22 (+1)

Ils sont 22 députés UDF (et un candidat) à publier aujourd’hui dans Le Figaro un appel – une explication ? – intitulé, Pour un centre libre dans la majorité présidentielle. Si l’on en ôte Christian Blanc (qui n’était toutefois qu’apparenté), André Santini, Pierre-Christophe Baguet, et le suppléant de Gilles de Robien, cela en fait 19 – sur 29 – qui ne suivront pas François Bayrou dans le Mouvement Démocrate.

La scission envisagée il y a deux jours est donc effective.

C’est, sincèrement, triste. Non pas pour l’avenir de l’UDF, ni pour François Bayrou. J’ai trop souvent vu en lui un « marchand d’illusions » pour m’attrister sur son sort. C’est triste pour ceux qui ont sincèrement cru dans les chances d’une recomposition, dans les chances de la stratégie de François Bayrou.

Dans ces manoeuvres d’appareil, ces contradictions, parfois, ces reniements, je pense toujours aux militants, ceux qui se sont défoncés, ceux qui sont allés « au front« . C’est probablement ce qui m’éloigne le plus de l’engagement dans un parti quelconque.

Maintenant, je m’interroge aussi sur le crédit qu’il convenait d’apporter à certaines attaques passées. Si leur revirement d’aujourd’hui (pour les 19 mentionnés) est stratégique, quelle était alors la part de stratégie, la part de conviction ?

Leur désaccord est un désaccord de convictions, il est au moins autant un désaccord stratégique :

« Au soir du 1 er tour de l’élection présidentielle, la question qui se posait pour nous était la suivante?: comment faire en sorte que les 6,7 millions d’électeurs qui avaient entendu le message de François Bayrou et voté pour lui puissent peser sur la vie politique des cinq prochaines années ? Comment, par exemple, faire en sorte que sur la rénovation de la vie politique, la construction européenne, l’éducation ou les 35 heures, le message de François Bayrou soit pris en compte dans la nouvelle majorité ? L’UDF aurait pu ainsi marquer fortement de son empreinte la politique des cinq prochaines années et rendre utiles les 6,7 millions de voix qui s’étaient portées sur François Bayrou au 1er tour. En désignant Nicolas Sarkozy comme l’adversaire principal, l’UDF — même transformée en Parti démocrate — court un risque d’isolement important?; d’autant qu’il lui faudra bien, quoi qu’on en dise, passer un accord au soir du 1 er tour des?élections législatives, si l’UDF veut encore se faire entendre à l’Assemblée nationale durant ces cinq prochaines années. Cet accord ne peut pas être passé avec l’UMP puisque François Bayrou déclarait que Nicolas Sarkozy était le candidat pour lequel il ne fallait pas voter… Nous considérons qu’il est du devoir d’une UDF libre de concourir à sa manière, avec ses méthodes et ses priorités, à l’œuvre de redressement qui s’impose aujourd’hui. Nous sommes attachés à la constitution d’une majorité pluraliste, fondée sur le dialogue et la coopération de formations politiques porteuses de la diversité des sensibilités françaises. Nous constatons à cet égard que Nicolas Sarkozy a marqué de longue date ses réserves à l’idée d’un parti unique de la majorité. Nous observons qu’il se déclare, avec plus de sagesse que son pré­décesseur, favorable à l’exis­tence d’un centre libre au sein d’une nouvelle majorité présidentielle. C’est pourquoi, tout en conservant notre autonomie au Parlement, et sans intégrer l’UMP, nous inscrivons sans hésitation notre démarche dans la majorité présidentielle qui se dessine. Il est impératif de créer les conditions du rassemblement le plus large possible, dont la France a tant besoin… et que nous avons défendu avec acharnement durant toute la campagne électorale. »

Il s’est beaucoup dit, il s’est aussi écrit, que la concertation n’a pas été spécialement de mise à l’UDF quant à la ligne que François Bayrou décidait de lui faire emprunter, nettement orientée vers le Parti Socialiste. Cette tribune va dans ce sens. Il s’est beaucoup dit et écrit, aussi, que François Bayrou menait une stratégie personnelle pour 2012, ce qui me semble très loin d’être exclu. Dans ce cas, s’ils n’estiment pas utile de sacrifier leur propre avenir au sien, il ne peut que s’en prendre à lui, à sa capacité d’entraînement, à la stratégie menée, et au principe de réalité – utile en politique – qu’il a voulu ignorer.

Pour le reste, l’avenir de François Bayrou et du Mouvement Démocrate, en la probable absence de groupe parlementaire, paraît bien incertain.

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73 comments

  • Plus exactement, c’est 22 députés et 1 candidats (Vigier n’est pas sortant). Le diable se caches dans les détails.

  • Bayrou aura donc joué l’homme providentiel, dans une posture qu’il aurait voulu gaullienne. Empêtré dans sa troisième voie, construite uniquement sous le régime « anti », « ni-ni » (qui a permis à Mitterrand d’être réélu et à Chirac d’être élu), il s’est persuadé qu’indépendance signifiait opposition. Et ce faisant, il a fini par opposer également son parti à ses électeurs.

    Quelles possibilités lui reste-t-il ? Charybe ou Scylla. Il peut s’entêter (en se disant que 23 députés ne font pas un parti), avec le risque que le MD soit mort-né, et le problème des candidats aux législatives (faut-il présenter quelqu’un contre ces 23 ?). Il peut aussi prendre acte de la « fronde », affirmer que tout le monde est libre au sein de son mouvement et qu’après tout, son positionnement est aussi bien de centre-droit que de centre-gauche. Dans les deux cas, il court le risque de troubler son électorat à l’heure où revient la réalité bipolaire du corps électoral: le centre-gauche n’acceptera sans doute pas plus de faire partie de la majorité présidentielle que le centre-droit s’y refuse.

  • Je suis comme vous Koz, je pense aux militants et je trouve que la stratégie du parti central, qui distribue les bonnes et les mauvaises notes, pouvait avoir son originalité. Je ne pense pas que le but était de se rapprocher du PS, sincèrement, mais d’être véritablement une force politique nouvelle, centrale (et non centriste).

    Là, les militants doivent être déçus par cet immédiat revirement en direction du pouvoir. Je trouve qu’il y a de l’indécence dans ces manières de faire. D’ailleurs, mon colocataire a voté UDF au 1er tour et il est déçu, je pense qu’il s’abstiendra pour les prochaines élections législatives.

    Dire que ces même députés se seraient rués à l’assaut de l’UMp et de NS si leur poulain avait été présent au 2d tour. Ces manoeuvres d’appareil sont, je crois, ce qui commence à nous dégouter le plus en politique et qui accrédite souvent la thèse du « bonnet blanc et blanc bonnet » ou, dit en d’autres termes : « tous pourris. »

    Dommage…

  • « Dans ces manoeuvres d’appareil, ces contradictions, parfois, ces reniements, je pense toujours aux militants, ceux qui se sont défoncés, ceux qui sont allés “au front“. C’est probablement ce qui m’éloigne le plus de l’engagement dans un parti quelconque. »

    L’engagement des militants m’a toujours fascinée et étonnée. En effet, j’ai du mal à comprendre que l’on puisse suivre un homme politique. Je comprends que l’on puisse être attiré par les idées générales que présentent un candidat mais comment peut-on : – être d’accord sur tout ce qu’il dit , – s’adapter ,lorsqu’il adapte son programme en fonction des électeurs à capter au fur et à mesure de la campagne, – ne plus avoir le sens de la nuance et démolir le camp adverse. – défendre une personnalité que l’on a le plus souvent connu à travers le prisme des médias – aduler en meeting une personne, l’embrasser, la toucher, comme des midinettes de 15 ans s’amourachant de pseudo chanteurs

    Pardonnez moi cher militant passant sur ce blog, mais tout cela citoyenne naïve que je suis, me dépasse complètement.

    Je crois plus à l’engagement pour des causes ciblées.

    Quant à FB, s’il croyait par révélation qu’il aurait un grand destin, celle de la solitude, c’est que c’est un grand enfant de choeur. En politique, on s’allie et on divorce au rythme des différents scrutins.

    ou il faut être Lucky Luke et courir plus vite que son ombre.

  • Je pense, malheureusement, que la réalité est un mélange de beaucoup de choses.

    Une que Lisette a régulièrement évoquée et qui est la pression, virtuelle ou réelle, selon les cas, de l’UMP sur les députés sortant. Pas facile après 5 ou 10 ans de mandat législatif de ne pas trouver une bonne occasion de repiquer pour 5 ans. Et pas que pour l’argent et le pouvoir, parce que ça doit être passionnant.

    Une autre qui est, effectivement, l’adhésion modérée à la ligne tenue par Bayrou. Ceci étant dit, Albertini est un des principaux acteurs du projet… Leroy a été un de ses porte paroles, que j’ai pu rencontrer et qui a tenu des propos qui font qu’aujourd’hui, en tant que militant, je suis, effectivement, déçu. Mais pas par l’UDF, pas par Bayrou, simplement par cet homme. (La seule réserve étant que j’ai pu louper un métro dans la compréhension).

    La lassitude de se trouver dans l’opposition, n’est probablement pas étrangère.

    Le fait que certains puissent y gagner un plus… (On a parlé d’un poste pour Morin, je crois).

    Dans tous les cas, j’ai énormément de mal à croire que les seuls mains tendues à gauche de Bayrou soient la cause de tout ceci et que le désaccord soit idéologique ou de conviction. Il est, fort probablement, stratégique, et j’irai même jusqu’à dire que certains ont trouvé leur bonheur avec le tremplin UDF : n’est il pas plus facile d’être « quelqu’un » dans un petit groupe que dans un grand afin de se faire remarquer ?

  • « “bonnet blanc et blanc bonnet” ou, dit en d’autres termes : “tous pourris. »

    Comme vous y allez Praxis, la première expression veut dire que l’alternative est en trompe-l’oeil, la deuxième que tout le monde est marron (ça c’est pour la palette de couleur de Pexi), il y a une différence, tout de même !

    Plus sérieusement, je suis sceptique face à cette phrase: « En désignant Nicolas Sarkozy comme l’adversaire principal, l’UDF — même transformée en Parti démocrate — court un risque d’isolement important ». En désignant le PS comme l’ennemi principal, tout autant, sinon c’est reconnaître de facto que hors de l’UMP point de salut, et donc cela enterre pratiquement définitivement toute justification à l’existence de l’UDF.

    De toute façon, l’UDF se trouvera face à un choix simple: soit ils ont assez de députés pour qu’il n’y ait pas de majorité sans eux, et ils pèseront, mais devront aussi être loyaux pour permettre une certaine stabilité du gouvernement (nécessaire si on veut reformer), soit l’UMP n’a pas besoin d’eux et on aura les même skecthes tragi-comiques que sous Villepin.

    Sinon, encore une petite question, Koz, n’est-ce-pas 18 sur 29, puisque l’un des élus n’est pas député, ou considéré vous que le suppléant n’est pas un député (ce qui se concçoit tout à fait) ?

