Un entrefilet qui a failli m'échapper… (mais qui a échappé à beaucoup)

C’était dans Les Echos, lundi 23 juillet. Je lis rarement ce quotidien, mais lundi matin, je prenais un avion, alors j’ai lu Les Echos, c’était gratuit. Et là paf, sans prévenir, je tombe sur ce court entrefilet d’une douzaine de lignes, en bas à droite : Portugal : le gouvernement socialiste contractualise 80% des fonctionnaires

Tout est dans le titre, l’article ne fait que confirmer qu’on n’a pas compris de travers. A partir de 2008, seuls les policiers, militaires, diplomates et magistrats conserveront leur statut et leur emploi à vie. Tous les autres : enseignants, personnels médicaux, administratifs etc… auront un CDI similaire à celui du privé. Enfin, la loi remplace les augmentations à l’ancienneté par l’avancement au mérite.

Une rapide recherche Google révèle que nos journaux n’ont quasiment pas relayé ni commenté l’information. J’ai regardé le JT de TF1 ce soir-là sans la voir mentionnée non plus. Ca y est, du temps a passé, c’est déjà une vieille nouvelle, plus personne n’en parlera. Nos media ont jugé que ce n’était pas intéressant, qu’on n’allait pas gâcher les vacances des Français avec des infos aussi barbantes.

Pourtant, je pense que ça les intéresserait, ça leur fournirait un éclairage nouveau, un angle de vue inhabituel. Ainsi, ce gouvernement qu’on leur présente comme ultra-libéral n’ose même pas imaginer des mesures que nos voisins mettent en oeuvre. Ainsi, la droite française décomplexée est plus à gauche que les socialistes portugais. Ainsi, pendant qu’on écoute sans leur rire au nez les syndicats d’enseignants qualifier de provocation l’idée qu’on puisse leur demander d’assurer un service minimum, leurs collègues portugais renoncent à leur emploi à vie. Ainsi, peut être n’est ce pas insulter les fonctionnaires que de considérer que la qualité de leur travail suffit à justifier leur emploi et leur rémunération.

Pour m’amuser, j’ai essayé de trouver un responsable de l’UMP et un responsable du PS qui seraient capable de soutenir une telle mesure. Je n’en ai pas trouvé. C’est vertigineux. Une majorité de députés portugais votent une telle mesure, mais on n’en trouverait pas un en France qui oserait en parler.

Pourquoi ai-je à ce point l’impression que nous vivons, nous Français, sur une autre planète?





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55 réponses à Un entrefilet qui a failli m'échapper… (mais qui a échappé à beaucoup)

  1. Benjamin dit :

    Un fonctionnaire étant forcément un fainéant parasite, Socrates est un « petit joueur ».

    Il pouvait en licencier la moitié, en faisant bosser les autres « normalement », le travail était fait de la même manière.

    Et pour les autres, un CDI, c’est trop! l’équivalent d’un CNE avec possibilité de licenciement sans avoir à donner de motifs et ad vitam aeternam et pas que pendant deux ans, pour les stimuler, voilà qui serait bon!

  2. ginette dit :

    Merci de nous donner accès à l’info. La qualité de votre blog résonne dans cet article des Echos qui ne vous a point échappé. Des pays développés la France est le plus archaïque et ce n’est pas près de changer. Cependant à force de vivre au-dessus de nos moyens avec un nombre pléthorique de fonctionnaires parfois inefficaces, surtout intéressés par la défense de leurs acquis, on pourrait se réveiller un jour dans ce pays de sinécures, avec une faillite d’Etat retentissante. Genre celle qui a frappée l’Argentine il n’y a pas si longtemps. Citoyenne travailleuse et payant l’impôt, je m’étrangle parfois devant la gestion d’Etat. Cependant, je m’exécute, je courbe l’échine. Mes enfants sont eux, élevés dans la perspective du village mondial. J’espère qu’ils vogueront loin de cette terre de France lorsque le pays sera ruiné par le manque de volonté de réforme de nos élus.

  3. Benjamin dit :

    Bon voyage à eux et bonne installation, en souhaitant toutefois égoïstement qu’ils assumeront leurs responsabilités, et ne reviendront pas se réfugier sous notre parapluie social et médical si ça ne marche pas pour eux. Parce qu’on parle toujours des Français qui vont voir ailleurs, jamais de ceux qui reviennent la queue entre les jambes pour que les croutons qui sont restés réparent les dégâts avec le fruit de leurs cotisations.

    L’Argentine et sa faillite, c’est plutôt les recettes miracles du FMi qui l’ont foutue par terre, ne travestissons pas la vérité.

    Je rigole, là, devant les réactions d’un village périgourdin que je connais bien, qui a massivement voté Sarkozy et qui s’étrangle parce qu’on lui ferme son école à qui il « manque » trois élèves (d’où rotation en car fatigante et demi-pension obligatoire, bonjour l’économie, le bien être des enfants, et l’écologie!)

    bah oui, le « non remplacement des fonctionnaires », c’est ça, dans le concret…

  4. Gaël dit :

    C’est un tout petit peu plus compliqué que ce que vous semblez écrire, comme débat… 1. Ce qui est en cause dans la gestion de la fonction publique en France, ce n’est pas tant le statut, qui permet beaucoup de choses, c’est l’application qui en est faite. Le statut prévoit la progression au mérite (oooh !), la rémunération à la performance (aaaah !) et même la possibilité de se débarasser des fonctionnaires qui ne respectent pas leurs obligations (incroyable !). Du statut ou de la sociologie, qui est l’oeuf, qui est la poule ? Bonne question, à laquelle même le Conseil d’Etat n’a pas la réponse (cf. rapport public de 2003).

    1. La CDIsation a été tentée ailleurs (l’exemple canonique est l’Italie) sans que ça n’ait forcément changé grand chose (l’Italie, parangon de vertu de la fonction publique ?).

    2. Ca n’a vraiment mais vraiment rien à voir avec le service minimum, comme problématique…

    3. Le raccourci que vous faites entre les deux problèmes témoigne d’ailleurs d’une vision peut-être un peu cliché de la fonction publique. Il ne s’agit pas de jeter un voile pudique sur les dysfonctionnements qui peuvent exister : le système est souvent démotivant (d’ailleurs en grande partie à cause de la place faite aux grands corps, pas du fait des syndicats) et il est très compliqué de se débarrasser des quelques parasites. Mais globalement, la fonction publique française est de qualité.

    4. En termes de conduite du changement : corriger les dysfonctionnements, qui existent, que les syndicats reconnaissent (pas toujours dans leurs tracts, c’est vrai) ne passe pas forcément par une stratégie frontale. Cf. la fameuse fusion DGI/DGCP à Bercy : Sautter n’y a pas survécu, après avoir tenté le passage en force, elle est en train de se faire discrètement et tranquillement (ce qui permettra d’ailleurs probablement à N. Sarkozy de crier au triomphe quand elle aboutira). Manager des organisations de plusieurs centaines de milliers de personnes demande du temps et du doigté et n’est pas qu’affaire de volonté politique, « mandat électoral clair » ou pas…

  5. Buzzcocks dit :

    J’avais vu chez Calvi une prof en Angleterre expliquer que les universités étaient de vraies entreprises et donc que les prof étaient notés à la performance. Chose qui plait à Koz et à Ginette. Or, ça se traduisait par un gonflage des notes. Vous êtes jugés bons si vos élèves ont de bonnes notes … moralité, il suffit de mettre 20 à tout le monde même au dernier des crétins. Sarko lors de son passage à l’intérieur avait aussi entrepris un système de notation à l’efficacité. Moralité, le système est complètement perverti, un flic ne va plus perdre 5 ou 6 jours en filature incertaine pour chopper un hypothètique dealer, il va faire du chiffre et donc se concentrer sur des petits délits qui lui rapportent des points. Les impôts, idem, pourquoi s’emmerder à enquêter sur un montage alambiqué faisant perdre de précieuses journées quand on peut redresser facilement des pauvres types qui ont un peu exagéré sur leurs frais réels ???? Ceci dit, beaucoup de Sarkozystes ont vraiment intérêts à ce que les fonctionnaires de police ou fiscaux s’occupent des petits truands…. et pas d’eux :)

    Sur le papier, c’est séduisant de noter les fonctionnaires à la performance, mais au final, le résultat est il satisfaisant ???

    Pas certain…

  6. Benjamin dit :

    +1 sur le précédent comm, de Buzzcocks. Un flic qui par sa simple présence « passive » bien étudiée évite tout délit sera au final plus performant qu’un qui file 20 prunes pour stationnement interdit. Idem pour celui qui arrête un porteur de barrette de shit de temps à autre au lieu de mener une bonne filature avec recoupement d’indices pour faire tomber toute une filière de crack: c’est plus utile pour la société, mais ça prend trop de temps…

    Essayez donc en ce moment de porter plainte dans un commissariat, si votre « affaire » n’a aucune chance d’être élucidée^^ On prend la déposition sur la main courante, pas plus (sauf si vous connaissez très bien vos droits et que vous êtes très obstiné) Parce que faire baisser le taux d’élucidation, c’est faire baisser « le rendement »

    Hôpital: poser 20 perfs, c’est quantifié, c’est rentable. Prendre dix minutes pour tenir la main d’un malade angoissé, ça l’est pas. ce n’est pas « rentable ».


    Mais en plus les fonctionnaires sont déjà rétribués au mérite!!!

