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Eurovision, toujours plus fort.

« Car ce serait, en effet, un scandale. Comment le producteur de Sébastien Tellier, Marc Teissier du Cros, peut-il proférer cette ânerie que ce serait “un combat d’arrière-garde”? C’est tout le contraire. Défendre sa langue, défendre la langue française, exiger de ceux qui ont l’honneur de représenter la France, de chanter ou de parler en son nom, l’élémentaire élégance d’user de ce patrimoine royal et magique que constituent les mots polis par l’Histoire et les usages, autant d’impératifs qui, loin d’être régressifs, sont d’une modernité infinie. Le ringard accable plutôt les lâches et les imprudents qui se laissent confisquer un trésor tout simplement parce qu’ils n’ont plus la force ni le talent pour le sauvegarder, voire pour l’enrichir.

[Philippe Bilger : “Chanter faux”.] + 1. »

[Laurent Gloaguen : « Scandale de l’Eurovision« ]

Et, en prime :

« Je sais bien que la langue française, la communauté francophone, réduites, abaissées, reflètent la perte de puissance de notre pays, sa dévaluation politique, sa réduction sur le plan international. C’est une banalité de soutenir qu’une langue se porte d’autant mieux qu’elle est abritée par une société et un Etat sûrs d’eux et capables de séduire et de convaincre au-delà d’eux.

Les grands défis ne sont pas à notre portée. Le Concours de l’Eurovision, si. Si nous amplifions, si nous devançons le désastre qui nous pend à la culture, nous n’aurons pas à nous plaindre. »

[Philippe Bilger : “Chanter faux”.]

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  1. voilà un billet qui repose son blogueur, je vous dis que ça []

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54 commentaires

  • Autre questionnement légitime ? Quel avantage auraient les Français à devenir des anglophones de seconde zone ? Car quels que soient les efforts entrepris pour renier notre langue et nos cultures au profit de celles des États-Unis, les Français ne pourront jamais parler aussi bien l’anglais que les Anglo-Saxons.

  • Bien d’accord… tout fout le camp…

    N’y aurait-il pas un bon Dabadie de nos contrées pour en faire une traduction ah-hoc ?!

    Oui moi aussi je fais +1

  • Plus généralement, le problème se pose dans tous les domaines où il y a des « compétitions » internationales. L’ Eurovision est un bon exemple car il faut arbitrer entre son identité propre et la capacité de « séduire » les autres pays. Mais il y a un domaine beaucoup plus grave où le combat est déjà perdu : la science et la communication scientifique. Tous les articles scientifiques paraissent en Anglais. C’est pour cela que dans les réformes actuelles de la recherche, attirer des étrangers passe nécessairement par la nécessité d’utiliser l’Anglais comme une langue d’enseignement. Je vois des réactions pour défendre le français sur l’ Eurovision; j’aimerais en voir pour des domaines plus sérieux, mais cela passe par un certain « abandon » d’une volonté de bien figurer à l’international qui n’est pas dans le vent.

  • Pas d’accord Koz.
    La culture ne se défend pas. Elle est conquérante ou elle meurt.
    Notre pays est en train de se transformer en musée géant. A force de vouloir préserver, protéger, défendre des acquis, on se sclérose et se condamne à la voiture-balais de l’histoire. Le Français et la France redeviendront intéressants pour le reste du monde le jour où des Français feront des choses intéressantes pour le monde, même si c’est en Anglais.
    Merde. Le Goncourt d’il y a 2 ans a été donné à un Américain pour un roman écrit en Français. As tu vécu ça comme une victoire ou comme une défaite pour la culture française?
    Pour revenir à la musique, Air et Daft Punk ont plus fait pour le rayonnement de la culture française en chantant en Anglais que tous les candidats à l’Eurovision sur les 25 dernières années en chantant en Français.

  • @libéral : D’accord à 100%.
    + J’ai le sentiment que le volontarisme de notre président aurait plus d’impact sur le terrain de la culture.
    + A l’heure où l’on parle de « croissance », avez vous notez la corrélation qu’il existe souvent entre un pays qui exporte sa culture et sa croissance?

  • Pas d’accord non plus. Vu que je suis une feignasse et que je pense avoir dit tout ce que je pensais chez moi et chez embruns, je me permets de copier puis de coller le (long) commentaire posté hier soir chez Embruns (corrigé en prime d’une ou deux fautes!), justement suite à la publication du même extrait que toi:

    Ce qu’il y a de bien en France, c’est que lorsqu’il s’agit de musique, on a toujours un député UMP pour ramener sa gueule. On avait eu François Grosdidier, qui avait eu la brillantissime idée au lendemain des émeutes de l’automne 2005, de présenter un texte de loi visant à condamner des rappeurs comme Monsieur R, ou des groupes comme 113, Lunatic ou encore Minister Amer (tous deux déjà dissous à l’époque, très fort le Grosdidier) pour certains propos amers envers la France allant même jusqu’à dire de ceux-ci “cela conditionne et c’est ce qui fait passer à l’acte”. On en rigole encore… Cette fois, le problème est de nature différente pour François-Michel Gonnot qui se plaint comme ce n’est pas permis:

    « Nombre de sociétés imposent l’anglais comme langue de travail à la place du français, la Commission européenne vient de supprimer le français de ses publications statistiques, et le summum vient d’être atteint avec le 53 ème concours Eurovision de la chanson où notre pays sera représenté par une chanson …en langue anglaise, « Divine », du chanteur français Sébastien Tellier »

    Franchement on croit rêver… On a donc des députés qui n’ont rien d’autre à foutre que de se pencher sur le fait que la chanson qui représentera la France sera interprétée en anglais. Alors oui, c’est une première pour la France… Et alors? Même si ce n’était pas du tout le but, on peut au moins arguer que pour une fois, on aurait fait un effort pour se faire comprendre par nos voisins. Et puis dans le fond, en français, en anglais ou en moldave, faut pas déconner, il n’y a rien de gratifiant à gagner l’Eurovision…

    Après si on voulait absolument du Tellier, on aurait très bien pu choisir Roche, titre également sur son dernier album Sexuality, et cette fois en français. Mais bon forcément, c’était moins joyeux comme son donc on a préféré prendre Divine… Mais si Sebastien Telleir a été sélectionné avec une chanson en anglais, ce n’est pas pour l’interpréter ensuite en français. Donc, il faut expliquer à ce cher député et aussi à tous les défenseurs de la langue française à la petite semaine que ce n’est pas après coup qu’il faut commencer à gueuler.

    Et puis, merde, on a pas à se plaindre non plus. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, l’Irlande présente une dinde qui chante sur de la techno et l’Espagne, un comique qui joue l’attardé mental mimant une chorégraphie débile. D’ailleurs, je finirai en citant les propos d’un journaliste du très respectable journal espagnol El Pais qui, à travers l’exemple du baile del chiki-chiki (la chanson retenue par l’Espagne) se fait un plaisir de dynamiter verbalement l’Eurovision:

    “Baila el chiki chiki est une parodie, une construction humoristique conçue pour incarner ce qu’il y a de plus idiot dans cette musique que l’on appelle, à tort, ‘populaire.(…) Chiki chiki est devenue une arnaque d’ampleur européenne. Mais au niveau musical, la danse grotesque de Rodolfo Chikilicuatre n’a rien à envier aux mélopées torturantes que l’Espagne a sélectionnées pour l’Eurovision ces 20 dernières années. L’Eurovision mérite-t-elle mieux que cette bouffonnerie ? Si avec des chansons acidulées, du folklore et des voix assourdissantes, nous ne pouvons pas gagner, alors nous envoyons Chikilicuatre ; comme ça, tout le monde saura ce que nous pensons de l’Eurovision et nous contribuerons à dynamiter un festival déplorable.”