  • [quote comment= »21066″] » ou il faut être Lucky Luke et courir plus vite que son ombre.[/quote]

    Lucky Luke tire plus vite que son ombre, de mémoire, je ne crois pas l’avoir jamais vu courir (il y a Joly Jumper pour ça).

  • @Thaïs : On peut être militant sans tout ça…

    -Personnellement je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit FB. Il est vrai, par contre, qu’on a du mal (en tout cas pour ma part) à faire la part des choses lorsqu’il sort une co..erie, ou s’il fait un truc qu’on ne comprend pas.

    -En l’occurence, ayant milité pour Bayrou, je n’ai pas vraiment eu à m’adapter…

    -Concernant la « nuance », c’est vrai que là, c’est difficile. On use et abuse du langage « guerrier ». Mais, effet de mon caractère ou caracteristique d’un centriste, je n’ai pas chercher à « démolir » nos adversaires au premier tour…

    -Plus qu’une personnalité, ce sont des idées que l’on défend. Même si l’homme ou la femme y compte, ensuite, pour beaucoup.

    -Je ne parlerai pas des meetings, n’ayant pas eu l’occasion d’y participer. Ceci dit, je me connais, et sans chercher à « toucher mon idole« , je me serais clairement enflammé 🙂

    La difficulté pour un militant consiste probablement à prendre du recul. Pour ma part, j’ai une compagne pour ça, qui m’a fait mettre les pieds dans le plat de temps en temps, et je ne m’en plains pas 🙂

  • Cette tribune dans Le Figaro est effectivement attristante.

    Non par le choix de ces députés : on peut avoir envie de soutenir M. Sarkozy, on peut se reconnaître même tardivement dans son projet, comme avec éloquence M. de Robien hier matin sur France 2, le même Robien qui avait répété au long de la campagne qu’aucun des projets ne lui convenait.

    Non, changer d’avis est légitime et même sain.

    Ce qui est triste et ridicule, c’est la tentative de réécrire l’histoire à laquelle se livrent ces députés :

    « Au soir du 1 er tour de l’élection présidentielle … il fallait poser sur la table les conditions d’un accord de gouvernement, clairement et publiquement, en indiquant les points incontournables d’un gouvernement de coalition … C’eût été au moins dans la pure logique de notre campagne. »

    Mais que ne l’ont-ils dit à ce moment-là ? Ils en ont discuté ensemble pendant 4 heures, et personne n’a parlé de négociations, tous étaient d’accord sur la ligne « pas de consigne de vote ».

    En témoignaient, à la sortie … plusieurs des signataires de la tribune.

    Pitoyable, non ?

  • Bonjour,

    Je vais donner mon avis de militante « encore UDF », puisque c’est à nous que pense généreusement notre hôte aujourd’hui. Ca fait mal au coeur de voir tous ces députés partir, et pour moi c’est difficile à comprendre, même si je vois les enjeux et les logiques. C’est avec tous ces gens que nous avons fait campagne au premier tour, et nous en avons entendu beaucoup, lors de « cafés politiques », expliquer avec complaisance à quel point le programme de Nicolas Sarkozy était absurde, contradictoire et par conséquent inexistant, réduit à une stratégie de communication efficace mais à la tonalité détestable. Je me souviens de nos rire avec Charles de Courson, notamment, à ce sujet. Il se trouve, même, que c’est lui qui m’a aidée à me forger les convictions qui ont orienté mon vote de second tour.

    A quel moment ont-il été sincères? Ont-ils été vraiment déçus ou surpris par les positions de F. Bayrou et par sa décision de ne pas être dans la majorité? Est-ce une découverte récente? Eux seuls le savent. Sinon, on commence à être habitués : tous les 5 ans, on est trahis. Ca n’empêche pas de multiplier les scores par 3 et plus!

    Concernant la façon dont Bayrou dirige l’UDF… la question est de savoir si ce sont les militants ou les élus qui décident de l’avenir du parti. Il me semble que certains se plaignent de l’investiture de S. Royal par les nouveaux militants, et que d’autres trouvent que le management de l’UMP par N. Sarkozy a été un peu trop musclé. Certains évincés râlent, c’est un fait. F. Bayrou représente très bien les militants de l’encore-UDF, et aussi la plupart des élus qui n’ont pas la menace des législatives devant leur porte.

    Sur les ambitions de Bayrou. J’ai du mal à voir en quoi c’est un problème, pour un dirigeant de parti, que d’aspirer à gouverner la France. Il me semble (mais j’admets que mon jugement peut être faussé) que si F. Bayrou n’avait que des ambitions personnelles, il aurait choisi un grand parti de gouvernement, et il aurait tenté de le gagner de l’intérieur. Ou bien il aurait fait ce qu’il faut pour obtenir un poste de premier ministre. Je crois qu’on lui reconnait communément assez d’ambition, d’intelligence et d’habileté politique pour pouvoir parvenir à ces fins. Il faudrait vraiment être un sombre crétin pour penser que la meilleure façon de servir une ambition personnelle est de courir les risques qu’il est en train de courir. Je crois qu’il a de l’ambition, j’en suis même absolument sûre. Il doit en être dévoré. On arrive pas autrement là où il est. Mais il a également des convictions, et, s’il veut être président de la République, il veut l’être sur un socle de convictions bien définies, qui n’admettent pas toutes les compromissions.

    J’admire cet homme. Et je crois plus que jamais en la nécessité d’une troisième voie. J’y avais cru déjà en 2002, et j’avais été très déçue du ralliement à droite. J’ai recommencé à prendre confiance lorsqu’il a introduit les premières fissures dans la majorité. Aujourd’hui, il veut rester libre. Je n’en attendais pas moins. Mais ça fait quand même un peu peur, tu as bien raison de t’inquiéter de notre état d’esprit, Koz, on fait pas les fanfarons!

  • [quote comment= »21068″] » la deuxième que tout le monde est marron (ça c’est pour la palette de couleur de Pexi)[/quote]

    si tu veux que je m’abaisse à ton niveau de la connaissance de la physique, je te dirais que tu oublies ceux qui votent noir ou blanc qui ne sont pas des couleurs, la première étant l’abscence de toutes particules colorées dans le sujet concerné et ne provoquant pas la réflexion des ondes d’une longueur d’onde correspondant à la couleur percue par les différents éléments qui permettent de distinguer les couleurs dans la rétine ( que l’on laissera à une autre analyse sur la perception des couleurs) et le blanc qui lui non plus n’est pas une couleur mais la somme de toutes les couleurs visibles.

  • pendant que j’y suis, la conclusion de koz fait preuve d’une ignorance certaine des réalités :

    « l’avenir de François Bayrou et du Mouvement Démocrate, en la probable absence de groupe parlementaire, paraît bien incertain. »

    Notons que le FN vit sans incertitude – qu’on l’aime ou pas – depuis 19 ans sans groupe parlementaire, tout en étant à chaque élection nationale (sauf 1999) à plus de 10% des voix (Et, oui, je trouverais normal qu’avec 10% des voix, il en ait un. Mais là n’est pas la question).

    Si on est une famille de pensée, une proposition politique, qui en vaut la peine, qui apporte quelque chose au pays, ce serait bien égoïste de la cacher pour garder « un groupe parlementaire ». Les débats politiques, en France, ne se font (malheureusement) pas au Parlement.

  • Tiens, si JPE passe par là, il pourra voir à quel niveau d’invective j’ai affaire.

    Alors nous en sommes au tutoiement Pexi ? Nous en sommes non seulement à la chasse au sorcière, mais aux insultes, vous vous abaissez à mon niveau. La classe !

  • allez, un 3ème comm’, parce que sur un blog aussi éminent, ce serait coupable de laisser dire que « Il s’est beaucoup dit, il s’est aussi écrit, que la concertation n’a pas été spécialement de mise à l’UDF quant à la ligne que François Bayrou décidait de lui faire emprunter, nettement orientée vers le Parti Socialiste. »

    Il s’est beaucoup dit ? Bien à tort. Les députés ont pu échanger avec François Bayrou très longuement (mardi 24, pendant 4 heures), et tous les échos de la réunion faisaient état d’une complète unanimité.

    Verel m’a fait remarquer sur son blog que ces échos (à mon souvenir) n’ont rien dit de la proposition de débat faite par Mme Royal : mais cette proposition a été faite lundi matin, et François Bayrou n’y a répondu que mercredi (au déplaisir de Mme Royal) : autrement dit, il a donné la possibilité aux parlementaires d’en débattre à loisir. L’un d’entre eux s’y est-il opposé ? aucun ne l’a prétendu à l’époque, plus : aucun ne le revendique maintenant.

    Comme le chantait Jacques Dutronc …

  • Remarques en passant : @pexi : rien compris. Suis vraiment une tâche en physique. @FredericLN : ouais, toi aussi tu es une tête brûlée, on en a rien à faire du groupe parlementaire, on va faire des tas de triangulaires partout on va bien s’amuser (rictus amer : qu’est-ce que c’est que ce pays où 45% de la population n’est pas représentée au Parlement, ou risquent de ne pas l’être? On appelle ça encore une démocratie?) @Kag : moi aussi, des fois je comprends pas trop mais comme je suis une grande naïve et que j’ai confiance en lui, je me dis que c’est parce que j’ai pas tous les éléments de compréhension. Tant que ses actes et les idées qu’il développent me conviennent, je suis. @john. reed : sur la simplicité de l’équation. C’est vrai que c’est facile. C’est un pari, soit on gagne, soit on perd. Et on a parié notre chemise, un peu.

  • Voici la vraie objectivité profonde de john.reed qui confond lecon de physique et invective.

    Malheureusement, je suis contraint de descendre le niveau de la discussion car vos provocations puériles et permanentes ne font ni progresser le débat ni avancé la connaissance de la science. Ce n’est pas le but de vos propos ici j’en convient, ils ne servent qu’à semer le doute pour justifier l’injustifiable et à excuser l’inexcusable.

  • Pexi: récapitulons, lorsque vous dites « je m’abaisse à ton niveau », cela appartient, selon vous au ton normal sur un fil de commentaire sur un blog ? Le passage au tutoiement (c’est peut-être mon côté vieux jeu) au bout de deux messages c’est votre image de la politesse ? Je vous taquine sur une phrase et cela équivaut à des « provocations permanentes » ?

    Je n’ai d’ailleurs pas compris pourquoi vous parliez de noir et de blanc comme si j’avais dit qu’il s’agissait de oculeurs, puisque vous pourrez le vérifier, j’ai écrit les mots « rouge », « rose », « orange » et « marron ». Donc vos délires sur les couleurs, la physique ou ce que vous voulez, gardez-les.

    Bien, il ne me reste plus qu’à espérer que vous m’autorisez à respirer le même air et fouler la même terre que vous, malgré tout.