    C’est comme quand on clame que « dorénavant les jours de grève ne seront plus payés,… alors qu’ils ne l’ont jamais été… C’est de la désinformation, pour ne pas dire un mensonge pur et simple par omission

    Je prends un exemple concret: un professeur qui a l’avancement le plus rapide possible (grâce à sa note d’inspection performante et son acceptation d’aller bosser dans des endroits difficiles) arrivera au sommet de sa carrière vers 52 ans (hors classe incluse), quand le plus « lent » ne passera pas dans la catégorie « hors classe » avant sa retraite.

    C’est loin d’être symbolique : la différence entre les sommes perçues par les deux exemples précédents correspond peu ou prou à la valeur d’un appartement convenable dans une ville moyenne.

    Alors bien sûr le système n’est pas parfait, on peut toujours l’améliorer et surtout, j’en conviens volontiers, ne pas se contenter de faire « avancer mou » certains éléments mais aller plus loin en les reconvertissant de gré ou de force.

    Mais je ne suis pas certain que l’arbitraire de certains petits chefs dans des entreprises soit au final plus équitable et plus performant. Sauf à se réjouir, par exemple, de la multiplication des suicides de salariés victimes du stress qu’on leur fait de plus en plus endurer.

  7. Ulpien dit :

    J’aimerais comprendre comment on peut soutenir à la fois que les agents publics devraient être traités comme les autres employés, et à la fois que les agents publics auraient des responsabilités particulières, eu égard au caractère public du service qu’ils rendent, qui justifieraient notamment des réquisitions et des restrictions particulières au droit de grève.

    Ce débat est à l’image même de la nouvelle droite décomplexée : peu importe que les administrativistes soutiennent que le statut est, dans la plupart des cas, le plus adapté à la gestion des services publics, puisqu’on est a priori convaincu que le marché est la source de toute efficacité, et qu’à défaut de faire disparaître l’Etat, il faut au moins aligner son fonctionnement sur celui des entreprises.

  8. Liberal dit :

    @Gaël, Vous avez raison pour l’essentiel, l’objectif de mon post n’était pas de défendre coûte que coûte l’abandon du statut des fonctionnaires, mais de regretter que ce statut fasse l’objet d’un tel tabou qu’on n’ose mentionner qu’il est discutable.

    @Buzzcocks, Cela fait des décennies que les entreprises ont appris à mettre en place des outils de mesure de la performance. Pourquoi le public en serait il incapable? Ce que vous décrivez est caractéristique de ce qui se passe quand on commence à gérer une fonction qui ne l’a jamais été. Les premiers indicateurs de performance sont trop simplistes et sont rapidement contournés par les acteurs. Progressivement, sous les effets conjoints de la volonté et de la compétence, on les améliore pour les faire coïncider au mieux avec les objectifs recherchés. Renoncer à gérer parce que ce ne sera pas parfait immédiatement est une garantie d’échec.

    @Benjamin, Finalement, rétribuer les fonctionnaires au mérite c’est bien ou c’est pas bien? Et la note d’inspection c’est plus ou moins arbitraire que mesurer l’évolution de la note des élèves à un test standard corrigé à l’aveugle?

    @Ulpien, Vous avez une curieuse perception de la réalité. En France, aucune personnalité politique majeure ne demande de restriction au droit de grève des fonctionnaires (les syndicats ont admis que le service minimum n’en était pas) et aucune ne demande l’abolition du statut de la fonction publique. Seules quelques rares voix isolées se font entendre pour demander l’un OU l’autre. Pourtant vous vous indignez contre des personnes (lesquelles?) qui demanderaient l’un ET l’autre. La réalité est que la majorité des commentateurs (dont vous?) ne veut entendre parler NI de l’un NI de l’autre. Par ailleurs, je suis sur que les socialistes portugais seront ravis d’apprendre qu’ils font partie de la nouvelle droite décomplexée.

    @Tous, Encore une fois, je suis sur qu’il y a des arguments de fonds pour défendre le statut de la fonction publique. Je ne suis pas certain qu’ils me convaincraient mais ça vaut le coup d’essayer. Je cherche en revanche des arguments qui justifient de faire croire aux Français que ce statut est universellement répandu et que seuls des ultra-libéraux aux dents longues et aux griffes crochues peuvent imaginer de l’amender. En avez vous?

  9. Tara dit :

    [quote comment="39112"]J’aimerais comprendre comment on peut soutenir à la fois que les agents publics devraient être traités comme les autres employés, et à la fois que les agents publics auraient des responsabilités particulières, eu égard au caractère public du service qu’ils rendent, qui justifieraient notamment des réquisitions et des restrictions particulières au droit de grève. [/quote]

    On peut ! Exemple des médecins libéraux, des infirmières libérales, des pharmaciens d’officine……. ( peut être y a t il d’autres exemples ? ) et de leurs employés ( préparateurs notamment ) Et qui acceptent la réquisition, parce que pour eux c’est normal d’assurer une astreinte.

    J’ai parfois l’impression que syndicat(liste) ou social(iste) sont des mots synonymes d’égo( isme) Peut être me trompai je , puisqu’au Portugal, les réactions ne sont pas les mêmes qu’ici !

    Moi, je m’étrangle, Benjamin, quand je vois que les profs refusent le service minimum au motif que leurs classes seraient de 40 à 50 élèves, temporairement. Autrefois ( oui, ici, on a l’habitude, je radote !), nos classes étaient d’une 40 aine d’élèves ( entre 35 et 45 suivant les années ) et tout allait bien , même dans les classes à plusieurs niveaux, autant que je m’en souvienne, bien sûr . Aussi, si on supprime une classe, pourquoi ne pas partager les enfants dans les classes existantes ? Et pourquoi ne pourrait on pas assurer un service minimum avec un nombre plus élevé d’élèves ( nos études étaient immenses et il y avait souvent 60 élèves « gardés  » par un seul pion. )

    Pour en revenir au Portugal, je trouverais normal un traitement égalitaire entre public et privé. N’est ce pas là le fond de notre devise nationale ? Et n’est ce pas là que l’on peut constater que nos amis portugais vivent leurs convictions du socialisme, à savoir la fin de privilèges pour certains , et un traitement similaire pour tous ?

    Mais je pense que Koz a voulu, plutôt que de polémiquer sur le fond du problème, nous faire entrevoir la façon d’éluder les nouvelles qui gênent en France, par nos médias et nos politiques. Est ce exact ?

  10. Benjamin dit :

    Libéral : je crois avoir écrit que ce n’était pas in fine mauvais, de les rétribuer au mérite!

    Mais les critères d’évaluation dans ce domaine comme dans tant d’autres sont si peu fiables que je dis qu’il faut bien réfléchir. Un service public, ça n’est pas soumis à un regard de « client » qui va choisir la bagnole la plus rutilante, ou celle qui consomme le moins, ou qui se gare le plus facilement, etc. Si vous voulez que j’en jette auprès de « mes » parents d’élèves, qu’ils me plébiscitent, se battent pour que je sois augmenté, faute de quoi je solliciterai une embauche ailleurs, coryez moi, je saurais très bien faire, en me fatigant beaucoup moins que je ne le faisais et en ayant des vrais résultats pitoyables bien que moins « fringuants »


    Ulpien

    Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il y a une quelques années encore, quand on parlait de « mettre les gens à un niveau identique » cela sous entendait « recherche de progrès social ». De nos jours, cela sous entend: aller vers ce qu’il y a de moins payé, de plus précaire.

    On est toujours le privilégié de quelqu’un et je donne toujours cet exemple: 75% des Français réclament la « liberté » de faire leurs courses le dimanche. Mais 70% des Français ne veulent en aucun castravailler le dimanche!

    Donc, augmentation des contraintes pour les autres qui me faciliteront la vie, mais pas touche à mes « privilèges ». j’adore par exemple quand un pharmacien protégé par son monopole et sa clientèle obligatoire (le quorum de 2500 hab autour de chaque officine) réclame le « libéralisme » et la « libre concurrence ».

    Et puisque vous citez cet exemple, vous pensez qu’il est efficace que l’employeur de fait des médecins libéraux (le patron, c’est celui qui paye) ait été contraint de leur filer les augmentations incroyables qu’ils ont reçues en six ans, alors que la sécu est en grave déficit? Vous connaissez une boite privée en redressement qui commence par augmenter ses salariés de 50% en six ans, vous?


    tara, assez d’hypocrisie avec le service minimum dans l’éducation nationale, d’abord parce que de facto il existe quasiment. Dans les écoles primaires, il faut que 100% des enseignants soient grévistes pour que l’école soit fermée, dans les établissements secondaires, le proviseur ou principal doit organiser l’accueil.

    de toute façon, compte tenu de ce que demandent les parents à l’école… je n’en ai jamais entendu un dire : « mon gosse va perdre une journée d’enseignement » mais « qui est-ce qui va me le garder?  » désolé, un prof n’est pas une baby sitter et en période de vacances comme les mercredis les parents ont bien des palliatifs

    Disons carrément qu’on veut abolir le droit de grève dans la fonction publique, ça aura le mérite de la franchise à défaut de celui du respect de la démocratie. Parce qu’une grève qui ne fait pas perdre d’argent à l’employeur et qui ne perturbe personne, ce n’est pas une grève.

    Et en élargissant le débat: quand vous aurez détruit les mécanismes institutionnels d’expression du mécontentement: pétition, grève, manifestation (codifiés bien entendu, dans le cadre de la loi) ne vous étonnez pas si des irresponsables se sentiront légitimisés à passer au sabotage, voire au terrorisme. dans certaines boîtes américaines il faut des protections rapprochées pour les cadres… je préfère notre société (encore) relativement apaisée


  11. xerbias dit :

    La contractualisation, s’il s’agit du passage du statut de fonctionnaire à CDI ordinaire, ça peut faire beaucoup de grabuge de la part des concernés, seulement, je ne vois pas d’argument contre. D’un point de vue moral, cela me semble même être une évidence.