    Voilà c’est dit!!

  • Je cite Koz: »…qui ont l’honneur de représenter la France… »

    Et ensuite ? Ben je pouffe, je m’esbaudis, je m’esclaffe ! 😉

    Plus sérieusement: plus la france et les français continueront d’adopter de tels comportements, et plus ils apparaîtront comme  » »rétrogrades » » à l’extérieur de l’hexagone. Ce genre de prise de position conforte les autres pays dans leur impression que les fransquillons refusent de s’ouvrir au monde.

    Un autre exemple de ce que je dis: votre ‘exception culturelle’ qui provoque toujours l’hilarité générale quand on évoque ce principe. Si vous devez mettre en place des règles d’exception pour sauver ce qui peut l’être, c’est qu’en fait elle n’intéresse plus personne sauf vous, mais certains sont tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils refusent de s’adapter et préfèrent s’accrocher à leurs reliquats du passé.

    Blague vieille mais toujours aussi représentative:

    « Comment appelle-t-on une personne parlant 3 langues ?
    – Un Trilingue !
    Et 2 langues ?
    – Un bilingue !
    Et une seule langue ?
    – Un français ! »

    Question subsidiaire: à quand remonte, à une heure de grande écoute et sur une chaine nationale, la dernière diffusion d’un film en VO sous-titrée ?

    Réponse pour Belgique/Pays-Bas/Allemagne/Luxembourg: moins de 7 jours. pour la France ? Hmmmm ? Je parie que certains vont se dire que l’idée même est incongrue, alors qu’ailleurs c’est normal…

    This being said, I wish good luck to the French representative at the ‘Eurovision 2008’. I’m pretty sure he will perform better than the other representatives of the past few years if he sings in English.

    Koz, connaissant ton excellent niveau d’anglais, je suis certain que tu ne prendras pas pour toi mon commentaire 😉

  • Bonjour,

    Naja, TF1 a-t-elle assez d’écoute pour te contredire ? Je regarde les experts en VO plusieurs fois par semaine à 20h30 (c’est assez une heure de grande écoute ?), et regrette qu’ils soient sous-titrés en français et non pas en anglais.

    By the way, for my work, I speak, read and write English all the day during.

    je ne devrais pas tarder à aller me reposer, car je pourrai bientôt dire « It was a hard day’s night ! ».

    Cela étant, des pays fortement multilingues défendent aussi fortement leur langue et culture. Voir les flamands, hollandais bavarois, alsaciens ou québéquois.

    Donc désolé, je ne peux souscrire à ce commentaire, même si je rejoins Libéral sur la culture qui doit vaincre plutôt que vivre sous perfusion.

    Luc

  • Toute cette histoire est de la même veine que la crise d’hystérie de Pierre Assouline à propos de Sarkozy et de La Princesse de Clèves. Si le rayonnement international de la France passe par l’adoption de l’anglais, où est le problème? Une langue est un véhicule, rien de plus, c’est ce qu’il véhicule qu’il compte. De meme, et n’en déplaise à « Passou », point n’est besoin d’avoir lu Mme de la Fayette pour être un homme accompli et digne d’estime, à plus forte raison un fonctionnaire ou un politicien compétent.

  • Luc,

    Les Experts en VO c’est une option et seulement sur la TNT. Même Arte ne diffuse plus de films en VO à une heure de grande écoute (ou alors en option et sur la TNT, comme TF1…)

  • C’est bien la première fois que je suis d’accord avec Libéral, ça s’arrose !

    Il est vrai que le français ne continuera d’exister que s’il crée des mots nouveaux, que si les gens l’apprennent et le pratiquent au mieux. Pendant toute ma carrière, j’ai répété ça à mes élèves, tout en leur disant qu’ils devaient aussi apprendre toutes les langues possibles, anciennes et modernes.

    Pour l’Eurovision, je suis partagé. Cette célébration européo-kitchissime a souvent consacré de formidables daubes, qui sont à la vraie chanson ce qu’un sandwich sncf est à la gastronomie.

    Donc :
    – Il est vrai que, tant qu’à représenter la France, il devrait chanter en français.

    – Mais si Tellier (que je ne connais pas) fait dans l’habituelle soupe eurovisionnée, qu’il chante en anglais : on sera dispensé de comprendre !

    (Infâme cancrelat, je pense sincèrement que vous n’avez rien compris au film)

  • Bonsoir,

    Oui, la VO est sur la TNT.
    Non, ce n’est pas une option. Une option signifie généralement un coût en plus par rapport au standard. C’est un choix de même nature que le choix entre France 2 ou TF1, le tout étant gratuit.

    Et la TNT est de plus en plus le vecteur officiel en remplacement du hertzien, donc je ne change rien à ma réfutation du propos de Naja.

    Il existe en France sur une grande chaîne nationale des diffusions en VOST, plusieurs fois par semaine.

    Oui, de plus en plus de français sont multilingues.

    Non, je ne cautionne pas son propos, désolé.

    Et oui, la culture française doit rayonner et non pas vivre en vase clôt sous perfusion. La langue fait partie de la culture. Parlant anglais toute la journée de travail, je prête la plus grande attention à n’utiliser que des mots français le reste du temps (numérique et non pas digital par exemple).

    Luc

  • Vous me faites penser à la Môme, E. Piaf et ses chansons, qui je pense ont fait plus pour le rayonnement de la France qu’un S. Tellier ne réussira jamais … surtout s’il s’échine en plus à chanter en anglais !

    J’ai vu un extrait de sa chanson il me fait penser à un hindou sortant de la colonisation anglaise … 🙂 je cherche, je cherche, je ne lui trouve aucune « représentativité » ni de près ni de loin de quelque chose qui ferait penser à la France.

  • Les comntaires postés me laissent sans voix.

    Je ne vois pas en quoi on est « moderne » en chantant en anglais. Reveillez-vous, les gars. Le français est en train de mourir, et vous trouvez normal qu’une télévision nationale choisisse un chanteur qui parle anglais pour la représenter.

    N’importe quoi! ce n’est pas être rétrogrades! relisez Bilger. C’est tout simplement être soi. On n’a rien à gagner à faire le spitres et à imtier la sous-culture américaine.

    Un petit mot spécial pour Libéral : crois tu vraiment à ce que tu dis quand tu affirmes que Air et Daft Punk ont fait quelque chose pour le rayonnement de la culture française? En chantant en anglais, ils ont ouvert leur portefeuille à un public plus large, point barre.

  • @JD, il m’est même arrivé d’être d’accord avec Guillermo de radical chic 🙂
    @le chafouin, quand les aficionados anglo-saxons se mettent à parler de French touch et se mettent à regarder de plus près ce que propose la scène française, j’appelle ça participer au rayonnement de la culture française.

  • Je suis d’accord avec Koz et Bilger.

    A mon avis le seul intérêt de l’eurovision de la chanson pourrait être de permettre aux européens de découvrir des chansons différentes de la soupe anglo-saxone formatée pour vendre le maximum de disques. Pour ça il est important que chaque participant chante dans sa langue.

    La langue n’est pas forcément un problème pour apprécier une chanson. Chaque langue a ses sonorités propres, même si on ne comprend pas le texte. Il y a quelques années une chanson moldave a eu un succès phénoménal dans toute l’Europe. Et je ne suis pas sûr que tous les ados français qui écoutent tokyo hotel soient germanistes.