  • @Lisette : « toi aussi tu es une tête brûlée, on en a rien à faire du groupe parlementaire, on va faire des tas de triangulaires partout on va bien s’amuser (rictus amer : qu’est-ce que c’est que ce pays où 45% de la population n’est pas représentée au Parlement, ou risquent de ne pas l’être? On appelle ça encore une démocratie?) »

    Non, je ne trouve pas ça normal ; je voudrais que tous les grands courants politiques soient au Parlement, et que le débat politique y ait lieu, au lieu d’avoir un Parlement – chambre d’enregistrement.

    Mais où est la cause du problème ? L’existence de notre famille politique, ou le mode de scrutin ? A mon avis, c’est le mode de scrutin. On ne peut pas espérer être élu par les électeurs des autres ! Sinon, cela donne des députés qui, au fond, sont plus prêts à défendre les idées des autres que celles de leur famille politique.

    Note que je suis tout à fait d’accord pour les coalitions, pour travailler ensemble aussi bien avec la droite qu’avec la gauche. J’ai voté dans le passé pour des candidats d’à peu près toutes les familles politiques, hors trotskystes et FN. Simplement, l’idée de s’écraser et d’avaliser un projet UMP auquel nous ne croyons pas, simplement pour que 27 sortants soient élus sans opposition (et en soient éternellement redevables à l’UMP), je ne crois pas que ce soit un calcul très rationnel.

  • Non, ce n’est pas rationnel. Et le mode de scrutin est inique. Souvent, pour me donner du courage, je me chante la blanche hermine. « Ma mie dit que c’est folie d’aller faire la guerre aux francs. Je lui dit que c’est folie d’être enchaînés plus longtemps. La voilà la blanche hermine… » La blanche hermine, c’est l’un des symboles de la Bretagne. Celle qui préfère mourir que de se souiller dans une flaque de boue. Chuis une tête brûlée. Et des fois j’ai un peu honte de mon pays, même si la repentance n’est plus à l’ordre du jour.

  • [quote comment= »21068″] »“bonnet blanc et blanc bonnet” ou, dit en d’autres termes : “tous pourris. »

    Comme vous y allez Praxis, la première expression veut dire que l’alternative est en trompe-l’oeil, la deuxième que tout le monde est marron (ça c’est pour la palette de couleur de Pexi), il y a une différence, tout de même !

    [/quote]

    C’est fort logique que vous arriviez à une mauvaise réponse car vos postulats de base à l’énoncé du problème sont faux, tout le monde n’est pas marron (gentilesse de votre part je présume)

    De même, votre analyse sur l’évolution de la place des centristes me semble biasée, elle ne tient nulle part compte d’une vraie volonté de NS et de certains à l’UMP de créer une dynamique plus large que le simple parti contre parti qui reste une réthorique du passé peu en phase avec la volonté de la nation à un renouveau et une avancée profonde de la conception de la politique qui doit être un lieu d’action pour l’ensemble et pas une gue-guerre de mots et de sous-entendus et de non-dits.

  • @Lisette : … et franchement, l’Etat de droit est à peu près respecté, on ne risque pas grand chose à affirmer des idées démocrates. Les seuls qui risquent quelque chose, ce sont les députés non signataires de la tribune dans La Figaro, ils risquent leur emploi ; à ceux-là, chapeau.

  • Moi non plus je ne pleurerais pas sur F. Bayrou qui s’est largement fourvoyé en refusant de répondre à la question de son ralliement dans un second tour d’où il serait absent. De fait, on assite au sein de l’UDF à un putsch de ses généraux-députés qui sont bien décidés à faire fructifier ses 6,5 millions d’électeurs dans une UDF partie prenante de l’action conduite par la nouvelle majorité. Par surcroît deux (?) d’entre eux devraient devenir ministre, ce qui est une perspective plus réjouissante que d’en reprendre pour cinq ans de traversée du désert.

    Reste un dernier pari pour F. Bayrou: l’explosion du PS et l’absorption d’une partie de ses troupes dans sa nouvelle maison démocrate à couleur orange. Beaucoup de députés socialistes sortants, faute d’un réservoir de voix à leur gauche, pourraient être tentés par cette aventure, histoire de conserver leur siège. A tout le moins, pour éviter trop de casse du fait d’une « droitisation » de l’électorat, le PS peut envisager des accords de désistement avec les candidats de F.Bayrou. A défaut de lui donner des élus, ça emm… l’UMP, et ça lui donnera un peu d’argent pour voir venir d’ici 2012.

  • [quote comment= »21086″]Et des fois j’ai un peu honte de mon pays, même si la repentance n’est plus à l’ordre du jour.[/quote]

    Ah si, elle y revient !

    Le champion de l’anti-repentance, le tribun qui méprisait il y a peu, à Caen, la rédemption d’un peuple allemand qu’il renvoyait à son invention de la solution finale, va, pour sa première apparition publique, revenir présider la journée de commémoration de l’esclavage !

    Pourvu qu’il reste aussi flexible dans ses convictions sur quelques unes des mesures particulièrement réactionnaires (justice des mineurs, bouclier fiscal, abolition des droits de succession, …) qu’il a promis de mettre en oeuvre !

  • [quote comment= »21097″] Reste un dernier pari pour F. Bayrou: l’explosion du PS et l’absorption d’une partie de ses troupes dans sa nouvelle maison démocrate à couleur orange. Beaucoup de députés socialistes sortants, faute d’un réservoir de voix à leur gauche, pourraient être tentés par cette aventure, histoire de conserver leur siège. A tout le moins, pour éviter trop de casse du fait d’une « droitisation » de l’électorat, le PS peut envisager des accords de désistement avec les candidats de F.Bayrou. A défaut de lui donner des élus, ça emm… l’UMP, et ça lui donnera un peu d’argent pour voir venir d’ici 2012.[/quote]

    Sur la première partie concernant les élus actuels de l’UDF je suis d’accord et cela rejoint le concept que j’évoquais un peu plus haut de nouvelle politique voulue et répétée de NS.

    Sur la deuxième que j’ai laissée, je dirais que cette optique n’est possible que par un renoncement personnel de FB au nom des beaux principes qu’il se plait à rappeler à une position de président en 2012 et en offrant en brave cette place à un DSK qui s’est fait tirer les oreilles par maman Ségolène et papa Hollande et qui commence à avoir du mal à digérer la position unie de la famille sur l’avenir radieux du PS.

  • Vous en venez à des arguments bien ridicules,jmfayard. On sait très bien, jmfayard, ce que l’on aurait lu si Nicolas Sarkozy, présent à Paris, ne s’était pas présenté à ces célébrations. A tous les coups on gagne.

  • [quote post= »302″]Moi non plus je ne pleurerais pas sur F. Bayrou qui s’est largement fourvoyé en refusant de répondre à la question de son ralliement dans un second tour d’où il serait absent.[/quote] gtab : Il a toujours dit qu’il ne prendrait pas position. Aujourd’hui, l’UMP l’accuse d’avoir fait de Sarko son principal ennemi, et le PS d’avoir empêché la victoire de Ségolène. C’est remarquable. Comme quand, à la veille du premier tour, les uns expliquaient qu’il était désormais de gauche, tandis que les autres répétaient qu’il avait toujours été de droite. S’il avait pris position, il perdait 1. ses militants 2. son électorat qui lui avaient fait confiance sur une troisième voie.

    Sur ces histoires de yacht et de retour à la vie publique, c’est du non-événement désormais. On va avoir le droit encore longtemps à la succession des trois phases : provocation/explication/victimisation

  • Oh, c’était une petite pique polémique gentillette, rien de plus 😉

    Vous avez remarqué que j’ai été jusqu’ici très respectueux envers notre bien-aimé nouveau président, évitant de lui chercher des poux sur la façon qu’il avait d’illustrer sa nouvelle passion jaurèssienne pour les travailleurs (Fouquet’s entre peoples, jet privé, yatch luxueux, jeu du copain-coquin avec les milliardaires). C’est que je commence à le connaître, lui et sa façon de scénariser l’indignation maladroite à ses outrances pour se mettre en valeur sur le plan médiatique, comme l’illustre une fois de plus la une de libé :

    Sarkozy: « Je n’ai pas l’intention de me cacher, de mentir, de m’excuser »

    Quel courage ! On en frissone encore dans les chaumières !

  • En disant qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, et que ce dernier était une menace pour la démocratie, Lisette, vous avez vraiment le sentiment qu’il a été fidèle à la stratégie consistant à ne pas prendre position ?

    Jmfayard, vous devez vous tromper de billet, ou de blogs, je parlais de l’autre polémique un peu minable que vous évoquiez plus haut.

    Maintenant, si ça ne vous ennuie pas, on peut rester dans le sujet de ce billet ? Sinon, vous n’avez qu’à nous indiquer l’adresse d’un très bon forum dans lequel vous créerez vos sujets.

  • [quote comment= »21074″]Sur les ambitions de Bayrou. J’ai du mal à voir en quoi c’est un problème, pour un dirigeant de parti, que d’aspirer à gouverner la France. Il me semble (mais j’admets que mon jugement peut être faussé) que si F. Bayrou n’avait que des ambitions personnelles, il aurait choisi un grand parti de gouvernement, et il aurait tenté de le gagner de l’intérieur. Ou bien il aurait fait ce qu’il faut pour obtenir un poste de premier ministre. Je crois qu’on lui reconnait communément assez d’ambition, d’intelligence et d’habileté politique pour pouvoir parvenir à ces fins. Il faudrait vraiment être un sombre crétin pour penser que la meilleure façon de servir une ambition personnelle est de courir les risques qu’il est en train de courir.[/quote]

    Là Bayrou court des risques, mais son refus des ministères ces cinq dernières années relevait pourtant bien d’une stratégie intelligente pour conquérir le pouvoir et satisfaire son ambition personnelle. Seulement dans son plan, je ne pense pas qu’il ait prévu la possibilité qu’il soit absent du second tour. Son passage à l’opposition à la fin du quinquennat relève surtout de la tactique à mon avis, vu qu’il était clair depuis 2002 qu’il ne serait pas le candidat de la droite, il devait s’en désolidariser pour faire vivre une candidature concurrente.

    Personnellement, j’ai un peu de mal avec le mot trahison lorsque le ralliement se fait pour être constructif vis à vis du pouvoir qui se met en place, plutôt que dans une opposition bien plus confortable, qui permet d’échapper aux risques du pouvoir pour mieux se présenter comme non souillé par la contingence des responsabilités la prochaine fois.

    En fin de compte, l’UDF (ou MD) devrait en principe ne peser que lorsque son président sera élu à l’Elysée, et se complaire dans la pureté le temps qu’il faudra pour ça ? Ce faisant, Bayrou sacrifie ses idées pour son avenir personnel, à mon avis.