    Après, l’avancement au mérite ne me parait pas être seul tributaire d’objectifs chiffrés. Après tout, dans le privé, cela ne marche pas comme ça pour tout le monde.

    D’autre part, pour les profs, le système actuel est particulièrement absurde : ils attendent pendant des années la venue d’inspecteurs qui viendra assister à une de leurs journée de cours, une journée de cours qui dans certains cas d’ailleurs n’aura rien à voir avec une journée de cours ordinaires. Je me souviens d’une visite d’inspecteur où le corps enseignant avait prévenu les élèves de la grave implication que cette visite aurait pour l’inspecté, qui put donc faire cours devant une classe incroyablement silencieuse, et avec une avalanche de supports pédagogiques qui tranchaient avec l’ordinaire.

    [quote comment="39126"] Mais je pense que Koz a voulu, plutôt que de polémiquer sur le fond du problème, nous faire entrevoir la façon d’éluder les nouvelles qui gênent en France, par nos médias et nos politiques. Est ce exact ?[/quote]

    Non, puisque ce n’est pas Koz ;)

  12. Benjamin dit :

    xerbias, le statut de fonctionnaire a des tas d’aspects contraignants qu’on ne met jamais en évidence. Si on met tout sur la table, il n’est pas du tout dit que ceux qui prônent cela y gagneraient.

    de toute façon, comme j’ai dit, « on » est toujours le privilégié de quelqu’un et « on » rêve toujours de voir les « privilèges des autres détruits; je vous renvoie à ce que j’ai écrit plus haut.

    Le véritable problème c’est que d’année en année, les saalriés dans leur ensemble perdent une part du gâteau de la richesse qu’ils ont produite: 10% du PIB au profit des revenus du capital en trente ans. Et que tant qu’on nous divise entre nous… et qu’on marche dans la combine, on continue de se faire arnaquer.


    C’est HS, mais je ne résiste pas. Je m’inscris formellement en faux sur ce que vous avez décrit comme situation d’inspection, ou alors l’évaluateur était particulièrement nul^^

    Pour avoir exercé des fonctions d’évaluation-conseil, je peux vous assurer qu’en un quart d’heure et quelle que soit la « préparation » de la visite, on sait tout de suite qui travaille, ne travaille pas, quelles sont les lacunes, les éléments de remédiation, l’ambiance habituelle de la classe. Un peu de métier suffit, de même que le repérage de quelques indicateurs pertinents que je ne dévoilerai certainement pas ;)

    Cela dit une inspection ne suffit évidemment pas pour évaluer le travail de quelqu’un, pas plus que le regard subjectif d’un petit cheffaillon dans une boîte privée

  13. tara dit :

    Pardon Libéral ;-(

    Benjamin, j’admire votre confiance en vous ! Savoir en un quart d’heure qui travaille, qui ne travaille pas et quelles sont les lacunes … Si tous vos collègues sont aussi doués que vous, on fera de grosses économies en supprimant les examens. ( oui c’est HS )

    Je ne polémiquerai pas avec vous. Femme, soeur et cousine d’enseignants, travaillant parfois en milieu hospitalier ( mais sans statut de fonctionnaire ), je n’ai absolument pas les mêmes critères d’appréciation que vous de la fonction publique.

    Chacun voit ce qu’il veut (ou peut ) voir ! Mais comme Xerbias, je ne vois pas d’arguments contre le passage en CDI des fonctionnaires et d’un point de vue moral, je trouverai , moi aussi, cela plutôt évident

  14. Jean-Michel Fayard dit :

    Ne vous inquiétez pas Libéral, avec les 17 000 suppresions d’emplois dans l’éducation, le gouvernement de notre bien aimé président a encore de la marge avant de dépasser sur sa gauche les socialistes fussent-ils portugais (d’ailleurs la stratégie de Lisbonne ça vient du Portugal, et elle recommende d’investir dans l’éducation, pas en priorité de créer une classe de nantis héritiers oisifs)

  15. xerbias dit :

    [quote comment="39142"]Le véritable problème c’est que d’année en année, les saalriés dans leur ensemble perdent une part du gâteau de la richesse qu’ils ont produite: 10% du PIB au profit des revenus du capital en trente ans. Et que tant qu’on nous divise entre nous… et qu’on marche dans la combine, on continue de se faire arnaquer.[/quote]

    Oui, il faut qu’il y ait une véritable conscience de classe parmi le prolétariat, pour que la lutte pour la plus-value (que celui-ci produit) se fasse à son bénéfice.

    Clin d’oeil à la hétorique marxiste mis à part, je ne demande qu’à en apprendre plus sur les aspects contraignants du statut de fonctionnaire ! Je serais désolé de parler en me reposant sur mes ignorances…

    [quote comment="39142"]Je m’inscris formellement en faux sur ce que vous avez décrit comme situation d’inspection, ou alors l’évaluateur était particulièrement nul^^[/quote]

    Le prof nous avait raconté la gêne que lui avait procuré la situation, l’inspecteur lui ayant demandé s’il autorisait les élèves à prendre la parole en cours au vu du silence passif des élèves. En fait, je me dis juste que ce serait un bien si les inspections étaient plus fréquentes, et non connues à l’avance par les profs. Celui dont je parle n’aurait pas eu à rougir de ses cours ordinaires.

    Quant au regard subjectif d’un cheffaillon dans une boite privée, je me dis que c’est quand même la meilleure évaluation possible. Ou plutôt, j’ai du mal à voir l’alternative. Il y a bien l’évaluation 360°(chef, collègues, subordonnés, clients…). Dans le cadre du public, cela voudrait dire que les employés d’administration seraient évalués par les usagers de service public par exemple. Dans certaines écoles après le bac, les profs sont ainsi évalués par les élèves qui ont suivi le cours.

  16. Robert Marchenoir dit :

    « Pourquoi ai-je à ce point l’impression que nous vivons, nous Français, sur une autre planète? »

    Parce que c’est le cas.

  17. Libéroïdal dit :

    Les enseignants restent, avec les médecins libéraux, les catégories socio-professionnels les plus sur-représentées parmi les élus.

    Ce sont incidemment celles qui ont également la meilleur espérance de vie en France.

    Je suis donc prêt à parier que Nicolas Sarkozy n’aura pas le courage de changer ni le statut des enseignants, ni la liberté de tirer à chéquier ouvert sur les fonds publics des médecins libéraux (quelle bonne blague de responsabiliser des assurés qui, le plus souvent, ne font qu’obéier aux prescriptions de leurs médecins !). Tout simplement parce que son ambition politique est son seul véritable moteur, et donc, qu’il fera toujours primer son propre intérêt sur celui du pays.

    M’en fous, nous ne paierons pas vos dettes !

  18. Gandalf dit :

    C’est HS aussi, mais je ne résiste pas à l’envie de vous raconter cette inspection d’un de mes profs.

    Cela ca passait il y a plus de 25 ans. J’étais en 5e ou en 4e et notre professeur de musique devait être inspecté. Il avait été prévenu à l’avance et nous aussi. Pendant plusieurs semaines, on a préparé le cours. On a même pris un jour, dans la semaine précédent, sur un cours de maths pour bien peaufiner ce qui était presque un pièce de théatre. On a tous joué le jeu, car on l’aimait bien notre François. Son inspection a été positive et pour nous remercier, il nous a tous invité chez lui un mercredi après-midi pour une boum !!

  19. Robert Marchenoir dit :

    « Disons carrément qu’on veut abolir le droit de grève dans la fonction publique, ça aura le mérite de la franchise à défaut de celui du respect de la démocratie. » (Benjamin)

    Mais bien entendu. C’est tout à fait souhaitable. C’est la contrepartie tout à fait indispensable du monopole des services publics et de l’emploi à vie de ses agents.

    C’est d’ailleurs le droit de grève des fonctionnaires qui va à l’encontre de la démocratie, pas l’inverse. Surtout quand il s’agit de grèves politiques à répétition.

    Comme l’ont bien compris de grandes démocraties comme l’Allemagne, l’Italie, les Etats-Unis et sans doute bien d’autres.

  20. cilia dit :

    Libéral, J’adorerais avoir plein d’arguments, de liens, de réflexions tous plus passionants les uns que les autres…hélas je n’ai quasiment que des questions ! Je peux quand même ?

    • pourquoi le Portugal a-t-il décidé ces mesures ? est-ce par intérêt d’être plus réactif aux fluctuations diverses d’activités ? est-ce parce qu’il économisera de l’argent public en augmentant ces ex-fontionnaires sur le mérite et non plus sur l’ancienneté ? est-ce parce que cet état va pouvoir gérer plus simplement, plus économiquement tous ces effectifs s’ils sont extraits de la fonction publique ? ou complètement autre chose, mais alors quoi ?

    • pourquoi le Portugal n’est pas entré en révolution ?

    • pourquoi il n’est pas de notoriété publique que les diplômés de Grande-Bretagne sont complètement incompétents puisqu’ils n’auraient reçu que des 20/20 de complaisance durant toutes leurs études, alors que nos universités françaises ne sont plus classées nulle part ?