    Il est vrai que depuis que cette émission a été prise en main par les producteurs de disques, il ne s’agit que d’une « nouvelle star » de plus. Leur but est de lancer un « tube européen », c’est pourquoi ils ont autorisé et encouragé les participants à chanter en anglais.

  • La seule preuve du déclin de notre langue dans cette histoire c’est précisement cette peur du déclin.

    Soyons créatifs et exportons la création contemporaine plutot que de se regarder le nombril et vivre dans la peur de l’avenir. En fait, on en revient à l’économie…

    Ayons donc un culture conquérante plutôt que susceptible et frileuse comme le dit si bien Liberal.

    Il faut voir les tournées des artistes electro francais aux US pour comprendre que rien n’est perdu. Justice qu’on a à peine vu en France sont en tournée depuis 3 mois là-bas, idem pour Air et ne parlons pas des Daft Punk. Libre à nous que ce soit de même pour tout les pans de notre culture.

    Tellier ne rentre pas ds les artiste niais de l’Eurovision mais ce concours kitsch massacre tout donc faut pas s’attendre à un miracle. Ecoutez sa « Ritournelle », « Broadway », « Sexual Sportwear », « Kilometer »,…

  • Mais qui est frileux? est-ce frileux de dire « choisissez un type qui chante en français pour représenter la france »?

    Défendre sa langue, est-ce être frileux? Je ne comprends pas cet argument. Vous confondez ceux qui se replient sur leur petit pays et ceux qui veulent défendre sa culture. Vous mettez tout le monde dans le même sac, alors que ça n’a rien à voir à mon humble avis. Bilger n’a rien d’un type fermé, à ce que je sache.

    Personnellement, je n’ai pas peur. Mais j’enrage de toutes ces lâchetés. J’enrage que les français ne se défendent pas. J’enrage que l’on cède à l’hégémonie anglo-saxonne. Les anglophones ne sont pas mon ennemis. Il est bon de savoir parler anglais. Simplement, il faut donner la priorité à notre langue sur la scène internationale.

    Quant à la french touch, cher libéral, elle n’intéresse les anglais ou américains que lorsqu’elle épouse leur langue. Je ne les ai pas beaucoup vu s’emballer pour des groupes comme Noir Désir, par exemple. Et on n’a pas parlé de french touch pour edith piaf. En revanche, Camille a toutes les chances de cartonner avec son album en anglais.

    Et quand on parlera tous la même langue, qu’on pensera tous pareil, eh bien il ne faudra pas se plaindre.

  • +1, je suis d’accord avec Koz et avec Bilger.
    Et avec OlivierA, ce qui n’est pas si fréquent.

    Et ce n’est pas pour dire mais la majeure partie de vos arguments trouvaient leur réponse dans le billet de Bilger et, en particulier, dans les extraits que j’ai cités.

    1) Il ne s’agit pas d’une émission télé comme une autre. L’eurovision, pour moi, est là pour faire valoir la richesse et la diversité de l’Europe. Et, en l’occurrence, le chanteur sélectionné n’y va pas pour lancer un album mais pour représenter la France. Youhouuuu, je répète : ta ta ta ta … pour représenter la France. D’ailleurs, l’énoncé des résultats donne : France, X points.

    Dans le cadre d’un concours dans lequel on représente un pays, il me semble bienvenue de le représenter en utilisant sa langue. A vrai dire, même j’ai tendance à trouver ça plutôt pas con. Tiens, je représente la France, alors je vais chanter en français.

    2) Il ne s’agit pas par ce seul évènement de sauver le français. Relisez le deuxième extrait du Bilger. Bien évidemment, si l’on veut sauver le français, il faudra bien davantage. Et cela dépassera la seule question de récriminer contre l’abandon du français dans les instances internationales. Mais nous ne sommes aps obligés de devancer l’appel ! Rien ne nous oblige, quand nous en avons l’occasion, à abandonner spontanément le français !

    J’ajouterais une chose : j’avais fait un concours de droit européen. J’étais en Lituanie, devant un jury composée notamment d’un juge suédois ou norvégien. Au deuxième tour, pour gagner des points, j’ai plaidé en anglais. Comme il se trouve que je plaide moins bien en anglais qu’en français, ça ne m’a pas aidé. Et, en plus, le soir, le juge est venu me voir en me demandant pourquoi j’avais fait ce choix, en me disant que nous avions une très belle langue, très subtile, que son père, diplomate, utilisait couramment l’anglais, sauf lorsqu’il voulait être précis.

    Croyez-vous que les autres pays attendent de nous que nous chantions en anglais ?

    OlivierA a raison : s’agit-il, avec l’eurovision, de faire la même soupe anglo-saxonne, sous prétexte qu’elle se vend ?

    ***

    Spécial dédicace à Naja : c’est sûr, l’exception culturelle, c’est naze. Mais vos artistes belges, ils viennent en France pour exister. Et puis, les wallons, hein, qu’ils concentrent donc leur énergie à exister dans leur conflit ethnico-linguistique, plutôt que de venir faire chier les seuls qui les regardent favorablement. Faudrait juste voir à pas se tromper d’ennemi, Naja.

    Et puis, quand vous aurez réussi à ne pas disparaître sur votre propre scène nationale, peut-être alors vous pourrez venir nous donner des conseils sur la façon d’exister sur la scène internationale ? A moins que les wallons comme toi aient déjà acté leur disparition de fait ?

    Bordel !

  • @Tom Roud :

    « […] j’aimerais en voir pour des domaines plus sérieux, mais cela passe par un certain “abandon” d’une volonté de bien figurer à l’international qui n’est pas dans le vent. »

    Ah non, je proteste; en sciences, un certain nombre de mandarins pro-français contre-attaquent :

    http://petition.hermespublishing.com/

  • @Luc: j’ignorais cette astuce sur le DVB-T (arrêtez de franciser à tout bout de champ les acronymes internationaux connus partout ailleurs svp). Un point pour vous sur ce coup-là, mais permettez-moi néanmoins de relativiser ce point par :

    – le % de ‘ménages’ ayant accès à cette TNT
    – la fraction de ce % choisissant la VO
    – le nombre d’années (décennies ?) lors desquelles ce n’était pas le cas durant la periode ‘analogique’

    @Koz: même si la wallonie est ce que je connais le mieux, ai-je, dans mon commentaire précédent, fait allusion au fait que je ne comparais qu’avec cette région et les soucis qu’elle rencontre ? Ben non, je cite plusieurs pays/cultures, et comme tu ne me connais, tu sais que je cotoie la francophonie en version internationale ;-). Ce point de vue n’est pas uniquement (et de loin) celui de ton belge taquin préféré ! C’est un sujet que j’ai déjà abordé avec plusieurs personnes d’origines diverses (hors hexagone) et le concensus est assez large.

    Dois-je essayer de retrouver ces statistiques de connaissances linguistiques dans les pays de l’europe de l’ouest ?

    Autre exemple vécu il y a 4-5 ans, histoire d’enfoncer le clou: je me promène (indice inside) dans une ville très connue de la côte d’azur, dans une de ses rues les plus commerçantes. Haut lieu du tourisme international. Dans un des magasins, un panneau attire mon attention: « English spoken ». Je me retourne ébahi vers mon ‘guide’ et lui pose la question. Il me confirme qu’en effet c’est assez exceptionnel… ai failli en avaler ma glace de travers, mais pour lui, c’était normal de mettre en avant cet ‘atout’…

  • (Koz, merci pour la balayeuse)

    Quand je vois le concours de l’Eurovision, je n’ai pas la sensation de voir l’Europe dans sa diversité. Je vois plus un gloubiboulga qui fait que, si je n’avais que les chansons et rien d’autre, je serais infoutu capable de savoir si c’est la Roumanie, le Luxembourg ou le Portugal qui m’enduit les oreilles.