  • Ben oui, Koz. Je dois être stupide (mais il est très très possible que je sois aveuglée, il n’y a pas que de l’ironie là-dedans). J’ai surtout vu une dénonciation des réseaux d’amitié autour de N. Sarkozy. D’autre part, je ne suis pas la seule à avoir remarqué que le débat Royal/Bayrou n’avait pas été qu’à l’avantage de la candidate. S’ils avaient souligné des points d’accord effectif, certains passages (montant du SMIC européen) ont montré quelle crédibilité Bayrou accordait à son programme. D’autre part, tout au long de sa campagne de premier tour, Bayrou a expliqué qu’il était très important de dissocier fermement le pouvoir médiatique et le pouvoir politique, c’est même sur cette idée qu’il a commencé à être plus largement médiatisé. Il me semble que le dédain total de N. Sarkozy à l’égard de ce genre de critique (et on le voit encore ces derniers jours) justifie une radicalisation du discours de la part d’une famille politique qui attache de l’importance à ce genre de chose.

    D’autre part, j’ai toujours pensé que le discours de F. Bayrou sur N. Sarkozy était double. -Il y a eu les réponses aux questions sur la personnalité de notre nouveau président : « il ne peut pas y avoir personnalités plus opposées ». Bon, ils ne sont pas potes. D’un côté l’argent, de l’autre la terre (je souris en disant ça, c’est du propos de campagne, disons que ça correspond à l’image que chacun s’est construite). -Et puis il y a les remarques sur la pratique du pouvoir, et notamment l’importance accordée au centre à la séparation des pouvoirs (une des premières réformes de VGE avait été la réforme de l’ORTF, je l’ai relu ce matin).

    Je le répète encore, Sarko n’est pas un facho, Ségo n’est pas une gourde. Mais le fait que des groupes en affaire avec l’Etat soient également propriétaires de grands médias, et qu’en plus les patrons de ces chaînes soient des amis personnels du nouveau président de la République ne me paraît absolument pas favorable à une saine pratique démocrate. A aucun moment il n’y a besoin de penser que N. Sarkozy prenne personnellement son téléphone pour engueuler les uns ou les autres, ou exiger telle ou telle chose. En revanche, il peut y avoir de l’autocensure, et les patrons des chaînes en question peuvent eux exercer des pressions sur leurs employés en fonction de ce qu’ils jugent favorable ou non à leur ami et pourvoyeur de fonds.

    Il est très possible, après tout, que N. Sarkozy prenne une initiative qui mettraient à plat tous ces indignes soupçons. Pour le moment, ça lui est parfaitement égal. Il méprise ces questions avec superbe.

  • A posteriori, on se rends compte que la stratégie de Bayrou n’était valable que si elle lui permettai d’être présent au second tour. Il aurai alors sans doute enlevé la présidence, vu le climat TSS qui régnait à sa gauche, et même un petit peu à sa droite.

    C’est d’ailleurs comme cela que j’interprète son obsession du débat avec Royal dans l’entre deux-tours, la disqualification n’était pas encore digérée.

    Sarkozy a atomisé les espoirs de Bayrou en faisant une campagne de 2ème tour qui à totalement ignoré le centre, il a inversé la dynamique suivié par Royal et a laissé le centre venir à lui.

    Il y a fort à parier que les 40% de bayrouistes ayant voté à gauche continueront à le faire aux legislatives, idem pour les 40% ayant voté à droite.

    Bayrou se retrouve avec 20% de voix authentiques, quasiment impossible de faire élire des députés sans le renfort des voix UMP au deuxième tour. S’il demande de l’aide au PS, il se fait bouffer.

    L’enfant se présente trés mal …

  • [quote post= »302″]En fin de compte, l’UDF (ou MD) devrait en principe ne peser que lorsque son président sera élu à l’Elysée, et se complaire dans la pureté le temps qu’il faudra pour ça ? Ce faisant, Bayrou sacrifie ses idées pour son avenir personnel, à mon avis.[/quote] C’est une autre lecture. Elle est possible. Tant que les militants sont d’accords, et que l’électorat continue à grossir (à scrutins comparables), cela ne pose pas de problème il me semble. Sauf si on considère qu’un parti appartient avant tout à ses élus.

    Et puis moi, j’aime bien la pureté, d’abord. Quand au poids que les récents ralliés auront dans la conduite de la France, j’attends de voir.

    J’utilise toujours les mêmes exemples parce que je suis une fille simple : j’ai été très choquée par la crise du CPE. N. Sarkozy était contre. La majorité UMP à l’Assemblée était contre. N. Sarkozy a fait savoir qu’il pensait que ça allait droit dans le mur. Mais parce que c’est une majorité disciplinée et que cette loi était considérée comme « importante », elle a été votée. Et on a eu le droit à des mois de crise, avec perte de productivité, lycées et fac fermés examens au rabais… sans même parler de l’image renvoyée à l’étranger par les barricades dans les rues un an après le crise des banlieues. Si eux, dans les circonstances où ils étaient, n’ont pas pu faire entendre leur voix… qu’en sera-t-il des députés « centristes » de la majorité présidentielle!

  • [quote post= »302″]Il y a fort à parier que les 40% de bayrouistes ayant voté à gauche continueront à le faire aux legislatives, idem pour les 40% ayant voté à droite.[/quote] ah bon, et pourquoi pariez-vous cela? J’ai pas voté blanc. Autour de moi, les votants Bayrou (non militants) ont pas voté blanc au second tour non plus. Ils voteront démocrate au premier tour…

    [quote post= »302″]Bayrou se retrouve avec 20% de voix authentiques, quasiment impossible de faire élire des députés sans le renfort des voix UMP au deuxième tour. S’il demande de l’aide au PS, il se fait bouffer.[/quote] Pourquoi les seules « voix authentiques » seraient les blancs ou abstentionnistes? Il a pas appelé à voter blanc, Bayrou. Et si le PS risque de nous bouffer, l’UMP aussi. Je rappelle. Ni l’un ni l’autre n’ont intérêt à nous faire de cadeaux.

    Mais c’est vrai que l’enfant se présente mal. En même temps, c’est émouvant une naissance non?

  • [quote comment= »21114″]A posteriori, on se rends compte que la strategie de Bayrou n’etait valable que si elle lui permettai d’être présent au second tour. Il aurai alors sans doute enleve la presidence, vu le climat TSS qui regnait a sa gauche, et même un petit peu a sa droite.

    C’est d’ailleurs comme cela que j’interprete son obsession du debat avec Royal dans l’entre deux-tours, la disqualification n’etait pas encore digeree.

    Sarkozy a atomise les espoirs de Bayrou en faisant une campagne de 2eme tour qui a totalement ignore le centre, il a inverse la dynamique suivi par Royal et a laisse le centre venir a lui.

    Il y a fort a parier que les 40% de bayrouistes ayant vote a gauche continueront a le faire aux legislatives, idem pour les 40% ayant vote à droite.

    Bayrou se retrouve avec 20% de voix authentiques, quasiment impossible de faire elire des deputes sans le renfort des voix UMP au deuxieme tour. S’il demande de l’aide au PS, il se fait bouffer.

    L’enfant se presente tres mal …[/quote]

    Moi dans mon multi-piste j’en vois une autre…

    FB capable de rapprocher son beau discours sur la morale, la participation etc de la realite politique et proposer à DSK de venir le rejoindre et lui dire clairement que seul DSK sera candidat pour les presidentielles en 2012 pour le MD, cela atomise le PS de la famille Royal-Hollande qui n’est pas parvenu en 50 ans a abandonner par besoin electoral les communistes et les Trotkystes. Et cela permet de recuperer ensuite les elus centristes courageux et pragmatiques qui participeront à la coalition multiple de NS jusqu’en 2012.

  • Thaïs a écrit

    « – aduler en meeting une personne, l’embrasser, la toucher, comme des midinettes de 15 ans s’amourachant de pseudo chanteurs

    Pardonnez moi cher militant passant sur ce blog, mais tout cela citoyenne naïve que je suis, me dépasse complètement. »

    Et si l’animal humain avait besoin d’admirer ??? Le problème, c’est l’objet ! et surtout la complaisance entretenue par l’objet de cette admiration et, sur ce plan, Mme Royal a dépassé les Télé-évangélistes ! Sa prestation le soir de la victoire de N.Sarkozy m’a donné la nausée. Suis-je la seule ?? Plus sérieusement, René Girard, en quelques livres magistraux, a bien démonté le processus ; lecture que je recommande vivement plutôt que les torchons qui sont parus (Begag) ou ceux à paraître (sur le couple Royal-Hollande). La curée des vaincus m’écoeure tout autant que les pratiques d’avant élections. (précision : j’ai voté Sarko aux deux tours)

  • Oui, sur le coeur du sujet donc, je ne vais pas me risquer en prévisions, n’ayant pas la boule de cristal qui me permettte de savoir comment les électeurs vont voter.

    Simplement, il faut noter que le mode de scrutin d’élection des députés est éminemment cruel pour les idées dissidentes le plus souvent mises devant une alternative peu réjouissante : s’inféoder ou être balayé. Si vous n’arrivez pas à distordre localement l’espace électoral d’une manière suffisament drastique pour obtenir 50% des voix donc celles fidèles au parti unique dont vous souhaitez disputer l’hégémonie, vous êtes balayés, et il est bien possible que cela arrive au mouvement démocrate comme vous le souhaitez, koz. Ne resterait que la vieille UDF, qui aurait abdiquée son autonomnie par rapport à l’UMP, et ne serait plus qu’une simple association de notables locaux sans grand intérêt, de la même manière que le PCF n’est plus qu’une association d’élus de la petite couronne.

    Au passage, c’est précisément pour permettre l’émergence plus facile d’idée nouvelles que la sixième république prévoyait une petite dose de proportionnelle pour l’élection des députés et surtout l’élection du Sénat intégralement à la proportionelle directe, dans le cadre de scrutins régionaux.

    Il est également possible que les électeurs aient l’intelligence de comprendre qu’il faut certes une majorité à l’UMP, mais pas trop écrasante, les contre-pouvoirs étant bénéfiques à la démocratie. A ceux là, je leur conseille de prendre pleinement en compte la particularité du scrutin des législatives pour l’adoucir en votant stratégiquement. C’est à dire républicain : « je ne suis pas d’accord avec toutes vos idées, mais je vote pour vous car elles méritent d’être représentées à l’assemblée ».

    Ça n’est pas tellement sorcier. On va chercher sur le site du ministère de l’intérieur les résultats des législatives 2002 et du premier tour de 2007 dans sa circonscription. Par exemple, si elle a été gagné très largement par un député UMP en 2002 et que Bayrou a talonné ou dépassé Ségolène au premier tour, le candidat de gauche n’a probablement aucune chance de l’emporter et le vote républicain recommande aux électeurs de gauche de voter démocrate. C’est le cas par exemple dans ma circonscription (Valérie Pécresse, 65% des voix en 2002), j’y voterais donc « démocrate ». Et réciproquement si c’est la gauche ou un écologiste qui est le mieux placé.