    • pourquoi la grève, et ses ‘règlementations’ sont-elles toujours à ce point mises en avant alors que des millions et des millions de personnes travaillent toute leur vie en France sans jamais faire, ni même envisager de faire grève ? -et ce, sans pour autant vouloir le moins du monde l’abolir-

    • pourquoi, on ne peut jamais entendre autre chose que des ‘il nous faut plus de moyens’, alors que tout le monde sait très bien que les caisses sont vides, et pire, trouées, abyssalement trouées ? Pourquoi toujours plus de moyens, et jamais de réorganisations plus performantes à budget égal voire moindre ?

    • et enfin, et surtout, puisque je ne cesse d’entendre que les autres pays d’Europe considèrent que notre ‘droite type Sarkoy’ est au mieux du centre droit, au pire plus à gauche que les autres programmes socialistes européens, quelqu’un pourrait-il me dire à quoi ça ressemble un programme de droite dans ces autres pays ? Je me dis que ce serait tout de même très utile afin de pouvoir comparer et relativiser !

  21. cilia dit :

    Ah si, j’ai autre chose qu’une question ! Sur le service minimum dans l’EN. Le fait que nos jeunes enfants ne puissent pas rester seuls à la maison les jours de grève n’a effectivement à mon sens rien à voir avec la notion de service minimum des enseignants. Et j’ai d’ailleurs moyennement apprécié la présentation de F.Fillon sur le sujet. D’autant moins qu’il y a une vraie question de service minimum à poser : quand pendant des semaines, exemple le CPE, des élèves, des étudiants ne peuvent pas étudier, n’y a-t-il pas là pour le coup, un vrai problème ?

  22. Jean-Michel Fayard dit :

    [quote comment="39207"] - et enfin, et surtout, puisque je ne cesse d’entendre que les autres pays d’Europe considèrent que notre ‘droite type Sarkoy’ est au mieux du centre droit, au pire plus à gauche que les autres programmes socialistes européens, quelqu’un pourrait-il me dire à quoi ça ressemble un programme de droite dans ces autres pays ? Je me dis que ce serait tout de même très utile afin de pouvoir comparer et relativiser ![/quote]

    Bla bla bla, tout ça c’est de l’auto-intoxication que vous vous infligez inutilement.

    Certes sur l’opportunité d’aller suivre Bush en Irak par exemple, Sarkozy était (ne se vanter plus d’être) sur la position de Blair.

    Mais dans le monde réel, dans les décisions réelles et non pas dans l’esbrouffe médiatique, voyez ce qui s’est passé au sein de l’Eurogroupe quand Sarkozy est venu vanté son « paquet fiscal » : il s’est fait sèchement remonter les bretelles par Peer Steinbrück du SPD pas dupe de ce projet ruineux, inique et inefficace.

    Donc, cessons les merdes intellectuelles qui font que tout le monde s’énerve, Jean-Marie Le Pen n’est pas un homme du centre-droit, Bayrou n’est pas à gauche du PS, et Sarkozy n’est ni un homme de gauche ni un gentil centriste.

    Il est même à droite des partis de droite européen sur certains points. Voyez ce que prône James Cameron sur l’immigration, je préfèrerai ça plutôt que la police d’Hortefeux continue à expulser à l’autre bout de l’afrique ce malien qui avait un travail et une jeune fiancée bretonne enceinte.

    Autre exemple, dans la droite allemande, il y a de sacrés réactionnaires dans la veine de Sarkozy comme Edmund Stoiber le roitelet de Bavière, mais quand quelqu’un a évoqué d’abolir les droits de succession, il s’est élevé des libéraux (des vrais, pas des usurpateurs comme en France) pour protester contre cette mesure antilibérale par excellence.

  23. cilia dit :

    JMFayard,

    Euh…merci de m’expliquer que je m’inflige inutilement des merdes intellectuelles ! Je vous préfère de loin quand vous êtes plus calme !

  24. cilia dit :

    Je ne pensais pas du tout à la politique extérieure, hors union et donc hors Irak et USA. Et puisque justement NS a dû revoir sa copie devant l’Eurogroupe, vous mettez de l’eau dans le moulin de mon questionnement. En quoi les autres partis socialistes européens sont plus efficaces que le nôtre ?

  25. Jean-Michel Fayard dit :

    à cilia :

    Cela dit il ne faut pas demander au clivage gauche-droite de tout expliquer, il ne sert qu’à trancher sur la question centrale du moment et précisément pour cette raison évolue constamment (fin XVIIe : quel degré de démocratie, fin XIXe : quel degré de république, après la seconde guerre mondiale : quel degré d’état providence).

    Aujourd’hui sa définition est plus floue. Je dirais que le clivage gauche-droite consiste dans le choix entre transformer la mondialisation ou s’y adapter, opter pour l’ écologie ou continuer dans le productivisme, vouloir agir à l’échelle supranationale ou s’accrocher au bon vieux cadre national.

    (Ex : l’UMP est pour gérer la mondialisation, reste productiviste et raisonne plutôt à l’échelle nationale donc c’est bien un parti de droite)

    Pour les questions subalternes, il ne faut pas chercher d’explications dans le clivage gauche-droite qui n’est pas là pour ça.

    Prenons par exemple l’incroyable accord Khadafi-Sarkozy qui vient d’être conclu : livrer du nucléaire clef en main à un dingue, ça n’a pas de sens. (Qu’on ne me parle pas de nucléaire « civil » vs « militaire », c’est indissociable et l’actualité le prouve en Iran comme en Corée). J’espère bien que ça trouble… non pas troubler, le mot est trop faible pour décrire l’indignation face au bégaiement de l’histoire (rappelez-vous Ossi-Chirac) … que ça choque aussi bien à droite (Merkel notamment) qu’à gauche, et tant pis s’il y a des dingues aussi bien à droite (Washington) qu’à gauche (les syndicats CGT d’EDF j’imagine) qui se montrent compréhensifs envers cette décision.

  26. cilia dit :

    à JMFayard,

    Bon, ou je suis désespérément stupide et inintéressante ce qui justifie que nous ne me répondiez pas. Ou vous êtes trop à fleur de peau avec ce qui se passe depuis trois mois pour être attentif.

    Je me tamponne -pardon Koz- du clivage gauche/droite français. Ce que je cherche à savoir c’est ce qu’est le socialisme de ces autres pays européens dont j’entends parler souvent sans plus de détail !

  27. Jean-Michel Fayard dit :

    à cilia

    (Désolé mais j’avaisi fini de rédigé mon dernier commentaire après avoir lu le vôtre, l’impression que je ne vous répondais pas vient de là)

    [quote]En quoi les autres partis socialistes européens sont plus efficaces que le nôtre ?[/quote]

    Mais je ne défends pas du tout le parti socialiste dans sa forme actuelle ! Le parti socialiste est en crise, comme d’ailleurs toute la social-démocratie européenne. Vous savez le SPD, entre la « grande coaliation » qui est bien plus subie que désirée, des sondages historiquement bas, les chefs qui valsent, une érosion sans précédent du nombre des camarades, et un corpus idéologique à bout de souffle, il ne va pas très bien.Depuis le capitalisme a changé de visage, et la gauche n’a pas encore trouvé la clé pour le maîtriser aussi bien que son prédécesseur fordiste. C’est ça la vraie question. Et malheureusement il n’y a pas la réponse toute faite chez nos voisins qu’il suffirait de copier.

    Certains sous couvert de « modernité » proposent de devenir une UMP light. Aucun intérêt (l’original, la copie, ….) D’autres veulent jouer à qui pisse le plus loin avec la LCR ce qui n’a aucun intérêt non plus. La vraie gauche ce n’est ni Eric Besson ni Jean-Luc Mélenchon. La quête est difficile, sur le principe il s’agit de redéfinir une politique de gauche sur les 3 critères que je disais constitutifs du nouveau rapport droite-gauche : grosso-modo il faut construire une démocratie sans frontière, universaliser les droits sociaux, réussir la mue écologique de l’économie. Plus facile à dire qu’à faire, certes mais on a pas le choix.

  28. cilia dit :

    à JMFayard,

    J’adorerais que le monde devienne paisible, censé, humaniste et écologiste. Mais nous sommes des milliards dans ce cas. Non pas qu’être original soit une qualité en soi, évidemment.

    Cependant, même si je sais que le rêve n’est pas la réalité, je ne me crois pas idéaliste à vouloir simplement tendre vers le mieux. Et en tant que française, je sens comme une pression permanente de ‘différences’ qui nous empêchent, nous, peuple de ce pays, d’avancer. Simplement d’avancer. Et je ne peux m’empêcher d’y voir comme une malédiction que je ne comprends pas et que je refuse.

    D’où mes questionnements pratiques, concrêts. Est-ce une bonne chose que nous nous écharpions tous quand d’autres avancent, même si ce n’est pas parfait ?

    Quand le mieux devient l’ennemi du bien…

  29. Franz dit :

    Juste un petit point sur l’évaluation des profs dans les facs anglaises (j’y ai étudié, j’y ai enseigné). Effectivement les élèves évaluent les enseignants… Sur de nombreux critères. Et il n’y a pas de corrélation significative entre la « générosité » du prof et les évaluations. Et cela est très simple à expliquer. Dans 90% des cas l’essentiel (pour ne pas dire la totalité) de la note pour un cours provient du contrôle final et d’un mémoire à rendre à la fin du cours. Les étudiants évaluent leur enseignant à la fin du cours, avant ou après l’examen, mais toujours avant d’avoir les notes….