    Alors que si j’entends du fado, du yoddle, un bagad ou du bouzouki, je sais à la seconde d’où vient cette musique.

    Partir loin pour voir, entendre et manger ce que je peux voir, entendre et manger chez moi, cela ne m’intéresse pas. Je vais régulièrement en Ukraine. Bien sûr, j’y vois des pubs coco-lala partout. Mais je garde un souvenir ému d’un pèlerinage catholique uniate où tout le monde, totalement pris dans la cérémonie, était en habit traditionnel ; pas un gosse en Nike etc., garçons en pantalon noir-tunique passementée, filles en dentelles et froufrous.

    Et je suis pour l’exception culturelle. Regardez ce qu’est devenu le remarquable cinéma italien.

  • @Koz: par le passé, il y a plusieurs fois eu des restrictions sur la langue de chansons, mais cela a été supprimé à la demande des pays aux langues trop minoritaires, qui jugeaient que cela diminuait leur chance de victoire… Bah oui, l’Eurovision, ce n’est pas culturel, voyons… C’est un concours, donc il faut gagner, point. (faut-il être surpris?)

    Cette année, en Irlande, on a décidé d’envoyer une dinde, une vraie.
    Par contre, il y a « presque » du français dans les paroles…
    Bon courage : http://www.youtube.com/watch?v=Z28STzFIFBU
    (aux sifflets, vous remarquerez que cela ne fait pas du tout l’unanimité)

  • Pour ce qui est des publications scientifiques, l’anglais est peut être le roi dans les sciences dites « dures » (inhumaines quoi).

    Mais dans les sciences humaines, de nombreuses langues ont encore le droit de cité. Par exemple, en Histoire Romaine, sans l’allemand, point de salut, sans que cette langue ait l’exclusive.

    Pour ce qui est de la VOST, la France doit pas être le seul pays a pas être fan. J’ai pas l’impression qu’en Italie on s’en gave, ni même sur les grands chaînes généralistes allemandes. Et je ne parle même pas de la production audiovisuelle étatsuninne, qui ne supporte même pas le doublage et préfère faire un remake (ouhla, pas beau ça !). Alors la VOST …

  • @Koz: cent fois d’accord.

    @JD: On peut évidemment décider que l’Eurovision, ça vole trop bas pour être un lieu de défense de notre culture. Pas faux. Mais si vous allez par là, vous réduisez le français à une posture élitiste qui le condamne à rester définitivement dans une niche de plus en plus exiguë.

    @Cancrelat: « Une langue est un véhicule, rien de plus, c’est ce qu’il véhicule qu’il compte ». Puis-je me permettre de vous recommander de lire, ou de relire, George Orwell ?

  • Bon je me dévoile un peu..
    je suis au quart belge, flamande.
    alors qu’il y ait des problèmes en ce moment, c’est évident.
    Les temps ont changé !
    Ceci dit je les regarde de loin, car je suis devenue française à part entière ( en laissant mes autres quarts, comme le flamand d’ailleurs au vestiaire des pays européens et Méditerranéens!).
    Maintenant, je peux vous dire que mon grand père parlait 7 langues ( dont le flamand bien sûr). il en écrivait quatre : français, anglais, flamand, allemand ).
    Pourquoi ?
    Parce que dans ce temps, là, Monsieur, dans ce temps là, à Anvers – mes grands parents tenaient un commerce- on parlait la langue du dernier arrivé.
    C’était à la fois respecter la culture, la langue et la personne qui arrivait.
    C’était effectivement international, mais je crois que ça allait au delà de cela.
    Alors pour l’eurovision, soit chacun chante dans sa propre langue ( le pays accueillant acceptant chacun avec ses particularités ), soit, peut être pourrait on chanter en anglais quand l’Eurovision est en Angleterre, en italien lorsque c’est en Italie, etc, etc?

    Mais pourquoi le choix d’une seule langue?

    PS : je ne parle et n’écris qu’une seule langue, le français !
    Mais bon, le don des langues doit être acquis et non génétique 😉

  • @ koz:

    « Croyez-vous que les autres pays attendent de nous que nous chantions en anglais ? »

    Croyez-vous vraiment que les autres pays attendent quoi que ce soit de nous, surtout à l’Eurovision où nous jouons les spéléologues depuis une dizaine d’années au moins? Bonjour l’arrogance…

    A part ça je suis frappé – mais par surpris – de constater que la défense de la langue et de la culture françaises s’accompagne toujours d’un vocabulaire aigri et passablement haineux (« soupe anglo-saxone », « sous-culture américaine », « hégémonie anglo-saxonne ») sans parler de la paranoïa (« Et quand on parlera tous la même langue, qu’on pensera tous pareil, eh bien il ne faudra pas se plaindre. ») Les anglophones ne sont pas nos ennemis, bien sûr… Faut le dire vite.

  • @Le chafouin : 100% d’accord.
    Le côté « je suis top moderne, je suis même un hypermoderne, je chante en anglais, et dès que j’en ai l’occasion, je parle en anglais, pour montrer que je suis définitivement une micro-tentacule de cette pieuvre affamée … » et le côté « une culture, elle est conquérante, ou n’est pas » … Comment dire, c’est moche ?

    Faut arrêter d’orienter constamment le débat, de tout travestir sous pretexte que, et de se dédouaner totalement de ses obligations au motif que blabla (si bien formulé plus haut)

    L’Eurovision est certes actuellement une daube. Personne pourra le remettre en cause. Mais bizarrement, les seuls moments où l’Eurovision s’invite dans nos discussions – faut dire que c’est un non-évènement en temps normal – c’est lorsqu’un problème d’exception culturelle, de langue ou de « défense de ma culture » apparait.

    Ce que ca montre, c’est uniquement que ce concours a perdu toute son ame. Alors que les participants étaient avant des défenseurs, ou promoteurs, de leur langue, de leur culture, ils sont devenus en majorité de sinistres inconnus vides de sens qui calquent avec peine le modèle musical de la sous-daube « en anglais ». J’ai pas dit anglaise hein.

    Et si ces participants se sont autant travestis, c’est tout simplement parce qu’il n’y avait pas de public intéressé par autre chose. Pas de public intéressé par des chansons folkloriques, culturellement représentatives. Na, le public voulait sa bonne bouse « en anglais » avec la même mélodie que « ce que l’on entend » et si possible les mêmes expressions idiomatiques pour « pouvoir comprendre super mieux » (« Ooh, i love you, you’re the one, yes yes, han han – vocalises Mariahcareyènne – « )

    Et bah tout ca, ca ne montre qu’une seule chose. Y’a plus de public parce que ce dernier, dans presque chaque pays, a jeté les armes. Na, je m’en tamponne de ma culture et ma langue, ce qui m’intéresse, c’est l’anglais, parce que c’est « international ». Langue number one !