  • [quote comment= »21122″]Simplement, il faut noter que le mode de scrutin d’élection des députés est éminemment cruel pour les idées dissidentes le plus souvent mises devant une alternative peu réjouissante : s’inféoder ou être balayé. Si vous n’arrivez pas à distordre localement l’espace électoral d’une manière suffisament drastique pour obtenir 50% des voix donc celles fidèles au parti unique dont vous souhaitez disputer l’hégémonie, vous êtes balayés, et il est bien possible que cela arrive au mouvement démocrate comme vous le souhaitez, koz. [/quote]

    Trois choses :

    • parler de parti unique est amusant. C’est une expression que l’on emploie généralement dans un pays qui ne compte qu’un seul parti. Sauf à ce que la France soit dotée de plusieurs partis uniques;

    • je ne souhaite pas spécialement que le MD soit balayé, je constate que la probabilité qu’il le soit est assez élevée, en tout cas en terme de représentation parlementaire. En fonction de données assez prévisibles : que ce soit le mode de scrutin ou l’électorat des députés (n’oublions pas qu’en 2002, je doute que leurs électeurs aient songé un instant à l’évolution qui serait la leur durant cette législature);

    • on peut vouloir changer la « règle du jeu » quand elle ne vous plaît pas. Je reste attaché à l’idée que la Vème République a toutefois mis un terme à des pratiques regrettables que je ne souhaite pas que l’on connaisse de nouveau, même si une part de proportionnelle peut être souhaitable. Certes, ces régimes avantageaient structurellement les partis du centre mais cela ne me semble pas être une raison suffisante pour souhaiter leur retour.

    Pour ce qui est de votre vote stratégique, si vous voulez que les électeurs le comprennent, il faudra que les partis l’assument. Sinon, l’effet sera minime. C’est ce que l’on appelle un accord électoral et c’est assez exactement ce dont ces 23 (ah tiens, Jean-Louis Bourlanges aussi) ne veulent pas.

    Et à vrai dire, je ne suis pas très inquiet pour Valérie Pécresse. Avant que la part de sympathisants UDF de cette circonscription (même nouveaux) votent socialistes, de l’eau aura passé sous les ponts… Sans compter que les électeurs peuvent aussi, plus qu’à la stratégie, être sensibles à la qualité du candidat proposé. C’est juste une hypothèse, hein.

  • [quote]Avant que la part de sympathisants UDF de cette circonscription (même nouveaux) votent socialistes, de l’eau aura passé sous les ponts… [/quote]

    En même temps, je préconise exactement l’inverse, à savoir que les électeurs de gauche votent, dans ce genre de circonscriptions, démocrate. Je ne sais pas si ça marchera contre Valérie Pécresse, qui au passage est charmante même s’il ma semblé qu’on l’avait placé à contre-emploi dans ce rôle de porte-parole où il faut souvnet ne pas hésiter à « mordre », mais sur 577 circonscriptions, ça peut éviter une marée bleue qui annihilerait le débat démocratique pendant 5 ans.

  • [quote comment= »21130″] ça peut éviter une marée bleue qui annihilerait le débat démocratique pendant 5 ans.[/quote]

    l’avantage de la marée bleue c’est outre les progès économiques, le fait qu’elle permettrait de ramener un peu de démocratie au centre et à gauche…

  • @ Lisette « A aucun moment il n’y a besoin de penser que N. Sarkozy prenne personnellement son téléphone pour engueuler les uns ou les autres, ou exiger telle ou telle chose. »

    Il y a d’autant moins besoin de le penser que, sans parler du Canard, plusieurs des journalistes en question en ont témoigné publiquement, par écrit, ou hier soir dans le documentaire sur arte.

    Les faits n’ont pas besoin d’être pensés, simplement constatés !

  • @FredericLN : 🙂 je n’ai pas besoin de le penser pour être inquiète. Si jamais cela se vérifie, c’est juste pire! Mais il n’y a même pas besoin de l’imaginer. La dénonciation du système me suffit. Il me semble que Bayrou lui-même n’est jamais allé plus loin que la dénonciation des réseaux d’influence, y compris au moment de l’organisation du débat avec S. Royal.

    En plus, il est possible que justement les journalistes qui témoignent de ce genre de choses soit ceux sur qui les menaces du clan n’ont pas trop d’effet. Par conséquent, Sarko peut se permettre de les appeler s’il le veut, je trouve ça insupportable, mais on peut éventuellement penser que c’est sans conséquence. En revanche, s’il le fait avec des gens dont il peut décider de la carrière, là, c’est scandaleux. Mais ça, il n’y a pas besoin de le pense. Le simple fait que les liens existent suffit à pourrir le système (liens entre l’Etat et ces groupes d’une part, entre le Président et ses amis, d’autre part)

  • @Koz : des fois, je suis pas juste une centriste caricaturale, et je me fais un peu cynique. Je me dis qu’il est dans la nature du pouvoir d’être autoritaire. Comme je suis pas anarchiste non plus (hi hi, une anar démocrate-chrétienne), ben je me dit que puisqu’il faut bien instaurer des pouvoirs, il faut faire en sorte de poser des limites. A chaque pouvoir son contre-pouvoir. (seule contrainte : que le pouvoir en question puisse effectivement s’exercer)

    Il est, par exemple, dans la nature du pouvoir politique de vouloir peser sur les médias. Thomas et François Hollande en sont le triste exemple. Il y en a sûrement des tas d’autres. Mais cela ne doit rester qu’une tentation. Le problème du nouveau président, c’est qu’il affiche ses amitiés avec les patrons des médias. Qu’il montre que ça lui est parfaitement égal toutes ces élucubrations de gauchistes sur l’équilibre des pouvoirs!

    Mais tout le monde n’est pas à sa botte, évidemment. Et puis on est en démocratie, il ne peut pas faire exactement n’importe quoi. Mais il peut déjà beaucoup, et pourra encore plus à partir du 16 mai.

  • A prendre au second degré…

    En ce moment, je joue à « Godfather », jeu basé sur les films « Le Parrain ».

    Au début du jeu, et encore de temps en temps, même si je suis monté en grade, je rentre dans des boutiques de NY, et j’explique aux gens que la ville est dangereuse. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais que ma famille peut les protéger moyennant finances. Quand ils ne comprennent pas, je peux même leur faire une démonstration ? Mais maintenant que j’ai pris du galon, il me suffit en général d’entrer dans la boutique et de saluer ostensiblement le patron pour que le tiroir caisse s’ouvre.

    C’est marrant, non ?

    😉

  • [quote comment= »21113″]Mais le fait que des groupes en affaire avec l’Etat soient également propriétaires de grands médias, et qu’en plus les patrons de ces chaînes soient des amis personnels du nouveau président de la République ne me paraît absolument pas favorable à une saine pratique démocrate.[/quote]

    Lisette, j’ai souvent lu cet argument qui me plonge dans des abîmes de perpexité. N’y voyez rien de personnel mais comme je le retrouve ici sous votre plume, j’en profite pour vous poser les questions qui me tarabustent :

    1. En quoi est ce que le fait qu’un groupe tire des revenus de contrats avec l’Etat entre-t-il en ligne de compte? Si Lagardère cède toutes ses activités à l’exception des media, lesdits media seront ils alors par enchantement au dessus de tout soupçon?

    2. En quoi France Télévisions et Radio France sont ils moins dépendants du pouvoir politique (et de son finacement) que Bouygues ou Lagardère?

    La liberté de la presse est essentielle. Pour moi elle se garantit par la pluralité. Je crois (sans être un expert) qu’il y a en France des lois qui limitent les concentrations dans ce secteur et je m’en réjouis.

    Personne n’a jamais obligé qui que ce soit à regarder TF1. On peut choisir France 2, France 3, France 5 ou Canal + si on recherche une chaîne hertzienne tendant à gauche. Le fait que les gens regardent majoritairement TF1 signifie peut être qu’ils préfèrent les programmes que cette chaîne diffuse et, pourquoi pas, la qualité de son traitement de l’information.

    Je suis absolument médusé par des arguments qui invoquent la défense de la liberté de la presse pour tenter d’en réduire la pluralité.

  • [quote comment= »21155″]A prendre au second degré…

    En ce moment, je joue à « Godfather », jeu basé sur les films « Le Parrain ».

    Au début du jeu, et encore de temps en temps, même si je suis monté en grade, je rentre dans des boutiques de NY, et j’explique aux gens que la ville est dangereuse. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais que ma famille peut les protéger moyennant finances. Quand ils ne comprennent pas, je peux même leur faire une démonstration ? Mais maintenant que j’ai pris du galon, il me suffit en général d’entrer dans la boutique et de saluer ostensiblement le patron pour que le tiroir caisse s’ouvre.

    C’est marrant, non ?

    ;)[/quote]

    T’as encore rien vu.

    Dans le 2, tu vas voir le maire de ta commune pour lui expliquer que tu as monté une association d’aide à la réinsertion des délinquants et qu’il devrait financer ton association s’il ne veut pas que des voitures crament comme les carcasses fumantes qu’on voit au carrefour d’à côté.

    Quand tu prends du galon, tu as juste à klaxonner dans ta Porsche devant la mairie pour que le maire descende avec un chèque.

    C’est rigolo le second degré, non?

    😀

  • Pour ma part j’avais compris dans le billet de Koz qu’on s’en foutait pas mal du sort de Bayrou ou des élus UDF, mais que le plus important dans le sujet présenté concerne les quelques 7 millions d’électeurs du premier tour des présidentielles qui se sont porté sur cette candidature et parmi eux en particulier des militants qui se sont investis à 200% comme ceux des autres partis.

    Alors que F.Bayrou, finisse en Chevènement de la droite, ou tout autre chose, son avenir personnel n’est pas l’objet.

    Je ne suis pas militant UDF, mais je comprends que ceux ci puissent se sentir trahis par ces élus UDF qui ont soutenu la candidature de F.Bayrou (au pire se sont ils abstenu de tout commentaire). Mais … il y en a eu d’autres traites avant le premier tour. Et si on y pense, y’en a même un qui pendant 5 ans trahissait son camp en participant aux gouvernements de J.Chirac.

    Est-ce possible q’une seule personne soit trahie par autant d’amis en même temps ?

    Mais alors, le traitre, ne serait il pas celui qui a bâti un groupe parlementaire dont les élus n’auraient jamais pu l’être sans les voix de l’UMP ? Ne serait-ce pas celui qui dirige un parti dont les élus ne sauraient avoir de majorité dans les départements, les circonscriptions, les mairies sans la constitution de majorités avec l’UMP ? Ne serait-ce donc celui qui renie tout cela en revendiquant sa différence dans des discours contradictoires avec son programme et des propos excessifs sinon insultants envers un ancien allié ? Ne serait-ce pas celui qui conçoit le pluralisme d’une majorité si et seulement si c’est lui qui se trouve à sa tête. En clair, en quoi un président venu de l’UDF aurait il plus de légitimité qu’un président venu de l’UMP à rassembler des élus de droite, du centre et de gauche dans sa majorité ?

    Ces élus UDF qui se joignent aujourd’hui à N.Sarkozy ne veulent justement plus trahir, comme F.Bayrou a tenté de leur faire faire, les élus avec lesquels ils partagent le pouvoir et surtout les électeurs qui leur ont donné leurs suffrages.