    Il en va de même dans les grandes écoles françaises où la coutume d’évaluer les enseignants est implanté depuis déjà de nombreuses années… Et comme tout le monde le sait, les universités britanniques et les grandes écoles françaises regardent jalousement le niveau et la réussite éclatante des universités françaises (ironie mordante, je suis, presque à regret, enseignant dans une de ces « merveilleuses » universités françaises, donc fonctionnaire). Je serais ravi d’avoir un CDI, de perdre mon statut de fonctionnaire et d’avoir un salaire au mérite, aligné sur ceux du privé. Hélas, entre syndicats d’étudiants (quelle blague) et syndicats du second degré ultra politisés, cela relève de la science fiction. Je vais donc sans doute devoir émigrer ou démissionner pour aller vers une grande école quelconque.

  30. Sindelaar dit :

    Il y a un depute qui a essaye de promouvoir le meme type de reforme en France: Christian Blanc.

    Voir ici par exemple : http://energies2007.com/index.php?2007/01/05/8-l-appel

  31. Buzzcocks dit :

    Le mois dernier, j’achetais un billet de TGV à un guichet. Voulant payer moins cher, je m’y prenais avec presque un mois d’avance afin d’avoir une réduction. « Bonjour madame, un Nancy-Paris pour le jeudi 19 juillet vers 18h30 - Monsieur, il ne me reste plus de prems mais vous pouvez avoir la carte Trucmuche qui pour 65€ par mois vous offre .. patati patata - Non merci, je ne voyage pas assez souvent - Ah alors nous avons la carte Bidule qui est rentable pour un voyageur trimestriel - Heu non plus, j’ai une voiture, le train, c’est occasionnel. - D’accord, ça ferra 30€ »

    Sachant que 30€, c’est un prix prems….. C’est plutôt 50€ le plein tarif.

    Donc dans ma tête, cette dame avait bien des prems de dispo mais elle a essayé de me refourguer ses cartes d’abonnement.

    Alors si c’est ça le service public géré comme une entreprise … Non merci. La dame a peut être (surement même) une prime si elle vend un quota de cartes par jour donc elle a tenté de m’anarquer en me refourguant des abonnements (toutes les entreprises aiment bien ce système de rente qu’offrent les abonnements).

    Je ne vois pas où est le progrès dans la gestion comme une entreprise que nous vante Libéral. Ca donne une étrange impression que la guichetière n’est pas là pour nous trouver la meilleure solution au moindre cout mais pour nous refourguer tout un tas de packages, d’abonnements montés par des têtes de cons d’école du commerce du service marketing de la SNCF.

  32. Benjamin dit :

    Quand « liberoïdal » écrit « M’en fous, nous ne paierons pas vos dettes », refuse-t-il par avnace de profiter des actifs qu’on lui lègue également?

    Parce que ces dettes (que je ne nie pas et qui sont trop élevées – et qui en outre s’aggraveront avec le « paquet fiscal »: Merkel a beau être peu ou prou de la même idéologie que Sarkozy est bien plus logique. En Allemagne, pas de baisse d’impôt avant apurement de la situation financière!), ces dettes donc ont pour corollaire un pays suréquipé par rapport à la majorité des autres, un réseau routier hors normes, des trains qui marchent (en Grande Bretagne où la dette est aussi importante même si sa structure est différente ils partent qd ils veulent pour arriver quand ils peuvent), une université certes pas suffisamment performante mais gratuite (allez faire des études aux USA sans payer si vous n’êtes pas champion de basket), des hôpitaux où on vous demande votre carte vitale et pas votre American express, un parc nucléaire qui nous fait payer l’énergie moins cher qu’ailleurs et nous garantit une sécurité relative, etc.

    Ce culte de la dévalorisation de son pays devient fatigant, même si effectivement il ne faut pas nier ses lacunes.

    Alors je le dis aux déclinologues de tout poil: cassez vous si c’est mieux ailleurs! Mais ayez l’honnêteté de ne pas revenir la queue entre les jambes à l’abri de notre système, si vous vous êtes plantés. Assumez.

  33. Robert Marchenoir dit :

    Buzzcocks: la tendance que vous décrivez est effectivement très chiante mais elle existe partout, privé comme public.

    J’y vois plus les conséquences de l’informatique qu’une quelconque différence entre le public et le privé.

    Les prix sont de plus en plus difficile à comparer parce qu’ils changent tout le temps et que les structures de tarification sont volontairement complexes, pour, simultanément, rendre la comparaison difficile avec les concurrents et optimiser la rentabilité.

    Avant Excel, c’était impossible. Aujourd’hui, n’importe quel connard de base peut faire joujou avec Excel dans son coin, et donc ne s’en prive pas; pas besoin de sortir d’une école de commerce pour ça.

    Toujours est-il qu’il vaut mieux avoir, en face de soi, dix connards qui jouent avec Excel qu’un seul. Si vous en avez dix, vous pouvez tout de même faire jouer la concurrence, même si c’est, effectivement, plus difficile qu’au temps où les prix changeaient une fois par an. Et puis, vous aussi, vous pouvez utiliser Excel pour contrer les connards.

    Quant à la préférence pour l’abonnement, elle a toujours existé. C’est vieux comme le commerce. Les fabricants de rasoirs ont toujours fait du pognon sur les lames de rasoir. Les fabricants d’aspirateurs sur les sacs. EDF et les PTT sur le prix de l’abonnement, obligatoire, augmenté tous les ans et auquel nul ne pouvait échapper. Les propriétaires sur les loyers. L’Etat sur les impôts. La Sécu sur les cotisations.

    Simplement, les cotisations de la Sécu, énormes et sans comparaison avec ce que vous dépensez pour votre billet de train, elles ne se voient pas. On nous a farci la tête depuis cinquante ans avec l’idée que c’était « bien » et « social », et puis de toutes les façons vous ne les voyez même pas, puisque votre patron vous les enlève de votre salaire avant même de vous le donner, et il ne vous dit même pas le montant réel de votre salaire (brut plus cotisations), dont vous n’avez jamais conscience.

    Car si vous en aviez conscience, vous iriez immédiatement casser la gueule du chef de la Sécurité sociale en l’accusant de vous voler… Heureusement pour cette dernière, il n’y a pas de chef de la Sécu. C’est un monstre tentaculaire mais sans tête. Il est donc inatteignable.

    Il est exact que de plus en plus de commerçants tentent d’imposer des abonnements aux dépens des achats ponctuels. Mais, simultanément, la technologie et le jeu du marché permettent des achats ponctuels impossibles à imaginer auparavant: louer une voiture trois heures pour un coût dérisoire, louer un vélo presque gratuitement, acheter une chanson sur Internet…

    Cela n’est pas un plaidoyer en faveur d’une privatisation de la SNCF. Le train est un domaine où le monopole public peut (je dis bien peut…) se concevoir.

    Mais ce qui est certain, c’est que le monde moderne n’est plus négociable si on ne possède pas un niveau minimum d’éducation qui permet la maîtrise intellectuelle de tous ces choix offerts par le marché.

  34. Robert Marchenoir dit :

    [quote comment="39303"] Alors je le dis aux déclinologues de tout poil: cassez vous si c’est mieux ailleurs! Mais ayez l’honnêteté de ne pas revenir la queue entre les jambes à l’abri de notre système, si vous vous êtes plantés. Assumez.[/quote] Vous vous adressez, je présume, aux anti-libéraux et gauchistes de tout poil qui passent leur temps à chouiner sur les méchants patrons, la vileinie du grand capital, les odieuses inégalités en vigeur en France, la scandaleuse situation qui y est faite aux pauvres, aux chômeurs, aux sans-papiers, aux immigrés…

    Vous avez raison, c’est fatigant. Partez, gauchistes. Cassez-vous. En Algérie, en Palestine, à Cuba, en Irak, en Corée du Nord, en Somalie… où vous voudrez.

    Après tout, vous avez perdu les élections. Ayez un minimum d’honnêteté et de fair-play. Reconnaissez-le. Les Français n’ont pas voulu de vos jérémiades, de votre lâcheté et de vos mythes inopérants. Assumez.

    Et, surtout, soyez à la hauteur des leçons de tolérance, de « vivre-ensemble », d’ouverture à « l’Autre », à la « différence », à « l’anti-racisme » que vous donnez à tout le monde à l’année longue.

    Faites ce que vous prêchez aux autres. Pour une fois. Ca vous changera.

  35. Buzzcocks dit :

    Je ne vais pas parler à la place de Benjamin (c’est pourtant aussi mon prénom) mais le déclinologue est plutôt de droite. Il prend l’apparence de Nicolas Baverez, Jacques Marseilles ou Michel Godet pour citer les plus télégéniques.

    C’est un individu fonctionnaire, en général, qui effectivement trouve que le système fonctionne très mal. En soit, c’est logique car il vit à l’intérieur et peut donc témoigner de la lourdeur du système.

    Le déclinologue médiatique est tellement contre ce système que quand le président de la république monte une commission bidon d’études économiques qui doublonne avec déjà un tas de structures (conseil économique et social par exemple) et bien, il accepte avec joie !

    Le déclinologue n’aime pas la dépense publique inutile sauf quand il se place directement sous la pompe à fric étatique. Miam miam, serrez vous la ceinture les ponctionnaires, je me gave.

    Non, le déclinologue est vraimentun personnage fantasque, fascinant même.

  36. Robert Marchenoir dit :

    Buzzcocks: vous oubliez que 53% des Français viennent d’approuver le constat et les préconisations de ceux que vous appelez les déclinologues. Ils ne sont pas tous fonctionnaires.

    Et puis laissez-moi rire devant cet argument de mauvaise foi surgi il y a quelques mois: les déclinologues seraient professeurs, donc fonctionnaires, donc ils n’auraient pas le droit de fustiger le fonctionnariat.

    Tiens donc.