    Bilger a cent fois raison, y’a pas de petits combats. C’est même au plus bas niveau que la langue est le mieux défendue. Si le public lui-même ne veut pas défendre la langue et la culture de son pays, faut pas s’étonner qu’ensuite il demande ce qu’il connait. Au passage, je crois pas aux « canons musicaux du moment. »

    Je pense que si chacun défendait un peu, quotidiennement, la langue de son pays, l’histoire de son pays et sa culture, là, on pourrait parler d’une culture conquérante. Conquérante parce que ceux qui en sont les héritiers la défendent. Il n’y a pas lieu de penser à « l’attaque », mais bien à la défense. C’est en défendant à merveille son château que des gens s’y intéressent … Pas en présentant une forteresse poreuse et détruite de l’intérieur …

    Pour terminer, en tant qu’expat, je n’ai jamais été aussi intéressant pour mes amis (les nationaux du pays étranger ou je résidais) que lorsque je défendais et montrais mon attachement à ma langue/culture/histoire. Quand j’ai essayé au début de les imiter (normal vous me direz) je n’étais que – de un – l’ombre de moi-même, et de deux une personnalité sans … personnalité.

    Libre à vous de faire votre choix, mais par décence, ne venez pas critiquer ceux qui défendent et essaient de promouvoir leur patrimoine. Soyez sympas, si ce sont les films sous-titrés en anglais qui vous bottent, commencez avant par lire ou mater les trésors français cinématographiques et littéraires que notre pays recèle. Juste par respect non ? Après, si les « goûts et les couleurs » vous ordonne que non, critiquez pas les autres, en plus de passer pour des ombres errantes dans un pays qui vous semble inconnu, vous passez pour des mouches attirées par une lumière bleue…

    Bilger a surement raison, certains n’en ont peut-être pas les moyens…

  • Merci à Arthur pour l’ensemble de son texte, dont j’extrais ceci : « C’est en défendant à merveille son château que des gens s’y intéressent … Pas en présentant une forteresse poreuse et détruite de l’intérieur… »
    Et pourtant, j’ai je ne sais combien de disques en anglais (rock, pop, blues, country, etc.)

    Gwynfrid (qui a de bonnes lectures ;-), je suis pour « l’élitisme pour tous ». En matière de chanson, mes goûts sont complètement éclectiques : aussi bien Bruant qu’Adamo (cherchez Les Collines de Rabiah), aussi bien Abba que La Tordue, aussi bien Brassens que Licence IV. Mon seul critère : l’émotion que j’éprouve, la sincérité de l’auteur même si c’est pour créer une ritournelle. Et en vous disant ça, je m’aperçois que je n’ai donné aucun critère scientifique… et c’est tant mieux.

  • Dimitri, depuis le temps que la France occupe les dernières places de l’Eurovision, dont certes tout le monde s’accorde à penser que ce n’est pas le plus haut lieu de culture, autant le faire « dignement », non ? L’initiative des pays qui semblent envoyer délibérément des groupes satiriques me paraît assez déplacé. Si l’on considère que le niveau du concours est mauvais, soit on envisage de le relever, quitte à le perdre de façon cinglante, soit on ne s’y présente pas.

    Naja, je suis surpris par ton animosité. Il y a certes de la taquinerie mais avec une telle constance… Je ne comprends pas tes questionnements et les trouve clairement mal-fondés. Notre « exception culturelle » provoque l’hilarité générale ? Peut-être. En attendant, notre cinéma, en particulier, existe. Nous « francisons » des acronymes compris partout ailleurs ? Bien sûr, quelle idée saugrenue que de vouloir s’exprimer en Français. Quelle arrogance ! Après tout, puisque l’anglais est compris partout, pourquoi s’échine-t-on encore en France à parler français. Parlons donc anglais, au moins comme ça, on nous comprendra.

    Nous avons une langue qui est belle, précise, raffinée, comme le sont certes d’autres langues. Et moi, je préfère la diversité à la culture unique. « Culture » qui, au demeurant, est moins le fruit de sa qualité intrinsèque, de sa beauté, de son originalité, que de sa capacité à satisfaire le plus grand nombre. Je vais passer pour un infâme gauchiste ou réactionnaires, mais on devrait cesser de parler de culture quand on ne fait plus que marketing. Le but de tout cela, c’est bien de créer un besoin pour y répondre ensuite. Et l’on martelle, l’on martelle, l’on martelle le nouveau genre jusqu’à ce que le public croit que c’est lui qui l’a voulu ! Avec ce type de politique, je doute que la culture aurait beaucoup évolué les siècles précédents.

    Infâme cancrelat, non, les anglophones ne sont pas nos ennemis, c’est une évidence. Mais crois-tu vraiment qu’ils nous proposent le meilleur de leur culture ? Pourquoi Sylvain Tellier et d’autres chantent-ils en anglais ? Pour pouvoir faire rayonner la culture française (je passe sur le paradoxe évident), l’originalité française ? Mes fesses. Il chante en anglais parce que le marché est plus grand, point. Et c’est pareil pour ce que l’on reçoit de la culture anglo-saxonne : je doute fort que cela représente le plus admirable de ce que les anglo-saxons sont capables de produire. Ce ne sont que des considérations commerciales – qui ne rejoignent pas nécessairement (et c’est un euphémisme) les considérations culturelles – qui dictent ces choix. Et je pense que l’on est en droit de continuer de penser qu’une culture a de l’intérêt même si elle ne se vend pas.

  • Autre aspect négligé: chaque langue a ses spécificités: le français, comme l’a remarqué Koz, permet une subtilité et une précision de l’expression que n’offrent pas bien des langues dont l’anglais. En revanche, l’anglais est plus musical, plus clair, plus « easy listening ». De même, il est évident que certaines danses sont plus agréables avec des titres en espagnol, qui marque mieux les temps et le rythme dans la prononciation.

    Ainsi, au delà des modes, l’anglais passe mieux en musique. Car, même lorsque l’on comprend les paroles, franchement, c’est souvent d’une vacuité sans nom. Le sens des vers n’est clairement pas le but des artistes bien souvent. Cf « Yellow Submarine » par exemple.

    C’est bien pour ca que Tellier chante Divine en anglais (les paroles sont bidons à souhait) et « L’amour et la Violence » en français parce que le but était légèrement différent même si ca reste avant tout musical.

  • @Jb

    Il n’y a pas besoin de chanter en anglais pour faire des trucs bien. J’admets qu’en matière de pop ou de rock, chanter en français est souvent bidon. Imagine les beatles en français, c’est tout pourri. « Tout ce qu’il te faut est l’amour ». Naze.
    Mais là on aurait justement dû choisir un artiste qui permettait d’allier les deux.
    C’est quand même dingue qu’on ne choisisse pas un truc représnetatif de notre pays. Allez, Thomas Fersen par exemple!

  • Il y a deux ans, les Finlandais se pointent sur scène avec des monstres en plastique beuglant hard rock alleluiah, Drucker qui est à sa 54eme présentation de l’eurovision est surpris, s’esclaffe, qu’est ce que c’est que cette clownerie ???? L’eurovision, c’est sérieux, messieurs, dames … on ne plaisante pas avec l’eurovision, cette institution sacrée.

    Devant leurs écrans, les européens sont morts de rire … et votent pour ce mauvais groupe de hard rock.

    Les gens veulent se marrer, donc pourquoi pas présenter une sorte de Chabal à poil avec une plume dans le cul chantant en kobaien la langue inventée par Magma … certes, nos vieux sénateurs seniles (et Drucker) seront outrés, choqués mais au moins, on ne sera pas vu comme des vieux ringards sans intérêt.

  • Koz, tu n’es pas cohérent. Ainsi l’Eurovision serait bassement commercial mais redevriendrait culturel si Tellier chantait en Français? Le fait qu’une guimauve sirupeuse sera commise en Français améliorera le rayonnement de notre pays?