    Les militants UDF qui l’étaient avant cette candidature de F.Bayrou ne devraient donc pas selon moi se sentir trahis mais rassurés d’un retour à la cohérence de la part de ces élus.

    Les militants venus des partis de gauche, qui ont été tentés par la candidature de F.Bayrou et qui l’ont rejoint (souvent par déception de la candidature de S.Royal à mon avis) ne manqueront pas de propos virulents pour dénoncer cet éternel comportement des partis de droite à se rassembler malgré les divergences énoncées plus tôt. Je pense que ceux ci n’auront aucun scrupule à faire de même et retourner naturellement vers leurs partis d’origine soutenir des candidats dont S.Royal ne fait pas partie !

    Restent les nouveaux militants, il y en a toujours. Ceux là ont certainement cru à une nouvelle voie et ont certainement été séduits par ce censeur des bonnes et mauvaises politiques, par ce donneur de bons et mauvais points du candidat parfait qui détient la seule vérité. A ceux là je veux dire que choisir c’est renoncer. – Renoncer au pouvoir si on choisit l’opposition. – Renoncer à une utopie si on choisit le réalisme d’un programme privilégiant une approche plutôt qu’une autre. – Renoncer au non choix de la politique du ni-ni. – …

    A vous tous, militants de F.Bayrou, je veux aussi vous souhaitez bon courage car vous cumulez défaite de votre candidat et dislocation du parti dont il est président.

  • [quote comment= »21162″] 2. En quoi France Télévisions et Radio France sont ils moins dépendants du pouvoir politique (et de son finacement) que Bouygues ou Lagardère?[/quote]

    Cet argument de l’argent privé corrupteur, en opposition au vertueux argent public, a été l’alpha et l’oméga de la campagne de Bayrou. Tout bon démocrate-chrétien, catholique en général, élevé dans le tabou de l’argent, est sensible à ce schéma. Les autres croyants ne font en général pas ce genre de distinction.

    Ce n’est pas le propriétaire de l’argent qui est vertueux ou non, c’est son utilisateur.

  • [quote post= »302″]Lisette, j’ai souvent lu cet argument qui me plonge dans des abîmes de perpexité. N’y voyez rien de personnel mais comme je le retrouve ici sous votre plume, j’en profite pour vous poser les questions qui me tarabustent :

    1. En quoi est ce que le fait qu’un groupe tire des revenus de contrats avec l’Etat entre-t-il en ligne de compte? Si Lagardère cède toutes ses activités à l’exception des media, lesdits media seront ils alors par enchantement au dessus de tout soupçon?

    2. En quoi France Télévisions et Radio France sont ils moins dépendants du pouvoir politique (et de son finacement) que Bouygues ou Lagardère?

    La liberté de la presse est essentielle. Pour moi elle se garantit par la pluralité. Je crois (sans être un expert) qu’il y a en France des lois qui limitent les concentrations dans ce secteur et je m’en réjouis.

    Personne n’a jamais obligé qui que ce soit à regarder TF1. On peut choisir France 2, France 3, France 5 ou Canal + si on recherche une chaîne hertzienne tendant à gauche. Le fait que les gens regardent majoritairement TF1 signifie peut être qu’ils préfèrent les programmes que cette chaîne diffuse et, pourquoi pas, la qualité de son traitement de l’information.

    Je suis absolument médusé par des arguments qui invoquent la défense de la liberté de la presse pour tenter d’en réduire la pluralité.[/quote]

    Merci Libéral, figures-toi (oui moi je tutoie tout le monde c’est mon côté populiste, genre on est sur internet on est tous potes), figures-toi, donc, que c’est la première fois que j’ai une réponse à ces questions. Une remarque préliminaire : à aucun moment je n’ai parlé du public, et à aucun moment non plus il n’a été question de revenir à une télévision uniquement publique. Une autre remarque préliminaire : je n’y connais rien, je le revendique, je ne fais qu’écouter, lire, essayer de comprendre.

    Comme je l’ai dit ailleurs, je n’ai pas attendu l’algarade entre Bayrou et Chazal pour trouver que le traitement de l’information sur TF1 était assez largement biaisé. On est pas obligés de regarder TF1, c’est sûr. En même temps, le JT de 20h sur TF1, et le 13H de JP Pernaud, sont ceux qui font les plus grosses audiences. On est pas obligé non plus de prendre tout « ce qu’on voit à la télé » au premier degré, c’est sûr hein. Ni ce qu’on lit dans les journaux. Bien sûr, il faut recouper ses sources d’information, et différencier d’un oeil critique les faits et le commentaire. N’empêche que personne ne le fait, et qu’on va pas empêcher les gens de regarder TF1.

    Ensuite, concernant le rapport avec les chaînes publiques. Il me semble que les journalistes relèvent d’un statut particulier de la fonction publique qui leur assure une certaine indépendance (mais je dit peut-être des énormes bêtises, encore une fois je n’y connais rien et n’ai jamais prétendu rien y connaître). Ensuite, on pourrait effectivement légtimement penser que c’est plutôt hors du service public qu’on trouvera une information indépendante. Comment se fait-il que ce ne soit pas le cas? Parce que les chaînes privées sont également en affaire, amitié, ou les deux, avec l’Etat. Sans avoir cette indépendance de statut, et peut-être cette histoire, qui leur garantit une autonomie.

    Donc, 1. oui, il me semble, un peu plus 2. justement, ils ne le sont pas. Comment se fait-il qu’ils proposent une information plus neutre? Et pourquoi ne peut-on pas compter sur les initiatives privées pour avoir une information complètement indépendante (dans les grands médias, c’est le sujet de la conversation)

  • JE REPOSTE : ma correction a été trop longue… Merci de ne conserver que cette partie! [quote post= »302″]Lisette, j’ai souvent lu cet argument qui me plonge dans des abîmes de perpexité. N’y voyez rien de personnel mais comme je le retrouve ici sous votre plume, j’en profite pour vous poser les questions qui me tarabustent :

    1. En quoi est ce que le fait qu’un groupe tire des revenus de contrats avec l’Etat entre-t-il en ligne de compte? Si Lagardère cède toutes ses activités à l’exception des media, lesdits media seront ils alors par enchantement au dessus de tout soupçon?

    2. En quoi France Télévisions et Radio France sont ils moins dépendants du pouvoir politique (et de son finacement) que Bouygues ou Lagardère?

    La liberté de la presse est essentielle. Pour moi elle se garantit par la pluralité. Je crois (sans être un expert) qu’il y a en France des lois qui limitent les concentrations dans ce secteur et je m’en réjouis.

    Personne n’a jamais obligé qui que ce soit à regarder TF1. On peut choisir France 2, France 3, France 5 ou Canal si on recherche une chaîne hertzienne tendant à gauche. Le fait que les gens regardent majoritairement TF1 signifie peut être qu’ils préfèrent les programmes que cette chaîne diffuse et, pourquoi pas, la qualité de son traitement de l’information.

    Je suis absolument médusé par des arguments qui invoquent la défense de la liberté de la presse pour tenter d’en réduire la pluralité.[/quote]

    Merci Libéral, figures-toi (oui moi je tutoie tout le monde c’est mon côté populiste, genre on est sur internet on est tous potes), figures-toi, donc, que c’est la première fois que j’ai une réponse à ces questions. Une remarque préliminaire : à aucun moment je n’ai parlé du public, et à aucun moment non plus il n’a été question de revenir à une télévision uniquement publique. Une autre remarque préliminaire : je n’y connais rien, je le revendique, je ne fais qu’écouter, lire, essayer de comprendre.

    Comme je l’ai dit ailleurs, je n’ai pas attendu l’algarade entre Bayrou et Chazal pour trouver que le traitement de l’information sur TF1 était assez largement biaisé. On est pas obligés de regarder TF1, c’est sûr. En même temps, le JT de 20h sur TF1, et le 13H de JP Pernaud, sont ceux qui font les plus grosses audiences. On est pas obligé non plus de prendre tout « ce qu’on voit à la télé » au premier degré, c’est sûr hein. Ni ce qu’on lit dans les journaux. Bien sûr, il faut recouper ses sources d’information, et différencier d’un oeil critique les faits et le commentaire. N’empêche que personne ne le fait, et qu’on va pas empêcher les gens de regarder le JT sur TF1. Est-ce le traitement éditorial qui est privilégié? ou le format des émissions qui précèdent et succèdent, et puis l’image siple renvoyée de la société? OU bien tout simplement le fait que comme c’est le plus regardé c’est lui qui fait référence? Mais y’a pas que TF1. Y’a des journaux, des radios, etc, etc qui appartiennent à des gens qui sont en affaire les uns avec les autres et on ne sait pas très bien qui fait quoi ni qui veut quoi. Pour les chaînes publique, on sait que ça vient de l’Etat. Le reste? No Se.

    Ensuite, concernant le rapport avec les chaînes publiques. Il me semble que les journalistes relèvent d’un statut particulier de la fonction publique qui leur assure une certaine indépendance (mais je dit peut-être des énormes bêtises, encore une fois je n’y connais rien et n’ai jamais prétendu rien y connaître). Ensuite, on pourrait effectivement légtimement penser que c’est plutôt hors du service public qu’on trouvera une information indépendante. Comment se fait-il que ce ne soit pas le cas? Parce que les chaînes privées sont également en affaire, amitié, ou les deux, avec l’Etat. Sans avoir cette indépendance de statut, et peut-être cette histoire, qui leur garantit une autonomie.

    Donc, 1. oui, il me semble, un peu plus 2. justement, ils ne le sont pas. Comment se fait-il qu’ils proposent une information plus neutre? Et pourquoi ne peut-on pas compter sur les initiatives privées pour avoir une information complètement indépendante (dans les grands médias, c’est le sujet de la conversation)

    Je suis très légère sur ces questions. Sans doute assez idiote. Désolée, je suis juste normale. Je me pose des questions. Elles ne sont pas complètement illégitimes. Elles ont en tout cas été posées au cours de la campagne, ont même permis l’émergence d’un candidat dans ces mêmes médias, et n’ont pas obtenu de réponse, d’aucune sorte. Au contraire, je vois affiché un certain mépris pour tout cela! Je trouve ça amusant, à force… mais j’imagine que rien de tout ça n’est nouveau, et que les questions se posaient de la même façon sous Mitterrand.

    L’équilibre des pouvoirs, c’est que le jeu garantisse l’existence d’une presse, de radios et de chaînes de télévisions libres de tout lien avec le gouvernement. Et non seulement qu’elles puissent exister, mais qu’elles puissent faire concurrence aux chaînes publiques en terme de qualité de programme, et de moyens mis en oeuvre. L’Etat ne devrait pas avoir de lien, d’aucune sorte, avec d’autres médias que les médias public.

  • [quote comment= »21114″]Il y a fort à parier que les 40% de bayrouistes ayant voté à gauche continueront à le faire aux legislatives, idem pour les 40% ayant voté à droite.[/quote]

    Moi je veux bien parier contre cette affirmation là. Il y a un bookmaker dans la salle ?