    Vous n’êtes pas pour la liberté d’expression, alors? Ou seulement pour la liberté d’expression des opinions de gauche?

    Vous révélez malgré vous la nocivité qu’il y a à laisser croître la caste des fonctionnaires au-delà d’une proportion raisonnable: à partir du moment où ils acquièrent trop de poids sur la société, ils ne songent qu’à favoriser leurs propres intérêts corporatistes.

    Comme, de par leur pouvoir sur la société, ils en ont davantage les moyens que d’autres, ce conflit d’intérêt s’entretient de lui-même et s’amplifie, en un cercle vicieux parfait.

    Les fonctionnaires s’arc-boutent pour défendre le fonctionnariat aux dépens de la société dans son ensemble, notamment en réclamant et en obtenant un grossissement de leurs rangs (les fameux « moyens »). Devenus plus nombreux, ils seront davantage à faire pression pour la défense de leurs privilèges et de leur pouvoir, etc.

    Parmi eux, il y a quelques fonctionnaires (sans doute accessoirement tels, je suppose), qui n’ont pas la mentalité fonctionnaire et qui sont d’un avis différent. Eux disent: je serais ravi si je perdais mon statut.

    Et vous vous empressez de leur dénier le droit à la parole, de les accuser d’hypocrisie.

    Manoeuvre grossière à laquelle personne ne peut croire deux secondes.

    Figurez-vous qu’il y a un certain nombre de fonctionnaires, et notamment des professeurs, qui aimeraient bien ne plus être enserrés dans le statut des fonctionnaires, ne serait-ce que pour être mieux payés et pour bénéficier d’un environnement de travail plus efficace, plus responsable et plus motivant.

    Avez-vous vu tous les professeurs d’université français qui partent enseigner aux Etats-Unis? Je ne crois pas que ce soit pour bénéficier du statut du fonctionnaire… qu’ils n’ont pas là-bas.

    Evidemment, il est de l’intérêt de la nomenklatura fonctionnariste française de tenter d’étouffer et de discréditer ces voix dissidentes par tous les moyens.

    Raté: 53%.

    Essayez donc de comprendre pourquoi.

  37. Liberal dit :

    Houla, ça part un peu dans tous les sens. Je vais essayer de recentrer les débats.

    Le sujet n’est pas le paquet fiscal, ni l’Irak, ni la Libye, ni le partage de la valeur ajoutée, ni les droits de succession, ni Sarkozy (qui ne touchera jamais au statut des fonctionnaires), ni la privatisation de la SNCF, ni le déclin (réel ou supposé) de la France, ni le service minimum (mais là c’est un peu ma faute). La question est plutôt la suivante :

    Pour rendre un service public, est il préférable d’employer des salariés ordinaires ou des fonctionnaires?

    Avec la question subsidiaire :

    Pourquoi est il si difficile en France d’avoir une discussion sereine sur cette question?

    Il faut avoir bien conscience qu’il s’agit là d’une discussion très théorique. Sarkozy n’est pas libéral, et je le pense trop fin politique pour risquer un conflit frontal avec les fonctionnaires.

    Pour autant, le sujet, aussi théorique soit il, reste intéressant.

    En quoi le fait de donner à un employé du service public un statut de fonctionnaire améliore-t-il la qualité des services rendus à la population?

  38. Buzzcocks dit :

    @libéral Ce que je vais dire est de moins en moins vrai car dans le privé, on se fait de plus en plus matraqué. Mais sinon, à l’origine, il y avait une grosse différence entre un salarié du privé et un ponctionnaire. Il fallait donc bien offrir une compensation avec une convention collective avantageuse pour attirer quelques talents. Et ensuite, difficile de revenir sur un droit et accepter une « regression ». Je lisais recemment un article sur les anciens salariés des grands magasins parisiens, en y entrant dans les années 60-70, tous se disaient heureux, avec une très bonne paie. En 2007, ils gagnent le SMIG et sont licenciés !!! Bref, ils ont regressé. Maintenant, nous sommes en 2007 et on fait le calcul suivant : bah merde, un prof gagne pas trop mal sa vie et ne fout rien (argument café PMU en face de chez vous) et moi, je trime voire même je suis en passe de me suicider au technopole de Guyancourt. Alors, vous posez la question suivante : pourquoi de tels avantages dans la ponction publique. On peut aussi se demander pourquoi on s’est fait laminer dans le secteur public. Pourquoi les salaires y ont baissé ? Pourquoi la gestion moderne que vous préconisez dans la ponction publique entraine des mecs à se pendre ? Est ce la fonction publique qui a un statut privilégié ? Ou est ce nous dans le privé qui sommes des cons à accepter de nous faire matraquer ? Je n’ai pas la réponse. Vous posez une question, j’en pose une autre.

    @François. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. 53%, certes, mais face à Royal sans idée et projet. En voyant la réforme ultra light des universités, je ne suis pas sur que vous ayez trouvé en Sarkozy votre champion de la « rupture » tant attendu…. Mais bon, wait and see, un peu tôt pour faire un bilan. On le voit beaucoup à la télé mais concretement, je ne sais pas si il sort grand chose.

  39. Luc dit :

    Bonjour,

    Libéral, je vais essayer d’alimenter ta réflexion par deux remarques. Je les crois justes mais ne peux le garantir totalement, donc je peux être dans l’erreur.

    1) Lors de la reconstruction du pays après guerre, pour ne pas avoir les grandes villes caracolant en tête et la Creuse (ou le Cantal) complètement oubliés, il fallait un service public national avec un statut unique national et un coût unique du service indépendant du coût réel de production, ce qui a fait de fait un statut d’état spécifique que tu ne peux avoir avec des employés de droit privé. Est-ce encore d’actualité aujourd’hui ? Je ne le pense pas, voir pour cela le nombre de contractuels de droit privés dans les différentes administrations.

    2) Un fonctionnaire dépositaire de la puissance publique (donc plutôt régalien comme police, impôts, etc.) ne doit pas être soumis à la tentation. Leur statut « rigide » garantit qu’aucun petit chef ne peut modifier leur carrière et donc leur demander des faveurs pour leurs copains, du moins en théorie. Cela peut encore se discuter sur la possible corruption plus facile ou non avec des salariés de droit privé par rapport à la fonction publique actuelle. Conséquence négative, quelles que soit tes qualités, motivations, etc. ta carrière est la même que celle de ton voisin qui n’est pas forcément au même niveau que toi.

    En espérant avoir apporter des éléments de réponses à ta question,

    Luc

  40. jmfayard dit :

    [quote comment="39307"]Vous vous adressez, je présume, aux anti-libéraux et gauchistes de tout poil qui passent leur temps à chouiner sur les méchants patrons, la vileinie du grand capital, les odieuses inégalités en vigeur en France, la scandaleuse situation qui y est faite aux pauvres, aux chômeurs, aux sans-papiers, aux immigrés…

    Vous avez raison, c’est fatigant. .[/quote]

    Vous savez l’essence du sarkozysme, 1) c’est la resucée de ce regard inquisiteur du marxisme vulgaire 2) fonctionnant en sens inverse 3) tout aussi fatiguant.

    1) c’est exactement le même regard inquisiteur que la marxisme vulgaire que vous décrivez !

    Le refrain qu’on entend partout c’est : Sarkozy va les remettre au boulot les feignasses. Ceux qui touchent du RMI et du chômage sans jamais rien foutre. Ceux qui sont protégés par le système et qui gagnent plus en se levant tard le matin que nous en allant bosser.

    Ce procès permanent qui défie toute argumentation rationnelle est exactement aussi caricatural que celui décrié à juste titre ici même lors de la parution de « Salauds de patron »

    2) seule la direction change !

    Dans le marxisme vulgaire, le regard inquisiteur est dirigé vers le haut, vers les puissants qui prennent les décisions injustes et les riches auxquels on demande qui par contre on est invité une certaine solidarité de classe avec les gens français ou étrangers censés

    Dans le sarkozysme, le regard bienveillant est dirigé vers le haut : on met sans cesse en avant dans les films à gros budgets, dans les blogs branchés, à la télé-réalité et dans les journaux people, à la tête du ministère de la justice, … ces « success-story » individuelles qui doivent nous servir de modèles édifiants. D’où que tu partes, toi aussi avec beaucoup de boulot et/ou beaucoup de chance, tu pourras patauger au sein de la jet-set.

    Le regard inquisiteur en revanche dirigé vers le bas. Dans la société sarkozyste, qui parle comme dans mon 1) ? Les très riches à propos des moins riches. Les moins riches à propos aisés. Les aisés à propos des pauvres. Les pauvres à propos des précaires, les précaires à propos des chômeurs, les chômeurs à propos des RMistes, les RMistes à propos des misérables, les misérables à propos des chiens perdus, …


    3) les deux sont aussi fatiguants l’un que l’autre

    vous avez raison, c’est fatiguant, très fatiguant.

    ce regard inquisitoire a une force considérable qui explique largement les 53% de Sarkozy, mais de par sa nature même il ne peut pas accoucher d’une société équilibrée et harmonieuse à laquelle la plupart aspire.

    alors contre à la fois les gauchistes et les sarkozystes, on va inventer une alternative entre centristes, socialistes et écologistes pendant ces 5 ans, parce qu’on n’a pas le choix.

  41. jmfayard dit :

    [quote comment="39337"]Je n’ai pas la réponse. Vous posez une question, j’en pose une autre.[/quote]

    Ah voilà un état d’esprit qui me plaît

    Si vous me retrouvez qui a dit « J’ai des questions à toutes vos réponses », je vous paye une bière virtuelle.