    Ne te trompe pas de combat. Je ne dis pas que Tellier a raison de chanter en Anglais, je dis que le problème de la culture française n’est pas là. Je ne me réjouis pas qu’un Français s’exprime en Anglais, je dis que c’est secondaire par rapport au fait qu’il fasse de la merde.

    Notre culture s’exporte mal, non parce qu’elle est en Français ou en Anglais mais parce qu’elle est chiante. Klapisch fait le même film depuis 15 ans, Chabrol depuis 30. Au moment où les séries TV connaissent un âge d’or dans le monde, on est incapable d’exporter autre chose que « Sous le soleil ». As tu lu « trois jours chez ma mère » (Goncourt 2005) ou « une vie française » (Femina 2004)? C’est d’un ennui à se taper la tête contre les murs.

    J’avais survolé le 2e paragraphe de Bilger, tu as bien fait d’insister dessus. Quel renoncement ! Quel manque d’ambition ! Je résume son point : « on est tellement mauvais qu’il faut renoncer à faire de la qualité et concentrer nos efforts à obtenir qu’un chanteur médiocre utilise le Français dans un concours qui était déjà kitsch il y a 25 ans. »

    C’est un peu comme pour les JO. Personne n’envisage qu’on puisse vraiment obtenir des Chinois une inflexion quelconque dans leur politique Tibétaine. Alors on se rabat sur les symboles : perturber le parcours de la flamme et arborer un pauvre badge. Et surtout se lancer dans des débats enflammés sur le sujet, comme si c’était important. Tant pis pour les Tibétains, au moins on se sera donné l’illusion de faire quelque chose.

    Si nos ambitions maximales sont de l’ordre du symbole, il ne faut pas s’étonner qu’on n’arrive pas à grand chose dans la réalité.

  • « Je ne me réjouis pas qu’un Français s’exprime en Anglais, je dis que c’est secondaire par rapport au fait qu’il fasse de la merde. »
    +1, et cherchez, si vous ne connaissez pas, les chansons de Juliette

    Liberal, nos séries télé ont eu un âge d’or.

    Mais c’était à une époque où leur cahier des charges était… moins chargé qu’aujourd’hui.

    Tout doit être lisse, convenu, politiquement correct, apte à rendre le « cerveau disponible ».

  • @Jb
    Koz n’a pas dit que le français « permet une subtilité et une précision de l’expression que n’offrent pas bien des langues dont l’anglais. »
    Il a dit que le français était une langue « belle, précise, raffinée, comme le sont certes d’autres langues. »
    D’ailleurs, il suffit d’essayer de lire dans le texte de bons auteurs anglais pour s’apercevoir que l’anglais est une langue belle et précise.

    @le chafouin
    Prendre comme exemple un traduction mot à mot d’un titre, fut-il des Beatles, pour conclure que chanter du pop/rock en français, « c’est bidon », me parait caricatural.
    Du bon pop/rock en français, il y en a. (Enfin, il y en a eu…)

    @Naja
    Nous avons peut-être inventé l’ « exception culturelle » mais certains ont bien inventé les « communes à facilité… »

    Concernant le cas Sébastien Tellier, je trouve un peu regrettable que le représentant français à l’Eurovision chante dans un langué étrangère mais j’apprécie que depuis deux-trois ans on cherche à envoyer des chanteurs qui chantent autre chose que les chansons « formattées Eurovision »

  • Je rejoins l’avis de Liberal.

    Il serait bon de séparer rayonnement culturel et rayonnement linguistique.

    Pour prendre un exemple tout bête, il suffit de se pencher sur le cas manga. (je ne parle pas des nombreux exemples commerciaux, qui se retrouvent dans toutes les formes d’expression, mais plutôt de la facette plus artistique).
    Peut-on être d’accord pour dire ces oeuvres participent au rayonnement culturel du Japon ? Pourtant, hors du Japon, qui va les lire en japonais ?
    On peut dire la même chose des grands films d’un cinéma étranger (e.g. italien, japonais, russe, etc.), qui participent au rayonnement du pays en question, sans pour autant qu’ils soient forcément appréciés dans leur langue originale à l’étranger.

    De même, un Français obtenant un prix Nobel, cela fait rayonner la France, non ? Pourtant, la plupart des publications ayant conduit à la reconnaissance des travaux de ce chercheur sont en anglais et ne font donc pas rayonner la langue française.

    Et un auteur classique, même lu traduit, ne fait-il pas rayonner la France ?

    Et Beckett ? Ne participe-t-il pas au rayonnement de l’Irlande ? Pourtant il a écrit en français.

    Le rayonnement culturel ne s’arrête donc pas au rayonnement linguistique, même si ce rayonnement linguistique peut être une forme de rayonnement culturel.

  • La cohérence, Liberal, c’est de s’exprimer en français quand on représente la France. Point.

    Je ne dis pas que le concours de l’Eurovision deviendrait subitement culturel parce que Tellier chanterait en français.

    Et la question, c’est ça. Nous ne sommes pas en train d’évoquer la qualité des artistes musicaux français dans leur globalité mais de s’interroger sur ce qu’il convient de faire dans un rendez-vous international où l’intervenant représente non pas lui-même mais la France.

    Ensuite, le concours de l’Eurovision, je ne pense pas l’avoir regardé une seule fois dans ma vie. Je ne pense donc pas spécialement que le rayonnement culturel de la France dépende du concours de l’Eurovision.

    Et très sincèrement, j’ai également un doute sur le fait que Philippe Bilger attende avec impatience le concours de l’Eurovision pour enfin occuper intelligemment sa soirée.

    Ton résumé du deuxième paragraphe (enfin, ma deuxième citation) de Bilger est très sommaire et très partial. Ce que dit Bilger, c’est que nous ne sommes pas obligés de devancer l’appel. C’est que, bien évidemment, le rayonnement de la France dépend de bien autre chose que du concours de l’Eurovision, mais que, lorsqu’il s’agit de représenter la France, rien ne nous oblige à nous montrer nous-mêmes si disposés à abandonner l’usage du français.

    Après, bien évidemment, le rayonnement de la culture française passe par sa qualité. Et une daube en français n’est pas tellement meilleure qu’en anglais. Mais ce que tu dis ce discute aussi. Tu vas trouver que je fais mon gauchiste mais j’ai l’impression qu’à « culture », tu réponds « divertissement ». Et dire que notre cinéma est chiant, ce n’est pas vrai. On arrive aussi à faire de bonnes merdes divertissantes, comme les américains. Tiens, regarde « Camping » : le film s’est taillé un bon succès. C’est divertissant, mais c’est de la merde. Mais c’est divertissant.

    On sait aussi faire « La Môme », qui a semble-t-il été apprécié. Et ne me dis pas que c’est un film-musée : les américains sont, aussi, les champions des films commémoratifs.

    La culture, c’est aussi ce qui restera d’un pays dans un siècle ou deux. Les séries télés, ok, on n’est pas doués. Mais je suis persuadé qu’au XVIIème, il y avait plein de petits pièces sans prétention dans les théâtres populaires à Paris. Mais on ne se souvient pas d’eux, on se souvient de Racine. Pourtant, je suis sûr qu’il y en avait un paquet qui le trouvait chiant.