    [quote comment= »21112″]Personnellement, j’ai un peu de mal avec le mot trahison lorsque le ralliement se fait pour être constructif vis à vis du pouvoir qui se met en place, plutôt que dans une opposition bien plus confortable, qui permet d’échapper aux risques du pouvoir pour mieux se présenter comme non souillé par la contingence des responsabilités la prochaine fois.[/quote] Qu’est ce qui empêche un député de l’opposition d’être autant constructif qu’un député de la majorité si leurs idées respectives sont suffisamment proches les unes des autres, comme on peut le supposer s’il s’agit de personnes ayant soutenu F.Bayrou aux présidentielles ? La position confortable c’est celle des neo-UMP, qui , par leur faible nombre de candidatures assumé, n’auront même à se poser la question de soutenir ou rejeter telle ou telle proposition issue de leur camp. L’exercice des responsabilités ne se fait qu’en ayant la possibilité de faire des choix qui permettent effectivement de faire adopter ou capoter une proposition de loi — et de les revendiquer.

  • [quote comment= »21186″]JE REPOSTE : ma correction a été trop longue… Merci de ne conserver que cette partie![/quote]

    Il y a une possibilité d’édition des commentaires (dont le délai est certes dépassé maintenant)… Et j’ai quelques occupations dans ma journée qui font que je préfère ne pas m’engager dans la mise en forme des commentaires de chacun. Je remercie chacun d’être attentif à ses propres commentaires.

    Je l’indique ici parce que ce n’est pas la première fois que l’on m’invite à corriger un commentaire, à supprimer un doublon, à fermer une balise, et vous comprendrez qu’entre mon boulot et le blog, je sois déjà bien occupé.

  • [quote comment= »21158″]

    Lisette, j’ai souvent lu cet argument qui me plonge dans des abîmes de perpexité. N’y voyez rien de personnel mais comme je le retrouve ici sous votre plume, j’en profite pour vous poser les questions qui me tarabustent :

    1. En quoi est ce que le fait qu’un groupe tire des revenus de contrats avec l’Etat entre-t-il en ligne de compte? Si Lagardère cède toutes ses activités à l’exception des media, lesdits media seront ils alors par enchantement au dessus de tout soupçon?

    2. En quoi France Télévisions et Radio France sont ils moins dépendants du pouvoir politique (et de son finacement) que Bouygues ou Lagardère?

    La liberté de la presse est essentielle. Pour moi elle se garantit par la pluralité. Je crois (sans être un expert) qu’il y a en France des lois qui limitent les concentrations dans ce secteur et je m’en réjouis.

    Personne n’a jamais obligé qui que ce soit à regarder TF1. On peut choisir France 2, France 3, France 5 ou Canal + si on recherche une chaîne hertzienne tendant à gauche. Le fait que les gens regardent majoritairement TF1 signifie peut être qu’ils préfèrent les programmes que cette chaîne diffuse et, pourquoi pas, la qualité de son traitement de l’information.

    Je suis absolument médusé par des arguments qui invoquent la défense de la liberté de la presse pour tenter d’en réduire la pluralité.[/quote]

    En l’occurence, le problème (si problème il y a) serait plutôt que les deux types de médias — privés comme publics– sont proches du gouvernement; soit institutionellement, comme les chaines publiques; soit en raison de lien personnels, comme les grands groupes type Bouygues.

    Je ne crois pas plus en l’objectivité du public (structurellement lié au gouvernement) qu’en celle du privé; c’est le fait que les deux soient de deux tendances différentes qui assure une sorte d’équilibre des pouvoirs.

    En revanche quand les deux (je caricature, il y en a plus de deux, fort heureusement) sont de la même tendance, effectivement il y a un risque d’entendre plus souvent une opinion qu’une autre.

    Bon. En même temps, personne n’est forcé de regarder TF1 ou France 2, hein. Il existe aussi des médias d’une autre couleur politique…

    JF

  • Je suis désolée de la correction, Koz. J’ai pris trop de temps à corriger, et le message ne s’est pas rechargé. Je n’aurai pas dû essayer de répondre à une heure si avancée de la nuit : c’est de toute façon très confus. Je suis d’accord avec JF. Voilà! 🙂

  • Comme le sujet est les électeurs de FB, je me demande si la sortie du livre de RB et AC n’est pas une tentative de sauvetage du PS qui ne parvient pas seul à faire une évolution démocratique et peut-être un appui de DSK pour qu’il reste au PS ou pour l’instant ne pouvant faire des transformations internes au PS pourrait être tenté de rejoindre le MD et je crois toujours à la condition que le semeur de nobles idées FB les mettent en application en mettant donnant la place de candidat au présidentielles de 2012 à DSK, condition sine qua non pour un ralliement de sa part.

  • Il faut arreter de croire au pere noel!

    Bayrou devait taper sur NS pour trouver sa place et gagner des voies au premier tour, 40% des scrutins FB proviennent de socialistes malheureux du choix de SR et tentés par le TSS soft de FB.

    FB en a joué à fond et aujourd’hui se trouve dans une position ou il ne peut plus faire marche arriere et ou il sait qu’il n’aura rien a gagner dans les 5 ans qui viennent. Perdu pour perdu il joue 2012 et c’est tout!

    Ses députés font l’inverse, il ont encore à sauver leurs sieges à l’AN alors ils jouent juin 2007 en se déclarant dans la majorité présidentielle.

    Il faut vraiment etre un militant politique totalement néophyte pour croire sincerement qu’il y a des questions de conviction derriere tout ca.

    C’est finalement bien triste pour l’UDF qui fut ma premiere formation politique, pour laquelle j’ai encore quelques sentiments et au seins de laquelle j’ai toujours beaucoup d’amis.

  • Le problème, Lisette, est que rien n’est plus subjectif que la perception de la tendance politique d’un media. Il y a plein de gens biens, dont je suis (je me considère comme un gens bien :)) qui trouvent que TF1 offre un traitement de l’information plus impartial que France Télévisions. Pour moi, TF1 penche légèrement à droite pour les questions de société mais manifeste, comme à peu près tout l’audiovisuel français, un biais anti-libéral prononcé. De son coté, France Télévisions est légèrement à gauche pour les questions de société et encore plus anti-libéral en termes économiques. Et je ne parle pas de Canal.

    Je conçois parfaitement que quantité de gens biens, dont toi, pensent différemment de moi et c’est justement le noeud du problème. Il est impossible de juger impartialement de l’impartialité des media. De même, je ne pense pas qu’il faille souhaiter l’absence de lien entre politiques et media. C’est impossible. Les politiques sont des gens de pouvoir et les journalistes aussi. Ils se cotoient à longueur d’année, il est impossible que des liens ne se tissent pas. Ils ont trop besoin les uns des autres.

    La solution passe par la pluralité, qui me paraît assurée en France par la loi, et encore renforcée par le lancement de la TNT. L’émergence des blogs est également salutaire en ce qu’elle rend encore plus impossible d’étouffer la diffusion d’une info.

    Je finis sur le comportement de Sarkozy vis a vis de la question de l’indépendance des media. Tu considère son refus d’entrer dans la polémique comme une marque de mépris, permets moi de te proposer une lecture alternative.

    Nous vivons depuis Mitterrand avec un service public d’information biaisé à gauche (je ne dis pas ça pour t’en convaincre, seulement pour te faire sentir comment c’est perçu par la moitié droite de la population). Sarkozy a subi une campagne de diabolisation sans précédent initiée par des media de gauche dure (qui n’ont pas d’équivallent à droite) et relayée par le service public et le reste des media.

    Pas une fois, Sarkozy n’a accusé les media de partialité. Il a toujours refusé d’entrer dans ces débats parce qu’il sait qu’ils sont stériles. On l’accuse d’avoir mis les media à sa botte, comment peut il s’en défendre? Nier? Ca va convaincre qui? Contre-attaquer en dénonçant le biais inverse? Ce serait encourager la suspiscion généralisée et, là encore, ça ne prêcherait que les convertis. Il choisit de refuser la polémique, de rappeler que les journalistes sont assez grands pour résister aux pressions du pouvoir, et qu’insinuer le contraire revient à les insulter.

    Là où tu vois du mépris, je vois un respect immense pour l’indépendance de la presse; je vois un homme qui préfère que la presse qui lui est hostile soit libre plutôt que décrédibilisée.

    J’aime bien Bayrou. J’aime beaucoup de ses idées. Je l’ai trouvé très convaincant lors du « débat » avec Royal. J’aurais sans doute voté pour lui si la droite n’avait pas eu un candidat de la qualité de Sarkozy. Mais je lui en veux beaucoup d’avoir choisi de mettre les media en accusation. Ca ne l’a pas grandi et ça a affaibli la démocratie. Pour prendre une métaphore sportive, quand les arbitres sont blâmés par les entraîneurs, ils sont frappés par les supporters.

    Accuser les media comme Bayrou l’a fait, j’aurais pu le faire (je le fais d’ailleurs un peu plus haut), mais je n’ai pas la stature d’un chef d’état. J’admire chez Sarkozy qu’il n’ait pas agi comme je l’aurais fait, parce que j’aurais eu tort et qu’il a eu raison.

  • @Libéral : ce mépris a une certaine force, c’est sûr. J’admire la superbe, et ce week-end sur un yacht est une provocation gratuite et magnifique qui a plutôt ma sympathie… J’entends très bien tout ce que tu dis sur la façon de percevoir le biais des différentes sources d’information. Je crois tout de même que le JT de TF1 a un statut à part, mais finalement là n’est pas la question, tu me l’a très bien montré.

    [quote post= »302″]Il est impossible de juger impartialement de l’impartialité des media. De même, je ne pense pas qu’il faille souhaiter l’absence de lien entre politiques et media. C’est impossible. Les politiques sont des gens de pouvoir et les journalistes aussi. Ils se cotoient à longueur d’année, il est impossible que des liens ne se tissent pas. Ils ont trop besoin les uns des autres.[/quote] A lire ce passage, j’ai l’impression que nous sommes beaucoup plus en accord qu’il ne paraissait au début. J’ai dit plus haut :

  • Une petite réflexion sur le journalisme français. C’est un secret de polichinelle que la majorité des journalistes penchent à gauche. En réfléchissant sur les événements de cette campagne électorale j’arrive à la conclusion qu’il y a une volonté souterraine de tous les acteurs importants, politiques, journalistiques et économiques de gauche de ce pays pour favoriser l’émergence d’un parti social-démocrate français.

    D’abord tous les espoirs reposaient sur SR, puis, après le constat de sa vacuité, voir la dangerosité de son élection vu ses incompétences et son caractère imprévisible, on a reporté tous les efforts sur FB, puis maintenant sur DSK associé ou pas à FB. Et on s’emploie à essayer d’évincer les « Ténardiers » ayant effectué une présumée OPA sur le PS…

    Bayrou fait-il partie de cette volonté souterraine ou a-t-il essayé de surfer sur la vague pour son propre ego ?