  42. Robert Marchenoir dit :

    [quote comment="39337"] Maintenant, nous sommes en 2007 et on fait le calcul suivant : bah merde, un prof gagne pas trop mal sa vie et ne fout rien (argument café PMU en face de chez vous) et moi, je trime voire même je suis en passe de me suicider au technopole de Guyancourt. [/quote] Je ne suis pas si sûr qu’un prof « gagne pas trop mal sa vie » par rapport à ses études, son travail et ses responsabilités.

    Au contraire, certains professeurs dénoncent leurs propres syndicats en tenant le discours suivant.

    Les syndicats ne défendent pas les salaires de leurs adhérents, mais leur propre pouvoir, des positions purement politiques qui légitiment ce pouvoir, ainsi que les effectifs qui le renforcent.

    Les salaires sont médiocres et évoluent peu, malgré le poids des syndicats dans l’Education nationale, immense y compris dans la haute hiérarchie, malgré les grèves qui s’y succèdent avec la régularité d’une horloge.

    Si, grâce à l’action syndicale, les profs étaient mieux payés, peut-être ces derniers seraient-ils plus enclins à discuter de réforme… ce dont les syndicats ne veulent surtout pas.

    [quote post="411"]Pourquoi la gestion moderne que vous préconisez dans la ponction publique entraine des mecs à se pendre ?[/quote] Deux réponses à cela:

    1) Vous ne savez pas si c’est la « gestion » qui entraîne des mecs à se pendre. C’est possible dans certains cas, pas du tout certain dans d’autres. La France est un pays collectivement déprimé qui se bourre de tranquillisants. Pas étonnant que certains se suicident.

    Ne sous-estimez pas le phénomène d’imitation qui peut entraîner certains suicidaires à accomplir leur acte sur leur lieu de travail (puisque c’est bien cela, et non le suicide lui-même, qui frappe le plus).

    2) Une « gestion » qui entraînerait des mecs à se pendre n’est pas une gestion moderne. Le management en France, globalement, n’est pas de très bonne qualité.

    Si l’emploi manque et que le licenciement est difficile, la tentation est grande de manager par la trique et les petits chefs, et non par la motivation et la responsabilité.

    Contrairement à ce que pensent nos naïfs gauchistes, c’est la possibilité de la sanction qui permet de donner aux gens de l’autonomie et des reponsabilités.

    Supprimez-la, comme c’est le cas en pratique dans les entreprises françaises, et vous favorisez l’émergence du harcèlement moral, qui est, comme par hasard, particulièrement prévalent dans le service public, là où le licenciement est carrément impossible.

    Je n’entends pas parler de suicides en série sur les lieux de travail en Angleterre et aux Etats-Unis, royaume, pourtant, de l’odieuse gestion ultre-libérale et capitaliste.

    Peut-être leur gestion est-elle, justement, plus moderne que la nôtre? Peut-être la liberté plus grande qui règne dans ces deux pays, par rapport au travail, fait-elle que tout un chacun se sent davantage maître de sa destinée, quel que soit son niveau social? Peut-être le fait que l’environnement libéral qui y prévaut fait que chacun se send plus responsable de lui-même, donc plus libre, donc plus heureux?

    Regardez donc les études récentes sur le bonheur. Elles sont nettement plus favorables aux Etats-Unis qu’à la France. Malgré l’inégalité de revenus supérieure qui y règne, et qui déplaît tant à nos amis gauchistes…

    Bien sûr, à en croire ces derniers, on ne devrait pas être heureux aux Etats-Unis. De même que les Français sont cons d’avoir voté Sarkozy, de même les Américains ont tort d’être heureux.

    Ainsi va le monde parallèle et imaginaire des gauchistes français…

  43. Robert Marchenoir dit :

    [quote comment="39337"] @François. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. 53%, certes, mais face à Royal sans idée et projet. En voyant la réforme ultra light des universités, je ne suis pas sur que vous ayez trouvé en Sarkozy votre champion de la « rupture » tant attendu…[/quote] Heu… Moi, c’est Robert.

    Pour le triomphe sans gloire, voyez plutôt du côté de Chirac en 2002.

    Et en effet, je trouve Sarko très mou du genou sur la rupture. Mais qu’est-ce que vous voulez: puisque la moitié de la France le juge fasciste, apparemment…

  44. Buzzcocks dit :

    @jmfayard Avec un moteur de recherche (pour ne pas citer de marque), la réponse est assez facile à trouver. Une Pelforth brune pour moi, SVP.

    @Robert Veuillez m’excuser pour la méprise sur le prénom. Je dis juste qu’il n’y a plus de différence entre les salaires du privé et public. Alors que c’était le cas dans le passé. Donc pour attirer des talents dans le public, il fallait bien quelques carottes … ou alors comme j’ai eu en lycée, faire venir des professeurs de physiques maghrebins dont le premier cours se termine par « excusez moi, j’ai mal à la tête de parler français ». (seconde au lycée Poincaré de nancy en 88). En 88, personne ne voulait être prof de physiques, pas attractif malgré le superbe statut vanté par Libéral. Et quand j’étais en fac de sciences, seule la filière CAPES scientifique donnait droit à une petite paie pour motiver les troupes à y entrer. Là encore, personne ne rêvait d’être enseignant en physiques, il fallait une petite carotte malgré le statut si intéressant. Actuellement, je ne sais pas ce qu’il en est, mais étant donné la dégradation dans le privé, je ne suis plus sur qu’il faille motiver les candidats à la fonction publique. D’où la conclusion de Libéral : supprimons ce statut. Son raisonnement est logique. Mais moi, je me demande plutôt à l’opposé pourquoi dans le privé, c’est devenu si merdique ???? Votre théorie est intéressante Robert. C’est donc le harcelement moral lié à l’impossibilité de licencier. Mouais … ayant déjà été licencié pour un motif farfellu comme pas mal de mes collègues, je ne suis pas vraiment d’accord mais bon, je n’en sais rien. Mon cas perso n’est pas généralité. Et ça me semble beaucoup plus compliqué que ça. Le chomage de masse fait pression sur les salaires à la baisse. Je suis moi même cadre, et je ne parle que de ressource : « sur ce projet, il me faut une ressource » … c’est effrayant ce terme, non ? On ne travaille pas avec des individus mais juste une ressource inter changeable dont on se fout finalement puisque ce sera un prestataire bien souvent, Aucun plan de carrière à avoir pour lui etc… Ce qui met un peu à mal votre théorie du licenciement puisqu’on ne bosse plus qu’avec des presta, des interims ou on fait faire le taf à d’autres boites qu’on préssurise. (enchère inversée et tout un tas de trucs de ce style).

  45. Robert Marchenoir dit :

    Buzzcocks:

    En gros: la France est bloquée, la France a peur. Chaque groupe social se méfie de tous les autres et passe son temps à mettre en oeuvre des stratégies de défense et d’opposition.

    Dans le cas qui nous occupe, c’est valable pour les employés comme pour les employeurs.

    Le tout est dû aux dispositifs mêmes qui sont censés protéger les gens (statut des fonctionnaires, lois sur le travail, protection sociale, etc).

    C’est un système où tout tient par de gros ressorts arc-boutés les uns contre les autres. Les fonctionnaires se méfient des non-fonctionnaires et freinent des quatre fers sur toute réforme, les salariés du privé nourrissent du ressentiment à l’égard des fonctionnaires dont ils payent les privilèges, les salariés se méfient des patrons, les patrons se méfient des salariés…

    Le tout donne un système stable en apparence, mais travaillé par de terribles tensions internes. C’est ce que ne voit pas la gauche, qui s’obstine à faire l’éloge du « modèle social français » (la stabilité apparente) sans voir que ce qui le menace, ce n’est pas l’unique force néfaste recensée dans son manuel (l’odieux capitalisme mondialisé), mais l’ensemble même du système qui génère l’opposition de tous contre tous.

    Le fait qu’elle se refuse à identifier le capitalisme et le libre-échange comme une force de progrès (ce qui est évident pour à peu près tout le monde sauf un Français) n’est pas pour rien dans cet aveuglement.

    Dans ce contexte, chacun a une bonne raison de se plaindre de tous les autres et met sans cesse en oeuvre des mesures de rétorsion pour se protéger, voire se venger.

    Impossible d’enlever une pièce du dispositif pour le réparer, sinon tout vous saute à la figure.

    Personnellement, je serais plutôt tatchérien, et donc partisan de rentrer dans le tas (des fonctionnaires, des syndicats…).

    Cependant, au vu du constat ci-dessus, l’approche de Sarkozy s’explique: il tente de détourner l’opposition néfaste des ressorts les uns contre les autres en orientant leurs forces vers un but commun, en essayant de redonner un espoir collectif, un élan de progrès national.

    Ce n’est pas forcément l’option la plus idiote. Sarkozy est loin d’être un imbécile, contrairement à ce qu’aimeraient croire ses adversaires. Il a certainement bien mieux compris les Français que la gauche.

  46. Robert Marchenoir dit :

    [quote comment="39100"] En termes de conduite du changement [...] Manager des organisations de plusieurs centaines de milliers de personnes demande du temps et du doigté [/quote]

    Certes, certes. Mais combien de temps, au juste?

    J’ai la faiblesse de considérer que trente ans, ça commence à faire beaucoup, et que question doigté, ça ressemble plus à de la branlette ou à un doigt d’honneur.

    Quant à la conduite du changement… J’ignore si vous êtes fonctionnaire, mais vous semblez épouser les thèses de leurs syndicats.

    Quand j’aurai besoin d’un cours de « conduite du changement », j’éviterai d’aller le prendre chez les syndicats de fonctionnaires, voyez.