    Et puis, merde alors : bien sûr, il ne faut pas se cantonner dans une production pseudo-intellectuelle qui intéressera un petit microcosme et les abonnés du Théâtre National Populaire du coin, mais il ne faut pas tomber non plus dans l’excès inverse. La qualité d’une œuvre ne dépend pas de ses ventes. Et quand je regarde la majeure partie du Top50 anglo-saxon, je ne suis pas vraiment persuadé que l’on puisse parler de « culture », sauf à considérer que tout ce qui est produit par l’homme est de la culture.

    Et ce n’est pas un jugement de valeur sur la culture anglo-saxonne, qui est aussi capable du meilleure, mais qui exporte très bien aussi ses bouzes.

  • @Liberal :

    Bah oui. Si Eurovision est devenu si commercial c’est bien parce que les objectifs et enjeux culturels ont été balayés. Notamment du fait des représentants des pays. Si ceux-ci en font de nouveau leur étendard, ca devrait revenir aussi. Maintenant, une bouse, peu importe son langage est une bouse. Mais quitte à se ramasser, comme déjà dit plus haut, autant le faire en français. Histoire de pas rajouter la honte à l’échec cuisant.

    On peut placer où on veut Klapisch, Chabrol et consorts, au niveau d’un Fellini, Mardjanov ou Forman, si on veut, pourquoi pas. Mais pas au même niveau qu’une œuvre plus encline à être exportée, et donc moins stigmatisée par la culture du pays dont elle provient. Un truc qui s’exporte bien n’est pas justifié parce que la culture en filigrane est palpitante, et une œuvre avec une culture palpitante en arrière fond ne sera pas forcément facilement exportable. Je crois pas au lien de causalité entre les deux.

    Pour les séries TV, faut admettre que c’est pas notre fort. Mais ca doit être un indice de la chiantise de notre culture ? Je vois pas d’ou ca sort. Si on y est « mauvais », c’est peut-être parce que les qualités (ou défauts ?) d’une série ne sont pas celles du cinéma français. Même les moyens surement. Maintenant tout dépend de ce que l’on recherche. La culture exportée par Nip Tuck ou C.S.I., comment dire, je la vois pas trop. J’ai l’impression que tu considères qu’un truc qui se vend bien à l’étranger = culture d’où sa vient « palpitante » = œuvre « palpitante » = truc qui se vend bien à l’étranger= culture …

    Ensuite pour le symbole, bah c’est sur qu’on devient presque obligés de l’avoir comme ambition. Puisque la réalité nous montre jour après jour que notre culture tombe limite en « désuétude » aux yeux des français … Certains en deviennent persuadés, notre culture est trop chiante ! Elle correspond pas à ce que je trouve palpitant ailleurs !

    Et puis un symbole,, il ne pèse rien si personne y croit hein ! Pour les JO, si perturber ces symboles est justement la seule chose faisable, mieux vaut ne pas le faire parce que c’est un simple symbole de bas étage qui n’a pas l’ampleur d’une sublime résolution ? Mieux vaut agir comme on le peut, quitte à perturber un truc infime, et agir, ou ne rien faire et juste dire « ca sert à rien » ? Pour défendre les grandes causes, y’a pas que des grands actes.

    Et ouais on se sera bercé d’une douce illusion et certains dormiront mieux et auront tout oublié demain. Surement. Mais au moins, un truc aura été fait, aussi minime soit il. Juste pour le soutien, ca vaut le coup. Juste par principe. Un peu comme le choix de la langue, comme défendre son bout de gras, juste par principe.

  • @ Koz

    « Pourquoi Sylvain Tellier et d’autres chantent-ils en anglais ? Pour pouvoir faire rayonner la culture française (je passe sur le paradoxe évident), l’originalité française ? Mes fesses. Il chante en anglais parce que le marché est plus grand, point. »

    Alors là ! Si il y a un procès à faire à Sébastien Tellier, c’est strictement tout sauf celui là. Dans le « paysage musical français » (le pmmmfff…) Tellier est très certainement un des artistes les moins commerciaux qui soit. La principale raison pour laquelle il chante parfois en anglais sur certains de ses titres c’est parce qu’il en a envie. Des fois il chante en français et la raison pour laquelle il le fait, c’est parce qu’il en a ………. oui, encore une fois, envie. Point barre.

    S’il existe quelqu’un qui se tape profondemment de faire un succès strictement commercial, c’est Tellier. C’est un expérimentateur, un essayeur, un tenteur, un proposeur, un iconoclaste complet dans son domaine. Tu en connais beaucoup toi, des artistes « commerciaux » qui propose un album dans lequel la plupart des morceaux sont de longues impros au piano contenant parfois 30 secondes de texte ? ou parfois aucun ? Tu en connais des chanteurs de variétoche qui se produisent sur scène en duo avec une virtuose du Theremine ?

    C’est pas une question de qualité ou de talent… on peut tout à fait penser que ce qu’il fait est nul. Mais l’accusation de « commercialité » dans le sens de « ne faire uniquement quelque chose parce que ça va se vendre » est justement et absolument l’inverse de la démarche de Tellier. C’est probablement l’artiste le moins ringard que la France a envoyé à l’Eurovision depuis probablement le début de ce concours kitch. C’est cent fois moins « commercial » que ce que pouvait écrire un Gainsbourg (« je suiiiiis une poupée de cire, uneuhh poupée de son »…) ou pire (« Comme un oiseau, nanananana… »).

    En fait, envoyer Tellier à l’Eurovision, c’est un peu comme proposer Verges comme Ministre de la Justice. Au fond, ce que l’on pourrait reprocher à Tellier, c’est de ne pas l’être assez « commercial ». Les expérimentateurs ont parfois le défaut de ne jamais aboutir à force « d’essayer » ou de faire passer l’originalité au détriment de la communication. Il existe toujours une part de séduction de la part d’un artiste vis à vis de son public potentiel. Mais Tellier s’en tape.

    Sinon pour en revenir aux faits stricts, c’est FR3 qui a choisi un titre sur un album existant. Et il se trouve que ce titre était chanté en anglais avec seulement treize mot de français inside. Lui n’y est pour rien.

    Comme le dit Liberal, l’importance en termes d’actions politiques visant à étendre le « rayonnement culturel » de la France n’est pas sur le fait de chanter en français ou pas. L’important c’est de favoriser la création artistique. S’il existe un domaine ou le « laisser faire » est roi, c’est bien celui-ci. C’est le dynamisme, la jungle même, qui est un facteur de rayonnement en opposition au mainstream commercial. Ce ne sont ni les artistes culturellement subventionnés voire fonctionnarisés ni les staracadémiciens de chez le monopolistique Universal ou Sonny qui créent les grands courants artistiques ou l’exceptionnalité. Et le rayonnement c’est ça.

    Je me souvient d’un interview par Rock n’ Folk de Jerry Garcia (guitariste soliste de génie et musicien hors pair du Grateful Dead – qui adorait la France et son public si étrange et si « picky » d’un point de vue américain au point d’avoir fait un double album intitulé « live in Paris »), le pape de la contre-culture underground américaine, dans lequel la question suivante lui avait été posée : quel le plus grand ou le plus génial groupe ou musicien de rock français d’après vous ? Sa réponse fut, sans ironie : « sans hésitation, Edith Piaf ». Pour lui c’était une chanteuse de blues dotée d’un « french touch inimitable » – mais la seule.

    Tout le monde connait « la Mer » de Trenet aux USA. Amsterdam de Brel a été repris par David Bowie et par quelques autres. Salvador est considéré comme l’inventeur de la Bossa Nova. Django Reinhardt a fait l’objet d’un film hommage de la part de Woody Allen (Accords et Désaccords – Sweet and Lowdown). Tout le monde a salué la BO du film « la marche de l’empreur » composée par une illustre inconnue (Emilie Simon) dans un appart de 20 m2 à Montmartre avec des synthétiseurs et des samplers.

