

    Pour l’instant, votre post, c’est 80% de gauche-bashing, 20% de généralités, et 0% de propositions…

    J’ai pourtant fait une proposition : cesser cette fixation sur Sarkozy. Mais elle vous a apparemment échappé.

    Gatien a écrit:

    Pourtant, vous le dites vous même, taper sur Sarko est « facile et consensuel ». Alors pourquoi s’en priver?

    Parce que ça distrait de sujets plus importants.

    Gatien a écrit:

    Je crois qu’il existe une fracture entre ceux qui pensent que la situation politique actuelle n’a rien de particulièrement problématique, et les autres, qui pensent que oui, le problème « Sarkozy » est important.

    On est d’accord là-dessus. Apparemment, il y a des gens très « vocaux » qui pensent que le problème premier est Sarkozy. Et qui se comportent comme s’il n’y en avait aucun autre.

    Gwynfrid a écrit:

    C’est son incapacité à définir une différenciation qui le disqualifie, plus que ses querelles internes.

    Largement d’accord avec le reste de votre post. Mais je ne pense pas que le PS ait besoin d’une différentiation. Ca fait encore référence (au moins implicitement) à Sarkozy. Et ça pousse à s’opposer systématiquement, même à des mesures positives (il doit bien y en avoir, non?) Le PS a besoin de propositions indépendantes, sans faire référence à Sarkozy ou à l’UMP. Le PS est sans doute le parti qui bénéficie du plus grand potentiel humain, de gens compétents et intelligents qui sont prêts à contribuer des idées, de la recherche, des analyses, des propositions. J’en connais plein. Ils sont désespérés de voir à quel point leurs contributions sont ignorées, gaspillées, méprisées.

  49. Gatien dit :

    « J’ai pourtant fait une proposition : cesser cette fixation sur Sarkozy. Mais elle vous a apparemment échappé. »

    Oh! Mais moi, j’avais proposé de ne pas financer le privé sur fond public. Relisez bien. C’est autrement plus constructif que d’inviter à ne pas taper sur Sarkozy. Plus d’argent public dans les banques, plus de soucis avec les bonus des traders. Hop, un problème de moins.

    Mais évidemment, maintenant c’est trop tard. D’où le problème : vous invitez à discuter des problèmes en faisant abstraction de leur origine.

    « Parce que ça distrait de sujets plus importants. »

    « [...] et les autres, qui pensent que oui, le problème « Sarkozy » est important. »

    D’autant plus important qu’il y a toutes les chances pour qu’il fasse un second mandat. Alors imaginez un peu l’importance pour quelqu’un qui pense qu’il entraine le pays sur une mauvaise pente…