  • @Libéral : ce mépris a une certaine force, c’est sûr. J’admire la superbe, et ce week-end sur un yacht est une provocation gratuite et magnifique qui a plutôt ma sympathie… J’entends très bien tout ce que tu dis sur la façon de percevoir le biais des différentes sources d’information. Je crois tout de même que le JT de TF1 a un statut à part, mais finalement là n’est pas la question, tu me l’a très bien montré.

    [quote post= »302″]Il est impossible de juger impartialement de l’impartialité des media. De même, je ne pense pas qu’il faille souhaiter l’absence de lien entre politiques et media. C’est impossible. Les politiques sont des gens de pouvoir et les journalistes aussi. Ils se cotoient à longueur d’année, il est impossible que des liens ne se tissent pas. Ils ont trop besoin les uns des autres.[/quote] A lire ce passage, j’ai l’impression que nous sommes beaucoup plus en accord qu’il ne paraissait au début. J’ai dit plus haut : [quote post= »302″]des fois, je suis pas juste une centriste caricaturale, et je me fais un peu cynique. Je me dis qu’il est dans la nature du pouvoir d’être autoritaire. Comme je suis pas anarchiste non plus (hi hi, une anar démocrate-chrétienne), ben je me dit que puisqu’il faut bien instaurer des pouvoirs, il faut faire en sorte de poser des limites. A chaque pouvoir son contre-pouvoir. (seule contrainte : que le pouvoir en question puisse effectivement s’exercer) Il est, par exemple, dans la nature du pouvoir politique de vouloir peser sur les médias.[/quote]

    Il y a deux niveaux de liens entre notre nouveau président et les médias qui peuvent poser problème. Les liens personnels, voire d’amitié, qu’il serait absurde de dénoncer. Comme tu le dis, ces milieux ont vocation à se rapprocher, et partagent les mêmes intérêts. C’est précisément la raison pour laquelle il faut éviter le deuxième type de lien, les liens d’affaires, marchés publics et autres commandes de l’Etat. L’Etat ne doit rien avoir à faire avec les médias privés. Il ne doit pas passer de contrat avec des groupes qui possèdent des médias, et surtout pas quand en plus il y a déjà des liens personnels aussi intimes que ceux qu’affiche N. Sarkozy (en toute transparence, ce n’est pas la question). Les lois sur la concentration évite que tous les médias tombent entre les mains d’un seul groupe, qui pourrait imposer sa vision de la société. Mais si, de fait, ces groupes divers se retrouvent finalement tous liés à l’Etat, l’effet bénéfique de cette loi peut s’en trouver annuler. La question n’est pas de savoir comment les choses se passent en effet. Je serais bien en peine de faire le tri parmi tous les jugements à l’emporte-pièce qui me parviennent. L’Etat doit être au-dessus de tout soupçon, c’est tout. (Bayrou a toujours dit que la question était la même quand le PS était au pouvoir, ce n’est pas une question de personnes)

    Concernant la campagne de Bayrou : il est hâtif de dire qu’il a fait campagne là-dessus. Cela n’a pas été un leitmotiv. En revanche, c’est effectivement là-dessus qu’il a percé, oui, à un moment où on ne le voyait presque jamais et où le premier tour était annoncé partout comme déjà joué. Aurait-on eu une telle participation si un peu de suspens n’avait pas été introduit? Donc il a percé sur une provocation. Provocation qui en appelle à une question de fond, et qui a été efficace politiquement. Mais ce n’était pas le fond de sa candidature.

    Cela dit, chaque candidat y est allé de sa provoc, durant cette campagne, et je peux imaginer qu’on se choque plus facilement quand ça ne vient pas du candidat favori. 😀

  • Et voilà, j’ai encore fait une bêtise. Cette fois, j’ai dû envoyer le commentaire sans m’en rendre compte.

    @Margit : [quote post= »302″]Bayrou fait-il partie de cette volonté souterraine ou a-t-il essayé de surfer sur la vague pour son propre ego ?[/quote]

    Bayrou a TOUJOURS dit ce qu’il ferait. En ce sens, il est plus proche de Sarkozy que tu ne le penses : je dirait tout avant pour tout faire après. Ses objectifs n’ont jamais varié d’un iota. Tu peux appeler ça de l’obstination, ça demande aussi de la conviction. C’est certainement de l’ambition, mais je trouve normal qu’un dirigeant de parti politique souhaite gouverner. Le tout est de savoir comment, et s’il souhaite le faire y compris en faisant des compromis sur ses idées. Il a toujours dit qu’il fallait créer un grand parti du centre, indépendant de la droite (indépendant ça veut dire « qui peut voter la censure ») et capable de rassembler sur sa gauche. Il a toujours dit que la famille centriste était partagée entre deux camps apparamment irréconciliables, mais que certains hommes du PS étaient plus proches idéologiquement de certains hommes de la droite que d’autres du PS, et réciproquement. IL l’a d’abord dit au CDS (contre Bosson) que les fondamentaux de la démocratie chrétienne pouvaient rassembler plus largement que les chrétiens seuls, et qu’il fallait par conséquent abandonner cette dénomination pour accueillir, sur le même socle d’idées, des libéraux, des radicaux. Il l’a ensuite dit à l’UDF, en raflant la place à Giscard (qui l’aime pas trop depuis). Qu’il fallait que l’UDF soit un parti libre, central, indépendant. Dès qu’il a été élu à l’UDF il a conduit des listes aux européennes contre la droite (tête de liste : Sarkozy) en 99. Il a présenté une candidature en 2002 à la présidence de la République sur les mêmes thèmes. Mais avec un parti en peau de chagrin pour cause d’OPA chiraquienne avec l’UMP. (N. Sarkozy souhaite revenir sur cette conception d’un parti unique de la droite, et tant mieux), du coup il a été obligé de maintenir ses anciennes alliances (geste généreux de Juppé) pour ne pas mourir. Il est passé pas loin quand même. Mais c’est reparti en 2004 pour les régionales : un candidat partout.

    En 2007, il recommence. Tête brûlée je vous dis. La démocratie sociale, c’était le nom du CDS (centre des démocrates sociaux), tu penses bien que ça lui fait pas peur, Margit!

  • Il y a un truc assez « marrant » sur le déni, par certains, des pressions, qu’elles soient directes, ou pas, suggérées ou pas.

    Je suis en train d’écouter le discours de Bayrou ce matin. Vous noterez qu’il manque, effectivement, beaucoup de députés mais que… la plupart des sénateurs et députés européens sont là.

    N’est ce pas significatif ?

  • … du fait qu’ils ont du temps devant eux pour se déterminer ? Si, probablement. Que sénateurs et députés européens ne sont pas directement élus par le peuple ? Si, aussi (j’entends par là que les députés européens sont pré-sélectionnés pour figurer sur la liste). Du fait qu’ils sont ainsi dispensés de toute responsabilité devant les électeurs ? Possible, également. Alors, des pressions ? Je pense que l’UMP n’a eu qu’à rappeler ces députés à la réalité.

    Au passage, Piel souligne dans un autre billet que le MD n’envisage pas d’investir de candidats contre les députés UDF sortants (sf Santini et Robien), mais que cela « dépendra de leur attitude ». C’est amusant, cela me rappelle très exactement la position de l’UMP durant la campagne. Bref, si ensuite (enfin, d’ici samedi) le MD, jugeant l’attitude de certains non conforme à leurs attentes, investissait des candidats contre certains, y verriez-vous des pressions ?

  • [quote comment= »21353″]Au passage, Piel souligne dans un autre billet que le MD n’envisage pas d’investir de candidats contre les députés UDF sortants (sf Santini et Robien), mais que cela « dépendra de leur attitude ». C’est amusant, cela me rappelle très exactement la position de l’UMP durant la campagne. Bref, si ensuite (enfin, d’ici samedi) le MD, jugeant l’attitude de certains non conforme à leurs attentes, investissait des candidats contre certains, y verriez-vous des pressions ?[/quote] Oui 🙂 Clairement. On est mou, mais faut pas pousser mèmère dans les orties non plus 🙂

  • Il y a pression et pression. Ce dont on parle là « le rappel à la réalité » cher à Koz, est tout naturel. En période d’élections, on est avec ou contre, c’est un fait (pendant la législature, ça devrait pouvoir être différent). Mais ce n’est pas un rappel à la réalité du vote des électeurs et du choix du peuple, comme le laisse à penser notre hôte : c’est juste un rappel à la réalité du mode de scrutin qui peut laisser hors de l’Assemblée 1. Un parti arrivé au second tour, mais extrémiste (ça choque moins, alors que le PC a un groupe de toute éternité) 2. Eventuellement : un parti pas du tout extrémiste et qui aurait fait troisième dans le pays.

    Ce qui force à des ruses de béarnais (au moins) pour tenter de sauver et son honneur et son capital de voix et ses sous.

    Bon, j’ai failli faire un paragraphe sur les autres types de pressions, mais je m’abstiens.

  • [quote comment= »21385″]Oui 🙂 Clairement. On est mou, mais faut pas pousser mèmère dans les orties non plus :)[/quote]

    Bon, alors… De la part de l’UMP, qui n’est déjà pas molle, ça ne me semble que très naturel 😆

    Sérieusement, je ne vois pas en quoi l’attitude de l’UMP entre les deux tours a pu constituer une pression. Ils ont dit clairement aux élus UDF : si vous ne souhaitez pas nous soutenir, n’attendez pas de nous que l’on contribue à votre élection. Politiquement, cela me semble être la moindre des choses. Pour quelle raison l’UMP aurait-elle favorisé, en ne présentant pas de candidats, l’élection de députés fortement susceptibles d’adopter ensuite un comportement d’opposants ?

    A mon sens, il ne s’agissait que de mettre les points sur les « i » mais je m’étonne presque que cela ait été nécessaire.

    Au demeurant, puisque l’UDF n’est ni à gauche ni à droite, pourquoi attendre spécialement de l’UMP qu’elle ne présente pas de candidats ? Il fallait alors, aussi, l’exiger du PS, la droite et la gauche s’accordant à dire que, décidément, ni droite ni gauche, c’est le top.

  • [quote comment= »21395″]puisque l’UDF n’est ni à gauche ni à droite, pourquoi attendre spécialement de l’UMP qu’elle ne présente pas de candidats ?[/quote]

    Nul ne l’attend, en tout cas au MoDem … Et nul ne l’attendait en 2002, en tout cas pas François Bayrou (qui a envoyé sur les roses Alain Juppé qui lui proposait un accord).

    Que chacun présente ses candidats, et c’est aux électeurs de choisir. Non mais.

  • Dans ce cas, pourquoi avoir estimé que le fait que l’UMP précise que ceux qui n’auraient pas soutenu Nicolas Sarkozy se verraient opposés des candidats UMP était une pression inacceptable, scandaleuse etc, sauf pour le fun ?

  • Et parmi les quatre députés restés fidèles à Bayrou, il y en a un qui ne se représenterait pas : Gérard Vignoble ne veut pas affronter Salem Kacet, qui vient d’être investi dans la circonscription. Je suis troublé…

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