    Une autre facette du rayonnement consiste à promouvoir à l’étranger ce qui existe et pas seulement ce qui se trouvent dans les musées. Je me souviens, il y a quelques années, j’avais fait écouter et traduit à la volée la chanson « Il pleut sur Nantes » de Barbara à un bassiste new yorkais, célèbre requin de studio. Il en pleurait presque de rire, tellement il était fasciné par le fait qu’un artiste ose exploiter le filon de la tristesse et de la mélancolie à ce point. Mais fasciné, il était. Et j’ai su par des amis communs que plusieurs années après il a acheté ses CD et il en parle encore.

    J’avais fait un petit article ici sur Ina Ich – une fille d’immigrés franco viet – chanteuse de Metal qui décida un jour pour augmenter l’impact de ses compositions de faire de vrais textes en français. C’est à partir de ce moment que le groupe s’est fait connaître. Avant elle n’était qu’une chanteuse de hard rock parmis d’autres.

    Le rayonnement culturel c’est le tout azymuth, c’est l’extravagance en termes de création, c’est l’abondance, c’est aussi 18h de boulot par jour. Si vous y ajoutez un sens marketing (dans le sens non péjoratif du terme) de génie, vous pouvez statufier l’artiste de son vivant.

    Le commercial n’a rien à voir avec tout ça. La daube commerciale pour ados la plus populaire du moment, c’est Tokio Hotel, et ils chantent en allemand.

  • Rappelons que le but n’est pas de faire gagner la France à l’Eurovision. Ce bazar coûte cher et on fait de notre mieux pour éviter d’avoir à l’organiser et à le financer.

    Ca me désole quand même qu’on envoie une chanson en anglais, cela dit.

  • Quelle affaire !
    Un représentant français chantant en anglais dans une émission « européenne ».

    L’eurovision, ça a d’abord été une émission « institution », puis c’est passé çà quelque chose de très kitch pour finir enfin en émission gag. D’après ce que j’en sais (je m’intéresse à cette émission depuis 5 ou 6 ans),je pense que cette année, ceux qu’un cheveu de travers offusque vont en avaler leur télécommande.

    Ce qui est important, ce n’est certainement pas une chanson lors d’une soirée où les votes « politiques » vont comme d’habitude envoyer la France dans les trois derniers, ce qui est important c’est ce que dit la voix de la France, par l’intermédiaire de ses représentants, que ce soit en français ou pas, dans les instances internationales ou dans les médias internationaux.

    Vous voulez vous désoler sur l’utilisation du français … écoutez votre président, m’sieurs et dames.

  • En fait j’ai casé une phrase sur un haut personnage de l’Etat, qui représente la France partout où il passe et qui parsème ses apostrophes aux copains journalistes de « m’sieur ». Il se trouve que c’est le président de la République, j’en suis le premier désolé.

    Il me semble que la langue française doit être défendue (si elle doit l’être) en priorité par les représentants internationaux de notre pays; ça me paraît tout de même plus important qu’un chanteur dans une manifestation où le rigolo le dispute parfois au ridicule.

  • Merci à Eponymus d’avoir souligné ce qui devrait être, à mon sens et àcelui de plsu d’un, comme une évidence : c’est parce que nous sommes Français que nous sommes appréciés à l’étranger.

    Et rien de franchouillard là-dedans : j’aime rencontrer des Anglais anglais, des Gallois gallois, des Portugais portugais, etc.

    (Merci aussi de m’avoir donné envie d’aller y voir de plus près pour Tellier. Connaissez-vous l’émission de Meyer sur Inter ? Ok, il est pontichiant et a permis la réélection de Tibéri, mais son émission est une malle aux trésors)

    Koz, vraiment, faites-vous une soirée Eurovision, c’est du mdr à tout coup.

  • « La dimension culturelle de l’Eurovision est très relatif. »

    CQFD

    (Itw de Tellier sur lemonde.fr. Que l’accord désaccordé soit de Tellier ou du journaliste, ya un blème)

  • Je réagis avec retard aux commentaires sur le supposé unilinguisme des Français : ces derniers n’ont, en la matière, rien à envier aux Anglo-Saxons, probablement les plus unilingues du monde. Au moins, le touriste français de base s’essaie au sabire anglais lorsqu’il est à l’étranger. Le touriste anglo-saxon de base, lui, où qu’il soit, s’exprime directement en anglais, sans même prendre la peine de demander à son interlocuteur : « Do you speak English ? » (et je ne parle même pas de poser cette question dans la langue du pays, ce serait trop demander…)

    Autre remarque : lorsqu’un anglophone est dans une conversation où d’autres langues que l’anglais sont parlées, il en prend ombrage, estimant que tout le monde devrait faire l’effort de parler anglais pour lui complaire : c’est la « langue du monde » !

  • Qu’il chante en breton, ça ça aurait de la gueule! Ou en basque, j’accepte aussi!
    Voire en chti, on aurait peut-être une chance de gagner (comment ça c’est du français aussi?)
    Bref, une langue de cheux nous mais qui périclite pour de vrai.

  • @Criticus : c’est vrai que les anglais et les américains ne font pas d’efforts pour parler d’autres langues et on les comprend puisque tout le monde parle peu ou prou l’anglais.Même les français, si rétifs, le baragouinent (et je dis bien « baragouine » car pour trouver des français qui parlent bien l’anglais il faut se lever de bonne heure; dans mes relations à part Koz et Adam Kesher je n’en connaîs pas beaucoup). Une question s’impose toutefois, si les anglo-saxons devaient parler une ou deux langues étrangères, lesquelles devraient-ils parler? Nous allons tous répondre « la langue de Molière » évidemment, mais pourquoi le français plus que l’espagnol, le portugais, le chinois, l’arabe, le russe… qui sont des langues bien plus parlées que la nôtre.En fait tout dépend de ce que l’on attend de la connaissance d’une langue étrangère. Est-ce un enrichissement personnel, culturel, ou un moyen de se faire comprendre dans un pays où l’on va… pour faire des affaires par exemple?

  • @ Dang

    En fait, mon propos vise moins les Anglo-Saxons que les gens qui décrivent les Français comme unilingues. Sur le reste, je suis d’accord avec toi. Mais avant qu’un Anglo-Saxon moyen apprenne le russe, le chinois, l’arabe, le français ou le portugais… pour l’espagnol aux Etats-unis, c’est différent, mais c’est moins par souci d’ouverture internationale que d’adaptation au contexte national.

  • Au fait, j’ai regardé la prestation de S. Tellier sur l’Eurovision, et du coup découvert la chanson. Si je peux me permettre, elle est assez représentative de notre pays et de notre culture, quand même. Je parle pas des trois mots français.
    Mais du côté « french touch », genre Air. J’ai aussi entendu un bout de la suédoise. On aurait dit du ABBA. Bon ben notre chanson était aussi représentative de notre patrimoine musical que la chanson suédoise. Voilà (bon sinon c’était faux, même avant l’hélium, et assez riquiqi visuellement… dommage parce que ça a l’air bien sinon).

    A part ça, le jour où on aura un Denez Prigent qui chantera en breton, il dira quoi le député UMP? Ah mais. Pourtant, il déchire grave, lui. http://video.google.com/videosearch?q=denez%20prigent&ie=UTF-8&oe=utf-8&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&um=1&sa=N&tab=wv#

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