    Pas plus qu’il ne me viendrait à l’idée, si j’avais besoin d’un stage de bonnes pratiques parentales, de solliciter à cet effet MM. Dutroux ou Fourniret…

  47. Dang dit :

    Liberal pose la question : [quote post="411"]Pour rendre un service public, est il préférable d’employer des salariés ordinaires ou des fonctionnaires?[/quote]

    Il y a quelques années je contacte ma mairie (de gauche) pour leur signaler qu’un arbre devant chez moi était creux et dangereux. Une équipe est venue quinze jours après : quatre employés municipaux qui ont mis toute la journée à couler du ciment à l’intérieur de l’arbre. Tout récemment le problème s’est reproduit avec un autre arbre. La mairie (passée à droite) a fait venir une entreprise privée : quatre ouvriers ont coulé du ciment dans le creux de l’arbre, même technique pour traiter le même problème, même nombre d’agents, sauf qu’ils ont mis deux heures là où les employés municipaux avaient mis la journée. Comme je m’en étonnais auprès d’un ancien adjoint de l’équipe de gauche, il m’a répondu : oui on savait que la rentabilité des équipes municipales était faible mais c’était ça ou accepter qu’il y ait davantage de chômeurs, voire de clochards, dans la commune. C’est en effet une façon de voir les choses. Dans mon quartier le relevé EDF est toujours fait en août. La majorité des gens sont en vacances. Comme je demande au préposé pourquoi ils ne viennent pas en septembre, il me répond : de toute façon on repasse pour relever les compteurs qui ne l’ont pas été. Alors pourquoi ne pas s’organiser autrement? Ah me répond-il on est un service public il n’est pas question de viser une quelconque rentabilité. Encore une autre façon de voir les choses.

    Buzzcocks a écrit plus haut : [quote post="411"]Vous êtes jugés bons si vos élèves ont de bonnes notes … moralité, il suffit de mettre 20 à tout le monde même au dernier des crétins.[/quote]

    On pourrait juger sur les résultats (examens, contrôles communs). En prépa je peux vous dire qu’un prof dont les élèves auraient toujours de sales notes aux concours ne ferait pas long feu. L’un de mes amis prof de maths en spé a été convoqué par son inspecteur parce que les notes de ses élèves aux concours étaient moins bonnes que d’habitude.

    @Benjamin : vous êtes de toute évidence un prof expérimenté, compétent et efficace. Vous savez aussi bien que moi qu’il y a des collègues chahutés, incompétents, fumistes, paresseux. Il y a ceux qui font de l’absentéisme systématique, il y a ceux qui rendent leurs copies avec des délais insensés, il y a ceux qui corrigent en diagonale, il y a ceux qui ne suivent pas le programme ou qui parlent de tout sauf de leur sujet, il y a ceux qui ne préparent jamais leurs cours etc… Ils sont très minoritaires, c’est vrai, mais cela ne vous fait pas mal au coeur de voir qu’à la fin du mois ils ont la même paie que vous? Vous savez aussi bien que moi que dans les rares cas où le proviseur leur cherche des histoires les syndicats montrent bec et ongles pour les défendre. Et il n’est même pas dit qu’ils ne progressent pas aussi vite que vous dans leur carrière pour peu qu’ils aient une bonne inspection.

    D’ailleurs le système des inspections est entièrement à revoir. Dans la meilleure des hypothèses un prof est inspecté tous les deux ans, plutôt tous les quatre ans, parfois encore plus rarement. Il suffit pour le fumiste de faire illusion ce jour-là et il s’en sortira. Au contraire un bon prof qui n’était tout simplement pas en forme risque d’avoir une mauvaise note. C’est inique.

  48. pexi dit :

    Un autre mammouth institutionnel comme la commission européenne essaye de faire quelque chose de semblable avec une vision plus réaliste des besoins que ne l’est pour moi l’utopie portugaise qui comporte beaucoup de risques pratiques. Elle essaye de constituter un noyau de fonctionnaires  »à vie » et une majorité de contrats à durée déterminée. Solution intéressante car elle permet de concilier les avantages des deux systèmes et permet de répondre à la spécificité des besoins.

    Encore faudrait-il assurer un début de commencement de l’ombre d’équité dans les méthodes de recrutement de ces fonctionnaires qui bien qu’il y ait des concours de facade sont marchandés entre les pays et les parties…

  49. pascale dit :

    Bonjour Koz, contente que vous soyez de retour et vous savez, lundi matin tristounet, mardi guilleret… Si je vous lis bien, les socialistes portugais conservent 20% de leurs fonctionnaires dans les fonctions régaliennes de l’Etat. « Les fonctions régaliennes définissent l’Etat minimum, qui constitue généralement une base consensuelle pour les différentes théories de politique économique. En effet, la possibilité d’une vie collective conditionne la possibilité de toute vie économique. »(PISE) Voilà peut être ce qui peut différencier un Védrine d’un Sarkozy, si ce dernier a le courage d’aller au bout de ses réformes . Je sais ce que nous devons à l’Ecole publique et la Santé publique, pour lesquelles tant se sont battus et à juste titre. Nous devons malgré tout bien admettre que nous sommes arrivés à un système partiellement gangrené. Alors effectivement ce passage à l’acte de nos voisins portugais mérite au delà de tout parti pris, notre curiosité.

  50. pascale dit :

    Oups, bonjour Libéral!

  51. Lysanlo dit :

    [quote comment="39163"]« Pourquoi ai-je à ce point l’impression que nous vivons, nous Français, sur une autre planète? »

    Parce que c’est le cas.[/quote]

    Parce que nous sommes imbus de notre suffisance et trop souvent nombrilistes. Parce que nous n’avons à la bouche que la « défense des avantages acquis », ce qui nous oppose au progrès et à l’ouverture. Lorsque les réformes prévues vont toucher vraiment les Français à leur porte monnaie et à leurs avantages, je suis curieux (et inquiet) de voir quelles vont être leurs réactions et si le pouvoir tiendra bon. J’ai malheureusement bien peur que Sarkozy, comme il l’a fait pour les universités, temporise et adopte des demi-mesures.

  52. Koz dit :

    Je ne partage pas le scepticisme de certains sur la réforme des universités. Et je partage en revanche pas mal ce qu’en disait Jean-Pascal Picy. En résumé, mais il faut lire le billet dans osn ensemble : (i) la réforme ne se fera pas en jour (il ne faut pas sous-estimer son ampleur, sa difficulté, ni le fait que tout le monde ait reculé sur un principe pourtant admis de bords en bords) et (ii) préserver les autres réformes grâce au dialogue.

    Certains aimeraient qu’il parte sabre au clair et qu’il passe, coûte que coûte, fort de la légitimité du scrutin. On a connu : ça donne les manifs de 95, ou l’affaire du CPE.

  53. cilia dit :

    Tout à fait d’accord Koz pour la réforme de l’université et cette notion de réforme permanente si bien défendue par JPP.

    Je me demande même parfois, en entendant tant de personnes de droite critiquer cette réforme des universités si il n’y a pas dans notre pays comme un désir secret d’affrontements également réparti à gauche et à droite.

    Et c’est ce que je vois NS court-circuiter avec intelligence et longueur de vue.

  54. Lysanlo dit :

    [quote comment="40084"]Je ne partage pas le scepticisme de certains sur la réforme des universités. Et je partage en revanche pas mal ce qu’en disait Jean-Pascal Picy. En résumé, mais il faut lire le billet dans osn ensemble : (i) la réforme ne se fera pas en jour (il ne faut pas sous-estimer son ampleur, sa difficulté, ni le fait que tout le monde ait reculé sur un principe pourtant admis de bords en bords) et (ii) préserver les autres réformes grâce au dialogue.

    Certains aimeraient qu’il parte sabre au clair et qu’il passe, coûte que coûte, fort de la légitimité du scrutin. On a connu : ça donne les manifs de 95, ou l’affaire du CPE.[/quote]

    Je reconnais que l’article de Jean-Pascal Picy. , article que je ne connaissais pas, m’a ouvert les yeux, mais la volonté de dialogue et l’art du consensus ne vont-ils pas trop ralentir voire freiner toutes les réformes dont la France a besoin.

    D’autre part, en dehors des engagements de la campagne présidentielle et des discours de Nicolas Sarkozy et compte tenu de l’importance des chantiers à mettre en place, je trouve que les ministres ou secrétaires d’état conduisent très peu de grand débat public pour générer la prise de conscience nécessaire à la mise en place d’un consensus.

  55. Koz dit :

    Le débat sur la méthode peut difficilement être tranché. Vous avez les partisans du « passage en force » parce que l’on est dans une position favorable dans les 100 premiers jours et qu’ensuite on ne puisse plus que regarder les évènements se dérouler, ceux du dialogue permanent, et puis vous avez ceux qui mettent plus d’énergie à durer qu’à agir, comme dirait l’autre.

    Il me semble que Nicolas Sarkozy tente un mix des deux, s’efforçant d’entretenir un dialogue sur un grand nombre de sujets à la fois, pour éviter une trop grande perte de temps. Certains dénoncent un dialogue bâclé. Ce sont aussi ceux qui aimeraient que le dialogue dure 5 ans, sur le même sujet.

    Cette méthode peut freiner les réformes mais la méthode Juppé de 95 ou Villepin de l’an dernier n’ont pas vraiment été couronnées de succès.

    Sur votre second paragraphe, je suis assez d’accord avec vous. Je ne suis pas certain que tous partagent la fougue et la témérité de Sarko.